Intimités : le nouveau théma du Liberté se dévoile

4 min. de temps de lecture.

Le Liberté -scène nationale de Toulon présente durant les deux prochains mois, son nouveau théma. Jusqu’au 31 mars 2018, venez explorer les diverses « Intimités«  à travers une riche programmation et des expositions d’arts visuels. Ainsi, le hall du Liberté accueille des photographies de Kate Berry. Photographe talentueuse, trop tôt disparue, Kate Barry est la fille aînée de la chanteuse Jane Birkin et du composition John Barry, à qui l’on doit la musique de James Bond, le générique de la série télévisée« Amicalement vôtre » et la bande-originale du film de Kevin Costner « Danse avec les loups. »

Elle a collaboré pour divers magazines, réalisé des pochettes d’albums musicaux et met en lumière le monde de la scène à travers la série « Actrices », datant de 2013 et exposée auparavant à Kyoto et à Paris. C’est une sélection de ces portraits que nous retrouvons dans le hall du Liberté.

Ce travail est comme une évidence pour cette grande artiste. Par sa filiation, elle a baigné dans le monde du cinéma mais a su prendre du recul face à la notion d’icône. Kate Berry a une approche amicale, douce mais lucide, elle amène ses modèles dans des positions inconfortables ou épurées, parfois burlesques, histoire de provoquer l’intime, d’entrer dans la faille et dans l’émotion de ces actrices et acteurs. Des stars comme Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Charlotte Gainsbourg, Monica Belluci, Valeria Bruni-Tedeschi, Elsa Zylberstein, Laetitia Casta aux artistes de la jeune génération, telles que Hafsia Herzi ou Adèle Exarchopoulos qui se prêtent au jeu du dévoilement intime. Cette collection en noir et blanc mêle habilement glamour et naturel et perpétue le statut de la star si proche et inaccessible à la fois. Des images qui révèlent une empathie de la photographe face à ses modèles et la connaissance de prendre la bonne distance afin de rendre toute la vérité possible. Une humanité si tendre dans les clichés de sa soeur Charlotte Gainsbourg, quelques photographies couleurs plus crues, des images en noir et blanc aux cadrages serrés et bien sûr quelques hommes comme Etienne Daho ou Benjamin Biolay. Des photographies sensuelles, à fleur de peau, une fragilité sensible, une mise à nu et un dévoilement du corps, de l’âme et du génie créatif de cette photographe unique.

Autre invité de ce hall d’exposition, le projet Acoustic Cameras invite des compositeurs, des poètes et des artistes sonores à annexer en temps réel les flux de webcams situées dans différents lieux à travers le monde. L’artiste se livre à une pièce sonore ou musicale en lien avec ce flux qui est intercepté mais non modifié. La pièce sonore ainsi réalisée agit comme une modification de la réalité. Ce projet d’artistes lancé en 2016compile une bande-son en boucle fermée et une caméra en continu. Cette expérience visuelle est visible sur 3 écrans équipés d’écouteurs. Cette rencontre entre un morceau sonore et la captation en direct d’un paysage fluctuant, changeant aux rythmes des heures, des mois et des saisons, se revêt d’une dimension narrative, dramatique, lyrique, selon les mêmes principes que la musique de cinéma mais à la nuance près que le film se joue en simultané. Les 3 écrans diffusent 3 histoires différentes, racontées et perçues individuellement. Des états anodins mais qui transforme le spectateur en voyeur malgré lui. Le soir du vernissage, le groupe Hell Botcho a donné un concert en live accompagné de la vidéo d’une laverie automatique du nord de la France. Le lieu public devient scène de performance et de voyeurisme, création live artistique d’un mélange des genres entre lecture, musique et captation visuelle.

De l’œil à l’œuvre ou la proximité de la rétine à la matière: les artistes du Metaxu -collectif d’artistes- ont répondu à la proposition artistique du Liberté. Ils ont sondé l’intimité à partir du rapprochement de l’oeil avec l’oeuvre, dans une espèce de boîte pensée. L’exposition invite le spectateur à parcourir 5 lieux en centre-ville où un artiste y expose son oeuvre singulière. Cinq échanges avec des œuvres encapsulées à découvrir dans une relation intime, épidermique.

« Intimités » , c’est aussi un théma qui propose durant deux mois, des films, des rencontres, des spectacles et des animations. Au programme, découvrons pêle-mêle une conférence de Jacques Serena autour de l’oeuvre de Samuel Beckett, une table-ronde questionnant le mythe de la virilité avec comme invité, l’emblématique Daniel Herrero, des films comme « Patients » de Grand Corps Malade explorant l’intimité des patients et leur patience face à la reconstruction, les « Scènes de la vie conjugale » d‘Ingmar Bergman et leur version théâtrale interprétée par Laetitia Casta et Raphaël Personnaz, des moments forts comme« Unwanted » ou « Festern » ou la question des jeunes devenus adultes, de l’intimité personnelle, de l’être qui grandit en soi, le dessin animé en stop-motion « Ma vie de courgette » pour petits et grands, les Mardi Liberté qui célèbrent l’« Eloge de l’Amour » ou comment mélanger Meetic et Platon, et enfin les Nuits Liberté pour se lâcher sur le dance floor.

INFORMATIONS PRATIQUES
Intimités
Du 08 février au 31 mars 2018
Le Liberté – scène nationale de Toulon
Grand Hôtel – Place de la Liberté
83000 Toulon
Tel: 04 98 00 56 76
Plus de renseignements ici

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *