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Design Parade Hyères : une 13ème édition autour du design responsable

Quand on visite la Villa Noailles et qu’on découvre son architecture moderne et innovante, on peut être surpris d’y trouver au sous-sol, une architecture plus classique constituée de trois salles voûtées disposées en enfilade. Ces salles appartenaient à l’ancien couvent du Clos Saint-Bernard qui existait à la construction de la maison et l’architecte Robert Mallet-Stevens décida de les intégrer à son projet de villa.

Si du temps des Noailles ces salles formaient leur salon de réception, elles sont aujourd’hui dédiées aux expositions temporaires et festivals qui se déroulent toute l’année dans ce centre d’art. Depuis fin juin et jusqu’au 30 septembre 2018, elles accueillent les dix finalistes du festival Design Parade Hyères qui fête sa 13ème année. Un festival qui a pour but de découvrir et de promouvoir de jeunes créateurs. Un concours s’est déroulé du 29 juin au 1er juillet 2018 à l’issue duquel plusieurs prix ont été remis. Nous pouvions remarquer que cette édition était placée sous le signe d’un design durable, où les designers ont questionné l’écologie et l’impact des activités humaines sur notre environnement.

Le Grand Prix Design Parade Hyères est doté d’un séjour de recherche d’un an à Sèvres-Cité de la Céramique, d’un séjour de recherche d’un an au Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques de Marseille (CIRVA) pour la réalisation d’un vase en trois exemplaires, une exposition personnelle à la Villa Noailles lors de la 14e édition de Design Parade Hyères, un workshop offert par Vitra au Domaine de Boisbuchet, un livre offert par Phaidon et la participation au concours en tant que membre du jury pour l’édition 2019 de Design Parade Hyères. Ensuite, le Prix Sammode, nouveauté cette année, est doté d’une bourse de recherche et de création autour de la lumière d’un montant de 5000 euros, ainsi que d’un support technique des équipes Sammode, un projet présenté lors de Design Parade 2019. La Mention Spéciale Eyes on Talents x Frame récompense l’excellence du design et l’innovation du projet du lauréat et le fera bénéficier d’une communication auprès des marques membres et la communauté Eyes on Talents et dans le magazine Frame. Enfin, le Prix du Public de la Ville de Hyères récompense le choix des visiteurs.

Grand Prix du Jury 2018: Sara de Campos, Uva. Ce design industriel est dédié à faciliter la récolte du raisin, en respectant l’ergonomie des travailleurs ainsi que la bonne conservation des grappes.

Mention spécial du jury: Alex Sizemore & Hank BeyerFor the Rest of Us. 

Une proposition de design plus expérimental où l’esthétisme est travaillé sur certains objets du quotidien comme l’ordinateur. Ils imaginent qu’ils puissent être fabriqués par des artisans et avec les ressources terrestres disponibles sur place.

Mention Spéciale Eyes on Talents X Frame: Loïc Bard, Bone. Le designer crée un mobilier aux lignes douces et sensuelles sans qu’aucune arête ne vienne briser l’interaction entre l’objet et l’utilisateur. Les formes sont une évocation du corps humain.

Prix du Public : Camille Viallet & Théo Leclercq, La Cité. Le duo de designers français ont travaillé sur la manière dont les designers peuvent  intervenir dans l’espace public. L’objet le plus symbolique est le banc, qu’ils retravaillent de manière plastique en offrant diverses possibilités amenant au regroupement, à la rencontre et à la discussion.

Anaïs BorieL’épopée de Prométhée . Elle utilise le mythe de Prométhée comme la métaphore du rapport de l’être l’humain à la science en fusionnant des éléments issus de la statuaire grecque avec des objets modernes et techniques.

Marie Cornil, Le Jaspé, Tapisserie . La designer utilise le jaspé, un artisanat traditionnel des faïenciers d’Apt dans le Vaucluse, et la tapisserie pour créer des objets résolument modernes dans les couleurs et par leurs formes mouvantes.

Alexandre WillaumeLa Station . Le designer conçoit un espace modulable, adaptable et unique complètement dépouillée pour ne garder que la structure purement fonctionnelle des choses.

