Estelle Lagarde, passeuse d’âmes

2 min. de temps de lecture.

Au fil des ans, Estelle Lagarde invente sa propre cosmogonie peuplée de personnages, tantôt humains, tantôt hybrides, et le plus souvent fantômatiques. La géographie de son travail est immuable : les murs de pierre en intérieur, qui se révèle comme une toile de fond. Estelle Lagarde a une formation d’architecte et l’on serait tenté de dire que c’est là l’unique raison qui conditionne le choix de lieux à forte empreinte architecturale : chateau, usine, église, lieux abandonnés et toujours sans symbolique domestique à l’exception de la série “L’auberge”.

Cependant l’explication est bien insuffisante car ici se joue une autre histoire, celle que la photographe choisit de construire et de nous raconter. N’est-ce pas le propre de l’artiste que de se créer sa propre représentation du monde? Certes, mais tous n’inventent pas un un univers complet avec des figures, des histoires, un espace et une temporalité qui lui est propre.

De Anima Lapidum ajoute une nouvelle pierre dans sa galaxie. Cette nouvelle série d’oeuvres, prend place dans des édifices religieux où rien ne rappelle le commun, le quotidien, l’usage : seule la matière triomphe incarnée en pierre et en lumière. Mais quel est ce monde ? Existe-t-il ou n’est-il que lumière? Les “êtres” qui défilent devant nos yeux accomplissent des actes selon un rituel inconnu guidé par des ondes lumineuses. Ils apparaissent et disparaissent dans un rai de lumière dessinant ainsi des constellations toujours mouvantes de la cartographie Lagarde. La photographe semble s’amuser à inverser l’ordre des choses : les figures sont figées comme statufiées ou bien fuyantes. Elles se dématérialisent sous notre regard dont la chair semble absente. Comme dans la suite d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll, De l’autre côté du miroir, et ce que Alice/Estelle ? y trouva, nous sommes nous aussi passés de l’autre côté, où l’ordre des choses est inversé. La Reine explique à Alice qu’il faut courir très vite pour rester sur place ou que pour atteindre le jardin, il faut s’en éloigner. Chez Estelle Lagarde, ce qui constitue physiquement un être humain, la chair, est évanescent, seule la lumière permet l’incarnation de ces êtres. Et c’est de la pierre des édifices qu’émane la matérialité, le concret, la chair ; puisque les pierres ont une âme, cette âme s’incarne dans un corps, de pierre.

Pierre sans âge, temporalité infinie, bien que la lumière perce du dehors, impossible de déterminer un temps, une saison. Comme chez Caroll qui se joue du temps avec la Reine qui se souvient des évènements du futur, Lagarde démiurge n’oublie aucun aspect de la création de son monde dont nous sommes témoins. Elle nous convie à le traverser en se faufilant dans la procession dont nous ne connaissons ni le début ni la fin.

INFORMATIONS PRATIQUES
De Anima Lapidum, l’âme des pierres
Estelle Lagarde
Du 12 mai au 27 août 2017
Monastère Royal de Brou
63 boulevard de Brou
01000 Bourg-en-Bresse
+33 (0)4 74 22 83 83
http://www.estellelagarde.com
http://www.monastere-de-brou.fr

Les Libertés Conditionnelles d’Estelle Lagarde (2ème partie)

4 min. de temps de lecture.

ESTELLE LAGARDE expose deux séries photographiques, « Maison d’arrêt » et « Lundi matin » sous le titre « Libertés Conditionnelles » mois de la photo du Grand Paris à l’espace ANIS GRAS / LE LIEU DE L’AUTRE, Arcueil, du 11 Avril au 5 Mai 2017. Le vernissage s’est tenu le 18 avril dernier en présence du Maire d’Accueil, Christian Métairie et de Francois Hébel, Directeur Artistique du mois de la Photo du Grand Paris.

LUNDI MATIN, fable sociale.

