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La Photographie contemporaine slovène à l’honneur à la galerie Voies Off

A l’occasion du festival Voies off, la galerie éponyme, sous la direction de Christophe Laloi, a inauguré au tout début de l’été, l’exposition « If Slovenia Were… » Cette dernière met à l’honneur la jeune photographie contemporaine slovène en rassemblant les travaux de 19 artistes. L’exposition collective a été initiée par Klavdij Sluban, concepteur du projet « If Slovenia Were… ».

Klavdij Sluban (1963) est un photographe français de parents slovènes. Il a passé son enfance à Livold (Slovénie). Il mène une oeuvre personnelle souvent empreinte de références littéraires, voyageant des Balkans aux îles Kerguelen. Depuis le début des années 1990, Klavdij Sluban participe activement à la vie culturelle de son pays d’origine. Aujourd’hui il s’investit dans le projet “If Slovenia Were…” représente une vision photographique du pays à travers les yeux de 19 photographes slovènes contemporains.

Chaque série a été spécifiquement réalisée pour ce projet entre 2015 et 2018. Le choix des photographes s’est fait sur appel ouvert. Avec une écriture photographique personnelle, les auteurs montrent leur Slovénie, vécue de l’intérieur. Concerné(e)s par le mode dans lequel ces jeunes photographes vivent (la moyenne d’âge du groupe est de 34 ans), ils / elles utilisent des moyens d’expression variés, couvrant tous les champs de la photographie. La fin de la Yougoslavie et de la guerre (1991-2001) sont loin. De nouveaux réfugiés, venus de plus loin, traversent le pays. Cependant, le regard de ces jeunes auteurs se pose tout autant sur la globalisation des banlieues, les centres commerciaux naissants que la famille ou bien l’introspection. Concerné(e)s par la situation dans laquelle se trouve la Slovénie actuelle, ces jeunes auteurs n’en questionnent pas moins leur place à l’intérieur de cette société. »

Artistes exposés : Jošt Dolinsek, Jošt Franko, Katja Goljat, Ciril Jazbec, Irena Jurca, Jurij Korenjak, Primož Korošec, Tereza Kozinc, Meta Krese, Robert Marin, Dejan Mijović, Matej Povše, Boštjan Pucelj, Matjaž Rušt, Klemen Skubic, Nina Sotelšek, Marko Vrbič, Ana Zibelnik et Manja Zore

INFORMATIONS PRATIQUES
If Slovenia Were…
La Photographie contemporaine slovène
Du 2 juillet au 23 septembre 2018
Galerie Voies Off
26 ter rue Raspail
13200 Arles
http://voies-off.com
https://www.ifsloveniawere.com

L’Institut pour la Photographie lance son premier événement cet automne

En septembre dernier, nous apprenions l’inauguration d’une institution de référence internationale dans le domaine de la photographie initiée par la Région Hauts-de-France en collaboration avec les Rencontres d’Arles. En juillet, c’est l’adresse de l’Institut qui était dévoilé : ce sera à Lille, que ce nouveau lieu dédié à la photographie sera domicilié. Aujourd’hui, ce sont les premiers événements qui se dévoilent…

Présidé par Marin Karmitz et dirigé par Anne Lacoste, L’Institut pour la Photographie est conçu comme une plateforme et un lieu de ressources, de diffusion, d’échanges et d’expérimentations afin de développer la culture photographique auprès du grand public et de soutenir et valoriser la recherche et la création. Son programme scientifique et culturel est fondé sur la complémentarité et l’interactivité de cinq axes principaux :
Contribuer au rayonnement de la Photographie en proposant une programmation culturelle étendue avec l’organisation d’expositions, de rencontres, de conférences et d’ateliers…
Préserver, transmettre et valoriser en constituant un fonds photographique sous forme de dépôt ou de don, les archives des grands figures de la photographie.
Ouvrir de nouvelles perspectives à la recherche en initiant un programme de recherche qui vise à développer les approches diverses de la photographie. Quatre bourses annuelles seront allouées chaque année.
Sensibiliser à l’image photographique en développant l’éducation photographique et la culture visuelle auprès d’un public toujours plus large.
Valoriser le livre comme objet en créant une activité dans le domaine de l’édition avec une bibliothèque et une librairie de référence.

Avant les premières programmations d’expositions et d’événements photographiques prévues au printemps 2019, l’Institut propose un colloque de trois jours, gratuit et ouvert à tous. Cet événement réunit historiens de l’art, conservateurs, artistes, spécialistes et chercheurs d’autres disciplines afin d’aborder des questions liées aux enjeux actuels de la conservation, de la recherche et de la conquête des publics.

