Tous les articles par Marlène Pegliasco

Diplômée d'un Master en Histoire de l'Art et habitant à Toulon, j'ai créé le blog Art In Var (www.artinvar.fr) afin de partager avec mes lecteurs, la riche actualité artistique de ce beau département. Expositions, musées, galeries...Le territoire varois regorge de trésors culturels et d'évènements artistiques qui méritent d'être relayés. Ma collaboration avec Mowwgli est une évidence car nous possédons cette même envie de partage et de diffusion de l'art. 3 choses à savoir sur moi? J'adore le chocolat, j'aime parler et je suis fan de Michel-Ange.

Picasso – Picabia : Explorations picturales au Musée Granet

Les rapprochements entre artistes ont cette particularité d’apporter un nouveau regard compréhensif. Influences, antagonismes, les courants artistiques et les écoles d’art ont insufflé des pensées et des styles communs aux grands génies, nourris de classiques, de maîtres anciens et d’académisme plus ou moins acceptable. Ainsi, dans le cadre de la manifestation « Picasso Méditerranée », le Musée Granet à Aix-en-Provence rapproche l’œuvre de l’espagnol Pablo Picasso (1881-1973) et du français Francis Picabia (1879-1953).

Un rapprochement inédit et pas si déroutant quand on juge des similarités existantes entre ces deux artistes au caractère bien trempé. Né d’un père hispano-cubain, Francis Picabia partage des racines communes avec le maître catalan né à Malaga deux ans plus tard. Ils ont connu les mêmes bouleversements politiques, artistiques et ont rompu avec l’idée d’un style unique dans leur carrière artistique, goûtant ainsi la liberté de se confronter aux mutations et aux expérimentations créatives, intellectuelles et littéraires de ce XXe siècle. « Un peintre ne doit jamais faire que ce que les gens attendent de lui. Le pire ennemi d’un peintre, c’est le style » disait Picasso. Cette exposition montre à quel point les deux artistes ont pris la liberté de créer sans contrainte dans des voies similaires mais dont le résultat s’accorde avec chaque signature.

Plus de 150 œuvres réunissant peintures, dessins et archives composent une exposition thématique et chronologique avec des focus particuliers montrant les rapprochements et les divergences entre ces deux artistes. Les grands courants artistiques traversent leurs recherches picturales: cubisme, dadaïsme, abstraction … Chacun s’empare de ces réflexions pour sa propre expérimentation, même si on note une même inspiration classique et des thèmes communs, chers aux cœurs de Picasso et Picabia. Un duel sous le soleil provençal qui montre que Picabia, écrasé sous le succès de celui qui lui survivra pendant vingt ans, est un artiste pionner, inventif, sachant jouer avec la gamme chromatique, composer justement ses toiles, délivrer une écriture graphique personnelle dont Picasso sut reconnaître le mérite.

Les deux artistes se fréquentent à Mougins, peignent les mêmes paysages à Juan-les-Pins. Des affinités familiales, électives où chacun laisse libre cours à leur création artistique, témoignages picturaux d’une modernité affirmée. Enfin, l’exposition amène le visiteur à travers les styles et les personnalités foisonnantes de l’aventure moderne de ce deuxième millénaire.

INFORMATIONS PRATIQUES
Picasso – Picabia. Histoire de Peinture
Jusqu’au 23 septembre 2018
Musée Granet
Place Saint Jean de Malte
13100 Aix-en-Provence
Plus d’informations ici

Elliott Erwitt : Dogs like humains à la Maison de la Photographie de Toulon

Fils d’immigrés russes ayant passé une partie de son enfance en Europe, né à Paris en 1928, le photographe documentaire américain Elliott Erwitt est considéré comme l’un des maîtres dans son domaine. Témoin de son temps, grand portraitiste, membre de l’agence Magnum dont il assumera le poste de président de 1968 à 1970, il balaie de son œil affuté les événements marquants du milieu du XXème siècle.

C’est au début des années 1940 que ce grand voyageur réalise ses premières photographies de chiens, l’un des sujets de prédilection de son oeuvre photographique. Chien de luxe ou chien errant, le canidé évince la place de l’homme dans son quotidien. Tel est le propos de l’exposition « Elliott Erwitt, Dog, Dogs » à la Maison de la Photographie de Toulon.  Ces portraits atypiques sont une manière originale de parler de la condition humaine dont le chien serait le miroir. Teintée d’humour et de cocasserie, celui pour qui « faire rire les gens est une des plus parfaites réussites qu’on puisse espérer »nous plonge ici dans la magie de l’image et de l’instant décisif.

Les images exposées montrent un vif intérêt dans la composition: des chiens pris au niveau des pieds, ils les élèvent à la même stature que leurs maîtres. Et c’est avec un certain humour sarcastique qu’ils prennent la pose dans des portraits léchées évoquant ceux starisés des studios Harcourt. Un hommage sincère au « meilleur ami de l’homme », l’accompagnant dans ses moments de loisirs, montrant toute la diversité des états d’âme du monde canin. Une exposition à l’esprit léger, jovial et tendre qui tend à mettre en évidence les relations complices et affectueuses que l’être humain partage avec cet animal si fidèle.

