Tous les articles par Ericka Weidmann

Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016. http://www.ericka-weidmann.com

La Photographie contemporaine slovène à l’honneur à la galerie Voies Off

A l’occasion du festival Voies off, la galerie éponyme, sous la direction de Christophe Laloi, a inauguré au tout début de l’été, l’exposition « If Slovenia Were… » Cette dernière met à l’honneur la jeune photographie contemporaine slovène en rassemblant les travaux de 19 artistes. L’exposition collective a été initiée par Klavdij Sluban, concepteur du projet « If Slovenia Were… ».

Klavdij Sluban (1963) est un photographe français de parents slovènes. Il a passé son enfance à Livold (Slovénie). Il mène une oeuvre personnelle souvent empreinte de références littéraires, voyageant des Balkans aux îles Kerguelen. Depuis le début des années 1990, Klavdij Sluban participe activement à la vie culturelle de son pays d’origine. Aujourd’hui il s’investit dans le projet “If Slovenia Were…” représente une vision photographique du pays à travers les yeux de 19 photographes slovènes contemporains.

Chaque série a été spécifiquement réalisée pour ce projet entre 2015 et 2018. Le choix des photographes s’est fait sur appel ouvert. Avec une écriture photographique personnelle, les auteurs montrent leur Slovénie, vécue de l’intérieur. Concerné(e)s par le mode dans lequel ces jeunes photographes vivent (la moyenne d’âge du groupe est de 34 ans), ils / elles utilisent des moyens d’expression variés, couvrant tous les champs de la photographie. La fin de la Yougoslavie et de la guerre (1991-2001) sont loin. De nouveaux réfugiés, venus de plus loin, traversent le pays. Cependant, le regard de ces jeunes auteurs se pose tout autant sur la globalisation des banlieues, les centres commerciaux naissants que la famille ou bien l’introspection. Concerné(e)s par la situation dans laquelle se trouve la Slovénie actuelle, ces jeunes auteurs n’en questionnent pas moins leur place à l’intérieur de cette société. »

Artistes exposés : Jošt Dolinsek, Jošt Franko, Katja Goljat, Ciril Jazbec, Irena Jurca, Jurij Korenjak, Primož Korošec, Tereza Kozinc, Meta Krese, Robert Marin, Dejan Mijović, Matej Povše, Boštjan Pucelj, Matjaž Rušt, Klemen Skubic, Nina Sotelšek, Marko Vrbič, Ana Zibelnik et Manja Zore

INFORMATIONS PRATIQUES
If Slovenia Were…
La Photographie contemporaine slovène
Du 2 juillet au 23 septembre 2018
Galerie Voies Off
26 ter rue Raspail
13200 Arles
http://voies-off.com
https://www.ifsloveniawere.com

L’Institut pour la Photographie lance son premier événement cet automne

En septembre dernier, nous apprenions l’inauguration d’une institution de référence internationale dans le domaine de la photographie initiée par la Région Hauts-de-France en collaboration avec les Rencontres d’Arles. En juillet, c’est l’adresse de l’Institut qui était dévoilé : ce sera à Lille, que ce nouveau lieu dédié à la photographie sera domicilié. Aujourd’hui, ce sont les premiers événements qui se dévoilent…

Présidé par Marin Karmitz et dirigé par Anne Lacoste, L’Institut pour la Photographie est conçu comme une plateforme et un lieu de ressources, de diffusion, d’échanges et d’expérimentations afin de développer la culture photographique auprès du grand public et de soutenir et valoriser la recherche et la création. Son programme scientifique et culturel est fondé sur la complémentarité et l’interactivité de cinq axes principaux :
Contribuer au rayonnement de la Photographie en proposant une programmation culturelle étendue avec l’organisation d’expositions, de rencontres, de conférences et d’ateliers…
Préserver, transmettre et valoriser en constituant un fonds photographique sous forme de dépôt ou de don, les archives des grands figures de la photographie.
Ouvrir de nouvelles perspectives à la recherche en initiant un programme de recherche qui vise à développer les approches diverses de la photographie. Quatre bourses annuelles seront allouées chaque année.
Sensibiliser à l’image photographique en développant l’éducation photographique et la culture visuelle auprès d’un public toujours plus large.
Valoriser le livre comme objet en créant une activité dans le domaine de l’édition avec une bibliothèque et une librairie de référence.

