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Design Parade Hyères : une 13ème édition autour du design responsable

Quand on visite la Villa Noailles et qu’on découvre son architecture moderne et innovante, on peut être surpris d’y trouver au sous-sol, une architecture plus classique constituée de trois salles voûtées disposées en enfilade. Ces salles appartenaient à l’ancien couvent du Clos Saint-Bernard qui existait à la construction de la maison et l’architecte Robert Mallet-Stevens décida de les intégrer à son projet de villa.

Si du temps des Noailles ces salles formaient leur salon de réception, elles sont aujourd’hui dédiées aux expositions temporaires et festivals qui se déroulent toute l’année dans ce centre d’art. Depuis fin juin et jusqu’au 30 septembre 2018, elles accueillent les dix finalistes du festival Design Parade Hyères qui fête sa 13ème année. Un festival qui a pour but de découvrir et de promouvoir de jeunes créateurs. Un concours s’est déroulé du 29 juin au 1er juillet 2018 à l’issue duquel plusieurs prix ont été remis. Nous pouvions remarquer que cette édition était placée sous le signe d’un design durable, où les designers ont questionné l’écologie et l’impact des activités humaines sur notre environnement.

Le Grand Prix Design Parade Hyères est doté d’un séjour de recherche d’un an à Sèvres-Cité de la Céramique, d’un séjour de recherche d’un an au Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques de Marseille (CIRVA) pour la réalisation d’un vase en trois exemplaires, une exposition personnelle à la Villa Noailles lors de la 14e édition de Design Parade Hyères, un workshop offert par Vitra au Domaine de Boisbuchet, un livre offert par Phaidon et la participation au concours en tant que membre du jury pour l’édition 2019 de Design Parade Hyères. Ensuite, le Prix Sammode, nouveauté cette année, est doté d’une bourse de recherche et de création autour de la lumière d’un montant de 5000 euros, ainsi que d’un support technique des équipes Sammode, un projet présenté lors de Design Parade 2019. La Mention Spéciale Eyes on Talents x Frame récompense l’excellence du design et l’innovation du projet du lauréat et le fera bénéficier d’une communication auprès des marques membres et la communauté Eyes on Talents et dans le magazine Frame. Enfin, le Prix du Public de la Ville de Hyères récompense le choix des visiteurs.

Grand Prix du Jury 2018: Sara de Campos, Uva. Ce design industriel est dédié à faciliter la récolte du raisin, en respectant l’ergonomie des travailleurs ainsi que la bonne conservation des grappes.

Mention spécial du jury: Alex Sizemore & Hank BeyerFor the Rest of Us. 

Une proposition de design plus expérimental où l’esthétisme est travaillé sur certains objets du quotidien comme l’ordinateur. Ils imaginent qu’ils puissent être fabriqués par des artisans et avec les ressources terrestres disponibles sur place.

Mention Spéciale Eyes on Talents X Frame: Loïc Bard, Bone. Le designer crée un mobilier aux lignes douces et sensuelles sans qu’aucune arête ne vienne briser l’interaction entre l’objet et l’utilisateur. Les formes sont une évocation du corps humain.

Prix du Public : Camille Viallet & Théo Leclercq, La Cité. Le duo de designers français ont travaillé sur la manière dont les designers peuvent  intervenir dans l’espace public. L’objet le plus symbolique est le banc, qu’ils retravaillent de manière plastique en offrant diverses possibilités amenant au regroupement, à la rencontre et à la discussion.

Anaïs BorieL’épopée de Prométhée . Elle utilise le mythe de Prométhée comme la métaphore du rapport de l’être l’humain à la science en fusionnant des éléments issus de la statuaire grecque avec des objets modernes et techniques.

Marie Cornil, Le Jaspé, Tapisserie . La designer utilise le jaspé, un artisanat traditionnel des faïenciers d’Apt dans le Vaucluse, et la tapisserie pour créer des objets résolument modernes dans les couleurs et par leurs formes mouvantes.

Alexandre WillaumeLa Station . Le designer conçoit un espace modulable, adaptable et unique complètement dépouillée pour ne garder que la structure purement fonctionnelle des choses.

Pablo Bras, Réseaux Disponibles. Matériaux rustiques et technologies contemporaines sont combinés afin de démocratiser intelligemment les énergies et en faciliter l’emploi.

