Nouvelle saison « Histoires naturelles »au Palais de Tokyo

4 min. de temps de lecture.

Marie-Elisabeth de La Fresnaye, notre responsable de rubrique #TrendArt, nous présente aujourd’hui la nouvelle programmation estivale du Palais de Tokyo sur le thème « Histoires naturelles ».

Dioramas

Le parcours s’ouvre sur l’exposition Dioramas de Laurent Le Bon, qui se veut une relecture par les artistes contemporains d’une tradition vernaculaire d’un mode de reconstitution d’une scène historique ou fictive, religieuse ou populaire qui devient au fil du temps naturaliste ou ethnographique.
Daguerre en est l’inventeur avec ce jeu de lumières subtil qui annonce le début de l’illusion et l’histoire du cinéma. Mais qu’en est -il aujourd’hui ? Comment les artistes s’emparent de cette iconographie et de ce vocabulaire, cette mise sous cloche poussiéreuse et obsolète longtemps haïe des musées ? Le diorama et sa face cachée s’inscrivent alors chez eux dans une stratégie critique d’un système de domination occidental, une mise en abyme qui prend différents aspects, que l’on soit avec Mathieu Mercier,Tatiana Trouvé, Anselm Kiefer, Richard Barnes, Mark Dion ou Hiroshi Sugimoto. Ne sommes nous pas tous prisonniers de l’écran de nos croyances et certitudes qui volent en éclat et brisent la vitre ? L’atmosphère finit par devenir sombre et dissonante.

Commissariat : Claire Garnier, Laurent Le Bon, Florence
Ostende.

Le rêve des formes

Sur une proposition du Fresnoy qui fête ses 20 ans cette année, le rêve des formes entend explorer les territoires communs aux artistes et scientifiques autour du vivant. Un dialogue renforcé par la prise de conscience de l’entrée dans l’Anthropocène, ère géologique marquée irréversiblement par l’impact des activités humaines sur l’environnement. Cette prise de conscience conduit de nombreux artistes à interroger ces formes de vie primitives et leur possible évolution. Hicham Berrada a ainsi travaillé avec un universitaire spécialiste des dunes, et filmé ses incroyables recherches, en toile de fond de la grande salle d’exposition. Michel Blazy qui ne travaille qu’à partir du vivant n’hésite pas comme d’autres à étirer le temps de vie de l’œuvre qui continue à évoluer après l’exposition, en l’occurrence des excroissances qui poussent le long des piliers de la salle et reçoivent une alimentation quotidienne.
La 2nde partie du parcours s’intéresse aux formes mutantes, espèces nées de l’intelligence artificielle comme chez le duo Jonathan Pêpe & Thibaut Rostagnat qui a imaginé avec un chercheur une grotte au sein de laquelle adviennent des formes dictées par les occurrences algorithmiques qui circulent sur internet liées au climat. Troublantes contaminations qui hantent les œuvres de Bertrand Dezoteux, Antonin Tri-Hoang et Julian Charrière ou Juliette Bonneviot. Le mythe de Frankestein n’est pas loin.
Il est à noter que les résultats du groupe de recherches préliminaire à l’exposition ayant réuni au Fresnoy artistes et chercheurs seront le noyau dur du colloque à venir au Collège de France les 5, 6 et 7 septembre 2017
au Collège de France, à l’invitation de son administrateur
général, le neurobiologiste Alain Prochiantz,

Commissariat : : Alain Fleischer, directeur du Fresnoy –
Studio national des arts contemporains et Claire Moulène,
commissaire au Palais de Tokyo

Hayoun Kwon
Lauréate 2015 du Prix Découverte des Amis de Tokyo

Avec l’Oiseleuse, l’artiste nous invite à pénétrer dans un décor réel et imaginaire suite à une confidence qui lui a été faite par le protagoniste d’une rencontre qu’il n’a pas oublié. Nous sommes à Paris en 1967 et Daniel professeur de dessin retraité à la suite d’une demande d’un gestionnaire de biens pénètre dans l’appartement enchanteur d’une collectionneuse d’oiseaux, qu’il nomme l’Oiseleuse. Un motif récurrent dans l’histoire de l’art qu’elle pare de sensations émerveillées et couleurs vibrantes. Le regardeur à l’aide d’un casque de réalité virtuelle est invité à arpenter ce décor, à vivre cette expérience unique. L’artiste se sert des nouvelles technologies pour jouer de la confusion entre témoignage fidèle et retranscription subjective.

Commissaire : Katell Jaffrès.

Gareth Nyandoro
Stall(s) of fame
Résident SAM Art Projects

Dans le prolongement de sa résidence SAM Art Projects, Gareth Nyandoro (né en 1982 à Bikita) ayant représenté son pays le Zimbabwe à la 56e
Biennale de Venise, part de l’univers urbain, en l’occurrence des célèbres boîtes des bouquinistes parisiens, pour y loger des fresqueTitres graphiques en hommage aux joueurs iconiques africains de football. Des célébrités qui traduisent une vision sociale et politique de l’Afrique et des interactions possibles avec l’espace public, ce qui le passionne. Mais une fois.lacérés les motifs laissent entrevoir des entailles et sous-couches antérieures, comme l’envers du décor qui brouille le champ de perception. C’est la première exposition en France de l’artiste.

Commissaire : Adélaïde Blanc.

Last but not least,
Taloi Havini
Habitat
Résidente 2017 Pavillon Neuflize Obc

Taloi Havini (née en 1981 à Arawa, Région Autonome de Bougainville,
Papouasie-Nouvelle-Guinée) concentre ses recherches sur l’histoire de l’île de Bougainville et la transmission des cultures et traditions indigènes. Avec Habitat, son œuvre la plus récente et en cours elle se penche sur l’une des grandes mines d’or et de cuivre exploitée de 1972 à 1989 par une compagnie australienne et au cœur d’un désastre humain et écologique sans précédent. Aujourd’hui désaffectée mais possiblement réouverte, elle reste décisive pour l’avenir de son île natale. L’installation video nous entraine sur un radeau parmi les marais en apparence luxuriants mais devenus toxiques par la présence de la mine.Un écosystème dévasté où quelques habitants tentent de survivre.

Commissaire : Yoann Gourmel.

INFOS PRATIQUES :
Saison Histoires naturelles
Jusqu’au 10 septembre 2017
Palais de Tokyo
13 Avenue du Président Wilson
75116 Paris
http://www.palaisdetokyo.com

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