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Marion Papillon à l’initiative du Paris Gallery Week-end a choisi pour l’exposition à la galerie la commissaire Léa Chauvel Lévy que nous avions rencontré à l’occasion du remarquable Salon Approche (cf notre interview). Marion résume ainsi la démarche :

« Ni le thème ni la sélection d’artistes n’ont été imposés.

A la suite de la proposition de Léa autour des fleurs, nous avons proposé 3 artistes de la galerie que Léa a retenu: Erik Dietman, Grégoire Bergeret et Elsa Sahal, aux côtés de 8 autres artistes français est étrangers ».

Les deux protagonistes ont répondu tour à tour à nos questions.

  1. Léa Chauvel Lévy, quelle a été votre réponse à l’invitation de Marion et Claudine Papillon ?

Une réponse fleurie ! Je suis partie d’un trait personnel : ma grand-mère fleuriste aux Halles pour l’élargir à des recherches autour de l’objet fleur. « Leur printemps » est le signe de ce temps qui passe. Celui qui passe également à travers les générations et les âges des 11 artistes choisis pour l’exposition. (8 artistes de mon choix et 3 parmi la belle liste de la galerie). C’était important pour moi de mêler jeunes artistes encore à l’école pour certains d’entre eux et figures​ tutélaires​ ou « professeurs ».

Les fleurs de part leur nature sexuée portent en elles une métaphore des différents états de la vie. Je souhaitais dans un premier axe exposer la fleur comme symbole de puissance de vie et de mort, dans une dualité paradoxale prise sans cesse entre désir et finitude. Hegel a bien décortiqué cette dualité.
J’ai souhaité exposer des fleurs fraîches en train de mourir comme celles de My-Lan Hoang-Thuy jeune artiste et étudiante aux Beaux Arts qui imprime des photographies sur des fleurs de lys. Les pétales vont tomber un à un et mourir sous nos yeux… Thomas Mailaender présente lui des laves imprimées. Sur l’une d’entre elles, une rose et une tête de mort. Les chrétiens ont interdit pendant longtemps le fleurissement des cimetières. Trop associées aux orgies !
Catharsis, memento mori, les fleurs éternelles de Pierre Ardouvin artificielles signifient que le couperet du temps est bien là. En contrepoint, j’ai exploré la fleur comme puissance sexuelle avec Elsa Sahal et son pistil qui dialogue avec la fleur de pavot d’Emmanuel Le Cerf photographiée dans toute sa sensualité.

Le deuxième axe de l’exposition est celui d’une grammaire formelle de la fleur qui englobe tous les artistes et plus spécifiquement Jérôme Robbe et Stéphane Calais qui épuisent, au quotidien pour le second, le motif de la fleur, un peu comme un David Hockney.

Enfin, la fleur à l’ère anthropocène avec notamment Morgane Erpen, jeune artiste diplômée de l’ECAL qui pose la question de l’épuisement de la nature par l’homme en faisant brûler des chardons.

Ces trois axes englobent une réalité : toute tentative de représentation de la fleur est domestication.

  1. Marion Papillon, En quoi cette édition est telle différente des précédentes ?

Plus de galeries participantes que les éditions précédentes, 44 cette année.

Et surtout le développement d’une nouvelle identité visuelle et de nombreux outils de communication pensés par l’agence matter of fact pour favoriser la circulation des visiteurs dans les galeries et ainsi motiver collectionneurs, professionnels et amateurs à visiter le maximum d’entre elles.

Plus de 50 événements dédiés organisés pendant le weekend par les galeries participantes (concerts, performances, rencontres, ateliers, brunchs, cocktails, vernissages, projections) font de ce weekend un événement festif qui permet la rencontre des différents publics avec les galeristes et les artistes.

Nous sommes également en train de mettre en place une “quête”  artistique inédite pour éveiller la curiosité des amateurs d’art et susciter l’esprit de collectionneur.

Pour cette 5ème année, de nombreux partenariats ont continué d’être tissés avec les institutions, le parrainage renouvelé du Ministère de la Culture et de la Mairie de Paris rejoint cette année par celui de Lafayette Anticipations.

  1. Marion Papillon Votre vision de PGW par rapport aux autres initiatives européennes et les points forts

Chaque weekend des galeries a pour particularité de défendre sa propre scène artistique ce qui les rend tous très différents.

Depuis 5 ans, PGW mobilise tout particulièrement les collectionneurs étrangers pour les inviter pour cet événement annuel phare des galeries parisiennes.

Pour la seconde année consécutive, la veille du weekend nous organisons le 25 mai une journée de conférences au Centre Pompidou en partenariat avec Talking Galleries.

Cette journée  de lancement permet de réunir de nombreux professionnels et collectionneurs internationaux autour de thématiques d’actualité. Pour cette année: Comment instagram et les réseaux sociaux influencent ou non aujourd’hui le goût et Paris comme hyper lieu alors que de nombreuses fondations privées y ouvrent tous les ans.

Enfin, un autre temps fort est le dîner de gala qui se tiendra dans les grands salons de l’hôtel de ville avec un dîner imaginé spécialement pour l’occasion par Belafonte, jeune agence de design et de gastronomie, et en partenariat avec Mazarine, maison de couture récemment fondée.

L’occasion ici de mettre en avant les savoir-faire de nos jeunes créateurs et le savoir-vivre à la française.

Infos pratiques :
« Leur printemps »
Gallerie Papillon
Curator: Léa Chauvel-Lévy
13 rue Chapon 75003 Paris
Du 26 mai au 19 juin 2018
http://www.galeriepapillonparis.com/
Paris Gallery Weekend 2018
Composez votre parcours : Beaubourg, Matignon, Nord, Saint Germain, Turenne
Plan
Agenda : brunchs, talks, visites guidées, performances, signatures..
26-27 mai 2018
parisgalleryweekend

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