Tom Chung, Piton . Le piton d’escalade est détourné de sa fonction première pour devenir un objet pluriel, simple, ergonomique et pouvant être recyclé.

Julien ManairaThe Once Liquid Plastic . Il travaille la résine époxy liquide qu’il manipule et déverse couches après couches afin de fabriquer les objets souhaitées. Un mobilier conçu manuellement sans l’aide de moules.

Autres expositions visibles:

Philippe Malouin, président du jury, 10 Years, exposition sur les 10 ans de création de son studio londonien.

Carolien Niebling, Grand Prix Design Parade 2017, résidences au CIRVA et à la Manufacture de Sèvres, La Beauté des Plantes Aquatiques

Arthur Hoffner, Prix du Public Design Parade 2017, Le Cours de l’Eau

François Passolunghi, Savoir-Faire Régional: Mobilier en moelle de rotin

Picasso / Noailles: Trajectoires. Article ici

Hôtel La Reine Jane, 14 Chambres, 14 designers, la commande d’exception d’un hôtel du port de l’Ayguade à Hyères.

Xénia Laffely, I’m not the person you think Iam, but I don’t know who I am.

Et toujours la boutique mise en scène par Vincent Darré et Matthieu Cossé

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 30 septembre 2018
Design Parade Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Ouvert du mercredi au lundi de 14h à 19h, le vendredi de 15h à 21h
Fermé le mardi et les jours fériés.
Entrée libre
Plus d’informations ici

5 Rooms : la rencontre réussie du design et de l’artisanat

Au détour d’un sentier verdoyant, traversé par une rivière, se dévoile le Moulin des Ribes. Ce mas de pierre, construit dans un écrin naturel, à quelques kilomètres du centre de Grasse invite chaque hôte à la contemplation et au repos. Propriété de Silvia Fiorucci-Roman, mécène et chevalier de l’Ordre du Mérite Culturel Monégasque, le Moulin des Ribes est voué à devenir un lieu de résidence et deworkshop. Mais il est déjà un lieu dédié à la création et une ode aux savoirs-faire à travers le projet 5 rooms: l’aménagement de cinq chambres par cinq designers, un projet mené en partenariat avec la Villa Noailles- Centre d’Art à Hyères. Chaque chambre a été entièrement relookée: du lit à la salle de bains, en passant par le linge de lit, le mobilier et les objets. Inspirés par les matériaux, les couleurs, l’atmosphère du lieu, chaque designer a apporté la singularité de son travail. Verrerie de Biot, Poterie Ravel, textile, miroiterie, sol, robinetterie…Chaque projet puisse dans les savoirs-faire locaux et internationaux afin de porter la beauté de la création à son plus pur summum. Le projet sera présenté lors de la 3e Design Parade Toulon qui démarre le jeudi 28 juin 2018. Nous vous présentons dès à présent le résultat de ce magnifique projet.

Entre vues, Joachim Jirou-Najou ©M.P.

Né en 1980 et diplômé de l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims ainsi que de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Joachim Jirou-Najou conçoit du mobilier aux lignes pures et essentielles où la simplicité de la forme répond aux besoins quotidiens des usagers. Le designer prend en compte la légèreté des matériaux et respecte la fonctionnalité de chaque objet. Les couleurs délimitent les espaces, l’environnement joue sur les surfaces pleines et vides et l’hôte est invité à s’approprier cette pièce. Il était en compétition pour l’édition 2003 de Design Parade Hyères et enseigne depuis 2013 à l’École Supérieure d’Art et de Design d’Orléans.

©M.P.

Superpoly, Superposé

Superposé, Superpoly ©M.P.

Superpoly® est le nom d’un jeu de société mais aussi celui d’un duo de designers composés de Thomas Defour et Antoine Grulier dont l’univers créatif se veut coloré et ludique. Cette chambre à l’esprit enfantin se dévoile comme une explosion polychrome dont la tonalité varie du pastel au fauve. Leur projet touche chaque détail de la chambre et de la salle de bains attenante. Céramique, verrerie, textile, rien n’a échappé à la gaieté des deux designers qui suivent leurs réalisations avec une extrême rigueur. En effet, tous les éléments ont été fabriqués dans leur atelier situé à Hyères. Cet univers immersif abstrait nous transportant dans une autre dimension est la signature de ce duo qui a été récompensé en 2016 du Prix du Public et de la Ville de Toulon ainsi que d’une Mention spéciale du Jury lors de la Design Parade Toulon .

