Archives de catégorie : #Evénements

La Photographie contemporaine slovène à l’honneur à la galerie Voies Off

A l’occasion du festival Voies off, la galerie éponyme, sous la direction de Christophe Laloi, a inauguré au tout début de l’été, l’exposition « If Slovenia Were… » Cette dernière met à l’honneur la jeune photographie contemporaine slovène en rassemblant les travaux de 19 artistes. L’exposition collective a été initiée par Klavdij Sluban, concepteur du projet « If Slovenia Were… ».

Klavdij Sluban (1963) est un photographe français de parents slovènes. Il a passé son enfance à Livold (Slovénie). Il mène une oeuvre personnelle souvent empreinte de références littéraires, voyageant des Balkans aux îles Kerguelen. Depuis le début des années 1990, Klavdij Sluban participe activement à la vie culturelle de son pays d’origine. Aujourd’hui il s’investit dans le projet “If Slovenia Were…” représente une vision photographique du pays à travers les yeux de 19 photographes slovènes contemporains.

Chaque série a été spécifiquement réalisée pour ce projet entre 2015 et 2018. Le choix des photographes s’est fait sur appel ouvert. Avec une écriture photographique personnelle, les auteurs montrent leur Slovénie, vécue de l’intérieur. Concerné(e)s par le mode dans lequel ces jeunes photographes vivent (la moyenne d’âge du groupe est de 34 ans), ils / elles utilisent des moyens d’expression variés, couvrant tous les champs de la photographie. La fin de la Yougoslavie et de la guerre (1991-2001) sont loin. De nouveaux réfugiés, venus de plus loin, traversent le pays. Cependant, le regard de ces jeunes auteurs se pose tout autant sur la globalisation des banlieues, les centres commerciaux naissants que la famille ou bien l’introspection. Concerné(e)s par la situation dans laquelle se trouve la Slovénie actuelle, ces jeunes auteurs n’en questionnent pas moins leur place à l’intérieur de cette société. »

Artistes exposés : Jošt Dolinsek, Jošt Franko, Katja Goljat, Ciril Jazbec, Irena Jurca, Jurij Korenjak, Primož Korošec, Tereza Kozinc, Meta Krese, Robert Marin, Dejan Mijović, Matej Povše, Boštjan Pucelj, Matjaž Rušt, Klemen Skubic, Nina Sotelšek, Marko Vrbič, Ana Zibelnik et Manja Zore

INFORMATIONS PRATIQUES
If Slovenia Were…
La Photographie contemporaine slovène
Du 2 juillet au 23 septembre 2018
Galerie Voies Off
26 ter rue Raspail
13200 Arles
http://voies-off.com
https://www.ifsloveniawere.com

Elliott Erwitt : Dogs like humains à la Maison de la Photographie de Toulon

Fils d’immigrés russes ayant passé une partie de son enfance en Europe, né à Paris en 1928, le photographe documentaire américain Elliott Erwitt est considéré comme l’un des maîtres dans son domaine. Témoin de son temps, grand portraitiste, membre de l’agence Magnum dont il assumera le poste de président de 1968 à 1970, il balaie de son œil affuté les événements marquants du milieu du XXème siècle.

C’est au début des années 1940 que ce grand voyageur réalise ses premières photographies de chiens, l’un des sujets de prédilection de son oeuvre photographique. Chien de luxe ou chien errant, le canidé évince la place de l’homme dans son quotidien. Tel est le propos de l’exposition « Elliott Erwitt, Dog, Dogs » à la Maison de la Photographie de Toulon.  Ces portraits atypiques sont une manière originale de parler de la condition humaine dont le chien serait le miroir. Teintée d’humour et de cocasserie, celui pour qui « faire rire les gens est une des plus parfaites réussites qu’on puisse espérer »nous plonge ici dans la magie de l’image et de l’instant décisif.

Les images exposées montrent un vif intérêt dans la composition: des chiens pris au niveau des pieds, ils les élèvent à la même stature que leurs maîtres. Et c’est avec un certain humour sarcastique qu’ils prennent la pose dans des portraits léchées évoquant ceux starisés des studios Harcourt. Un hommage sincère au « meilleur ami de l’homme », l’accompagnant dans ses moments de loisirs, montrant toute la diversité des états d’âme du monde canin. Une exposition à l’esprit léger, jovial et tendre qui tend à mettre en évidence les relations complices et affectueuses que l’être humain partage avec cet animal si fidèle.

