Archives par mot-clé : 70s

Philippe Morillon : Son Palace

Non, juste un rêve, le Palace n’existe plus, du moins celui que Philippe Morillon a photographié dans la jeunesse des années 1970-1980, quand le beau jeune homme hantait en feu follet l’antique cinéma Gaumont que Fabrice Emaer avait ressuscité pour accueillir tout ce qui comptait sur la scène des arts et de la mode.

Connu pour ses illustrations d’un monde idéal de beautiful people évoluant comme des dieux sur les plages californiennes ou au néon des boîtes branchées, Morillon devenait le soir ce paparazzo enchanteur auquel personne ne refusait son portrait, trop heureux de figurer dans son étincelante chronique. Ces photos, les musées, les festivals, les rétrospectives savent les convoquer en figurantes pour se donner une note précieuse, un ton juste. La galerie de la Clé a eu la bonne idée d’en faire enfin une exposition monographique, aussi brillante qu’une soirée du Faubourg Montmartre, où vous croiserez dans leur éclat Diane de Beauvau-Craon et Jacques de Bascher au bal de l’Opéra de Paris, Yves Saint Laurent au Moulin Rouge, Inès de la Fressange, Loulou de la Falaise et Fred Hugues au Club 7, Mick Jagger emperruqué, Djemila Khelfa la sublime, Edwige Belmore sacrée « Reine des Punks » et le génie d’Andy Warhol, puissance trois.

INFORMATIONS PRATIQUES
Philippe Morillon, Au Palace ce soir
Du 7 Décembre au 13 Janvier 2017
Vernissage Jeudi 7 Décembre de 18h à 22h.
Galerie de La Clé
23 rue Michel le Comte
75003 Paris
https://www.galeriedelacle.com

Le Calendrier de l’Avent Spécial Edition Photo : 6 Décembre

Chaque jour Mowwgli vous propose d’ouvrir la case du jour de votre calendrier de l’avent. Difficile d’y inclure des petits morceaux de chocolat, alors nous avons décidé de vous faire découvrir quotidiennement un livre photographique publié cette année. Idées cadeaux, suggestions pour compléter votre collection de livres photo ou juste pour le plaisir des yeux… voici 24 sélections !

Aujourd’hui, mercredi 6 décembre, nous vous présentons « CENSORED » de Tiane Doan Na Champassak publié chez RVB Books pour une plongée dans les magazines érotiques des années 60 et 70.

Depuis une dizaine d’années, Tiane Doan na Champassak collectionne au gré de ses voyages les magazines érotiques thaïlandais. La nudité dans les magazines étant interdite à l’époque, les photographies étaient censurées avec soin et créativité. L’artiste a utilisé sa collection de plus de 4000 détails de photographies pour réaliser le livre Censored abordant les thèmes de l’érotisme et de la censure.

Publication d’une édition spéciale avec 50 tirages uniques – tirage pigmentaires sur papier japonais Awagami – 20×29,5cm, montés sur carton sans acide de couleur, dans un fourreau en plexiglass, accompagné du livre signé.

INFORMATIONS PRATIQUES
CENSORED
Tiane Doan Na Champassak
RVB Books
• 6 éditions
https://rvb-books.com
60€
• Edition Limitée
https://rvb-books.com/limited_detail.php?id_book=175
450 €

Bocanegra, Morillon : Great 70/80’s

Le passage Vero-Dodat fait partie du réseau de galeries que la Restauration a fait construire pour rendre Paris agréable : on y pouvait par temps de pluie trouver un havre clair entre le palais Royal et  le quartier des Halles, qui ne connaissait pas encore les pavillons de Baltard.

Dans ce passage qui a gardé son charme un rien décalé de la  vulgarité d’alentour, la galerie Pierre Passebon s’est fait la réputation d’exposer des œuvres plutôt aimables, et même aimées, entre des meubles qui semblent eux-mêmes avoir quelque chose à dire, signés qu’ils sont de Gio Ponti, Marina Karella, Jules Wabbes, Axel Hjorth ou une collection de masques en céramique d’Accolay. On y voit en ce moment, et en des salles distinctes, la production de deux artistes qui ont éclairé les nuits branchées des années 1970-1980, ce qu’on appelle encore les années Palace, c’est-à-dire cette période heureuse et sans entraves, située entre le souffle liberateur de 1968 et les premières semonces d’une maladie qui collectionnait ses victimes, préférant les papillons des boîtes de nuit et des lieux de drague.