MERCREDI 17 OCTOBRE
La conservation et la valorisation du patrimoine photographique

↳ Archives nationales du monde du travail, Roubaix

JEUDI 18 OCTOBRE
« Les images comme ressource » ou les différentes modalités et méthodologies autour des fonds d’archives photographiques

↳ Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, Tourcoing

VENDREDI 19 OCTOBRE
L’image photographique à la conquête des publics : de la diffusion à la sensibilisation

↳ Le Nouveau Siècle, Lille

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Institut pour la Photographie
151 Avenue du Président Hoover
59555 Lille
https://www.institut-photo.com

Namasigue, un village sans hommes
Un documentaire signé Mahé Elipe

Au sud de l’Honduras dans la région de Choluteca, un village nommé Namasigue abrite une petite collectivité de femme vivant sans hommes. Il est le reflet de la situation économique, politique et sociale du Honduras étant pour le moins instable, beaucoup sont les hommes qui ont migrés vers le nord, lorsqu’ils n’ont pas été emprisonnés voire assassinés.

Aussi ce petit village recueille une majorité de femmes qui ont dû s’adapter à vivre sans l’aide de ces derniers. Elles ont donc trouvé leur salut grâce à la culture de la noix de cajou appelée “marañon”.

La précieuse noix très en vogue aux Etats-Unis et en Europe, grâce à ces biens faits nutritifs, réclame une culture fastidieuse et minutieuse que ces femmes s’acharnent à entretenir jour après jour.

Ces dernières sont à l’origine de la création d’une coopérative nommée Crepaimasul, permettant à 5 villages de la région de Choluteca, de s’associer afin de commercialiser la culture de la noix de cajou biologique à l’étranger.

Vivant dans des conditions précaires à savoir sans eaux courantes ni électricité, elles ont néanmoins réussi à trouver un équilibre entre femmes et enfants, avec des journées rythmées par les tâches quotidiennes et la culture du précieux fruit.

Ouvrières de la terre, leur ordinaire commence à l’aube et s’éteint au crépuscule dans la cacophonie des cris vivifiant des enfants.

Ce reportage, met en lumière le quotidien de ces femmes qui font de chaque jour une épreuve. A leur côté, elles m’ont offert la douce intimité des mères de famille combiné à celle des travailleuses laborieuses. De cette offrande, j’ai saisie des moments sans artifice, ni mise en scène, des instants de réalité dans la chaleur et la confidence du foyer familial.

Reflet de ces femmes fières, aux pieds sur terre, tenant entre leurs mains, leurs précieux, leurs trésors, qui leurs permet de perdurer et subsister.

BIOGRAPHIE
Mahé Elipe est née en 1991 en région Parisienne.
Elle suit ses études à Toulouse, passant d’une Licence en Arts Appliqués, à l’université du Mirail, à une école de Photographie l’ETPA en 2012, lui permettant ainsi d’aiguiser son oeil aux arts visuels.
Elle décide ensuite de s’installer à Paris pour s’adonner complètement à sa passion, où elle travaille en parallèle en tant qu’assistante Photo dans le monde de la mode et réalise en parallèle ses premiers reportages sociaux et documentaires.
Ses mots d’ordres étant le social, l’art et la communication, elle s’interroge beaucoup sur la place de l’humain dans la société, en tirant profit du médium qu’est la photographie.
Mahé construit alors ses images en se nourrissant de la culture de ceux qu’elle rencontre. C’est notamment au cours de ses voyages, en Europe de l’Est, ou encore aux Etats-Unis et en Amérique Latine qu’elle retranscrit par l’image, une partie de l’histoire des sujets qu’elle rencontre.
Mahé Elipe est membre du studio Hans Lucas depuis novembre 2016.

www.mahelipe.com
mahe.elipe@gmail.com

Elliott Erwitt : Dogs like humains à la Maison de la Photographie de Toulon

Fils d’immigrés russes ayant passé une partie de son enfance en Europe, né à Paris en 1928, le photographe documentaire américain Elliott Erwitt est considéré comme l’un des maîtres dans son domaine. Témoin de son temps, grand portraitiste, membre de l’agence Magnum dont il assumera le poste de président de 1968 à 1970, il balaie de son œil affuté les événements marquants du milieu du XXème siècle.

C’est au début des années 1940 que ce grand voyageur réalise ses premières photographies de chiens, l’un des sujets de prédilection de son oeuvre photographique. Chien de luxe ou chien errant, le canidé évince la place de l’homme dans son quotidien. Tel est le propos de l’exposition « Elliott Erwitt, Dog, Dogs » à la Maison de la Photographie de Toulon.  Ces portraits atypiques sont une manière originale de parler de la condition humaine dont le chien serait le miroir. Teintée d’humour et de cocasserie, celui pour qui « faire rire les gens est une des plus parfaites réussites qu’on puisse espérer »nous plonge ici dans la magie de l’image et de l’instant décisif.