Avant les premières programmations d’expositions et d’événements photographiques prévues au printemps 2019, l’Institut propose un colloque de trois jours, gratuit et ouvert à tous. Cet événement réunit historiens de l’art, conservateurs, artistes, spécialistes et chercheurs d’autres disciplines afin d’aborder des questions liées aux enjeux actuels de la conservation, de la recherche et de la conquête des publics.

MERCREDI 17 OCTOBRE
La conservation et la valorisation du patrimoine photographique

↳ Archives nationales du monde du travail, Roubaix

JEUDI 18 OCTOBRE
« Les images comme ressource » ou les différentes modalités et méthodologies autour des fonds d’archives photographiques

↳ Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, Tourcoing

VENDREDI 19 OCTOBRE
L’image photographique à la conquête des publics : de la diffusion à la sensibilisation

↳ Le Nouveau Siècle, Lille

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Institut pour la Photographie
151 Avenue du Président Hoover
59555 Lille
https://www.institut-photo.com

L’Infime de Jessica Lange au Centre d’Art Campredon

Cet été, le Centre d’Art Campredon de l’Isle-sur-la-Sorgue accueille l’actrice oscarisée Jessica Lange. L’américaine qui s’est fait connaître dans King Kong en 1970 et que l’on a retrouvé récemment dans l’excellente série American Horror Story, a une passion : la photographie. Ses images sont donc aujourd’hui exposées et visibles jusqu’au 7 octobre prochain.

  « La photographie est pour moi un processus tout à fait mystérieux – celui de saisir ce moment dans le temps et dans l’espace, furtif et fugace, et de le cristalliser. Vous avez réalisé une photographie. Désormais elle a une vie propre. » – Jessica Lange

C’est en 2008 que le public découvre les photographies de Jessica Lange, suite à la publication d’une série de photographies noir et blanc intitulée 50 Photographs, introduite par un texte de Patti Smith, chanteuse et également photographe. C’est ainsi que sa production photographique commence à être exposée, au George Eastman House tout d’abord puis dans de nombreuses villes du monde… La Photographie elle l’a débute très jeune, elle avait d’ailleurs décroché une bourse de l’Université pour étudier la photographie, mais elle préféra voyager et étudier l’art dramatique. C’est dans les années 90, lorsque Sam Shepard lui offre un Leica M6, que Jessica renoue avec la photographie…

L’exposition L’Infime de Jessica Lange curatée par Anne Morin, s’article en deux parties : « Things I See » et « Mexican Suites », elle rassemble 135 photographies réalisées ses vingt dernières années.

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Infime
Jessica Lange
Du 7 juillet au 7 octobre 2018
Centre d’Art Campredon
20, rue du Docteur Tallet
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
https://www.campredoncentredart.com

Biennale de la Photographie de Mulhouse : Attraction(s)

Pour sa troisième édition, la Biennale de la Photographie de Mulhouse propose quatorze expositions et installations dans l’espace public autour de la thématique de l’attraction, sous la direction artistique d’Anne Immelé, docteure en Art. Manifestation transfrontalière, ses 12 lieux d’expositions se déploient sur 5 communes françaises et allemandes : Mulhouse, Hombourg, Chalampé, Hégenheim et Freiburg.

Cette nouvelle édition réunie une trentaine de photographes autour de la notion de l’attraction ou des attractions. Le terme d’attraction est des plus ambigüs. Superficiel ou profond, positif ou négatif, il recouvre un champs large, qui s’inscrit dans un mouvement, une dynamique, un élan. Si l’attraction est cette force invisible qui rapproche les corps physiques, l’on peut aussi y voir aussi la nature du lien fondamental qui fait adhérer la photographie au réel. Construisant sa richesse sur son apparente simplicité, la photographie n’est-elle pas le médium de l’attraction immédiate ?

PROGRAMME

Le désir

L’exposition L’étreinte du tourbillon (Musée des Beaux-Arts de Mulhouse commissaire Anne Immelé) traite du désir amoureux et croise différents regards sur l’être aimé. Partant de la chambre comme lieu de prédilection de l’attraction amoureuse, l’exposition aborde une approche narrative et autobiographique propre aux années 1980 avec Denis Roche, Alix Cléo Roubaud et Hervé Guibert, et questionne cet héritage en le confrontant aux productions contemporaines de Lucile Boiron, Anne-Lise Broyer, Thomas Boivin, Alan Eglinton et Julien Magre.

