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Rencontre avec Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW

ASIA NOW est la foire dédiée à l’art contemporain asiatique en Europe. Alors que l’édition 2017 explorait la scène contemporaine de la Corée du Sud, ASIA NOW met cette année en exergue le dynamisme et la richesse de la jeune scène émergente japonaise. A deux mois de l’ouverture de la cette quatrième édition, nous avons rencontré Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW.

Quel est l’ADN d’ASIA NOW ? En quoi son concept est-il unique ?

L’ADN d’ASIA NOW est également ce qui fait son unicité – son focus sur la scène contemporaine asiatique. Celui-ci découle de ma passion (et celle de plus en plus partagée) pour cette scène méconnue.

En 2010, je me suis rendue avec Ami Barak et Karen Levy (qui l’assistait pour l’organisation d’un parcours contemporain et architectural) à la Shanghai Universal Expo. C’est là que Karen, jeune collectionneuse engagée dans sa collection familiale, la DSL Collection, et co-fondatrice de la plateforme Art of this Century, m’a présenté de nombreux artistes basés à Shanghai, notamment à travers des visites de studios. En compagnie d’Ami Barak et de mon père, Claude Fain, j’ai immédiatement ressenti la nécessité de partager cette impulsion artistique venue d’Asie.

En septembre 2014, nous avons fondé ASIA NOW, afin de faire résonner la scène artistique contemporaine asiatique en Europe, une scène qui à ce jour continue d’être considérée comme « niche ». Nous avons présenté notre premier projet à l’occasion de la Biennale de Venise en 2015 au Palazzo Strozzi – une installation in situ de Zheng Guogu et du collectif Yangjiang Group, « The Writing of Today are a Promise for Tomorrow, » sous le commissariat de Martina Köppel-Yang.

J’ai ensuite organisé la première édition d’ASIA NOW à l’Espace Pierre Cardin en octobre 2015, qui réunissait 18 galeries sélectionnés par Ami Barak. Affirmant dès ses débuts son statut de « boutique art fair » à échelle humaine et son parcours fluide d’une salle à l’autre – chaque salle étant investie par une sélection de galeries présentant leurs projets respectifs, ASIA NOW s’engage à tisser des liens entre collectionneurs, commissaires d’expositions, galeries asiatiques et occidentales, et artistes. En tant que collectionneuse et passionnée du « video art », je cherche non seulement à initier les collectionneurs de la scène artistique asiatique, mais aussi à surprendre et satisfaire ceux qui connaissent déjà et collectionnent ces artistes en proposant une sélection de qualité à la fois de galeries, artistes et œuvres.

Ainsi, ASIA NOW se fait à la fois témoin et acteur du développement de cette scène à l’international.

Qu’est ce qui a fait le succès selon vous de la plus parisienne des foires asiatiques ?

ASIA NOW dispose d’une identité unique et désormais ancrée dans le paysage de l’art contemporain à Paris et dans le monde – celle de première foire en Europe consacrée à l’art contemporain asiatique. Nous avons maintenu et développé nos objectifs établis en 2015 – nous poursuivons notre exploration de la scène artistique asiatique contemporaine, nous cherchons toujours à en dévoiler les talents émergents et à les soutenir – aussi bien les artistes et les galeries.

Nous avons un rôle d’intermédiaire entre scènes artistiques asiatiques et européennes, et plus globalement occidentales, leurs univers et marchés respectifs.

Comme le démontre notre programmation, et à l’encontre d’autres foires plus commerciales, ASIA NOW a pour objectif de non seulement exposer cette scène aux collectionneurs et professionnels du marché de l’art, mais également de sensibiliser le monde professionnel et institutionnel ainsi que le grand public. Ainsi la foire assure cette dimension didactique et académique.

Nous cherchons à impliquer et tisser des liens entre institutions et acteurs privés qui représentent cette scène en plein essor – experts de l’art contemporain chinois tels que Thomas Berghuis, collectionneurs de premier plan tels qu’Uli Sigg, artistes emblématiques (Kyungah Ham l’an passé notamment), galeries émergentes et établies, marques et autres entités à la frontière entre le commercial et l’artistique, très représentatives de notre époque.

Ainsi, les intervenants de la foire, en y participant, œuvrent à ce développement global de la scène – en influant ainsi sur ses dynamiques et y nourrissant leur processus même de création, pour ce qui concerne les artistes qui performent dans le cadre de la foire ou y produisent des œuvres in situ.

De par son format intimiste, dans un hôtel particulier haussmannien qui lui donne cette nature profondément parisienne, la foire se déroule comme une balade, une découverte ouverte et accessible à tous.

Quelles sont les nouveautés de cette 4ème édition ?