Pablo Bras, Réseaux Disponibles. Matériaux rustiques et technologies contemporaines sont combinés afin de démocratiser intelligemment les énergies et en faciliter l’emploi.

Tom Chung, Piton . Le piton d’escalade est détourné de sa fonction première pour devenir un objet pluriel, simple, ergonomique et pouvant être recyclé.

Julien ManairaThe Once Liquid Plastic . Il travaille la résine époxy liquide qu’il manipule et déverse couches après couches afin de fabriquer les objets souhaitées. Un mobilier conçu manuellement sans l’aide de moules.

Autres expositions visibles:

Philippe Malouin, président du jury, 10 Years, exposition sur les 10 ans de création de son studio londonien.

Carolien Niebling, Grand Prix Design Parade 2017, résidences au CIRVA et à la Manufacture de Sèvres, La Beauté des Plantes Aquatiques

Arthur Hoffner, Prix du Public Design Parade 2017, Le Cours de l’Eau

François Passolunghi, Savoir-Faire Régional: Mobilier en moelle de rotin

Picasso / Noailles: Trajectoires. Article ici

Hôtel La Reine Jane, 14 Chambres, 14 designers, la commande d’exception d’un hôtel du port de l’Ayguade à Hyères.

Xénia Laffely, I’m not the person you think Iam, but I don’t know who I am.

Et toujours la boutique mise en scène par Vincent Darré et Matthieu Cossé

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 30 septembre 2018
Design Parade Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Ouvert du mercredi au lundi de 14h à 19h, le vendredi de 15h à 21h
Fermé le mardi et les jours fériés.
Entrée libre
Plus d’informations ici

Clara Luciani irradie de sa voix, les festivals de l’été

C’était la belle surprise de ce printemps. Dans les bacs sortait « Saint Victoire » le premier album de la jeune marseillaise Clara Luciani, après un EP diffusé l’an passé. Sa voix ne nous est pas inconnue puisqu’elle était membre du groupe La Femme, cet ovni musical français.

C’est avec un premier single que l’on découvre Clara Luciani. « La Baie » est une excellentissime reprise de Metronomy, titre tout aussi puissant que le groupe britannique nous avait fait le plaisir de sortir en 2011. A partir de là, une fois que l’oreille est accrochée, on ne peut que se décider à écouter l’album dans son intégralité. C’est le premier titre « La Grenade », qui nous fait comprendre que la reprise « La Baie » n’est pas un bien heureux accident. Au fil des pistes, la voix grave et chaude de Claire Luciani se dévoile un peu plus et sa tessiture nous enveloppe…
C’est sans conteste, l’album qui accompagnera notre été 2018 ! Car même si il a été écrit sur un chagrin d’amour, on assiste ici à une renaissance et à une célébration d’une « Victoire ».

Si vous êtes en Belgique ou en Suisse pour ce mois d’août, elle sera le 15 Août au Brussels Summer Festival, le 26 au Festival Les Solidarités de Namur et enfin le 30 elle sera à Bulle, Suisse.

Pour consulter le calendrier de sa tournée :
https://www.difymusic.com/clara-luciani

La Maison Guerlain et la Photographie fêtent leurs 190 ans

On avait déjà pu apprécier, l’été dernier, l’écrin si singulier que la maison Guerlain offrait à la photographie pour le plus grand bonheur des visiteurs venus du monde entier déambulant sur la célèbre avenue. Elle proposait, dans la boutique des Champs Elysées une sélection d’oeuvres issues des collection de la Maison Européenne de la Photographie choisies par le personnel féminin de la marque.

Pour fêter ses 190 ans, Guerlain invite de nouveau le médium en ses murs.

Autour de 8 parfums phares, huit photographes ont réinterprété les fragrances et composé leur oeuvres en s’inspirant des pratiques et techniques contemporaines des icônes de la Maison.
Ainsi, Joan Foncuberta s’improvise enquêteur et propose une rencontre inédite entre Daguerre et Pierre-François-Pascal Guerlain, fondateur de la maison quand Vasantha Yogananthan inspiré par Shalimar s’inspire des tirages peints des années 20.
Dans le bel escalier qui mène au salon, c’est un grand portrait de Delphine Diallo qui invite à se laisser transporter dans l’univers de la maison de parfum tout autant que dans celui des artistes.