Verrerie de Biot, design Superpoly ©M.P.

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto, Petali

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto, Petali ©M.P.

Il y a des aménagements qui se passent de commentaires tant nous sommes submergés par la beauté . Petali est un magnifique projet, plein de grâce et d’apesanteur poétique. L’atelier Zanellato/Bortotto est né en 2013 du duo Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto. Ces deux designers italiens ont étudié le design industriel à l’Université de Venise avant de suivre un master en design de produit à l’Ecole Cantonnale d’Art de Lausanne. Leurs différents projets s’inspirent de l’histoire environnante. Petali est un hommage à la ville de Grasse, capitale du parfum. Miroir en verre de Murano, luminaires en rotin produites par François Passolunghi, mobiliers épurés laissant passer la lumière, l’espace intérieur s’articule sur une gamme limitée de couleurs que l’éclairage vient sublimer.

Verre de Murano et carrelage de Christian Pegoraro ©M.P.

 Studio Quetzal, C.H.0.0.1.

Studio Quetzal, C.H.0.0.1. ©M.P.

Le projet de Studio Quetzal capte divinement la lumière naturelle. Le trio, fondé en 2015 et formé parLouise Naegelen, Adrien Gadet et Benjamin Lina, a été primé du Grand Prix du Jury Van Cleef  & Arpels de la Design Parade de Toulon en 2016. Leur concept associe architecture d’intérieur, design d’objet et éclairage afin de concevoir l’espace comme une unité. Authenticité et respect des matériaux seraient ce qui caractérise la chambre « C.H.0.0.1. ». La matière brute des briques de terre de Salernes contraste avec la ligne limpide de la verrerie, une utilisation évoquant l’architecture-même du Moulin des Ribes. Les tons cuivrés évoquent la chaleur provençale, une rusticité vaporeuse invitant à l’introspection personnelle.

Studio Quetzal, C.H.0.0.1. ©M.P.

Paul Brisonnet et Alexandre Benjamin Navet, Karesansui

Paul Brisonnet et Alexandre Benjamin Navet, Karesansui ©M.P.

Karesansui est un terme japonais signifiant « jardin sec ». Un jardin dans lequel l’eau circule dans une rigole évoquant les jardins extérieux, où il reste emprisonné dans la matière mais où le minéral et le végétal invitent au repos et à la quiétude. Cet univers contemplatif a été crée par les designers Paul Brissonnet et Alexandre Benjamin Navet. Les lauréats  du Grand Prix du Jury -Van Cleef & Arpels lors de  Design Parade Toulon en 2017  occultent les murs et les séparations. Le projet se veut une expérience méditative où l’hôte se recueille devant l’oeuvre d’art et la beauté de l’artisanat. Aucun signe chromatique ne vient troubler cette quiétude apportée par l’essence-même des matériaux.

Miroir par Blackbody©M.P.

Plus d’infos sur les designers:

Joachim Jirou-Najou ici

Superpoly ici

Giorgia Zanellato et Daniele Bortotto ici

Studio Quetzal ici

Paul Brisonnet ici et Alexandre Benjamin Navet ici

 

La Sélection High-Tech de la semaine : BeoSound 2 par Bang & Olufsen

C’est à Las Vegas en janvier dernier que s’est tenu le CES (Consumer Electronic Show), le grand rendez-vous annuel mondial de l’électronique grand public. Mowwgli y était et à cette occasion,  a repéré 52 objets hyper high-tech qui devraient révolutionner nos vies quotidiennes à l’avenir. A découvrir chaque semaine !
Aujourd’hui, on vous propose l’enceinte BeoSound 2 par Bang & Olufsen.

L’enceinte parfaite voilà ce qu’est BeoSound 2 ! Un design conique très esthétique en aluminium parfaitement étudié pour garantir des performances acoustiques optimales. Dotée d’un système diffusant le son à 360° pour une immersion totale et une puissance à en donner des frissons. L’enceinte est aussi équipée d’une connectivité accrue (Bluetooth, Google Cast, AirPlay et DLNA), d’un accès intégré aux plateformes de streaming (Spotify, Deezer et TuneIn) et d’une technologie Multiroom pour une diffusion dans tout votre espace de vie. La beauté et le perfectionnement de cette enceinte est bluffant et tout à fait hors norme, c’est “must buy” à mes yeux. Son prix n’est toutefois pas à la portée du premier venu, comptez 1695 €.