Tout comme les éditions précédentes, cette 4ème édition conserve son format clé, tout en le déclinant sous une forme nouvelle :

  • Sa plateforme dédiée à une scène particulière. L’an passé consacrée à la Corée du Sud, elle se tourne cette fois-ci vers le Japon. La Plateforme Japonaise sera en effet consacrée à la scène contemporaine japonaise, à travers les propositions d’une dizaine de galeries venues du Japon.
  • Ses projets spéciaux. La programmation est en cours de finalisation, mais nous présentons cette année une variété de projets spéciaux, dont une « preview » de l’exposition « Roppongi Crossing 2019 » au Mori Art Museum de Tokyo, et une installation in situ de Makoto Aida.
  • Son cycle de conférences et de projections. ASIA NOW accueille chaque année une sélection rigoureuse et pointue d’ acteurs de la scène artistique asiatique. Cette année, la foire compte parmi les participants Catherine David, du Centre Pompidou ; Hou Hanru, du MAXXI à Rome ; Akiko Miki, du Benessee Art Site à Naoshima ; ou encore Clélia Zernik, de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Ces conversations se feront en parallèle d’un cycle de projections de vidéos, dont la sélection de vidéos d’artistes curatée par CoBo Social, mais aussi le documentaire « Wind and Water » sur l’artiste Zheng Guogu ou encore « A New Energy in Chinese Art: Zhao Zhao (Stockholm & Beijing) » consacrée à l’artiste Zhao Zhao, entre autres.

  • Son Design Project, en cours de finalisation.

Quelle est la typologie du public et ses attentes ?

ASIA NOW attire à la fois collectionneurs internationaux de renom et connaisseurs de ces scènes, représentants d’institutions et jeunes collectionneurs désireux de découvrir le travail des artistes exposés. Tous, me paraît-il, partagent un intérêt commun pour la sélection rigoureuse menée par ces galeries très réputées à l’échelle locale, pionnières de la région et dont la proposition est validée par nos experts.

Nous avons identifié trois groupes principaux de collectionneurs acheteurs d’art asiatique. Tout d’abord, les collectionneurs asiatiques qui collectionnent des œuvres d’art aussi bien occidental qu’asiatique et qui considèrent ASIA NOW comme une plateforme d’échelle plus petite et adaptée offrant uniquement le meilleur des scènes asiatiques. Les collectionneurs asiatiques qui se rendent à la foire ont entre 25 et 45 ans ; ils sont à la tête de collections de premier rang et possèdent parfois leurs propres musées privés.

Dans un second temps, nous constatons la présence de collectionneurs européens dans leur cinquantaine qui collectionnent déjà abondamment l’art asiatique – dirigeants de collections et fondations de forte renommée. En se rendant à la foire, ils recherchent des nouveaux artistes à fort potentiel aussi bien que les nouvelles œuvres et propositions d’artistes déjà reconnus et plus établis. Ils collectionnent déjà les travaux de ces artistes reconnus et sont en quête de découverte.

Enfin, ASIA NOW attire des collectionneurs européens âgés de 30 à 60 ans qui commencent à prendre en compte les travaux d’artistes asiatiques afin de les intégrer à leur répertoire et diversifier leurs collections. Leurs intérêts sont multiples, et souvent tournés vers les classiques, tels que les artistes minimalistes coréens, la scène contemporaine chinoise, ou encore la scène philippine. Ils souhaitent se voir guider au sein d’une sélection des meilleurs artistes de cette nouvelle génération en Asie, qu’il s’agisse d’étoiles montantes ou déjà ancrées.

En tant que scène artistique plus restreinte, ou encore « niche », l’art contemporain asiatique attire les collectionneurs souhaitant découvrir de nouvelles scènes, de nouveaux artistes, et soutenir les nouveaux potentiels. Uli Sigg, qui participait à la programmation de la foire l’an passé, est un exemple représentatif de ces collectionneurs pointus. Au moment de l’ouverture économique de la Chine post-Mao, il a joué un rôle majeur dans la renaissance de la scène culturelle et artistique chinoise à l’échelle mondiale. A travers une recherche rigoureuse et de nombreuses rencontres, il a constitué l’une des plus importantes collections d’art contemporain chinois qu’il continue d’enrichir aujourd’hui. Il joue encore aujourd’hui une part active dans la création d’un pont entre cultures occidentale et asiatique. Ainsi, le rôle du collectionneur s’étend, de celui d’acheteur d’art asiatique à celui d’actif participant dans le développement de cette scène, notamment à travers ses liens avec des artistes tels qu’Ai Weiwei, Cao Fei, Fang Lijun, et bien d’autres. A ce titre, il a récemment fait don d’une grande partie de sa collection à M+, musée qui devrait ouvrir ses portes à Hong Kong en 2019.

Quel(s) déploiement(s) envisagez-vous ?

Bien que nous ne soyons pas dans une perspective d’augmentation de galeries participants à la foire, nous espérons pouvoir nous étendre dans l’espace tout en maintenant le cadre intimiste qui nous est si cher. Cela permettra à chaque galerie de se déployer dans l’espace et d’offrir aux participants un lieu idéal pour exposer leurs projets et sélection d’artistes respectifs.

