Tous les articles par Marie-Elisabeth de La Fresnaye

Après une formation en littérature et histoire de l'art, Marie de la Fresnaye intègre le marché de l'art à Drouot et se lance dans l'événementiel. En parallèle à plusieurs années en entreprise dans le domaine de la communication éditoriale, elle créé son blog pour partager au plus grand nombre sa passion et expertise du monde de l'art contemporain et participe au lancement du magazine Artaïssime. Un cycle de perfectionnement en photographie au Jeu de Paume complété par de nombreux reportages et rencontres, lui permettant à ce jour de collaborer à Mowwgli. http://fearofmissingout.over-blog.com

A la (re-)découverte de Judy Chicago, Villa Arson (Nice)

Savez-vous ce qu’est le cool school ? le finish fetish ? ou encore le L. A Look ? Pour cela il faut se plonger dans l’ambiance de la scène californienne des années 60 expérimentale et en rivalité latente avec New York. Les fers de lance de cette émergence sont Le LACAM à ses débuts et la Ferus Gallery.

Car comprendre Judy Chicago c’est aussi comprendre les particularismes de ce territoire, véritable creuset et marqueur esthétique. Les surfers et les bikers de la Cote Ouest, les expérimentations industrielles et aérospatiales sur fond de guerre du Vietnam avec l’irruption de nouveaux plastiques : le plexiglas, le vinyle, le polyester, un répertoire de formes érotiques et flamboyantes en réaction au côté conceptuel et intellectuel de la cote Est, les marches dans le désert…Autant d’éléments qui forgent la personnalité et le style de Judy Chicago qui sèche ses cours à l’UCLA pour aller se former dans les ateliers mécaniques. Une œuvre comme « Car Hood » de 1964 témoigne de son appropriation de la technique du spray et des couleurs industrielles. Même si elle y parsème des motifs plus personnels liés à la mort de son mari dans un accident de voiture.
Elle participe à l’une des premières expositions dite minimalistes en 1966 « Primary Strcutures » au Jewish Museum aux côtés de John McCraken ou Larry Bell avec « Rainbow Pockett » mais ressens le besoin de s’écarter de ce courant à dominance masculine et patriarcale. Elle se tourne alors vers la miniature dans la mouvance de la dématérialisation de l’art observée par Lucy Lippard et John Chandler. Nous sommes à la veille du mouvement féministe de 1968. C’est alors qu’elle réalise l’environnement très virulent « Feather Room » en parallèle à des actions anti-guerre visant les bases en Californie. Rejetant l’architecture du white cube traditionnel qu’elle court-circuite par une approche soft sculpture basée sur la lumière et des cloisons souples. Cette sensation duveteuse créée par ses plumes qui recouvrent le sol annonce le mouvement light and space et dépasse le minimalisme tout en se basant sur le vide.
La reconstitution à l’identique de l’installation est un grand moment de la visite, chacun est invité à l’expérimenter et l’on en ressort avec une sensation d’étouffement et de malaise. Le titre n’est sans doute pas du au hasard.
Avec sa série performative « Atmospheres », œuvre pyrotechnique réalisé dans le ciel californien il s’agit de donner une version féministe au Land Art proche des actions d’Ana Mendieta. Des fumigènes de différentes couleurs selon l’endroit sèment une sorte de nuée évanescente, spectacle apocalyptique dématérialisé.
Sa lutte pour l’émancipation se cristallisera dans l’emblématique projet collectif qu’est la « Womanhouse »(1972), lieu domestique transformé en refuge et théâtre d’une archive féministe et programme éducatif pour les étudiantes en art. Suivra le célèbre Dinner Party, série de banquets à la mémoire des femmes, un monument aujourd’hui conservé au Elizabeth Sacker Center for Feminist Art (Brooklyn museum).
Le grand mérite de la commissaire Géraldine Gourbe, chercheure en esthétique spécialisée dans la question de la performance, des collectifs et du féminisme, est d’avoir su recréer toute cette scène à travers de nombreuses figures représentées qui répondent aux recherches de Judy Chicago : John McCraken, Robert Morris, Pat O-Neill, DeWain Valentine ou encore Bruce Nauman.
A l’occasion de l’exposition, première publication française (Presses du réel) de l’autobiographie-manifeste de Judy Chicago, paru en 1975, « Through the Flower : My Struggle as a Woman Artist ».
Judith Chicago est également évoquée dans l’exposition Cosmogonies du MAMAC, l’autre grand temps fort niçois.
Ne manquez pas lors de votre visite l’exposition des 27 jeunes diplômées 2018 de la Villa Arson, qui est avant tout école nationale supérieure d’art.
« La Vallée de l’étrange » dont la 2ème partie se tient en ville, galerie de la Marine où Georges vous réservera un accueil chaleureux. Cet autodidacte qui se passionne pout l’art contemporain connait chacun des artistes et pourra vous donner les codes d’accès à cet ensemble aussi chaotique que jubilatoire.
Au moins deux bonnes raisons de monter jusqu’à la Villa et profiter de cette architecture brutaliste remarquable et jardin avec vue sur la baie des anges ou flâner sur les quais..
Infos pratiques :
• Los Angeles, Les Années Cool / Judy Chicago
Du 1er juillet  au 4 novembre 2018