Design Parade 2018, les finalistes dévoilés

Créé en 2006, Design Parade Hyères a pour ambition de partager la création contemporaine dans le domaine du design avec le public et les professionnels. Point central, le concours présente chaque année dix jeunes designers, leur offrant une vitrine et un accompagnement uniques. Le festival se veut aussi un moment de partage, de rencontre et de découverte.

Dix ans après son aîné, Design Parade Toulon, lancé en 2016, poursuit les mêmes objectifs. Tourné vers l’architecture d’intérieur, il est le premier concours et festival de ce type en France.

Désormais, chaque été, la villa Noailles organise Design Parade en deux volets : à Toulon pour l’architecture d’intérieur, à Hyères pour le design.

Le festival est l’occasion de parcourir le patrimoine de ces deux villes voisines qui offrent chacune une expression de la richesse architecturale et décorative du Var. A travers cette nouvelle proposition Design Parade permet d’aborder, au cours d’un week-end élargi, tous les aspects des arts décoratifs dans la création contemporaine.

Nouveautés :

De nombreuses nouveautés de partenariats, de prix, de collaborations et de direction verront le jour pour cette nouvelle édition. avec Sammode qui crée un nouveau prix pour le design, avec les rencontres internationales de la photographie à Arles, avec la Fondation Carmignac qui ouvrira la villa Carmignac sur l’île de Porquerolles en juin, avec le Liberté – scène nationale de Toulon et avec la Carwan gallery de Beyrouth pour les expositions d’arthur Hoffner Milan et à Hyères.

Lors d’une soirée spéciale au Palais de Tokyo le 23 mars, Jean-Pierre Blanc a dévoilé au milieu d’un parterre d’invités de choix les 10 finalistes de chacune des éditions jumelles.

Design Parade Hyères

Le jury design est présidé cette année par le designer canadien Philippe Malouin. Il s’est réuni le 23 mars 2018 à Paris dans le studio de Pierre yovanovitch pour choisir les dix finalistes de la compétition (plus de 200 dossiers ont été reçus de 30 nationalités, 60 dossiers pré-sélectionnés).

Loïc Bard (France)
Anaïs Borie (France)
Pablo Bras (France)
Tom Chung (Canada)
Marie Cornil (France)
Sara de Campos (Portugal)
Julien Manaira (France)
Alex sizemore & Hank Beyer (États-Unis)
Camille Viallet & Théo leclercq (France)
Alexandre Willaume (France)

Design Parade Toulon :

Le jury d’architecture d’intérieur est présidé cette année par l’architecte d’intérieur français Pierre yovanovitch qui s’est réuni le 23 mars 2018 à Paris dans son studio pour choisir les dix finalistes de la compétition (près de 200 dossiers ont été reçus de 30 nationalités, 60 dossiers pré-sélectionnés).

Le jury a sélectionné dix jeunes designers de trois nationalités différentes. Leurs installations seront présentées à l’ancien évêché de Toulon et resteront ouvertes au public jusqu’au 30 septembre.

Bérengère Botti & Sophie Genestoux (France)
Charlotte & Juliette Castay (Belgique)
Antoine Chauvin (France)
Lucas Djaou (France)
Valentin Dubois & Shizuka Saito (France & Suisse)
Laura Fournier (France)
Clémence Frot (France)
Kim Haddou & Florent Dufourcq (France)
toulon Mankowski (France)
Jeanne Martin & Marie-Marie (France)

Save the Date ! Le festival international Design Parade se tiendra du 28 juin au 1er juillet 2018 à Toulon et à Hyères.
Les expositions seront ouvertes au public jusqu’au 30 septembre.
http://villanoailles-hyeres.com

Carte blanche d’Elisabeth Bret Sayer : Ymer et Malta

Nouvelle carte blanche pour notre invitée de la semaine, Elisabeth Bret Sayer. La directrice de la collection et du prix « Un photographe pour Eurazeo » et photographe engagée nous parle d’Ymer et Malta, un studio de design hors du commun et très pointu.

Valérie Maltaverne, la directrice artistique est un véritable chef d’orchestre qui tire le meilleur de chaque designer, artisan et corps de métier.

A la charnière du design, de l’art, et de l’artisanat le designer est poussé aux limites de son art pour aboutir à des créations toujours plus personnelles.