C’est notamment ce que nous avons réussi à entreprendre cette année ; en effet, la Plateforme Japonaise dispose de son propre espace supplémentaire de 150 m2 au sein de la foire, une grande avancée pour nous et dont nous nous réjouissons, qui permet véritablement de mettre en lumière cette scène en particulier en parallèle aux autres propositions de la foire.

Enfin, nous œuvrons chaque année à enrichir notre programmation de projections, conférences et conversations, projets spéciaux, programme hors-les-murs et partenariats, afin de renforcer notre dimension d’acteur dans le développement dans la connaissance et la recherche autour de la scène asiatique.

Par ailleurs, un projet et grande ambition est d’exporter la foire à l’international dans les années à venir, notamment à Londres.

INFORMATIONS PRATIQUES

Asia Now 2018

Féminité et Grands frissons au Musée du Quai Branly!

Il ne vous reste plus que quelques jours pour découvrir l’exposition « Vous êtes finies, douces figures » au Musée du Quai Branly. Ici, les portraits photographiques de Bettina Rheims côtoient statues et masques africains. Un face à face étonnant au sein du musée des arts premiers. Parallèlement à cette exposition, on ne peut que vous conseiller de faire un détour pour fouler les allées de l’excellentissime expo « Enfers et fantômes d’Asie » visible jusqu’au 15 juillet prochain. Un doublé gagnant entre ôde à la féminité et exploration de la terreur.

Des photographies là où on ne les attend pas

Au milieu du dédale du Musée, on accède par un petit escalier à l’Atelier Martine Aublet (fondatrice de la politique mécénat du Quai Branly disparue en 2011). Un espace de liberté au cœur du Musée, qui accueille l’exposition de Bettina Rheims. Ce lieu d’expérimentation, presque caché, associe pour cette proposition curatoriale les portraits photographiques issus de sa série Polaroïd « Héroïnes » en résonance avec des statues, masques africains et sculptures d’Océanie choisis autour du thème de la féminité et de la représentation des femmes. Les associations d’œuvres racontent des histoires et nous offrent un autre regard sur les collections du musée. Le ton est rapidement donné, l’exposition orchestrée par la photographe elle-même et Philippe Dagen, est introduite par un grand portrait de sa série Femen; une femme à moitié nue portant sur le ventre une inscription, « Délivrez nous du mâle !« . Les tirages sont ensuite installés dans les vitrines au milieu d’une sélection d’objets africains et d’Océnanie.

La présence de la photographie peut surprendre au premier abord au sein de la multitude d’œuvres exposées, ce n’est pourtant pas un hasard. Très vite après l’ouverture du Musée du Quai Branly en 2006, la Biennale PhotoQuai a fait son apparition (2007-2015), la manifestation ayant pour mission de mettre en avant les artistes photographes du monde entier. L’année suivante, dès 2008, le Musée met en place une Résidence photographique annuelle. On n’oublie pas également que le Musée rassemble une collection d’arts graphiques considérable, et une collection photographique de plus de 700 000 pièces !

Ici, l’exposition « Vous êtes finies, douces figures », vous laissera peut-être sur votre faim, par sa petite surface. Alors, ne quittez pas le Musée sans être passé par l’exposition temporaire du moment : « Enfers et fantômes d’Asie » !

Une plongée dans le monde des esprits et de l’épouvante

La nouvelle exposition du Musée du Quai Branly fait parler d’elle, tant sur le fond que sur la forme. Une découverte passionnante pour les amateurs de frissons. On embarque alors pour un voyage à travers les contes et les légendes d’Asie. L’exploration est complète : la religion, le cinéma, le théâtre en passant par le manga ou encore le jeu vidéo, on déambule au fil des salles à pas mesurés.
Dès l’entrée de l’exposition, on commence à entendre les cris des visiteurs à la fois inquiets et amusés.
Depuis toujours, les esprits sont un réservoir de forme et de création pour les artistes, on se rend d’ailleurs compte, dans ce domaine, de ce que la culture asiatique a apporté au monde occidental.
Nous ne souhaitons pas vous en dire plus sur ce que vous découvrirez une fois l’entrée franchie, mais méfiez-vous, dans les recoins sombres peuvent parfois apparaître des personnages particulièrement effrayants !

