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Rencontre avec Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW

ASIA NOW est la foire dédiée à l’art contemporain asiatique en Europe. Alors que l’édition 2017 explorait la scène contemporaine de la Corée du Sud, ASIA NOW met cette année en exergue le dynamisme et la richesse de la jeune scène émergente japonaise. A deux mois de l’ouverture de la cette quatrième édition, nous avons rencontré Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW.

Quel est l’ADN d’ASIA NOW ? En quoi son concept est-il unique ?

L’ADN d’ASIA NOW est également ce qui fait son unicité – son focus sur la scène contemporaine asiatique. Celui-ci découle de ma passion (et celle de plus en plus partagée) pour cette scène méconnue.

En 2010, je me suis rendue avec Ami Barak et Karen Levy (qui l’assistait pour l’organisation d’un parcours contemporain et architectural) à la Shanghai Universal Expo. C’est là que Karen, jeune collectionneuse engagée dans sa collection familiale, la DSL Collection, et co-fondatrice de la plateforme Art of this Century, m’a présenté de nombreux artistes basés à Shanghai, notamment à travers des visites de studios. En compagnie d’Ami Barak et de mon père, Claude Fain, j’ai immédiatement ressenti la nécessité de partager cette impulsion artistique venue d’Asie.

En septembre 2014, nous avons fondé ASIA NOW, afin de faire résonner la scène artistique contemporaine asiatique en Europe, une scène qui à ce jour continue d’être considérée comme « niche ». Nous avons présenté notre premier projet à l’occasion de la Biennale de Venise en 2015 au Palazzo Strozzi – une installation in situ de Zheng Guogu et du collectif Yangjiang Group, « The Writing of Today are a Promise for Tomorrow, » sous le commissariat de Martina Köppel-Yang.

J’ai ensuite organisé la première édition d’ASIA NOW à l’Espace Pierre Cardin en octobre 2015, qui réunissait 18 galeries sélectionnés par Ami Barak. Affirmant dès ses débuts son statut de « boutique art fair » à échelle humaine et son parcours fluide d’une salle à l’autre – chaque salle étant investie par une sélection de galeries présentant leurs projets respectifs, ASIA NOW s’engage à tisser des liens entre collectionneurs, commissaires d’expositions, galeries asiatiques et occidentales, et artistes. En tant que collectionneuse et passionnée du « video art », je cherche non seulement à initier les collectionneurs de la scène artistique asiatique, mais aussi à surprendre et satisfaire ceux qui connaissent déjà et collectionnent ces artistes en proposant une sélection de qualité à la fois de galeries, artistes et œuvres.

Ainsi, ASIA NOW se fait à la fois témoin et acteur du développement de cette scène à l’international.

Qu’est ce qui a fait le succès selon vous de la plus parisienne des foires asiatiques ?

ASIA NOW dispose d’une identité unique et désormais ancrée dans le paysage de l’art contemporain à Paris et dans le monde – celle de première foire en Europe consacrée à l’art contemporain asiatique. Nous avons maintenu et développé nos objectifs établis en 2015 – nous poursuivons notre exploration de la scène artistique asiatique contemporaine, nous cherchons toujours à en dévoiler les talents émergents et à les soutenir – aussi bien les artistes et les galeries.

Nous avons un rôle d’intermédiaire entre scènes artistiques asiatiques et européennes, et plus globalement occidentales, leurs univers et marchés respectifs.

Comme le démontre notre programmation, et à l’encontre d’autres foires plus commerciales, ASIA NOW a pour objectif de non seulement exposer cette scène aux collectionneurs et professionnels du marché de l’art, mais également de sensibiliser le monde professionnel et institutionnel ainsi que le grand public. Ainsi la foire assure cette dimension didactique et académique.

Nous cherchons à impliquer et tisser des liens entre institutions et acteurs privés qui représentent cette scène en plein essor – experts de l’art contemporain chinois tels que Thomas Berghuis, collectionneurs de premier plan tels qu’Uli Sigg, artistes emblématiques (Kyungah Ham l’an passé notamment), galeries émergentes et établies, marques et autres entités à la frontière entre le commercial et l’artistique, très représentatives de notre époque.

Ainsi, les intervenants de la foire, en y participant, œuvrent à ce développement global de la scène – en influant ainsi sur ses dynamiques et y nourrissant leur processus même de création, pour ce qui concerne les artistes qui performent dans le cadre de la foire ou y produisent des œuvres in situ.

De par son format intimiste, dans un hôtel particulier haussmannien qui lui donne cette nature profondément parisienne, la foire se déroule comme une balade, une découverte ouverte et accessible à tous.

Quelles sont les nouveautés de cette 4ème édition ?

Tout comme les éditions précédentes, cette 4ème édition conserve son format clé, tout en le déclinant sous une forme nouvelle :

  • Sa plateforme dédiée à une scène particulière. L’an passé consacrée à la Corée du Sud, elle se tourne cette fois-ci vers le Japon. La Plateforme Japonaise sera en effet consacrée à la scène contemporaine japonaise, à travers les propositions d’une dizaine de galeries venues du Japon.
  • Ses projets spéciaux. La programmation est en cours de finalisation, mais nous présentons cette année une variété de projets spéciaux, dont une « preview » de l’exposition « Roppongi Crossing 2019 » au Mori Art Museum de Tokyo, et une installation in situ de Makoto Aida.
  • Son cycle de conférences et de projections. ASIA NOW accueille chaque année une sélection rigoureuse et pointue d’ acteurs de la scène artistique asiatique. Cette année, la foire compte parmi les participants Catherine David, du Centre Pompidou ; Hou Hanru, du MAXXI à Rome ; Akiko Miki, du Benessee Art Site à Naoshima ; ou encore Clélia Zernik, de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Ces conversations se feront en parallèle d’un cycle de projections de vidéos, dont la sélection de vidéos d’artistes curatée par CoBo Social, mais aussi le documentaire « Wind and Water » sur l’artiste Zheng Guogu ou encore « A New Energy in Chinese Art: Zhao Zhao (Stockholm & Beijing) » consacrée à l’artiste Zhao Zhao, entre autres.