Le marbre, le cuir, le bois massif, le verre sont travaillés sculptés, assemblés pour créer des pièces contemporaines issues de tradition artisanale française et de techniques les plus innovantes.

Les musées comme le Centre Pompidou, les Arts décoratifs et le CNAP ont déjà acquis certaines pièces.

Aujourd’hui, le musée Noguchi de NYC lui demande de créer des sculptures lumineuses pour une nouvelle collection qui sera exposée au musée en mai 2018.

http://ymeretmalta.com
vmaltaverne@ymeretmalta.com

Charles et Ray Eames : « An Eames Celebration » au Vitra Design Museum

Jusqu’au 25 février, le Vitra Design Museum, situé à la frontière entre la France et la Suisse, propose une exposition autour de l’un des couples les plus influents dans le design du XXe siècle: Charles et Ray Eames. Charles, architecte de formation, et Ray, peintre, ont marqué la modernité américaine d’après-guerre par leur travail visionnaire et la conception d’un mobilier novateur, fait pour la production en série.

Durant 40 ans, ils prennent leurs décisions ensemble et s’intéressent aux nouvelles matières. C’est dans l’Amérique des années 40, en guerre aux côtés des Alliés, que les Eames conçoivent leurs premiers objets. Ils réalisent une attelle en contre plaqué moulé afin de remplacer celle existante en métal qui ne faisait qu’aggraver la situation du blessé! Une invention légère et produite facilement en série puisque ce modèle a été fabriqué à plus de 150 000 exemplaires. De là, ils réalisent des ailes d’avion, des brancards…Une fois la guerre terminée, ils mettent au point la technique du contre plaqué moulé mais appliquée au mobilier.

Les Eames s’intéressent à d’autres matières comme le plastique, la fibre de verre, l’aluminium… Ils poursuivaient cette idée de réaliser leur chaise d’un seul tenant et adaptable à toute situation. Il existait des piètements interchangeables avec des chaises en fil de fer ou en plastique.  C’est une de leur force de travail: ils ne créent pas la chaise parfaite mais une combinaison de système pour tous: « Rendre le meilleur accessible au plus grand nombre ». Comme souvent, ils invitaient des amis dans leur maison en Californie. Les discussions donnaient lieu souvent à des idées de projet, comme la Long Chair créée après une discussion avec Billy Wilder, conçue pour effectuer une sieste d’appoint dans son bureau.

 

Cette anecdocte est révélatrice de l’oeuvre des Eames. Les objets doivent raconter une histoire. Dans leur maison-atelier de Santa Monica, on pouvait découvrir une magnifique demeure où résidait leur profonde utopie, mais aussi se dévoiler la vitrine de leur conception de la vie moderne. La rétrospective du Vitra Design Museum met en évidence à quel point leur regard moderne a bouleversé les codes du design et a pénétré divers domaines. Charles et Ray Eames ont dessiné, moulé, assemblé, imaginé, inventé un nouveau type de mobilier qui nous entoure encore aujourd’hui. Des visionnaires inspirants.

Jusqu’au 25 février 2018
An Eames Celebration
Vitra Design Museum
Charles-Eames-Straße 2
79576 Weil am Rhein
tous les jours 10 h à 18 h
Plus d’infos ici
T +49.7621.702.3200

L’univers de Constance Guisset aux Arts Décoratifs, Action !

A tout juste 41 ans, des diplômes plein les poches (L’Essec, Sciences Po, l’Ensci-les Ateliers) le musée des Arts Décoratifs offre une carte blanche à cette designer qui n’en finit par de cumuler les succès. Prix Design Parade à la Villa Noailles, Grand Prix du design de la Ville de Paris en 2008, son studio ouvert en 2009 elle est l’année suivante, designer de l’année au Salon Maison & Objet. Mais qui est cette jeune femme dont vous connaissez sans doute la lampe en suspension, « Vertigo » devenue iconique ?