INFORMATIONS PRATIQUES
Elliot Erwitt, Dog Dogs
Jusqu’au 1er septembre 2018
Maison de la Photographie
Place du Globe
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h
Entrée Libre
Plus d’informations ici

Klavdij Sluban, Aliska Lahusen: Suites Japonaises à la Galerie du Canon

Jusqu’au 08 septembre 2018, la Galerie du Canon à Toulon nous offre le travail de deux artistes originaires de l‘Europe de l’Est dont la création artistique fut bouleversée après avoir découvert la culture nippone. Des œuvres dont les riches variations de noir, gris et blanc révèlent une exploration sensible d’une quête existentielle, ce que l’artiste japonais Takesada Matsutani décrit comme une « communication des sentiments à travers la création de la beauté en noir et blanc ».

Née en 1972 à Lodz en Pologne, Aliska Lahusen emploie des formes géométriques  pour construire un monde épuré où seule la sensibilité participe à l’évanescence des choses. Des formes simples – un cercle, un bol, des lignes – participent à une composition graphique lumineuse et ondoyante. Ce minimalisme monacale invite à la contemplation tranquille d’un travail réalisé avec patience et méditation, un penchant pour la lumière et la vulnérabilité. Les pigments viennent parfois apporter un brin de couleur en soulignant les détails. La profondeur est esquissée, devinée. L’utilisation de la laque dans ses formats monumentaux, diptyque voire triptyque, et la superposition des couches évoquent la force d’un art et d’une culture vénérant la contemplation. Les sculptures polies, lisses, s’évaporent dans l’immensité du temps.

Né en 1963 à Paris de parents slovène, Klavdij Sluban a réalisé un projet photographique au Japon en 2016 qui l’a amené sur les traces de Matsuo Bashô, poète japonais du XVIIe siècle, considéré comme l’un des maîtres du haïku. Ce sont ces images qui sont exposées sur les murs de la Galerie du Canon. Ses photographies très construites et structurées cachent une fausse tranquillité, une puissance y sommeille, prête à exploser. Cette dualité entre force extérieure et énergie intérieure émerge des paysages dépeuplés ou de ces portraits au contre-jour profond, où la lumière, d’où qu’elle provienne, révèle l’âme de la composition. Ces bustes contemporains, captés frontalement, interrogent sur notre humanité, à travers un long dialogue entre ces photographies et le spectateur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Suites Japonaises: Aliska Lahusen et Klavdij Sluban
Jusqu’au 08 septembre 2018
Galerie du Canon
10 rue Pierre Semard
83200 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h30
Nocturne tous les premiers jeudis du mois jusqu’à 21h30
Fermé le dimanche, lundi et jours fériés.
Entrée libre.
Plus d’informations ici

Aliska Lahusen & Klavdij Sluban : Suites japonaises

L’Infime de Jessica Lange au Centre d’Art Campredon

Cet été, le Centre d’Art Campredon de l’Isle-sur-la-Sorgue accueille l’actrice oscarisée Jessica Lange. L’américaine qui s’est fait connaître dans King Kong en 1970 et que l’on a retrouvé récemment dans l’excellente série American Horror Story, a une passion : la photographie. Ses images sont donc aujourd’hui exposées et visibles jusqu’au 7 octobre prochain.

  « La photographie est pour moi un processus tout à fait mystérieux – celui de saisir ce moment dans le temps et dans l’espace, furtif et fugace, et de le cristalliser. Vous avez réalisé une photographie. Désormais elle a une vie propre. » – Jessica Lange

C’est en 2008 que le public découvre les photographies de Jessica Lange, suite à la publication d’une série de photographies noir et blanc intitulée 50 Photographs, introduite par un texte de Patti Smith, chanteuse et également photographe. C’est ainsi que sa production photographique commence à être exposée, au George Eastman House tout d’abord puis dans de nombreuses villes du monde… La Photographie elle l’a débute très jeune, elle avait d’ailleurs décroché une bourse de l’Université pour étudier la photographie, mais elle préféra voyager et étudier l’art dramatique. C’est dans les années 90, lorsque Sam Shepard lui offre un Leica M6, que Jessica renoue avec la photographie…

L’exposition L’Infime de Jessica Lange curatée par Anne Morin, s’article en deux parties : « Things I See » et « Mexican Suites », elle rassemble 135 photographies réalisées ses vingt dernières années.

