Archives par mot-clé : Art Contemporain

Flower Power à Chaumont sur Loire – Saison 2017 #DigitalArt

Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas à Chaumont qui sous l’impulsion de Chantal Colleu-Dumond ne cesse de se métamorphoser au gré des interventions artistiques et collaborations inédites, revendiquant un positionnement international stratégique conforté par un public en constante hausse.

Cette année l’art digital fait le lien pour la première fois avec la thématique du Festival International des Jardins autour du « pouvoir des fleurs » avec l’installation phare de Miguel Chevallier mais aussi de Davide Quayola et Stéphane Guiran.

Comme un ovni posé dans le parc la sphère géodésique de Miguel Chevalier irradie les alentours. Des « paradis artificiels » répartis sur 2 dômes. Une fois franchi le seuil de l’expérience, les « Trans-Natures » sont projetées à 360°sur les parois intérieures du second dôme offrant une transposition imaginaire réflexive du règne des plantes, selon le concept développé par l’artiste à la fin des années 1990. Une musique commandée spécialement à Jacopo Baboni Schilingi accompagne cette immersion complète avec un dispositif de miroirs qui trouble les frontières de la cognition spatio-temporelle. Nous sommes pris de vertige face à cette « pollinisation florale »en flux constant où le visiteur assisterait à la chute des jardins de Babylone comme dans un rêve éveillé. Miguel Chevalier (né en 1959 à Mexico), l’un des pionniers de l’art numérique et virtuel se passionne pour le règne végétal qu’il transpose aux logiques d’hybridation permises par l’ordinateur. Il signe là en pleine nature aux côtés des arbres centenaires du parc de Chaumont et sculptures contemporaines, le meilleur de ce questionnement des limites entre naturel et artificiel.

Davide Quayola (né en 1982 à Rome) fait son retour à Chaumont avec une nouvelle installation « Jardins d’été », fruit d’une résidence de 15 jours en août 2016. Revisitant l’histoire de l’art à travers l’outil numérique il contribue notamment à l’ambitieux Google Art Project sculptant les différents couches iconographiques des plus grands chefs d’œuvre pour ensuite proposer de nouvelles peintures mutantes. La technique du mapping mêlée à la vidéo et la photographie invite à une nouvelle contemplation comme cela est induit par « Jardins d’été » dont la source est l’enregistrement des massifs de dahlias, de sauges et de delphiniums du Parc historique, retranscrit dans une palette impressionniste.

De nouveau le spectateur est comme hypnotisé par ce ballet d’abstractions visuelles et l’on songe bien entendu à Monet à l’origine de toute cette approche.

Stéphane Guiran (né en 1968 dans le Var) explore lui aussi les prismes de l’abstraction à travers la série « Réflexions oniriques » où il recréé des évanescences de lumière et de sons à partir de ces promenades solitaires dans les forêts du Mont Lozère. Une chorégraphie intime et éphémère entre le ciel, le végétal et l’eau à partir de quelques images recueillies.

Au delà de ce paysage digital au cœur des mutations du dialogue art et nature, Chaumont sur Loire dévoile la commande de la région Centre-Val de Loire passée à l’artiste américaine Sheila Hicks invitée à la Biennale de Venise cette année et du Centre Pompidou en 2018. Citons également la réflexion autour du sucre de Karine Bonneval comme vecteur historique et colonial de notre rapport aux matières premières et à la nature,les cabanes arachnéennes de Sara Favriau, le cabinet de curiosités de Marie Denis, les variations topographiques de Andrea Wolfensberger (Suisse) ou les pastels abyssaux et voluptueux de Mâkhi Xenakis.

Le tout sous l’ombre bienveillante du géant El Anatsui (Ghanéen) qui nous offre une nouvelle œuvre à partir des gabarres de Loire ces barques traditionnelles à qui il donne une autre vie.