INFORMATIONS PRATIQUES
Elliot Erwitt, Dog Dogs
Jusqu’au 1er septembre 2018
Maison de la Photographie
Place du Globe
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h
Entrée Libre
Plus d’informations ici

Pablo Picasso dans la collection de Charles et Marie-Laure de Noailles

Charles et Marie-Laure de Noailles sont un couple de mécènes actifs dans la vie artistique de cette première moitié du XXe siècle. La villa qu’ils font construire sur les hauteurs de Hyères, dans le Var, par l’architecte minimaliste Robert Mallet-Stevens symbolise l’audace et l’ouverture d’esprit vers le modernisme. Nombres d’écrivains et artistes, tels Jean Cocteau, Luis Bunuel, Salvador Dali y seront invités. Devenue aujourd’hui un Centre d’Art reconnu d’intérêt national, la Villa Noailles accueille chaque année des expositions et des festivals où continuent de se perpétrer le mécénat de leurs illustres propriétaires. Cet été, dans le cadre de la manifestation Picasso Méditerranée, le centre d’art propose une exposition éclairante sur la place du maître catalan dans la collection des Noailles.

C’est Jean Cocteau, écrivain qui accompagna l’artiste espagnol lors de son voyage à Rome, et ami de Marie-Laure de Noailles(1902-1970), qui parla de ce prodige. En 1923, le couple acquiert la  Maison dans les arbres, une toile de 1929 qui devient le premier achat d’une œuvre moderne par Charles de Noaillespour sa jeune épouse , alors alitée. Mesurant 11 cm par 15 cm, il est vraisemblablement le « plus petit Picasso du monde ». Après des tentatives pour commander un portrait de la vicomtesse – qui ne sera jamais achevé – les Noailles se contenteront d’acheter quelques unes de ses œuvres. Ainsi, à Paris comme à Hyères, ils accrochent toiles et dessins, et possèdent au moins une quinzaine d’œuvres du peintre. En 1928, ils dépensent 175 000 francs pour une Nature morte réalisée avec du sable à Juan-les-Pins en 1925 – une somme record pour une œuvre de leur collection. Le tableau sera accroché dans leur salon parisien agencé par le décorateur Jean-Michel Frank (1895-1941).

Ces deux tableaux sont visibles dans le salon – intimiste- rose de la Villa Noailles, au cœur de l’exposition permanente Charles et Marie-Laure de Noailles, une vie de mécènes. Le public pourra aussi voir une lettre ornée de Picasso au poète Max Jacob, un ensemble d’archives issu du Musée Picasso, des invitations, des télégrammes ainsi que des scrapbooks de la comtesse provenant de la collection privée du Centre d’Art. Une exposition éclairante sur la relation privée et peu connue entre les mécènes et Pablo Picasso au sein de la vie artistique moderne du siècle précédent.

INFORMATIONS PRATIQUES
Picasso/Noailles : Trajectoires
Jusqu’au 30 septembre 2018
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Plus d’informations ici
Sur l’évènement Picasso – Méditerranée, ici

Design Parade Hyères : une 13ème édition autour du design responsable

Quand on visite la Villa Noailles et qu’on découvre son architecture moderne et innovante, on peut être surpris d’y trouver au sous-sol, une architecture plus classique constituée de trois salles voûtées disposées en enfilade. Ces salles appartenaient à l’ancien couvent du Clos Saint-Bernard qui existait à la construction de la maison et l’architecte Robert Mallet-Stevens décida de les intégrer à son projet de villa.

Si du temps des Noailles ces salles formaient leur salon de réception, elles sont aujourd’hui dédiées aux expositions temporaires et festivals qui se déroulent toute l’année dans ce centre d’art. Depuis fin juin et jusqu’au 30 septembre 2018, elles accueillent les dix finalistes du festival Design Parade Hyères qui fête sa 13ème année. Un festival qui a pour but de découvrir et de promouvoir de jeunes créateurs. Un concours s’est déroulé du 29 juin au 1er juillet 2018 à l’issue duquel plusieurs prix ont été remis. Nous pouvions remarquer que cette édition était placée sous le signe d’un design durable, où les designers ont questionné l’écologie et l’impact des activités humaines sur notre environnement.

Le Grand Prix Design Parade Hyères est doté d’un séjour de recherche d’un an à Sèvres-Cité de la Céramique, d’un séjour de recherche d’un an au Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques de Marseille (CIRVA) pour la réalisation d’un vase en trois exemplaires, une exposition personnelle à la Villa Noailles lors de la 14e édition de Design Parade Hyères, un workshop offert par Vitra au Domaine de Boisbuchet, un livre offert par Phaidon et la participation au concours en tant que membre du jury pour l’édition 2019 de Design Parade Hyères. Ensuite, le Prix Sammode, nouveauté cette année, est doté d’une bourse de recherche et de création autour de la lumière d’un montant de 5000 euros, ainsi que d’un support technique des équipes Sammode, un projet présenté lors de Design Parade 2019. La Mention Spéciale Eyes on Talents x Frame récompense l’excellence du design et l’innovation du projet du lauréat et le fera bénéficier d’une communication auprès des marques membres et la communauté Eyes on Talents et dans le magazine Frame. Enfin, le Prix du Public de la Ville de Hyères récompense le choix des visiteurs.