Le montage

L’attraction c’est la question du montage, de l’attirance des images qui sont rapprochées et interagissent ensemble. Trois expositions y sont consacrées : la rétrospective des montages d’attractions de Christian Milovanoff (La Filature, Mulhouse), les assemblages hybrides de Thomas Hauser (Motoco), et le parcours fondé sur des disjonctions et des rapprochements proposé par Pascal Amoyel dans une exposition réunissant photographes américains (Thomas Bouquin, Eliot Dudik, Shane Lavalette, Mark Steinmetz, Susan Worsham) et européens (Nolwenn Brod, Raphaël Coibion, Edouard Decam, Nicolas Giraud, Philippe Spigolon) au CCFF de Freiburg. Ces expositions sont complétées par des diptyques dans l’espace public mulhousien, ceux réalisés par les étudiants des écoles d’art du Grand Est, et ceux de l’éditeur mkg.

Réflexion sur la photographie à l’ère de l’attraction généralisée

Les expositions au Kunsthaus L6 de Freiburg (commissaire Finn-Niclas Schütt ) et à la Chapelle Saint Jean de Mulhouse (45° de Bertrand Cavalier, Massao Mascaro, Fabien Silvestre Suzor) aborde la question de l’attraction devenue primordiale à l’ère numérique. En effet, l’interaction entre attraction et photographie ne fait qu’augmenter du fait de l’omniprésence des images sur le WEB et de la nécessité de séduire pour s’attirer le plus de Like et de followers.

Zones d’attraction

L’exposition Zones (Fabrikculture Hégenheim, commissaire Anne Immelé) a pour point de départ le film Stalker d’Andrei Tarkovski. A l’instar de la Zone du film de Tarkovski ou de la zone de l’explosion nucléaire de Tchernobyl en 1986 – plusieurs lieux revêtent un fort pouvoir d’attraction, alors même qu’ils sont particulièrement dangereux. Cette fascination se traduit par l’importance accordée à la lumière dans les photographies d’Ester Vonplon (CH), de Michel Mazzoni (BE) et de Kazuma Obara (JA), par l’interférence entre réel ou virtuel chez Georg Zinsler (AU), dans une mystérieuse attraction.

Consommation / Contemplation

Si les photographies que Nick Hannes (Chalampé) a réalisé à Dubai témoignent de l’intérêt porté aux centres commerciaux, aux loisirs et autres attractions de la société de consommation, un besoin de se déconnecter de cette surconsommation s’impose, avec un retour à des modes de vie plus relié à la nature, invitant à la contemplation voir à la méditation. Ce sont ces questions qu’abordent Janine Bächle (Bibliothèque de Mulhouse), Paul Gaffney (Hombourg), Marine Froeliger (Cour des chaînes, Mulhouse).

INFORMATIONS PRATIQUES
Biennale de la Photographie de Mulhouse 2018
Attraction(s)
28 rue de Stalingrad
68100 Mulhouse
agrandisseur@gmail.com
http://www.biennale-photo-mulhouse.com

Prix Elysée 2018-2020, les nominés annoncés

Les noms des huit photographes nominés pour le Prix Elysée 2018-2020 sont révélés. En provenance du monde entier, ces huit artistes reçoivent une contribution de 5000 CHF et intègreront la publication de livre dont la sortie est prévu pour janvier 2019. Le nom du lauréat de cette troisième édition du prix sera connu au printemps prochain. En attendant, voici la présentation des nominés.

Laia Abril pour son projet « On Mass Hysteria »

Le travail de Laia Abril se concentre sur la fragilité des droits des femmes et la libération des femmes. Désormais, elle s’intéresse à l’hystérie. Identifiée dans l’Antiquité comme la « reine des névroses », l’hystérie était au centre des controverses médicales au XIXe siècle et, aujourd’hui encore, associée aux femmes. En comparant le phénomène de l’hystérie de masse à différentes périodes historiques, l’artiste nous montre qu’ils reflètent les préjugés misogynes de leur époque.

Née en 1986, à Barcelone, Espagne, vit et travaille en Espagne.
www.laiaabril.com

Alexandra Catière pour son projet « MMXX (après Dante) »

Connue pour son approche singulière du portrait, Alexandra Catière cherche à révéler ce qu’il y a de plus intemporel et universel en nous. De tradition humaniste, ses images captent des sensations, des atmosphères. Dans ce nouveau projet, elle souhaite expérimenter de certains procédés tout en revenant à l’origine de la photographie et au travail de révélation dans la chambre noire.