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Infime
Jessica Lange
Du 7 juillet au 7 octobre 2018
Centre d’Art Campredon
20, rue du Docteur Tallet
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
https://www.campredoncentredart.com

Biennale de la Photographie de Mulhouse : Attraction(s)

Pour sa troisième édition, la Biennale de la Photographie de Mulhouse propose quatorze expositions et installations dans l’espace public autour de la thématique de l’attraction, sous la direction artistique d’Anne Immelé, docteure en Art. Manifestation transfrontalière, ses 12 lieux d’expositions se déploient sur 5 communes françaises et allemandes : Mulhouse, Hombourg, Chalampé, Hégenheim et Freiburg.

Cette nouvelle édition réunie une trentaine de photographes autour de la notion de l’attraction ou des attractions. Le terme d’attraction est des plus ambigüs. Superficiel ou profond, positif ou négatif, il recouvre un champs large, qui s’inscrit dans un mouvement, une dynamique, un élan. Si l’attraction est cette force invisible qui rapproche les corps physiques, l’on peut aussi y voir aussi la nature du lien fondamental qui fait adhérer la photographie au réel. Construisant sa richesse sur son apparente simplicité, la photographie n’est-elle pas le médium de l’attraction immédiate ?

PROGRAMME

Le désir

L’exposition L’étreinte du tourbillon (Musée des Beaux-Arts de Mulhouse commissaire Anne Immelé) traite du désir amoureux et croise différents regards sur l’être aimé. Partant de la chambre comme lieu de prédilection de l’attraction amoureuse, l’exposition aborde une approche narrative et autobiographique propre aux années 1980 avec Denis Roche, Alix Cléo Roubaud et Hervé Guibert, et questionne cet héritage en le confrontant aux productions contemporaines de Lucile Boiron, Anne-Lise Broyer, Thomas Boivin, Alan Eglinton et Julien Magre.

Le montage

L’attraction c’est la question du montage, de l’attirance des images qui sont rapprochées et interagissent ensemble. Trois expositions y sont consacrées : la rétrospective des montages d’attractions de Christian Milovanoff (La Filature, Mulhouse), les assemblages hybrides de Thomas Hauser (Motoco), et le parcours fondé sur des disjonctions et des rapprochements proposé par Pascal Amoyel dans une exposition réunissant photographes américains (Thomas Bouquin, Eliot Dudik, Shane Lavalette, Mark Steinmetz, Susan Worsham) et européens (Nolwenn Brod, Raphaël Coibion, Edouard Decam, Nicolas Giraud, Philippe Spigolon) au CCFF de Freiburg. Ces expositions sont complétées par des diptyques dans l’espace public mulhousien, ceux réalisés par les étudiants des écoles d’art du Grand Est, et ceux de l’éditeur mkg.

Réflexion sur la photographie à l’ère de l’attraction généralisée

Les expositions au Kunsthaus L6 de Freiburg (commissaire Finn-Niclas Schütt ) et à la Chapelle Saint Jean de Mulhouse (45° de Bertrand Cavalier, Massao Mascaro, Fabien Silvestre Suzor) aborde la question de l’attraction devenue primordiale à l’ère numérique. En effet, l’interaction entre attraction et photographie ne fait qu’augmenter du fait de l’omniprésence des images sur le WEB et de la nécessité de séduire pour s’attirer le plus de Like et de followers.

Zones d’attraction

L’exposition Zones (Fabrikculture Hégenheim, commissaire Anne Immelé) a pour point de départ le film Stalker d’Andrei Tarkovski. A l’instar de la Zone du film de Tarkovski ou de la zone de l’explosion nucléaire de Tchernobyl en 1986 – plusieurs lieux revêtent un fort pouvoir d’attraction, alors même qu’ils sont particulièrement dangereux. Cette fascination se traduit par l’importance accordée à la lumière dans les photographies d’Ester Vonplon (CH), de Michel Mazzoni (BE) et de Kazuma Obara (JA), par l’interférence entre réel ou virtuel chez Georg Zinsler (AU), dans une mystérieuse attraction.

