Archives de catégorie : #Cinema

Carte Blanche : La Vidéothèque de Carine Dolek

Pour cette troisième carte blanche, notre invitée de la semaine, Carine Dolek, co-fondatrice et membre du comité artistique du festival Circulation(s) dédié à la jeune photographie européenne partage avec nous ses films coups de cœur !

FENSTER ZUM SOMMER Fenster zum sommer (une fenêtre sur l’été) , 2011, Hendrik Handloegten

Une femme se réveille un matin, et l’homme qu’elle aime ne la reconnaît plus, n’a jamais été dans sa vie. Que faire? Quelle est la part de volonté et de destin?
Un bijou

Simon Konianski, 2009, par Micha Wald

Mes parents sont polonais. Je n’ai jamais autant rit en ayant l’impression qu’on me raconte ma propre famille. Tout y est.

Vampires, 2010, Vincent Lannoo

Je ne me lasse pas des films sur la monstruosité/la normalité. Ni du cinéma belge. Alors quand il y a les deux…

La merditude des choses, 2009, Felix Van Groeningen

La famille. En faire partie, puis grandir.

Animal Kingdom, 2010, David Michôd

Le vrai film de mafieux, dans le sens où personne n’est glamour, et la violence retournée sans remords contre les siens, éclatant puissamment le mythe de la famille plus forte que tout distillé depuis le Parrain.

Michael Haneke, surtout Benny’s video et Caché

https://www.youtube.com/watch?=Q4cYiBPPSQg

Un polémiste qui pose des questions difficiles. Benny’s video, un ado qui devient un assassin par hasard, et dont les parents dissimulent le crime, et Caché, ne serait-ce que pour sa magistrale séquence de début et son sujet peu traité aussi finement, la culpabilité.

Le mépris, 1963, JL Godard

Je suis accro à Moravia.

Uxbal va mourir. Tout se ligue contre lui, et il se bat pour faire le bien, pour être juste, pour aimer.
Tout Innaritu, depuis 21 grammes et Amores Perros à Babel et Biutiful. Tout.

Jacques Audiard : Sur mes lèvres (2001) et De battre mon coeurs s’est arrêté

Des personnages qui finissent par devenir eux-mêmes.

Intimité, Patrice Chéreau

La chair. Le désir. Le sans importance qui devient primordial. « Maybe you give her a lot »

In the mood for love, 200, Wong Kai Wai

La leçon d’amour et de sensualité, dans les vapeurs des soupes à emporter et les glissements des robes fendues en soie.

Le grand embouteillage , 1979, Luigi Comencini

Coincée sur par oute dans un embouteillage, c’est toute la société italienne des 70’s

Exit through the gift shop, 2010, Banksy

Qui est Banksy?

Affreux, sales et méchants, Ettore Scola,

La misère la plus crasse, physique et morale, dans un bidonville de Rome, une famille dysfonctionnelle, conséquence d’une société dysfonctionnelle. « La famille c’est comme les godasses, plus qu’ elles vous serrent, plus qu’ elles vous font mal »

Blair Witch Project, 1999, Daniel Myrick et Eduardo Sanchez

Une idée simple, pour un budget ridicule, un lancement génial, les gens croient encore à l’existence de la sorcière et à la mort de l’actrice principale!

Clerks, 1994, Kevin Smith

Jay et Silent Bob! Kevin Smith pour toujours. Ses conférences sont des merveilles d’acuité et d’ironie.

Roman Polanski, La vénus à la fourrure, 2013

Une actrice passe un casting.

Les frères Cohen. Tout.

JC comme Jésus Christ, Jonathan Zaccai, 2012

Un ado est un réalisateur surdoué est un ado est un réalisateur surdoué

Coby de Christian Sonderegger, un documentaire au coeur de la transexualité

Cette semaine, pour sa recommandation ciné, Mowwgli vous propose de découvrir Coby, un film documentaire sur la transformation d’un jeune homme transexuel, réalisé par Christian Sonderegger qui sort ce jour dans les salles.

