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Découvrir les comics  : Thanos & Infinity War

Dossier spécial Thanos & Cie à l’occasion de la sortie du film Avengers 4 : Infinity War qui conclut une boucle démarrée il y a 10 ans pour porter les personnages emblématiques de Marvel à l’écran (Spider-Man ou les X-Mens étant à part, car ils avaient déjà leurs propres franchises…)

Et pour vous remettre dans le bain, voici la liste des films qui composent cette fresque :
Phase 1 : Iron man, L’Incroyable Hulk, Iron man 2, Thor, Captain America: First Avenger et Avengers.
Phase 2 : Iron Man 3, Thor : Le Monde des ténèbres, Captain America : Le Soldat de l’hiver, Les Gardiens de la Galaxie, Avengers : L’Ère d’Ultron et Ant-Man.
Phase 3 : Captain America : Civil War, Doctor Strange, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, Spider-Man : Homecoming, Thor : Ragnarok, Black Panther, Avengers: Infinity War (sortie le 25 avril 2018), Ant-Man et la Guêpe (sortie prévue en 2018), Captain Marvel (sortie prévue en 2018), Avengerssuite (sortie prévue en 2019).

Toutes ces suites sont déjà prévues (sans parler des séries TV) mais ce qui nous intéresse ici est que Marvel ait choisi Thanos comme méchant ultime qui rassemble tout ce beau monde pour la conclusion de cette vague d’adaptation.
Thanos est l’un des anti-héros les plus charismatiques des publications de la Maison des idées : il est le plus complexe dans sa psychologie et son évolution. Il sera en passe de détruire et de sauver l’univers entier plusieurs fois et restera pour les lecteurs l’un des meilleurs adversaires de tous les temps.

Comment être en phase avec ses lectures ?

Plusieurs pistes.
La première est bien sûr de lire les albums conseillés sur les Avengers, Iron Man, Captain America, Thor, Dr Strange,… dans les précédents dossiers.

La seconde : se pencher sur le personnage de Thanos.
Le géant violet apparaît pour la première fois en 1973 dans le titre Iron Mangrâce à Jim Starlin, son créateur, et il deviendra rapidement le héros clef des histoires du scénariste, peu importe le titre sur lequel il officie. Le Titan fou évolue vite et fera l’objet de plusieurs cross-overs bien avant que cette pratique devienne la norme chez Marvel.

Le titre parfait pour faire connaissance est le socle de la saga “de l’infini” de Jim Starlin : Le Gant de l’infini. Cette histoire cristallise le meilleur du personnage, les enjeux les plus fous et un méga cross-over avec les personnages emblématiques de Marvel. J’adorais cette histoire gamin (et découvrir les suites qui n’étaient pas éditées jusque-là est une p**** de madeleine de Proust violette) et le film me donne une occasion de partager cette chouette lecture avec vous.

Ayant réuni les six gemmes de pouvoir (mais si, les pierres qu’on aperçoit 3 millisecondes dans certains films Marvel) Thanos est devenu l’égal d’un dieu. Il a le pouvoir de modifier la réalité et peut enfin offrir un monde de destruction à sa bien-aimée qui le délaisse : la Mort. C’est le coup de génie de Starlin qui propose une histoire d’amour ratée comme moteur de la plus épique des guerres de l’univers. Ça, et l’idée de mettre sur le carreau les plus grands héros : Thor, Namor, Iron Man, Wolverine, Scarlet Witch, Hulk, ou Captain America… Seul le mystérieux Warlock pourra réussir là où les plus grands échouent.
George Pérez assure le dessin de cette saga (puis passera la main à Ron Lim) et il met la barre très haut. Les mises en scène cosmiques ou les destructions dantesques nous emportent et son interprétation des personnages est magique. La meilleure incarnation de Thanos ever.

Suivent La Guerre de l’Infini & La Croisade de l’Infini qui tirent le fil de cette saga en proposant un Thanos encore plus retors et stratège dans un univers encore plus mystique. Un peu moins indispensable pour démarrer, mais si vous avez accroché avec le premier volet, foncez.

En plus des rééditions de la trilogie de l’infini, Panini comics vient de publier une anthologie chronologique autour du personnage : Je suis Thanos,dans sa collection découverte.

Point de départ parfait pour embrasser la carrière du Titan dans son intégralité et mieux comprendre son évolution, je vous le recommande vraiment, car il propose des épisodes inédits en album de ce côté de l’Atlantique. Mais aussi une introduction au film que vous allez découvrir grâce à Brian Michael Bendis & Mark Bagley, qui signaient déjà les nouveaux épisodes des Gardiens de la Galaxie dans cette optique. Vous pouvez aussi vous procurer le recueil complet de ce run Avengers Assemble de Brian Michael Bendis & Mark Bagley, mais ce n’est pas franchement indispensable.


Autre point d’entrée passionnant : L’ascension de Thanos de Jason Aaron & Simone Bianchi. L’un des meilleurs scénaristes contemporains s’est emparé du personnage pour raconter ses origines, nous assistons à l’adolescence fragile et complexée de la créature la plus monstrueuse & machiavélique du cosmos. Très réussi, ce one-shot rend hommage à la vision du personnage de Starlin tout en proposant une piste alternative sur une possible schizophrénie du Titan (il n’est plus à ça près).

Enfin, Jim Starlin a relancé le personnage il y a quelques années avec une nouvelle trilogie Thanos : La révélation de l’Infini, Thanos : La relativité de l’Infini & Thanos : La Fin de l’Infini qui propose une nouvelle croisade aux frontières de la mort et de la destruction totale où le géant violet sera peut être le sauveur de l’humanité…

Cette fois, vous êtes équipés pour faire face à la déferlante Marvel qui va s’abattre sur les réseaux sociaux entre pubs, spoilers et critiques, vous avez de quoi vous faire votre avis.

Découvrir les comics  ( ép.3)
#BubbleTips N°9 :  Le renouveau héroïque en 10 essentiels

Après avoir brossé le portrait des super-héros les plus connus, les classiques et les tenants du titre, on vous propose de parcourir les essentiels des héros contemporains, qui ne sont pas si super

🔞 J’en profite pour préciser que contrairement à d’habitude, absolument TOUS les titres présentés ici sont réservés à un public averti. Et cher public averti, jetez-vous sans attendre sur ces noires pépites.

Pour les plus curieux, vous avez également le dossier pour vous mettre à la bande dessinée (les Grands classiques, les BD de genres, les romans graphiques, les maîtres de l’humour, les pépites méconnues ou oubliées & les jeunes auteurs à suivre).

📙 9ème tips pour construire votre bibliothèque idéale avec le renouveau héroïque en 10 essentiels

1SIN CITY
Dès 1991 et pendant presque 10 ans, Marv, Shellie et Miho vont écumer les rues sales de la ville du péché. Après une carrière au sommet chez Marvel et DC comics où Frank Miller a littéralement réinventé Batman et Daredevil, il se lance dans plusieurs comics originaux où il a le plein contrôle et peut assouvir ses envies de violence à travers ses personnages malmenés. Histoires indépendantes connectées par le fil rouge de plusieurs personnages récurrents et surtout par cette ville malsaine, la série offre de grands moments de noirceur et de fragilité souligné par ce dessin unique au noir & blanc qui joue avec la lumière et son absence.
Derrière un dessin dur, très carré et qui tranche avec la production de l’époque, Frank Miller impose son trait novateur et ultra-stylisé dans ses premiers comics. Il va aller encore plus loin dans la stylisation créant des compositions audacieuses et inédites. Ce jeu de lignes et de simplification est rehaussé par une réflexion sur le noir et blanc qui donne une force folle à ces compositions. Le dessinateur explore les possibilités offertes par ce jeu de silhouettes, par ses ombres découpées sur le noir de la page et crée plusieurs séquences muettes, des pleines pages dynamiques ou des illustrations mystérieuses parfois accompagnées d’un récitatif.

J’espère que vous aimez les romans noirs, les histoires qui finissent mal et les chocs frénétiques —affectifs & graphiques— parce que cette série vous prend littéralement aux tripes. Le dessinateur réussit le tour de force de nous faire aimer ses salauds, ses tueurs amoureux et vengeurs dans un monde où la violence est la seule norme. Où la férocité est le langage commun de ce lieu perdu.

Chaque épisode est une histoire de vengeance et s’attache à un crime particulièrement abject, le sulfureux Miller ne semble pas avoir de limite, mais nous garde captifs par la beauté de ses compositions et de sa mise en scène.

💡 (série complète) Les sept recueils peuvent se lire indépendamment même si les personnages se croisent, reviennent le temps d’un flash-back, d’un cameo ou d’une histoire courte… aussi la lecture des albums dans l’ordre de publication est conseillée.

❤️ On conseille l’intégrale donc, qui existe en omnibus (régulièrement épuisé et réédité) ou en sept volumes “blancs” chez le même éditeur Rackham.


2HELLBOY
Le diable en personne ou presque, un démon surgi des enfers suite à un rituel magique initié par des soldats nazis en quête d’artefacts pour gagner la Guerre, un jeune homme qui se lime les cornes chaque matin pour s’intégrer dans la société. Le garçon des enfers est invoqué en 1993 par Mike Mignola et va devenir l’un des héros, hors Marvel et DC comics, les plus populaires de la scène comics contemporaine.
Recueilli par les scientifiques du B.P.R.D ( Bureau for Paranormal Research and Defense) une branche du gouvernement américain qui lutte et tente de comprendre les phénomènes paranormaux et les légendes, Hellboy va travailler pour cette organisation quelques années et croiser bon nombre de créatures et de mythes. À cheval entre le conte fantastique tirant de E.A.Poe et H.P.Lovecraft, le lyrisme violent shakespearien, mais également le polar hard boiled : les enquêtes inquiétantes du monstre rouge, et ses acolytes, les entrainent dans le côté obscur de notre monde où se côtoient démons, vampires, dieux et désseses, les héros arthuriens, et une bonne partie des mythes religieux.
À l’image de beaucoup de super-héros, Hellboy est un être torturé par son passé et ses actes, qui se questionne sur son rapport au monde autant que sa lutte contre les forces du mal. De plus Mike Mignola crée une vraie rupture dans la série quand son héros décide de quitter le B.P.R.D où il travaille suite à un désaccord sur les méthodes employées. Il se recentrera sur une quête des origines qui va le mener plus loin dans l’horreur et la machination mythologique que ce qu’il avait vu jusque-là.

Remarqué pour son style de dessin assez atypique dans l’industrie américaine, il fait partie de ceux que l’on reconnait au premier regard. Ses compositions, son traitement des ombres et des aplats soulignent l’ambiance mystique de ses histoires. Derrière ce trait anguleux se cache un bestiaire fantastique, réinterprétations modernes de figures anciennes, de créatures de contes et légendes traités comme des figures toujours vivantes. Il travaille ses couvertures comme des bas-reliefs et le traitement graphique de chaque héros est tellement caractéristique que le public plébiscite chaque mini-série de leurs aventures solos. Son créateur a mis en place toute une galaxie de personnages et de séries qui densifient le titre et qui en font un univers riche et complet. En plus des trois séries Hellboy (Hellboy, Hellboy Aventures, & Hellboy Histoires bizarres) on trouve B.P.R.D, B.P.R.D Origines, B.P.R.D- L’Enfer sur terre, Hellboy & B.P.R.D, Abe Sapien et Lobster Johnson.
Lobster Johnson
est un peu à part, puisqu’il recrée un super-héros plus classique, en gardant l’univers déjà en place avec un côté vintage : les intrigues se passant avant l’arrivée d’Hellboy. Assez bluffant.

Plusieurs dessinateurs et scénaristes interviennent sur cette licence et même si les dessinateurs invités sont assez prestigieux et doués, le trait de Mike Mignola reste assez unique et on se plait à le retrouver à chaque nouvelle livraison de la série principale.

💡(série en cours) En plus de la série mère Hellboy, je vous conseille de lire B.P.R.D. qui est au moins aussi réussie (et qui reprend le flambeau des enquêtes avec de très bons personnages quand Hellboy part dans sa quête solo). Et j’ai un coup de cœur particulier pour Lobster Johnson et cet univers entre Doctor Stange et La Brigade Chimèrique.

🗿 Consulter la liste des séries de l’univers Hellboy ici.


