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Retour du froid sur l’hexagone, aujourd’hui nous vous proposons le travail de Jean-François Flamey. Un récit photographique mêlant pluie et neige vosgiennes réalisé cet hiver. Jean-François Flamey (1972) est un photographe autodidacte basé à Namur, Belgique et membre du collectif Aspëkt.

Pour «Hohneck», dans un besoin de solitude, j’ai erré dans la grisaille et la pénombre des vallées du massif du même nom avec l’envie de ressentir physiquement mon acte photographique au milieu de la neige et de la pluie, parfois au point de haïr mon choix d’être là. Mais photographier, photographier à tout prix dans cet état de confrontation avec moi-même, et puis voir comment cela se traduira dans mes images et dans la construction d’une fiction narrative.

Et puis, il y a cette rencontre avec un brocanteur. Je suis entré dans son shop avec l’idée de trouver de vieux papiers pour documenter mes errances.  Un ancien marinier qui par le passé a roulé sa bosse du côté du port d’Anvers et à qui quelques morveux de la région, pour d’obscures raisons, ont décidés de mener la vie dure, de cambriolages en passages à tabac. La vie use tellement ce brocanteur qu’il ne se rend pas compte que sa minuscule boutique à peine chauffée est sans dessus dessous. Après une dizaine d’heures sur place étalées en deux jours, je sortirai de là avec son histoire dans la tête et aussi avec un héritage photographique, celui d’Armandine, dite Mandine, une foraine native du coin, décédée à 93 ans, seule et sans le sou, enterrée par ce brocanteur en 2014. Je lui ai trouvé une petite place dans cette série, elle à qui cela aurait certainement fait du bien de raconter aussi ses misères…

Je voulais ressentir physiquement mon acte photographique, je l’aurai également ressenti psychologiquement. En science, cela doit être une expérience validée. Voilà pourquoi j’aime pratiquer la photographie.

http://www.nimtree.be

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