Dans un village au cœur du Middle-West américain, Suzanna, 23 ans, change de sexe. Elle devient un garçon : Coby. Cette transformation bouleverse la vie de tous ceux qui l’aiment. Une métamorphose s’opère alors sous le regard lumineux et inattendu du réalisateur.

FILM
Coby
Christian Sonderegger
Documentaire
Durée : 78 minutes

Auzat l’Auvergnat, un documentaire d’Arnaud Fournier Montgieux

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir « Auzat l’Auvergnat », un documentaire signé du réalisateur français Arnaud Fournier Montgieux, qui sort en salle aujourd’hui !

Touché par la découverte d’images tournées par son grand-père dans les années 60 à Auzat, un petit village auvergnat, le réalisateur est saisi par l’envie d’un retour aux racines. À son tour, 50 ans plus tard, il se munit d’une caméra et part  à la rencontre des  femmes et des hommes qui donnent vie à Auzat aujourd’hui. Il y est  accueilli par Bernard, paysan à la retraite qui a bien connu sa famille. Il découvre un village transformé, riche de diversité, et qui tente de répondre aux défis de notre temps, tout en préservant la  richesse de son patrimoine naturel et culturel.

FILM
Auzat l’Auvergnat
un documentaire d’Arnaud Fournier Montgieux
Sortie le 21 mars 2018
Durée : 70 minutes

America, Que reste t-il du rêve américain ? de Claus Drexel

Cette semaine, pour notre recommandation cinéma, nous vous proposons le documentaire « America – Que reste t-il du rêve américain ? » signé Claus Drexel, qui sort aujourd’hui dans les salles françaises.

« America » est une plongée vertigineuse au coeur de l’Arizona, à la rencontre des habitants d’une petite ville traversée par la Route 66, les héritiers cabossés du rêve américain qui nous livrent leurs espoirs et leurs craintes.

FILM
America
Que reste t-il du rêve américain ?
Claus Drexel
Documentaire
Durée 1h22
Claus Drexel

Sortie d’Il Figlio, Manuel de Dario Albertini

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir le film « Il Figlio, Manuel » du réalisateur italien de Dario Albertini qui sort ce jour dans les salles françaises.

Manuel vient d’avoir 18 ans. Il est temps pour lui de quitter le foyer pour jeunes dans lequel il a vécu ces dernières années, depuis l’incarcération de sa mère. Mais la liberté retrouvée a un goût amer. Errant dans les rues de son quartier en banlieue de Rome, Manuel tente devenir un adulte responsable. Pour que sa mère obtienne l’assignation à résidence, il doit prouver aux autorités qu’il peut veiller sur sa elle. Manuel pourra-t-il aider sa mère à retrouver sa liberté sans perdre la sienne ?

FILM
Il Figlio, Manuel
Réalisé par Dario Albertini
Durée : 1h37
Sortie en salle le 7 mars 2018

Lady Bird de Greta Gerwig

Cette semaine notre recommandation cinéma se porte sur une comédie dramatique qui sort ce jour dans les salles : il s’agit de Lady Bird réalisé par l’américaine Greta Gerwig.

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

FILM
Lady Bird
Greta Gerwig
Durée : 1h34
Avec : Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts

Tod Browning, Le maître du Bizarre à la Cinémathèque

La Cinémathèque rend hommage au maître du bizarre. L’exposition rétrospective est consacrée au réalisateur, scénariste et producteur américain Tod Browning qui sera longtemps associé à Dracula, dont le succès initia l’âge d’or du cinéma fantastique américain. C’est la redécouverte de Freaks et des films muets tournés avec Lon Chaney qui révéla un cinéma sauvage, archaïque et cruel.