C’est par les frères Bouroullec qu’elle décide de bifurquer vers la création. La scénographie la passionne autant que le design et elle signe de nombreuses scénographies de spectacles (Le Funambule, Les Nuits et La Fresque d’Angelin Preljocaj) et d’expositions (musée du Quai Branly notamment). Ce goût se retrouve dans le parcours imaginé pour cette première rétrospective.
Découpé en 6 étapes correspondant à un verbe d’action : accueillir, tourner, s’envoler, séduire..le parcours commence par un dialogue avec les salles Moyen Age et Renaissance du musée. Un rapprochement inédit qui questionne les usages et le statut de l’objet à travers les âges.
Puis nous pénétrons dans l’appartement idéal de la créatrice avec son inspiration wall (carnets, croquis, films, affiches..) , un processus mental à l’œuvre depuis une décennie.
L’occasion de redécouvrir quelques best sellers comme la lampe cape, le miroir aux nuages, le fauteuil à bascule Sol et d’autres « conversations » dont elle a le secret. S’entourant d’autres créateurs l’écrivain Adrien Goetz, le mathématicien Laurent Derobert, la tapissière Sarah Grass, l’artiste Marc Couturier, elle met en avant le côté ouvert et transdisciplinaire de sa démarche.

Cette déambulation immersive, poétique et musicale sur plus de 1000m² à valeur de manifeste, comblera grands et petits !

INFOS PRATIQUES :
Constance Guisset design
Actio !
Jusqu’au 11 mars 2018
Musée des Arts Décoratifs
107 rue de Rivoli,
75001 Paris
Tarif :
Exposition Constance Guisset Design, Actio ! + collections permanentes 11€/8€
http://www.lesartsdecoratifs.fr

Mélissa Bénachour, Penser standard, penser normé, penser standardisé

C’est avec intérêt que nous continuons de suivre les oeuvres de ces jeunes artistes, fraîchement diplômés de l’Ecole Supérieur d’Art et de Design de Toulon (ESADTPM)Mélissa Bénachour, diplômée en 2016 et dont on avait découvert le travail lors de l’exposition « Variables Aléatoires » à l’Hôtel des Arts de Toulon, vient d’exposer à la Galerie de l’Ecole, Rue Nicolas Laugier, dans le centre ancien de la ville de Toulon. Une première exposition personnelle , intitulée « Penser standard, penser normé, penser standardisé » qui met en avant, un travail intelligent et intelligible, questionnant l’identité de la reproductabilité. Explication

Un unique motif pour diverses formes

Le travail que Mélissa nous présente est la réadaptation d’un projet de recherche réalisé pour l’ Espace Grandjean de Vallauris . La jeune artiste utilise une forme issue de l’emballage alimentaire afin de la reproduire sur support céramique et numérique.  Sur la devanture de la galerie, nous voyons ce motif imprimé; à l’intérieur, la reproduction de ce motif génère une longue frise en céramique. Deux éléments d’un tout créatif. L’artiste interroge la reproductabilité technique et la question identitaire dans ces formes a priori semblables. Cependant, chaque forme en céramique a été conçue individuellement selon un processus artisanal rigoureux.  Mais les contraintes du processus (moulage, cuisson) et l’unicité de la pratique apportent d’infimes irrégularités à ces objets à l’aspect semblable mais à l’identité singulière. « J’aborde plusieurs médiums techniques », précise l’artiste, « une nouvelle technologie de création qui détermine un point d’ancrage sur l’évolution économique et technologique de notre société actuelle et ensuite un second un motif fabriqué en céramique ». L’opposition matière vivante/matière informatique, procédé artisanal/procédé industriel sont autant de démonstrations de manière à penser le motif.

Penser standard, penser normé, penser standardisé

Mélissa Bénachour s’exprime sur son processus artistique: « Une façon d’affirmer un besoin de changement, dans les relations qu’entretiennent les individus. L’individualité s’accumule, tandis que les incompréhensions sociales, culturelles et identitaires se creusent rendant les échanges particulièrement instables. Cet axe de recherche intervient dans ma démarche artistique. Elle est au coeur d’un développement méditatif sur l’acceptation d’un résultat. Chaque répétition est une évolution de la pensée sur mes gestes qui, génère des différences. Si la notion de répétition résonne avec commun et monotonie, elle révèle ici la valeur d’un apprentissage d’un geste, d’une forme et d’un matériau. Et si ce même regard « d’apprentissage », rendant les liens plus souples et plus tolérants vis-à-vis de soi à l’autre et réciproquement, peut faire l’objet d’une nouvelle pédagogie inter-culturelle ? Comme le souligne Patrick Charaudeau, chercheur au CNRS : « C’est donc une illusion de croire que notre identité repose sur une entité unique, homogène, une essence qui constituerait notre substrat d’être. L’identité n’est pas naturelle, elle est toujours le fait d’une construction. Ce qui nous fait dire que  l’identité est une somme de différences « . C’est à l’épreuve de la différence que l’on
découvre qui on est. »

Il ne reste que quelques jours pour découvrir le résultat d’une réflexion débordante sur le champ pluriel de notre quotidien. L’artiste, présente aux horaires d’ouverture de la galerie, sera ravie de rencontrer son public et de lui préciser sa démarche artistique.