LUNDI MATIN a été réalisé dans un garage à l’abandon. La quinzaine de tirages exposés évoque l’univers du travail salarié, à la pièce, et les différents moments où les ouvriers, le directeur se font face, menace de la grève, revendications salariales, et réunions d’urgence avec les cadres, tout ce qui fait sens dans une petite entreprise, avec cadres sup. et chef d’équipe, patron en costume cravate, ouvriers en bleu de chauffe. Estelle Lagarde parle avec humour de ce que fut la vie de millions de français dans la période des trente glorieuses. On retrouve ici une dénonciation de l’univers de l’usine, une évocation des petits matins froids, de la pause, des revendications, des combats, de la grève, de 68, tout un imaginaire compose le fond intentionnel de la série, sous la forme d’une ré-appropriation de ce qui fut le monde ouvrier en ces années là.

Estelle Lagarde recompose les codes de cette photographie en projetant l’intrusion des matières au sol, envahissantes, rebuts d’une activité disparue, et dans au moins un tiers de l’exposition, fait exploser les taches de peinture, qui envahissent le plan, un peu du Pop Art et de l’Action Painting effracte la photographie, qui devient plus présente. Les conjugaisons des trois occurrences qui nourrissent la réalisation de la prise d’images, comme on pourrait écrire la prise de sons, provoquent une perturbation de leur lecture, une inflexion vers une certaine modernité. En effet sont conjugués la prééminence du personnage net, la transparence des autres personnages et le traitement en silhouettes diaphanes, l’envahissement des rebuts au sol et la parfaite maitrise de la lumière donnant aux murs, aux fonds, la précision des lieux tels qu’ils sont aujourd’hui, sales, tachés, graffés, enfin, la mise en situation des personnages dans des gestes et situations liées à une photographie documentaire ou sociale, voire issue du Corporate dans la citation de ces situations. envie d’ iconoclastie subversive…

Lundi matin commence par la réunion des cadres, le seul personnage central net définit le point de l’action, les autres personnages, cadres, ouvriers ne sont que fantômes, de quoi est il question alors si ce n’est d’une photo de classe réunissant l’équipe, départ de la série à venir? Secrétariat est une image rouge, le statut de la couleur et des projections de peinture déporte l’attention vers une picturalité formelle, occurrence de composition qui dissout le propos social ou documentaire et qui régénère visuellement la scène. L’atelier, un grand format est essentiel à la série, alors que les gravas s’entassent au premier plan et envahissent le sol, apparaissent les gestes mécaniques du travail. On pense aux temps modernes de Chaplin. L’expert, le soutien, Prime de licenciement, le sommet, la menace, Vendredi soir, donnent le ton général de ce petit théâtre drolatique, frôlant la caricature, on est effectivement dans une satire sociale, comme si, à rebours, les murs avaient appelé à cette revanche du lieu sur la vie, et que le son, les bruits étaient toujours présents, propres à mettre en « vibration » cette toile tendue où se projète le film décompressé, décomplexé, à la disconvenance insolente et ouvrière d’Estelle Lagarde.

Il apparait ici qu’Estelle Lagarde est une conteuse inspirée se servant de la photographie pour raconter, parti pris de libertés du style et de l’énonciation, l’image fixe se situe entre le plan cinématographique et le conte, entre la parodie, le pamphlet social ici, mais sans acrimonie, dans la douce légèreté de ce qui se raconte à voix basse, à la lampe. Ces contes modernes ont la pertinence de certaines photographies de Sarah Moon, surtout celles où Estelle Lagarde se met en scène, elle même, silhouette parfaite au costume sage. Un ange passe…

EXPOSITION
Les Libertés Conditionnelles
Estelle Lagarde
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 11 avril au 5 mai 2017
• Week-end Intense Diagonale le 29 et 30 avril 2017 
Anis Gras – le Lieu de l’Autre
55 Avenue Laplace
94110 Arcueil
www.estellelagarde.com

A VENIR
DE AMINA LAPIDUM l’âme des pierres
Estelle Lagarde
du 12 mai au 27 août 2017
Monastère royal de Brou
63 Boulevard de Brou
01000 Bourg-en-Bresse

UNE APPLICATION GEOLOCALISEE

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Les Libertés Conditionnelles d’Estelle Lagarde (1ère partie)

8 min. de temps de lecture.