Les images exposées montrent un vif intérêt dans la composition: des chiens pris au niveau des pieds, ils les élèvent à la même stature que leurs maîtres. Et c’est avec un certain humour sarcastique qu’ils prennent la pose dans des portraits léchées évoquant ceux starisés des studios Harcourt. Un hommage sincère au « meilleur ami de l’homme », l’accompagnant dans ses moments de loisirs, montrant toute la diversité des états d’âme du monde canin. Une exposition à l’esprit léger, jovial et tendre qui tend à mettre en évidence les relations complices et affectueuses que l’être humain partage avec cet animal si fidèle.

INFORMATIONS PRATIQUES
Elliot Erwitt, Dog Dogs
Jusqu’au 1er septembre 2018
Maison de la Photographie
Place du Globe
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h
Entrée Libre
Plus d’informations ici

Matthieu Gafsou, H+, Transhumanisme(s)
Aux Editions Actes Sud

Dès l’instant où il a su mettre deux idées en perspective, l’homme s’est pris à rêver de l’immortalité, plus jouissive que toutes les éternités promises par les religions. Les contes, les légendes et les mythes ont fourni les potions magiques, les philtres divers qui opèrent au moins le temps de leur lecture. Or, voici que la technologie vient au secours de la science et de la médecine pour faire du fantasme un futur envisageable sinon garanti.

Tout le monde sait aujourd’hui que « Trans » n’est pas un état d’agitation mal orthographié, et que, dans son abréviation, le mot désigne une personne qui a librement choisi le genre ou le sexe qu’elle sent être le sien. Cinq siècles après l’Humanisme qui célébrait le mélange de l’intelligence et de la culture propres à notre espèce, le transhumanisme nous propose un dépassement d’un autre genre, celui des performances intellectuelles et physiques, et, dans la foulée, celui de la durée de la vie, jusqu’à éradiquer sa fin. De même que Sony a fait ce dont on a rêvé, des laboratoires multiplient les recherches et les expérimentations pour atteindre sûrement ce qu’on pensait réservé à la folie douce de l’utopie. Et au fond, pourquoi dénier à la science la capacité de défier la mort quand l’image numérique est parvenue à augmenter la réalité ? Dans son beau livre à couverture gravée, blanche comme le paradis, Matthieu Gafsou nous ouvre les portes de ces cavernes placées sous le sigle du NBIC (Nanotechnology, Biotechnology, Information technology and Cognitive science) regroupant l’arsenal dont se dote le 21e siècle pour combattre nos pauvres limites sans renoncer aux appareils orthodontiques pour adolescents ni au traitement inhumain des rats. Les investigations sur l’exosquelette moteur, le contrôle par neurostimulation, le transfert informatique de l’esprit, la cryogénie, la transgénèse, le cyborg et toutes les ruses biologiques développées par l’anthropotechnie font au moins le miel du jeune photographe contemporain. Renouant avec les genres anciens du portrait, de la nature morte et du commentaire lucide, Gafsou nous donne sa propre vision d’un courant de pensée prométhéen quand il cible l’horizon d’une Posthumanité enfin idéale, libérée des cancers, des trous de mémoire et de la sciatique.

INFORMATIONS PRATIQUES
• LIVRE
H+, Transhumanisme(s)
Matthieu Gafsou
Postface de David Le Breton
160 pages 22 x 29 cm, 79 photographies, relié, éditions
Actes Sud, 45€
• EXPOSITION
H+
Matthieu Gafsou
Jusqu’au 23 septembre 2018
(Dans le cadre des Rencontres d’Arles)
Maison des Peintres
43 Boulevard Emile Combes
13200 Arles

Dominic Turner primé au Prix 2018 du festival photo InCadaqués

Le nom du lauréat du Prix du festival international de photo InCadaqués vient d’être révélé. C’est l’artiste irlandais, Dominic Turner, qui remporte cette édition 2018 avec ses images d’une grande poésie réalisées par des procédés anciens.

Le public pourra découvrir son exposition « False Friends » à l’occasion du festival qui se tiendra du 20 au 30 septembre 2018 à Cadaqués, en Espagne. Le photographe a choisi une sélection de ses photographies pour les partager avec nous en avant première.