  • Son Design Project, en cours de finalisation.

Quelle est la typologie du public et ses attentes ?

ASIA NOW attire à la fois collectionneurs internationaux de renom et connaisseurs de ces scènes, représentants d’institutions et jeunes collectionneurs désireux de découvrir le travail des artistes exposés. Tous, me paraît-il, partagent un intérêt commun pour la sélection rigoureuse menée par ces galeries très réputées à l’échelle locale, pionnières de la région et dont la proposition est validée par nos experts.

Nous avons identifié trois groupes principaux de collectionneurs acheteurs d’art asiatique. Tout d’abord, les collectionneurs asiatiques qui collectionnent des œuvres d’art aussi bien occidental qu’asiatique et qui considèrent ASIA NOW comme une plateforme d’échelle plus petite et adaptée offrant uniquement le meilleur des scènes asiatiques. Les collectionneurs asiatiques qui se rendent à la foire ont entre 25 et 45 ans ; ils sont à la tête de collections de premier rang et possèdent parfois leurs propres musées privés.

Dans un second temps, nous constatons la présence de collectionneurs européens dans leur cinquantaine qui collectionnent déjà abondamment l’art asiatique – dirigeants de collections et fondations de forte renommée. En se rendant à la foire, ils recherchent des nouveaux artistes à fort potentiel aussi bien que les nouvelles œuvres et propositions d’artistes déjà reconnus et plus établis. Ils collectionnent déjà les travaux de ces artistes reconnus et sont en quête de découverte.

Enfin, ASIA NOW attire des collectionneurs européens âgés de 30 à 60 ans qui commencent à prendre en compte les travaux d’artistes asiatiques afin de les intégrer à leur répertoire et diversifier leurs collections. Leurs intérêts sont multiples, et souvent tournés vers les classiques, tels que les artistes minimalistes coréens, la scène contemporaine chinoise, ou encore la scène philippine. Ils souhaitent se voir guider au sein d’une sélection des meilleurs artistes de cette nouvelle génération en Asie, qu’il s’agisse d’étoiles montantes ou déjà ancrées.

En tant que scène artistique plus restreinte, ou encore « niche », l’art contemporain asiatique attire les collectionneurs souhaitant découvrir de nouvelles scènes, de nouveaux artistes, et soutenir les nouveaux potentiels. Uli Sigg, qui participait à la programmation de la foire l’an passé, est un exemple représentatif de ces collectionneurs pointus. Au moment de l’ouverture économique de la Chine post-Mao, il a joué un rôle majeur dans la renaissance de la scène culturelle et artistique chinoise à l’échelle mondiale. A travers une recherche rigoureuse et de nombreuses rencontres, il a constitué l’une des plus importantes collections d’art contemporain chinois qu’il continue d’enrichir aujourd’hui. Il joue encore aujourd’hui une part active dans la création d’un pont entre cultures occidentale et asiatique. Ainsi, le rôle du collectionneur s’étend, de celui d’acheteur d’art asiatique à celui d’actif participant dans le développement de cette scène, notamment à travers ses liens avec des artistes tels qu’Ai Weiwei, Cao Fei, Fang Lijun, et bien d’autres. A ce titre, il a récemment fait don d’une grande partie de sa collection à M+, musée qui devrait ouvrir ses portes à Hong Kong en 2019.

Quel(s) déploiement(s) envisagez-vous ?

Bien que nous ne soyons pas dans une perspective d’augmentation de galeries participants à la foire, nous espérons pouvoir nous étendre dans l’espace tout en maintenant le cadre intimiste qui nous est si cher. Cela permettra à chaque galerie de se déployer dans l’espace et d’offrir aux participants un lieu idéal pour exposer leurs projets et sélection d’artistes respectifs.

C’est notamment ce que nous avons réussi à entreprendre cette année ; en effet, la Plateforme Japonaise dispose de son propre espace supplémentaire de 150 m2 au sein de la foire, une grande avancée pour nous et dont nous nous réjouissons, qui permet véritablement de mettre en lumière cette scène en particulier en parallèle aux autres propositions de la foire.

Enfin, nous œuvrons chaque année à enrichir notre programmation de projections, conférences et conversations, projets spéciaux, programme hors-les-murs et partenariats, afin de renforcer notre dimension d’acteur dans le développement dans la connaissance et la recherche autour de la scène asiatique.

Par ailleurs, un projet et grande ambition est d’exporter la foire à l’international dans les années à venir, notamment à Londres.

INFORMATIONS PRATIQUES

Asia Now 2018

Claude Lévêque et Pascal Neveux, MP2018 Quel amour !

Nous avions rencontré Pascal Neveux au Frac en septembre 2017 à l’occasion d’Art-O-Rama (cf nos interview) et le retrouvons autour d’un autre projet tout aussi séduisant dans le cadre de MP2018 quel amour.

Il invite en effet en association avec les Musées de Marseille, l’artiste Claude Lévêque à investir sur deux lieux emblématiques, le Frac et le centre la Vieille Charité. « Back to Nature » et « Life on the Line » proposent une expérience sensorielle immédiate et totale entre présent et passé, violence et légèreté, force et fragilité.