INFOS PRATIQUES :
Art contemporain & photographie à Chaumont : 9è saison
Commissaire : Chantal Colleu-Dumond
Du 1er avril au 5 novembre 2017
Centre d’art et de nature
Domaine de Chaumont sur Loire (41)
http://www.domaine-chaumont.fr/fr/centre-d-arts-et-de-nature/saison-2017
Tarifs et billetterie :
Billet 1 journée, adulte 18€, pass famille domaine.

Bon plan :
Sur présentation de votre billet SNCF composté du jour, bénéficiez d’un tarif préférentiel.

Rétrospective de Cy Twombly au Centre Pompidou

Le centre Pompidou présente jusqu’au 24 avril 2017 une grandiose rétrospective du peintre américain Cy Twombly (1928-2011). L’exposition s’égrène autour de plus de 140 oeuvres de différents supports et met en lumière le talent avant gardiste et iconoclaste de l’artiste. Inclassable, l’artiste américain le fut tout au long de sa féconde carrière qui le fit peindre jusqu’à ses 83 ans.

A contre courant des styles minimalistes de ces contemporains américains, très jeune, Twombly se démarque en quittant les Etats Unis pour vivre en Italie. Il adopte alors un langage totalement singulier, complexe et fascinant, fait de puissance et de couleurs.

L’étendue de son œuvre et la pluralité de ses sources soulignent la richesse de ses expérimentations et de ses recherches artistiques.

L’exposition s’articule autour de 3 grands cycles: Nine Discourses on Commodus 1963), Fifty Days at Iliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000). Sculptures, dessins, peintures, photographies sont autant d’expressions plastiques qui viennent émailler un parcours intelligemment mené par le curateur Jonas Storsve.

Toiles laiteuses et immenses émaillées de mots-rébus, de traces-codes primitives et archaïques viennent initier l’exposition et nous placer soudainement face au mystère Cy Twombly.

Tel un palimpseste, chiffres, lettres, mots surgissent à la surface de la toile pour mieux nous confondre. Simple et complexe, telle une peinture naïve ou un dessin d’enfant.

Peu à peu, ses œuvres vont s’intensifier dans le geste, dans une pulsion maîtrisée. La peinture va se faire langage. Dans une pâte dense, compacte et épaisse elle devient une matière vivante sur la toile.

Dans une explosion de couleurs, l’artiste retranscrit la violence sanglante du règne de Commode ou la douleur inextinguible  d’Achille face à la mort de Patrocle. L’artiste déconstruit et reconstruit sous nos yeux. Sa peinture ni abstraite ni figurative, est un monde en soi.

Artiste total, avec grâce et subtilité, Twombly nous séduit l’âme.

EXPOSITION
Rétrospective : Cy Twombly
Jusqu’au 24 avril 2017
Galerie 1 – Centre Pompidou
Place Georges-Pompidou
75004 Paris
https://www.centrepompidou.fr

A VOIR AUSSI
Cy Twombly, Lakner & Större
Jusqu’au 15 avril 2017
Galerie Charron
43 Rue Volta
75003 Paris
https://www.galeriecharron.com

Le gargantuesque Jonathan Meese retranché dans sa grotte au Carré Sainte-Anne

C’est avec un certain panache que Numa Hambursin le talentueux directeur artistique du Carré Sainte-Anne a imaginé sa sortie en invitant l’enfant terrible Jonathan Meese adoubé par le milieu de l’art à la quarantaine tumultueuse. Un choix de la démesure qui fait exploser le cadre initial et l’amène à reconsidérer le projet en l’élargissant.