Grand Prix du Jury 2018: Sara de Campos, Uva. Ce design industriel est dédié à faciliter la récolte du raisin, en respectant l’ergonomie des travailleurs ainsi que la bonne conservation des grappes.

Mention spécial du jury: Alex Sizemore & Hank BeyerFor the Rest of Us. 

Une proposition de design plus expérimental où l’esthétisme est travaillé sur certains objets du quotidien comme l’ordinateur. Ils imaginent qu’ils puissent être fabriqués par des artisans et avec les ressources terrestres disponibles sur place.

Mention Spéciale Eyes on Talents X Frame: Loïc Bard, Bone. Le designer crée un mobilier aux lignes douces et sensuelles sans qu’aucune arête ne vienne briser l’interaction entre l’objet et l’utilisateur. Les formes sont une évocation du corps humain.

Prix du Public : Camille Viallet & Théo Leclercq, La Cité. Le duo de designers français ont travaillé sur la manière dont les designers peuvent  intervenir dans l’espace public. L’objet le plus symbolique est le banc, qu’ils retravaillent de manière plastique en offrant diverses possibilités amenant au regroupement, à la rencontre et à la discussion.

Anaïs BorieL’épopée de Prométhée . Elle utilise le mythe de Prométhée comme la métaphore du rapport de l’être l’humain à la science en fusionnant des éléments issus de la statuaire grecque avec des objets modernes et techniques.

Marie Cornil, Le Jaspé, Tapisserie . La designer utilise le jaspé, un artisanat traditionnel des faïenciers d’Apt dans le Vaucluse, et la tapisserie pour créer des objets résolument modernes dans les couleurs et par leurs formes mouvantes.

Alexandre WillaumeLa Station . Le designer conçoit un espace modulable, adaptable et unique complètement dépouillée pour ne garder que la structure purement fonctionnelle des choses.

Pablo Bras, Réseaux Disponibles. Matériaux rustiques et technologies contemporaines sont combinés afin de démocratiser intelligemment les énergies et en faciliter l’emploi.

Tom Chung, Piton . Le piton d’escalade est détourné de sa fonction première pour devenir un objet pluriel, simple, ergonomique et pouvant être recyclé.

Julien ManairaThe Once Liquid Plastic . Il travaille la résine époxy liquide qu’il manipule et déverse couches après couches afin de fabriquer les objets souhaitées. Un mobilier conçu manuellement sans l’aide de moules.

Autres expositions visibles:

Philippe Malouin, président du jury, 10 Years, exposition sur les 10 ans de création de son studio londonien.

Carolien Niebling, Grand Prix Design Parade 2017, résidences au CIRVA et à la Manufacture de Sèvres, La Beauté des Plantes Aquatiques

Arthur Hoffner, Prix du Public Design Parade 2017, Le Cours de l’Eau

François Passolunghi, Savoir-Faire Régional: Mobilier en moelle de rotin

Picasso / Noailles: Trajectoires. Article ici

Hôtel La Reine Jane, 14 Chambres, 14 designers, la commande d’exception d’un hôtel du port de l’Ayguade à Hyères.

Xénia Laffely, I’m not the person you think Iam, but I don’t know who I am.

Et toujours la boutique mise en scène par Vincent Darré et Matthieu Cossé

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 30 septembre 2018
Design Parade Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Ouvert du mercredi au lundi de 14h à 19h, le vendredi de 15h à 21h
Fermé le mardi et les jours fériés.
Entrée libre
Plus d’informations ici

L’éloge de l’architecture d’intérieur à Design Parade Toulon #3

Toulon la discrète, ville portuaire tournée vers la Marine ou le rugby, réussit l’essai de dynamiser son centre-ville en le dédiant à l’Art et l’art de vivre. Si galeristes, boutiques artisanales et de déco branché ont investi le Quartier des Arts, si la rue Pierre Semard -nouvellement nommée Rue des Arts– prête dorénavant ses façades à des expositions de photographies en plein air, il devient si agréable de (re)fréquenter ces ruelles longtemps abandonnées, où les corniches sculptées, frontons et moulures des immeubles témoignent d’un glorieux passé.

C’est dans ce centre ancien en pleine rénovation que s’est installé en 2016 le festival d’architecture d’intérieur Design Parade Toulon, petite soeur de Design Parade Hyères, née alors que cette dernière fêtait ses 10 ans. Sur une initiative de Jean-Pierre Blanc, directeur de la Villa Noailles – Centre d’Art et grâce à l’impulsion  de la municipalité, Design Parade Toulon devient le premier festival international d’architecture intérieur en France. Après un appel à candidature, un jury, présidé par un architecte d’intérieur, choisit 10 candidats qui devront, lors d’un concours organisé le dernier week-end de juin, réaliser une pièce à vivre méditerranéenne dans un lieu mis à leur disposition et grâce aux prêts des nombreux partenaires de cette manifestation.