Pascal Neveux nous dévoile également la prochaine saison du Frac et revient sur ce foisonnement de la scène marseillaise.

A LIRE : 
Entretien avec Pascal Neveux, Directeur du Frac Paca (1ère partie)
Entretien avec Pascal Neveux, Directeur du Frac Paca (2nde partie)

INFOS PRATIQUES :
Claude Lévêque
« Back to Nature » au Frac PACA
« Life on the Line » Chapelle de la Vieille Charité
Du 30 juin au 14 octobre 2018
Dans le cadre de : MP2018 Quel amour !
www.mp2018.com

Rencontre avec Céline Kopp, directrice de Triangle France, Marseille

Alors qu’elle prépare la prochaine Biennale de Rennes, dont elle est co-commissaire, Céline Kopp à la tête de Triangle France depuis 2012, propose à la Friche Belle de Mai l’exposition « Vos désirs sont les nôtres ». Elle est revenue avec nous sur la genèse de cette démarche, les vocations de l’association Triangle, sa récente fusion avec Astérides et les projets à venir.

Triangle France est une association à but non lucratif (loi 1901) dédiée à l’art contemporain. Elle est située au centre de Marseille à la Friche la Belle de Mai, une ancienne manufacture de tabac reconvertie en centre de production artistique pluridisciplinaire depuis le début des années 1990. Triangle France a pour but de promouvoir la scène artistique contemporaine française et internationale à travers une programmation exigeante et expérimentale de résidences, d’expositions, de performances, d’événements, de publication et la production de nouvelles œuvres. Triangle France soutient la réalisation et la diffusion de nouvelles pratiques artistiques et est engagé dans la mise en place d’une relation dynamique entre les artistes, la scène artistique locale et internationale.

A LIRE : 
https://www.mowwgli.com/41780/2018/07/23/rencontre-celine-kopp-etienne-bernard-commissaires-de-6eme-biennale-de-rennes-a-cris-ouverts/

INFOS PRATIQUES :
« Vos désirs sont les nôtres »
jusqu’au 21 octobre 2018
La Friche Belle de Mai
La Tour-Panorama, 3e étage
41 rue Jobin
13003 Marseille
http://www.lafriche.org/fr/
http://www.trianglefrance.org

Rencontre avec Christian Lacroix, Mirabilis à Avignon, désirs de collectionneur et les Rencontres d’Arles

Alors qu’il a une actualité foisonnante, au théâtre, à l’Opéra, au Louvre Lens où il met en scène avec faste la dynastie perse des Qajars, Christian Lacroix a répondu à l’invitation de Pascale Picard, directrice des musées de la Ville d’Avignon de révéler la richesse des collections des musées patrimoniaux à travers MIRABILIS dans la grande chapelle du Palais des Papes. Un véritable manifeste qui prend la forme d’un parcours inédit de 400 œuvres rassemblées de la préhistoire à l’art moderne en passant par l’archéologie, l’ethnographie, les sciences naturelles d’Europe mais aussi d’Afrique et d’Asie, puisées dans les trésors avignonnais dont les collections, distribuées en 5 musées (le Petit Palais, Calvet, Requien, le Palais du Roure et le Lapidaire), sont estimées à plus d’un million d’ oeuvres d’art, d’objets et documents, dont 10% seulement accessibles au public.

Il a répondu à nos questions sur ce nouveau défi, ses sources d’inspiration et les Rencontres d’Arles qui ouvrent dans peu de temps (il est l’invité du tout nouveau City Guide Louis Vuitton) avec passion et générosité. C’est un retour pour le créateur qui avait participé à la formidable manifestation « la Beauté » en Avignon en 2000.

1. Les défis de Mirabilis

-contrainte du lieu, du budget et du temps imparti
Il est certain qu’un cabinet de curiosité a une forme plus intime qu’une chapelle.
La contrainte principale était le lieu même si comme pour le Grand Palais avec Lucien Clergue, nous avions, avec Véronique Dollfus, su dépasser ce lieu assez rétif au départ. De plus il y avait aussi ici la mission de ne pas interférer ou polluer avec l’architecture et le nouveau support de visite.
En ce qui concerne le côté chromatique, je suis très content d’être resté dans la neutralité avec ce beige, du fait du coût qu’aurait représenté d’avoir des soieries de très belle couleur dans les vitrines, selon mon souhait initial. Nous avions pensé au début à de petits autels, de petits temples, même si au final cela n’incitait pas assez à la circulation des visiteurs.
J’aurais aimé pouvoir aller jusqu’à la période contemporaine avec des commandes passées à des artistes mais il aurait fallu plus de temps.
Mon idéal aurait été une tapisserie comme Pénélope avec un format pérenne et évolutif pour continuer à donner aux gens l’envie de découvrir ces trésors, même si mais au bout du compte les mélanges, les duos, les conversations fonctionnent très bien.
Je pensais mettre en écho quelques modestes pièces en ma possession comme des céramiques contemporaines, des textiles XVIIIème, des foulards.
De plus mes liens avec Pascale Picard qui remontent au musée Arlaten expliquent en grande partie ma réponse favorable et confiante à ce qui ressemblait à un véritable tour de force !

– L’affiche
Même si elle est le résultat d’un premier collage, elle a un côté jubilatoire et surréaliste dans lequel je me reconnais. Entre le côté un peu naïf du cabinet de curiosités et très scientifique avec des personnalités marquantes comme Esprit Calvet ou Esprit Requien qui, sans le vouloir étaient des surréalistes avant l’heure ! Enfant, je fantasmais devant les cabinets de curiosité des livres d’histoire avec ces animaux extravagants, ces faux monstres marins suspendus, ces bizarreries intrigantes et effrayantes.

