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La Terre au cœur de la prochaine édition du festival photo La Gacilly

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Le 13 mars 2018 s’est tenue à la Maison Européenne de la Photographie, la conférence de presse de la prochaine édition du festival LA GACILLY PHOTO ; sa quinzième édition se tiendra à la Gacilly, Morbihan, Bretagne, du 2 Juin au 13 Septembre 2018, sur le thème “La Terre en questions”.

Suite aux éditions précédentes le Festival, sur 15 ans, a reçu quelques 3,3 millions de visiteurs, tout public et exposé le travail de quelques 300 photographes dont environ 7 000 tirages.
Remarquable dans son approche déterminée et militante, ce festival est un moment important de la prise de conscience des enjeux écologiques mondiaux, L’édition 2017 abordait le continent africain, cette prochaine édition étend sa problématique au monde dans ce qui fait le Patrimoine culturel et naturel de l’Humanité.
L’édition de l’an passé qui avait pour thème central la relation homme-animal et un continent l’Afrique, s’exporte en 2018 à Baden (Autriche), dans l’intégralité de sa programmation. Une Vision européenne mise en situation dans » un partenariat fort qui vient réaffirmer les valeurs éthiques et humanistes, dans une vision partagée, de l’homme et de la Nature. »

“A quoi bon avoir une maison sur une planète qui n’est plus habitable?”,

Cette question d’Henry Thoreau, de cent soixante dix ans en arrière, toujours actuelle, retentissait déjà comme une semonce, à l’époque de l’industrialisation sauvage, elle est aujourd’hui une urgence absolue. Ces questions, qui hantent une économie mondialisée , menée au chaos par toute une classe politique internationale, dont le président américain, sont devenues historiquement incontournables: » est il encore temps d’agir, peut-on encore sauver la maison qui brûle?” questions éminemment politiques au noble sens du terme, qui sont au centre du message délivré par le festival, dont la mission première me semble de montrer à la fois la Beauté de la planète et ce à quoi toute une “économie” la soumet encore…et toujours. Point aveugle de la Déraison que nulle étude ne peut au fond défaire, la société mondiale est soumise aux lois du marché, non aux besoins des hommes.

Conférence de presse La Gacilly, mars 2018 © Pascal Therme

La Gacilly fait preuve dans sa programmation d’un esprit citoyen du monde, libre, digne, au souffle humaniste, prodigue et vivifiant. Sa programmation s’ouvre par un Hymne à la Terre . Le spationaute Thomas Pesquet, offre un regard sur l’état de cette orange bleue où nous vivons, avec ses beautés et ses noirceurs. Suit le travail sur l’infiniment petit de l’anglais Spike Walker, quand l’infiniment grand rejoint l’infiniment petit et que les structures invisibles de la matière sont autant de systèmes solaires, explosant de beauté. Cette introduction au festival donne, dans ce rapport d’échelles tout l’héritage dont nous avons la charge, définissant l’homme dans son devoir de le transmettre aux générations futures, le plus intégralement possible, comme un capital vivant inaliénable en droit.
Un constat se fait, de plus en plus amer, allons nous nous laisser déposséder de ce qui nous définit naturellement comme culturellement?
Les coups de projecteurs portés par cette programmation courageuse, donnent maintes réponses et si l’ampleur des enjeux formule une angoisse générale de fond, la portée de suggestions et d’incitations à l’espoir semble être la seule réponse possible dans une volonté de défaire les idéologies mortifères qui prolifèrent malgré tout, ouvrant sur une impuissance programmée par les pouvoirs. La Gacilly semble projeter un immense espoir, basé sur une prise de conscience de plus en plus générale, transgénérationelle. Une respiration est en jeu.
Un retour de l’état des situations du monde dans ses altérations, ses désastres et ses peurs se fait par les yeux des photographes; les subjectivités sont honnêtement au travail et offrent, en retour, la possibilité de lire le monde tel qu’aperçu et rapporté, la part du témoignage authentifie et contextualise, surtout, permet de Nous lire, de prendre conscience, d’articuler ces constats pour peser sur ces lourdes situations de l’extrêmité du monde…