Jonathan Meese signe une sorte d’apothéose baroque et grandiose qui puise ses racines dans la grande tradition germanique de Goethe à Wagner, teintée de science fiction et de soap opera. C’est foutraque et joyeusement déferlant à l’image de l’océan de signes qui recouvre nos vies.
Jonathan Meese incarne à lui tout seul les préceptes de l’expressionnisme allemand.
Comme une vague sans début ni fin où les protagonistes livrent un petit jeu faussement enfantin mêlant le Docteur Maubuse, le Marquis de Sade ou Stanley Kubrik. Une ode aux barbares des temps modernes qui prônent l’uniformité de l’art. C’est alors que Scarlett Johansson vient à la rescousse, réincarnation de la Joconde et beauté parfaite. Dans cette ancienne église transformée en espace d’exposition autant d’irrévérences revêtent des allures de provocation. Il s’agirait plutôt d’une apothéose des sens pour ce collectionneur né qui compulse la culture universelle à la vitesse de la lumière. Il suffit d’ailleurs de se pencher sur le livre d’or comme m’y invite Numa pour y relever le rejet ou l’adhésion immédiate des visiteurs, embarqués dans ce labyrinthe dantesque.
Une chose est sûre, Numa Hambursin a réussit là un coup de génie que l’on n’est pas prêt d’oublier.
 
A noter que Numa Hambursin sera notre prochain invité de la semaine.
INFOS PRATIQUES :
Dr. Merlin de Large (Marquis Zed de Baby-Excalibur)

Jonathan Meese
jusqu’au 30 avril 2017J
Carré Sainte-Anne
 2 Rue Philippy
34000 Montpellier
http://www.montpellier.fr

Jonathan Meese est représenté par la galerie Templon, Paris et fait partie des plus importantes collections.
Catalogue (le dernier d’une belle série !) aux éditions Liénart, 64 pages, bilingue Français/anglais : 20 €

Lauréats du Programme de « Résidences Étant Donnés » aux États-Unis

Sylvie Auvray, Franck Leibovici et Stéphanie Solinas
Sylvie Auvray, Franck Leibovici et Stéphanie Solinas

Le comité de sélection du programme des « Résidences Étant donné » organisé en partenariat par l’Institut français, les Services culturels de l’ambassade de France aux États-Unis et la Fondation FACE (French American Cultural Exchange), a choisi 3 lauréats parmi les 52 candidatures reçues. L’Institut français tient à souligner l’excellent niveau des projets présentés. Les lauréats bénéficieront d’une résidence d’une durée de 2 mois aux États-Unis et d’une allocation de séjour de 10 000 euros

Lauréats 2017

Pour sa résidence Sylvie Auvray collaborera avec le département de céramique de l’Université de Long Beach en Californie. Son projet intitulé « Wonderwoman/Superman » se place dans la continuité d’un travail débuté à la Fondation Chinati à Marfa fondé sur la distorsion des objets : les agrandir, les travailler, les émailler jusqu’à ce qu’ils perdent leur apparence originelle.

Franck Leibovici continuera en résidence son travail sur la justice internationale contemporaine. Le volet américain des « law intensity conflicts », projet initié en 2014 qui prend la forme d’un livre et d’une suite d’expositions, se fera en collaboration avec la plateforme éditoriale et curatoriale Triple Canopy à New York.

Stéphanie Solinas fera une résidence itinérante de Sedona en Arizona à Menlo Park en Californie en partenariat avec la galerie Fraenkel. Son projet « Excursion : Devenir soi-même » interroge le dialogue entre science et croyance qui se joue sur la côte Ouest des États-Unis dans l’invention de l’identité de l’Homme de demain. Il s’inscrit de manière contemporaine dans la tradition du road trip américain.

Parmi les critères de sélection, une attention particulière a été portée au lien développé entre l’artiste et la structure associée. En effet ce dispositif de résidences s’inscrit dans un partenariat avec une structure américaine identifée par l’artiste et qui accompagne celui-ci dans le développement de son projet. Il a pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle des artistes sur la scène américaine et de générer des projets de collaboration au-delà de la résidence.

Le programme de « Résidences Étant donnés » est destiné à des artistes français (ou domiciliés en France depuis plus de 5 ans), dans les disciplines des arts visuels, qui souhaitent réaliser une résidence sur le territoire américain, pour y développer un projet de recherche et de création.