Elégant comme un prince et beau comme un dieu, Bocanegra collectionnait quant à lui les portraits de tout ce qui brillait, préférant immortaliser ses modèles en couleurs,  aussi vrai que la période qui sortait de la vague psychédélique, jouant du strass et découvrant le fluo, n’avait rien de terne. Andy Warhol, Romain de Tirtoff, dit Erté, César, Trénet comptent parmi les modèles les plus illustres, mais s’y joignent Eva Ionesco et Kid Chocolate, Tata de Pigalle et la duchesse de Larochefoucauld, Pierre et Gilles, Paloma Picasso et Azzedine Alaïa, Farida Khelfa et sa jeune sœur Djemila, et pourquoi pas, le pont Alexandre III et le chevet de Notre-Dame, pris en leurs heures mauves. A la même époque, Philippe Morillon, photographiait aussi, chassant en charmant paparazzo le people des soirées parisiennes. Pierre Passebon présente, en douze œuvres tirées en dix exemplaires fine art, encadrée en boîtes américaines 50x60cm, une sélection de sa production d’illustrateur en acrylique et aérographe, où le soleil semble à jamais californien, où le néon prend la nuit le relais pour éclairer les corps bronzés, les crèmes glacées géantes et les chromes des décapotables. Peintre d’un paradis laissé par le souvenir d’années d’insouciance rythmées en 45 tours vinyle, Morillon célèbre l’azur et la blondeur, laisse flotter le désir, rend à la pub le génie de la réclame, et offre un perfecto au président De Gaulle en majesté.

Simon Bocanegra a préféré quitter ce monde en décembre 2011. Le livre qu’il avait rêvé de voir propager son travail accompagne l’exposition qui accueille aussi l’urne de ces cendres, apportée par des mains amies. Philippe Morillon continue d’aimer tout ce qui est beau, la Toscane de la Renaissance, la Bavière du roi fou et son chat bengal. Un coffret propose l’intégralité des œuvres exposées au mur, dans leurs boîtes américaines.

L’exposition dure jusqu’au 15 novembre ; la manquer serait pire qu’un crime contre l’hédonisme, une regrettable faute de goût.

INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition
Simon Bocanegra &
Philippe Morillon : 80′
Jusqu’au 15 novembre 2017
Galerie du Passage
22 – 26 galerie Véro-Dodat
75001 Paris
http://www.galeriedupassage.com

Edition
Simon Bocanegra, photographe
Textes de Claude Louis-Combet, Jacqueline Germé, Hélène Hazera, Editions Gourcuff Grandenigo
160 pages 23×32 cm
Relié, couverture toile
29€
– Philippe Morillon, 80′
The (M) éditions
Coffret de 40 illustrations 1974/1984
30x40cm , tirées sur papier Olin 200g, avec un texte de présentation. , 80 exemplaires numérotés de 1 à 80
95 €

Ralph Gibson : La Trilogie, un Pavillon et un volume

Gilles Mora confie facilement qu’il est à Montpellier un homme heureux depuis qu’en 2010 la municipalité lui a confié la programmation et la direction artistique du Pavillon populaire. C’est ce qui lui permet de présenter la photographie comme il l’aime et comme il l’entend. Son bonheur n’a pas faibli avec la quatrième et dernière exposition de sa Saison américaine qui offre un retour sur l’œuvre magistrale de Ralph Gibson, ou plus exactement sur sa Trilogie noire.

Telle qu’il la ressemblait, entre 1970 et 1974, au sein de sa propre maison d’édition new-yorkaise.  « The Somnambulist », « Déjà Vu » et « Days at Sea », les trois livres qui faisaient une synthèse des premières années de sa production d’auteure déroulent dans le labyrinthe du pavillon populaire, sur près de cent-cinquante tirages originaux réalisés par l’artiste. Ceux qui connaissent l’œuvre de Gibson par ses expositions ou par ses publications se doutent que l’accrochage est un pur plaisir. Les autres profiteront d’une exposition sensible, plus que raisonnée, quand elle permet de faire  résonner l’audace jubilatoire du jeune photographe qu’était Gibson dans les années 1970, déterminé à tourner le dos à la vocation didactique et documentaire de l’industrie du livre photographique. Où l’on voit qu’à peine admis au sein de Magnum Photos, le benjamin de l’agence prenait la ligne du reportage à rebours pour donner du monde, des corps et des choses une vision absolument personnelle, résolument littéraire, en phase avec les audaces formelles ressenties dans la France de la Nouvelle vague cinématographique et du Nouveau roman. L’édition originale de la Trilogie est épuisée depuis belle lurette et l’exposition de Montpellier est l’occasion d’une réédition en facsimile mais en un seul volume, présenté par Mora lui-même. Deux raisons de se réjouir en trois fois.

INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition
La Trilogie 1970-1974
Ralph Gibson
Du 18 octobre 2017 au 8 janvier 2018
Pavillon Populaire, Espace d’art photographique
Esplanade Charles de Gaulle
34000 Montpellier
• Livre
Gilles Mora, « Ralph Gibson, Black Trilogy, une aventure surréaliste ». Editions Hazan
220 pages 22x31cm
35 euros
http://www.ralphgibson.com

Big Big Train nous emportent en 1ère classe dans les 70’s

Ce n’est pas nouveau les musiques des 70’s suscitent toujours autant de passion et de nombreux groupes actuels rendent hommage à leur façon à cette période musicale bouillonnante et créative.

Parmi les styles musicaux de l’époque il en était un qui pouvait s’apparenter à  un syncrétisme de toutes les musiques, empruntant des références au classique, au jazz, à la musique psychédélique, au rock c’était le progressive rock mené par des groupes comme Pink Floyd, Genesis, Yes, King Crimson pour ne citer qu’eux.

Quelques inconditionnels ont repris cette ligne musicale dans les années 90 en créant le néo prog ou new prog dont le groupe Big Big Train.

Le 28 avril dernier est sorti leur dernier opus « Grimspound ». Dignes héritiers de Genesis, le style, la construction des morceaux et même la voix de David Longdon nous replonge dans l’univers de ce groupe porté par Peter Gabriel puis Phil Colins. D’ailleurs quelques enregistrements de cet album ont réalisés au  mythique Real World Studios,  studio de Peter Gabriel  dont cet Experimental  Gentelmen

INFORMATIONS PRATIQUES
Big Big train
«Grimspound »
English Electric Recording

Carte blanche à Diane Dufour : La photographie japonaise conceptuelle

Diane Dufour est notre invitée de la semaine (lire son portrait publié le 19 juin). Diane est Directrice du BAL à Paris, aujourd’hui, pour sa carte blanche, elle partage avec nous son coup de cœur de l’installation signé Masaki Nakayama présentée actuellement à la galerie Christophe Gaillard.

Pour les amoureux du Japon, de l’art conceptuel ou de la photographie, ne manquez pas la belle sélection proposée par Christophe Gaillard associé pour l’occasion par la célèbre galerie de Tokyo,  Yumiko Chiba:  « La photographie conceptuelle japonaise des années 70’s ».
Installations, performances, sculptures photographiques…. les artistes de cette époque testent les limites du medium et inventent de nouvelles formes.
Voir en particulier certaines oeuvres présentées pour la première fois en France de Norio Imai, Kazuyo Kinoshita, Masafumi Maita, Kanji Wakae, Katsuro Yoshida et Masaki Nakayama.
L’exposition est présentée en deux parties, la première à la Galerie Christophe Gaillard et la seconde, à la Galerie 1900-2000.

A LIRE
http://mowwgli.com/17616/2017/06/08/photographie-conceptuelle-japonaise-annees-70/

INFORMATIONS PRATIQUES
Photographie conceptuelle japonaise des années 70
Du 6 juin au 29 juillet 2017 (Attention l’exposition est fermée actuellement mais sera visible dès le 29 juin !)
> Galerie Christophe Gaillard
5, rue Chapon
75003 Paris
http://www.galerie-gaillard.com
> Galerie 1900-2000
8 rue Bonaparte
75006 Paris
http://galerie1900-2000.com

UNE APPLICATION GEOLOCALISEE

iphone_se_review_08

Pour vous guider à Paris, Mowwgli met à disposition son application qui géolocalise les événements et les lieux culturels, retrouvez les fiches des expositions, des galeries et des artistes !
Vous pouvez la télécharger dès à présent, elle est gratuite !
https://itunes.apple.com/fr/app/mowwgli/id1184953498?mt=8

La Photographie conceptuelle japonaise des années 70

La galerie 1900-2000 et la galerie Christophe Gaillard s’associent pour vous offrir une exposition inédite consacrée à la période de changement radical du paysage culturel japonais. Au travers de deux espaces d’exposition, vous serez invité à pénétrer dans l’univers de la photographie conceptuelle japonaise des années 70 et appréhender le rôle fondamental de ces expériences photographiques au travers de la pratique de ces artistes japonais engagés.