3PREACHER
Sous le label vertigo de DC comics, apparaitrons plusieurs titres novateurs, presque tous devenus classiques aujourd’hui, mais en 1995 Preacher de Garth Ennis & Steve Dillon casse un peu la baraque avec leur style rebelle et subversif. Le ton libre et provocateur des personnages, les jurons toutes les deux cases et cette histoire autour d’un ange déchu incarné dans le corps d’un prêtre craignos, accompagné par son ex devenue tueuse à gages et un vampire déjanté. Notre prêcheur porte en lui l’enfant d’un ange et d’un démon, recherche Dieu qui a quitté les cieux et est poursuivi par un cow-boy tueur de divinité envoyé à ses trousses. Heureusement que le fantôme de John Wayne est là pour le guider dans cette quête à travers les États-Unis. G.Ennis s’en donne à coeur joie dans cette débauche où son humour noir souligne les scènes vraiment glauques dessinées par son comparse S. Dillon. La réédition récente donne même accès au courrier des lecteurs présent dans les parutions mensuelles où toute la verve potache du scénariste éclate et joue avec ses lecteurs.

Je ne suis pas hyper fan du dessin de Dillon, mais il faut reconnaitre que son sens de la mise en page, ses cadrages et son style nous immerge immédiatement dans l’histoire et l’action. Le trait légèrement cartoon et qui se déforme est parfait pour les scènes assez insoutenables de tortures et de mutilations présentes dans l’album et sans ça, impossible de créer un personnage aussi fort comme Tronchdecul (Arseface) dans l’adaptation en série T.V. sa laideur et détresse est un peu adoucie.

Ce polar mystique à l’humour bien tranché captive dès les premières pages, les auteurs prenant plaisir à distiller lentement les informations sur le passé trouble des personnages en parallèle de cette quête improbable. Et comme tout prédicateur, méfiez-vous des belles paroles, vous risquez d’entrer dans un monde de cauchemars et de folie furieuse.
Le verbe et les mots sont le pouvoir le plus puissant, et notre ami au col blanc en a fait son arme principale, entre une armée d’insultes et de jurons bien sentis.

💡 (série complète) L’intégrale existe maintenant en six volumes, qui comprend également les hors-séries et les épisodes spéciaux sur les histoires secondaires.


4TRANSMETROPOLITAN
Pas de pouvoirs ou de super-héros pour Spider Jerusalem, le journaliste gonzo complètement déjanté qui lutte, à sa manière, contre l’injustice, les médias et plus particulièrement le Président des USA en exercice depuis 1997. Auteur d’articles cinglants dans un monde futuriste abimé, L’homme au tatouage d’araignée réussit à fuir sa propre vie autant qu’il s’implique dans la vie des autres. Cette fuite en avant se double d’une frénésie verbale, d’une agressivité musclée de sa part ou de celle de ses gardes du corps Channon Yarrow & Yelena Rossini. Drogué, alcoolique et accro à tout ce qui est lié à l’autodestruction, il balade ses lunettes caméras partout où il ne faut pas et fouine dans des histoires qui le dépassent.
Warren Ellis est un scénariste atypique qui écrit aussi bien des romans, des nouvelles que des scénarios de bandes dessinées qui s’inscrivent tous dans une veine désabusée et post-moderne. Son héros, directement inspiré de l’écrivain Hunter S. Thompson qui a popularisé le journalisme gonzo, est tout sauf objectif et commente à peu près tout pour notre plus grand plaisir.

Le style réaliste et ultra-détaillé de Darick Robertson donne corps à cet environnement post-cyberpunk bien crade où la technologie semble plus être un pansement pour la société qu’un bienfait pour l’humanité. Le diable est dans les détails dit l’adage, et ces pages en regorge, donnant un équilibre assez subtil entre les dialogues enflammés et percutants du personnage et son environnement dense et qui met un peu mal à l’aise. Le trait, soutenu par l’encrage et la couleur, a quelque chose d’un peu rétro aussi qui donne un charme particulier à cette série qui a tous les codes de la SF, mais qui n’en fait pas son propos.

La nouvelle édition intégrale en cinq volumes regroupe les numéros par année de parution et donne un bon aperçu du personnage et de ses joutes verbales sur presque 300 pages.
Si la vulgarité, l’apologie de la violence ou de la drogue vous dérange : passez votre chemin, vous êtes en présence du pape de l’irrévérence.

💡(série complète) On conseille l’intégrale qui propose une histoire complète qui se boucle au dernier épisode qui aura englobé plusieurs cycles sur près de soixante numéros.

❤️ Si vous aimez son univers, lisez aussi ses romans et nouvelles (traduits au Diable Vauvert) vous y retrouverez un air de famille dans un océan d’idées déjantées…


5TOP10
Le nom d’Alan Moore est associé au qualificatif de chefs-d’œuvre et cette série n’échappe pas à la règle. Après son travail de déconstruction du genre super-héros sur Watchmen en 1986, il se lance dès 1999 dans un projet qui réussit à surprendre encore dans ce domaine. Après une série de conflits avec les grandes majors Marvel et DC comics, il lance une nouvelle collection ABC (America’s Best Comics éditée par Wildstorm) avec La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Tom Strong & Top10. Un renouveau dans le paysage des comics qui propose une alternative aux traditionnels héros masqués, avec humour et esprit, chaque série creusant un sillon bien particulier (malheureusement pour nous Jim Lee céda son label à DC Comics et Moore annonça qu’il s’arrêterait assez vite…)
Top 10 présente un monde où tout le monde possède des pouvoirs (même les animaux n’échappent pas à la règle) ce qui rends les super-héros presque inutiles, et le titre se concentre sur un commissariat de quartier et ses employés qui sont là pour maintenir l’ordre dans Néopolis. L’une des références célèbres de la bande dessinée est le copshow Hill Street Blues, une série du début des années 80 qui s’intéressait au destin, aux interactions entre les personnages ainsi qu’aux questions de société. Pour les flics du 10e district, ce sera la même chose derrière les arrestations spectaculaires, les intrigues se noueront autour de problématiques de la vie en société et de l’acceptation. Il sera question de racisme, de religions et d’exclusion, mais aussi de thèmes plus tabous comme le viol, l’inceste ou la zoophilie. Pour le scénariste anglais tous les humains, mutants ou non restent humains avec ce qu’il y a de meilleur ou de pire. Malgré un humour noir bienvenu, les situations et les émotions sont traitées sans cynisme par les auteurs. Alan Moore, Gene Ha et Zander Cannon ont créé un univers crédible et attachant ; un monde qui ne semble pas avoir de limites dans la démesure sans jamais tomber dans le grotesque ou la parodie.

L’un des grands talents de Moore est de faire intervenir des références, des archétypes ou des motifs haut plus qu’il intègre dans des histoires. Les oeuvres du Barde de Northampton restent politiques sans tomber dans la propagande, les protagonistes de ces histoires sont à la fois des personnages forts que l’on suit autant que les incarnations d’une partie de notre société dépeinte derrière l’illusion du genre. Comme souvent les allusions à des oeuvres classiques ou à l’âge d’or des comics, les propositions méta-textuelles abondent, la réflexion sur la forme et le fond ne quittent jamais le travail du scénariste de Big Number ; idem dans les cases de Gene Ha et Zander Cannon qui parsèment les décors de références cachées et de clins d’oeil à leurs amis Superman, Spider-Man…
Comme souvent dans ses collaborations, Moore s’entoure d’artistes ayant une vision assez moderne et innovante du médium tout en cultivant un style qui rend hommage aux productions plus anciennes. Un travail double souvent accompagné par la couleur qui souligne cette idée.

Le style précis et réaliste de G.Ha donne une dimension réaliste et humanise terriblement les personnages. Les situations tragiques qui sont le lot de ces policiers ou les drames personnels qui parcourent leur histoire sont d’autant plus mis en avant par cette approche extrêmement détaillée et riche, mais qui reste lisible par les néophytes.

💡 (série complète) Pas de questions à se poser sur quoi lire sur ce titre, Urban comics vient de publier toute la série & associées en un monovolume.

❤️ Lisez tout Alan Moore, le scénariste le plus récompensé au monde propose des histoires denses que l’on peut relire à l’infini et toujours trouver de nouvelles idées, de nouvelles émotions.


6 THE AUTHORITY
Entre 1999 et 2002, deux équipes de choc vont se succéder sur ce titre provocateur aux multiples censures avant son arrêt forcé par l’éditeur. Warren Ellis (qu’on a vu plus haut avec Transmetropolitan) & Bryan Hitch (le dessinateur de Ultimate Avengers) puis Mark Millar (Civil War) et Franck Quitely (Superman All★Star) vont inventer leur vision du Super-héros suite à la destruction d’une partie de la Terre. Conduit par Jenny Sparks, l’incarnation du XXe siècle, et épaulé par le couple des surpuissants Midnighter (version alternative de Batman) et son mari Apollo (version alternative de Superman) pour contrer les plus grandes menaces à bord de leur vaisseau conscient. Les héros se placent d’emblée dans un plan un peu supérieur aux aventures “classiques” des Avengers ou de la Ligue de Justice, les auteurs essaient de créer des enjeux qui dépassent les seules préoccupations terrestres, mais en recréant un climat d’intrigues et de conflits internes à l’équipe comme dans les meilleurs runs des X-Mens.
Comme pour Transmetropolitan, Ellis et ses compères explorent des thématiques assez noires, entre ultra-violence, drogue, sexualité et politique qui a conduit à la censure puis à l’arrêt du titre avant sa conclusion chez WildStorm/DC. Très visuelle à travers les dessins modernes et percutants de Bryan Hitch, on plonge avec excitation dans ce nouvel univers complet. Les personnages et les décors sont soignés dans les designs pour évoquer leurs références sans rien retirer de leurs personnalités à ces nouveaux héros. Très cinématographique dans son découpage et la manière de dessiner, le dessinateur anglais alterne entre stylisation et portraits réussis de personnalités pour donner corps à ses créations et ne lésine pas sur les détails pour densifier ses planches et laisser plus de place à l’image.

Ce qui est assez passionnant dans cette série, c’est qu’elle est connectée à deux autres de l’écurie WildStorm : Stormwatchet Planetary. Et Planetary compte parmi les plus réussies, avec son équipe encore plus atypique et ses quêtes “archéologiques”. Plusieurs récits autour de grands mystères dont un cross-over intrigant avec Batman où l’équipe le croise dans plusieurs dimensions et sous différentes versions.

💡 (série complète) Ces deux séries ont été republiées en intégrales augmentées (deux volumes chacune) chez Urban Comics que je vous recommande chaudement.


7FABLES
Pendant plus de dix ans, entre 2002 et 2015, Bill Willingham accompagné par les dessinateurs Lan Medina & Mark Buckingham ont développé l’envers du décor des contes traditionnels, réutilisant les personnages des fables et des histoires du patrimoine commun. Planqués à NewYork ou Fabletown, en marge de notre monde qui garde quelques porosités le Grand Méchant Loup aka Bigby veille sur l’univers des fables aux côtés de Blanche-Neige, le Prince charmant, Jack (avec ou sans ses haricots), Barbe bleue, les Trois petits cochons, Pinocchio,… Un monde assez dur, une percée dans cet univers secret qui s’ouvre sur le meurtre de Rose, la soeur Blanche-Neige. Bigby se transforme en Sam Spade pour mener l’enquête. L’écriture et la mise en scène de ces contes re-visités appuie sur les non-dits, le double langage déjà présent dans ces fables universelles. Il y a un air de famille avec Sandman sur l’écriture ultra-référencée, et la participation des artistes invités, sur ses couvertures et l’univers visuel qui inclue ces clins d’oeil et easter egg.
Visuellement, c’est une série qui marque, pour ses réinterprétations dans le monde moderne de personnages classiques. Dynamique et séduisante, cette recréation des mythes avec un pas de côté est assez enchanteresse. L’artiste James Jean qui réalise les couvertures a également donné un ton particulier, onirique et mystérieux qui a fasciné les lecteurs et contribué au succès du comics. Au point que certaines couvertures sont devenues presque plus connues que la série elle-même sur le net.

Comme toute bonne fable, elle se raconte différemment selon les époques ou les lieux et Bill Willinghan décline son univers dans des hors-séries et un roman qui étoffent l’univers et ses personnages sans faire de redite.

💡(série complète) Complète mais en cours de réédition chez son éditeur français qui propose dix intégrales dont seulement la première est sortie, mais la suite arrive très vite (le T2 arrive début avril, le T3 en juillet…)

Dernière recommandation, pour cette série, si vous voulez chercher les volumes d’occasion méfiez-vous de la numérotation qui a changé entre les différentes éditions pour ne pas avoir de mauvaises surprises.