Ce programme prend le relais du dispositif « Résidences américaines » développé en 2014 et 2015 par l’Institut français. Il s’inscrit désormais dans Étant donnés, le fonds franco-américain pour l’art contemporain, qui permet, depuis plus de vingt ans, de soutenir la création contemporaine française aux États-Unis, les collaborations entre institutions françaises et américaines, et le développement d’un réseau de commissaires d’exposition entre les deux pays.

Le fonds Étant donnés est ainsi redéfini autour de trois axes :

  • le soutien à des commissaires américains menant une recherche en France
  • le soutien à des résidences d’artistes français aux États-Unis
  • le soutien à des institutions américaines développant des expositions, des commandes ou des projets d’envergure avec des artistes français

Abraham Poincheval, l’homme couveuse

A la coque, durs ou mollets on a pour habitude de manger des œufs issus de poules provenant d’œufs eux mêmes couvés par d’autres poules. Et si l’autre poule qui couvait était un homme ? Le performeur français Abraham Poincheval enfermé dans un cube en verre s’est donné pour défis de couver une douzaine d’œufs pendant 21 à 26 jours.

C’est un homme d’un calme déstabilisant, que nous avons rencontré derrière les parois de son poulailler planté au milieu du Palais de Tokyo. Habillé d’une couverture créée par l’artiste Coréen Seulgi Lee et siégeant fièrement sur un trône qu’il a lui même pensé, Abraham Poincheval nous avoue qu’il est obligé d’attendre la fermeture du musée (00 :00) pour pouvoir faire ses besoins dans une boite prévue à cette effet à l’intérieur de son cube. Il nous raconte aussi que « cette performance n’est pas la moins difficile, au contraire, c’est l’une des plus fatigante. Trouver le point d’équilibre parfait dans mon assise et le garder, ça c’est exténuant ! ». Ne connaissant pas l’aboutissant final de cette perf/experience/humano/animal l’artiste de 42ans habitué de ces performances en solitaire espère voir éclore des poussins. Il deviendrait le premier « homme couveuse » à l’encontre de l’association PETA luttant pour la défense des droits animaliers qui s’est déjà offusquée de la condition dans laquelle ces poussins naîtront.

C’est l’occasion pour le Palais de Tokyo de faire une rétrospective de toutes ses performances : incrusté dans la pierre/ dans la peau d’un ours/ la bouteille à la mer/ la performance gyrovague.

INFORMATIONS PRATIQUES
Abraham Poincheval
Du 3 février au 8 mai 2017
« Œuf », depuis le 29 mars 2017 pour une durée indicative de 21 à 26 jours.
Palais de Tokyo
13 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Ouverture de midi à minuit, tous les jours sauf le mardi.
http://palaisdetokyo.com

Yves Klein et l’art de la performance à BOZAR (Bruxelles)

Le Palais des Beaux Arts de Bruxelles depuis l’arrivée de Paul Dujardin, son directeur général est devenu un centre d’art pluridisciplinaire proposant une expérience totale à un public toujours plus éclectique et varié.

« Théâtre du vide », la monographie dédiée à Yves Klein co-produite avec la Tate Liverpool s’inscrit en droite ligne de ce positionnement. La performance y a toute sa place. Si Yves Klein est universellement connu pour son bleu outremer IKB (International Klein Blue), véritable marque de fabrique sa vision ne se limite pas aux monochromes et sa quête beaucoup plus large et globale de l’immatériel va le pousser à toutes sortes d’expériences performatives avant-gardistes qui annoncent l’art conceptuel, minimal mais aussi le happening, l’installation.. Le parcours plus thématique que chronologique rassemble une trentaine d’œuvres dont certaines jamais exposées. A l’entrée le fameux cliché « le saut dans le vide » met en avant le rôle donné à la photographie lors de cette performance spectaculaire qu’il baptisera « un homme dans l’espace » dans une fausse édition du Journal de Dimanche du 27 novembre 1960, anticipant par là même Gargarine.