INFORMATIONS PRATIQUES
• Vous êtes finies, douces figures
Bettina Rheims
/!\ Derniers jours : Du 20 mars au 3 juin 2018
• Enfers et fantômes d’Asie
Du 10 avril au 15 juillet 2018
Musée du quai Branly – Jacques-Chirac
37 Quai Branly
75007 Paris
Fermeture le lundi.
Mardi, mercredi, dimanche : 11h00-19h00
Jeudi, vendredi, samedi : 11h00-21h00
http://www.quaibranly.fr

Saison Japonaise au Centre Pompidou Metz et festival Est Express

L’effet des « Mondes Flottants » inspirés de Shimabuku, la thématique de la fascinante Biennale de Lyon dont Emma Lavigne est la commissaire (cf notre article du 25 avril dernier ). Une chose est sûre cette saison japonaise en 3 chapitres ouvre de nouvelles perspectives sur cette scène d’une grande richesse, toujours perméable aux innovations et mouvements esthétiques extérieurs tout en maintenant une tradition forte.

JAPAN-NESS architecture et urbanisme au Japon depuis 1945

Cette identité qui donne son titre au 1er volet « Japan-ness » selon le terme de l’architecte Arata Isozaki désigne ce paradoxe entre l’immuabilité de certaines valeurs et un mouvement constant vers des influences autres.
A partir de l’importante collection du Centre Pompidou et d’œuvres provenant de studios d’architectes, de designers japonais de musées et institutions privées, les commissaires : Frédéric Migayrou directeur adjoint du Mnam Centre Pompidou (Paris) et Yûki Yoshikawa chargée de recherche et d’exposition Centre Pompidou Metz, ont sélectionné quelques 65 maquettes, plus de 150 dessins, des films, photographies représentant plus de 300 projets emblématiques, la plupart montrés pour la première fois.
Dans cet écrin du Centre Pompidou signé Shigeru Ban cela prend tout son sens.
La scénographie de Sou Fujimoto dont l’agence a remporté de nombreuses distinctions internationales et prépare à Paris le projet des « Milles arbres » pour reconnecter la vie et l’homme à la nature, suggère une déambulation à partir d’une structure modulaire à partir de panneaux suspendus dans la Grande Nef (partie architecture contemporaine).
Si vous ne saviez pas que l’architecte Shiberu Ban est à l’origine de la Nouvelle Seine musicale (Hauts de Seine), que l’agence SAADA est la lauréate pour le Louvre Lens ou que Tadao Ando a été choisi par François Pinault pour sa future fondation parisienne, il est temps de vous y mettre car l’architecture nippone se lance à la conquête de l’ouest !

Le parcours chronologique de 1945 (Hiroshima) à nos jours se découpe en 6 périodes avec en point d’orgue l’exposition Universelle d’Osaka en 1970 qui marque l’avènement du Métabolisme et une « nouvelle vision » technologique d’esprit modulaire et flexible, devenant vite un manifeste à portée mondiale.
Ainsi d’une période de destruction, l’architecture japonaise va trouver sa renaissance au regard du modernisme occidental (Le Corbusier et sa version plus économique et sociale par Charlotte Perriand et Jean Prouvé) affirmant bientôt un désir d’émancipation du contexte technologique lié à la croissance économique fulgurante des années 1960 pour aller vers un courant minimaliste (Tadao Ando) et une architecture de l’effacement dans les années 1975-95 (Toyo Ito et sa célèbre structure PAO II restaurée pour l’occasion).
La dernière partie de l’exposition met en lumière la génération des années 2000 largement diffusée à l’étranger avec des têtes de file comme Kengo Kuma ou Shigeru Ban. Des projets avant-gardistes qui redéfinissent la ville et l’urbanisme (petites habitations ouvertes sur l’extérieur au milieu de failles entre constructions existantes de Sau Fujimoto) dans une veine plus narrative ou symboliste en connexion avec le rapport à la nature.
Enfin le graphisme japonais est évoqué dans la dernière salle à partir d’une production éditoriale qui agit comme support de diffusion et de création.

Après ce panorama architectural qui ressemble à un véritable laboratoire de recherche en constant mouvement, nous découvrons les arts visuels contemporains nippons au sens large, sous l’égide de la commissaire Yuko Hasegawa, directrice artistique du Musée d’art contemporain de Tokyo.

JAPANORAMA, nouveau regard sur la création contemporaine

Non pas chronologique mais orchestré sur le modèle insulaire du pays, le parcours se découpe en 6 archipels sur les 2 galeries du Centre Pompidou.
La scénographie est signée de l’agence SANAA (cf 1er volet) autour de ces concepts clés que sont :
Galerie 3
Objet étrange-corps post-humain,
Pop
Galerie 2 :
Collaboration/Participation/Partage
Politiques et poétiques de la résistance
Subjectivité
Matérialité et minimalisme