Née en 1978, à Minsk, Biélorussie, vit et travaille en France.
www.alexandracatiere.com

Nicola Lo Calzo pour son projet « Binidittu »

Nicola Lo Calzo, pour qui la Méditerranée n’a jamais été une frontière, veut nous faire redécouvrir un migrant, Biniditttu, surnom de l’ermite saint Benoît le More, fils d’esclaves africains qui naquit en Sicile au XVIème siècle. Lorsqu’il mourut, le frère afro-sicilien était devenu une icône. Canonisé en 1807, il fut le premier saint noir de l’Eglise catholique et choisi comme saint patron de Palerme. Binidittu est une réflexion sur l’accueil des migrants sur les côtes de Mare nostrum, une allégorie pour notre temps.

Né en 1979, à Turin, Italie, vit et travaille en France.
www.nicolalocalzo.com

Alinka Echeverría pour son projet « The blue of distance »

Le cyanotype est un procédé d’impression ancien qui produit un tirage photographique de couleur cyan-bleu, dont découle le terme “blueprint”.  C’est aussi un mot souvent utilisé dans le discours politique ou économique ainsi qu’en science et en psychologie. Alinka Echeverría prévoit d’utiliser ce procédé pour créer une série d’images allant des photographies scientifiques ou iconiques aux images personnelles, en conservant uniquement les contours ou « lignes de force ». Son projet a pour but de nous faire réfléchir à l’impact de l’utilisation de telles images, qui, même si elles ne sont pas propres à notre propre expérience, semblent gravées dans notre conscience collective.

Née en 1981, au Mexique, vit et travaille à Londres.
www.alinkaecheverria.com/

Mathieu Asselin pour son projet « VIH Timeline »

Mathieu Asselin se propose de faire le récit photographique de l’histoire de l’épidémie de sida et du VIH, non plus par bribes, mais à l’échelle mondiale. Il compte tracer une ligne de temps qui suivra le voyage du virus, du point zéro jusqu’aux traitements antirétroviraux en passant par les luttes de ceux qui ont été touchés par cette maladie. Actuellement, l’auteur travaille sur les déplacements du VIH, ses mutations, mais aussi les représentations et les combats auxquels il a donné lieu, et qui ont profondément marqué l’histoire contemporaine.

Né en 1973, à Aix-en-Provence, France, vit et travaille aux Etats-Unis et en France.
www.mathieuasselin.com

Claude Baechtold pour son projet « Tout ira bien »

Après le décès de leurs parents, Claude Baechtold et son frère en quête de réconfort fouillent de fond en comble la maison familiale, mais rien : pas un mot d’adieu ni un conseil pour affronter la vie sans eux. Claude Baechtold a cherché en vain dans leurs affaires une lettre qu’ils lui auraient laissée. Elle aurait commencé par : Tout ira bien.

Né en 1972, à Lausanne, vit et travaille en France.
www.riverboom.com/

Gregory Halpern pour son projet « Omaha Sketchbook »

Depuis l’élection de Donald Trump, la relation de Gregory Halpern à l’hyper masculinité dans son pays est devenue de plus en plus pesante. Après un premier album réalisé en 2009, il est prêt à retourner à Omaha (Nebraska) pour photographier la manière dont les garçons apprennent à devenir des hommes. Omaha Sketchbook est non seulement une étude du lieu mais aussi une réflexion sur le pouvoir et la violence, une méditation sur le sentiment d’inadéquation, le malaise et la peur vécus par quelqu’un qui n’a pas été élevé pour adorer la virilité.

Né en 1977, à Buffalo, vit et travaille à New York.
www.gregoryhalpern.com

Luis Carlos Tovar pour son projet projet « My father’s garden (Proof of life) »

Le point de départ de l’œuvre de Luis Carlos Tovar est une photographie, mais paradoxalement, une photographie qu’il n’a jamais vue. C’est la « preuve de vie » de son père, pris en otage par les FARC en Colombie. Tovar a d’autres traces pour remplir les silences de son père – les titres des livres qu’il lisait dans la jungle, les papillons turquoises qu’il gardait entre les pages des livres, et les paysages amazoniens qu’il tente de recréer dans son jardin. Cela lui permet d’imaginer la douleur de son père, mais jamais de la comprendre pleinement.