• Promotion Villa Arson 2018 | La Vallée De L’étrange
Villa Arson : du 1er juillet au 16 septembre 2018
Galerie de la Marine : du 30 juin au 30 septembre 2018
En période d’expositions : ouvert tous les jours de 14h à 18h (de 14h à 19h en juillet et août) sauf le mardi.
https://www.villa-arson.org
Galerie de la Marine – Mairie de Nice

MAMAC : Sublimes cosmogonies à Nice

La Ville de Nice propose une saison artistique estivale riche, au MAMAC, qui met à l’honneur Yves Klein et la pensée cosmogonique, au musée Matisse avec le dialogue des 2 monstres sacrés Picasso-Matisse et à la Ville Arson autour de Judy Chicago.

Dans le prolongement de l’exceptionnelle exposition qu’elle avait orchestrée pour le Centre Pompidou Metz, intitulée « Sublime le tremblement du monde »Hélène Guenin à présent dirigeant le MAMAC de Nice propose « Cosmogonies au gré des éléments ». Il est aussi question de cette génération d’artistes des années 1960-70 du Land art, Arte Povera, Earth art qui aspirent à une fusion avec les éléments avant que les catastrophes ne proviennent.
Ainsi l’on retrouve certains artistes formidables comme Ana Mendieta, Barbara et Michael Leisgen, Robert Smithson.. mais à Nice en écho avec l’anniversaire cette année d’Yves Klein la démarche prend une autre tournure.
Inventeur des premières cosmogonies qu’il qualifie « d’états-moments » de la nature qu’il réalise dès 1960 sur les berges du Loup à Cagnes-sur-Mer, Yvles Klein est la figure tutélaire de l’ensemble déployé à la fois au MAMAC mais aussi à la galerie des Ponchettes en ville avec une installation évolutive de Michel Blazy.
C’est tout l’enjeu de cette démarche de réinscrire la démarche de Klein à l’aune de ses suiveurs et artistes contemporains dans une quête de fusion primitive avec les 4 éléments et d’ouvrir sur les enjeux écologiques de l’ère de l’anthropocène, soit l’impact dévastateur de l’homme sur son environnement.
Le parcours ouvre sur l’œuvre de Hans Haacke, un humus reconstitué et le visage de Marina Abramovic dans le film « Stromboli », ce visage soumis au ressac des vagues et du vent dans une sorte de communion parfaite, comme pour instaurer un climat de contemplation et de silence. Un « droit au réenchantement » tel que le définit Hélène Guenin dans le très beau catalogue, en contre poids au consumérisme grandissant.
Andy Goldsworthy, Anthony McCall avec « Landscape for White Square » ou Penone avec « Sofflio di foglie » inventent un langage corporel qui convoque le spirituel de la nature, d’autres artistes choisissent d’enregistrer les soubresauts énergétiques du monde tels les variations du vent chez Marinus Boezem « Weather Drawings », l’enregistrement de la terre par la Boyle family, de la grêle chez Evariste Richer ou la reconstitution expérimentale des phénomènes des nuages par Charlotte Charbonnel. Ainsi de l’impermanence des choses et la fugacité du vivant, il semble urgent de témoigner de cet écosystème en sursis.
Nos ressources ne sont pas illimitées comme le martèle la nigériane Otobong Nkanga qui puise dans la mémoire sacrificielle de son pays pour dénoncer la spoliation et l’exploitation abusive du territoire africain, tandis que Thu-Van Tran dans une approche plus poétique revient aussi sur l’héritage colonial conflictuel et néfaste pour son pays d’origine le Vietnam dont les sols ont été contaminés et les forêts dévastées.
Dès lors des rituels de réparation ou de réconciliation avec la nature sont mis en œuvres à travers des artistes telles Gina Pane avec sa série d’actions « Pierres déplacées », des gestes très humbles et performatifs ou chez Ana Mendieta avec « Grass Breathing » , Maria Laet qui cout de ses mains le sable ou encore Judy Chicago et ses fêtes païennes, le corps devenant le véhicule d’un hommage à Gaia, la terre nourricière, valeur refuge.
Parmi les mulitples scénari, certains font appel à la science et à la chimie comme chez Hicham Berrada (aquariums aux solutions empiriques) ou chez Michel Blazy et ses fermentations du vivant qui convoquent l’art des jardins et le merveilleux aléatoire, galerie des Ponchettes.
Ancienne halle aux poissons de 30 mètres dédiée aux créations in situ, Michel Blazy y déploie une prolifération olfactive et visuelle totalement inédite. « Jardin des délices » convoque ainsi le végétal, le minéral (aluminium),l’organique, le froid et le chaud, l’eau et le feu, une dynamique des contraires. Saisissant !
Enfin, la galerie contemporaine est dédiée à Irene Kopelman (née en Argentine en 1974) autour de ses recherches dans différents biotopes du monde et résidences de recherche auprès de plusieurs collections géologiques ou laboratoires tels, le Smithsonian Tropical Research Institute au Panama ou le Manu Learning Center dans la forêt péruvienne.
L’artiste et le MAMAC entament par ailleurs une collaboration au long terme avec l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer pour initier un nouveau travail de recherche autour du plancton.
Catalogue aux éditions MAMAC/Snoeck, 175 pages, 29 €
INFORMATIONS PRATIQUES :
• Cosmogonies, au gré des éléments