Pour cette troisième édition, le concours s’est déroulé du 28 au 30 juin 2018 dans l’ancien évêché de la ville. Les résultats ont été rendus public tandis que les 10 créations des jeunes architectes d’intérieur et les expositions alentours se poursuivent jusqu’au 30 septembre 2018.

Grand Prix Design Parade Toulon Van Cleef & Arpels: le cru 2018 voit récompenser deux lauréats.

Antoine Chauvin, The Corniche’s secret , une bibliothèque bleue inspirée de la Corniche à Marseille.

Kim Haddou & Florent Dufourcq, Grotto, une bibliothèque creusée dans le mur offrant un lieu méditatif.

Bérengère Botti & Sophie Genestoux, En trompe-l’oeil, Mention spéciale Eyes on Talents X Frame, une pièce immersive où le bleu omniprésent occulte toute distinction de frontières.

Valentin Dubois & Shizuka Saito, La pause déjeuner, Prix du Public Ville de Toulon, une expérience sensorielle intense pour une salle à manger déconcertante.

Charlotte & Juliette Castay, Dimanche, un univers immaculé, tout en courbe, invitant au repos

Lucas Djaou, A l’heure de la sieste, un exotisme enveloppant la mythique sieste.

Laure Fournier, Gaia, un hommage sincère à la terre.

Clémence Frot, Antonyme, une salle à manger monochrome qui bouleverse les codes habituels.

Natacha Mankowski, Vipassana, un chambre dans des tons naturels, bruts, évoquant la chaleur écrasante du sud.

Jeanne Martin & Marie-Marie Vergne, Pendeloque, une pièce texturée, riche et colorée.

Expositions:

Pierre Yovanovitch, l’érotomanie de Melle Oops, Ancien évêché

Pierre Marie, Le Jardin d’Hiver, Ancien évêché

Lesage intérieurs, Erwan & Ronan Bouroullec, Taille Douce, Ancien évêché

Alexandre-Benjamin Navet, Grand Prix Design Parade 2017 (en duo avec Paul Brissonnet), Le Salon du Collectionneur, Ancien évêché

5 Rooms, réalisation de 5 chambres de résidences par 5 designers au Moulin des Ribes à Grasse. Articleici.

Julien Oppenheim, Claire et Pierre, Galerie des Musées

Daragh Soden, Grand Prix du Jury Photographie du 32ème Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères, commande photographique installée dans la Rue des Arts. Article ici.

Haute Ecole d’Art et de Design de Genève, architecture d’intérieur

Exposition historique de l’Ancien évêché, scénographie de Mathilde Vallantin Dulac et Victor Levai, Prix Spécial du jury Design Parade Toulon 2017

Travaux des étudiants de 2ème année de design de l’Ecole Supérieur d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée, Galerie Le Stardust et Galerie de l’ESAD

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 30 septembre 2018
Ancien Évêché, 69 cours Lafayette
Ouvert tous les jours de 11h00 à 17h00, dimanche, de 11h00 à 13h00. Fermé le lundi et les jours fériés.
GaM, la Galerie des Musées, 22 – 24 rue Pierre Semard
Ouvert tous les jours de 12h00 à 18h00. Fermé le dimanche et le lundi.
La Rue des Arts, rue Pierre Semard
Galerie de l’ESADTPM
Place Gambetta
Le Stardust
20 rue Chevalier Paul
Toutes les expositions sont en accès libre.
Plus d’informations ici

Klavdij Sluban, Aliska Lahusen: Suites Japonaises à la Galerie du Canon

Jusqu’au 08 septembre 2018, la Galerie du Canon à Toulon nous offre le travail de deux artistes originaires de l‘Europe de l’Est dont la création artistique fut bouleversée après avoir découvert la culture nippone. Des œuvres dont les riches variations de noir, gris et blanc révèlent une exploration sensible d’une quête existentielle, ce que l’artiste japonais Takesada Matsutani décrit comme une « communication des sentiments à travers la création de la beauté en noir et blanc ».

Née en 1972 à Lodz en Pologne, Aliska Lahusen emploie des formes géométriques  pour construire un monde épuré où seule la sensibilité participe à l’évanescence des choses. Des formes simples – un cercle, un bol, des lignes – participent à une composition graphique lumineuse et ondoyante. Ce minimalisme monacale invite à la contemplation tranquille d’un travail réalisé avec patience et méditation, un penchant pour la lumière et la vulnérabilité. Les pigments viennent parfois apporter un brin de couleur en soulignant les détails. La profondeur est esquissée, devinée. L’utilisation de la laque dans ses formats monumentaux, diptyque voire triptyque, et la superposition des couches évoquent la force d’un art et d’une culture vénérant la contemplation. Les sculptures polies, lisses, s’évaporent dans l’immensité du temps.