– Les sources d’inspiration, Jean-Hubert Martin
Plus que d’inspiration, une véritable source de jalousie !
Depuis l’enfance je colle chaque week-end des choses semblables et dissemblables.
Plus que « Carambolages » au Grand Palais, la première exposition de Jean-Hubert Martin m’ a directement impacté, pensant détenir un univers exclusif.
Comme tout adolescent des années 1960-70 je vénérais des idoles, le duc de Windsor, l’artiste Aubrey Beardsley, et je me sentais riche de ces histoires. Or j’arrive à Paris, j’achète Vogue qui avait confié son numéro de Noël à Karl Lagerfeld et je découvre alors qu’il présente les mêmes références que les miennes ! Un peu vexé dans un premier temps, je me dis que c’est tout de même bon signe..

2. A quand remonte la 1ère scénographie décisive dans votre parcours ?

Mon rêve d’enfant était décorateur et costumier de cinéma d’abord et de théâtre ensuite.
Celle qui a vraiment compté dans mon parcours sous forme d’une véritable renaissance a été à la carte blanche au musée Réattu à Arles, en 2008 avec Michèle Moutashar, directrice du musée.
J’y ai pris un réel plaisir car en plus des collections du musée, des photographies contemporaines en lien avec les Rencontres de la photographie, des commandes à des artistes contemporains, j’ai pu introduire mes propres robes, étant encore couturier à l’époque.

3. Si j’étais un vrai collectionneur

Je me dirigerai vers tout ce qui est brut, primitif, anonyme comme l’univers de Judith Scott par exemple.
Pendant « la Beauté » à Avignon en 2000 j’avais conçu des ateliers avec les équipes de patients de l’hôpital psychiatrique de Montfavet, là où a été internée Camille Claudel. Les malades ont ensuite proposé une exposition anonyme de leurs créations, j’ai acquis une petite barque en béton avec 2 personnages, l’un qui regarde par dessus le bastingage, l’autre le ciel, offrant un résumé parfait de l’histoire de l’homme, de l’univers et du monde. Je garde toujours une vraie émotion quand je la contemple.
De même en matière de mode, personne ne pourra rivaliser avec ce qui a été fait en Afrique comme les coiffes ou certains costumes traditionnels de l’Europe Centrale avec cette folie pure dans la forme, le bijou.

4. En tant qu’arlésien, que pensez-vous de l’évolution des Rencontres ?

J’ai l’impression que cela se réduit un peu bizarrement.
L’esprit va, selon la tendance générale, vers l’audimat, avec une place de plus en plus réduite pour la découverte.
J’aime cette citation « il ne faut pas donner aux gens ce qu’ils attendent mais ce qu’ils ne savent pas encore qu’ils vont aimer » et cette démarche a bien été présente pendant de nombreuses années aux Rencontres.
De grands étonnements ont eu lieu avec les grands maîtres, alors qu’aujourd’hui les grands photographes n’ont plus cette même trempe. On assiste à une uniformisation avec de grands formats qui appartiennent à de grandes galeries pour de grands collectionneurs. Le tout d’une vraie froideur. Le choix de l’affiche par exemple pour William Wegman qui est un grand mais n’incite pas à la découverte !

Je connais Maja Hoffmann depuis l’adolescence et j’apprécie ses choix et sa collection. Elle a été notamment à l’origine de l’invitation à l’artiste sud africain William Kentridge dans les Ateliers, cette grande fanfare animée, une histoire de l’Afrique des primitifs jusqu’à Obama. D’une grande puissance.
Les Ateliers comme petit fils de cheminot c’est une autre histoire. Je regrette qu’ aucune trace du passé du lieu n’ait été conservée, en faveur d’une ambiance très aseptisée. C’était l’un des premiers ateliers du XIXème siècle sous Napoléon III. On aurait pu garder certains endroits, comme les vestiaires des cheminots ou des machineries.

Quant à l’architecture de Gehry, quelle est sa destination réelle ?
Par contre la grande réussite est la Fondation Van Gogh que les habitants se sont accaparés. Le bâtiment a été remarquablement rénové, cet ancien hôtel particulier du XVème siècle transformé en Banque de France en 1924. Cela tient beaucoup à la démarche de Bice Curiger, actuelle directrice.

Le musée Réattu malgré un manque de moyens parvient à tirer son épingle du jeu. J’ai beaucoup de tendresse pour ce lieu.
A Arles la municipalité n’est pas très riche car le manque de grandes sociétés installées ne permettent de ressources régulières.
Le tourisme reste !

5. Si vous aviez un rêve.. inachevé

J’ai réalisé un bon nombre de rêves avec les musées, les décors et mon grand dilemme de l’année 2017 a été : quel est le prochain ?
Un livre et une exposition sur la Princesse de Clèves vont sortir chez Gallimard, dans leur nouvelle galerie.
Au Centre National du Costume de Scène, j’ai le projet d’exposer ma création, cette fois de 2006 à 2018 autour d’ une quarantaine de productions ayant beaucoup travaillé en Allemagne.
La céramique sans doute est un territoire que j’aimerais explorer.

INFOS PRATIQUES :
Mirabilis
Jusqu’au 13 janvier 2019
Palais des Papes, Grande Chapelle
www.palais-des-papes.com
Billetterie
http://www.avignon-tourisme.com/

A noter que les musées municipaux deviennent gratuits !
Arles, Les Rencontres
jusqu’au 23 septembre 2018
https://www.rencontres-arles.com/

Le City Guide Louis Vuitton fait escale à Arles : must have !
https://fr.louisvuitton.com/

Rencontre avec Céline Kopp et Etienne Bernard, commissaires de la 6ème Biennale de Rennes « A cris ouverts »

Lancés par Bruno Caron il y a 10 ans, les Ateliers-biennale d’art contemporain de Rennes ont, avec un ensemble de partenaires culturels pensé la question du lien art et économie/entreprise à travers une programmation internationale dans toute la ville et au delà. Cette 6ème édition est confiée pour la première fois à un duo de commissaires, Céline Kopp, directrice de Triangle France à Marseille et Etienne Bernard, directeur du centre d’art la Passerelle à Brest.