There are times when I wander through the world around me with the wide-eyed hesitancy of a tourist. Surrounded by such apparent absurdities, who or what are we to trust? 
Each of these photographs are hinged on the idea of perspective and how this informs the way we understand and interact with the world around us. Sometimes we see things only on a superficial level and fail to appreciate the deeper significance. Other times we read too much into situations and project exaggerated negative or positive attributes to what are essentially anodyne scenarios. This is indeed to be human, but it would seem in these times, it is getting harder and harder to discern the fact from the fiction.

https://www.dominicturner.ie
https://www.incadaques.com

InCadaqués. International Photo Festival. 2018 edition

 

 

Kasia Stręk, lauréate du Prix Camille Lepage 2018

La quatrième édition du Prix Camille Lepage vient d’être attribuée à Kasia Stręk pour son projet de reportage sur les conséquences du manque d’accès à l’avortement en Égypte, pays où cet acte est illégal. Son prix lui sera remis lors de la soirée du jeudi 6 septembre au Campo Santo à Visa pour l’image Perpignan.

L’Association Camille Lepage – On est ensemble a été créée le 20 septembre 2014, quelques mois après la mort de Camille Lepage en Centrafrique. Cette association a pour but de promouvoir la mémoire, l’engagement et le travail de Camille. CDP Éditions – Collection des photographes a eu la gentillesse de publier le dernier travail de Camille Lepage. L’intégralité des ventes de ce livre a été reversée au profit de l’Association Camille Lepage – On est ensemble. Cette initiative permet donc à l’association de soutenir une partie de ce prix, doté de 8 000 €, pour encourager le travail d’un photojournaliste engagé au long cours. Pour la deuxième fois, la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) s’engage aux côtés de l’Association Camille Lepage – On est ensemble pour financer le prix.

Kasia Strek, membre du collectif lyonnais ITEM, est photographe polonaise basée entre la France et la Pologne. Elle découvre la photographie lors de sa première année des études à l’Academie des Beaux-Arts. Avec une bourse individuelle elle voyage ensuite pour étudier la photographie documentaire à Queensland College of Art à Brisbane en Australie.

Permettant d’allier l’art, les problématiques sociales et sa recherche sur la nature humaine, la photographie documentaire devient progressivement son principal moyen d’expression.

Sa pratique se concentre sur des sujets liés aux inégalités sociales, aux questions environnementales et aux droits des femmes. Elle partage son travail entre des missions pour la presse, les ONG et le développement de projets personnels.

Elle a récemment passé plusieurs mois aux Philippines à travailler sur le développement touristique du pays et l’impact des activités humaines sur les communautés défavorisées et travaille actuellement sur un projet à long terme sur l’accès à l’avortement dans les pays où la procédure est partiellement ou totalement illégale.

INFORMATIONS PRATIQUES
camillelepageaward@gmail.com
https://www.visapourlimage.com/festival/prix/prix-camille-lepage
http://www.collectifitem.com/kasia-strek/

Didier Ben Loulou, Sud

Il y a deux ans, Didier Ben Loulou avait publié chez le même éditeur  « Israël Eighties », recueil en demi-teintes noir-et-blanc de ses voyages à Tel-Aviv, à Jaffa, à Nazareth, aux antiques quartiers de Jérusalem ou à Saint-Jean d’Acre. Il retrouvait un pays heureusement ordinaire, habité de générations croisées dans leurs quartiers entre les commerces, les cafés ou à la plage.

S’il dégage la mélancolie qui souvent assaille le promeneur, « Sud », son dernier livre, n’est pas plus nostalgique quand il s’étend à ce bassin méditerranéen imprégné de ferveurs religieuses, agité de luttes millénaires, ébloui de son éternel éclat solaire tempéré d’ombre et de douceur. Israël, toujours, mais aussi Athènes et la Sicile, la Corse et la Cisjordanie, Marseille et le Maroc. En assumant la couleur dans ce qu’elle a de plus dense et de plus fort, ce Sud-là rejoint les impressions  laissées en leur temps par les jeunes gens dans leur Grand Tour, quand, au gré des rencontres, des senteurs et des saveurs, ils mêlaient les réminiscences de leurs humanités à l’éveil de leurs sens. Paradoxalement, Ben Loulou nous offre en partage ses visions sinon égoïstes du moins personnelles, comme un écrivain publierait ses notes cryptées. À chacun de faire son miel de ces images, au hasard d’une partie de billes, au détour d’une façade lépreuse et noble, à la recherche de son horizon, au toucher d’une pièce d’étoffe ou d’un fragment de marbre antique, au retour mythologique d’un jeune cavalier sans  armure.

