2 min. de temps de lecture.

Nul doute, le salon international et printanier de l’art contemporain fait à la photographie une place légitime, l’invitant à côtoyer sur les mêmes stands le dessin, la peinture, la sculpture et l’installation. Plus rare qu’à Paris Photo ou à fotofever, la photo est donc à même de toucher, de surprendre et passionner les visiteurs autant qu’elle attire les collectionneurs.

C’est d’abord chez Françoise Paviot, la rencontre en bon esprit du génie de Man Ray, dont les originaux protégés du soleil de verrière d’un Grand Palais devenu serre, avec des auteurs plus récents nommés Agnel, Appelt, Crane, Dudognon, Nefzger, Konopka ou Blume. Chez Pascal Vanhoecke, Hervé Szydlowski  lui-même dessinateur, affiche un polyptique de sa dernière série des Masques, seize portraits de nus réalisés au plein air d’un camp naturiste, déplaçant la pudeur des textiles aux visages parés pour d’étranges fêtes vénitiennes. Aussi habile en pellicule qu’au fusain, Szydlowski reste fidèle à sa quête esthétique sur le corps tel qu’il compose avec l’âge, pour atteindre une majesté roborative, l’insolent triomphe de la maturité. La beauté pure se retrouve en mode divers chez Templon avec le tout récent Douce France de Pierre et Gilles et à la Artco Gallery d’Aix-La-Chapelle, avec les tirages de Justin Ding Wall de poses chorégraphiées de jeunes femmes noires, voisinant le travail mixte des portraits de Marion Boehm qui modèle les visages dans la matière même du support, et leur imprime la trame d’une écriture gothique parfois rehaussée de perles.

Bel accrochage chez Rabouan Moussion, pour deux signatures brillantes, avec Tania Mouraud et ses grands tirages de scènes chic et agitées des années Palace qui font écho aux deux expositions du dernier hiver en ville, Philippe Morillon chez Pierre Passebon et Cédric Dordevic chez Patrick Gutknecht, en leur temps chroniquées par Mowwgli. Erwin Olaf  se trouve sur le même stand représenté par trois images créées pour le groupe Indochine, sur le coup de cœur artistique du chanteur Nicola Sirkis : Olaf fidèle à lui même, à son esthétique sans faute,  à son mélange de perfection et de cruauté enfantine. A l’extérieur du stand, les Façades de Xavier Zimmermann, nouvel artiste de la galerie diffusent leur atmosphère hitchcockienne dans l’éblouissement de leur lumières nocturnes, pendant austère et sans couleur aux paysages brumeux de Todd Hido proposés par la Galerie Particulière.

La Galerie Berthet Aittouarès  présente le dernier travail d’Antoine Schneck, photographe toujours habile à plier la technique à son désir de ne jamais transiger avec le réel. Une série de tirages de ses Fleurs habille un des murs du stand par ses demi-teintes glissant entre le lavis et la mine de plomb, obtenues par le savant mélange de techniques numérique et argentique, mâtinées de l’antique collodion. Procédé noble aussi pour le tragique et sublime sujet de Pascal Convert dont Eric Dupont expose deux des quinze tirages contact Platine Palladium 166 x 105 cm formant ensemble le monumental panoramique de la Falaise de Bâmiyân photographiée en 2017. Fidèle à son angle Sud-Est de Grand Palais, la galerie ON de Pékin associe à l’Oceanus Procellarum, peintures à l’encre sur papier froissé de Phenix Varbanov, le travail particulièrement sensible de Shen Wei, né à Shanghai et qui commence son activité de photographe avec son installation en 2000 à New York. L’œuvre qui navigue entre une douce nostalgie de la Chine et le temps qui passe sur le corps d’un homme encore jeune résonne de cette musique des chambres de rencontres qu’abritent les pages sensuelles et glacées d’un cinquième livre paru aux éditions L+l /ON Gallery, « Undefined time of Intuition ».

http://artparis.com

Tags

#foire #Paris

Leave A Comment

Your email address will not be published.