Ils ont répondu en avant-première à nos questions, dévoilant les nouveautés et temps forts de la manifestation, 2ème plus importante biennale en France, rassemblant 8 lieux et 31 artistes.

Lieux de la Biennale : Halle de la Courrouze Musée des beaux-arts de Rennes Frac Bretagne 40mcube La Criée centre d’art contemporain PHAKT – Centre Culturel Colombier Galerie Art & Essai–Université Rennes 2 ,Lendroit éditions, Galerie Raymond Hains, Saint-Brieuc, Passerelle Centre d’art contemporain, Brest

Liste des artistes : Terry Adkins (1953, Washington – 2014, New York) John Akomfrah (1957, GHANA ; vit et travaille à Londres) Oreet Ashery (1966, ISRAëL ; vit et travaille à Londres) Jean-Marc Ballée (1966, FRANCE ; vit et travaille à Paris) Richard Baquié (1952, Marseille – 1996, Marseille) Julie Béna (1982, FRANCE ; vit et travaille à Prague) Meriem Bennani (1988, MAROC ; vit et travaille à New York) Raymond Boisjoly (1981, CANADA (NATION HAIDA) ; vit et travaille à Vancouver) Pauline Boudry / Renate Lorenz (1972, SUISSE / 1963, ALLEMAGNE ; vivent et travaillent à Berlin) Sonia Boyce (1962, ROYAUME-UNI ; vit et travaille à Londres) Madison Bycroft (1987, AUSTRALIE ; vit et travaille à Rotterdam et Paris) Volmir Cordeiro (1987, BRÉSIL ; vit et travaille à Paris) Julien Creuzet (1986, FRANCE ; vit et travaille à Paris) Jesse Darling (1988, ROYAUME-UNI ; vit et travaille à Londres) Enrico David (1966, ITALIE ; vit et travaille à Londres) Virgile Fraisse (1990, FRANCE ; vit et travaille à Paris) Kudzanai-Violet Hwami (1993, ZIMBABWE ; vit et travaille à Londres)
Katia Kameli (1973, FRANCE ; vit et travaille à Paris) Corita Kent (1918, Fort Dodge – 1986, Boston) Yves Laloy (1920, Rennes – 1999, Cancale) Anne Le Troter (1985, FRANCE ; vit et travaille à Paris) Basim Magdy (1977, ÉGYPTE ; vit et travaille à Bâle) Paul Maheke (1985, FRANCE ; vit et travaille à Londres) Senga Nengudi (1943, ÉTATS-UNIS ; vit et travaille à Colorado Springs) Sondra Perry (1986, ÉTATS-UNIS ; vit et travaille à New York) Jean-Charles de Quillacq (1979, FRANCE ; vit et travaille à Zurich) Kenzi Shiokava (1938, BRÉSIL ; vit et travaille à Los Angeles) Wu Tsang (1982, ÉTATS-UNIS ; vit et travaille à Los Angeles) Mierle Laderman Ukeles (1939, ÉTATS-UNIS ; vit et travaille à New York et Tel Aviv) Erika Vogt (1973, ÉTATS-UNIS ; vit et travaille à Los Angeles) Dan Walwin (1986, ROYAUME-UNI ; vit et travaille à Amsterdam)

INFOS PRATIQUES :
A Cris Ouverts
du 29 septembre au 2 décembre 2018
http://www.lesateliersderennes.fr/
Art Norac : l’association pour le mécénat du groupe Norac
Art Norac regroupe les actions de mécénat du groupe agroalimentaire rennais Norac. Créée en 2005 par Bruno Caron, Président et Fondateur du groupe, elle soutient la création contemporaine et participe à sa diffusion auprès du grand public et des collaborateurs des entreprises du groupe Norac.

Rencontre avec Bernard Blistène : Kanal, Centre Pompidou, Shangaï et les défis du musée de demain

A l’origine de l’ambitieux projet KANAL-Centre Pompidou porté par la Région Bruxelles-Capitale, Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne Centre Pompidou Paris et commissaire général de l’année de préfiguration est revenu avec nous sur les origines de ce partenariat hors normes. Une aventure commune et généreuse, pensée à partir du contexte de ce lieu emblématique l’ancien garage Citroën, où les œuvres des Collections du Centre Pompidou entrent en résonnance avec ces strates d’histoire et de mémoire, personnelle et collective, intime et universelle.