Consommation / Contemplation

Si les photographies que Nick Hannes (Chalampé) a réalisé à Dubai témoignent de l’intérêt porté aux centres commerciaux, aux loisirs et autres attractions de la société de consommation, un besoin de se déconnecter de cette surconsommation s’impose, avec un retour à des modes de vie plus relié à la nature, invitant à la contemplation voir à la méditation. Ce sont ces questions qu’abordent Janine Bächle (Bibliothèque de Mulhouse), Paul Gaffney (Hombourg), Marine Froeliger (Cour des chaînes, Mulhouse).

INFORMATIONS PRATIQUES
Biennale de la Photographie de Mulhouse 2018
Attraction(s)
28 rue de Stalingrad
68100 Mulhouse
agrandisseur@gmail.com
http://www.biennale-photo-mulhouse.com

6ème Saison Photographique de l’abbaye royale de l’Épau

La sixième édition de la Saison Photo de l’Abbaye royale de l’Épau rassemble 11 photographes répartis au cœur et autour de l’Abbaye. L’événement se déroule en deux temps : huit premières expositions sont installées depuis le 19 mai et seront visibles jusqu’au 4 novembre, suivies de l’installation de trois nouvelles expositions présentées du 23 juin au 16 septembre.

La photographie contemporaine aux portes de la ville du Mans

Cette année, c’est tout un voyage que nous propose la manifestation. On débute cette expédition avec les photographies de Thomas Pesquet, cet astronaute français qui avait partagé ses images spectaculaires sur les réseaux sociaux tout au long de sa dernière mission. Une exposition qui nous offre un nouveau regard sur notre planète. Nous passons ensuite au travail documentaire du photographe franco-polonais Tim Franco, sur Chongqing, l’une des plus grandes villes de Chine. Il a tiré le portrait de cette mégapole aux 30 millions d’habitants, qui a connu un développement et une croissance d’une rapidité sans précédent.

Dans la bergerie de l’Abbaye, Guy Le Querrec nous offre un retour dans l’univers du jazz des années 50. La musique a laissé une empreinte marquante dans le regard du photographe qui semble composer ses photographies comme des morceaux de musique. Le coréen Daesung Lee souhaite, au travers de deux de ses projets photographiques, nous faire prendre conscience des effets désastreux du réchauffement climatique. Il s’est rendu sur l’île de Ghoramara tout d’abord, pour témoigner d’une situation critique : avec l’élévation du niveau de la mer, cette petite île de l’Ouest du Delta du Bengale disparaît peu à peu. Dans 20 ans, le gouvernement prévoit l’abandon de l’île et l’évacuation de ses habitants. Il est ensuite parti en Mongolie, où la vie devient de plus en plus difficile à cause de la désertification, les lacs et rivières disparaissant, les peuples nomades sont en danger.

Direction Haïti avec Corentin Fohlen, qui est tombé amoureux de cette île des caraïbes, découverte lors du tremblement de terre de 2010. Il s’est depuis, rendu de nombreuses fois à Haïti, pour explorer le pays en profondeur…On poursuit avec l’exposition « No Pasara » de la photographe franco-marocaine Leila Alaoui décédée en janvier 2016 lors de l’attentat perpétré à Ouagadougou. On découvre ici son tout premier projet, réalisé en 2008. Elle a voyagé de Beni Mellal jusqu’à Nador et Tanger pour suivre la jeunesse au regard portant de l’autre côté de la Méditerranée imaginant un avenir meilleur…

Enfin, on retrouve trois expositions sur l’univers de la danse qui se croisent et se répondent. On retrouve avec plaisir le travail de Gérard Uféras sur les coulisses des ballets de Paris et Moscou. Autre univers, autre ambiance avec la série de Fredrik Lerneryd. Le photographe suédois a suivi les jeunes écolières kenyannes passionnées de danse classique. Clément Szczuczynski, de son côté a été missionné par le département de la Sarthe pour suivre les compagnies chorégraphiques.

Si lors de vos pérégrinations estivales vous passez dans le département, voici une belle occasion de découvrir cette ancienne abbaye cistercienne datant du XIIIème siècle tout en suivant ce parcours d’expositions photographiques !
La Saison de la Photo s’étend hors les murs, avec des expositions présentée au Prieuré de Vivoin, à l’Hôtel du Département et à la gare du Mans.