Né en 1963 à Paris de parents slovène, Klavdij Sluban a réalisé un projet photographique au Japon en 2016 qui l’a amené sur les traces de Matsuo Bashô, poète japonais du XVIIe siècle, considéré comme l’un des maîtres du haïku. Ce sont ces images qui sont exposées sur les murs de la Galerie du Canon. Ses photographies très construites et structurées cachent une fausse tranquillité, une puissance y sommeille, prête à exploser. Cette dualité entre force extérieure et énergie intérieure émerge des paysages dépeuplés ou de ces portraits au contre-jour profond, où la lumière, d’où qu’elle provienne, révèle l’âme de la composition. Ces bustes contemporains, captés frontalement, interrogent sur notre humanité, à travers un long dialogue entre ces photographies et le spectateur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Suites Japonaises: Aliska Lahusen et Klavdij Sluban
Jusqu’au 08 septembre 2018
Galerie du Canon
10 rue Pierre Semard
83200 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h30
Nocturne tous les premiers jeudis du mois jusqu’à 21h30
Fermé le dimanche, lundi et jours fériés.
Entrée libre.
Plus d’informations ici

Aliska Lahusen & Klavdij Sluban : Suites japonaises

Pablo Picasso en 14 dates clés pour mieux ressentir son œuvre

Le Musée Fabre de Montpellier nous donne à voir jusqu’au 23 septembre 2018, une exposition éclairante sur des moments clés de la carrière artistique de l’artiste Pablo Picasso. Inscrite dans le cadre de la manifestation « Picasso-Méditerranée », une manifestation culturelle internationale qui se tient du printemps 2017 au printemps 2019, l’exposition « Donner à voir. 14 moments clés » joue l’audace d’embrasser l’ensemble de la carrière foisonnante du maitre catalan en mettant l’axant sur des dates jalonnantes dans sa pratique créative. Le propos muséographique se double d’une scénographie innovante avec des espaces décloisonnées et une libre circulation à travers les œuvres, permettant un dialogue et une pluralité de confrontation avec le visiteur. Visite dans l’univers de celui qui a déconstruit la peinture et l’Histoire de l’Art.

On pourrait dire « encore une exposition Picasso » et pourtant, le Musée Fabre évite de tomber dans la redite. En dépouillant l’exposition de références historiques et biographiques, il laisse émaner la création pure : la facture, la signature, les inspirations et les différentes techniques de l’artiste catalan. Pas de discours thématique, ni l’évocation d’une période. Un même ton est donné dans chaque « moment », comme autant d’évidence qui nourrissent l’activité artistique de Pablo Picasso. Et quelle activité ! Les 77 œuvres présentées – dont certaines très peu montrées au public- ne sont qu’un panel de sa production : peinture, sculpture, gravure, dessin … Pour une telle évocation, les chefs d’œuvres sont de sortie : le Verre d’absinthe de Berlin (1914) , Nature morte à la chaise cannée (1912), Grand nu au fauteuil rouge (1929)… Assoiffé d’art et de vie,Picasson’aura de cesse de travailler le modèle.

Nourri d’antique, de classique, de maîtres anciens comme Francisco de Goya (1746- 1828), Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867) ou Eugène Delacroix (1798-1863)  qu’il étudie sans copier, à l’instar de cet autoportrait réalisé à 13 ans dans la veine naturaliste espagnole de Diego Vélasquez (1599 – 1660) ou de Bartolomé Esteban  Murillo (1617-1682). Ensuite viennent les toiles de la période colorée bleue, la découverte des statues ibériques, dont l’inspiration est évocatrice dans Les Demoiselles d’Avignon (1907),  et la révélation de l’Arcadie. De ses toiles se dégage une puissance plastique et déjà la pluralité des styles et des techniques émerveillent le spectateur. La période cubiste est la grande conquête artistique qu’il mène avec Georges Braques (1882-1963) et avec laquelle il révolutionne la manière de voir l’objet. Le peintre devient un illusionniste dévoilant une réalité sincère.

A l’intérieur du répertoire créatif du maître catalan, nous retrouvons les images de l’Arcadie rêvée avec les formes voluptueuses et les recherches du néoclassicisme, mais aussi les formes anguleuses, plaintives et des mises en scène grandiloquentes pour dénoncer la guerre, les périodes tragiques et douloureuses. Cette dualité éclate en 1937 dans le face à face entre le Portrait de Marie-Thérèse, une décomposition pimpante et sereine, et le chaos et la souffrance de Guernica.

Son art s’exprime dans différents médiums qu’il ne cesse d’exploiter. Il sculpte le bois, la pierre, modèle la terre. Quand il s’installe à Antibes en 1964, il reprend goût avec l’Arcadie. Son œuvre se teinte d’un dessin naturaliste très élégant. Il continue ses recherches, réinvente sans arrêt une écriture picturale juste. Quelques traits élémentaires signent le corps de manière directe. Les espaces ouverts font des liens entre chaque période. La confrontation du peintre et de son modèle prendre la forme d’une nouvelle facture où la matière éclabousse le support.Il revient aux sujets hispanisants, comme un retour sur sa jeunesse et l’apprentissage de la peinture avec son père. Au soir de sa vie, Pablo Picasso trouve encore la force d’ouvrir des espaces inconnus afin de retrouver toute l’ingéniosité de la jeunesse.