Ainsi de la déconstruction après-guerre les artistes se saisissent du rapport au corps comme manifeste d’une quête qui passe par l’animisme avec les performances de Gutaï et la fameuse Robe électrique d’Astsuko Tanaka qui continue d’inspirer de nombreux créateurs au rang desquels Comme des garçons. Une approche futuriste qui trouve un écho particulier dans les années 80 avec l’essor du digital. Les transformations du corps parfois dues aux radiations (Tetsumi Kudo) de plus en plus ambivalentes sur fond de musique techno avec YMO, Dumb Type ou les Rhizomatiks aboutissent finalement à une fusion puis disparition de la figure humaine au profit du digital.
La section influencée au départ par le Pop art américain prend une tournure spécifique au Japon d’un néo-Pop en lien avec la culture underground. Le représentant emblématique de ce courant Tadanori Yokoo s’entoure de personnalités du théâtre ou de la musique électronique. Sa palette graphique kitsch et corrosive dévoilée à l’Exposition Universelle de 70 d’Osaka influencera toute une nouvelle génération.
Bientôt le désastre de Tchernobyl sonne le glas de cette vision utopique, suivi du tremblement de terre de Kobé en 1995, un vrai électrochoc. L’artiste Yanobe expose ses scaphandres nucléaires en guise de réaction, tandis que d’autres trouvent leur voie dans le monde de l’illustration (Tsunehisa Kimura) ou des formes néo-Pop remixées (Takashi Murakami et Makato Aida).

La galerie 2 aborde un autre désastre, triple : le tremblement de terre de Tohoku en mars 2011, et tsunami et catastrophe nucléaire, le tout laissant un traumatisme indélébile sur la population. Les artistes adoptent plusieurs formes de stratégies en réaction à ce climat de peur : des poétiques de résistance avec notamment Yoshitomo Nara et ces visages d’enfant empreints de colère et d’innocence ;
le sursaut d’une conscience politique avec notamment le collectif Chim↑Pom ;

ou la subjectivité dont se saisit la photographie avec des représentants illustres (Daido Moriyama, Ikko Narahara ou Takuma Nakahira) rassemblés par la revue Provoke ou des adeptes d’un quotidien magnifié comme avec Takashi Homma ou Rinko Kawauchi.

La dernière section plus contemplative aborde les notions philosophiques du Zen, du minimalisme et de l’école des choses (le Mono-ha) dont nous avons une vibrante illustration avec l’installation dans le forum du Centre de Kishio Suga « Law of peripheral Units »ce jardin de pierres comme métaphore du rapport de l’homme à la nature, pour finir par la majestueuse pluie noire de Kohei Nawa qui avec « Force » renvoie aux tombées radioactives sublimées dans leur descente verticale. Un épilogue d’une grande poétique et force plastique.
Comme le souligne la commissaire, l’art contemporain japonais s’est développé non pas de façon cohérente mais en prise avec d’autres formes d’expression telles que la mode, le manga et divers sous cultures, ce qui conduit à des sensibilités et approches plus individuelles et une véritable effervescence remarquablement traduite par la scénographie volontairement décloisonnée.
Loin des stéréotypes simplistes limités au « kawaï »(mignon) et zen, c’est à une traversée en profondeur à laquelle nous sommes conviés, à la fois artistique et spirituelle, complétée par la performance et les arts vivants très présents à l’international, lors de 10 rendez-vous intitulés « evenings« .

Le troisième volet de ce triptyque japonais sera entièrement dédié au collectif Dumb Type à partir du 20 janvier 2018, une première ! En réaction à la surenchère technologique des années de bulle économique de 1980, le groupe interroge nos comportements face un monde globalisé et normé par le numérique entre installation immersive et nouvelle forme de théâtralité. Patience…

Le festival Est Express : 3 jours festifs entre le Centre Pompidou-Metz et le Mudam Luxembourg, du 10 au 12 novembre (billet couplé).

La manifestation débute au Centre Pompidou-Metz le vendredi en nocturne, s’y poursuit le samedi en journée, avant d’investir le Mudam le samedi soir et le dimanche.
Au programme, remarquons :
Capitaine Futur soit l’association de la chanteuse folk Rachael Dadd et du musicien underground Ichi, bricoleur et instrumentiste de génie qui à partir du concept de l' »On Pa » (interaction de l’homme avec les phénomènes naturels) nous proposent un théâtre d’ombre savoureux pour petits et grands.

Ichi nous conduit jusqu’au Mudam où le chorégraphe américain Jonah Bokaer interprète une performance conçue en réponse au Grand Hall avec comme socle l’œuvre magique de Su-Mei Tse « Stone collection », sur laquelle je reviendrai. Le cosmo-ball d’Emmanuelle Vo-Dinh et ses amis termine joyeusement la soirée. Chacun est invité à se déguiser pour l’occasion ! Un musée qui vibre et va vers vers d’autres publics.