Car c’est bien un voyage que Guerlain vous propose: un voyage à travers le temps et l’évolution des techniques, à travers les différents pays qui ont inspiré les parfum de la Maison.

INFORMATIONS PRATIQUES
CXC
Echos contemporains
La Maison Guerlain et la Photographie fêtent leurs 190 ans
Jusqu’au 26 août 2018
Maison Guerlain
68, avenue des Champs-Élysées
75008 Paris
https://www.guerlain.com/fr/fr-fr/maison-guerlain

La Playlist de Philippe et Marion Jacquier : Sibusile Xaba

Pour leur dernier jour de carte blanche, nos invités de la semaine Philippe et Marion Jacquier, de la galerie Lumière des Roses, partagent avec nous leur playlist musicale qui n’est autre que l’intégralité de l’album « Open Letter to Adoniah » de Sibusile Xaba !

A guetter lors de son prochain passage parisien !

Carte blanche musicale de Philippe et Marion Jacquier

Pour leur troisième carte blanche, nos invités de la semaine Philippe et Marion Jacquier, de la galerie Lumière des Roses, nous parlent de musique. Et plus particulièrement de la nouvelle scène jazz sud-africaine…

Le frère de Philippe est DJ à CapeTown. Il m’informe régulièrement sur la nouvelle scène jazz en Afrique du Sud. Dernière grande découverte lors du festival Banlieues bleues en Seine-Saint-Denis : SIBUSILE XABA, le nouveau messie du jazz et du folk de la nation arc-en-ciel. (Rendez-vous demain pour découvrir la playlist).

https://www.facebook.com/voomvoommusic

Carte blanche musicale à Daniel Templon

Si l’on me demande ce que j’aurais aimé faire d’autre que le métier de galeriste, ma réponse est sans hésiter : architecte ou chef d’orchestre. Construire, créer, diriger, faire surgir de l’ordre, de l’harmonie, de la beauté.  J’ai toujours eu cette fascination pour le chef d’orchestre « rien dans les mains, rien dans les poches, tout dans la tête », et simplement d’un geste et d’un regard il produit ce qui peut s’appeler l’émotion suprême.  A défaut d’être devenu chef d’orchestre, la musique  m’accompagne presque quotidiennement.

Ma première passion, avant la découverte de la peinture, c’était la musique. Le jazz dès l’âge de quatorze ans, puis la musique contemporaine, suivie de peu par la musique classique. J’ai aimé passionnément le jazz. Avec mon argent de poche, j’allais aux concerts à l’Olympia. J’ai vu Duke Ellington, Count Basie, Ray Charles, John Coltrane, Sonny Rollins, Cecil Taylor, Thelonious Monk. J’attendais les artistes à la sortie pour qu’ils me signent un autographe. J’étais même abonné à la revue mensuelle américaine Downbeat. Il y avait une émission sur Europe no 1, le dimanche soir, animée par Frank Ténot et Daniel Filipacchi, « Pour ceux qui aiment le jazz ». Il fallait reconnaître le nom des musiciens dont on passait les disques, ce qu’on appelle le blind test. Outre le fait que j’avais une bonne oreille, grâce aux informations fournies par Downbeat, je trouvais souvent la réponse avant tout le monde. Je gagnais des disques. J’ai même été invité un soir à Europe no 1 par les deux animateurs. Et puis j’ai découvert la musique contemporaine. Boulez régnait en maître à l’époque. Il avait créé le Domaine musical. Pendant des années, tous les dimanches, j’ai écouté « La Tribune des critiques » sur France Musique. On peut dire qu’Antoine Goléa, Armand Panigel, Jacques Bourgeois, Jean Roy m’ont appris la musique classique. Puis ce fut l’opéra. Le premier que j’ai vu de ma vie en 1973, seul – et à trois reprises ! –, fut le Parsifal dirigé par Horst Stein au palais Garnier, mis en scène par August Everding. Ce fut une révélation. J’ai été fasciné. Je le suis toujours. Parsifal c’est le sommet de l’art lyrique, le testament de Wagner. Depuis, je vais voir tout ce que je peux, avec la même passion, à Paris, mais aussi à New York, Salzbourg, Aix, Milan, Berlin et bien sûr Bayreuth.