INFORMATIONS PRATIQUES
6ème Saison Photo
L’Abbaye Royale de l’Épau
Route de Changé
72530, Yvré-l’Évêque
https://epau.sarthe.fr/saison-photo-de-labbaye-royale-de-lepau

40ème anniversaire des Estivales Photographiques du Trégor

Cette année, l’Imagerie de Lannion célèbre le 40ème anniversaire des Estivales Photographiques du Trégor. 40 ans nous sépare de l’édition inaugurale dont la direction artistique était assurée par Guy Le Querrec, le plus breton des photographes de l’agence Magnum… Jusqu’au 29 septembre, la manifestation vous propose de revenir sur ces 4 dernières décennies à partir, en grande majorité, du fonds photographique de la galerie.

40 ans d’archive photographique

Ce fonds constitué dès 1984 est composé d’achats aux artistes exposés, de dons de ceux-ci ou de réalisations lors de résidences et comprend actuellement plus de 400 oeuvres – dont cent trente sont exposées par une quarantaine de photographes.
Regroupées thématiquement dans les 500m² de la galerie, en 3 salles et cinq ensembles, ces photographies couvrent un large champ de l’image classique comme contemporaine.

C’est l’approche humaine de la collection qui fait l’objet de la 1e salle. Le visiteur y découvre à l’entrée Willy Ronis, le premier exposant lannionnais et ses prises de vues faites à Paris dans les années 40 et 50, avant de s’orienter vers Cristina Garcia Rodero (fêtes religieuses en Espagne et Bretagne) et la Sicile douloureuse de Letizia Battaglia. Vient ensuite le New-York des années 50 avec William Klein et Jean Bizien puis l’Amérique contemporaine de Jean-Christophe Béchet. Voyages toujours avec l’Égypte, l’Afrique, la Sibérie, l’Inde, le Portugal, la Mer Noire (Denis Dailleux, Bernard Descamps, Pentti Sammallahti, Joakim Eskildsen, Georges Dussaud, Klavdij Sluban) sans oublier l’Europe du Silence de Stéphane Duroy.

Les portraits de Jane Evelyn Atwood (série « Extérieur nuit » sur les jeunes aveugles) répondent aux images sensibles de Vincent Gouriou (transformistes, handicapés…). Pendant qu’Isabelle Vaillant et Dominique Mérigard confrontent leurs regards sur l’enfance et leurs enfants, le regretté Michel Vanden Eeckhoudt tisse des liens entre humains et animaux des zoos. Relations humaines cette fois, à travers les portraits de Richard Dumas (Claude Chabrol, Miles Davis…), c’est de celles, rares et uniques, qui existent entre le photographe et son modèle qu’il s’agit.
Dernière étape dans cette salle et retour aux origines avec la Bretagne de Guy Le Querrec qui accompagna nos premiers pas et nous ramène ici au quotidien de nos parents et grands-parents.

Dans la deuxième salle, la Bretagne également est à l’honneur, mais côté rocs et landes cette fois avec les rivages de granit de John Batho, les îles de Bernard Plossu et les nuits antiques et magiques de Michel Séméniako, côté « Fresson » aussi pour ces trois auteurs. La Bretagne toujours chez Sylvain Girard et ses « Pierres levées » suggérées dans les brumes d’une profondeur de champ incertaine, la Bretagne aussi dans les subtiles plages enneigées de Patrick Le Bescont photographiées il y a 30 ans, avant que l’auteur ne quitte le moyen format pour les rives plus téméraires de l’édition photographique. La Bretagne enfin mais de l’intérieur avec ses villages quasi-désertés figés hors saison par Philippe Caharel, et ses architectures religieuses et mystérieuses redessinées par les Monstrum de Marie-Laure Guégan.

A découvrir également les interprétations impressionnistes que fait l’artiste suisse Corinne Vionnet de Stonehenge ou Venise, les paysages tout de blanc cachés de Michael Kenna et Richard Petit ou ceux d’Anne-Lise Broyer qui mêlent photo et dessin.
Chez André Mérian, l’oeil hésite entre le vrai et le faux : la géométrie trop parfaite de sa ville nouvelle tient plus du décor de cinéma que du havre de paix familial ! Chez Jürgen Nefzger la paix aussi est trompeuse dans ce village qui cache les fluffy clouds d’une centrale nucléaire. Cette paix, on la retrouvera par contre avec plus de certitude dans l’aridité du désert du Nabib, ce « dehors absolu » que quêtait avec talent Thibaut Cuisset.