Conférence de presse La Gacilly, mars 2018 © Pascal Therme

Les yeux des photographes font oeuvre en mobilisant, l’énergie documentaire, l’interprétation poétique, le témoignage, la description large et l’immersion narrative, de ce qui accorde encore les territoires à la possibilité de la vie, dans bien des problématiques complexes, mais, à ceux qui ont eu ce courage de partir pour établir une vérité ou une autre, ici exposés, il ne peut être refusé le partage du point de vue, celui d’une réception heureuse, car fondée et juste.
Ainsi, à travers ces chapitres: Hymnes à la Terre – Philippe Bourseiller, Ice, Jean Gaumy, D’après Nature, Olaf otto Becker, Une lecture du paysage, Matthieu Ricard, Un demi siècle dans l’Himalaya, William Albert Allard , Aux racines de l’Amérique – Poésie de la Nature – Shana & Robert Parkeharrison, Un monde irréel, Karen Knorr, Nouvelles fables, Jan C.Schlegel, Monstres et Dragons, Michael Nichols, Sauvage, Emil Gataulin, Douce Russie – Territoires des Hommes, Claudia Andujar, Complainte amazonienne, Miquel Dewever-Plana, D’une rive à l’autre, Brent Stirton, Quand la forêt renait, Fausto Podavini, La fin d’un monde, Emmanuelle Scorceletti, L’esprit de l’arbre, Frederic Delangle, Hiver indien, les photographes offrent la vision singulière d’un monde traversé par le chant, porté par l’espoir, irrigué par le rêve, mondes soumis aux mutations, passés et présents, qui induisent toutes, la durée et le temps, l’action, le constat, la contemplation, la part secrète et effective où se révèle la parole du monde. Un tamis semble filtrer l’ aporie du monde et projeter ses déserts, ses déshérences au delà du cercle des raisons négatives. Ces stimuli sont des ferments.
Une thématique intitulée Une planète surexploitée présentera les travaux de Stéphane Couturier, Climat de France, celui de Patrick Tourneboeuf, Next city, celui de Chris Jordan, Intolérable beauté et celui de Matjaz Krivic, la route du lithium.

Le Festival soutenu par la Fondation Yves Rocher fait état de reportages en cours, ceux de Phil Moore, Les gardiens du territoire, sur le monde paysan en France, d’Edouard Elias, Habitats et habitants du Morbihan, soutenu par le Conseil Départemental du Morbihan, le travail, issu de la résidence de Catalina Marti-Chico, Avoir 15 ans à la Gacilly.
Nul doute que cette édition ne consacre un peu plus un festival déjà bien installé et qui essaime l’esprit d’universalité cher aux Lumières.
Jacques Rocher, fondateur du Festival, Cyril Drouhet, Commissaire des expositions, Florence Drouhet, Directrice artistique, Auguste Coudray, président de la Gacilly participent à réaliser un Festival hors du commun, dans l’émerveillement de l’engagement que chacun mesure à chaque édition. en déclarant: » Le Festival de La Gacilly ne se contente pas d’être le réceptacle des grands ambassadeurs de la photographie mais se veut un soutien actif de la cause environnementale. Les États ont un rôle à jouer, les entreprises aussi. » et de mentionner l’engagement de la Fondation Yves Rocher qui finance une opération d’envergure mondiale: replanter d’ici 2020 quelques 100 Millions d’arbres, juste miraculeux…. et nous attendons, avec Impatience les reportages de Brent Stirton en Ethiopie, d’Emmanuelle Scorcelletti en Inde et de Phil Moore en France sur ces immenses chantiers….. Quelle Institution pourrait entreprendre autant?

INFORMATIONS PRATIQUES
Festival La Gacilly Photo
La Terre en Questions
Du 2 juin au 30 septembre 2018
56204 La Gacilly
http://www.festivalphoto-lagacilly.com