Pour rien au monde je n’aurais raté le centenaire à Bayreuth en 1976, l’année du Ring de Chéreau et Boulez. Ce fut un des plus beaux moments de ma vie, et quand je regarde aujourd’hui à la fin du Crépuscule, la scène de l’immolation de Brunehilde (chantée par Gwyneth Jones) et l’embrasement de Walhalla, j’en frissonne encore. Bayreuth reste le lieu magique où ceux qui aiment l’opéra rêvent d’aller encore et toujours.

Peinture et musique, chez moi, ces deux passions, ces deux pulsions, scopique et phonique, s’entremêlent. Non que je pense à Courbet lorsque j’écoute La Mer de Debussy ou à Guernica avec Le Sacre du printemps, mais s’installe une émotion de même intensité, de même registre. Pleurer sur Isolde ou rester en arrêt comme fasciné devant La Tempête de Giorgione, la Bataille de San Romano de Paolo Uccello ou un triptyque de Bacon : ce sont les mêmes cordes qui vibrent. Quel bonheur d’être seul dans sa voiture avec France Musique ou des CD… Si toutes les époques et tous les styles me touchent, de Monteverdi à Messiaen, de Scarlati à Berg en passant par Mozart, Beethoven et Strauss, en plaçant en avant, comme le « père » de tous, Jean-Sébastien Bach, la forme que j’aime le plus, c’est l’opéra. Et comme dans mon métier de galeriste, je ne pratique pas d’exclusive : on peut aimer Bach en se réveillant, Mozart dans la matinée, Beethoven ou Messiaen dans l’après-midi, Verdi le soir, Debussy ou Fauré avant d’aller dormir… et Wagner tout le temps.

La Playlist de Selma Bella Zarhloul

Pour cette dernière journée de carte blanche, notre invitée de la semaine, Selma Bella Zarhloul, curatrice indépendante, partage avec nous sa playlist pour préparer votre été en beauté !

Pour la route, tout l’album Nebraska de Bruce Sprinsgteen mais s’il fallait en choisir une, State Troopers

Si vous ne savez pas quoi lire :
The booklovers de The Divine Comedy

Pour muscler votre mémoire, oubliez mots croisés et sudoku, révisez votre alpahabet:
Alphabet Lyrics de Blackalicious

Si vous vous apprêtez à prendre la mer :
Will there be enough water de The Dead Weather

Pas d’idées pour le barbecue? :
Mr Chicken de Deluxe

Repu, vous prendrez bien un verre sous les cocotiers :
A Felicidade de Vinicius de Moraes, Maria Creuza y Toquihno

N’oubliez pas d’aller admirer le jardin :
Meet me in the garden de Dent May & His Magnificent Ukulele

Pour éliminer les chips, le rosé, les cacahuètes, le saucisson….
Are you gonna be my girl ? de Jet

Pour une danse à deux sous les étoiles :
Lucky Guy de Rickie Lee Jones

Un dernier verre avant de reprendre la route
One bourbon, one scotch, one beer de John Lee Hooker

 

Carte blanche de Selma Bella Zarhloul : Jack White

Aujourd’hui, notre invitée de la semaine, Selma Bella Zarhloul, curatrice indépendante partage avec nous un de ses coups de cœur musicaux avec Jack White qui a sorti cette année son nouvel album « Boarding House Reach ».