La dernière salle regroupe 3 ensembles. Tandis que la chambre photographique de Stéphane Couturier découpe, dans de subtils mélanges des plans, les immeubles parisiens, les architectures revisitées par les anamorphoses de Georges Rousse et les montages de Thomas Kellner côtoient la nature sculptée de François Méchain.
Les espaces imaginaires, bureaux, piscines ou musées, emplis de l’humour de Muriel Bordier et les structures marines de Laurent Millet répondent aux Icares de Pascal Mirande qui nous mènent de Bonifacio à Barcelone.

Denis Brihat venu à Lannion pour une exposition personnelle il y a 30 ans puis à nouveau en 2006 pour le projet Nature, natures recrée et magnifie dans la magie de son laboratoire du Lubéron, à coup de précieux sels métalliques, la couleur de légumes photographiés en noir et blanc.
Près de lui, le bois brut des cadres qui entourent les cibachromes éclatants de Pascal Kern donnent à ses coupes d’arbres des airs de sculptures.
Avant le corps, un passage par le vêtement et le cyanotype grand format de Nancy Wilson Pajic qui a trouvé son inspiration chez Christian Lacroix.
L’exposition se termine par l’évocation du corps, celui de l’artiste dans les postures singulières d’Arno Rafael Minkkinen ou directes et frontales de Frédérique Aguillon, mais c’est aussi le corps du modèle observé par le polaroid de Valérie Villieu ou les virages minutieux de Masao Yamamoto.

Photographies de : Frédérique Aguillon, Jane Evelyn Atwood, John Batho, Letizia Battaglia, Jean-Christophe B.chet, Jean Bizien, Muriel Bordier, Denis Brihat, Anne-Lise Broyer, Philippe Caharel, Stéphane Couturier, Thibaut Cuisset, Denis Dailleux, Bernard Descamps, Richard Dumas, Stéphane Duroy, Georges Dussaud, Joakim Eskildsen, Cristina Garcia Rodero, Sylvain Girard, Vincent Gouriou, Marie-Laure Guégan, Thomas Kellner, Michael Kenna, Pascal Kern, William Klein, Patrick Le Bescont, Guy Le Querrec, Fran.ois M.chain, Andr. M.rian, Dominique M.rigard, Laurent Millet, Arno Rafael Minkkinen, Pascal Mirande, Jürgen Nefzger, Richard Petit, Bernard Plossu, Willy Ronis, Georges Rousse, Pentti Sammallahti, Michel S.m.niako, Klavdij Sluban, Isabelle Vaillant, Michel Vanden Eeckhoudt, Valérie Villieu, Corinne Vionnet, Nancy Wilson-Pajic, Masao Yamamoto

INFORMATIONS PRATIQUES
40…
Estivales Photographiques du Trégor 2018
Du 23 juin au 29 septembre 2018
L’Imagerie
19 rue Jean Savidan
22300 Lannion
Du mardi au samedi, de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h30 sauf jours fériés.
http://www.imagerie-lannion.com

Ooshot Award, un nouveau Prix qui récompense la commande photographique

La cartographie des Prix photographiques ne cesse de s’étendre et la photographie contemporaine n’a jamais été autant célébrée. Dans ce paysage, la photographie de commande apparaît pourtant comme la grande absente, bien que l’art ait toujours abondamment nourri nombre de campagnes publicitaires, et qu’une mult itude d’artistes ont produit des travaux personnels dans le cadre de missions et de commandes. Cette porosité entre deux mondes souvent éloignés conduit aujourd’hui à une réflexion sur le statut de la photographie de commande, ses enjeux, ses perspectives et son inscription dans les histoires de l’art et de la photographie.

Imaginé par la plateforme de création de contenus visuels Ooshot, le Ooshot Award souhaite récompenser des visions d’auteurs et d’artistes mises au service de marques, d’entreprises et d’institutions. En aidant les commandita ires à mieux définir leur projet de communication par l’image, en les accompagnant dans leur relation au photographe, en guidant les artistes à comprendre les cahiers des charges qui leur sont soumis, Ooshot, à travers le Ooshot Award, fa it se rencontrer des talents d’auteurs avec les besoins de la commande. Qu’un créateur d’image, un ‘artisan’ du regard, choisi pour ses qualités artistiques, puisse se révéler, et soudainement faire des merveilles…

LES AMBITIONS DU OOSHOT AWARD

• Sensibiliser les commanditaires à la création visuelle, à envisager des commandes photographiques plus audacieuses, les convaincre que le geste artistique du photographe peut nourrir et valoriser leur communication pour lui donner une plus grande visibilité.
• Reconnaître la part de création de la photographie de commande pour donner aux photographes de renom comme aux plus jeunes talents l’opportunité de créer davantage et de vivre mieux.