INFORMATIONS PRATIQUES
Didier Ben Loulou, Sud
96 pages 17x20cm, relié
Editions de La Table ronde
24 euros

A LIRE EGALEMENT : 

Sud, de Didier Ben Loulou à la Table Ronde

Israel Eighties par Didier Ben Loulou, un ouvrage aux éditions La Table Ronde

Chroniques de Jérusalem et d’ailleurs de Didier Ben Loulou aux éditions Arnaud Bizalion

 

Klavdij Sluban, Aliska Lahusen: Suites Japonaises à la Galerie du Canon

Jusqu’au 08 septembre 2018, la Galerie du Canon à Toulon nous offre le travail de deux artistes originaires de l‘Europe de l’Est dont la création artistique fut bouleversée après avoir découvert la culture nippone. Des œuvres dont les riches variations de noir, gris et blanc révèlent une exploration sensible d’une quête existentielle, ce que l’artiste japonais Takesada Matsutani décrit comme une « communication des sentiments à travers la création de la beauté en noir et blanc ».

Née en 1972 à Lodz en Pologne, Aliska Lahusen emploie des formes géométriques  pour construire un monde épuré où seule la sensibilité participe à l’évanescence des choses. Des formes simples – un cercle, un bol, des lignes – participent à une composition graphique lumineuse et ondoyante. Ce minimalisme monacale invite à la contemplation tranquille d’un travail réalisé avec patience et méditation, un penchant pour la lumière et la vulnérabilité. Les pigments viennent parfois apporter un brin de couleur en soulignant les détails. La profondeur est esquissée, devinée. L’utilisation de la laque dans ses formats monumentaux, diptyque voire triptyque, et la superposition des couches évoquent la force d’un art et d’une culture vénérant la contemplation. Les sculptures polies, lisses, s’évaporent dans l’immensité du temps.

Né en 1963 à Paris de parents slovène, Klavdij Sluban a réalisé un projet photographique au Japon en 2016 qui l’a amené sur les traces de Matsuo Bashô, poète japonais du XVIIe siècle, considéré comme l’un des maîtres du haïku. Ce sont ces images qui sont exposées sur les murs de la Galerie du Canon. Ses photographies très construites et structurées cachent une fausse tranquillité, une puissance y sommeille, prête à exploser. Cette dualité entre force extérieure et énergie intérieure émerge des paysages dépeuplés ou de ces portraits au contre-jour profond, où la lumière, d’où qu’elle provienne, révèle l’âme de la composition. Ces bustes contemporains, captés frontalement, interrogent sur notre humanité, à travers un long dialogue entre ces photographies et le spectateur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Suites Japonaises: Aliska Lahusen et Klavdij Sluban
Jusqu’au 08 septembre 2018
Galerie du Canon
10 rue Pierre Semard
83200 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h30
Nocturne tous les premiers jeudis du mois jusqu’à 21h30
Fermé le dimanche, lundi et jours fériés.
Entrée libre.
Plus d’informations ici

Aliska Lahusen & Klavdij Sluban : Suites japonaises

L’Infime de Jessica Lange au Centre d’Art Campredon

Cet été, le Centre d’Art Campredon de l’Isle-sur-la-Sorgue accueille l’actrice oscarisée Jessica Lange. L’américaine qui s’est fait connaître dans King Kong en 1970 et que l’on a retrouvé récemment dans l’excellente série American Horror Story, a une passion : la photographie. Ses images sont donc aujourd’hui exposées et visibles jusqu’au 7 octobre prochain.

  « La photographie est pour moi un processus tout à fait mystérieux – celui de saisir ce moment dans le temps et dans l’espace, furtif et fugace, et de le cristalliser. Vous avez réalisé une photographie. Désormais elle a une vie propre. » – Jessica Lange

C’est en 2008 que le public découvre les photographies de Jessica Lange, suite à la publication d’une série de photographies noir et blanc intitulée 50 Photographs, introduite par un texte de Patti Smith, chanteuse et également photographe. C’est ainsi que sa production photographique commence à être exposée, au George Eastman House tout d’abord puis dans de nombreuses villes du monde… La Photographie elle l’a débute très jeune, elle avait d’ailleurs décroché une bourse de l’Université pour étudier la photographie, mais elle préféra voyager et étudier l’art dramatique. C’est dans les années 90, lorsque Sam Shepard lui offre un Leica M6, que Jessica renoue avec la photographie…

L’exposition L’Infime de Jessica Lange curatée par Anne Morin, s’article en deux parties : « Things I See » et « Mexican Suites », elle rassemble 135 photographies réalisées ses vingt dernières années.

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Infime
Jessica Lange
Du 7 juillet au 7 octobre 2018
Centre d’Art Campredon
20, rue du Docteur Tallet
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
https://www.campredoncentredart.com