Ces 14 dates – clés nous montrent les métamorphes plurielle d’un génie. L’exposition révèle différents styles comme autant de manière d’ajuster le ressenti et les sensations de l’artiste: touches lisses ou épaisses; lignes hachurées, droites ou ondulées; facture calme, parfois vive. Juxtaposant ou mêlant inspiration primitive, classique, romantique et cézannienne, Picasso réussit le pari d’y tirer l’essence même de son art. Ces « moments -clés » ne sont que des axes de compréhension de l’art de Picasso, le visiteur comprendra rapidement qu’elles sont comme des champs d’expérimentation qui viennent, disparaissent et refont leur apparitions dans la création de l’artiste.  Pablo Picassoconnaissait « le beau métier » et passera sa vie à le désapprendre. L’exposition se clôt sur une période peu montrée, avant sa mort, ou la couleur se fond, éclabousse la toile,  dégouline et la palette se réduit. Encore en recherche le bougre ? Son legs y répond : une quête immortelle.

INFORMATIONS PRATIQUES
Picasso – Donner à voir – 14 moments clés
Jusqu’au 23 septembre 2018
Musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle
34000 Montpellier – France
+33 (0)4 67 14 83 00
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 19h
Fermé le lundi sauf les 3, 10 et 17 septembre 2018
Ouverture exceptionnelle le 14 juillet et le 15 août 2018.
Nocturnes jusqu’à 21h les 20, 21 et 22 septembre 2018.
Plus d’informations ici

Nicolas de Staël en Provence: la lumière intense

Nous savions que la lumière du sud a inspiré de nombreux artistes, au point pour certains de marquer notablement leurs vies et leur œuvre. C’est le cas avec Nicolas de Staël. Né en Russie en 1913, l’artiste s’installe en France et peint de nombreux paysages. Après plusieurs voyages en Europe et au Maroc, il débarque en Provence en juillet 1953 sur les conseils de son ami le poète René Char. La période provençale de Nicolas de Staël marque un tournant essentiel dans son existence. Le choc de la lumière du sud, des variations de couleurs aux rythmes des saisons, l’expérience de la solitude viennent révéler une émotion intense, production à la fois visuelle et intime. Pour la première fois et de manière exclusive, sur le développement de l’œuvre de Nicolas de Staël lors de son séjour en Provence, entre juillet 1953 et octobre 1954, l’Hôtel de Caumont – Centre d’art à Aix-en-Provence montre l’exposition « Nicolas de Staël en Provence » 71 peintures et 26 dessins provenant de prestigieuses collections internationales publiques et privées, montrent la réalité et la force de la nature brute, comment cette main intelligente puise son génie dans ces paysages expressifs, comment la nature accompagnait son regard. Une pratique artistique vécue comme une quête de sens.

« On ne peint pas ce qu’ on voit mais le choc qu’ on a reçu ». Quand Nicolas de Staël débarque en Provence, la lumière fulgurante est une violence à l’état pur. Il part à la découverte des paysages sauvages. La blancheur austère du calcaire, le vert de la nature ainsi que le ciel pâle du petit matin le bouleverse. Ce n’est rien de ce qu’il connaît. Sa peinture capte ses sensations. Elle devient épaisse, étale plusieurs couches, la sculpte comme une forme humaine. Les formes condensées dans la matière picturale marquent à la fois son adoration et son exaltation.

La composition simple des éléments permet d’appréhender ce nouvel environnement afin de traduire en couleurs les impressions éprouvées. Il réalise de nombreux croquis lors de ses longues marches puis peint  dans ses ateliers de Lagnes, puis de Ménerbes. Dans la séries des grandes tables, un sujet classique inspiré de Chardin,  la frontière est tenue entre abstraction et figuration. L’absence de perspective et de modelé n’enlève rien à l’existence des choses et des êtres qui s’imposent dans l’alchimie des couleurs vives et de la peinture.

La matière se fait mouvement afin de laisser s’exprimer les éléments naturels. Chaque toile met en avant des notions d’horizontalité et de verticalité. Le paysage se dénude afin de révéler sa force évocatrice intemporelle. Parfois, la couleur vient éclabousser la composition, comme dans Arbre rouge, 1953. Parfois, les bords de la toile sont laissés en réserve. Parfois, sa touche est une variation de petits carrés chromatiques. L’artiste voulait « Sentir la vie devant moi et de la sentir toute entière ». Il ne se lasse pas du Vaucluse et des couchers de soleil qui nuancent les couleurs. Sa peinture se fait lyrique et les modulations du pinceau rappelle Vincent Van Gogh, un autre artiste ébloui par le soleil de Provence. Lui aussi prend les cyprès pour motif, expression de sa solitude intérieur.