Né en 1979, à Bogota, Colombie, vit et travaille en France.
www.luiscarlostovar.com/

INFORMATIONS PRATIQUES
3ème Prix Elysée – 2018-2020
Musée de l’Elysée Lausanne
http://prixelysee.ch

 

Les Américains de Robert Frank réédité chez Delpire

A l’occasion des 60 ans de la première publication du livre « Les Américains » de Robert Frank, les éditions Delpire viennent de rééditer l’ouvrage culte ! Car si il y a un livre qui aura marqué l’histoire de la photographie, c’est sans aucun doute celui ci, « Les Américains » fait naître une nouvelle iconographie qui aura marqué des générations de photographes…

« Je désire réaliser un document contemporain authentique, dont l’impact visuel soit tel qu’il se passe d’un quelconque commentaire » – Robert Frank

C’est en 1947, que le photographe suisse Robert Frank s’installe à New York. Au milieu des années 50, il décide de sillonner les Etats-Unis en famille, armé de son appareil photo. Son itinéraire est laissé au hasard des routes et des chemins, c’est ainsi qu’il traverse 30 états et photographie ceux qui croiseront sa route. En 13 mois, il aura réalisé presque 27 000 clichés, loin de l’image du rêve américain, il immortalise une réalité bien plus brute. A son retour, il propose ce reportage pas comme les autres, à la presse. Notamment à Life, qui refusera de le publier. Robert Delpire décide d’éditer l’ouvrage historique en 1958, soit deux ans après le retour du périple de Robert Frank. Le livre sort dans une indifférence la plus totale, il est même jugé triste, pervers, voire subversif… En 1959, « Les Américains » est publié en anglais par Grove Press, mais l’édition rencontre une hostilité profonde et se voit critiquer d’antiaméricanisme. En 1961, sa série tant décriée sera exposée pour la première fois au Art Institute of Chicago, les années 60 participeront à l’évolution des mentalités et l’ouvrage deviendra progressivement un « classique » de la photographie.

Cette nouvelle réédition a été revue et corrigée par Robert Frank lui-même, qui se rapproche d’avantage à l’édition américaine.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Américains
Robert Frank
Delpire
Introduction : Jack Kerouac (nouvelle traduction de Brice Matthieussent) Relié toilé avec jaquette
Format : 20,9 x 18,4 cm
84 photographies en noir et blanc
180pages
35€

EXPOSITIONS EN COURS & A VENIR
• Sidelines
Robert Frank
Du 2 juillet 2018 au 23 septembre 2018
Les Rencontres d’Arles
Espace Van Gogh
13200 Arles
http://rencontres-arles.com
• Les Américains
Robert Frank
Du 22 septembre 2018 au 20 janvier 2019
Musée de la Photographie. Centre d´art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles
11 Avenue Paul Pastur
6032, Mont-sur-Marchienne
http://www.museephoto.be

6ème Saison Photographique de l’abbaye royale de l’Épau

La sixième édition de la Saison Photo de l’Abbaye royale de l’Épau rassemble 11 photographes répartis au cœur et autour de l’Abbaye. L’événement se déroule en deux temps : huit premières expositions sont installées depuis le 19 mai et seront visibles jusqu’au 4 novembre, suivies de l’installation de trois nouvelles expositions présentées du 23 juin au 16 septembre.

La photographie contemporaine aux portes de la ville du Mans

Cette année, c’est tout un voyage que nous propose la manifestation. On débute cette expédition avec les photographies de Thomas Pesquet, cet astronaute français qui avait partagé ses images spectaculaires sur les réseaux sociaux tout au long de sa dernière mission. Une exposition qui nous offre un nouveau regard sur notre planète. Nous passons ensuite au travail documentaire du photographe franco-polonais Tim Franco, sur Chongqing, l’une des plus grandes villes de Chine. Il a tiré le portrait de cette mégapole aux 30 millions d’habitants, qui a connu un développement et une croissance d’une rapidité sans précédent.

Dans la bergerie de l’Abbaye, Guy Le Querrec nous offre un retour dans l’univers du jazz des années 50. La musique a laissé une empreinte marquante dans le regard du photographe qui semble composer ses photographies comme des morceaux de musique. Le coréen Daesung Lee souhaite, au travers de deux de ses projets photographiques, nous faire prendre conscience des effets désastreux du réchauffement climatique. Il s’est rendu sur l’île de Ghoramara tout d’abord, pour témoigner d’une situation critique : avec l’élévation du niveau de la mer, cette petite île de l’Ouest du Delta du Bengale disparaît peu à peu. Dans 20 ans, le gouvernement prévoit l’abandon de l’île et l’évacuation de ses habitants. Il est ensuite parti en Mongolie, où la vie devient de plus en plus difficile à cause de la désertification, les lacs et rivières disparaissant, les peuples nomades sont en danger.