MÉCANIQUE(S)

Le Ooshot Award récompensera un travail de commande photographique réa lisé par un photographe professionnel pour le compte d’un commanditaire. Il concerne tous les secteurs où l’image est solli citée pour servir un objectif de communication : entreprise, institution, collectivité publique, industrie … , quelque soit son domaine d’application : mode, publicité, beauté, nature morte, cu linaire, reportage/ documentaire, portra it, etc. Le prix exclut la photographie de commande pour la presse.

Le Ooshot Award sera parrainé par un/e photographe de renom, dont la pratique personnelle a été nourrie parallèlement par des travaux de commandes.

Le jury du Ooshot Award 2018 sera composé de 7 personnalités des mondes de l’image, de l’entreprise et de la communication. Il sera annoncé en septembre 2018.

Pour sa première édition, le Ooshot Award invite également 30 nominateurs experts du monde de l’image à proposer un choix de photographes qui ont marqué la photographie de commande ces trois dernières années. Les candidatures sont également ouvertes à tous les photographes professionnels sur le site www.ooshotaward.com.

Une pré-selection de 20 à 25 dossiers sera effectuée par Fannie Escou len et Va lérie Hersleven et soumise au jury.

Le lauréat se verra remettre une dotation de 10 000 € afin de poursuivre ou entreprendre un projet photographique personnel. Des mentions spéciales et/ou des coups de coeur du jury pourront être décernés.

INFORMATIONS PRATIQUES
Premier prix dédié à la commande photographique
Du 1er septembre au 30 novembre 2018
http://www.ooshotaward.com

Montbéliard : 1925-1935 Voyage au cœur d’une décennie bouleversante

Le Musée du château des ducs de Wurtemberg présente tout l’été et jusqu’au 16 septembre, une exposition photographique passionnante sur la période de l’entre deux guerres, et plus précisément sur la décennie 1925-1935, une sorte de « parenthèse dorée ». Curatée à quatre mains par Delphine Desveaux et Sylvain Besson, respectivement directrice des Collections Roger-Viollet et directeur des Collections du musée Nicéphore Niépce, l’exposition rassemble sur un espace de 500m2 près de 150 tirages photographiques relatant une décennie de révolution et de modernisme.

1925-1935 est LA décennie où l’ivresse de la fête se mêle à l’austérité de la retraite, l’angoisse de l’avenir au bonheur du moment. Si la photographie reste encore pour peu de temps en noir et blanc, l’instantané y installe le goût du mouvement, et ce qu’elle saisit explose dans la réalité de couleurs ardentes, de paillettes et de strass autant que dans la sobriété et la rigueur des formes.

Que ce soient la presse, la littérature, la mode, la musique, le théâtre ou la danse, toutes les manières de dire et de faire changent. Chacun est invité à s’exprimer, faisant une place immense à la photographie comme témoin de ces bouleversements. Le coutumier laisse la place au fantaisiste, au facétieux voire à l’aventureux.

Au fil de l’exposition, qui est constituée d’œuvres issues du Musée  Nicéphore Niépce et de la collection Roger-Viollet, on aborde différentes thématiques : celle des révolutions technologiques industrielles à celle du féminin et du féminisme, en passant par le développement culturel et festif et l’obsession absolue pour le beau  et l’esthétique…
Dans cette période brillante de l’entre deux guerres, l’époque est en réalité d’une hauteur intellectuelle et novatrice peu commune. La photographie montre ce parcours lumineux qui débouche sur la nuit la plus noire.