J’aime le rock’n’roll, l’idée du rock’n’roll, et son esthétique. Depuis deux ans, je rassemble à ce sujet des images, des textes, des paroles de chansons en vue d’un projet d’exposition dont la forme est encore à trouver. La photographie est un formidable vecteur de changements sociétaux et on ne l’utilise pas assez dans le champ de l’art de cette façon. Selon moi, la photographie raconte une société avant d’être une image et on a tendance à l’oublier pour ne retenir que l’icône. Le rock’n’roll depuis sa naissance jusque aujourd’hui a favorisé, et contribué à l’émergence d’un style de vie. La permanence et l’inscription de ce style de vie dans le paysage humain du vingtième siècle permet de comprendre beaucoup de choses, de comportements, d’idéaux.

J’en viens donc à mon choix musical, qui s’incarne en la personne de Jack White.
J’admire cet homme pour ce qu’il accomplit avec détermination et élégance. D’abord fondateur et leader de The White Stripes, puis membre de The Raconteurs, il crée ensuite The Dead Weather (ma formation préférée), et ajoute une carrière en solo. Batteur et guitariste virtuose, producteur de talent, entrepreneur de génie, musicologue, esthète, dandy… généreux, curieux de la musique folk et blues, il exhume des morceaux et des artistes oubliés ou méconnus.
Il revendique de n’utiliser aucun outil digital pour composer, enregistrer et jouer dans son fief de Nashville (Third Man records) où il a son studio d’enregistrement, un magasin et une scène de concert de façon à être complètement autonome et indépendant et surtout maîtriser toute la chaîne de production. `

Et pour entretenir la flamme, contrer l’ennui et parmi ses petites folies :
Il s’est amusé a tenter de battre le record du disque le plus rapidement sorti au monde. Lors de sa dernière tournée en solo, il tournait avec deux groupes de musiciens, l’un masculin, l’autre féminin. Il choisissait le jour même quelle formation serait sur scène le soir.
bon, vous l’aurez compris, j’ai semé l’objectivité quelque part en route mais tout de même… Et, last but least, Jack White aime la photographie. C’est donc naturellement que Third Man Records a collaboré avec The Impossible Project (Polaroid maintenant) pour une édition particulière de couleur jaune et noire au rendu étrange. Plus disponible hélas.
Reste la musique pour se consoler.

Mes albums favoris : Horehound de The Dead Weather, Under the great northern light (Live) des Whites Stripes, et Lazaretto de Jack White.

http://jackwhiteiii.com

5 Rooms : la rencontre réussie du design et de l’artisanat

Au détour d’un sentier verdoyant, traversé par une rivière, se dévoile le Moulin des Ribes. Ce mas de pierre, construit dans un écrin naturel, à quelques kilomètres du centre de Grasse invite chaque hôte à la contemplation et au repos. Propriété de Silvia Fiorucci-Roman, mécène et chevalier de l’Ordre du Mérite Culturel Monégasque, le Moulin des Ribes est voué à devenir un lieu de résidence et deworkshop. Mais il est déjà un lieu dédié à la création et une ode aux savoirs-faire à travers le projet 5 rooms: l’aménagement de cinq chambres par cinq designers, un projet mené en partenariat avec la Villa Noailles- Centre d’Art à Hyères. Chaque chambre a été entièrement relookée: du lit à la salle de bains, en passant par le linge de lit, le mobilier et les objets. Inspirés par les matériaux, les couleurs, l’atmosphère du lieu, chaque designer a apporté la singularité de son travail. Verrerie de Biot, Poterie Ravel, textile, miroiterie, sol, robinetterie…Chaque projet puisse dans les savoirs-faire locaux et internationaux afin de porter la beauté de la création à son plus pur summum. Le projet sera présenté lors de la 3e Design Parade Toulon qui démarre le jeudi 28 juin 2018. Nous vous présentons dès à présent le résultat de ce magnifique projet.

Entre vues, Joachim Jirou-Najou ©M.P.

Né en 1980 et diplômé de l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims ainsi que de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Joachim Jirou-Najou conçoit du mobilier aux lignes pures et essentielles où la simplicité de la forme répond aux besoins quotidiens des usagers. Le designer prend en compte la légèreté des matériaux et respecte la fonctionnalité de chaque objet. Les couleurs délimitent les espaces, l’environnement joue sur les surfaces pleines et vides et l’hôte est invité à s’approprier cette pièce. Il était en compétition pour l’édition 2003 de Design Parade Hyères et enseigne depuis 2013 à l’École Supérieure d’Art et de Design d’Orléans.