ESTELLE LAGARDE expose deux séries photographiques, « Maison d’arrêt » et « Lundi matin » sous le titre « Libertés Conditionnelles » mois de la photo du Grand Paris à l’espace ANIS GRAS / LE LIEU DE L’AUTRE, Arcueil, du 11 Avril au 5 Mai 2017. Le vernissage s’est tenu le 18 avril dernier en présence du Maire d’Accueil, Christian Métairie et de Francois Hébel, Directeur Artistique du mois de la Photo du Grand Paris.

On se souvient des séries d’Estelle Lagarde, « Dame des songes » 2006, « Contes Sauvages » 2007, « Femmes intérieures », « Hôpital » 2007/2008, »Maison d’arrêt » et « Lundi matin » deux séries exposées à l’Anis Gras-Le Lieu de L’Autre, font suite.

Une même attraction pour les lieux vides en déshérence introduit un univers fantomatique et donne un point de départ aux mises en scène que conduit la photographe, souvent immergée tel un réalisateur de cinéma dans un groupe d’amis, venus poser, selon ses indications, pour écrire un peu du dialogue entre les murs et les corps et s’approcher en grand secret de ce monde imaginaire, balayé par ces héros à peine visibles et pourtant livrés à une action, à un déplacement, à une interrogation, mesure de la scène.

Adepte des huit secondes de pause, le temps de l’obturation photographique, ce temps long permet mouvements, apparitions, disparitions, si bien que le lieu seul est toujours net, avec un personnage central, souvent immobile. Il y a alors place pour un second plan, un second temps, qui se déploie tout autour du personnage central, que ce soit sa propre image ou celle d’une action collective, laissant présager que tout ceci est issu d’une forme de somnambulisme, d’auto-hypnose, d’un rêve éveillé, voire d’une sortie de corps.

Certains ont osé un comparatif au surréalisme, mais le statut des images n’est pas lié directement à l’onirisme ou au hasard objectif. Ce serait plutôt l’expression d’un autre dispositif plus proche plastiquement d’une inspiration romanesque, permettant la projection de l’action inscrite au sein de chaque image et la rendant fuyante par la longue exposition.

Maison d’arrêt

Il existe chez Estelle Lagarde un parti pris inconscient organisateur de ses séries. Une séduction des lieux qui surgit hors du temps précédant leurs destructions. Séduction visuelle et sensible des lieux à l ‘abandon mais encore accordés à ce qu’ils furent. Estelle est avant tout intéressée à s’emparer de ces lieux choisis qu’une sédition a élu comme théâtre de ses possibles, et qu ‘elle investit par une mise en scène soignée, étudiée, avec personnages.

Ainsi en va t il de la maison d’arrêt d’Avignon, fermée depuis quelques années, cadre de la série « Maison d’arrêt » à laquelle s’est ajoutée la meilleure photographie de la Série prise à la prison de Meaux, qui a semblé fasciné la photographe.Estelle Lagarde recompose, par ses poses longues, le jeu de la présence / absence, introduit un différé où les corps se dissolvent par la magie de la photographie. Serait ce la marque appelant au delà du visible les voix chères qui se sont tues, prenant en épissures le prétexte fictionnel pour revenir au songe d’ un champ fertile de l’intime?