8Y LE DERNIER HOMME
Toujours chez Vertigo, la même année que Fables, on assiste au lancement du récit post-apocalyptique de Brian K. Vaughan & Pia Guerra qui ne vont pas invoquer les zombies ou la bombe A mais un virus qui prive la Terre de tous les porteurs du chromosome Y, les mâles. Yorick, le dernier homme connu devient la proie de plusieurs factions qui cherchent à le protéger/l’utiliser comme reproducteur/le supprimer/le disséquer… tandis que lui-même cherche la cause de cette épidémie et un sens à sa vie amoureuse. Très bon récit de SF, sous forme de road trip à travers la planète, qui se double d’une réflexion intéressante sur le genre et qui donne à la série un air très contemporain quinze ans plus tard.

Le style assez “classique” et épuré de Pia Guerra donne une ambiance proche des comics d’Archie ou des romances de Jack Kirby. Un côté “normal” là où on devrait être plus dans l’ambiance de l’armée des 12 singes que d’un soap. Ce trait sans fioriture, mis en valeur par un choix de couleur en aplat qui remplace les décors quand l’histoire se concentre sur les émotions des personnages, a permis à la série de toucher un large public et de conserver une identité forte et assez unique dans le maelström de série post-apocalyptique qui débarque chaque année.

La série met un peu de temps à décoller vraiment malgré son point de départ intrigant, mais cela vaut le coup de s’accrocher car la suite vaut le coup d’oeil, le scénariste nous emmène assez loin dans son idée, sans cliché, avec toujours une longueur d’avance. Très référencé et à plusieurs niveaux de lecture, c’est une série qui mérite de s’y attarder plusieurs fois pour en saisir le meilleur.

💡(série complète) Comme pour les autres intégrales mentionnées chez Urban, les cinq volumes contiennent des bonus, inédits …

❤️ On ne peut pas tout mettre dans un dossier avec 10 essentiels, mais lisez Saga, sa dernière série, qui est incontestablement l’un des meilleurs comics du moment.


9WALKING DEAD
En 2003, la série qui allait réconcilier les fans de zombies et les amateurs de comics, qui ne cherchait pas la parodie ou le récit d’épouvante facile. Il y a bien entendu des scènes gores, trash, de la violence gratuite et de la baston, mais aussi pas mal de questions morales, d’histoires d’amour ou d’amitié, d’entraide et de trahison. Au fil des numéros, c’est un ensemble de dizaines et de dizaines de personnages qui évoluent dans cette ambiance de fin du monde Robert Kirkman, Tony Moore et Charlie Adlard ont recréé une comédie humaine là où les humains n’existent presque plus.
Le comics le plus populaire de cette dernière décennie a commencé de manière confidentielle et a mis quelque temps avant de devenir numéro un des ventes propulsant ses créateurs au rang de star —lisez Invincible du même scénariste ! Cette “histoire sans fin” (qui nous entraine sur les traces de Rick, ce héros un peu creux qui essaie de rester droit après l’apocalypse de l’humanité) brille par ses idées et s’est fait remarquer par sa facilité à sacrifier ses personnages principaux.

Les dessinateurs, Tony Moore puis Charlie Adlard ne sont pas en reste dans la construction de cet imaginaire qui est devenu le canon en matière de zombie. Inspirés par le travail de George A. Romero sur ses films, ils ont créé un monde crédible et humain même pour les personnages déshumanisés. Charlie Adlard concentre son trait sur ses personnages : sa technique en plans serrés avec une quasi-absence de décors sert au mieux les émotions des personnages. Il a un vrai talent pour rendre les personnages effrayants et dans cette série, il y a bien plus d’humains dangereux que de zombies…

On lit sur plusieurs sites et interviews que la série durera encore 3–4 ans, mais on ne sait pas. On est parti pour encore pas mal de volumes probablement…

💡(série en cours) Alors c’est assez délicat de vous conseiller ou ne pas vous conseiller toute la série, vu que tout cela se suit. Il y a des épisodes très bons, d’autres très chiants, mais l’histoire, les différents fils rouges se suivent donc assez difficile de sauter un ou plusieurs volumes.
Les premiers épisodes sont très bons et nous accrochent, à vous de voir si vous continuez (moi je fais une grosse pause depuis le T12)


10KICK-ASS
En 2008 Mark Millar arrive avec le titre qui marque le début d’un nouveau genre, où les super-héros se font tout seuls par la seule force de leur volonté et où la violence est omniprésente. Nos héros sont des geeks qui parlent de comics et qui rêvent de devenir des justiciers masqués au point que Dave un jeune garçon de seize ans enfile une combinaison de plongée en guise de costume et sort combattre le crime avant de se faire tabasser et de finir à l’hôpital. De cette première expérience, il en retirera une aptitude à ne pas sentir les coups, ce qui ne le protège pas, mais qui lui permet de foncer dans le tas. Il va rencontrer un duo étrange : un père et sa fille qui ont la même idée, mais plus d’entrainement. Cette remise en perspective de ce que pourrait être un super-héros dans le monde réel est assez jouissive quand on aime les comics : tous ces héros costumés ne sont que des tarés audacieux, qui essaient de rendre leur idée de la justice sans se soucier des dommages collatéraux.

John Romita Jr, l’un des dessinateurs emblématiques de Spider-Man entre autres, donne corps à cette réinterprétation du super-héros. Son trait facilement identifiable avec ses mains et mâchoires très carrées, ses héros baraqués sans dévoiler leur musculature et surtout ses hachures qui donnent une épaisseur et un côté un peu bestial à ses héros. La mise en scène de la force brute sert assez bien cette nouvelle série où les personnages principaux ont l’air assez fragiles avec cet ado un peu fin et la très jeune fille de 10 ans.

La sortie du comics et du film au même moment a fait de ce titre un énorme carton dès sa sortie. Mais pas que, la manière qu’ont eu les auteurs d’ancrer le personnage et ses interrogations dans l’imaginaire de notre époque avec ses codes et ses références ont fait de cette série une référence en quelques numéros.

💡(série terminée ) Disponible en trois intégrales plus un hors-série sur Hit-Girl, je vous conseille surtout le premier volume qui forme un tout cohérent. Indispensable, la suite un peu moins sauf si vous êtes accro à l’univers…


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Le manga garde une bonne longueur d’avance à la tête du marché

«Rien ne garantit que le futur de la bande dessinée soit japonais, mais le manga garde une bonne longueur d’avance à la tête du marché»

#Sélection N°101 Mangasia de Paul Gravett

Petite pause dans notre série de dossiers découvrir la bande dessinée et découvrir les comics(en attendant découvrir les manga bien entendu) pour aborder un ouvrage qui sera incontournable en juin 2018. Une grande exposition de 281 dessins originaux et 200 livres, plus des facsimilés et des objets liés à cette industrie sera à Nantes de juin à septembre prochain.
Lire et feuilleter les trois cents pages de ce catalogue d’exposition impressionnant, sorti en octobre dernier, m’ont demandé un peu de temps pour pouvoir vous en parler, et je vous propose aujourd’hui un tour d’horizon de ce livre très riche.

Riche de son érudition d’une part, car l’auteur Paul Gravett explore l’histoire et les grands thèmes de la bande dessinée asiatique au Japon, en Chine & en Corée les trois principaux producteurs historiques, mais également de Taïwan, de Malaisie, de Thaïlande, d’Indonésie, du Cambodge, du Sri Lanka, des Philippines, du Vietnam, de l’Inde, du Pakistan, du Bangladesh ou encore de la Corée du Nord. Ce travail de curation est doublé de commentaires sur la situation du pays interne ou par rapport à ses voisins qui permettent de mieux comprendre comment le médium a évolué ( distractions, propagande officielle, acte de résistance, questionnement sur la société, porosité des cultures et influences…) Il s’intéresse à la définition du mot manga, de ce qu’il englobe et quelles ont pu être les premières oeuvres qualifiées comme telles ou encore de ses influences dans les différents pays. Et enfin au métier de mangaka et ce que cela implique.

Riche également de son iconographie, c’est avant tout un livre d’images composé de beaucoup de matériel inédit. De couvertures, de dessins et de planche de tout le continent asiatique et territoires associés qui permettent d’avoir un aperçu de la richesse de ce que l’on ne connait pas.
Bien entendu, pour les amateurs éclairés et les grands lecteurs de manga, plusieurs passages leur seront familiers sur les auteurs japonais qui ont fait l’histoire de la bande dessinée, mais vous serez surpris, comme moi, devant l’immensité des histoires auxquelles nous n’avons pas accès.
Pour compléter cette exploration visuelle, on trouvera des chronologies et des cartes ainsi que des sélections sur les objets autour du médium.

La présentation et l’articulation autour de thèmes peut paraitre un peu déroutante à la lecture du livre, il faut garder en tête que l’ouvrage accompagne l’exposition et qu’il est très intéressant de le lire dans le désordre en piochant ici et là en se laissant porter par les images avant de revenir au texte dans sa continuité. Seul livre qui se penche sérieusement sur la question de la bande dessinée asiatique hors manga et donne un éclairage fascinant pour qui aime le genre. En tout cas, cela fait plusieurs semaines que je ne me lasse pas de le feuilleter, vivement l’expo !


Mangasia de Paul Gravett, édition Hors-collection, 2017

+1 album à ajouter à votre BDthèque (one shot)

Retrouvez nous toutes les semaines ici ou chaque jour sur le Twitter de Bubbleoù on vous parle d’albums qui nous ont particulièrement touchés. N’hésitez pas à nous poser des questions. À bientôt ! Thomas

Images extraites de l’album © Paul Gravett/Hors-collection
Illustration de couverture : Kitaro le repoussant ©Shigeru Mizuki

🎁 BONUS 🎁
Juste en dessous des extraits de l’album, je vous propose une sélection de coup de coeur manga ⬇️

On peut lire en complèment le très bon Charlie Chan Hock Chye de Sonny Liew qui présente l’histoire de Singapour à travers une série de planches, recherches et couvertures dessinés dans les différents styles du dessinateur Charlie Chan Hock Chye (personnage fictif qui permet à Sonny Liew de rndre hommage à plusieurs grands dessinateurs et élargir son propos.)

Mais aussi, notre sélection d’indispensables manga :

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#BubbleTips N°8  :  Les nouvelles icônes super-héroïques en 10 essentiels, ép.2

Saison 2 — épisode 2 : previously on BubbleTips vous avez pu lire la première partie du dossier découvrir les comics avec les fondations du super-héros en 10 essentiels (Superman, Batman, Wonder Woman, Spider-Man, Daredevil, etc…)

Pour les plus curieux, vous avez également la première saison pour se mettre à la bande dessinée ( les Grands classiques, les BD de genres, les romans graphiques, les maitres de l’humour, les pépites méconnues ou oubliées & les jeunes auteurs à suivre.)

📙 8e tips pour construire votre bibliothèque idéale avec les nouvelles icônes super-héroïques en 10 essentiels

1 – AVENGERS
On casse un peu l’ordre chronologique (qui reprend juste après) pour évoquer ce groupe de super-héros tellement emblématique de Marvel que sont les Vengeurs. Stan Lee & Jack Kirby crée en 1963 pour concurrencer la Justice League de DC Comics. Constitué à l’origine de Thor*, Iron Man*, Hulk* (Les personnages suivit d’une * ont des articles dédiés), mais aussi The Wasp/Janet Van Dyne, Ant-Man/Hank Pym & Captain America* peu de temps après.
Cette équipe se réuni pour faire fasse aux plus grandes menaces, Loki au tout départ puis Ultron, Kang The Conqueror, Thanos… (et en cela les adaptations au cinéma sont assez fidèles.)
Le groupe très populaire agrégera de nombreux membres comme Black Widow*, Hawkeye*, Doctor Strange*, Daredevil*, Spider-Man*, Black Panther, Scarlet Witch,The Vision,, Captain Marvel/Carol Danvers et plus récemment Wolverine* & certains X-Men*
L’équipe achangé de nombreuses fois de membres, mais c’est aussi dupliquée (West Coast Avengers & Great Lakes Avengers), dissoute (avengers the crossing & timeslide, Avengers Disassembled), reformée (New Avengers au moment de Civil War), réformée (Young Avengers, Mighty Avengers & Secret Avengers), manipulée (Dark Avengers), modernisée (Avengers Academy), cross-overisé (Uncanny Avengers), ou rebooté (All-New, All-Different Avengers)

Alors comment attaquer ces séries sans se venger sur les autres ?