jusqu’au 16 septembre 2018
• Irene KOPELMAN
jusqu’au 30 septembre 2018
MAMAC
Place Yves Klein
06000 Nice
Horaires : Tous les jours sauf le lundi de 11 h à 18h
Tarifs : Ticket individuel 24h au tarif de 10€ qui donne accès à : MAMAC, Galerie des Ponchettes, Espace Ferrero, Galerie de la Marine, Théâtre de la Photographie et de l’Image, Musée Matisse, Musée des Beaux-Arts, Musée d’Art Naïf, Musée Masséna, Palais Lascaris, Musée d’Archéologie, Muséum d’Histoire Naturelle, Prieuré du vieux logis
www.mamac-nice.org

• Michel BLAZY. Timeline
jusqu’au 4 novembre 2018
Galerie des Ponchettes
77 quai des Etats-unis
06300 Nice

Thu-Van Tran à la Cristallerie Saint-Louis – Fondation d’entreprise Hermès

Nous avions rencontré Marie Cozette à la Cristallerie Saint-Louis à l’occasion du premier volet de son cycle de programmation « l’héritage des secrets » suite à l’invitation de la Fondation Hermès faite à la Synagogue Centre d’art contemporain de Delme. Après le duo Hippolyte Hentgen, c’est un solo show qu’elle propose de l’artiste d’origine vietnamienne Thu-Van Tran qui vit et travaille en France (diplômée des Beaux Arts de Paris).

Pour l’exposition l’artiste initie une nouvelle série d’arches en bois d’hévéa. Leur clef de voûte, un fragment de cristal initialement destiné au pilon, devient ici l’élément central sans lequel la sculpture s’effondrerait. Un jeu d’équilibres et de tensions qui rend solidaires deux matériaux aux histoires singulières. Importé dans les années 1920 en Indochine, l’hévéa est cultivé intensivement pour la production de caoutchouc pendant la période coloniale. Pour pousser,
le bourgeon doit envahir une plante-hôte, tout en se laissant transformer par son environnement. Cette contamination réciproque est au cœur du travail de Thu-Van Tran, elle-même étant le fruit d’une histoire entrelacée entre son pays d’origine et son pays d’accueil. Ses matériaux portent les traces d’une possible fiction.
De même avec cette série de photogrammes, inspirée par le rassemblement silencieux d’une communauté de femmes, des domestiques, que l’artiste a observé dans les rues de Hong-Kong au cours d’un récent voyage en Asie. Une présence forte le dimanche sur la passerelle reliant le port du centre ville, qui contraste avec leurs existences précaires et fragiles économiquement. Des frictions à la fois poétiques et politiques.
Inauguré en 2007 et situé au cœur de la manufacture, La Grande Place musée du cristal Saint-Louis présente, au sein d’une collection permanente, 2000 œuvres appartenant au patrimoine de Saint-Louis sur un parcours initiatique de 953 mètres, témoignage d’un savoir-faire quatre fois
séculaire. Les vitrines exposent les pièces résultant des nombreux savoir-faire emblématiques de Saint-Louis et sont illustrées —par vidéo— des gestes des artisans d’aujourd’hui. La scénographie soulignant l’architecture originale signée Lipsky+Rollet vous invite à découvrir de manière ludique
et pédagogique les propriétés du cristal Saint-Louis.
La Fondation d’entreprise Hermès développe huit grands programmes qui articulent savoir-faire, création et transmission.
New Settings pour les arts de la scène, Expositions et Résidences d’artistes pour les arts plastiques, Immersion pour la photographie, Manufacto, la fabrique des savoir-faire et l’Académie des savoir-faire pour la découverte et l’approfondissement des métiers artisanaux.
À travers H3, elle soutient également, sur les cinq continents, des organismes qui agissent dans cette même dynamique. Enfin, son engagement en faveur de la planète est porté par son programme Biodiversité & Écosystèmes.
Thu-Van Tran est représentée par la galerie Meessen De Clercq (Bruxelles, Belgique) et prépare pour 2019 sa première exposition personnelle à la galerie Rüdiger Schöttle (Munich, Allemagne).
A partir du 1er août Marie Cozette prend la direction du CRAC Occitanie à Sète mais poursuit son cycle artistique à la Cristallerie en invitant Dominique Ghesquière.
INFORMATIONS PRATIQUES :
Exposition ouverte au public du 12 juillet 2018 au 7 janvier 2019
La Grande Place musée du cristal Saint-Louis
Rue Coëtlosquet
57620 Saint-Louis-lès-Bitche
Tous les jours de 10h à 18h, sauf le mardi
Actualités de la Fondation Hermès :

Matisse et Picasso, la rencontre des géants à Nice !

Autre temps fort de la saison estivale à Nice et reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication, l’exposition « Matisse et Picasso, la comédie du modèle » du musée des collines de Cimiez, est parmi le florilège des expositions picassiennes de l’été, l’une des plus pertinentes.