L’action réalisée à Fontenay-aux-Roses près d’une école de judo, le 19 octobre 1960 après plusieurs essais et immortalisée par John Kender et Harry Shunk, serait en fait un photomontage, sujet à multiples controverses et interprétations. Pierre Restany qui arrive malheureusement trop tard trouve l’artiste en proie à une sorte de crise mystique et l’on touche là ce qui va devenir fondamental dans sa pratique, la mise en scène de soi dans une revendication spirituelle infinie et totale de dépassement de ses limites, qui remonte à sa tendre enfance et son culte de Ste Rita.

Le vide va devenir alors cette énergie vitale qu’il découvre au Japon pendant son perfectionnement au judo et sa percée artistique aura lieu en 1956 lors de sa première exposition à la galerie Colette Allendy décrite par Pierre Restany de « propositions monochromes ». Le bleu des fresques de Giotto lui apporte la révélation et pureté de la vision. Ce bleu outremer recouvrira la galerie Iris Clert afin de laver les visiteurs de toute impureté extérieure, prêts au « Vide »et à l’inconnu. Les éponges deviennent alors des dérivés du monochrome, métaphores et réceptacles du principe d’imprégnation.

Puis l’artiste a recours aux « pinceaux vivants », dans des performances publiques qu’il intitule des anthropométries à partir de modèles enduits de peinture. Statiques ou dynamiques, les corps laissent leurs empreintes sur la toile. Le visible, l’invisible, la trace, la disparition se fondent lors de ces spectacles qui peuvent être accompagnés d’une transcription musicale.

Autre mise en scène visionnaire immortalisée également par la photographie, la vente de « zone de sensibilité picturale immatérielle » sur les bords de la Seine, une transaction scellée par quelques grammes d’or et de l’encre rose qui incarne le sang de l’artiste, soit un procédé alchimique pour porter l’imagination à son état le plus pur.

Et bientôt l’artiste va avoir recours à un autre élément essentiel, le feu, « là ou l’on trouve LE VIDE » déclare t-il « il y a aussi le feu ». Révéler les cendres de son art et débarrasser le corps de ses imperfections pour opérer le lien avec les autres couleurs de base de la peinture monochrome : le bleu, l’or et le rose, une trilogie qu’il considère comme universelle.

Et si Yves Klein meut prématurément d’une crise cardiaque à l’âge de 39 ans on aura compris que sa soif d’absolu et d’un tout cohérent annonce ce qui va devenir dans les années 1960 et 1970 une forme d’art à part entière. Cette part immatérielle de la création devenue partie intégrante du paysage artistique a libre cours à BOZAR à travers les pratiques de représentants bruxellois et internationaux. A l’occasion de l’exposition de multiples performeurs réactiveront le mythe Klein, tels que Alexandra Pirici& Manuel Pelmus (Biennale de Venise), Pieter Van den Bosch, Miet Warlop, Marvin Gaye Chetwynd…à partir de vidéos, films, longs métrages.

Autant de capsules temporelles qui nous font tutoyer l’insaisissable dans le sillage du saut de l’ange !

EXPOSITION
Yves Klein, le théâtre du vide
Jusqu’au 20 août 2017
Bozar, Palais des Beaux Arts
Rue Ravenstein, 23
Bruxelles, Belgique
http://www.bozar.be

Autre exposition en résonnance à Bozar :
Pol Bury (Article à venir).

Organiser votre séjour :
Visit Brussels
Thalys, partenaire de votre voyage.
(Paris-Bruxelles : 1h22 de trajet)

Ferdinand Kokou Makouvia et Chris Cyrille, lauréats du Prix Dauphine 2017

MAKOUVIA-de-lautre-côté

Félicitations à Ferdinand Kokou Makouvia et Chris Cyrille qui ont remporté le prix du jury 2017, une dotation financière de 2000 euros offerte par la Fondation Paris-Dauphine ainsi qu’une exposition à la Galerie du Crous qui débutera le 24 mai 2017. Ils ont également remporté le Coup de cœur du Marché Dauphine !

http://www.dauphineartcontemporain.com

http://mowwgli.com/11243/2017/03/27/4eme-edition-prix-dauphine-lart-contemporain/