💡 5 conseils pour attaquer : L’anthologie Nous sommes les Avengers de Panini qui permet de couvrir plusieurs décennies d’histoires avec de courtes introductions fait bien le job. Idem pour les intégrales chronologiques Avengers T1 : 1963–64.

Après plusieurs autres points d’entrée. Les New Avengers ( etDark Avengers & Avengers) de Brian Michael Bendis qui reforme et modifie le groupe avec des personnages très populaires comme Spider-Man, Luke Cage & Wolverine.

Puis Civil War qui concentre tous les Avengers (& d’autres) et change durablement leur univers.

Ultimates de Mark Millar & Brian Hitch qui recrée leur équipe idéale sans se préoccuper de la continuité. Le run prend le meilleur des héros et repart du début.

Après, il existe de nombreux titres, mais vous pouvez mieux vous familiariser avec les héros (voir ci-dessous) avant d’aller plus loin.


2 – HULK
Après les succès des 4 Fantastiques et de Spider-Man, Stan Lee & Jack Kirby ne vont plus s’arrêter et enchainer les créations mémorables. Brillant scientifique Bruce Banner devient en 1962 The Hulk sous le coup de la colère ou d’une émotion forte. Réécriture du Dr Jekyll / Mr Hyde de Stevenson à la sauce monstre selon le scénariste, c’est le dessinateur qui va se faire plaisir à en faire une créature puissante et imposante, bien plus que d’ordinaire. Probablement l’un des personnages les plus puissants de l’univers Marvel sous sa forme verte, Banner est également l’un des plus grands génies aux côtés de Red Richard (Mr Fantastic) et Tony Stark (Iron Man). Le titre passe entre plusieurs mains, de gris, il devient vert, de simple d’esprit il devient possédé par l’esprit de Banner, d’allié des Avengers puis des Defenders, il devient une menace trop grande pour la Terre et est envoyé sur une planète inconnue par ses anciens amis membres des Illuminati. Dans les runs Planète Hulk et World War Hulk il découvre son nouvel univers et qui l’a envoyé là et revient mettre des baffes à tout le monde. TOUT le monde.

Alors comment commencer sans s’énerver ?

💡 4 conseils pour attaquer : On vous conseille de mettre de côté les intégrales années par année pour plus tard et de plutôt tester Hulk gris de Jeph Loeb & Tim Sale qui reprennent les bases du personnage, à l’époque où il était encore gris.

Puis la période moderne qui a développé le personnage vers un Hulk qui n’est plus un simple d’esprit, mais un héros à part entière Planète Hulk orchestré par Greg Pak où le monstre vert va se tailler une place au firmament après avoir été gladiateur et meneur de la révolte sur une planète guerrière. Puis World War Hulk qui est une suite directe où Hulk va se venger de plusieurs héros qui l’ont condamné. Un cross-over pour fêter son retour sur Terre.

Puis Hulk, la séparation de Jason Aaron &Marc Silvestri qui propose un run intéressant où Bruce Banner et Hulk se sont séparés et ils se cherchent l’un, l’autre. Le scientifique pour réintégrer ses deux personnalités, le Titan Vert pour éliminer sa part humaine.


3 – THOR
Après Wonder Woman, il incarne l’alliance entre mythologie et récit de super-héros. Il débarque en Amérique en 1962 grâce à Stan Lee, Larry Lieber & Jack Kirby. Il va vite s’affranchir du mortel Donald Blake qui partage sa personne suite à une punition de son père Odin. Une grande partie de ses pouvoirs proviennent de son marteau de guerre, Mjöllnir, qui a souvent une place centrale dans les récits, car il ne peut être manipulé que par des individus dignes de le porter (des heures de fun chez les Avengers.)
Des Avengers, il en sera un des membres fondateurs et choisit de protéger la Terre avec les autres super-héros en plus d’Asgard son monde d’origine.
Le titre connait plusieurs évolutions et refontes au fil des ans et passe par des périodes de creux avant de retrouver un sursaut dans les années 90 puis 2000 avec d’excellents auteurs qui se succèdent sur le personnage. Avec une renaissance graphique grâce aux talents d’Olivier Coipel puis au niveau du scénario avec Jason Aaron plus tard entre le Massacreur de dieux et le Thorféminin de Mighty Thor et d’All-new Thor.

Alors comment peut-on être digne de Mjöllnir ?

💡 4 conseils pour attaquer : L’intégrale Panini Je Suis Thor regroupe les meilleurs moments du personnage pour comprendre son évolution au fil des décennies (mais ne contient pas les histoires complètes bien sûr) Comme pour Hulk mettez de côté les intégrales chronologiques pour plus tard.

Après passez à Thor : renaissancede J.M. Straczynski & Olivier Coipel, une saga qui a relancé le personnage et sa mythologie. Les dessins de Coipel valent le détour.

Puis le très bon Massacreur de dieux de Jason Aaron et Esad Ribic qui vient de sortir en intégrale deluxe où Thor doit plonger dans le futur à la recherche de celui qui a tué presque tous les dieux.

Enfin tentez l’aventure All-new Thor où Jason Aaron & Russel Dauterman qui recrée l’identité de Thor puisque c’est Jane Foster et non Donald Blake qui trouvera Mjöllnir. Handicapée par un cancer avancé, elle devient la puissante Thor dès que le monde à besoin d’elle, et débarque dans un conflit planétaire entre dieux où elle est traitée de voleuse et d’imposteur…


4 – IRON MAN
En pleine Guerre froide, Tony Stark marchant d’arme et scientifique peu scrupuleux qui luttent contre la menace communiste échoue dans une prison vietnamienne après avoir été blessé par une mine antipersonnel. À l’aide d’un scientifique asiatique Pr Yinsen, il va concevoir une armure de fer et utiliser les transistors pour ralentir la progression des éclats de métal vers son coeur. Crée en 1963 par Stan Lee, Jack Kirby, Larry Lieber & Don Heck, il abandonnera très vite son activité anti-communiste pour devenir l’un des héros de l’Amérique moderne. De même que son puis ses armures vont évoluer et seront pilotés de concert avec une I.A nommée J.A.R.V.I.S un majordome virtuel.
Playboy, milliardaire décontracté il sera aussi alcoolique et dépressif avant de devenir le leader des super-héros dans plusieurs formations ou le lien entre le gouvernement américain et les sur-hommes. Connu pour être l’un des fondateurs des Avengers, le groupe de super-héros le plus connu et célébré au cinéma, son histoire est très liée aux autres personnages. L’un des esprits les plus brillants de l’univers Marvel est aussi cabotin et assez décomplexé ce qui le rend extrêmement populaire auprès des lecteurs, mais il cache une personnalité plus complexe où sa vision du contrôle l’emporte sur l’amitié et le bon sens. Excellent point de départ à la saga Civil War où il s’oppose à Captain America dans le but de recenser et contrôler tous les héros.

Alors comment commencer sans l’aide de J.A.R.V.I.S. ?

💡 5 conseils pour attaquer : Pour les amateurs de vintage, il est possible de commencer par les intégrales chronologiques, comme Iron-Man Intégrale 1963–1964, mais je vous conseille plutôt d’attaquer directement par les intégrales chronologiques des Vengeurs Avengers Intégrale T.01 1963–1964 où le personnage est plus intéressant et plus proche de la vision contemporaine.

Puis Iron-Man, le diable en bouteille de John Romita, Jr. & Carmine Infantino, pour vous frotter au Tony Stark alcolo et terrible, pas du tout leader comme on le connait aujourd’hui.

Puis Iron Man — Extremis de Warren Ellis & Adi Granov qui correspond au personnage que l’on connait au cinéma, puisque le scénario est celui du 2e film et le dessinateur est le prodige de la palette qui signe la plupart des design des héros au cinéma.

Et bien entendu Civil War dont j’ai déjà beaucoup parlé (voir le coup de coeur en lien) où il partage la “vedette” avec Captain America.

Et tout ce qui touche aux Avengers, avec comme point d’orgue Avengers — La Séparationde B.M.Bendis & David Finch qui marque la fin des Vengeurs historiques, et avec tous les personnages au maximum de leurs capacités face à un ennemi mystère.


5 – X-MEN
Difficile d’aborder la franchise la plus lucrative et étendue des créations Marvel. En créant ce groupe de mutant en 1963, Stan Lee & Kirby vont inventer un univers dans l’univers et mettre en place une mythologie autosuffisante qui vont faire de ce groupe et ses remplaçants successifs : les emblèmes du genre. Comme dans Spider-Man, Stan Lee intègre son ingrédient secret, parler d’amitié et d’amour dans cette école qui deviendra une véritable famille, sous couvert de super pouvoirs. L’autre tour de force est d’avoir introduit leur ennemi Magneto dès le premier épisode et de lui avoir donné une importance presque égale au Pr Charles Xavier tout au long des histoires. Le groupe trouve son véritable envol au milieu des années 70 avec le scénariste Len Wein qui introduit une troupe de nouveaux mutants internationaux dont le Canadien Wolverine qui va devenir la super-star du gang (on y revient en détail, voir chap suivant)
Puis surtout Chris Claremont (avec le dessinateur John Byrne) qui en feront un titre de 1er plan. Plusieurs histoires mémorables comme Days of Future Past en 1981 ou Dieu crée, l’homme détruit en 1983 restent encore des références aujourd’hui.
Impossible de parler des X-Men sans mentionner le cross-over House of M de Brian Michael Bendis & Olivier Coipel. Très réussi, ce run mettant en scène une grande partie des héros Marvel va impacter toutes les séries et les X-Menen particulier.

Alors comment entrer au Manoir X ?

💡 11 conseils pour attaquer : Nous sommes les X-Men, l’anthologie habituelle proposée par Panini qui permet d’avoir un aperçu des moments clefs des personnages sur la durée avec introductions. Puis les intégrales chronologiques X-Men : L’intégrale qu’on vous conseille d’attaquer aux périodes 1975- 82 surtout où Claremont excelle.

Épuisé pour le moment en titre simple, mais à retrouver dans les intégrales, le très réussi X-Men : Dieu crée, l’homme détruit. Une des plus belles histoires de Claremont où les mutants affrontent l’intégriste Révérend William Stryker.

Plus proche de nous, en 2001, les New X-Men de Grant Morrison & Frank Quitely qui reprend les personnages classiques et les entraine dans une série d’aventure plus tournées vers la SF.

Puis House of M de Brian Michael Bendis & Olivier Coipel en 2005. La Sorcière rouge crée une réalité alternative pour tous les héros. Seul Wolverine se souvient de la réalité et va “réveiller” les autres. “No More Mutants” une phrase dont vous allez vous souvenir longtemps.

Suivrons Le Complexe du Messie, La Guerre du Messie, Le Retour du Messie, mais surtout Schism etWolverine et les X-Men où Jason Aaron et Associés vont conclure des suites de House of M avec la fin de l’équipe telle qu’on la connait pour déboucher sur la reprise en main du groupe par Wolverine.


6 – Hawkeye
Stan Lee & Don Heck créent l’archer “couteau suisse” en 1964 : il endossera pas mal d’identités, de pouvoirs et de techniques, mais aussi changera plusieurs fois de camps jusqu’à mourir et être remplacé par une jeune femme. Membre des Avengers à la demande d’Iron-Man après une courte carrière de méchant et une love-story avec la Veuve noire à ses débuts ; il deviendra un piller moral et intègre dans le groupe qui se pose beaucoup de questions au fil des années et des menaces. Sans autre pouvoir que sa précision incroyable à l’arc (et tout ce qui peut se lancer), Clint Barton ne doit sa place dans le cénacle des plus grands héros qu’a sa capacité d’adaptation. Membres de plusieurs groupes (Avengers, West Coast Avengers, Thunderbolts, Avengers Secrets & sous l’identité de Ronin dans New Avengers) et a fait équipe en solo avec Black Widow, mais aussi avec Mockingbird avec qui il va partager une publication régulière et enfin Kate Bishop qui a pris sa place en temps que Hawkeye (il reste son mentor et un “Hawkeye de secours”) Avec beaucoup d’humour aujourd’hui, le personnage à bien évoluée et à trouvé sa voix grâce à l’excellente reprise de Matt Fraction & David Aja en 2012 peu avant son apparition dans les films qui vont le remettre en lumière.