1. Genèse et étapes préalables au projet
C’est sur la suggestion de Michel Draguet, directeur des musées royaux des Beaux-Arts, que je suis allé avec lui rencontrer Yves Goldstein, à l’époque chef de cabinet du Ministre Président de la Région Bruxelles, autour d’un projet de musée d’art moderne et contemporain qu’ils avaient à l’esprit. Puis nous avons visité le lieu dont je connaissais la force architecturale, avec le Président Rudi Vervoort. Ce lieu en l’état brut m’a fasciné et je lui ai d’ailleurs trouvé des similitudes formelles avec le Centre Pompidou ! L’architecture industrielle, il est vrai, ses grands plateaux ouverts et fonctionnels, sont une des composantes du Centre.
Très vite, une relation de sympathie s’est nouée entre nous. L’idée d’une co-construction, mêlant les différentes disciplines qui font l’art moderne et contemporain retenaient l’attention de mes interlocuteurs. Il est vrai qu’ils ne cherchaient pas tant à construire un simple musée mais un véritable dispositif pluridisciplinaire dont le Centre Pompidou est à l’évidence, un modèle fondateur. Je me suis immédiatement ouvert de ces échanges auprès du Président du Centre Pompidou qui a obtenu l’aval de nos tutelles. Nous avons alors signé un contrat sur 10 années avec la Fondation Kanal, dans la perspective de mettre en œuvre une réflexion commune à laquelle était d’emblée associé le CIVA mais aussi un ensemble d’interlocuteurs bruxellois de premier plan. Le projet Kanal-Centre Pompidou est né de ces échanges, avec d’emblée la ferme intention d’agir à plusieurs et d’impliquer des acteurs bruxellois essentiels, ce que nous avons d’ailleurs fait en bâtissant cette actuelle préfiguration. Voyez comment Bozar, la Cinémathèque de Bruxelles, le Kunstenfestival, le Kaaitheater dont la toute proximité en fait un partenaire nécessaire et naturel, ont contribué parmi d’autres, au programme établi.
La préfiguration que nous avons décidé de mener à bien, malgré des délais tendus, avait à mon sens de multiples avantages. Elle permettait de faire découvrir ce bâtiment ô combien emblématique avant qu’il ne ferme plus de deux ans pour des travaux nécessaires. Elle permettait d’esquisser des collaborations avec des partenaires ouverts qui ont compris que travailler à plusieurs était sans doute aujourd’hui une opportunité voire une nécessité. Elle permettait aussi de comprendre le bâtiment et de travailler avec les architectes lauréats du concours, les équipes mixtes, à la fois anglaise (Sergison Bates architects), flamande (noAarchitecten, Bruxelles) et suisse (EM2N). Une belle alliance, au demeurant pour un programme très précis.
à l’issue du concours pour définir le programme et ses besoins. Enfin, qui aurait pu attendre, après tant de débats souvent passionnés et d’attente que ce lieu magnifique n’esquisse pas un peu de ses ambitions et de son devenir ? Voyez d’ailleurs l’accueil formidable qui a été réservé ! C’est toujours le public qui finalement triomphe des antagonismes et des grincheux. Il faut savoir l’écouter.
Et puis, il y a eu d’emblée la volonté d’en appeler à des artistes et d’initier des commandes qui constitueront très vite le patrimoine de cette institution. On a trop rabâché – je déteste qu’on rabâche – que Bruxelles, ville de culture et de collectionneurs avertis, n’avait pas su constituer une collection d’art moderne et contemporain. Le mouvement est désormais enclenché. Il se continuera afin qu’au moment de son ouverture, la fondation Kanal puisse présenter le résultat du travail que la commission constituée aura réalisé.
J‘aimerais aussi ajouter que je me suis souvent demandé pourquoi Bruxelles, capitale administrative de l’Europe, n’avait pas tenté de mettre en œuvre le musée européen d’art moderne et contemporain qu’elle avait le droit et peut-être le devoir de concevoir. Je ne dis pas que l’activité artistique et intellectuelle de la ville a fait défaut, bien au contraire. Je dis que l’outil d’aujourd’hui auquel d’ailleurs nous réfléchissons ensemble et qui conduit d’ailleurs le Centre Pompidou à réfléchir sur lui-même et ses quarante ans écoulés, a sa pleine place à Bruxelles et qu’il est formidable de pouvoir contribuer à son édification. Et même s’il y a eu une forme de scepticisme de la part de certains, sans doute parce que les querelles politiques sont inévitables dans pareille circonstance, je sais que Kanal-Centre Pompidou est désormais inscrit dans le devenir culturel de Bruxelles et moi qui ai tant appris de la Belgique et de sa passion pour l’art de son temps, ne peux que m’en féliciter.

2. Le programme de préfiguration : Kanal Brut
Je vous le disais, nous avons bâti une programmation pluridisciplinaire que nous avons d’ailleurs « calée » sur les grands rendez-vous du calendrier de Bruxelles. Cette co-construction est le fruit de débats passionnants avec une équipe formidable que je veux saluer ici. Tous ensemble, nous avons voulu célébrer le bâtiment et son histoire, nous y infiltrer, révéler son potentiel. Et puis, nous avons joué avec le lieu afin d’inviter les visiteurs à s’y perdre et à le découvrir. L’idée de « dessiner des lignes de fuite », comme aurait dit Gilles Deleuze, n’a cessé de nous animer. Voyez le résultat, je crois d’ailleurs qu’il a séduit les milliers de personnes qui sont d’ores et déjà venues.
Et puis, l’histoire de ce garage s’est incarnée dans les œuvres choisies selon les espaces et leur vocation : les ateliers pouvant accueillir des œuvres monumentales, les bureaux ou les vestiaires, la salle à manger du personnel des œuvres autour de questions d’ordre social et identitaire. Nous avons cherché à tout de suite intégrer des artistes de la scène belge, très cosmopolite et à engager celles et ceux qui ont accepté de répondre à la commande que nous leur avons faite, à travailler avec le lieu. Le résultat est, il me semble, tout à fait fascinant.

3. Marque ou opérateur culturel ?
Je n’aime pas ces mots ! Je me refuse à considérer une institution de l’autorité du Centre Pompidou comme une simple marque. Le Centre Pompidou en tant que tel est une institution objectivement unique. Certes, d’autres modèles ont apparu entre temps. Néanmoins 40 ans ont passé et l’occasion de se déplacer en Chine comme à Bruxelles nous incite à nous penser et à nous mettre à l’épreuve, dans un contexte différent. A la création du Centre Pompidou, le débat restait entre Europe et Amérique, alors que la globalisation, au-delà de son revers menaçant, nous oblige à réfléchir à la fois sur l’état de la création à l’échelle de notre monde d’aujourd’hui mais aussi à faire des choix et à comprendre la complexité du récit moderne.