Focus Art Paris Art Fair : Galerie Lahumière, histoires de noirs et blancs

On ne peut pas vraisemblablement parler d’une découverte lorsque l’on parle de la Galerie Lahumière. Fondée en 1963 par Anne et Jean-Claude Lahumière, elle est installée depuis 1995 dans un très bel immeuble du 18eme siècle au coeur du marais, derrière le musée Picasso. Présente depuis de nombreuses années sur ArtParis, la galerie séduit à chaque édition avec une programmation pointue et toujours de bon goût qui tourne autour d’artistes renommés comme: Aurélie Nemours, Jean Dewasme ou encore Auguste Herbin.

Cette année, la spécificité du stand est d’avoir proposé avec une belle sobriété, une unité de couleur ou plutôt une Histoire de noir&blanc: à découvrir donc de rares huiles sur panneaux et sur toile de Vasarely, une sculpture murale de Timo Nasseri, artiste cinétique allemand d’origine iranienne, trop méconnu en France mais qui trouve enfin sa place gràce à l’acuité et au soutien inconditionnel de la galerie ou  Henri Prosi. Venez aussi découvrir le magnifique petit format d’Aurélie Nemours, noir et blanc avec un centre coloré que nous vous dévoilons  ici et que nous vous invitons à venir apprécier.

Aurélie Nemours, quelques années avant son décès avait souhaité créer un prix pour soutenir ses amis peintres qu’elle avait connu ou côtoyé au cours de sa carrière et l’association Aurelie Nemours remettra vendredi 31 mars sous la nef du Grand palais, son prix à l’artiste Jean-François Dubreuil, à découvrir également sur le stand de la galerie.

INFORMATIONS PRATIQUES
• Art Paris Art Fair
Galerie Lahumière – Stand D15
Du 30 mars au 2 avril 2017
Le Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.artparis.com
• Galerie Lahumière
17 Rue du Parc Royal
75003 Paris
https://www.lahumiere.com
galerie@lahumiere.com

Carte Blanche à Thierry Forien : Des jeunes artistes engagées

Thierry Forien est notre invité de la semaine (lire son portrait publié lundi 27 mars), aujourd’hui et dans le cadre de sa carte blanche, il nous parle de quatre jeunes artistes. Marie-Luce Nadal, Romina de Novelis, Marie Hazard et Guideog Youn ont toutes en commun d’être de jeunes artistes talentueuses, sincères et déterminées et profondément engagées dans leurs pratiques.

Marie-Luce Nadal, celle qui fait pleurer les nuages.

La nature et plus particulièrement l’atmosphère est omniprésente dans le travail de Marie-Luce. Les titres de ses expositions, performances et publications sont par eux-mêmes révélateurs : La Fabrique de nuages (Palais de Tokyo, 2015), Growing Mist, Beneath the Moon (ICA Singapore, 2016), Substances Climatériques (Palais de Tokyo Hors les Murs, 2015) ou bien Effleurer l’atmosphère (article paru en 2015 dans la revue Recherche et Culture du Ministère de la Culture et de la Communication). Les travaux de Marie-Luce se conçoivent comme des propositions qui jouent de l’ambivalence des principes d’immanence et de disparition, une tentative poétique de comprendre de façon sensible notre rapport à l’atmosphère, une obstination à vouloir capturer et apprivoiser les substances qui forment l’atmosphère, qu’elles soient physiques ou alchimiques. Chaque production s’imagine comme une nouvelle expérimentation, magique.

Diplômée de l’école d’architecture de Montpellier, des Art Décoratifs de Paris, Marie-Luce Nadal termine aujourd’hui une thèse au sein des laboratoires de l’Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielle de Paris.

http://www.marielucenadal.com

Romina de Novelis, le corps comme limite

Le travail de Romina De Novellis questionne la vulnérabilité humaine du point de vue physique et mental. La répétition du geste, son corps comme installation dans l’espace public, font partie de la démarche performative de Romina. Son travail sur l’endurance et le temps installe le public, toujours libre de rester ou de partir, dans une relation avec l’artiste parfois inconfortable. Ses performances sont des tableaux vivants, qui rappelle l’esthétique de la peinture italienne ou parfois l’univers du cinéma italien des année ’50/’60, profondément humain.