Que rejouent ces scènes à la finesse de ton et la picturalité du sens? Se superpose, invisible, une tout autre scène, l’aveu d’un espace intime qui ne cesse de mourir et de renaitre, de fluer aux sources de la volonté et de l’involonté, à la recherche des traces, des preuves du sens avéré du monde. Ces situations offrent à la photographe la possibilité de produire du sens, ce que nous saisissons, la thématique, et ce que nous ressentons l’humour, la légèreté. L’oeuvre se noue et se dénoue…au fil du temps. Les images fluent et s’affirment, s’éclairent, parlent, se lient entre elles, voyagent, se dissolvent, pour renaître, tout en restant ouvertes, malgré tout, autonomes et libres…

Dans « Libertés conditionnelles » les murs ont cette importance des traces laissées par le temps. La prison exhale, magnifiée par les prises de lumière, cette mémoire indicielle du temps d’alors, inimaginables souffrances morales et physiques des détenus évanouis dont il ne reste rien pas même un souvenir. Estelle Lagarde joue en évoquant les lieux et les actions raccords de ses personnages l’illusion du roman. Comment ne pas songer à Hugo, Dumas, Sue, tout un XIX de référence, doublé par la poétique de la libération intérieure de Sade et Genêt, embastillé et relégué, dans le dénuement froid du cachot ou de la cellule, terme à double consonance, lieu physique de l’enfermement et unité matricielle du vivant.

Les prisons d’Estelle Lagarde procèdent du deuxième sens, la scénarisation, sans évoquer le leurre apparent de l’enfermement, offre un retournement fictif de soi dans l’écriture, induit une libération que la mise en photographie développe, parce que le jeu (je) est fils du vent et de l’air.

Les rêveries verlainiennes des fêtes galantes continuent à faire vivre l’émoi photographique, ce chant de la présence des corps, des lieux, eux même soumis à la disparition quant à à leur prochaine rénovation ou destruction; tout est mouvant, la pierre des murs, la vie, la présence et ce jeu de séduction qu’offre le projet photographique. Matrice donc et Femme, par son approche des temporalités et de l’évocation de l’ombre obsédante du couteau dans l’eau…d’un coup de feu qui claque, résurgences du drame, de l’ouverture de la porte qui se ferme, de l’aperçu et du chant silencieux et obscur du monde, comme images obsessionnelles latentes…

Toute fiction obere un langage, signes, sons, images, rythmes, verbes, et signe l’ expérience d’un corps inexpérimenté de ses défaillances,

de ses ruptures, de ses absences, de sa finitude. L’expérience fictionnelle du corps inexpérimenté de l’être parlant n’est donc pas fictive, au sens d’irréelle. Et cette histoire en tant qu’action dans les langues et les langages qui prennent part au réel se fait dans un façonnement — une fictio — qui implique créations et décisions.

Mais il est un thème ici, investi et mis en scène, par autant de « reconstitutions » possibles que l’assemblage du lieu et du jeu des personnages. Il s’étend du lieu théâtral de sa représentation à notre réception. Une opération réussie dans le jeu déréalisant de ces scénettes nous épargne la souffrance compassionnelle du témoin. Nous sommes à distance, témoins objectifs d’un film qui ne nous atteint pas émotionnellement. Estelle Lagarde construit plan par plan un théâtre vital, viral, où une certaine idée des prisons est évoquée, mais à travers le prisme d’une narration différenciée, dans une distance qui prend l’dée ou le concept de l’enfermement à revers, lecture faite à rebours de son histoire personnelle dans une volonté d’éclaircissement, mesure auto biographique, permettant aux regardants, de s’échapper par le haut. Et pourtant quelque chose retombe, retourne à la matière, retrace l’errance, s’enfuit, quand l’angoisse, chassée le jour, revient au creux du doute, aux heures sombres. C’est par ce mouvement, cette expérience partagée assez largement que se jouent les thématiques de l’enfermement et de la fermeture et qu’elles s’en trouvent partagées.