INFORMATIONS PRATIQUES
1925-1935, une décennie bouleversante.
La photographie au service de la modernité.
Jusqu’au 16 septembre 2018
Musée du château des ducs de Wurtemberg, Montbéliard
25200 Montbéliard
musees@montbeliard.com
http://www.montbeliard.fr
De 10h à 12h et de 14h à 18h
Fermé le mardi et les jours fériés sauf le 15 août
Entrée : 6 euros / Tarif groupes et étudiants : 4 euros

François Prost et le visage de l’urbanisme

La galerie Superette accueille jusqu’au 16 novembre la première exposition personnelle du photographe lyonnais François Prost. « Photo Stories » rassemble les quatre dernières séries photographiques de l’artiste réalisées entre 2013 et 2017. Toutes ont un point commun : le point de vue très frontale. Que ce soit les façades de discothèques, celles des immeubles de banlieue parisienne ou encore les portraits de touristes et son sujet sur Tianducheng, la ville réplique de Paris : François Prost portraiture l’urbanisme de manière presque compulsive.

La série After Party présente des façades de discothèques françaises, photographiées à la lumière du jour. Ces boites de nuit, encore en activité, se montrent alors sous un autre visage : néons et autres attributs sulfureux propres à l’ambiance nocturne laissent place à une réalité plus standard et moins pailletée. Elles se présentent alors comme des bâtiments relativement neutres en zones périurbaines ou rurales, au milieu de secteurs industriels
ou de champs de betteraves. Telle Cendrillon retournant à la réalité, ces lieux de fêtes, fantasmés par bon nombre d’adolescents, deviennent alors des coquilles vides. Non sans humour, et avec une pointe de nostalgie, la série se veut également rendre hommage aux débordements décoratifs et aux codes visuels véhiculés par ces établissements. Les premières images de la série ont été prises en 2011. On en compte aujourd’hui plus de 200, issus des 4 coins de la France.

La série Faubourg présente des façades d’immeubles d’Ile-de-France issues de zones dites sensibles.
Ces bâtiments, érigés dans les années 60 à l’époque des grands ensembles ont été construits pour augmenter le parc de logement et apporter aux classes moyennes et populaires tout le confort moderne d’alors.
Leur situation d’aujourd’hui semblent bien loin des espérances de l’époque, et les pouvoirs publics en arrivent même à détruire certains bâtiments du fait de leur insalubrité et de la misère sociale drainée au fur et à mesure des années.
À l’heure du Grand Paris et de la transformation urbaine qui en découle, ces quartiers viennent cristalliser les enjeux de cette réorganisation sociale et territoriale, comment éviter les phénomène de ghettoïsation ? Comment re-mélanger les populations ? Et en cas de besoin, comment et ou reloger les habitants de ces quartiers?
Au-delà de la réputation quelques peu sulfureuses adossées à certain de ces quartiers, ces immeubles sont montrés ici de façon neutre, déconnectés de leur contexte environnemental et social.

Les Champs-Elysées figurent parmi les lieux touristiques les plus visités au monde et sont un symbole fort de l’identité parisienne. Pourtant, lorsque l’on y regarde de plus près, cette avenue semble davantage incarner une culture globalisée qu’une culture locale. On y trouve les mêmes chaînes de fast-food, enseignes de fast-fashion, échoppes à touristes, boutiques de luxe, sièges de multinationales, ou cinémas à blockbuster que n’importe où dans le monde. L’avenue attire quelques 300000 touristes par jour. Des centaines de bus les déposent chaque jour de l’année en haut de l’avenue. La plupart s’arrête quelques dizaines de minutes sur le rond point de l’Étoile et déversent leurs centaines de touristes qui viennent prendre quelques photos de l’Arc de Triomphe.
Fasciné par ce rituel, François décide d’immortaliser ces visiteurs à la manière d’un paparazzi : avec flash et sans pudeur. Les touristes sont ainsi starifiés, pris au vif par le flash avant même d’avoir mis un pied à terre.

C’est en 2007 que Tianducheng voit le jour en grande banlieue de la ville d’Hangzhou (7 millions d’habitants, située à 200km de Shanghai). Elle figure aujourd’hui comme la plus grande et la plus impressionnante réplique de Paris. Elle se compose notamment d’une Tour Eiffel de 100 m de haut, d’un quartier haussmannien de 31 km2 et d’un parc largement inspiré des jardins de Versailles. Connu en Chine comme un décor parfait pour les photographies de mariage, elle compte 30000 habitants, issus de la classe moyenne, vivant au milieu de sculptures et de fontaines d’imitation renaissance comme ils vivraient n’importe où ailleurs en Chine. Sous forme d’une étude comparative entre Paris et Tianducheng, la série Paris Syndrome explore les similitudes à la fois drôles et perturbantes entre la ville modèle et sa réplique chinoise.

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