En effet, dans la tourmente socio-politique de la fin des années 60 au Japon, ces artistes, sentant que leurs pratiques traditionnelles ne sont plus valides, commencent à expérimenter d’autres voies, basées sur la photographie, et posent ainsi les bases d’un nouvel art japonais contemporain. La caméra y est utilisée de manière conceptuelle, reflétant diverses tendances (la performance, le minimalisme, l’art conceptuel). Les artistes sont amenés à explorer le flux du temps et l’intangibilité de l’espace au travers de travaux photographiques conceptuels (parfois sériels), d’installations ou de performances. Ce faisant, ils réussissent à dépasser les contraintes du médium photographique et permettent à la photographie de s’engager sur de nouveaux chemins. En testant par divers artifices, les limites de l’image et de la représentation de l’objet photographié, les artistes présents dans les deux expositions ont élevé la photographie à une discipline conceptuelle nouvelle.

Après plusieurs expositions internationales (Galerie Marianne Boesky, Japan Society, Université de New York ou encore le Museum of Fine Arts de Houston), il était temps de dévoiler en Europe tout ce pan fondamental de l’art japonais mais aussi de l’art contemporain international. Dans les deux galeries, l’exposition présente 42 oeuvres de 6 artistes – dont beaucoup sont présentés pour la première fois en France : Norio Imai, Kazuyo Kinoshita, Masafumi Maita, Kanji Wakae, Katsuro Yoshida et Masaki Nakayama.

INFORMATIONS PRATIQUES
Photographie conceptuelle japonaise des années 70
Du 6 juin au 29 juillet 2017
> Galerie 1900-2000
8 rue Bonaparte
75006 Paris
> Galerie Christophe Gaillard
5, rue Chapon
75003 Paris
http://www.galerie-gaillard.com
http://galerie1900-2000.com

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People in Cars de Mike Mandel aux éditions Stanley Barker

Les éditions Stanley Barker, en collaboration avec la galerie Robert Mann, viennent de publier « People in Cars », un ouvrage photographique signé du californien Mike Mandel. L’artiste est d’ailleurs actuellement exposé au MoMa de San Francisco avec sa série « Good 70s ». Grand coup de projecteur sur les années 70, la décennie la plus prolifique de Mike Mandel, grand ami de Larry Sultan.

Mike Mandel, né en 1950, a grandi dans la Vallée de San Fernando, à deux pas de Los Angeles. A cette époque, et comme tous les enfants de son âge, il pouvait accéder à pied à peu près partout : pour se rendre à l’école, se rendre chez ses amis qui habitaient le même quartier que lui, et même pour se rendre dans des lieux plus sauvages pour collecter des roches ou attraper des lézards… C’est à l’âge de 20 ans, en 1970, qu’il s’est rendu compte de l’importance
et du rôle que son véhicule jouerait dans sa vie, c’est à cet instant qu’il décide de photographier les californiens dans leur voiture.

Pour réaliser ses images, il choisi alors un carrefour très fréquenté à proximité de son domicile de Van Nuys, entre le Boulevard Victory et l’avenue Coldwater Canyon, à un moment propice de la journée, celui de la fin d’après-midi, pour sa luminosité si particulière. Il sélectionnait sa « cible » avec son 28mm et s’approchait de très près de la voiture pour déclencher son appareil, il y avait inévitablement une réaction de la part su sujet photographié : de la surprise, de l’amusement et à quelques rares occasions, de la colère.

INFORMATIONS PRATIQUES
• People in Cars
Mike Mandel
Editions Stanley Barker & Robert Mann Gallery
210 x 297mm
72 pages
ISNB: 9780995555549
Prix  £35 / €40 / $45
http://www.stanleybarker.co.uk
• Good 70s
Mike Mandel
Du 20 mai au 20 août 2017
SFMOMA
151 Third Street
San Francisco, CA 94103
USA
https://www.sfmoma.org