Délit de fuite, la Promenade, Redressement s’inscrivent assez directement dans cet imaginaire de la représentation de l’enfermement et font référence au cinéma de genre,

La veilleuse serait plus fellinienne, Usha , Unité Hospitalière Spécialement Aménagée, est au bord de citer Frankenstein et Quartier de Femme, plus complexe dans sa construction, plus symbolique sur les deux niveaux d’architecture qui forment le plan photographique, où, dans la partie inférieure, sombre, inferno, le spectre de la folie hante les quatre jeunes femmes en quête et en mouvement, venant vers la caméra, perdues, éperdues, étranges, alors qu’en haut, paradisio, la première silhouette dans son mouvement de progression, dynamise le chemin ouvert vers le fond du plan photographique, le souffle lumineux semble absorber la légèreté des trois silhouettes regards tournés vers l’extérieur, appelées de dos ou de trois quart, boticelliennes, évanescentes, vers un ailleurs fait de lumières (et d’amour). Cette photographie est à soi seule une sorte d’adresse qu’Estelle Lagarde s’envoie à elle même parce qu’elle assemble en son sein, cette dichotomie qui opère dans le champ du réel un mouvement ascensionnel, des enfers, la schize, la division de soi, vers paradisio, l’unité conquise, l’harmonie signifiante, le dépassement et la renaissance. Ici se situe un ciel ouvert à la lumière, comme les trois jeunes femmes absorbées par l’ailleurs de leur regard, et inondées de lumière. Cette photographie pourrait très vite devenir sonore, aux bruits de portes, de coups résonnant sur les vitres, aux appels au secours, aux voies hurlantes et désemparées, angoissantes du plan inférieur, succède au plan supérieur de l’image tout chant clair et cristallin, eau courante et chant d’oiseaux, musique religieuse portée par la foi, cantate, musique baroque, éclairant l’âme des soleils neufs et vivifiants…

Ceci dit plus singulièrement qu’Estelle Lagarde se dirige vers une nouvelle voie, moins asymptotique ( Consentir c’est moins constater la nécessité que l’adopter; c’est dire oui à ce qui est déjà déterminé, Le consentement est la marche asymptotique de la liberté vers la nécessité. Ricœur, Philos. de la volonté,1949) , et sans doute plus symbolique, chemin ouvert vers l’épopée que le chant de l’aube porte au delà de la nuit, par l’éblouissement de l’aurore aux doigts de rose.

Sur la couleur: les coloristes, écrit Baudelaire sont des poètes épiques.

EXPOSITION
Les Libertés Conditionnelles
Estelle Lagarde
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 11 avril au 5 mai 2017
• Week-end Intense Diagonale le 29 et 30 avril 2017 
Anis Gras – le Lieu de l’Autre
55 Avenue Laplace
94110 Arcueil
www.estellelagarde.com

A VENIR
DE AMINA LAPIDUM l’âme des pierres
Estelle Lagarde
du 12 mai au 27 août 2017
Monastère royal de Brou
63 Boulevard de Brou
01000 Bourg-en-Bresse

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Pour vous guider dans la programmation du Mois de la Photo du Grand Paris, Mowwgli met à disposition son application qui géolocalise les événements et les lieux du Mois de la Photo (entre autre), retrouvez les fiches des expositions, des galeries et des artistes !
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Estelle Lagarde : Libertés conditionnelles

11/04/2017 – 05/05/2017 @ 14 h 00 min – 19 h 00 min – «Libertés conditionnelles» propose une réflexion sur les notions d’enfermement physique et psychique par d’étonnantes mises en scène photographiques, échos d’une certaine réalité sociale actuelle. L’univers visuel d’Estelle Lagarde est singulier à plus d’un titre. Les rencontres avec des lieux souvent désolés ou désertés agrègent une collection de fictions photographiques, qui, ajoutées les unes aux autres, […]

ContreNuit : Agence Révélateur

13/10/2018 – 10/11/2018 @ Toute la journée – En réunissant les huit photographes que représente l’agence révélateur, l’Anis Gras-Le lieu de l’autre invite à une plongée au coeur de la nuit. De l’errance à l’oubli, du rêve à l’insomnie, c’est une véritable matérialité du sombre, du noir, que « ContreNuit » propose d’éprouver. Pérégrinations physiques ou mentales, nous abordons avec eux un labyrinthe […]

Rencontre avec Olivier Bourgoin de l’agence Révélateur autour de ContreNuit

5 min. de temps de lecture.