Non Réconcilié

Le monde de Tod Browning a pour origine le carnival et ses sideshows, baraques en marge des chapiteaux de cirque promettant merveilles et épouvantes. À seize ans, il y côtoya les futurs personnages de Freaks : nains et lilliputiens, hommes-troncs, microcéphales, hermaphrodites et femmes-oiseaux (voir les photos du casting dans le diaporama). Parmi ces phénomènes se glissaient des hommes tatoués, de supposés « sauvages » capturés dans des îles lointaines, des fakirs et des sirènes. Ces derniers, qui ne souffraient d’aucune pathologie, étaient des performers meurtrissant leurs chairs, s’imposant de douloureuses contorsions ou passés maître dans l’art des postiches. Pour tous, freaks et comédiens, trouver refuge au cœur de la marginalité bohémienne permettait d’échapper à la pauvreté de l’Amérique en crise, aux asiles psychiatriques, à l’exclusion ou tout simplement à l’ennui. Faire planer l’ombre sinistre des comprachicos et lancer des maléfices gitans était une autre façon de se protéger. Tod Browning fut bonimenteur, clown, blackface et même « enterré vivant ». La porosité entre le monde des cirques et vaudevilles et celui du cinéma lui permit en 1913 de débuter comme acteur par l’entremise de Griffith, puis de devenir réalisateur. De ses premières années à Hollywood, le film le plus connu est la comédie The Mystery of the Leaping Fish (1915) où Douglas Fairbanks interprète « Coke Ennyday », un détective drogué et survolté.

Pas encore policé par les ligues de vertu, Hollywood était alors le repaire de personnalités excentriques, comme Erich von Stroheim, le fétichiste prussien portant minerve et monocle, ou Buster Keaton, burlesque impossible au corps à toutes épreuves. Un des phénomènes de l’époque était Lon Chaney, pionnier du maquillage, célèbre pour changer de visage, de race et parfois de sexe à chaque film et imiter les infirmités les plus extrêmes. Première star du cinéma d’horreur, Chaney donna des interprétations spectaculaires de Quasimodo (Notre-Dame de Paris, Wallace Worsley, 1923) et Erik (Le Fantôme de l’opéra, Rupert Julian, 1925), mais ce fut Browning qui l’entraîna dans un territoire inconnu, au-delà même du maquillage. Il en fit un corps théorique capable de moduler son anatomie et même de soustraire certains de ses membres. Dans L’Oiseau noir (1926), il est un vicaire aux jambes paralysées en un angle atroce. Dans À l’ouest de Zanzibar (1928), un magicien qui rampe sur le sol comme une limace, traînant derrière lui ses membres sans vie. Dans L’Inconnu (1927), sommet de leur collaboration, il interprète Alonzo, un faux manchot se dissimulant dans un cirque pour échapper à la police. Il y a cette scène où utilisant machinalement ses pieds pour allumer une cigarette, il regarde avec terreur ses bras inertes dont il a oublié de se servir. Chaney atteint le moment impossible, véritable trou noir, où son propre corps lui devient étranger et littéralement inconnu. Cette rupture à l’intérieur du personnage, avant même la mutilation irrémédiable, lui fait franchir la ligne séparant l’homme de son dissemblable : le freak.

La terreur que travaillait Browning passait par la désarticulation de l’anatomie humaine, les scénarios de mutilation et une sexualité tortueuse et masochiste. Des images aussi hallucinées que Joan Crawford en femme au fouet, cinglant des chevaux sur le point de démembrer un hercule de foire (L’Inconnu), n’avaient plus leur place dans les films d’horreur du début du parlant. Rien de commun entre le lumpen du monde forain et Dracula, aristocrate maléfique venu d’un pays lointain. Paradoxalement, ce fut son peu d’intérêt de Browning pour le surnaturel qui fit la réussite de son Dracula. Les pouvoirs du vampire étaient minorés pour ne garder qu’une figure opaque : un Rudolph Valentino dark aux appétits contre natures. Chez Browning, Dracula était d’abord un dandy fardé, en frac et haut de forme, qui boit le sang d’une petite marchande de fleurs avant d’entrer à l’opéra. Dans cette Angleterre de studio, peuplée de jeunes premiers insipides, Lugosi, par la lenteur hypnotique de son jeu et ses gestes fascinants, demeure la seule présence tangible d’un monde déjà exsangue. Si en 1935 La Marque du vampire (remake du film perdu London after Midnight interprété par Chaney) surpasse Dracula, c’est parce que, entre-temps, Lugosi était devenu une icône hiératique mais surtout un phénomène du cinéma. À ses côtés, se tenait une autre énigme : Caroll Borland, adolescente fanatique de l’acteur dont ce fut le seul rôle. Le Comte Mora et sa fille Luna, liés par un secret incestueux, n’étaient pourtant pas de vrais vampires mais des comédiens tentant de confondre un criminel. Leurs pouvoirs, dépassant ceux de Dracula, n’étaient que des trucs de théâtre. Cependant, même après cette révélation, un mystère demeurait : pourquoi, à l’abri des regards, persistaient-ils à jouer leurs rôles comme des somnambules ? Comme au carnival, c’était dans l’indécidable que résidait le monde poétique, ce rêve de vampire où marchaient Bela Lugosi et Caroll Borland.