Romina De Novellis, artiste performeuse. Née à Naples, elle a grandi à Rome. Elle vit à Paris depuis 2008. Représentée par la Galerie Alberta Pane à Paris et à Venise, elle collabore aussi avec Raphael Castoriano, directeur de Kreemart à NY et avec la galerie Dafna à Naples. Son travail a notamment été présenté à Londres, à l’Armory Show NY, à plusieurs Biennale d’art contemporain (Venise, Le Caire, Poznan, Mongolie), à la FIAC Hors les Murs au Jardin des Plantes, à l’Espace Louis Vuitton, au Musée de la Chasse et de la Nature. Le prochain rendez-vous avec Romina sera à la Biennale de Venise avec Galerie Alberta Pane et Kreemart.

http://www.romina-denovellis.com/

Marie Hazard, la tisseuse

Marie Hazard tisse. Le tissage est par nature même un acte de civilisation, un acte répété depuis l’origine des temps. Marie réussit à projeter cette tradition ancienne et codifiée dans des œuvres des plus contemporaines, se jouant librement des matières et des techniques. Marie Hazard fait entrer en résonance la fibre tissée, le dessin et la peinture. Les œuvres tissées de Marie nous touchent au plus profond car ancrées dans notre culture, elles font véritablement civilisation et par là même interrogent les convulsions de notre temps. Son projet de fin d’étude (BA Central Saint Martins) interroge la société de consommation par le prisme du vêtement où le porteur est insensible à l’histoire même des tissus dont il recouvre son corps. Les vides ainsi créés dans les filets de Marie sont les témoins de cette amnésie collective. En y ajoutant des morceaux de tissus qu’elle sélectionne, symboles de fragments de mémoire, Marie tente alors de réinventer sa propre histoire, une autre histoire.

www.mariehazard.com

Guideog Youn, brûler les icônes

Beaucoup dans l’histoire, ont utilisé, le feu, le feu destructeur, pour tenter, tel un autodafé purificateur de nier l’existence même des icônes, des symboles. Mais ce geste destructeur annihile-t-elle sa valeur symbolique ? C’est ce questionnement qui est à l’origine de la démarche artistique de la jeune artiste coréenne Guideog Youn, une démarche qui se situe à la marge, à la limite même de la représentation.

L’extrême délicatesse est le terme le plus approprié pour caractériser le travail de Guideog. Une délicatesse qui nécessite paradoxalement une volonté, une obstination sans faille dans la technique de mise en oeuvre pour atteindre cet état très particulier d’une l’image qui n’est plus qu’une impression fugitive d’elle même, une sorte de fantôme.

L’acte de brûler un objet, une forme matérielle, peut être un sujet controversé, c’est un acte violent. On peut le considérer comme une profanation ou iconoclastie, car les sujets touchés sont discutables. En revanche, malgré le feu, l’aspect original de la représentation reste identifiable, le symbole résiste.

contact : sajin002613@gmail.com

Art Paris Art Fair 2017 : Rencontre avec Guillaume Piens

La sixième édition de la foire Art Paris Art Fair consacrée à l’Art Contemporain est inaugurée aujourd’hui au Grand Palais. A cette occasion, nous avons rencontré Guillaume Piens, le commissaire général de l’événement.

Mowwgli : Art Paris Art fair, cosmopolite et locale la recette gagnante ?

Guillaume Piens : Oui, c’est important aujourd’hui de sortir des autoroutes de l’art et d’explorer les routes nationales et départementales. Il faut retrouver la saveur du lieu où l’on se trouve et de sa propre culture tout en étant totalement ouvert au monde.

M. : L’Afrique à l’honneur, effet tendance ou marqueur différenciant ? Y a t-il un profil type de collectionneur d’art africain ?