Alors comment viser bien, viser juste ?

💡 2 conseils pour attaquer : À la différence de tous les héros présentés sur cette page, il est difficile de se procurer en français les origines du personnage. Et même il est presque plus intéressant de le retrouver dans les grandes séries où il partage la vedette avec d’autres héros.

Mais ce n’est pas grave, car dans le sobrement intitulé HawkeyeMatt Fraction, Annie Wu & David Aja on réussi le pari de moderniser le personnage et d’en faire une série très intéressante à la fois graphiquement (les pages fourmillent d’idées et de trouvailles), mais aussi scénaristiques avec la relation entre Clint et Kate, les deux Hawkeye. Plusieurs épisodes assez incroyables, dont un, vu à travers les yeux d’un chien.

À la suite de cette relance éclatante, Jeff Lemire & Ramón Pérez continuent sur cette base dans All-New Hawkeye, mais intègrent des personnages mutants là où Matt Fraction lorgnait sur des histoires du quotidien à Hell Kitchen.


7 – BLACK WIDOW
Comme pour Clint Barton, Natasha Romanoff aka Black Widow n’est pas le personnage le plus connu de l’univers Marvel (et encore moins en France) ; comme lui, elle aussi ne possède pas de pouvoir particulier, mais des aptitudes au combat et une intelligence exceptionnelle, mais également un attirail de gadget qui donnerait presque envie à Batman ; comme lui, elle commencera sa carrière en tant qu’adversaire avant de changer de camp et de devenir une Avengers. Crée en 1964 par Stan Lee, Don Rico & Don Heck, l’espionne russe formée par le KGB apparait dans Iron Man (en même temps ce dernier était obsédé par les communistes à ses débuts) et fera équipe avec Hawkeye puis rencontrera Captain America et le S.H.I.E.L.D. (l’agence d’espionnage des super-héros pilotée par Nick Fury ou Tony Stark entre autres) Elle vivra une histoire avec Matt Murdoc (Daredevil) avec qui elle fera équipe un moment avant de se mettre avec Steve Rogers (Captain America) puis Bruce Banner (Hulk) comme on le voit dans les adaptations en films.
Il existe un second personnage de Black Widow : Yelena Belova, qui reste du côté des vilains et qui entretient parfois la confusion avec son homologue (en fait il y en a beaucoup plus mais c’est la seule qui revient régulièrement et qui fait partie d’un groupe.)

Alors comment passer inaperçu sans super-pouvoirs ?

💡 3 conseils pour attaquer : Reportez-vous à l’article Avengers juste au-dessus où vous la trouverez en bonne compagnie et surtout dans ses histoires les plus passionnantes.

Je n’ai pas trouvé de titre solo publié en français qui me plaise vraiment. Le Black Widow deMark Waid & Chris Samnee explore le passé de l’héroïne et tentent de revoir le personnage façon espionnage, mais ce n’est pas une lecture indispensable contrairement à la quasi-totalité des albums cités dans ce dossier, mais on a pas mieux pour le moment.

Vous pouvez sinon attaquer Avengers Assemble de Brian Michael Bendis & Mark Bagle qui s’intéresse au moment où les Avengers font équipe avec les Gardiens de la Galaxie pour vaincre Thanos (en gros ce que vous allez voir sur écran ou presque dans le prochain film Avengers : La guerre de l’Infini qui sort en avril)


8 – WOLVERINE
Voici la rock-star des mutants. Avec à la fois le pouvoir de se régénérer plus un squelette en adamantium invulnérable qui de plus lui permet de sortir des griffes rétractiles, mais aussi des instincts animaux de son totem le glouton…
Celui qui est désigné comme l’Arme X est un personnage à part chez les X-Men. Et justement, ce n’est pas avec les X-Men que Logan démarre sa carrière, mais avec Hulk qu’il combat dans les neiges canadiennes grâce à Len Wein & Herb Trimpe qui inventent ce perso à part en 1974. Très peu de temps après, il intègre l’équipe des mutants de Charles Xavier et ne la quittera que pour mieux revenir. Chris Claremont le prendra en main et le dessinateur John Byrne lui donnera son look et le ton qu’on lui connait aujourd’hui. La violence et la noirceur caractérisent les histoires dont il est la vedette : le sauvage Weapon X gardera son statut indépendant et sans concessions.

Très populaire, il quitte le groupe dans les années fin 80 pour vivre ses aventures seul dont les points d’orgue seront la mini-série Je suis Wolverine par Claremont & Frank Miller déjà en 1982 et toute la romance avec Mariko Yashida au Japon qui révéleront l’attachement de Wolverine à Rogue(Malicia) ou encore avec Jean Gray. Et le run Wolverine — Les Origines en 2001 de Joe Quesada, Bill Jemas, Paul Jenkins, Andy Kubert & Richard Isanove qui pour la première fois racontent d’où viennent le personnage et ses pouvoirs.

Alors comment se greffer de l’adamantium sans passer par le Canada ?

💡 4 conseils pour attaquer : Toujours l’intégrale Panini Je Suis Wolverine qui regroupe les meilleurs moments du personnage pour comprendre son évolution ( à ne pas confondre avec l’histoire de Claremont & Frank Miller)

Ensuite, je vous conseille Je suis Wolverine par Claremont & Frank Miller qui est à nouveau disponible dans la collection 20 ans avec une couverture de Mathieu Lauffray

Puis Wolverine — Les Origines si vous voulez en savoir plus sur le perso même si je trouve que c’est un peu mou et larmoyant quand même. Préférez Wolverine: Ennemi d’État de Mark Millar qui lâche le fauve privé de mémoire, mais pas de pouvoirs.

Toujours de Mark Millar avec Steve McNiven : Old Man Loganqui dépeint le futur de Marvel où Logan devenu pacifique est le seul rempart contre la menace des Hulks consanguins et des super-vilains qui ont tué tout le monde.


9 – DOCTEUR STRANGE
Après avoir créé ensemble le héros le plus aimé de l’univers Marvel, Spider-Man, Stan Lee & Steve Ditko proposent une autre création totalement différente en 1963. Stephen Strange, le Maître des arts mystiques, fait son apparition dans un monde où tous sont liés à la science ou presque. L’irruption de la magie et tout ce qui va avec est assez nouveau dans les publications de super-héros aussi le personnage conservera une double ambiguïté de héros unique, mais également difficile à vendre. Les parutions seront beaucoup moins fréquentes que celles des créations de la même époque et en France, c’est un héros qui a été complètement mis de côté : les histoires étaient traduites sporadiquement dans le désordre. Le personnage est mal connu, pourtant terriblement intéressant et ce n’est que grâce à la sortie du film en 2016 qu’il est remis au goût du jour. Néanmoins il est très familier des lecteurs de comics, car il apparait dans de nombreuses autres séries, à commencer avec Spider-Man dès les premières histoires, et intervient chez les Défenseurs qu’il fonde, chez les Avengers ou plus récemment les illuminati. Les premières histoires de Ditko sont brillantes et les trouvailles graphiques valent le détour.

Alors comment s’y retrouver sans passer par le plan astral ?

💡 4 conseils pour attaquer : Je suis Doctor Strange, l’anthologie de Panini qui dévoile la première apparition du héros et les grandes heures de la période Ditko. Comme le nombre de publications autour de ce personnage est plus maigre, les anthologistes ont pu se faire plaisir en incluant pas mal d’histoires du créateur d’origine.
Et je vous conseille fortement l’intégrale chronologique, le premier volume Doctor Strange 1963–1966 pour découvrir les histoires originales.

Puis un Doctor Strange : Le Serment de Brian K. Vaughan, Marcos Martin qui rend hommage au personnage et son créateur dans une histoire alambiquée où il enquête sur son propre meurtre. Un bon point d’entrée pour appréhender son univers même s’il est un peu à part.

Enfin, la nouvelle série Doctor Strange : Les voies de l’étrange en 3 volumes de Jason Aaron & Chris Bachalo qui relancent le titre avec la fin de toute magie sur Terre, Strange doit monter une équipe de sorcier pour se défendre et découvre l’inavouable secret de son ami Wong (excellente trouvaille qui explique bien des choses.) Un docteur plus moderne, limite désinvolte avec sa nouvelle acolyte.


10 – WATCHMEN
Dr Strange
offre une bonne transition, car on change de dimension avec cette série qui marquera le genre à tout jamais. En guise de conclusion provisoire puisque dans le prochain dossier, on se penchera sur les comics indés, ce titre est parfaitement adapté pour faire le pont entre les genres.
Alan Moore, l’un des plus grands scénaristes contemporains a utilisé un groupe de super-héros qui étaient mis de côté pour écrire le cross-over qui allait marquer un avant et un après dans l’histoire des comics et leur conception. En 1986 Alan Moore & Dave Gibbons créent un monde de super-héros vieillissants et mis au ban par le gouvernement américain où certains doivent reprendre du service, car un tueur assassine “les masques”, les anciens héros costumés. Les personnages de cette uchronie seront construits à partir des oeuvres de Ditko (dont on parlait plus haut pour son travail sur Spider-Man et Dr Stange) qui donneront les très réussis Dr Manhattan (mix de Hulk et Superman), mais aussi l’inquiétant et tenace héros de cette saga : Rorschach.

Récits dans le récit, plusieurs histoires entrechassées, épisodes en palindromes, jeux de symboles et de correspondances, carnet intime, extraits de journaux… Extrêmement construite avec un découpage et un scénario qui frise la partition, toute l’oeuvre est une invitation à réfléchir au médium et au genre autant qu’une série passionnante façon polar hard-boiled. Le parti pris graphique de Dave Gibbons associé au coloriste John Higgins rendent cette atmosphère pesante et glauque, un univers sombre avec son horloge qui rappelle à chaque chapitre qu’on se rapproche de la 3e Guerre Mondiale.

Comme pour V pour Vendetta, un de ses précédents ouvrages, Alan Moorereprend la thématique du flicage étatique, de la justice et ses dérives et de la liberté que prenne les justiciers masqués sans rendre de comptes à personne. “Who watches the watchmen ?” qui garde les gardiens eux-mêmes ? est le leitmotiv qui traverse l’oeuvre. Une réflexion qui transpire dans pas mal de comics, mais qui est mis en lumière de plusieurs manières ici.

Entre secrets mal gardés du passé, ambition démesurée, projets secrets et détermination sans faille, plus de 400 pages de noirceur et de vision pessimiste sur ambiance de fin du monde.

Le livre commence par la mort d’un super-héros, qui plus est un salaud, un corrompu, pourtant l’homme qui se fait appeler Rorschach, tenace et adepte de la violence pour faire régner la justice, se penche sur son cas — et reste persuadé que le tueur frappera à nouveau. Une course contre la montre s’engage. Nixon menace de l’arme nucléaire ses énnemis et l’horloge tourne aussi de ce côté-là.
Le Dr Manhattan, seul héros avec des pouvoirs réels (les autres n’ayant que de super aptitudes à la manière de Batman) qui pourrait mettre un terme à ce conflit est tellement puissant qu’il s’éloigne de plus en plus de l’humanité…
Difficile d’en dire beaucoup plus sans faire de spoilers, mais si les super-héros étaient de notre monde, on imagine bien que cela ressemblerait à cette vision sombre et réaliste.


Nous aurions pu parler de Hellboy ou Invincibles, mais vous pouvez consulter les coups de coeur déjà disponibles. Rendez-vous avec les essentiels du comics indé pour le prochain dossier.

Et vous pouvez lire nos coups de cœur pour aller plus loin

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#BubbleTips N°7 — Les fondations du super-héros en 10 essentiels
Découvrir les comics— ép.1

Après avoir exploré les bases pour se mettre à la bande dessinée dans nos dossiers précédents ( les Grands classiques, les BD de genres, les romans graphiques, les maitres de l’humour, les pépites méconnues ou oubliées & les jeunes auteurs à suivre.) nous vous proposons une petite initiation comics. On s’attaque aujourd’hui aux super-héros !