INFOS PRATIQUES :
• JAPAN-NESS
Jusqu’au 8 janvier 2018
• JAPANORAMA
Jusqu’au 5 mars 2018
• DUMB TYPE
Du 20 janvier au 14 mai 2018
Centre Pompidou Metz
1, parvis des Droits-de-l’Homme
57020 Metz
http://www.centrepompidou-metz.fr/

Le Restaurant la Voile Blanche vous propose une pause gastronomique (chef étoilé Eric Maire) dans un cadre soigné.
Tarifs :
Tarif modulable en fonction du nombre d’espaces d’expositions ouverts le jour de votre visite. : 7€ / 10€ / 12€
L’accès du musée de la gare se fait en 5 mns par une passerelle extérieure. (Paris-Metz en TGV : 1h20)

Time Immemorial : Yang Yongliang à la Galerie Paris-Beijing

La Galerie Paris-Beijing joue la machine à perturber le temps avec Time Immemorial  de Yang Yongliang.  Je vous assure vous vous en souviendrez !

Yang Yongliang revisite la tradition du paysage Sanshui, ces paysages de montagnes noyées dans la brume et les nuages. Cette peinture apparue en Chine dès le IVe siècle et qui eu son apogée au  Xe, XIe et XIIe siècle. Les paysages shanshui sont centrés sur le rapport : montagnes et eaux. Dans la tradition chinoise, les montagnes comme les fleuves et les mers sont considérés comme des endroits sacrés. Les montagnes, lieux de séjour des immortels, sont représentées entourées d’eaux, comme des îles. On y trouve les secrets de l’immortalité.

Yang Yongliang pratique la photographie numérique à la manière d’un peintre. Par multiples touches, il crée des univers fantasmés avec une approche critique de la réalité de son pays confronté entre le progrès technologique et  l’annihilation d’une certaine culture. Il recrée des paysages d’inspiration shanshui , en noir & blanc. De loin, la référence à cette ancienne peinture chinoise est évidente et plus on se rapproche, plus on avance dans le temps, avec une irrésistible envie de se coller à l’écran, de rentrer dans l’œuvre et de découvrir la multitude et la richesse visuelle de ses paysages. Les montagnes cette fois-ci sont envahies, vampirisées par des constructions jusqu’à faire disparaitre toute végétation. Les montagnes disparaissant elle-même sous cette masse de gratte-ciels, de bâtiments, de grues, de voies urbaines… comme atteinte d’un cancer de la peau. Mais le tour de force de Yang Yongliang c’est de rendre ces paysages totalement fascinants. Rien de morbide, au contraire, le paysage parvient à conserver sa beauté voire même une certaine sérénité.

La prouesse est encore plus grande avec les œuvres Endless Streams et le triptyque Journey to the Dark sur écrans 4K. Car les villes-montagne ou montagnes-ville s’animent. Des fenêtres s’éteignent et se rallument. La circulation se fait vivante. Les grues de chantier se mettent en rotation. Les cascades se jettent  dans le vide et la vibration de la mer ondule. Un monde totalement envoutant qui navigue entre peinture, photographie et cinéma.

Je vous recommande, l’installation immersive Eternal Landscape qui permet au spectateur, à l’aide d’un casque de réalité virtuelle de plonger dans un paysage… Une expérience qui nous renvoie dans les paysages de ses illustres prédécesseurs. Un paradis perdu ?

Une vidéo, un long métrage de 60 minutes termine l’exposition. Full into Oblivion suit un personnage vêtu d’une armure de kendo qui erre dans un paysage urbain chaotique. Un rêve hors du temps.

INFORMATIONS PRATIQUES
Yang Yongliang
Time Immemorial
Du 4 novembre au 23 décembre
Galerie Paris-Beijing
62 rue de Turbigo
75003 Paris
http://www.galerieparisbeijing.com

ASIA NOW, tête chercheuse à l’avant-garde !

ASIA NOW 3ème édition, première « boutique art fair » en Europe dédiée à l’art contemporain asiatique, accueille au sein de son prestigieux hôtel particulier de l’avenue Hoch,dans une ambiance raffinée et chaleureuse, une trentaine de galeries asiatiques et occidentales influentes, jouant de nouveau son rôle de réelle plateforme autour de plus de 14 pays, avec un focus particulier cette année sur la Corée (programmation spéciale en partenariat avec l’équipe curatoriale de la Biennale de Busan et du Korean Arts Management Service -KAMS). Un signal fort et prometteur à travers des projets spéciaux d’artistes historiques ou de la génération post-internet.

Remarquons dès l’entrée l’exposition de jeunes artistes multimédias coréens « Non-Sense Music » imaginée par le KAMS avec notamment la vidéo de Kelvin Kyung « Dream of Iron »tournée dans un chantier naval transformé en forge de vulcain musicale ou les films de Lee Wan « Made In »autour de son journal de bord quotidien pointant les dérives du capitalisme et l’exploitation qui découle de la mondialisation, se mettant lui même à la recherche de mode de productions naturels et artisanaux.

Autre projet spécial à ne pas manquer, proposé par la Kukje Gallery l’installation de l’artiste Ham Kyungah « Mona Lisa and the others from the North » à partir d’une broderie de Mona Lisa faite en Corée du Nord découverte par l’artiste à sa grande surprise, suscitant un processus de recherche auprès de transfuges de Corée du Nord et leur récit et aspirations avant leur départ du pays.