4. Shangaï
Ce que je trouvais opportun dans l’instant où nous nous installerions à Shanghai, c’était évidemment de construire un programme où la relation Occident-Orient serait prégnante et source de pensées. Certes, le Centre Pompidou prêtera des œuvres dans cette perspective et fournira des conseils en matière d’ingénierie culturelle, mais il aura aussi pour mission de développer une relation actuellement trop sporadique avec un continent dont on sait l’importance à tous égards dans notre monde de demain. Et le Musée ne pourra qu’y gagner en termes d’expériences et de connaissances, tant la Chine est aujourd’hui un territoire en pleine mutation et un acteur passionnant du débat artistique contemporain.

5. Le Centre Pompidou, laboratoire prospectif ?
Je l’espère ! Et c’est d’ailleurs le vœu de son Président. Nous venons d’ailleurs d’inaugurer en complicité avec l’IRCAM, la deuxième édition d’un rendez-vous annuel, intitulé Mutations/Créations qui renoue avec l’esprit théorique et artistique du centre de création industrielle de l’époque initiale. Le Centre et son Musée retrouvent sans doute là une autre vie, à l’écoute de l’art et des sciences d’aujourd’hui et réinvestissent un champ d’expérimentations pluridisciplinaires qui autorise à interroger le sens profond de sa mission.
De même pour l’exceptionnelle rétrospective de l’ensemble des créateurs de l’Union des Artistes modernes, que la plupart des gens ne connait pas encore bien et qui témoigne de la force de la recherche appliquée à la création et permet sans doute au Centre Pompidou d’interroger le passé pour imaginer son futur. Le propre de la création vivante est, par essence, d’être en mouvement permanent. Ces projets comme tant d’autres – voyez en ce moment celui conçu par Ryoji Ikeda – sont sans doute en pleine osmose avec le Centre Pompidou, son histoire et ses enjeux de demain. Je sais que l’aventure bruxelloise contribuera à cet enrichissement.

INFOS PRATIQUES
KANAL Centre Pompidou
une année de préfiguration
jusqu’au 10 juin 2019
Les expositions : L’usine de Films Amateurs par Michel Gondry, Tôles, Station to Station, Administration, Le lieu du film, Le Lion, sa cage et ses ailes, Walk th chai, En rouge et blanc, Identités/Altérités, House 3 by Alice, Projets étudiants, As Found
Arts vivants : programme
Horaires :
tous les jours de 12h à 22h (fermé le mardi)
nocturne les vendredi et samedi
Tarifs : plein 14€
Quai des Péniches, Bruxelles
http://kanal.brussels/fr

Mutations/Créations 2
Coder le monde
Ryoji Ikeda
Forum Vertigo, cycle de rencontres avec l’IRCAM
jusqu’au 27 août 2018

U.A.M une aventure moderne
jusqu’au 27 août 2018
Centre Pompidou Paris
https://www.centrepompidou.fr

Rencontre avec Julien Creuzet, Lafayette Anticipations

Dans l’emblématique bâtiment signé Rem Koolhaas Lafayette Anticipations nous dévoile sa première exposition collective constituée principalement de nouvelles commandes la plupart conçues sur place, selon l’ADN du projet Fondation Galeries Lafayette.

« Le centre ne peut tenir » titre étrange et en équilibre instable est issu d’un poème de l’irlandais Yeats qui décrit un monde dévasté où tout est à reconstruire. A l’image de ces identités mouvantes pensées par les artistes convoqués qui incitent à imaginer de nouvelles lectures de nos comportements par le biais d’une esthétique contaminée et disruptive.
Julien Creuzet, l’un des protagonistes de ce laboratoire inédit a répondu à nos questions.

Julien Creuzet est diplômé de l’école des beaux arts de Caen, du post-diplôme des beaux arts de Lyon et du Fresnoy-Studio national des arts contemporains. Il a récemment fait l’objet d’une exposition début 2018 à la Fondation d’entreprise Ricard.

Liste des artistes : Isabelle Andriessen, Lucy Beech, Ève Chabanon, Cooking Sections (Daniel Fernández Pascual et Alon Schwabe), Julien Creuzet, Danielle Dean, Kenny Dunkan, Rana Hamadeh, Paul Maheke (en collaboration avec Ligia Lewis et Nkisi), Jumana Manna, Yuri Pattison.
Avec la participation d’Andrés Jaque / Office for Political Innovation.

Infos pratiques :
Le Centre ne peut tenir, exposition collective
jusqu’au 9 septembre 2018
9 rue du Plâtre
75004 Paris
Tarif plein 8 €
Tarif réduit 5 €
Le rez-de-chaussée de la Fondation, son café-restaurant et sa boutique « A Rebours » sont en accès libre.
Horaires : ts les jours de 11 à 20h, (week-end 22h) fermé le mardi
https://www.lafayetteanticipations.com/

Julien Creuzet aux Rencontres d’Arles dans le cadre du VR FESTIVAL avec le Palais de Tokyo.
Il présentera sa première réalisation incluant l’usage de la V.R. Une œuvre traite de la culture et de la circulation du maïs qui du Mexique aux marchés européens suit le cours de la mondialisation. Commissaire : Daria de Beauvais