C’est à partir de la formule d’Aragon, que le musée revient sur l’un des dialogues les plus fertiles et inventifs du XXème siècle entre deux monstres sacrés, qui se sont côtoyés de façon permanente échangeant points de vue, visions et œuvres mêmes comme ce magnifique tableau « Marguerite » que Picasso ne quittera pas, à Nice et dans la région.
Le parcours démarre avec des photographies vintage signées Lucien Clergue, Brassaï, André Ostier, Hélène Adant, Henri Cartier-Bresson, David Douglas Duncan, Dora Maar qui relatent la vie dans l’atelier de chacun : le Régina à Nice ou La Californie à Cannes et des objets donnés qui traversent leur création comme cette étrange coiffure cérémonielle Nevinbumbaau des Nouvelles Hébrides que Matisse offre à Picasso.
La question du peintre et son modèle en filigrane quoique essentielle, est traitée différemment chez les deux maîtres. Matisse déclare « Mes modèles, figures humaines, ne sont jamais des figurantes dans un intérieur. Elles sont le thème principal de mon travail… » tandis que chez Picasso il s’agit plus d’un travail mental de reconstitution.
Après une salle consacrée à la transformation de la matière, la morphogénèse, (sculpture, dessin sériel, photographie) qui offre autant de déclinaisons possibles du même modèle : Odalisque de Matisse, Femme au tambourin de Picasso, nous entrons dans la section « convoiter », soit le modèle offert au regard du créateur. Un abandon comme avec le sublime « Rêve » matissien, porte ouverte à l’inconscient : « Je dessine tout près du modèle – en lui-même – les yeux à moins d’un mètre du modèle et genoux pouvant toucher le genou » déclare t-il à Aragon. Picasso lui intériorise ce modèle réel ou fantasmé comme dans les « Femmes d’Alger ».
Une convoitise qui peut se faire brutale et annonce la partie « posséder ». Des étreintes qui signent un retour à la mythologie comme avec la Suite Mallarmé de Matisse, à laquelle Picasso répond avec les eaux fortes de la Suite Vollard, dont l’ascendant se fait plus violent encore.
Dans l’épilogue alors que Matisse est déjà mort, Picasso lui adresse un dernier clin d’œil avec cet Atelier de 1956 avec la végétation, ce jeu de miroir, la fenêtre ouverte, les objets familiers, la mise en abime.
Catalogue illustré de 160 pages
Commissariat : Claudine Grammont, directrice du musée Matisse
Autour de l’exposition programmation exceptionnelle : août/septembre
> Musique / Académie Internationale d’Eté de Nice
• Concerts d’enseignants : vendredi 20 juillet et jeudi 9 août / Auditorium du musée
• Concerts d’élèves : vendredis 27 juillet et 3 août / Auditorium du musée
> Musique
• Récital de piano : Picasso, vocalise sur toile
Ornella CORVI, Mezzo soprano / Marie DUQUESNOIS, pianiste
Depuis son Espagne natale, jusqu’à Mougins en passant par Paris, le récital «Picasso, vocalise sur toile» se déroule comme un voyage
musical. Chaque œuvre entend rendre hommage à Picasso, à son univers et à sa créativité en le confrontant à des compositeurs qui
défendent une esthétique commune avec le peintre.
Mercredi 5 septembre 2018, 16 h – 16 h 45 / Auditorium du musée
Manifestation organisée grâce au soutien de l’association des amis du musée Matisse.
> Danse
• Performance des Ballets de Monte-Carlo
Deux danseurs incarnent la relation duelle et complice unissant Picasso et Matisse.
Mimoza Koïke, danseuse principale aux Ballets de Monte-Carlo, sera à l’initiative de cette nouvelle performance dansée en
compagnie du danseur Asier Edeso.
Samedi 15 septembre 2018, dans les salles du musée
Manifestation organisée grâce au soutien de l’association des amis du musée Matisse.
Labellisé « Musée de France », le musée Matisse couvre une surface totale de 2800 m2 dont 1200 m2 d’espaces d’exposition dans le vaste ensemble patrimonial du site de Cimiez qui comprend les arènes et le site romains, un jardin planté d’oliviers centenaires, ainsi que le monastère de Cimiez.
La collection du Musée Matisse de Nice est unique au monde dans la mesure où elle réunit un ensemble d’œuvres et d’objets issus de la collection de l’artiste ou de ses héritiers : 31 peintures, 38 gouaches découpées, 236 dessins, 218 gravures, 57 sculptures, 14 livres illustrés, ainsi qu’un riche fonds photographique.
INFOS PRATIQUES :
Matisse & Picasso
la comédie du modèle
(avec le soutien du Musée national Picasso-Paris)
jusqu’au 29 septembre 2018
Musée Matisse
164 av. des Arènes de Cimiez
06000 Nice
Il est vivement conseillé d’acheter son Billet coupe file
Ouvert tous les jours de 10 à 18h
Programme « Picasso Méditerranée » : en savoir plus

Le #metoo de Ghada Amer pour le CCC OD de Tours !