📙 7e tips pour construire votre bibliothèque idéale avec les fondations du super-héros en 10 essentiels

Attention, ces 10 essentiels reprennent par ordre d’apparition les principaux héros & dans le prochain dossier (les nouvelles icônes super-héroïques en 10 essentiels) vous retrouverez les absents de cette liste : Iron-Man, X-men, Wolverine, Wathchmen, Hellboy, Kick Ass etc…

1 – SUPERMAN
À la fois le plus ancien et le plus puissant de tous les super-héros, Superman est probablement le personnage iconique par excellence de la bande dessinée au cinéma en passant par les jouets ou les tee-shirts, impossible de passer une semaine ou presque sans apercevoir le S mythique au fil de notre quotidien. Depuis sa création en 1933 ses créateurs Jerry Siegel & Joe Shuster n’auront de cesse d’étoffer ce surhomme en lui offrant des origines extra-terrestres, une morale plus forte que ses pouvoirs, une identité secrète et des acolytes marquants. Peu de temps après, en 1941, le personnage apparait en dessin animé par les studios Fleischer qui lui donnent une aura et de nouveaux pouvoirs qui vont faire de lui le personnage star du genre. Les auteurs qui se succèderont sur le titre continueront de donner profondeur et épaisseur à l’homme d’acier.

Alors quel est le super conseil ?

💡 3 conseils pour attaquer : Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver aussi Urban comics son éditeur français propose un recueil Superman — Anthologie qui regroupe une vingtaine d’histoires par ordre chronologique, de plusieurs époques et auteurs pour avoir une idée de son évolution.

Après vous pouvez tenter des runs complets qui ne demandent aucuns pré-requis comme Superman All★Star de Grant Morrison & Frank Quitely qui fait vivre ses dernières heures au héros et l’oblige à laisser tomber l’identité de Clark Kent et à prendre des décisions terribles accompagnées des dessins éclatants de F.Quitely. C’est un peu différent du Superman classique, mais on rencontre tout ce qui compte dans son univers.

Ou encore Kingdom come de Mark Waid & Alex Ross qui sort l’homme d’acier de sa retraite et réuni la Justice league pour botter les fesses des nouveaux. Superman construit une super-prison et Batman se rebelle contre ce nouvel ordre (Civil War reprendra le même canevas quelques années plus tard.)
et qui est mis en image par l’illustrateur le plus iconique de Marvel Alex Ross.

Ou encore Superman Red Son de Mark Millar, Dave Johnson & Killian Plunkett, une uchronie où la capsule de Superman se crache en Russie et il devient le surhomme du communisme et Lex Luthor le défenseur de l’Amérique.


2 – BATMAN
Le second grand super-héros n’est pas doté de pouvoirs (exception parmi tous ceux qui vont suivre) et de détective masqué il rejoindra les plus grands et compte parmi les héros les plus puissants. Crée par Bob Kane & Bill Finger en 1939, The Bat-Man se présente plus comme un Sherlock Holmes masqué au départ et va évoluer progressivement. Le Joker et Catwoman sont là presque depuis le début et notre héros va progressivement se doter de ses gadgets qui ont fait son succès ; aujourd’hui impossible de l’imaginer sans batmobile, batcave ou l’aide d’Alfred le majordome attaché à la famille Wayne. Robin arrive rapidement et le ton se rapproche plus du genre super-héroïque. Il rencontrera d’autres héros, collaborera régulièrement avec Superman, fonde la Justice league of America qui regroupe les super-héros les plus importants, mais c’est après le reboot par Frank Miller & David Mazzucchelli Batman : Année Un à la fin des années 80 qu’il acquière la stature et l’aura qu’il a aujourd’hui.

Alors comment se déroule la visite de la batcave ?

💡 4 conseils pour attaquer : Comme pour Clark Kent, les aventures masquée de Bruce Wayne à fait l’objet d’une Batman — Anthologie pour vous repérer avec une quinzaine de récits choisis(vous pouvez lire en parallèle, celle du Joker aussi. On a là l’un des meilleurs badguy de tous les temps !)

Commencez par Batman : Année Un de Frank Miller & David Mazzucchelli qui offre les fondations du Batman moderne tout en le plongeant dans le noir (et avec l’un des dessinateurs les plus innovants sur le titre)

Batman — Un Long Halloween de Tim Sale & Jeph Loeb qui à le double avantage de présenter une enquête policière et de présenter tous les méchants de Gotham City en interrogatoire, sécance de rattrapage garantie. Tim Sale est un dessinateur trop rare qu’on aimerait voir plus souvent (le duo récidivera avec Amère Victoire)

Et peut être The Killing Joke écrit par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland où on découvre un Batman au bord de la folie poussé par le Joker qui a eu une de ses pires idées…


3 – NAMOR THE SUBMARINER
Parmi les plus anciens héros de ce qui deviendra Marvel comics, il y a un personnage étrange, sorte d’anti-héros plus que super-héros qui passe du statut s’ennemi puissant à allié compliqué, mais encore plus fort. Crée en 1939, comme Bat, par Bill Everett & Lloyd Jacquet il se distingue par son statut d’ennemi des héros et également par son pouvoir de voler (avant Superman qui ne pouvait que faire des superbonds à l’origine) ce qui est un peu étrange pour quelqu’un qui vit sous l’eau, mais passons. Il rencontre la Torche (première version, pas celles des 4 Fantastiques) puis Captain America. Ennemi des habitants de la surface, il finit par rallier le camp des héros pour se battre contre le nazisme. Stan Lee reprend le personnage et lui donne une stature plus imposante et l’associe aux 4 Fantastiques avant de se retourner contre les Avengers. De là il alternera les alliances avec les plus grands héros et avec les plus grands méchants sur toute sa carrière.

Alors comment on s’y retrouve sous la surface ?

💡 2 conseils et une déception pour attaquer : Namor n’a pas vraiment de titre, il faut piocher dans les 4 Fantastiques, Captain America, X-men, New Avengers,…

Une belle exception cependant avec Namor : Voyage au fond des mers qui est une réussite tant au niveau du scénario que du dessin et qui aurait pu faire une belle entrée en matière mais qui est épuisé depuis plusieurs années sans réédition prévue…

Dans les épisodes disponibles et récents, on peut lire New Avengers qui présente Namor au sein des illuminati (groupe secret des êtres les plus intelligents et puissants du monde) aux côtés de Black Panther , Iron Man, Dr Strange,… mais qui est assez éloigné du personnage d’origine. Le mieux est de relire les anthologies années par années des 4 Fantastiques.


4 – CAPTAIN AMERICA
Le premier grand héros de l’écurie Marvel (qui ne s’appelle pas encore comme ça) débarque en 1940 en pleine Seconde Guerre Mondiale sous les crayons de Jack Kirby & Joe Simon qui frappent fort puisque la couverture de ce premier numéro montre Captain America clouant au sol Aldolf Hitler d’un coup de poing. Le super-soldat, enfant chetif qui absorbe un sérum le rendant presque invulnérable fût populaire puis tomba dans l’oubli assez rapidement. Ce n’est que dans les années 60 que Stan Lee réintègre le personnage au sein des Vengeurs, Cap’ est retrouvé en état d‘hibernation et va devenir le pilier des Avengers et l’un des héros les plus populaires. En 2006 sa cote de popularité explose, car il devient le héros rebelle et martyr de Civil War, il est non seulement l’un des héros les plus puissants, mais lui, symbole de l’Amérique, se rebiffe contre Ironman, le gouvernement et devient clandestin dans une lutte pour la liberté.

Alors comment devenir un super-soldat ?

💡 4 conseils pour attaquer : Pour découvrir le personnage d’origine, vous pouvez attaquer par la première des intégrales chronologiques (Captain America — L’Intégrale, 1964–1966) même si le héros ne ressemble pas à celui que vous pouvez connaitre au cinéma.

Vous pouvez lire également Captain America : La Légende Vivante (et les suites Captain America : L’Hiver Meurtrier et Captain America : Le Rêve Est Mort )du scénariste Ed Brubaker qui a vraiment modernisé le personnage dans un univers plus sombre et a travaillé le personnage de Bucky qui deviendra le Soldat de l’Hiver.

Captain America : La Sentinelle de la Liberté présente le personnage après les événements du 11 septembre et le titre offre une vision plus politique et ancrée dans le réel que les aventures habituelles du personnage.

Et bien entendu Civil War qui présente beaucoup de personnages et de clins d’oeil à l’univers Marvel, mais est assez bien écrit pour se lire indépendamment.


5 – Green Lantern
Le gardien de la Terre, Alan Scott prend ses fonctions en 1940 grâce à Bill Finger & Martin Nodell, son anneau et sa lanterne lui permettent de matérialiser presque tout grâce à la force de son esprit. Il laissera très vite sa place à Hal Jordan, le Green Lantern le plus populaire, car il reçoit son pouvoir d’un extra-terrestre mourant qui lui apprend l’existence du Green Lantern Corps et Jordan devient le gardien de la Terre au sein de cette corporation.
L’univers des Lantern est assez compliqué avec ses différentes corporations, des codes et entités galactiques et le titre à connu de nombreux reboots et est assez mal connu en France.

Alors comment recharger sa lanterne ?

💡 3 conseils pour attaquer : Geoff Johns est le scénariste qui a eu le plus d’influence sur le personnage et il réorganisa son univers de font en comble. Aussi commencer par les intégrales Geoff Johns présente Green Lantern (T1 à T3) reste une très bonne introduction.

Vous pouvez continuer avec Green lantern T1 : sinestro du même scénariste, plus proche de nous Hal Jordan n’est plus le Green Lantern, mais l’anneau à été confié à son pire ennemi.

Et mon préféré, venant de la période pré-Geoff Johns, où Dennis O’Neil & Neal Adams envoient Green Lantern & Green Arrow sur les routes de l’Amérique profonde à la rencontre des habitants. Avec un ton réaliste, les deux héros s’attaquent aux problèmes de drogue, de racisme ou d’écologie au milieu des années 70. Le run détonne dans l’univers du héros d’émeraude, mais il est probablement l’un des comics les plus réussis en cela qu’il est connecté à son époque et chose rare que les héros se préoccupent de ce qui se passe ici et maintenant.


6 – The Flash
Plusieurs personnages ont occupé ou occupent le costume du Flash, certains reconnaissables à leurs costumes d’autres endossant celui du précédent. On ne parle pas d’un héros, mais de plusieurs super-héros qui se sont croisés plusieurs fois. Initialement, crée en 1940 par Gardner Fox & Harry Lampert, Jay Garrick était le Flash au casque d’acier. C’est en 1956 que Barry Allen devient Flash suite à un accident et incarnera la version la plus connue du héros à l’éclair jaune. Les deux versions se rencontreront dans une histoire spéciale Flash of Two Worlds. Wally West puis Bart Allen se succèderont dans le costume au fil des décennies, mais Barry Allen qui revient sur le devant de la scène dans Flash rebirth en 2009 et l’on apprend qu’il est à l’origine des pouvoirs de tous les Flash. Le pouvoir du personnage est étroitement lié aux voyages dans le temps et à la modification de la matière, ce qui explique tant d’aller-retour et de modifications. D’ailleurs cette particularité servira plusieurs fois dans des arcs mêlants tous les personnages DC de Crisis on Infinite Earths à Flashpoint.

Alors comment recommencer super-rapidement ?

💡 4conseils pour attaquer : Comme pour les personnages DC évoqués plus haut, on vous conseille toujours l’anthologie Flash Anthologie qui regroupe une quinzaine d’histoires par ordre chronologique, de plusieurs époques, de plusieurs Flash pour avoir une idée de son évolution et de qui est qui.

Puis vous pouvez tester Geoff Johns Présente Flash qui regroupe les histoires de Johns autour de Wally West suite à la disparition de Barry Allen.
Une bonne transition avant le retour d’Allen.

Flashpoint de Geoff Johns & Andy Kubert. Un crossover mettant en scène tout l’univers DC où Flash (Barry Allen) change le cours de l’histoire en remontant le temps. Cet événement ouvre la période New 52.

Pour ceux qui souhaitent un retour aux sources, Flash, la Légende de John Broome & Carmine Infantino reprend les origines de Barry Allen, avec le côté un peu old shool des méchants/intrigues des années 50.


7 – WONDER WOMAN
En 1941 l’écrivain et psychologue William Moulton Marston crée la plus célèbre des super-héroïnes sous le pseudonyme de Charles Moulton et insiste pour en faire un personnage féministe à une époque où les personnages féminins n’avaient pas beaucoup de latitude. L’amazone intégre rapidement la Justice Society of America qui compte parmi ses membres The Flash et Green Lantern puis la Justice League aux côtés de Batman et Superman. Le titre passe par plusieurs grandes périodes dont certaines déconnectées de l’univers héroïque, oscillant entre l’espionnage et la mythologie pour les différentes personnalités endossées par la Princesse Diana (attention, pas de blagounette sur les ponts éventuels qu’on pourrait faire entre les deux princesses.) DC comics initia une vague de réécriture de ces personnages au milieu des années 80 et ce titre est relancé et repris en main par Greg Potter et George Pérez qui posent les bases du personnage actuel.