Rencontre avec Dominique Darde, conservatrice du musée de la Romanité de Nîmes

Nous l’avions annoncé dans notre article du 1er juin, ce musée nouvelle génération qui repense l’archéologie et la muséographie à l’aune des techniques les plus avant-gardistes et place Nîmes en rivale de sa jumelle romaine, Arles.
On entre de plein pied dans 25 siècles d’histoire par cet écrin tout de légèreté et de lumière signé Elizabeth de Portzampac qui a su parfaitement relever le défi d’après Dominique Darde à l’origine de ce projet depuis son arrivée en 1985 alors jeune diplômée de la Sorbonne.
Helléniste et latiniste celle qui avait participé à des fouilles sur différents sites nîmois voit la consécration de sa vie se matérialiser enfin.
Elle a répondu à nos questions à l’issue d’un parcours captivant qui mêle multimédia et réalité augmentée avec les nombreux trésors présentés dans une approche chronologique et thématique conçue avec l’architecte. Parmi les suggestions d’Elizabeth de Portzampac, la création d’un espace central, appelé atrium autour duquel se déroule le parcours et 3 balcons superposés qui traitent du sanctuaire de la Fontaine, à l’origine de la ville, les boîtes de savoir, sas d’entrée pédagogique dans chaque période et le jardin archéologique.

Infos pratiques :
Exposition temporaire : les Gladiateurs
jusqu’au 24 septembre 2018
Tarifs :
plein : 8 €
réduit : 6 €
Ouvert tous les jours :
du 2/6 au 30/6 et du 1/9 au 4/11
10h – 19H
https://museedelaromanite.fr/

Rencontre avec Camille Morando, co-commissaire de l’exposition Soulages à la Fondation Gianadda

Camille Morando, chercheur pour le département des Collections modernes du musée national d’art moderne, Centre Pompidou partage avec Bernard Blistène le commissariat de cette exceptionnelle rétrospective de Pierre Soulages à la Fondation Gianadda. Exceptionnel par le nombre d’œuvres des collections du Centre Pompidou présentées, cet éclairage prend dans le cadre de Martigny la Romaine, une résonnance toute particulière à la suite d’autres artistes emblématiques tels que Zao Wou Ki, Nicolas de Stael, Matisse, Picasso…convoqués par Léonard Gianadda, mécène, collectionneur, ingénieur et bâtisseur. Alors qu’il s’apprêtait à ériger un immeuble sur une partie de terrain qu’il détenait, il découvre les restes d’un ancien temple celte, unique en son genre en Suisse, la même année où son frère Pierre meut subitement pour avoir porté secours à des camarades après un accident d’avion. Léonard décide alors de créer une fondation en son souvenir.
C’est pourquoi la fondation qui fête ses 40 ans, porte en elle les multiples strates de cette histoires personnelle qui se mêle à chaque destin d’artiste convié.

Camille Morando revient sur la genèse de ce projet et les défis rencontrés.

Infos pratiques :

Soulages
une rétrospective

Catalogue éditions Fondation Gianadda, 158 pages, en vente à la librairie boutique.

Egalement à la Fondation :

Cunillère
Photographe de Soulages

Galerie du Pavillon Szafran

Léonard Gianadda

80 ans d’histoires à partager

Vieil Arsenal

jusqu’au 25 novembre 2018

Un parcours en images et en sons retrace l’histoire de la Fondation Pierre Gianadda en compagnie de son créateur. Les trois vies de Léonard Gianadda sont présentées : la formation et les reportages de jeunesses, la Fondation, l’œuvre sociale.

Annonce de la 41e saison musicale
Prochain concert : 29 juillet 2018 à 20h

Pour agrémenter votre visite :
Parc de sculptures
Ouvert toute l’année

Tous les jours
de 9h – 19h (juin-novembre)
de 10h – 18h (novembre-juin)

Rue du Forum 59
CH 1920 Martigny
Plan d’accès

Rencontre avec Charlotte Cosson et Emmanuelle Luciani, commissaires de l’évènement Korakrit Arunanondchai (J1, MP2018)

L’artiste thaïlandais Korakrit Arunanondchai après JR, est invité par les deux commissaires à investir ce lieu emblématique de l’histoire et du patrimoine marseillais l’ancien hangar devenu J1 qui renait grâce à MP2018, quel amour.

Amour de Marseille tout d’abord, Korakrit Arunanondchai se retrouvant dans ces multiples strates d’itinéraires individuels qui font le socle de la cité phocéenne, amour de l’autre avec ce projet en plusieurs volets « With history in a room filled with people with funny names 4 » qui traite de l’empathie et de la mémoire du vivant dans un futur incertain.

« Qui recueillera nos traces lorsque nous redeviendrons poussière ? » « Le post-humain sera t-il androgyne ou couplé à la machine ? » Autant d’enjeux et de défis que nous lance l’artiste et que nous décryptent ses émissaires, les historiennes de l’art, Charlotte Cosson et Emmanuelle Luciani qui ont répondu à nos questions à l’issue d’une mémorable performance.

Infos pratiques :
« With history in a room filled with people with funny names »4
une exposition de
Korakrit Arunanondchai
Cycle de conférences
J1 Marseille
jusqu’au 29 juillet 2018

Le J1 est ouvert du mercredi au dimanche de 15h à 20h
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h

BILLETTERIE
Payant
Entrée : 3€

> 1er plateau – Espace Quai du large : « WITH HISTORY in a room filled with people with funny names. 4 » de Korakrit Arunanondchai
> 2ème plateau – Espace Joliette : Koché x Open My Med  => Découvrez l’événement en cliquant ici.
www.MP2018.com

Prochainement au J1 : Art-O-Rama et PAREIDOLIE
nous y serons !
MP2018, la saga continue !