Relativement éloignée des radars français, la franco-égyptienne Ghada Amer fait un retour fracassant au CCC OD de Tours investissant la Nef d’un immense jardin de « phactus » (pour cactus et phallus) en signe de protestation sur le peu de place accordée aux femmes dans l’histoire de la modernité picturale. Un geste éminemment politique qui rejoint la résurgence actuelle de ces destins de créatrices oubliées ou écartées des récits officiels (Centre Pompidou Metz avec Couples Modernes..) mais prend ses racines plus loin encore dès son enfance en Egypte.

« Cactus painting » rejoue ainsi l’abstraction américaine d’après guerre à dominance masculine, un motif déjà expérimenté pour le CCC OD en 2000 dans le cadre de l’exposition « Ghada Amer, monographie et jardins ». Un motif virtuose mais qui agit comme un leurre comme souvent chez l’artiste dont la double appartenance culturelle offre un regard distancié.

Avec « dark continent » pour la galerie noire, elle se saisit d’un autre savoir faire artisanal, la broderie, utilisé par les femmes comme outil de résistance dans les années 1970, qui fait un spectaculaire retour sur la scène artistique. De séduisantes arabesques qui cachent en réalité de redoutables bombes à retardement autour des questions de la pornographie, des stéréotypes du genre et autres tabous qui enferment l’image de la femme. « Dark continent » c’est aussi cette zone obscure décrite par Freud, ce continent caché de la sexualité féminine.

Avec également « les Nymphéas d’Olivier Debré », sur lesquels nous reviendrons, autant de raisons de s’offrir une visite dans ce centre nouvelle génération, cet écrin avant-gardiste pensé par les frères Aires Mateus, véritable caisse de résonnance pour des propositions hors normes.

Ghada Amer qui vit à New York est représentée par les galeries Cheim&Read (New York), Kewenig (Berlin) et Kukje Gallery (Séoul).

INFOS PRATIQUES :

CCC OD – Centre de Création Contemporaine Olivier Debré

Ghada Amer : Cactus Painting

Ghada Amer : Dark Continent

 

Rencontre avec Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW

ASIA NOW est la foire dédiée à l’art contemporain asiatique en Europe. Alors que l’édition 2017 explorait la scène contemporaine de la Corée du Sud, ASIA NOW met cette année en exergue le dynamisme et la richesse de la jeune scène émergente japonaise. A deux mois de l’ouverture de la cette quatrième édition, nous avons rencontré Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW.

Quel est l’ADN d’ASIA NOW ? En quoi son concept est-il unique ?

L’ADN d’ASIA NOW est également ce qui fait son unicité – son focus sur la scène contemporaine asiatique. Celui-ci découle de ma passion (et celle de plus en plus partagée) pour cette scène méconnue.

En 2010, je me suis rendue avec Ami Barak et Karen Levy (qui l’assistait pour l’organisation d’un parcours contemporain et architectural) à la Shanghai Universal Expo. C’est là que Karen, jeune collectionneuse engagée dans sa collection familiale, la DSL Collection, et co-fondatrice de la plateforme Art of this Century, m’a présenté de nombreux artistes basés à Shanghai, notamment à travers des visites de studios. En compagnie d’Ami Barak et de mon père, Claude Fain, j’ai immédiatement ressenti la nécessité de partager cette impulsion artistique venue d’Asie.

En septembre 2014, nous avons fondé ASIA NOW, afin de faire résonner la scène artistique contemporaine asiatique en Europe, une scène qui à ce jour continue d’être considérée comme « niche ». Nous avons présenté notre premier projet à l’occasion de la Biennale de Venise en 2015 au Palazzo Strozzi – une installation in situ de Zheng Guogu et du collectif Yangjiang Group, « The Writing of Today are a Promise for Tomorrow, » sous le commissariat de Martina Köppel-Yang.

J’ai ensuite organisé la première édition d’ASIA NOW à l’Espace Pierre Cardin en octobre 2015, qui réunissait 18 galeries sélectionnés par Ami Barak. Affirmant dès ses débuts son statut de « boutique art fair » à échelle humaine et son parcours fluide d’une salle à l’autre – chaque salle étant investie par une sélection de galeries présentant leurs projets respectifs, ASIA NOW s’engage à tisser des liens entre collectionneurs, commissaires d’expositions, galeries asiatiques et occidentales, et artistes. En tant que collectionneuse et passionnée du « video art », je cherche non seulement à initier les collectionneurs de la scène artistique asiatique, mais aussi à surprendre et satisfaire ceux qui connaissent déjà et collectionnent ces artistes en proposant une sélection de qualité à la fois de galeries, artistes et œuvres.

Ainsi, ASIA NOW se fait à la fois témoin et acteur du développement de cette scène à l’international.

Qu’est ce qui a fait le succès selon vous de la plus parisienne des foires asiatiques ?

ASIA NOW dispose d’une identité unique et désormais ancrée dans le paysage de l’art contemporain à Paris et dans le monde – celle de première foire en Europe consacrée à l’art contemporain asiatique. Nous avons maintenu et développé nos objectifs établis en 2015 – nous poursuivons notre exploration de la scène artistique asiatique contemporaine, nous cherchons toujours à en dévoiler les talents émergents et à les soutenir – aussi bien les artistes et les galeries.