Nicolas de Staël va poursuivre cet enseignement de la couleur et de la lumière en Sicile. Sur la route qui le conduira jusqu’au sud de l’Italie, il dessine les ruines antiques, les vestiges des temples et les fresques de Pompéï. Ses carnets entiers de croquis seront sa source de travail lorsqu’il regagnera son atelier de Lagnes. Les aplats de couleurs pures traduisent l’intensité éblouissante du soleil sur la pierre et sur les murs colorés des habitations.

Influencé par le cubisme, il joue sur l’opposition des couleurs afin de moduler les formes. Des formes limpides qui traduisent sa vérité intime. Les couleurs primaires ont une place importante dans cette œuvre évanescente, dans cette ivresse chromatique et lumineuse. Un condensé d’émotions qui incendie les rétines des Américains et grâce auxquels il va connaître un succès fulgurant. L’expérience picturale révèle le démiurge intérieur. Nicolas de Staël est lui-même un être solaire mais en souffrance, dans une quête toujours plus intense, toujours plus juste, toujours plus essentielle de la vie, de l’amour. Il nous laisse une œuvre réalisée sur une quinzaine d’années et dans laquelle il donne tout. Sa riche correspondance avec René Char nous éclaire sur le rôle majeur de cette terre de Provence dans la production artistique de ce génie qui quitte ce monde en à Antibes en 1955.

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 23 septembre 2018
Nicolas de Staël en Provence
Hôtel de Caumont – Centre d’Art
3 rue Joseph Cabassol
13100 Aix-en-Provence
Ouvert tous les jours de 10h à 19h
Plus d’informations ici

Pablo Picasso et André Villers : Coup de soleil au Musée du Pavillon Vendôme

Le Musée du Pavillon de Vendôme à Aix-en-Provence réunit durant tout l’été le travail à quatre mains de l’artiste multi-disciplinaire Pablo Picasso et du photographe André Villers. Ce dernier a immortalisé les plus grands artistes de ce XXe siècle: Calder, Brassaï, Cocteau, César … Des photographies visibles au musée qui porte son nom au cœur du vieux village de Mougins dans les Alpes-Maritimes. Il découvre la photographie alors qu’il est hospitalisé au sanatorium de Vallauris entre 1947 et 1955. Ces années correspondent à la période à laquelle Pablo Picasso s’y installe et travaille la céramique. De leur rencontre naît une amitié et une collaboration artistique unique.

André Villers rencontre le maître catalan en mars 1953. C’est lui qui lui offre son premier appareil photo , un Rolleiflex. Leur collaboration artistique est une aventure expérimentant la photographie et les découpages. Durant une dizaine  années, ils transcendent, détournent les frontières entre photographie et sculpture en jouant de ce qui les unit : lumière, ombre, creux, plein, forme et espace. Picasso découpe, modifie, épingle les photos de Villers pour en faire des collages. Ensuite, il les transforme, les interprète à son tour avant d’en faire de nouveaux clichés que Picasso découpera à nouveau. Une esthétique mise en abîme.

« Il faudra que nous fassions quelque chose tous les deux. Je découperai des petits personnages et tu feras des photos. Avec le soleil, tu donneras de l’importance aux ombres, il faudra que tu fasses des milliers de clichés »disait Pablo Picasso au jeune André Villers de 50 ans son cadet. Ces 10 années de création et de collaboration unique aboutissent à la publication en 1962 d’une trentaine d’images sous le titre Diurnes et dont la préface est écrite par le poète Jacques Prévert. Le Musée du Pavillon de Vendôme rassemble la totalité de ces tirages qui révèle le processus, le cheminement de la pensée et les scènes créées dans l’univers des deux artistes. Un « coup de soleil », une référence au flash photographique selon le maître catalan, naïf et imagé, poétique et lyrique, expression de deux univers singuliers et de deux regards primitifs sur le monde sensible.

INFORMATIONS PRATIQUES
Villers/Picasso – Coup de Soleil
Jusqu’au 30 septembre 2018
Musée du Pavillon de Vendôme
13, rue de la Molle ou 32, rue Célony
13100 Aix-en-Provence
Tél. : 04 42 91 88 75
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h
Plus d’informations ici

5 Rooms : la rencontre réussie du design et de l’artisanat

Au détour d’un sentier verdoyant, traversé par une rivière, se dévoile le Moulin des Ribes. Ce mas de pierre, construit dans un écrin naturel, à quelques kilomètres du centre de Grasse invite chaque hôte à la contemplation et au repos. Propriété de Silvia Fiorucci-Roman, mécène et chevalier de l’Ordre du Mérite Culturel Monégasque, le Moulin des Ribes est voué à devenir un lieu de résidence et deworkshop. Mais il est déjà un lieu dédié à la création et une ode aux savoirs-faire à travers le projet 5 rooms: l’aménagement de cinq chambres par cinq designers, un projet mené en partenariat avec la Villa Noailles- Centre d’Art à Hyères. Chaque chambre a été entièrement relookée: du lit à la salle de bains, en passant par le linge de lit, le mobilier et les objets. Inspirés par les matériaux, les couleurs, l’atmosphère du lieu, chaque designer a apporté la singularité de son travail. Verrerie de Biot, Poterie Ravel, textile, miroiterie, sol, robinetterie…Chaque projet puisse dans les savoirs-faire locaux et internationaux afin de porter la beauté de la création à son plus pur summum. Le projet sera présenté lors de la 3e Design Parade Toulon qui démarre le jeudi 28 juin 2018. Nous vous présentons dès à présent le résultat de ce magnifique projet.