Alors à quelle Diana se vouer ?

💡 4 conseils pour attaquer : Comme pour tous les personnages édités par Urban comics en France, il existe une anthologie Wonder Woman Anthologie. Une quinzaine d’histoires par ordre chronologique, de plusieurs époques et auteurs pour avoir une idée de son évolution.

Ou peut être attaquer avec la version la plus récente et réussie Wonder Woman Rebirth T1 où Greg Rucka & Nicola Scott réécrivent toute la légende de l’Amazone en ne gardant que les meilleurs côtés des dernières décenies.

Toujours par le même scénariste l’anthologie Greg Rucka présente Wonder Woman contient certaines des meilleures histoires du personnage et est une très bonne porte d’entrée dans cet univers.

Pour les lecteurs qui veulent aller un peu plus loin Wonder Woman : Dieux et Mortels parGeorge Perez & Len Wein qui s’intéresse au pendant mythologique du personnage où l’amazone combat le dieu Arès.

À noter aussi quel est un des personnages principaux de Kingdom come avec Superman, évoqué plus haut.


8 – FANTASTIC FOUR
Les 4 Fantastiques, Mr Fantastique, la Femme invisible, la Torche humaine et la Chose, s’imposent comme le premier groupe de super-héros pour réagir au succès de la Justice League pilotée par Batman chez DC comics. Crée par Stan Lee & Jack Kirby en 1961, ils sont titulaires du titre à la plus grande longévité et c’est une des séries des plus importantes en ce qui concerne l’histoire de Marvel. Sous l’impulsion de Jack king of comics Kirby c’est dans cette série qu’apparaitront bon nombre de personnages qui comptent parmi les plus marquants encore aujourd’hui : Namor rejoint l’équipe, Fatalis s’impose vite comme un des grands vilains Marvel, le Surfeur d’Argent et Galactus le dévoreur de mondes apparaissent, les Inhumains, la Panthère noire,…

Alors comment on se plie en 4 pour vous conseiller ?

💡 3 conseils pour attaquer : Les anthologies chronologiques (dès le T1 : Fantastic Four — L’Intégrale, 1961–1962) sont parfaites pour aborder l’univers des FF. Contrairement à d’autres séries qui enchainaient les différents auteurs, Stan Lee & Jack Kirby ont pu travailler très longtemps sur celle-ci, donnant aux premiers épisodes une vraie cohérence et un vrai intérêt à les lire dans la continuité. Seule ombre au tableau, elles sont régulièrement épuisées chez l’éditeur et il faut attendre de nouvelles rééditions.

À lire également Nous sommes les Quatre Fantastiques, recueil qui reprend les moments cultes du quatuor, toutes époques confondues (plus facile d’accès pour ceux qui ne connaissent pas l’univers.) de 1961 à nos jours. Une bonne manière de pénétrer univers.

Vous pouvez également attaquer par Ultimate Fantastic Four initié par Brian M. Bendis & Mark Millar, qui comme tous les albums de la collection Ultimate proposent un reboot des personnages sans tenir compte de la continuité et la cohérence des univers. Une réécriture le temps de deux albums qui repose les bases de héros pour le plaisir des fans et une porte d’entrée pour ceux qui voudraient approcher l’univers avec une touche contemporaine.


9 – SPIDER-MAN
On arrive au personnage le plus aimé du public, et probablement l’une des licences les plus exploitées de la Maison des idées. Crée par Stan Lee & Steve Ditko en 1962, Peter est le premier héros adolescent qui va affronter autant de problèmes amoureux ou financier que des super-vilains de haut vol. L’univers du Tisseur est également assez exceptionnel : entre le personnage de J. Jonah Jameson, directeur du Daily Bugle où Peter Parker est pigiste ; ses deux grands amours Gwen Stacy et Mary Jane Watson,…
Plus que tout autre, les lecteurs sont scotchés au fil des années par les évolutions de sa vie, de ses premières armes à son statut de héros incontournable, de son alliance au parasite Vénom à sa lutte impossible contre son clone, de la perte tragique de Gwen à son mariage avec Mary Jane.

Alors comment se faire une toile ?

💡 6 conseils pour attaquer : On démarre avec l’anthologie Je Suis Spider-Man, comme pour les héros précédents vous avez compris le principe de ce recueil des moments marquants du personnage sur toute sa carrière.
Puis les intégrales chronologiques également Spider-Man — Intégrale avec les premières histoires qui n’ont rien perdu de leurs charmes (à noter que certaines sont épuisées aussi)

Plus récent Spider-Man Par J. Michael Straczynski & Romita Jr. dans la collection Icon qui place l’homme araignée dans une dynamique plus contemporaine. Puis Spider-Man — L’Autre toujours de J.M. Straczynski qui explore un ennemi intérieur et provoque Peter au coeur de son intimité, avant ses évolutions actuelles.

Coup de coeur particulier sur Spider-Man Bleu de Jeph Loeb et Tim Sale qui offrent les plus belles pages à la fois graphiques et poétiques sur Gwen et Mary Jane. Réédité dans le receuil Daredevil/Spider-Man/Hulk dans la collection Icons.

Enfin Marvels d’Alex Ross & Kurt Busiek qui explore tout l’univers Marvel d’un point de vue “humain”, non héroïque. Une ballade très graphique avec les peintures incroyables de Ross autour des personnages les plus forts où Spider-Man à une place de choix.


10 – DAREDEVIL
L’homme sans peur démarre sa carrière en 1964 grâce à Stan Lee & Bill Everett (mais aussi les indispensables Jack Kirby & Steve Ditko) Avocat d’exception sous sa véritable identité de Matt Murdock qui devient le diable rouge pour combattre le crime a Hell Kitchen, quartier mal famé de New York.
Les histoires alterneront les intrigues super-héroïques et son travail d’avocat. La grande force de ces histoires sera d’ancrer les actions dans le réel, de combatte le crime et aider les habitants ; d’ailleurs le vilain le plus intéressant est Le Caïd (qui comme Daredevil n’a pas de pouvoirs grandioses si ce n’est une force et une résistance hors du commun) qui possède une intelligence rare qui en fait un ennemi redoutable. Cette bataille de l’esprit sera à son zénith dans Born Again, l’une des histoires les plus marquantes du genre . Après cette renaissance du personnage qui était tombé dans l’oubli, Frank Miller s’empare du titre au début des années 80 et le renouvelle complètement (a l’image de son travail sur Batman comme nous l’avons vu plus haut) installe un univers plus noir, plus dense et surtout introduit Elektra, amour impossible, espionne guerrière et double en creux de Daredevil. Après avoir failli disparaitre, il sera au top des ventes durant plusieurs années.
Daredevil fut souvent associé aux super-héros urbains comme Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist, ils ont eu droit à une adaptation en série TV puis à une série commune The Defenders.

Alors comment s’y retrouver dans le noir ?

💡 6 conseils pour attaquer : Comme pour les autres, l’anthologie Je Suis Daredevil permet d’avoir une vision transversale (peut-être moins les intégrales chronologiques Daredevil — Intégrale qui ne sont pas toutes au même niveau)

Vous pouvez acheter les 3 intégrales Daredevil par Frank Miller dans la collection Icons (et après le T0 si vous êtes accros) qui contient l’essentiel des histoires dessinées ou écrites par Miller, dont le run Born Again dont on parlait plus haut, mais aussi l’apparition d’Elektra.
(il existe aussi un intégral Icons sur Elektra si vous voulez aller plus loin)
Puis Daredevil Par Brubaker qui redonne un nouveau souffle polar au héros où il est acculé et traqué. Une presque fin pour le personnage. (il suit le run de Bendis sur le titre qui est très réussi, mais étant épuisé, je ne l’ajoute pas ici)
Puis Daredevil Par Mark Waid qui redonne vie au Daredevil des origines et s’éloigne un peu de l’héritage Miller/Bendis/Brubaker.


Dans le prochain dossier vous avez rendez-vous avec Les X-Men, Iron-Man, Wolverine, Spawn, Hellboy, The Watchmen, Kick-ass…

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Bubble : Un oeil sur les sorties #6 – Février 2018

🔮 C’est peut être le mois le plus court, mais les sorties BD ne s’arrêtent jamais (ou presque) aussi on continue de décrypter les albums qu’il ne fallait pas manquer ces dernières semaines. Ce sont des suggestions, n’hésitez pas à compléter ces propositions avec d’autres albums que vous avez lu et aimé ce mois-ci. Et ce mois-ci, les fans de comics vont être ravis !

🔴 6 propositions de lecture BD Comics & Manga en février.

🗽#Comics Black Panther, intégrale 1966–1975, coll., Panini comics

Les éditions Panini continuent d’accélérer les publications liées aux héros qui sont à l’honneur au cinéma ou en série TV : et le film qui explose le box office, c’est Black Panther ! Retour aux sources avec les premières apparitions de la panthère du Wakanda, premier super-héros noir créé par Stan Lee & Jack Kirby, dans Fantastic Four, il deviendra un personnage régulier dans les histoires de Captain America et des Vengeurs.
Une intro à lire en complément de Je suis Black Panther,anthologie parue ce mois-ci aussi qui reprend les moments cultes du personnage, toutes époques confondues (plus facile d’accès pour ceux qui ne connaissent pas le personnage et veulent reboucler avec ce qu’ils connaissent des films.)


👺#Manga One Piece magazine, coll., Glénat

Assez surprenant au premier abord, comment faire un magazine complet sur une seule série ? Les rédacteurs se sont creusé la tête pour animer cette nouvelle parution à l’occasion des 20 ans du manga culte et ont trouvé des solutions. Réservé aux fans de Luffy & Cie (il est assez difficile de rentrer dedans si on ne connait pas l’univers) la parution est très réussie si on apprécie ses aventures : planches inédites, interviews, coulisses, romans, etc…
Pas mal de contenu intéressant et captivant dans ce premier numéro avec quand même un bémol : tout est fragmenté et à suivre dans les n° suivants.
C’est très frustrant. Espérons qu’ils changent un peu ce format après ce premier essai…


📚#BD Le vol nocturne de Delphine Panique, Cornelius

On avait adoré En temps de guerre son album précédent et comme ce dernier, Le Vol nocturne possède une dimension politique et pleine d’idées derrière un humour plein de finesse qui frôle l’absurde.
Tout le monde cache un secret ? Entre fantasme et misogynie, place aux sorcières et aux fameuses chasses, dénonciations, ou buchers qui les accompagnent inlassablement. La sorcellerie laisse de plus en plus de place au réel à travers les réflexions et la vie mouvementée de Rogée et Martine, magiciennes infiltrées. Dans ces histoires courtes et toutes connectées, la dessinatrice laisse une grande place à la poésie et au dessin. Son trait géométrique et symbolique résonne de manière étrange avec la magie au coeur de l’album. Un livre riche et profond derrière une apparente légèrté, mais qui fait encore confiance aux apparences ici ?


🗽#Comics Saga de Fiona Staples & Brian K. Vaughan, Urban comics

Nous avons déjà longuement parlé de cette série ici, mais depuis le T7 elle prend un virage assez réjouissant (après quelques tomes qui se déroulaient dans leur zone de confort) alors il fallait remettre un coup de projecteur sur l’une des meilleures bandes dessinées de science-fiction du moment.
Le trait et les peintures numériques réalisées par Fiona Staples deviennent de plus en plus impressionnants au fil de la série et que ce soit pour ses design de personnages ou pour les costumes de ces derniers, la série vaut déjà le coup d’œil. Son utilisation des pleines pages et d’un découpage assez dynamique tranche bien avec les séries plus classiques : on a une progression assez intéressante de l’histoire et des enjeux par le dessin seul, donnant un rythme rapide, saccadé qui colle bien avec le ton de l’histoire.