Nous avons un rôle d’intermédiaire entre scènes artistiques asiatiques et européennes, et plus globalement occidentales, leurs univers et marchés respectifs.

Comme le démontre notre programmation, et à l’encontre d’autres foires plus commerciales, ASIA NOW a pour objectif de non seulement exposer cette scène aux collectionneurs et professionnels du marché de l’art, mais également de sensibiliser le monde professionnel et institutionnel ainsi que le grand public. Ainsi la foire assure cette dimension didactique et académique.

Nous cherchons à impliquer et tisser des liens entre institutions et acteurs privés qui représentent cette scène en plein essor – experts de l’art contemporain chinois tels que Thomas Berghuis, collectionneurs de premier plan tels qu’Uli Sigg, artistes emblématiques (Kyungah Ham l’an passé notamment), galeries émergentes et établies, marques et autres entités à la frontière entre le commercial et l’artistique, très représentatives de notre époque.

Ainsi, les intervenants de la foire, en y participant, œuvrent à ce développement global de la scène – en influant ainsi sur ses dynamiques et y nourrissant leur processus même de création, pour ce qui concerne les artistes qui performent dans le cadre de la foire ou y produisent des œuvres in situ.

De par son format intimiste, dans un hôtel particulier haussmannien qui lui donne cette nature profondément parisienne, la foire se déroule comme une balade, une découverte ouverte et accessible à tous.

Quelles sont les nouveautés de cette 4ème édition ?

Tout comme les éditions précédentes, cette 4ème édition conserve son format clé, tout en le déclinant sous une forme nouvelle :

  • Sa plateforme dédiée à une scène particulière. L’an passé consacrée à la Corée du Sud, elle se tourne cette fois-ci vers le Japon. La Plateforme Japonaise sera en effet consacrée à la scène contemporaine japonaise, à travers les propositions d’une dizaine de galeries venues du Japon.
  • Ses projets spéciaux. La programmation est en cours de finalisation, mais nous présentons cette année une variété de projets spéciaux, dont une « preview » de l’exposition « Roppongi Crossing 2019 » au Mori Art Museum de Tokyo, et une installation in situ de Makoto Aida.
  • Son cycle de conférences et de projections. ASIA NOW accueille chaque année une sélection rigoureuse et pointue d’ acteurs de la scène artistique asiatique. Cette année, la foire compte parmi les participants Catherine David, du Centre Pompidou ; Hou Hanru, du MAXXI à Rome ; Akiko Miki, du Benessee Art Site à Naoshima ; ou encore Clélia Zernik, de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Ces conversations se feront en parallèle d’un cycle de projections de vidéos, dont la sélection de vidéos d’artistes curatée par CoBo Social, mais aussi le documentaire « Wind and Water » sur l’artiste Zheng Guogu ou encore « A New Energy in Chinese Art: Zhao Zhao (Stockholm & Beijing) » consacrée à l’artiste Zhao Zhao, entre autres.

  • Son Design Project, en cours de finalisation.

Quelle est la typologie du public et ses attentes ?

ASIA NOW attire à la fois collectionneurs internationaux de renom et connaisseurs de ces scènes, représentants d’institutions et jeunes collectionneurs désireux de découvrir le travail des artistes exposés. Tous, me paraît-il, partagent un intérêt commun pour la sélection rigoureuse menée par ces galeries très réputées à l’échelle locale, pionnières de la région et dont la proposition est validée par nos experts.

Nous avons identifié trois groupes principaux de collectionneurs acheteurs d’art asiatique. Tout d’abord, les collectionneurs asiatiques qui collectionnent des œuvres d’art aussi bien occidental qu’asiatique et qui considèrent ASIA NOW comme une plateforme d’échelle plus petite et adaptée offrant uniquement le meilleur des scènes asiatiques. Les collectionneurs asiatiques qui se rendent à la foire ont entre 25 et 45 ans ; ils sont à la tête de collections de premier rang et possèdent parfois leurs propres musées privés.

Dans un second temps, nous constatons la présence de collectionneurs européens dans leur cinquantaine qui collectionnent déjà abondamment l’art asiatique – dirigeants de collections et fondations de forte renommée. En se rendant à la foire, ils recherchent des nouveaux artistes à fort potentiel aussi bien que les nouvelles œuvres et propositions d’artistes déjà reconnus et plus établis. Ils collectionnent déjà les travaux de ces artistes reconnus et sont en quête de découverte.

Enfin, ASIA NOW attire des collectionneurs européens âgés de 30 à 60 ans qui commencent à prendre en compte les travaux d’artistes asiatiques afin de les intégrer à leur répertoire et diversifier leurs collections. Leurs intérêts sont multiples, et souvent tournés vers les classiques, tels que les artistes minimalistes coréens, la scène contemporaine chinoise, ou encore la scène philippine. Ils souhaitent se voir guider au sein d’une sélection des meilleurs artistes de cette nouvelle génération en Asie, qu’il s’agisse d’étoiles montantes ou déjà ancrées.