Remarquons la galerie Sator (Paris) qui avec la coréenne Hayoun Know (prix Découverte du Palais de Tokyo en 2015) tisse un nouveau récit autour d’une zone interdite, la DMZ que nous parcourrons à travers la réalité virtuelle à partir du récit d’un soldat rattaché à ce territoire entre la vie et la mort. Une fascinante immersion en miroir qui interroge la notion de frontière matérielle et immatérielle.

Maria Lund galerie (Paris) fait la part belle à la Corée avec 3 artistes dont Shoi (ENSBA Paris) qui avec ces chimères de céramiques, célèbre Dionysos et une mythologie toute droit sortie de Jérôme Bosch.

La Soso galerie (Paju, Corée du Sud) que j’avais remarqué à Art Paris 2016 avec Kim In Kyum (Biennale de Venise en 1995) et ses dessins magiques à l’encre bleue, jouent toujours de la transparence comme une photographie diluée de gestes et souvenirs.
La Gallery Su (Seoul) avec l’artiste chinois Jiang Zhi et sa vidéo « In the Wind »nous envoute autour du mythe revisité de Sisyphe.
Magda Danysz Gallery (Paris, Shanghai, Londres) propose dans un jardin d’inspiration zen un dialogue entre Liu Bolin (série récente de sculptures « When you see me, I see you ») et Zhang Dali, pionnier du graffiti en chine a été révélé avec sa série « La seconde histoire » (Rencontres d’Arles 2010) manipulant les images comme la réalité parallèle du discours officiel maoiste.

J: Gallery (Shanghai) avec la chinoise Li Tingwei basée à Berlin incarne les préoccupations de sa génération autour de la perte d’identité à l’ère du virtuel se focalisant sur une quête de vie saine dans un corps parfait.

Vanguard Gallery (Shanghai) présente un solo show du jeune artiste chinois Tang Chao et ses vidéos « Local Photography »(enquête lieux de crime dans sa ville natale) et « Besides Salt Lake »sorte de dérive narrative à partir des éléments naturels.

Parmi les projets spéciaux :

La foire renouvelle aussi sa collaboration avec Christie’s dans le cadre du « Design Project »,représenté par le Studio MVW qui dévoile en avant-première BlooMing.
ZETO ART, association de commissaires basée à Paris, propose « Migration »autour d’artistes émergents ayant tous émigrés, dont Yang Li et son
fascinant travail photographique autour de la mystérieuse « 404 city », introuvable sur les cartes chinoises ayant servi de base de construction de la 1ère bombe atomique dans le désert de Gobi.
Autre projet « Mr Zheng »(collectif Polit-Sheer-Form Office) accroché sur l’un des balcons extérieurs, comme cela a été le cas dans divers espaces publics de Shanghai interpelle par son regard perdu et vide d’une grande banalité marquant la trace des anciens portraits des dignitaires politiques d’avant l’époque socialiste. Une sorte d’icône réactivée.

Le duo organisé par le Zhan Zhou International (Beijing) « Shift » autour de Kang Lei et Du Haijun qui explorent les fractures intimes provoquées par l’intrusion d’internet et la fragmentation virtuelle continue. Ils se replongent dans les procédés traditionnels (tempera pour Kang Lei, peinture pour Du Haijun) pour relire la destinée individuelle et sa fragilité. Kang Lei à partir de la couleur bleue-porcelaine, se penche sur une nature luxuriante et offerte, des personnages de l’Opéra ou des scènes de la vie actuelle, soulignant la distance intérieure à garder et nourrir.
Du Haijun dans ses vues cinématographiques de la ville souligne le côté kafkaien de l’urbanisation galopante dans des miniatures où l’œil se perd avec délectation. Comme dans une scène de théâtre la question demeure : Who Can See Cities ? (superbe catalogue)

Programme : quelques temps forts

Première française du film de Michael Schindelm « Les Vies chinoises d’Uli Sigg », l’un de plus grands collectionneurs d’art contemporain asiatique, suisse qui a fait une importante donation à M+, future musée à Hong-Kong, signé Herzog & de Meuron. Suivi du talk « Le rôle des collections privées et des collectionneurs dans le musée du futur »
Discussion performative sur l’art post-digital et la scène Coréenne. Victor Le, mentor de « URL Fighters » invite Philippe Riss-Schmidt, foundateur de l’HyperPavilion à la 57ème Biennale de Venise.
Pour Unknown Soul, performance par Jooyoung Kim.
“Nouvelle generation d’artistes coréen spécialisés nouveaux médias”, talk.

Pari tenu pour Alexandra Fain fondatrice de cette foire qui apporte une vraie fraîcheur et dimension humaine.