Direction Haïti avec Corentin Fohlen, qui est tombé amoureux de cette île des caraïbes, découverte lors du tremblement de terre de 2010. Il s’est depuis, rendu de nombreuses fois à Haïti, pour explorer le pays en profondeur…On poursuit avec l’exposition « No Pasara » de la photographe franco-marocaine Leila Alaoui décédée en janvier 2016 lors de l’attentat perpétré à Ouagadougou. On découvre ici son tout premier projet, réalisé en 2008. Elle a voyagé de Beni Mellal jusqu’à Nador et Tanger pour suivre la jeunesse au regard portant de l’autre côté de la Méditerranée imaginant un avenir meilleur…

Enfin, on retrouve trois expositions sur l’univers de la danse qui se croisent et se répondent. On retrouve avec plaisir le travail de Gérard Uféras sur les coulisses des ballets de Paris et Moscou. Autre univers, autre ambiance avec la série de Fredrik Lerneryd. Le photographe suédois a suivi les jeunes écolières kenyannes passionnées de danse classique. Clément Szczuczynski, de son côté a été missionné par le département de la Sarthe pour suivre les compagnies chorégraphiques.

Si lors de vos pérégrinations estivales vous passez dans le département, voici une belle occasion de découvrir cette ancienne abbaye cistercienne datant du XIIIème siècle tout en suivant ce parcours d’expositions photographiques !
La Saison de la Photo s’étend hors les murs, avec des expositions présentée au Prieuré de Vivoin, à l’Hôtel du Département et à la gare du Mans.

INFORMATIONS PRATIQUES
6ème Saison Photo
L’Abbaye Royale de l’Épau
Route de Changé
72530, Yvré-l’Évêque
https://epau.sarthe.fr/saison-photo-de-labbaye-royale-de-lepau

DéDalE, le grand labyrinthe de création Street Art

Un ancien bâtiment administratif vannetais de plus de 3000 m2 et 150 pièces est actuellement investi par une trentaine d’artistes locaux, nationaux et internationaux. Avant sa démolition en 2020, ce lieu se transforme en laboratoire, espace de rencontres et en musée pour une durée limitée de 2 ans.

C’est dans la ville de Vannes que DéDalE, un espace atypique et éphémère créé par l’association l’Art Prend la Rue à l’initiative des fondateurs de Street Art Avenue, prend ses quartiers. L’ouverture de ce lieu est prévu en deux temps : le DéDalE Café a ouvert ses portes le 19 juillet dernier, et à la rentrée en septembre, sera inauguré le musée. Plus de 150 artistes sont attendus dans les prochains mois…

DéDalE se réparti sur 4 niveaux et environ 150 bureaux. Toutes les surfaces, tous les volumes, toutes les ouvertures peuvent devenir des espaces de création. Les couloirs et les halls constituent les artères du lieu, le « fil d’Ariane » de DéDalE. Ils permettent de connecter les pièces et les étages et feront l’objet d’un traitement artistique particulier afin d’accentuer l’idée de distribution et de division de l’espace.

La ligne artistique L’idée n’est pas d’accueillir des expositions photo ou de venir y accrocher ses tableaux. Il s’agit uniquement de créations « in situ ». L’enjeu est de proposer une expérience immersive aux visiteurs ; qu’ils se perdent dans ce labyrinthe.

4 niveaux de création

Seul le rez-de-chaussée pourra accueillir du public. « Y seront développés uniquement des projets soumis à une commission artistique ». Pour pouvoir accéder au premier étage, les artistes devront encore rédiger une « note d’intention », mais ils seront totalement libres au deuxième étage. Le troisième étage demeurera un « lieu secret, dédié à la recherche artistique ».

Le rez-de-chaussée sera ouvert au public, les 1er et 2nd le seront aussi mais de façon ponctuelle pour des évènements pour découvrir de nouvelles formes artistiques et même devenir acteur du lieu grâce à des expériences immersives. En partenariat avec les associations culturelles, artistiques et solidaires du territoire, DéDalE concocte également un programme de rendez-vous pour les deux prochaines saisons à venir. Les cultures urbaines y seront présentées dans toutes leurs diversités.