En tant que scène artistique plus restreinte, ou encore « niche », l’art contemporain asiatique attire les collectionneurs souhaitant découvrir de nouvelles scènes, de nouveaux artistes, et soutenir les nouveaux potentiels. Uli Sigg, qui participait à la programmation de la foire l’an passé, est un exemple représentatif de ces collectionneurs pointus. Au moment de l’ouverture économique de la Chine post-Mao, il a joué un rôle majeur dans la renaissance de la scène culturelle et artistique chinoise à l’échelle mondiale. A travers une recherche rigoureuse et de nombreuses rencontres, il a constitué l’une des plus importantes collections d’art contemporain chinois qu’il continue d’enrichir aujourd’hui. Il joue encore aujourd’hui une part active dans la création d’un pont entre cultures occidentale et asiatique. Ainsi, le rôle du collectionneur s’étend, de celui d’acheteur d’art asiatique à celui d’actif participant dans le développement de cette scène, notamment à travers ses liens avec des artistes tels qu’Ai Weiwei, Cao Fei, Fang Lijun, et bien d’autres. A ce titre, il a récemment fait don d’une grande partie de sa collection à M+, musée qui devrait ouvrir ses portes à Hong Kong en 2019.

Quel(s) déploiement(s) envisagez-vous ?

Bien que nous ne soyons pas dans une perspective d’augmentation de galeries participants à la foire, nous espérons pouvoir nous étendre dans l’espace tout en maintenant le cadre intimiste qui nous est si cher. Cela permettra à chaque galerie de se déployer dans l’espace et d’offrir aux participants un lieu idéal pour exposer leurs projets et sélection d’artistes respectifs.

C’est notamment ce que nous avons réussi à entreprendre cette année ; en effet, la Plateforme Japonaise dispose de son propre espace supplémentaire de 150 m2 au sein de la foire, une grande avancée pour nous et dont nous nous réjouissons, qui permet véritablement de mettre en lumière cette scène en particulier en parallèle aux autres propositions de la foire.

Enfin, nous œuvrons chaque année à enrichir notre programmation de projections, conférences et conversations, projets spéciaux, programme hors-les-murs et partenariats, afin de renforcer notre dimension d’acteur dans le développement dans la connaissance et la recherche autour de la scène asiatique.

Par ailleurs, un projet et grande ambition est d’exporter la foire à l’international dans les années à venir, notamment à Londres.

INFORMATIONS PRATIQUES

Asia Now 2018

Montpellier : Les activistes de la Panacée-MoCo et Jennifer Caubet au Frac

Pope. L une première en France à la Panacée

Une flaque verte, des têtes grimaçantes face à des miroirs grignotées par des souris de laboratoire, une vidéo (déconseillée au jeune public) façon porno-burlesque, des paquets de cigarette de contrebande, le tout flotte dans une ambiance grinçante et foutraque où le pire côtoie le meilleur.
Né en 1975 et établi à Chicago, l’artiste afro-américain développe une esthétique subversive autour du corps noir masculin comme sujet de fantasmes. Révélé par ses performances rampées, le superman fatigué de « The Great White Way » qui deviennent récurrentes dans son travail et impliquent bientôt des actions collectives, les « Group crawls » impliquant des exclus pour la plupart à des lieux de visibilité stratégique. Ainsi de la protestation et de la résistance il est question de la place de la culture noire dans l’Amérique triomphante blanche.
Ici le cerveau troué de Barack Obama, les « Negro Ideas », la texture gluante qui évolue et rampe sur le sol, le bonnet d’âne dont l’artiste s’affuble, tout dérape et se télescope.

Autre première, la rétrospective de Bob & Roberta Smith

En réalité il s’agit d’un seul artiste qui prend le prénom de sa sœur. Né en 1963, Patrick Brill influencé jeune par la pochette des Beatles, Sgt. Pepper se lance dans l’art du slogan à travers des sortes de puzzles en amas de couleurs vives. Un univers foisonnant dans lequel on se sent désorienté au départ. On part de ses sculptures familiales en forme de légumes pour arriver jusqu’à des actes plus politiques comme sa candidature contre Micheal Grove en 2015, l’épisode de l’incendie meurtrier de la tour Grenfell l’été dernier ou l’interview radiophonique de David Nott, chirurgien en Syrie pendant la guerre.

Amy Winehouse est l’ambassadrice de cette rétrospective, comme symbole et incarnation d’une liberté par l’art.

INFOS PRATIQUES :
• Pope. L
One Thing after Another
Bob& Roberta Smith
ACTIVIST
jusqu’au 26 août 2018
La Panacée – MoCo
https://lapanacee.org

En partenariat avec les Abattoirs, Frac Toulouse (parcours le long du Canal du Midi, Horizons d’eau# 2), le Frac Montpellier, propose « Coordonnées en projection III  » de Jennifer Caubet, une nouvelle partition in situ.