Entre vues, Joachim Jirou-Najou ©M.P.

Né en 1980 et diplômé de l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims ainsi que de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Joachim Jirou-Najou conçoit du mobilier aux lignes pures et essentielles où la simplicité de la forme répond aux besoins quotidiens des usagers. Le designer prend en compte la légèreté des matériaux et respecte la fonctionnalité de chaque objet. Les couleurs délimitent les espaces, l’environnement joue sur les surfaces pleines et vides et l’hôte est invité à s’approprier cette pièce. Il était en compétition pour l’édition 2003 de Design Parade Hyères et enseigne depuis 2013 à l’École Supérieure d’Art et de Design d’Orléans.

©M.P.

Superpoly, Superposé

Superposé, Superpoly ©M.P.

Superpoly® est le nom d’un jeu de société mais aussi celui d’un duo de designers composés de Thomas Defour et Antoine Grulier dont l’univers créatif se veut coloré et ludique. Cette chambre à l’esprit enfantin se dévoile comme une explosion polychrome dont la tonalité varie du pastel au fauve. Leur projet touche chaque détail de la chambre et de la salle de bains attenante. Céramique, verrerie, textile, rien n’a échappé à la gaieté des deux designers qui suivent leurs réalisations avec une extrême rigueur. En effet, tous les éléments ont été fabriqués dans leur atelier situé à Hyères. Cet univers immersif abstrait nous transportant dans une autre dimension est la signature de ce duo qui a été récompensé en 2016 du Prix du Public et de la Ville de Toulon ainsi que d’une Mention spéciale du Jury lors de la Design Parade Toulon .

Verrerie de Biot, design Superpoly ©M.P.

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto, Petali

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto, Petali ©M.P.

Il y a des aménagements qui se passent de commentaires tant nous sommes submergés par la beauté . Petali est un magnifique projet, plein de grâce et d’apesanteur poétique. L’atelier Zanellato/Bortotto est né en 2013 du duo Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto. Ces deux designers italiens ont étudié le design industriel à l’Université de Venise avant de suivre un master en design de produit à l’Ecole Cantonnale d’Art de Lausanne. Leurs différents projets s’inspirent de l’histoire environnante. Petali est un hommage à la ville de Grasse, capitale du parfum. Miroir en verre de Murano, luminaires en rotin produites par François Passolunghi, mobiliers épurés laissant passer la lumière, l’espace intérieur s’articule sur une gamme limitée de couleurs que l’éclairage vient sublimer.

Verre de Murano et carrelage de Christian Pegoraro ©M.P.

 Studio Quetzal, C.H.0.0.1.

Studio Quetzal, C.H.0.0.1. ©M.P.

Le projet de Studio Quetzal capte divinement la lumière naturelle. Le trio, fondé en 2015 et formé parLouise Naegelen, Adrien Gadet et Benjamin Lina, a été primé du Grand Prix du Jury Van Cleef  & Arpels de la Design Parade de Toulon en 2016. Leur concept associe architecture d’intérieur, design d’objet et éclairage afin de concevoir l’espace comme une unité. Authenticité et respect des matériaux seraient ce qui caractérise la chambre « C.H.0.0.1. ». La matière brute des briques de terre de Salernes contraste avec la ligne limpide de la verrerie, une utilisation évoquant l’architecture-même du Moulin des Ribes. Les tons cuivrés évoquent la chaleur provençale, une rusticité vaporeuse invitant à l’introspection personnelle.

Studio Quetzal, C.H.0.0.1. ©M.P.

Paul Brisonnet et Alexandre Benjamin Navet, Karesansui

Paul Brisonnet et Alexandre Benjamin Navet, Karesansui ©M.P.

Karesansui est un terme japonais signifiant « jardin sec ». Un jardin dans lequel l’eau circule dans une rigole évoquant les jardins extérieux, où il reste emprisonné dans la matière mais où le minéral et le végétal invitent au repos et à la quiétude. Cet univers contemplatif a été crée par les designers Paul Brissonnet et Alexandre Benjamin Navet. Les lauréats  du Grand Prix du Jury -Van Cleef & Arpels lors de  Design Parade Toulon en 2017  occultent les murs et les séparations. Le projet se veut une expérience méditative où l’hôte se recueille devant l’oeuvre d’art et la beauté de l’artisanat. Aucun signe chromatique ne vient troubler cette quiétude apportée par l’essence-même des matériaux.

Miroir par Blackbody©M.P.

Plus d’infos sur les designers:

Joachim Jirou-Najou ici

Superpoly ici

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto ici

Studio Quetzal ici

Paul Brisonnet ici et Alexandre Benjamin Navet ici