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De nos poches à l’art, le Fric s’invite au Liberté de Toulon

2 min. de temps de lecture.

Argent, blé, flouze, monnaie, pognon, fric. Le Liberté, scène nationale de Toulon clôture sa saison 2017-2018 avec un théma consacré à un sujet tabou: l’argent. Qu’il soit lié à notre histoire sociale ou politique, parler d’argent est un sujet décrié, sensible, gênant. Notre relation à l’argent, notre façon de le dépenser ou de l’économiser en dit long sur notre personnalité. Avoir de l’argent reste nécessaire certes mais doit-il devenir un but pour réaliser ses rêves? L’argent dénature-t-il les choses? Influence-t-il notre psychologie? Aussi, la proposition du Liberté va venir interroger nos rapports avec l’argent à travers spectacles, projections et rencontres. Deux tables-rondes mettront en évidence les espoirs, les difficultés et peut-être réhabiliter la notion d’argent, un terme souvent teinté de vénalité.

La création artistique questionne aussi nos rapports avec l’argent. Dans le hall de l’institution, nous retrouvons les clichés du photographe Emmanuel Pierrot de l’Agence Vu’. Reconnu pour son travail de la nature morte développé en atelier, il collabore régulièrement avec le monde de la culture, de l’édition et de la presse. Lorsque la crise financière secouait la planète et que la zone euro se trouvait au plus mal, Emmanuel Pierrotproposait sa vision toute personnelle du monde de l’argent. Son idée est de montrer le flot monétaire jusqu’à son épuisement. Si le billet est désacralisé, il étouffe aussi l’individu qui vit sous la pression sociale. Dans ses photographies, le globe terrestre tourne au rythme de l’argent, la poupée gonflable symbolise le désir dupé. Avec beaucoup d’ironie et de décalage, plusieurs domaines véhiculent cette notion d’argent-roi, de la Suisse à l’industrie vestimentaire. Des clichés montés, aux couleurs vives qui jouent sur les échelles humaines et monétaires.

©Levi Orta

Né à Cuba en 1984, Levi Orta vit entre Beyrouth et Barcelone. Il travaille la performance à travers des installations vidéos décalées et humoristiques. Sa pratique pose un regard critique sur les représentations du pouvoir et les stéréotypes idéologiques. Avec son projet Fuck the Proletariat, I want to be the official Painter of the Gunther Family, il se penche sur l’histoire de Gunther IV, le chien le plus riche du monde, héritier d’une fortune de 373 millions de dollars provenant du lègue de la comtesse Karlotta Liebensteinqu’elle laissa à son père, le chien Gunther III. Il veut devenir son peintre officiel et décrit le processus mis en place pour réaliser son projet. Les vidéos ubuesques visibles dans la partie supérieure du hall interroge toute cette absurdité et cette excentricité liées à l’argent.

Le reste de la programmation explore des pistes aussi diverses que l’émancipation des femmes par l’argent, la reconnaissance sociale passant par d’autres normes que celles numéraires ou comment (dé)penser l’argent? Autant de propositions qui toucheront tout un chacun sans aucune épargne possible.

Jusqu’au 02 juin 2018
Le Liberté- scène nationale de Toulon
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
Tel: 04.94.00.56.76
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