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Un bon cru pour cette 2ème édition où l’on retrouve les fondamentaux de Galeristes dans un état d’esprit coloré, convivial et comestible avec les arbres à fruits de Dorothée Seltz, ce qui fait du bien en ces froides journées de décembre.
Scénographie épurée qui permet les rebonds visuels et une certaine fluidité entre les stands, équipes ultra mobilisées (les galeries sont accompagnées de rapporteurs), le ton est donné pour favoriser des rencontres de proximité dans la durée, selon l’ADN de la foire impulsé par Stéphane Corréard.

L’on distingue notamment :

Pascal Convert en dialogue avec Gabrielle Wambaugh, Eric Dupont galerie
On connaît l’engouement actuel pour la céramique et Gabrielle Wambaugh, sculpteur dont j’apprécie à la cité de la céramique à Sèvres à chacune de mes visites l’utilisation du grès rapprochée du « Livre XII, Verre à original perdu » de Pascal Convert et « souche de Verdun vitrifiée » résonne particulièrement. En plus du projet du Bamiyan très fort, l’évocation de la destruction de la matière à partir du procédé de cristallisation au livre perdu dans sa radicalité, convoque la mémoire de toutes ces bibliothèques immolées par les états totalitaires. L’expérimentation réalisée avec un verrier renvoie aux quêtes de Gabrielle autour des matériaux.

Mircea Cantor et Dove Allouche, éditions Dilecta
Maison d’édition et lieu d’exposition dans le haut marais, Dilecta propose la superbe série « Sunflower »de Dove qui de livre toujours à de nouvelles expérimentations balaye des feuilles de Cibachrome d’argent et d’étain. Mircea Cantor, lauréat du prix Marcel Duchamp 2011, embrasse une pluralité de mediums avec une passion pour le motif. Ici ces corps enlacés croqués avec une certaine tendresse.

John M Armleder & Morgane Tschiember chez Loevenbruck
Ces œuvres en céramique ont été réalisées au Cercco, le Centre d’expérimentation et de réalisation en céramique contemporaine de la Haute École d’art et de design – Genève (HEAD), dans le cadre de NUOVE//Residency, résidence au cours de laquelle Morgane s’est lancée dans l’expérimentation de la céramique. John M Armleder, internationalement connu lui a exploré la couleur à partir de sa série de peintures « coulures ». Le cycle « en affinités » lancé par la galerie permet ce dialogue entre des artistes de contexte différent, réunis ici autour de ces moulages cuits par paires qui sortent du four avec des formes aléatoires.

Przemek Pyszczek galerie Derouillon
Né en Pologne communiste, Przemek Pyszczek émigre au Canada avant d’y retourner dans les années 80 passionné par le modernisme architectural polonais qu’il documente dans ses œuvres et saisi peut-être d’une sorte d’ostalgie pour cette époque incorpore ces façades aux formes colores et géométriques qui renvoient aussi aux ères de jeux de l’époque communiste. Mémoire réelle ou fantasmée, ses œuvres portent une certaine ambiguité.

Raphaël Denis, galerie Sator
La galerie Sator a construit une vraie proposition curatée autour de la notion de frontière avec le projet fascinant de Yevgeniy Fiks autour de la vente historique d’une partie des collections du musée de l’Ermitage aux Etats-Unis en 1929 aux côtés des drapeaux lestés de plomb de Raphaël Denis, Eric Manigaud autour des manifestations algériennes de 1961 à Paris ou Gabriel Léger et le disque de cire gravé reprenant la 5ème de Beethoven. Ce sont les toutes dernières œuvres de Raphaël Denis « Géographie »où il redessine la carte et le territoire.

Thomas Lévy-Lasne, Courtesy BACKSLASH
En parallèle à ses séries sur la fête et détails savoureux sur nos vies contemporaines, Thomas Lévy-Lasne rend hommage à la grande peinture de paysage avec l’aube ou le crépuscule. Dans ce « bord de Village » l’on sent une atmosphère très magritienne.
Il sera bientôt au Centre Pompidou dans le cadre de Hors Piste avec le court-métrage « Le collectionneur ».

Leo Dorfner, Galerie Gastaud
Directeur artistique du magazine Branded, diplômé des Beaux Arts de Paris, Leo Dorfner influencé autant par la BD que le rock’, les photo montages dadaïtes que de polaroïd glanés sur le net, pratique l’art du fragment comme autant de tatouages formels et romantiques.

Agathe May, galerie Catherine Putman
Lauréate du Prix de Gravure Mario Avati-Académie des Beaux Arts, l’artiste dissèque nos reliquats avec ces titres coup de poing « mourir oui mais en technicolor » ou « après nous le déluge ». Ainsi de ses natures mortes de nos détritus qui envahissent la terre ou les océans, Agathe May entre en résistance par la seule force de la gravure.

Maxime Duveau et Charles Sanchez, Espace à Vendre
Les fusains de Maxime Duveau à la rencontre de la résine de voiture de Charles Sanchez , tous deux diplômés de la Villa Arson.
Réalisant ses dessins à partir de ses photographies prises lors de voyages en Californie, ces quartiers de Los Angeles aujourd’hui dévastés par les flammes risquent de devenir iconiques. Utilisant des graffiti ou du papier froissé il malmène, superpose, efface, comme le serait l’empreinte de la mémoire.
Charles Sanchez a un geste radical sur sa carcasse de voiture à qui il redonne une noblesse poétique, sorte de bricoleur fou qui flirte avec le danger.

Pablo Tomek, galerie Christophe Gaillard​
Révélé dans le cadre du Lasco Project du Palais de Tokyo, le graffeur détourne les codes des ouvriers des chantiers (badigeonnage au blanc de Meudon) qu’il couple avec une approche expressionniste abstraite. D’origine sauvage et illégale (collectif PAL), sa pratique entre à présent au musée.

INFOS PRATIQUES :
Ce soir c’est apéro avec les artistes !
• Accès professionnel – Vendredi 8 décembre de 11h à 18h
• Samedi 9 et dimanche 10 décembre de 11h à 13h
Plein tarif 10 euros
Tarif réduit 5 euros
Carreau du Temple
4 Rue Eugène Spuller
75003 Paris
http://galeristes.fr/

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