Notre critique Pascal Therme a rencontré Olivier Bourgoin, fondateur de l’agence Révélateur. A l’occasion de la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles et du festival Voies Off, il présentait huit de ses auteurs au sein d’une seule et même exposition intitulée « ContreNuit ». L’exposition sera visible à l’automne prochain en région parisienne.

L’agence Révélateur, Arles 2018 De gauche à droite : Laure Pubert, Olivier Bourgoin, Damien Guillaume, Christine Delory-Momberger, Michaël Serfaty © Edith Laplane

L’exposition propose une plongée au coeur de la nuit. De l’errance à l’oubli, du rêve à l’insomnie, c’est une véritable matérialité du sombre, du noir. Périgrinations physiques ou mentales, nous abordons avec eux un labyrinthe de réminiscences, de fantasmagories, de mémoires altérées, de vestiges intimes, de peurs ou d’espoirs enfouis.
Visages, figures humaines peuplent les nuits. Yeux grands ouverts dans l’obscurité, les images se construisent autrement. Déambulations nocturnes, paysages, formes s’indéfinissent, s’enveloppent, s’absorbent. Se dévorent en attendant le jour ?

Exposition ContreNuit, Arles 2018
Exposition ContreNuit, Arles 2018

Avec «Fire Game», travail en couleurs toujours en cours, exclusivement réalisé sur le territoire français, Dan Aucante cherche plus à capter un moment qu’à faire un constat d’ensemble, ou dresser le portrait d’un groupe social. Son approche est d’abord de l’ordre du ressenti, laissant une part de subjectivité et de fiction s’immiscer dans ce qui pourrait au prime abord être considéré comme un reportage soigné. Et c’est entre jour et nuit que tout semble ici se nouer. Comme à l’adolescence qu’il capte ici.

Christine Delory-Momberger fouille au plus près de leur surface différents tirages photographiques familiaux et personnels, archéologue d’une histoire enfouie. Dans «exils/réminiscences» elle extrait une matière mémorielle, fragile, derrière l’opacité de l’oubli, du noir volontaire ou inconscient, qui masque et qui cache. Du noir que l’on gratte pour voir ce qu’il y a derrière. La nuit dans laquelle elle est plongée implose, fait surgir, derrière le grain photographique, le début d’une vérité, le résultat d’une obsession du comprendre, l’impérieuse nécessité de sortir d’une nuit qui a couvert une enfance, une adolescence. Le noir comme explorateur de soi.

«One lonely night» présente un extrait d’images puisées dans le grand abécédaire constitué par le travail photographique de Valérie Gondran, à la recherche d’une émotion, d’un sentiment, d’une idée, d’une histoire. De l’association de ses images – avec elles, au-delà d’elles, entre elles – émerge un nouveau récit, avec une composition visuelle dont l’ambiance pourrait être celle d’un polar mystérieux à la David Lynch. Une histoire courte en somme, comme se plaît à en conter l’auteure.

Les photographies de «Femmes et ivresse» ont été réalisées par Damien Guillaume dans des états d’ivresse avancées du photographe et de la plupart des modèles, au coeur de la nuit. Les modèles l’accueillent chez elles, sachant qu’ils vont boire, discuter puis mettre en place une séance de photographies durant laquelle elles devront poser nues au moment où il le décide, au moment où l’ivresse atteint un certain degré. Les photographies sont réalisées en doubles expositions afin de travailler sur la sensation de mouvement incontrôlé et de double personnalité du modèle (entre l’ivresse et la sobriété), captées de manière instinctives, inspirées par l’instant et l’espace. Elles ne sont jamais préméditées.
Les seules retouches des photographies sont liées à un renforcement du contraste.