PLUS D’INFORMATIONS
http://dedale.lartprendlarue.org/

40ème anniversaire des Estivales Photographiques du Trégor

Cette année, l’Imagerie de Lannion célèbre le 40ème anniversaire des Estivales Photographiques du Trégor. 40 ans nous sépare de l’édition inaugurale dont la direction artistique était assurée par Guy Le Querrec, le plus breton des photographes de l’agence Magnum… Jusqu’au 29 septembre, la manifestation vous propose de revenir sur ces 4 dernières décennies à partir, en grande majorité, du fonds photographique de la galerie.

40 ans d’archive photographique

Ce fonds constitué dès 1984 est composé d’achats aux artistes exposés, de dons de ceux-ci ou de réalisations lors de résidences et comprend actuellement plus de 400 oeuvres – dont cent trente sont exposées par une quarantaine de photographes.
Regroupées thématiquement dans les 500m² de la galerie, en 3 salles et cinq ensembles, ces photographies couvrent un large champ de l’image classique comme contemporaine.

C’est l’approche humaine de la collection qui fait l’objet de la 1e salle. Le visiteur y découvre à l’entrée Willy Ronis, le premier exposant lannionnais et ses prises de vues faites à Paris dans les années 40 et 50, avant de s’orienter vers Cristina Garcia Rodero (fêtes religieuses en Espagne et Bretagne) et la Sicile douloureuse de Letizia Battaglia. Vient ensuite le New-York des années 50 avec William Klein et Jean Bizien puis l’Amérique contemporaine de Jean-Christophe Béchet. Voyages toujours avec l’Égypte, l’Afrique, la Sibérie, l’Inde, le Portugal, la Mer Noire (Denis Dailleux, Bernard Descamps, Pentti Sammallahti, Joakim Eskildsen, Georges Dussaud, Klavdij Sluban) sans oublier l’Europe du Silence de Stéphane Duroy.

Les portraits de Jane Evelyn Atwood (série « Extérieur nuit » sur les jeunes aveugles) répondent aux images sensibles de Vincent Gouriou (transformistes, handicapés…). Pendant qu’Isabelle Vaillant et Dominique Mérigard confrontent leurs regards sur l’enfance et leurs enfants, le regretté Michel Vanden Eeckhoudt tisse des liens entre humains et animaux des zoos. Relations humaines cette fois, à travers les portraits de Richard Dumas (Claude Chabrol, Miles Davis…), c’est de celles, rares et uniques, qui existent entre le photographe et son modèle qu’il s’agit.
Dernière étape dans cette salle et retour aux origines avec la Bretagne de Guy Le Querrec qui accompagna nos premiers pas et nous ramène ici au quotidien de nos parents et grands-parents.

Dans la deuxième salle, la Bretagne également est à l’honneur, mais côté rocs et landes cette fois avec les rivages de granit de John Batho, les îles de Bernard Plossu et les nuits antiques et magiques de Michel Séméniako, côté « Fresson » aussi pour ces trois auteurs. La Bretagne toujours chez Sylvain Girard et ses « Pierres levées » suggérées dans les brumes d’une profondeur de champ incertaine, la Bretagne aussi dans les subtiles plages enneigées de Patrick Le Bescont photographiées il y a 30 ans, avant que l’auteur ne quitte le moyen format pour les rives plus téméraires de l’édition photographique. La Bretagne enfin mais de l’intérieur avec ses villages quasi-désertés figés hors saison par Philippe Caharel, et ses architectures religieuses et mystérieuses redessinées par les Monstrum de Marie-Laure Guégan.

A découvrir également les interprétations impressionnistes que fait l’artiste suisse Corinne Vionnet de Stonehenge ou Venise, les paysages tout de blanc cachés de Michael Kenna et Richard Petit ou ceux d’Anne-Lise Broyer qui mêlent photo et dessin.
Chez André Mérian, l’oeil hésite entre le vrai et le faux : la géométrie trop parfaite de sa ville nouvelle tient plus du décor de cinéma que du havre de paix familial ! Chez Jürgen Nefzger la paix aussi est trompeuse dans ce village qui cache les fluffy clouds d’une centrale nucléaire. Cette paix, on la retrouvera par contre avec plus de certitude dans l’aridité du désert du Nabib, ce « dehors absolu » que quêtait avec talent Thibaut Cuisset.

