Une étape décisive pour le Festival du Regard, Cergy

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Les deux premières éditions du festival ont eu lieu à Saint Germain en Laye, à une vingtaine de kilomètres de là. Pour cette nouvelle édition, changement de commune pour s’exposer à Cergy Pontoise ! Un changement qui ouvre de belles perspectives d’avenir pour ce festival dédié à la création photographique, qui aura lieu dorénavant chaque année au cœur du Val d’Oise. Vous avez un mois pour découvrir au travers d’une douzaine d’expositions, l’univers thématique des adolescences, dont on note l’utilisation du pluriel, afin d’explorer toute la multitude et la complexité de cet entre-deux âges.

Créé en 2015 par Eric Vialatel, véritable amoureux de l’image et fervent collectionneur, le festival du regard a pour but de rendre la photographie accessible au plus grand nombre. Il est épaulé par deux directrices artistiques Sylvie Hugues et Mathilde Terraube (que nous avons eu le plaisir de recevoir la semaine dernière comme invitées). L’équipe a réunit des travaux qui nous interroge sur la notion même d’adolescence, visibles au Carreau et dans les espaces publics de la ville.

On débute la visite au Carreau, pour découvrir l’exposition rétrospective de l’invité d’honneur, Claudine Doury (Agence Vu’ / Galerie Particulière). Pour le festival, exposer le travail de Claudine s’est tout de suite imposé. On retrouve ses séries les plus emblématiques comme « Rites de passage », « Sasha » ou encore « l’homme nouveau »…
Cette dernière série est un projet qui a nécessité 6 ans de travail. Claudine Doury a souhaité affronter l’homme en photographie et explorer le questionnement sur le masculin. Le choix des modèles est cependant très précis, tous sont de jeunes hommes avec à la fois des traits juvéniles voire féminins.

Sylvie Hugues, Claudine Doury, Eric Vialatel et Guillaume Herbaut devant la série Sakhaline © Ericka Weidmann

La rétrospective nous dévoile une série inédite. Il s’agit d’un de ses tous premiers travaux, « Sakhaline », un reportage réalisé en 1990 sur un goulag pour adolescents en URSS. Le choix de la scénographie tranche avec le reste de l’exposition; on y trouve les petits tirages noir et blanc sous verre avec les légendes manuscrites directement sous les images, disposés en accordéons et placés sur un socle. Une belle découverte pour un sujet qui introduit parfaitement tout le travail de celle qui a toujours mis la jeunesse et l’adolescence au cœur de son travail.

Au sein du Carreau sont présentées quatre autres expositions. On remarquera notamment celles de Sian Davey et Marion Poussier. La première a posé son objectif sur Martha, sa belle-fille, alors âgée de 16 ans. La jeune fille devenant femme a demandé à être photographiée, comme pour garder trace de cette période de transition : un sujet coloré et sensible. Marion Poussier questionne les relations amoureuses chez les adolescents. Cette série est le résultat d’une commande réalisée pour le festival Planche(s) Contact. Il s’agit là du premier volet d’un projet plus vaste, qui se poursuit dans les HLM de Clermont Ferrand. Vient ensuite son travail vidéo avec 17 séquences réalisées en plan fixe qui tournent en boucle dans l’auditorium, et c’est un véritable délice !

Parvis de la Préfecture de Cergy, exposition de Delphine Blast © Ericka Weidmann

Sur le parvis de la Préfecture, on retrouve les portraits photographiques de Delphine Blast. Avec sa série « Quinceañera », la photographe qui vit entre Paris et l’Amérique latine s’est intéressée à cette fête traditionnelle qui marque le passage entre l’enfance et l’âge adulte chez les jeunes filles. En Colombie, cette tradition est un événement majeur dans la vie des jeunes filles. Quel que soit le rang social et les moyens de la famille, cette fête se doit d’être un événement célébré par le plus grand nombre. La photographe s’est rendue dans les communautés les plus modestes pour se rendre compte des moyens mis en œuvre pour célébrer la Quinceañera. Ces familles font des économies durant des années pour offrir un événement inoubliable pour la jeune fille. Cette série de portraits montrent les adolescentes dans leurs robes de fête très colorées, au milieu de leur environnement quotidien. Un contraste fort !

Parc François Mitterrand de Cergy, Exposition de Guillaume Herbaut © Ericka Weidmann

Le festival vous invite ensuite à une ballade dans le parc François Mitterrand (on vous la conseillera pour les journées ensoleillées) à travers 7 expositions : des Geek2, des supers héros en Picardie par Guillaume Herbaut, en passant par L’Entretemps, une série de Jérôme Blin qui alterne entre portraits et paysage,s ou encore un documentaire très fort réalisé par Martin Barzilai, sur les Refuzniks, ces jeunes isréaliens qui disent non à la guerre et renoncent à faire leur service militaire, obligatoire pour les hommes et les femmes…

INFORMATIONS PRATIQUES
Festival du Regard
12 photographes exposés (expositions personnelles) : Claudine Doury (invitée d’honneur), Coco Amardeil, Martin Barzilai, Delphine Blast, Jerôme Blin, Françoise Chadaillac, Siân Davey, Guillaume Herbaut, Gil Lefauconnier, Reiko Nonaka, Marion Poussier et Thibaud Yevnine
+ Exposition collective : « les ados vus par… » : Sabine Weiss, Bernard Plossu, Françoise Nunez, Marc Riboud, Michael Ackerman, Denis Dailleux, Ingar Krauss, Jean-Claude Gautrand et Jean-Christophe Béchet.
Du 8 juin au 8 juillet 2018
Au Carreau (3-4 rue aux Herbes) & parc François Mitterrand
95000 Cergy-Pontoise
Entrée libre
http://www.festivalduregard.fr

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