INFORMATIONS PRATIQUES
Mélissa Bénachour
Penser standard, penser normé, penser standardisé
(Exposition terminée)
Galerie de l’Ecole
42, rue Nicolas Laugier
83 000 Toulon
Ouvert du mercredi au vendredi de 14h à 17h
Site internet de Mélissa Benachour ici

Rencontre avec Victoria Mann, fondatrice d’AKAA

Avec un marché africain en pleine effervescence et des initiatives nombreuses et de qualité à Paris en 2017, Victoria Mann peut être sereine à la veille de l’ouverture de la 2ème édition d’AKAA. Pari tenu pour cette franco-américaine au contact de l’Afrique dès son plus jeune âge dont la fraîcheur n’a d’égale que la détermination et la précision de ses objectifs.

Mowwgli : Quels sont les temps forts de cette 2ème édition ?

Victoria Mann : La foire a grandi et accueille cette année 38 galeries représentant 150 artistes qui viennent de 28 pays différents, soit 8 participants supplémentaires et une vingtaine d’artistes en plus par rapport à l’année dernière. Des galeries qui sont originaires à la fois du continent africain avec un bel équilibre entre est-ouest-nord et sud mais aussi d’Europe et des Etats Unis.
Je citerais 3 temps forts pour cette 2ème édition :

– Le 1er est cette installation monumentale dans la nef centrale du Carreau du Temple, une carte blanche offerte à un artiste avec cette année le camerounais Bili Bidjocka qui faisait notamment partie de la programmation de Documenta 14. Son installation in situ s’intitule « Enigma #55, je suis la seule femme de ma vie ».
Notre volonté est ce que cette intervention devienne une marque de fabrique de notre événement, étant donné son caractère tout à fait exceptionnel.

– Le 2ème temps fort de la foire est un hommage rendu à Ousmane Sow, le premier qui lui est marqué en France depuis son décès l’année dernière.
Réalisé grâce à notre partenaire Eiffage, il a été imaginé avec notre service culturel mais aussi les proches d’Ousmane Sow, Béatrice Soulé son agent, qui organise une exposition à la foire avec l’une de ses sculptures massives en terre cuite, plusieurs petits bronzes et des photos. Nous organisons aussi une table ronde avec des critiques littéraires et artistes proches d’Ousmane le vendredi 10, une projection de documentaires sur sa vie et son œuvre et enfin l’annonce à cette occasion que la Maison Ousmane Sow ouvrira ses portes à Dakar en mai 2018.

– Le 3ème temps est un tout nouvel espace que nous ouvrons « AKAA Underground », véritable laboratoire de pensées et pratiques artistiques.

Mowwgli : Portée par un fort engouement et de nombreuses manifestations parisiennes en faveur de l’art africain contemporain, Akaa surfe t-elle sur une tendance ou s’ancre t-elle dans une pensée africaine « autonome et originale » telle que revendiquée par Simon Njami, membre du comité de sélection AKAA et directeur artistique de la 12ème édition de la Biennale de Dakar ?

V. M. : Loin de nous de penser qu’il s’agit d’un effet de mode. Cela n’a pas de sens car notre vocation première est de contribuer à la construction d’un marché qui se veut stable et pérenne. Effectivement de nombreux évènements ont eu lieu en 2017 sur l’Afrique et nous en tirons tout le positif, ce qui ne veut pas dire que cela a commencé en 2017 et se termine en 2017. Cette scène contemporaine d’Afrique existe depuis longtemps, le marché lui est émergent mais je suis convaincue qu’il est en bonne voie de rester stable se développant à Paris mais aussi en Afrique aux Etats Unis, un peu partout dans le monde. Et c’est cette simultanéité qui en fait l’intérêt, sans tomber dans l’écueil de l’essentialisation en revendiquant le lien à ce continent et non sa spécificité géographique. Pour être artiste à la foire il ne faut pas obligatoirement être africain, et notre message là dessus est très clair dès le départ nous sommes une foire d’art contemporain et de design tournée vers l’Afrique. Nous fédérons autour d’une thématique. Cette année vous verrez des artistes tant d’Angola, du Mozambique et du Sénégal que des artistes français, iraniens, américains ou du Surinam. Notre but est de travailler à la pérennité.