G. P. : Il y des les deux à la fois. L’art contemporain africain représente une nouvelle sève pour le marché de l’art en perpétuelle quête de nouveauté. Mais il y a également une montée en puissance de la création artistique du continent africain depuis ces dernières années.

Depuis 10 ans du nord au sud de l’Afrique, s’ouvrent et se développent à rythme accéléré les initiatives privées : musées, centres d’art, galeries, foires, lieux de résidence et de formation aux pratiques curatoriales.

L’invitation de l’Afrique à Art Paris Art Fair, décidée et annoncée il y deux ans, met l’accent sur une génération  émergente et talentueuse d’artistes rarement présentés en France ou qui le sont pour la première fois.

Quant aux collectionneurs d’art africain, il n’ y a pas de profil type. Ce que je sais c’est qu’il y a sur le continent de nouveaux collectionneurs qui s’intéressent à défendre les artistes africains d’aujourd’hui

M. : Comment jugez vous le marché de l’art africain contemporain ?

G. P. : C’est un marché encore très récent. Il a fallu beaucoup de temps et notamment en France pour faire sortir de son ghetto la production des artistes contemporains issus du continent africain et la considérer comme faisant partie intégrante du champ de l’art contemporain international.

Il y a aujourd’hui des artistes très côtés comme Julie Mehretu, William Kentridge, Marlene Dumas, El Anatsui qui ont intégré les grandes galeries internationales et dont les oeuvres sont collectionnées par les plus grands musées et collectionneurs privés du monde. Il y a fort à parier que la multiplication d’ événements autour de la création artistique africaine contemporaine va accélérer l’intérêt pour les artistes de ce continent et la reconnaissance de leur travail. C’est très certainement un marché plein d’avenir

M. : Quelle place faite vous à l’émergence et à de nouvelles galeries ?

G. P. : Pour le focus africain d’Art Paris Art Fair, l’accent s’est clairement porté sur une génération émergente d’artistes nés dans les 80 qui ont bénéficié des programmes de résidences  à  l’étranger et sont pleinement intégrés à la création internationale. Citons notamment les noms de Mohau Modisakeng, Gareth Nyandoro, Billie Zangewa.

Cette jeune génération est  soutenue par des galeries  comme WHATITHEWORLD (Le Cap/ Johannesburg), Tiwani Contemporary (Londres) ou Tyburn (Londres) qui seront présentes pour la première fois à Paris.

De nouveaux noms seront à  découvrir également au sein du programme vidéo « Les territoires du corps » conçu par Marie-Ann Yemsi, commissaire invitée pour le focus africain, tels que Binelde Hyrcan, Jackie Karuti, ou Lebohang Kganye.

M. : Quelles synergies avez vous tissé avec les initiatives nombreuses de ce printemps africain parisien ?

G. P. : Dans le cadre de notre parcours VIP « A Paris au printemps « , nous avons fédéré toutes les énergies autour de cette invitation de l’Afrique à Paris et le résultat est à la hauteur des espérances tant les événements sont nombreux pendant Art Paris Art Fair : La Villette présente dans le cadre de son festival 100 % Afriques  une exposition Afriques Capitales confiée à Simon Njami. Le Musée Dapper expose « Les mutants de Soly Cissé » tandis que la Galerie des Galeries  propose avec l’exposition « Le Jour qui vient » une rencontre avec une jeune génération d’artistes du continent africain et de ses diasporas. Le musée du Quai Branly -Jacques Chirac explore L’Afrique des routes pour ne citer que quelques-unes des expositions qui mettent l’Afrique à l’honneur.

Lire également l’interview de Marie-Ann Yemsi, commissaire invitée de la Foire :
http://mowwgli.com/11331/2017/03/27/art-paris-rencontre-marie-ann-yemsi-commissaire-invitee/

INFORMATIONS PRATIQUES
Art Paris Art Fair
Du 30 mars au 2 avril 2017
Le Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.artparis.com