C’est par la matière, l’adjonction d’huile aux grains photographiques qu’Irène Jonas ancre et encre son «Insomnie». Les images qu’elle associe et densifie deviennent les témoins et les protagonistes de ses nuits sans fin, et nous ramènent à nos propres éveils nocturnes. L’esprit voyage librement, passant d’une sensation à une autre, fait surgir et se mêler souvenirs enfouis et expériences quotidiennes. L’insomnie peuple aussi la nuit de créatures inquiétantes ou amies, hybrides de réalité et d’inconscient. Tout est encore fugace, fragile et l’on sent dans les images l’éventualité d’une disparition totale de ses visions : sont-elles sur le point de s’obscurcir
totalement ou au contraire sont-elles sur le chemin d’une éblouissante clarté ? Elles matérialisent tout à la fois l’épaisseur du temps, son instabilité et son inexorable bruissement.
De cet éveil naissent des énigmes, des chimères qui nous poursuivent parfois la nuit achevée.

Les différents lieux investis par Estelle Lagarde lui permettent de diriger des scènes qui, ajoutées les unes aux autres, racontent une histoire. Avec «De anima lapidum», Estelle Lagarde se livre à la matérialisation d’une intériorité. En plaçant sa chambre photographique dans plusieurs édifices religieux, aux quatre coins de la France, elle met en images une réflexion sur les relations s’établissant entre l’humain et les architectures de ces monuments, entre l’obscurité et la clarté des lieux et des âmes. C’est aussi notre propre mystique qui est ici sondée à travers la mémoire, les souvenirs et l’Histoire qui imprègnent les murs de ces monuments sacrés, témoins et gardiens de secrets, de péchés et d’espérances.

Laure Pubert navigue elle aussi entre le rêve et la réalité dans sa série «J’irai marcher sur tes traces». La sélection faîte dans ce travail réalisé au cours d’un long séjour en Norvège, nous entraîne sur le chemin du roman noir. C’est sûrement l’un des atouts narratifs de la nuit, l’une des libertés que cette dernière permet de construire mentalement. D’un récit et d’une quête photographique personnelle, dans ce choix d’images, Laure Pubert propose de laisser notre propre imaginaire divaguer et bâtir notre propre récit nocturne, de donner chair, âme et histoire aux personnages. Rien n’est figé, tout peut être fin ou commencement. C’est cette incertitude noire qu’explore la photogaphe.

Michaël Serfaty est, quant à lui, l’hôte de visages et de silhouettes qui, peu à peu, s’extirpent d’une noirceur – prison ou refuge. Ce sont peut-être «Ces choses au fond de nous» (titre de sa série) qui tentent de prendre forme à la faveur du calme et de l’indétermination de la nuit. L’imprécision de leurs formes, le flou que leur imprime le grain de l’image, entrouvrent plusieurs questionnements : serait-ce à la faveur de la nuit que ces êtres font leur visites, dans l’espoir d’une rencontre, avant de rejoindre à nouveau l’obscurité dès les premières lumières diurnes ? Ou bien au contraire tentent-ils définitivement de sortir de cette nébulosité et de rejoindre la lumière ? Peut-être bien les deux à la fois.

INFORMATIONS PRATIQUES
agence révélateur
http://www.agencerevelateur.fr
http://www.facebook.com/agencerevelateur
> Expo à venir
ContreNuit
Du 10 octobre au 10 novembre 2018
L’Anis-Gras Le Lieu de l’Autre
55 Avenue Laplace
94110 Arcueil

Exposition Prix International Women Photographers Association 2018

03/07/2018 – 30/08/2018 @ Toute la journée – Exposition Prix International Women Photographer Association 2018 3 juillet – 30 août 2018 – Mairie du 1er arrondissement, 4 place du Louvre, Paris. Après Dubaï, Beirut et Tokyo, l’exposition itinérante du prix International Women Photographers Association arrive à Paris. Les oeuvres des finalistes originaires des quatre coins du globe seront exposées hors les murs, sur les […]

ContreNuit, exposition collective

24/03/2018 – 14/04/2018 @ 14 h 00 min – 19 h 00 min – En réunissant cinq des photographes qu’elle représente, l’agence révélateur, à l’invitation du Pangolin, propose une plongée au coeur de la nuit. De l’errance à l’oubli, du rêve à l’insomnie, c’est une véritable matérialité du sombre, du noir que «ContreNuit» propose d’éprouver. Perigrinations physiques ou mentales, nous abordons avec eux un labyrinthe de reminiscences, de fantasmagories, de […]

Les Photographiques 2018 : 40 ans d’engagement pour la photographie

2 min. de temps de lecture.