©M.P.

Superpoly, Superposé

Superposé, Superpoly ©M.P.

Superpoly® est le nom d’un jeu de société mais aussi celui d’un duo de designers composés de Thomas Defour et Antoine Grulier dont l’univers créatif se veut coloré et ludique. Cette chambre à l’esprit enfantin se dévoile comme une explosion polychrome dont la tonalité varie du pastel au fauve. Leur projet touche chaque détail de la chambre et de la salle de bains attenante. Céramique, verrerie, textile, rien n’a échappé à la gaieté des deux designers qui suivent leurs réalisations avec une extrême rigueur. En effet, tous les éléments ont été fabriqués dans leur atelier situé à Hyères. Cet univers immersif abstrait nous transportant dans une autre dimension est la signature de ce duo qui a été récompensé en 2016 du Prix du Public et de la Ville de Toulon ainsi que d’une Mention spéciale du Jury lors de la Design Parade Toulon .

Verrerie de Biot, design Superpoly ©M.P.

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto, Petali

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto, Petali ©M.P.

Il y a des aménagements qui se passent de commentaires tant nous sommes submergés par la beauté . Petali est un magnifique projet, plein de grâce et d’apesanteur poétique. L’atelier Zanellato/Bortotto est né en 2013 du duo Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto. Ces deux designers italiens ont étudié le design industriel à l’Université de Venise avant de suivre un master en design de produit à l’Ecole Cantonnale d’Art de Lausanne. Leurs différents projets s’inspirent de l’histoire environnante. Petali est un hommage à la ville de Grasse, capitale du parfum. Miroir en verre de Murano, luminaires en rotin produites par François Passolunghi, mobiliers épurés laissant passer la lumière, l’espace intérieur s’articule sur une gamme limitée de couleurs que l’éclairage vient sublimer.

Verre de Murano et carrelage de Christian Pegoraro ©M.P.

 Studio Quetzal, C.H.0.0.1.

Studio Quetzal, C.H.0.0.1. ©M.P.

Le projet de Studio Quetzal capte divinement la lumière naturelle. Le trio, fondé en 2015 et formé parLouise Naegelen, Adrien Gadet et Benjamin Lina, a été primé du Grand Prix du Jury Van Cleef  & Arpels de la Design Parade de Toulon en 2016. Leur concept associe architecture d’intérieur, design d’objet et éclairage afin de concevoir l’espace comme une unité. Authenticité et respect des matériaux seraient ce qui caractérise la chambre « C.H.0.0.1. ». La matière brute des briques de terre de Salernes contraste avec la ligne limpide de la verrerie, une utilisation évoquant l’architecture-même du Moulin des Ribes. Les tons cuivrés évoquent la chaleur provençale, une rusticité vaporeuse invitant à l’introspection personnelle.

Studio Quetzal, C.H.0.0.1. ©M.P.

Paul Brisonnet et Alexandre Benjamin Navet, Karesansui

Paul Brisonnet et Alexandre Benjamin Navet, Karesansui ©M.P.

Karesansui est un terme japonais signifiant « jardin sec ». Un jardin dans lequel l’eau circule dans une rigole évoquant les jardins extérieux, où il reste emprisonné dans la matière mais où le minéral et le végétal invitent au repos et à la quiétude. Cet univers contemplatif a été crée par les designers Paul Brissonnet et Alexandre Benjamin Navet. Les lauréats  du Grand Prix du Jury -Van Cleef & Arpels lors de  Design Parade Toulon en 2017  occultent les murs et les séparations. Le projet se veut une expérience méditative où l’hôte se recueille devant l’oeuvre d’art et la beauté de l’artisanat. Aucun signe chromatique ne vient troubler cette quiétude apportée par l’essence-même des matériaux.

Miroir par Blackbody©M.P.

Plus d’infos sur les designers:

Joachim Jirou-Najou ici

Superpoly ici

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto ici

Studio Quetzal ici

Paul Brisonnet ici et Alexandre Benjamin Navet ici