La dernière salle regroupe 3 ensembles. Tandis que la chambre photographique de Stéphane Couturier découpe, dans de subtils mélanges des plans, les immeubles parisiens, les architectures revisitées par les anamorphoses de Georges Rousse et les montages de Thomas Kellner côtoient la nature sculptée de François Méchain.
Les espaces imaginaires, bureaux, piscines ou musées, emplis de l’humour de Muriel Bordier et les structures marines de Laurent Millet répondent aux Icares de Pascal Mirande qui nous mènent de Bonifacio à Barcelone.

Denis Brihat venu à Lannion pour une exposition personnelle il y a 30 ans puis à nouveau en 2006 pour le projet Nature, natures recrée et magnifie dans la magie de son laboratoire du Lubéron, à coup de précieux sels métalliques, la couleur de légumes photographiés en noir et blanc.
Près de lui, le bois brut des cadres qui entourent les cibachromes éclatants de Pascal Kern donnent à ses coupes d’arbres des airs de sculptures.
Avant le corps, un passage par le vêtement et le cyanotype grand format de Nancy Wilson Pajic qui a trouvé son inspiration chez Christian Lacroix.
L’exposition se termine par l’évocation du corps, celui de l’artiste dans les postures singulières d’Arno Rafael Minkkinen ou directes et frontales de Frédérique Aguillon, mais c’est aussi le corps du modèle observé par le polaroid de Valérie Villieu ou les virages minutieux de Masao Yamamoto.

Photographies de : Frédérique Aguillon, Jane Evelyn Atwood, John Batho, Letizia Battaglia, Jean-Christophe B.chet, Jean Bizien, Muriel Bordier, Denis Brihat, Anne-Lise Broyer, Philippe Caharel, Stéphane Couturier, Thibaut Cuisset, Denis Dailleux, Bernard Descamps, Richard Dumas, Stéphane Duroy, Georges Dussaud, Joakim Eskildsen, Cristina Garcia Rodero, Sylvain Girard, Vincent Gouriou, Marie-Laure Guégan, Thomas Kellner, Michael Kenna, Pascal Kern, William Klein, Patrick Le Bescont, Guy Le Querrec, Fran.ois M.chain, Andr. M.rian, Dominique M.rigard, Laurent Millet, Arno Rafael Minkkinen, Pascal Mirande, Jürgen Nefzger, Richard Petit, Bernard Plossu, Willy Ronis, Georges Rousse, Pentti Sammallahti, Michel S.m.niako, Klavdij Sluban, Isabelle Vaillant, Michel Vanden Eeckhoudt, Valérie Villieu, Corinne Vionnet, Nancy Wilson-Pajic, Masao Yamamoto

INFORMATIONS PRATIQUES
40…
Estivales Photographiques du Trégor 2018
Du 23 juin au 29 septembre 2018
L’Imagerie
19 rue Jean Savidan
22300 Lannion
Du mardi au samedi, de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h30 sauf jours fériés.
http://www.imagerie-lannion.com

Clara Luciani irradie de sa voix, les festivals de l’été

C’était la belle surprise de ce printemps. Dans les bacs sortait « Saint Victoire » le premier album de la jeune marseillaise Clara Luciani, après un EP diffusé l’an passé. Sa voix ne nous est pas inconnue puisqu’elle était membre du groupe La Femme, cet ovni musical français.

C’est avec un premier single que l’on découvre Clara Luciani. « La Baie » est une excellentissime reprise de Metronomy, titre tout aussi puissant que le groupe britannique nous avait fait le plaisir de sortir en 2011. A partir de là, une fois que l’oreille est accrochée, on ne peut que se décider à écouter l’album dans son intégralité. C’est le premier titre « La Grenade », qui nous fait comprendre que la reprise « La Baie » n’est pas un bien heureux accident. Au fil des pistes, la voix grave et chaude de Claire Luciani se dévoile un peu plus et sa tessiture nous enveloppe…
C’est sans conteste, l’album qui accompagnera notre été 2018 ! Car même si il a été écrit sur un chagrin d’amour, on assiste ici à une renaissance et à une célébration d’une « Victoire ».

Si vous êtes en Belgique ou en Suisse pour ce mois d’août, elle sera le 15 Août au Brussels Summer Festival, le 26 au Festival Les Solidarités de Namur et enfin le 30 elle sera à Bulle, Suisse.

Pour consulter le calendrier de sa tournée :
https://www.difymusic.com/clara-luciani