Mowwgli : Qu’est ce que le AKAA Underground ?

V. M. : Situé au niveau -1, il résulte de l’idée de créer un espace de vie pour notre public qu’il puisse faire une pause, discuter avec une nouvelle rencontre ou une retrouvaille, prendre part à un échange et se sentir encore plus confortable dans la foire et enrichir son expérience. Certaines conférences et tables-rondes s’y tiendront également, en partage avec l’auditorium selon les formats. Nous l’imaginons comme un espace plus flexible où l’on peut aller et venir, sortir, revenir.
Nous y proposons des rencontres d’artistes sur un format plus intime, des ateliers, des performances, des signatures, tout en laissant cet espace café respirer. Nous y accueillerons également des plates-formes hybrides comme par exemple Maison Château Rouge qui propose un concept store avec des produits design et autres de sa sélection. Little Africa présente dans son corner son city Guide ainsi qu’une collection de papeterie. Partnership Editions qui travaille avec des artistes émergents et édite des multiples . Et enfin notre librairie AKAA.
Pour résumer AKAA Underground fonctionnera comme un laboratoire de pensées et de pratiques artistiques.

Mowwgli : Sur quels critères s’est opérée la sélection des 38 galeries provenant de 19 pays ?

V. M. : Nos critères sont portés par les membres de notre comité de sélection avec cette année : Azu Nwagbogu, fondateur, curateur et directeur du Lagos Photo Festival et de AAF Gallery, Dominique Fiat, galeriste à Paris, Elisabeth Lalouschek est directrice artistique et directrice des ventes d’October Gallery à Londres et Simon Njami, écrivain, commissaire d’exposition indépendant, critique d’art, essayiste et maitre de conférence.
Ils s’appuient d’une part sur la pertinence de la proposition en regard de ce lien avec l’Afrique ;
la pertinence du projet curatorial avec un équilibre entre artistes établis et émergents.
et enfin des critères d’éthique même si on ne peut pas tout cerner, la manière dont le galeriste travaille avec ses artistes, la façon dont il les soutient à plus long terme,
On travaille vraiment sur le cas par cas à partir d’une soixantaine de dossiers reçus cette année, contre 40 l’année dernière.

Mowwgli : Quels objectifs de développement avez vous ?

V. M. : On réfléchit toujours à un développement à l’étranger. Nous allons démarrer plus concrètement des recherches de nouveaux terrains d’investigation. Nous espérons pouvoir annoncer prochainement une nouvelle foire à l’étranger.

Infos Pratiques :
AKAA
Art & design fair
Du 10 au 12 novembre 2017
Carreau du Temple
4 Rue Eugène Spuller
75003 Paris
Horaires :
Vendredi et samedi : 11h-20h
Dimanche : 11h-18h
Tarifs :
16 € (plein), 8 € (réduit)
http://akaafair.com/

Le design de la côte ouest américaine s’invite chez Triode à Saint Germain des Prés

Depuis une dizaine d’années Triode propose dans son showroom de la rue Jacob une gamme unique de mobilier et de luminaires. Y cohabitent des créations contemporaines – principalement de designers américains – et des rééditions de grands maîtres du design dont Finn Juhl est le plus emblématique représentant. Précurseur et dénicheur de talents, Jacques Barret assume ses choix artistiques et ne déçoit jamais.

Pour cette première exposition dédiée à la côte ouest américaine, Triode réunit trois designers autour de l’architecte avant‐gardiste Rudolf Schindler : Atelier de Troupe, Pamela Shamshiri et Brendan Ravenhill dans le cadre de la Paris Design Week, du 8 au 16 septembre 2017.

Un hommage avec des pièces exclusives et originales, dans une mise en scène qui traduit l’esprit californien et l’héritage de Schindler comme la Kings Road House, maison culte construite en 1921 ou encore l’église baptiste Bethléem de Los Angeles dessinée en 1944.

INFORMATIONS PRATIQUES
Vernissage le 07/09; 18h/21h en présence des artistes
Triode Paris est ouvert du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 19h, le samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h
Triode Design
28 rue Jacob
75006 Paris
+33 (0)1 43 29 40 05
contact@triodedesign.com
http://www.triodedesign.com/fr