Feux de forêt d’Adrien Vautier

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Adrien Vautier est étudiant en photojournalisme à l’EMI-CFD, il vient de publier une série de photographies sur les habitations des réfugiés dans la jungle de Calais qui ont été incendiées au moment de la destruction de la zone sud. Cette série est un « ping-pong » entre photographie et communiqués trouvés sur place.

Feux de forêt

Calais point de convergence des espérances, dernière épreuve pour atteindre l’eldorado tant fantasmé : la côte anglaise qui se dessine à l’horizon.

Ce lieu que l’on appelle « la jungle » a vu ses premières habitations pousser à l’orée du tunnel sous la Manche dans une petite forêt, il y a de cela 15 ans suite à la fermeture du centre de Sangatte géré par la croix rouge.

L’accélération de la crise migratoire consécutive aux printemps arabes fit exploser la population présente sur le campement. Malgré son démantèlement maintes fois répété par les forces de l’ordre, demeuré sans effet.

Vendredi 11 mars 2016. 10h.

La destruction de la zone sud qui se déploie sur plus de 5 hectares est la dernière étape du processus d’éradication du lieu qui doit s’accompagner d’une évacuation programmée de tous ses habitants.

La Jungle se réveille. Je masque mon visage.

C’est une terre noire et encore fumante que l’on foule ici, parsemée de bennes à ordures et des quelques dernières habitations de fortune encore debout. Les habitants errent, espérant deci delà récupérer des affaires épargnées par les flammes et les bulldozers dans ce décor de désolation.

La tension est palpable.

Les différentes associations présentes s’activent pour sauver ce qui peut l’être. Les cabanes sont déplacées à l’opposé du campement. On fait avec les moyens du bord: camions, pelleteuse, et surtout l’entre-aide, la solidarité au milieu d’un chaos.

La police veille aussi.

Les affrontements de la semaine ont laissé des stigmates.
De nombreux débris de grenades lacrymogènes jonchent le sol et certains visages portent encore les traces d’expulsions musclées.

Je fais mes premiers clichés.

Avec pour volonté de diffuser la violence des évènements qui s’y produisent.

Aux destructions administratives certains réfugiés répondent par le feu. Ultime démonstration d’orgueil que nulle circonstance ne peut annihiler, ils brulent leurs cabanes face à un Etat qui use de sa force. Violence symbolique.

La jungle s’embrase à nouveau.

Adrien Vautier.

INFORMATIONS
http://www.adrienvautier.com
Edition du fanzine
https://battcoop.org/fr/produit/feux-de-foret/

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