Liste des exposants :

A Thousand Plateaus Art Space • Chengdu, China | A3 • Berlin, Germany • Singapore | AIKE DELLARCO • Shanghai, China | Art’Loft/Lee-Bauwens-Gallery • Forest, Belgium | BANK • Shanghai, China | Gallery Baton • Seoul, South Korea | Chi-Wen Gallery • Taipei, Taiwan | CHOI&LAGER Gallery • Köln, Germany • Seoul, South Korea | Fabien Fryns Fine Art • Beijing, China | ifa gallery • Brussels, Belgium | J: Gallery • Shanghai, China | Galerie Liusa Wang • Paris, France | Magda Danysz Gallery • Shanghai, China • Paris, France • London, United Kingdom | Galerie Maria Lund • Paris, France | New Galerie • Paris, France | Galerie NOEJ • Paris, France | ON/gallery • Beijing, China | Pierre-Yves Caër Gallery • Paris, France | Primo Marella Gallery & Primae Noctis Gallery • Milan, Italy • Lugano, Switzerland | Richard Koh Fine Art • Kuala Lumpur, Malaysia • Singapore | Galerie RX • Paris, France | Galerie Sator • Paris, France | SinArts Gallery • The Hague, Netherlands | Gallery SoSo • Gyeonggi-do, South Korea | Gallery Su • Seoul, South Korea | Tang Contemporary Art • Beijing, China • Hong Kong, China • Bangkok, Thailand | The Columns Gallery • Seoul, South Korea | The Drawing Room • Makati City, Philippines | Vanguard Gallery • Shanghai, China | Yavuz Gallery • Singapore

INFOS PRATIQUES :
ASIA NOW, Paris Asian Art Fair
Du 18 au 22 octobre 2017
9 Avenue Hoche
75008 Paris
http://www.asianowparis.com/

Le Japon contre les robots

Ryoko Sekiguchi et Patrick Honnoré proposent une nouvelle traduction du texte, devenu culte, du grand Junichirô Tanizaki. C’est un véritable condensé de la culture japonaise mais surtout, en creux, un véritable bréviaire de dissidence pour temps difficiles. La nouvelle traduction permet de mieux apprécier toute la verve et l’originalité de ce chef d’œuvre qui doit figurer dans toute bibliothèque de « l’honnête homme ».

« Le beau travail du négatif, celui qui bouleverse, détruit, sape toutes les certitudes politiques et morales d’une société »
Jérôme Leroy

«L’éclairage électrique en nous désapprenant à voir dans la pénombre, à y être chez nous, dérobe toutes les pensées et les sentiments des choses qui auraient trouvé à y prendre forme, à s’y discerner bientôt»
Baudouin de Bodinat

Condensant différents articles parus dans la presse, Tanizaki souligne que la quête de l’ombre est consubstantielle à la civilisation japonaise. C’est cette recherche notamment qui lui a permis d’atteindre des sommets de raffinement que l’on retrouve aussi bien dans le galbe d’une pierre de jade, dans le silence d’un temple, dans la concentration lapidaire d’un haïku, dans la sobriété des gestes de politesse ou de l’art culinaire, tout en ellipses. Ce passage du livre résume parfaitement le style et l’originalité de l’approche de Tanizaki : «Ce qui se trouve dans les ténèbres du bol est indiscernable, mais vos mains perçoivent l’oscillation du bouillon, et la légère condensation qui transpire sur les parois vous informe de la montée de la vapeur, dont le fumet vous laisse imaginer le goût avant même de le porter en bouche. Cette émotion instantanée est effectivement inconnue du service à l’occidentale, où la soupe vous est servie dans une assiette blanchâtre à peine creuse. J’irai jusqu’à appeler cela un mystère, le goût du zen.»

En contrepoint de la luminosité croissante de la société moderne, liée à une occidentalisation grandissante dans le cas du Japon, Tanizaki rappelle justement les codes « ombrés » de l’esthétique japonaise (laques, papiers, conception de la maison, objets laqués et mats, plats (miso, yôkan)).

Pour autant, il ne faudrait se méprendre. Tanizaki n’est pas passéiste, il ne regrette pas un âge d’or qui n’a jamais existé. Il met en exergue tout ce qui permet au sein de la culture japonaise de ne pas céder à l’uniformisation de la société moderne, à son utilitarisme consumériste. Il ne dit pas c’était mieux avant, mais cela pourrait être pire maintenant si une attention particulière n’est pas donnée à la poésie du quotidien, aux plaisirs de la vie, à l’art. En cela, il rejoint Georges Bernanos et Claude Lévi-Strauss, deux auteurs également essentiels pour ne pas être dupe d’un monde parfois en perte de sa propre réalité et de sa diversité.

INFORMATIONS PRATIQUES
Louange de l’ombre
Junichirô Tanizaki
Editions Philippe Picquier, 2017
http://www.editions-picquier.fr

Merci à Bernard Descamps pour l’accord d’utilisation de ses photographies issues du livre Japon, édité en 2000 par les éditions Filligranes.