Cette nouvelle édition des Photographiques célèbre le quarantième anniversaire de ce qui fut la première manifestation dédiée à la photographie contemporaine au Mans, en 1978, préfiguration de ce qui deviendra ensuite le Festival de l’image dès 1982 puis Les Photographiques en 2006, demeurant, qui plus est, un événement entièrement porté par des bénévoles, résistant encore à la vague de disparition des festivals associatifs suite aux baisses voire disparitions de subventions, notamment en province.

Au programme de cette nouvelle édition, une sélection de la collection d’images créée tout au long de ces nombreuses années de partage et de découvertes, acquise auprès des photographes présentés, traversant les générations et les courants de la photographie contemporaine et aujourd’hui forte de plus de 400 oeuvres, est exposée à l’Hôtel de Ville du Mans, témoignage de l’engagement réitéré auprès des photographes et du public.

En parallèle, Les Photographiques investit 6 lieux du Mans et de sa métropole, invitant 14 créateurs internationaux, nationaux et locaux, reconnus ou émergents, sélectionnés parmi plus de 340 dossiers reçus à la suite de notre appel à auteurs. La collégiale Saint-Pierre-la-Cour servira d’écrin à l’exposition de la photographe invitée : Estelle Lagarde y succède cette année à Corinne Mercadier. Près de 14 autres photographes viennent compléter cette programmation avec des univers aussi vastes, pour dessiner un panorama photographique complet. L’exploration des volumes par l’approche plasticienne de Mathias Greenhalgh, les autoportraits tragi-comiques de Jean-Claude Delalande, le regard décalé et dénonciateur de Raphaël Helle sur le climat, les images délicates d’Aurore Colbert ou encore les surimpressions de Francesca Dal Chele qui pose son regard sur l’urbanisation de la Turquie… Beaucoup d’autres choses à voir pour ce festival pluriel.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Photographiques
Du 17 mars au 8 avril 2018
• Hôtel de Ville (Le Mans) > 40 photographies pour 40 bougies
• Collégiale Saint-Pierre-la-Cour (Le Mans) > Estelle Lagarde / De anima lapidum
• Centre Paul Courboulay (Le Mans)
> Mathias Greenhalgh / Waalsekaai 47 (Fomu)
> Caroline Chik / Humanité
> Jean-Claude Delalande / Quotidien
> Raphaël Helle / Dérèglement
> Mireille Loup / Beneath-Beyond
> Marie Mons / Aurore Colbert
> Claire & Philippe Ordioni / Portraits baroques
> Anita Pouchard-Serra / Urbanités latentes
> Mélanie Wenger / Marie-Claude>
• Pavillon du parc Monod (Le Mans)
> Adrien Basse-Cathalinat / La ligne
> Benjamin Juhel / ARK
• Centre culturel L’Éolienne (Arnage) > Jean Pellaprat & Jérémy Paon / ON OFF//Grenoble
• Médiathèque Louise Michel (Allonnes) > Francesca Dal Chele / Le passé de l’avenir
>; Centre d’art de l’Île MoulinSart (Fillé-sur-Sarthe) >Éric Droussent / Décalage immediat
http://www.photographiques.org/index.php/programmation-2018

Les Photographiques, festival de photographie contemporaine

17/03/2018 – 08/04/2018 @ 14 h 00 min – 18 h 30 min – Du 17 mars au 8 avril, au Mans, la nouvelle édition des Photographiques investira une fois de plus divers lieux du Mans et de son agglomération, en privilégiant la diversité des regards des photographes sélectionnés pour la plupart via un appel à auteur. Le festival accueillera ainsi, au côté de son invitée Estelle Lagarde, 14 photographes […]