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Bernard Buffet, la collection Pierre Bergé au Musée Estrine, Saint Rémy-de-Provence

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Dates
14/04/2018 - 23/09/2018

Horaires
10 h 00 min - 18 h 00 min

Lieu
Musée Estrine
8, rue Estrine
13210, Saint-Rémy-de-Provence
France


Musée Estrine

Bernard Buffet 14 avril – 23 septembre 2018

une collection très particulière

Les tableaux de Bernard Buffet présentés dans cette exposition appartiennent à une collection doublement « particulière ». Pour la majorité d’entre eux, ces tableaux ont été donnés par l’artiste à son compagnon, Pierre Bergé, dont il a inscrit le nom au dos de la toile. De son côté, Pierre Bergé a acheté Les Poulets (1948), œuvre majeure des débuts de la carrière de l’artiste. Le Trompettiste lui a été offert par le frère de l’artiste et Poissons par la belle-sœur de celui-ci. A l’exception de ces trois œuvres, antérieures à leur rencontre, on peut affirmer que Pierre Bergé vit ces toiles avant que la peinture n’en fût sèche…

Plus tard, avec Yves Saint Laurent, Pierre Bergé allait devenu l’un des plus grands collectionneurs de notre époque. Selon leur souhait commun, ces collections ont été dispersées en vente publique. Mais Pierre Bergé a conservé les œuvres de Bernard Buffet après leur rupture en 1958, de même qu’il conserva les ouvrages de Giono ou de Jean Cocteau qui lui étaient dédicacés. Outre leur valeur artistique, ces œuvres avaient une signification particulière pour lui. Elles formaient une sorte de trésor secret, témoin de sa vie avec un artiste. Quelques-unes de ces toiles ont figuré dans la grande rétrospective Bernard Buffet organisée par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 2016. Mais c’est la première fois qu’elles sont révélées au public avec une telle ampleur.

En 1950, lorsque Pierre Bergé fait la connaissance de Bernard Buffet (1928-1999), l’artiste est déjà célèbre. Remarqué par quelques critiques dès sa première appari- tion à un salon de peinture en 1946, le jeune artiste s’impose par un style qui n’ap- partient qu’à lui. A une époque où l’art abstrait gagne du terrain, il opte résolument pour la figuration. Sa palette est restreinte, son trait est anguleux. Les sujets de ses toiles sont le reflet de son quotidien : natures mortes, portraits et autoportraits, chambres et ateliers où grelotte un modèle, paysages silencieux. C’est une peinture du dénuement, du désenchantement, une peinture qualifiée de « misérabiliste » par ceux qui, au sortir de la guerre, n’en apprécient pas l’âpre beauté. A 18 ans, le peintre est en possession d’un solide métier. Dessinateur né, il a perfectionné sa technique au cours de dessin de Victor-Sacha Darbefeuille pendant l’Occupation. Sa formation s’est poursuivie à l’Ecole des beaux-arts, dans l’atelier d’Eugène Narbonne, peintre de nus et portraitiste. Cet enseignement traditionnel l’a mis en possession de tous les « outils » de son métier. A cette formation classique s’ajoute une connaissance approfondie des grands artistes du passé. Une connaissance acquise à la bibliothèque de l’Ecole des beaux-arts, puis, après 1945 et la réouverture des grands musées parisiens, au contact direct des œuvres, principalement au Louvre.