Cartographie, grille modulaire, psycho-géographie, axonométrie, conquête de l’espace, utopies architecturales des années 70 ou art minimal radical d’un Sol Lewitt, sont parmi les enjeux développés par l’artiste.
Cannibaliser, vampiriser l’espace, le réorganiser par la sculpture, y dessiner des alternatives virtuelles et narratives, tels sont les défis qu’elle se lance à travers le tir à l’arc et le dessin à partir de matrices spécialement conçues et pensées. Une écriture à la fois corporelle et tridimensionnelle, performative et mentale, subjective et rigoureuse où le spectateur est invité à jouer sa propre partition.

Jennifer Caubet est représentée par la galerie Jousse Entreprise, Paris.

INFOS PRATIQUES :
Coordonnées en projection III de Jennifer Caubet
jusqu’au 16 septembre 2018
Frac Occitanie Montpellier
4-6 rue Rambaud,
34000 Montpellier
https://www.frac-om.org

Horizons d’eau, parcours d’art contemporain sur le Canal du Midi : les 10 institutions participantes :
https://www.lesabattoirs.org/actions/horizons-deaux-2

Claude Lévêque et Pascal Neveux, MP2018 Quel amour !

Nous avions rencontré Pascal Neveux au Frac en septembre 2017 à l’occasion d’Art-O-Rama (cf nos interview) et le retrouvons autour d’un autre projet tout aussi séduisant dans le cadre de MP2018 quel amour.

Il invite en effet en association avec les Musées de Marseille, l’artiste Claude Lévêque à investir sur deux lieux emblématiques, le Frac et le centre la Vieille Charité. « Back to Nature » et « Life on the Line » proposent une expérience sensorielle immédiate et totale entre présent et passé, violence et légèreté, force et fragilité.

Pascal Neveux nous dévoile également la prochaine saison du Frac et revient sur ce foisonnement de la scène marseillaise.

A LIRE : 
Entretien avec Pascal Neveux, Directeur du Frac Paca (1ère partie)
Entretien avec Pascal Neveux, Directeur du Frac Paca (2nde partie)

INFOS PRATIQUES :
Claude Lévêque
« Back to Nature » au Frac PACA
« Life on the Line » Chapelle de la Vieille Charité
Du 30 juin au 14 octobre 2018
Dans le cadre de : MP2018 Quel amour !
www.mp2018.com

Les 5 ans du MaMo : Interview d’Ora Ito

Dans la lignée de Xavier Veilhan, Daniel Buren, Dan Graham, Felice Varini et Jean-Pierre Raynaud, le designer Ora Ito poursuit son cycle d’invitations à des artistes qu’il juge capables de se confronter au geste de Le Corbusier, avec le suisse Olivier Mosset qui prend possession à son tour du toit terrasse de la Cité Radieuse. Sa réponse au monochrome qui dépasse les préceptes du B. M.T.P s’inscrit ici dans cette peinture caméléon qui réagit à la lumière sur de grands panneaux verticaux et horizontaux et la tôle irisée d’ une Harley Davidson 74’ Panhead de 1957 (modèle Easy Reader) dont il a été l’heureux propriétaire.

Ora Ito à l’origine de ce vaste et ambitieux projet de Centre d’art, le MaMo, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, est revenu sur la vocation d’un tel lieu, la genèse de cette 6ème invitation et ses nombreux projets dans la région, Arles notamment et partout ailleurs.

INFOS PRATIQUES :
Olivier Mosset
Untitled
Jusqu’au 30 octobre 2018
Centre d’art de la Cité Radieuse
280 Boulevard Michelet
13008 Marseille
Ouverture du 4 novembre 2017 au 4 février 2018,
du mercredi au dimanche de 11h à 18h.
Entrée gratuite.
https://mamo.fr

Rencontre avec Céline Kopp, directrice de Triangle France, Marseille

Alors qu’elle prépare la prochaine Biennale de Rennes, dont elle est co-commissaire, Céline Kopp à la tête de Triangle France depuis 2012, propose à la Friche Belle de Mai l’exposition « Vos désirs sont les nôtres ». Elle est revenue avec nous sur la genèse de cette démarche, les vocations de l’association Triangle, sa récente fusion avec Astérides et les projets à venir.

Triangle France est une association à but non lucratif (loi 1901) dédiée à l’art contemporain. Elle est située au centre de Marseille à la Friche la Belle de Mai, une ancienne manufacture de tabac reconvertie en centre de production artistique pluridisciplinaire depuis le début des années 1990. Triangle France a pour but de promouvoir la scène artistique contemporaine française et internationale à travers une programmation exigeante et expérimentale de résidences, d’expositions, de performances, d’événements, de publication et la production de nouvelles œuvres. Triangle France soutient la réalisation et la diffusion de nouvelles pratiques artistiques et est engagé dans la mise en place d’une relation dynamique entre les artistes, la scène artistique locale et internationale.

A LIRE : 
https://www.mowwgli.com/41780/2018/07/23/rencontre-celine-kopp-etienne-bernard-commissaires-de-6eme-biennale-de-rennes-a-cris-ouverts/

INFOS PRATIQUES :
« Vos désirs sont les nôtres »
jusqu’au 21 octobre 2018
La Friche Belle de Mai
La Tour-Panorama, 3e étage
41 rue Jobin
13003 Marseille
http://www.lafriche.org/fr/
http://www.trianglefrance.org