Les figures éthérées de La Marque du vampire étaient comme le songe d’un cinéaste sur le point de se retirer du monde. La rupture avait eu lieu quelques années auparavant avec Freaks (1932), film impensable, censuré et mutilé, qui laissa Browning aussi brisé que les personnages interprétés par Chaney. Si on l’a surnommé l’« Edgar Poe du cinéma », c’est du côté de Hop-Frog, le bouffon difforme qui fait flamber ses persécuteurs, qu’il faut le chercher. Lorsqu’il filme comme un mélodrame sec la rupture entre les lilliputiens Hans et Frida, le cadre est précisément ajusté à leur échelle. Les intrus, ceux qui détruisent l’équilibre, sont Cleopatra et Hercules, dont la normalité ne sert qu’à assouvir les désirs matériels. Rarement un cinéaste aura rendu à ce point répulsive la peau d’une femme, pourtant blanche et sans défaut. Freaks advient depuis un monde à jamais non réconcilié, n’acceptant ni notre pitié ni notre compassion. Browning saisit sur le visage de Schlitzie le microcéphale, l’énigme de l’innocence elle-même. Et le plaisir qui illumine sur le visage d’une siamoise alors que c’est sa sœur que l’on embrasse. Et Johnny Eck dont le corps s’arrête aux hanches mais qui pourtant ne semble manquer de rien. Ce qui provoqua le scandale était la vision de créatures dont les amours trop évidentes, la dignité et la colère, dérangeaient l’Amérique hygiéniste. Plus dangereux encore, Freaksremettait en question le droit du plus fort au cœur d’un pays inégalitaire. Toutes les minorités, les parias et les marginaux pouvaient alors s’approprier la devise des monstres : « En blesser un, c’est les blesser tous. »

Texte de Stéphane du Mesnildot

Découvrir le casting complet de Freaks (1932) :
http://www.cinematheque.fr/article/1179.html

INFORMATIONS PRATIQUES
Tod Browning
Du 14 Février au 4 Mars 2018
La Cinémathèque
51 Rue de Bercy
75012 Paris
http://www.cinematheque.fr

Moi, Tonya de Graig Gillespie

Aujourd’hui,pour notre recommandation ciné de la semaine, nous vous proposons « Moi, Tonya » du réalisateur australien Graig Gillespie qui sort ce jour dans les salles.

En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression.

FILM
Moi, Tonya
Réalisé par Graig Gillespie
Sortie le 21 février 2018
Durée : 2h

Bravo Virtuose de Lévon Minasian

Notre recommandation cinéma de la semaine est « Bravo Virtuose », une comédie noire du réalisateur arménien Lévon Minasian, en salle ce jour !

Arménie. Alik, 25 ans, musicien d’exception, membre d’un orchestre de musique classique prépare un grand concert. Tout bascule quand le mécène de l’orchestre est assassiné. Par un concours de circonstances, Alik se retrouve en possession du téléphone d’un tueur à gage nommé “Virtuose”. Il saisit cette opportunité, endosse l’identité du tueur, le temps de sauver l’orchestre de la faillite et protéger celle qu’il aime.

FILM
Bravo Virtuose
Lévon Minasian
Sortie en France le 14 février 2018
Durée : 1h30
Avec : Samuel Tadevosian, Maria Akhmetzyanova