🗽#Comics Eightball de Daniel Clowes, Cornelius

Nouvelle édition de la version française d’Eightball qui était parue chez le même éditeur quelques années plus tôt. Ce recueil d’histoires courtes, parues initialement sous forme de fanzines, a été augmenté de nouvelles histoires pour cette édition et bénéficie maintenant d’une couverture cartonnée.
Nous avions déjà parlé de Daniel Clowes au moment de la sortie de son dernier album Patience, aussi lire ce recueil “de jeunesse” en parallèle donne une idée de ses thèmes déjà présents il y a trente ans. Humour noir, vision cynique, regard sociologique, anecdotes et réflexions profondes mêlées… le fil de ces histoires courtes ne semble suivre aucune logique si ce n’est s’intéresser à notre société et nos contemporains avec un regard neuf.


🗽#Comics Thor Dieu du tonnerre de Jason Aaron, Esad Ribic & Jackson Guice, Panini comics

Marvel a eu la bonne idée de confier certains de ses titres à des auteurs qui n’avaient jamais bossé dessus et le talentueux Jason Aaron arrive sur Thor en proposant un run réussi bouclant les origines et la fin (?) du dieu Vengeur (oui je suis un pro des jeux de mots…)
Il affronte le massacreur de dieux, un ennemi inconnu qui extermine tout le panthéon nordique (et les autres au passage.) Le titre propose plusieurs époques de Thor en parallèle où le divin super-héros se pose beaucoup de questions sur ses actions, sa nature et son devenir. Et pour ne rien gâcher les dessins d’E.Ribic et J.Guice rendent à merveille un univers et une atmosphère chargée de fantasy qui colle particulièrement à cette vision du personnage.

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Comment prêter ses BD (et être sûr.e de les retrouver) ?

Ah ah, le sujet qui fâche. La discipline olympique pour se brouiller avec ses amis, ses collègues ou sa famille. Les collectionneurs le savent, prêter un album n’est pas à la portée du premier venu : cela demande de l’organisation, de la diplomatie et une bonne dose de self-control.

Rien de plus simple de dire ok quand un de vos amis demande s’il peut emporter le dernier volume de l’Arabe du futur que vous venez d’acheter “parce qu’il a adoré les deux premiers”, et de ne jamais le revoir…
Rien de plus simple que de mettre dans son sac à dos, l’intégrale de Jessica Jones pour l’apporter à un collègue de bureau qui vient de voir la série TV, et de ne jamais le revoir…

On prête un livre et on espère qu’il reviendra, mais vous savez comme moi que ce n’est pas le cas. Alors voilà cinq conseils pour bien vous préparer.

Conseil N°1 : rendre le livre unique

1ère étape, parler du livre. Au moment de le prêter, n’hésitez pas à montrer vos passages favoris, une case ou un dialogue qui déchire (un peu dans le genre des #CaseBadAss) : vous êtes sûr que le livre ne se retrouvera pas dans un coin.

Puis lui reparler du livre quelque temps après, avec une anecdote, une news sur l’auteur ou la série…

Ou lui demander s’il a aimé, s’il a été déçu : autant d’idées pour lui remettre en tête le bouquin sans rien demander.


Conseil N°2 : Anticiper

Le truc le plus simple est de prendre une photo avec son smartphone ou de partager une liste via Bubble (avec la fonction export) et envoyer la liste par mail/texto directement depuis l’app (c’est très rapide et ça laisse une trace avec la date.)

Et avant de le prêter : le relire. Ça paraît étrange mais dans le cas où on le revoit pas avant un moment, c’est une bonne idée. D’autant plus que ça peut vous aider pour en parler (conseil n°1)


Conseil N°3 : Avoir un plan de secours

Pas besoin de monter une opération à la Marv’ pour tout péter. Non, vous pouvez déjà faire de discrètes piqures de rappel (conseil n°1) sans être relou à demander tout le temps votre bouquin.

Vous pouvez proposer à un autre pote de lui prêter le même album : du coup c’est une autre personne qui vous décharge de cette demande. Vous ne voulez plus le récupérer égoïstement mais en faire profiter tout le monde et vous passez pour un mec sympa.

Autres excuses : vous voulez le prêter à vos parents, vous voulez vous refaire l’intégrale de cet auteur …


Conseil N°4 : Emprunter à votre tour

Parce que 1/vous allez faire de belles découvertes et 2/vous allez vous rendre compte que vous aussi, vous allez oublier cette BD de Picsou dans un coin de l’appart.
Du coup que votre frangin ne vous ai pas rendu cet album qui a eu le prix du meilleur album à Angoulême est un peu moins grave que prévu.


Conseil N° 5 : Soyez philosophe

Prêter un livre dans notre société marchande et individualisée est presque un acte rebelle (oui je m’enflamme un peu mais j’assume) ; depuis plusieurs années, quand on me demande de prêter un livre je pars toujours du principe que c’est comme si je lui donnais. Ça paraît couillon mais il n’y a que des avantages :
– je suis content qu’il lise des trucs chouettes et qu’on puisse en parler
– je n’attends pas après lui qu’il me le rende, pas de pression
– et si par miracle je le retrouve ça me fait une belle surprise

Et puis si je souhaite le relire, je peux toujours lui redemander des mois, années plus tard sans avoir jamais été casse-pied. Au pire, je peux le racheter, et profiter d’une nouvelle édition augmentée ou neuve. Bon il y a bien des cas où le bouquin est plus dispo et c’est plus difficile c’est vrai. Mais c’est plutôt rare. Et gardez toujours à l’esprit que votre amitié vaut plus que les 10, 15, 30… euros de cet album. Un livre se rachète, la confiance non.

Prêter, c’est une preuve de confiance des deux côtés, on est généralement aussi content de confier un bouquin autant que de le recevoir.

On est curieux, n’hésitez pas à partager vos astuces sur le groupe et les réseaux.

Découvrir la Bande dessinée #6 : Les jeunes auteurs à suivre en 10 essentiels

Pour ce dernier volet de notre dossier “découvrir la bande dessinée” (suivront la bande dessinée jeunesse puis les dossiers comics et manga) on se penche sur les nouveaux talents, sur les jeunes auteurs incontournables qui font la bande dessinée d’aujourd’hui. Ou de demain !

📙 Place au 6e tips pour construire votre bibliothèque idéale les jeunes auteurs à suivre en 10 essentiels

1 – BASTIEN VIVÈS
C’est le plus ancien de nos dix jeunes auteurs, avec une imposante bibliographie de presque 40 livres dessinés en seulement 12 ans de carrière, il entraine son public à chaque nouvelle parution dans des univers bien différents. De la chronique puissante et intimiste (Le Goût du chlore, Dans mes yeux, Polina, Une soeur) à la baston/aventure/SF/fantastique (Pour l’Empire, Lastman, La Grande Odalisque) en passant par l’érotique grotesque (Les Melons de la colère, La décharge mentale) sans oublier l’humour à travers certains des strips les plus drôles d’internet (La Famille, L’Amour, La blogosphère, La guerre, La Bande dessinée) Bastien Vivès sait tout faire. C’est souvent par le dessin que l’on approche ses albums. Sa maitrise technique se double d’une recherche graphique à chaque nouvel album et son trait se fait de plus en plus léger et suggestif. Malgré cette volonté d’aller à l’essentiel, les personnages de ses albums fascinent et captivent immédiatement les lecteurs : il a le don de trouver l’expression ou la position juste en quelques traits.

 

Polina reste son album le plus marquant pour beaucoup (bon l’adaptation en film n’est pas recommandée…) Et même si ici nous sommes très fans de Lastman (lire le coup de coeur ici), il continue de publier de nombreux albums dans plusieurs genres, en témoigne les très récents Une Soeur (histoire d’amour et d’amitié d’adolescente), La décharge mentale (un porno humoristique) et Attention Chien Méchant (un livre jeunesse presque horrifique.)

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux (et c’est très dur):
Polina,
Lastman (tous ! Oui, on triche un peu)


2 – CATHERINE MEURISSE
Après un passage remarqué à Charlie Hebdo où elle sera la plus jeune dessinatrice jamais embauchée, elle a immédiatement trouvé un style et une voix dans ses dessins d’humour et ses courtes bandes dessinées. Puis elle s’est lancée dans une série d’albums très réussis alliant réflexion sur l’art, le langage et un humour joyeux. Mes Hommes de lettres (sur les écrivains qui l’on marqué) Savoir-vivre ou mourir (véritable reportage chez la Baronne de Rothschild pour parler de ses “bonnes manières”), Le Pont des arts (hommages réciproques aux poètes et peintres), Moderne Olympia (la chronique complète ici), albums drôles, vivants et érudits transmettent sa passion avec un angle incisif. Puis survint le drame et l’assassinat d’une partie des membres de la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015, elle en sortira son plus beau livre La Légerté, une célébration de l’art comme remède au désespoir et à l’incompréhensible.

Un album qu’on relit avec une palette d’émotions nouvelles à chaque fois, sur les pas de la narratrice qui court après cette légèreté volée par ces attentats. Le dessin accompagne cette quête et ces planches sont très belles et émouvantes.
Suivra Scènes de la vie hormonale, un album humoristique sur les relations homme/femmes assez décalé et bien senti vis-à-vis du machisme ambiant.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
La Légerté
Moderne Olympia


3 – BRECHT EVENS
Il aura suffi d’un premier album en 2010 Les Noceurs pour qu’il devienne l’un des jeunes auteurs les plus en vue (Prix de l’audace à Angoulême en 2011, exposition, collaborations avec des designers prestigieux,…) le style unique de Brecht Evens fascine. Son travail à l’aquarelle tout en superposition lui permet de réaliser des compositions chargées et denses qui restent légères, et d’enchainer les dialogues à plusieurs niveaux et les quiproquos. Ce sera le cas également dans Les Amateurs. Puis il marque un tournant avec Panthère où il explore une nouvelle manière d’aborder ses récits et en profite pour expérimenter graphiquement grâce à ce personnage faustien de panthère qui change de forme et de manière d’être dessinée en permanence. On se perd dans les dessins magnifiques et envoutants de ce conte noir qui cache un secret terrible. Plusieurs interprétations possibles à ce Alice au pays des merveilles terrifiant et sublime dans sa composition, à vous de vous faire une idée.

Un livre noir dans les faits, irradiant de couleurs dans la forme, ce qui fait de cet album une très belle réussite. L’auteur annonce un album pour 2018 Les Rigoles dont il a dévoilé une partie des planches au festival d’Aix en Provence. Dur de patienter…

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
Panthère
Les Amateurs


4 – FLORENCE DUPRÉ LA TOUR
Spécialiste du faux et du jeu de rôle réel, Florence Dupré la Tour s’amuse dans ses albums à raconter une réalité qu’elle déforme, mêlant autobiographie, mensonges et obsessions en tous genres. Avec un humour noir, presque cruel (un mot qu’elle va s’approprier pour son oeuvre autobiographique) elle raconte son quotidien ou presque.
Elle démarre sa carrière avec deux séries jeunesses (également destinées aux adultes) Borgnol et Capucin assez mordantes et drôles qui contiennent déjà en germe son goût pour l’autobiographie déguisée et l’humour féroce. C’est avec Cigish ou le Maître du jeu qu’elle surprend ses lecteurs, l’album est un recueil de son blog avec publications et commentaires où elle s’amusait à piéger ses proches, piéger plusieurs personnes en incarnant un personnage maléfique dans sa vraie vie. Elle trolle son propre blog en s’envoyant des messages d’insulte sous pseudo, se fait passer pour une voyante, vole des affaires à sa propre soeur, et je ne vous raconte pas avec ses propres enfants,… Son quotidien passé au crible de la méchanceté.

Elle va plus loin avec Cruelle, premier volume d’une trilogie autobiographique qui mets en scène son enfance. Elle évoque sa fascination pour les animaux morts, cherche à comprendre si la cruauté est innée, les tortures permanentes de son petit frère ou encore ses liens particuliers avec sa soeur jumelle… Là aussi, nous devons faire la part des choses du vrai et du moins vrai (on n’ose plus dire faux) mais on est assez fasciné comme le lapin dans les phares de la voiture qui lui arrive droit dessus.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
Cigish ou le Maître du jeu
Cruelle


5 – BENJAMIN ADAM
Il commence à publier une histoire loufoque d’immeuble proche de l’univers de Wes Anderson 12 rue des ablettes où tout est assez improbable et doux, avant de publier son journal de bord de l’année où il arrête de fumer : 2 milligrammes. Et un album pour la jeunesse Ulysse réécriture pour les jeunes lecteurs de L’Odyssée. Mais c’est avec Lartigues & Prévert puis Joker qu’il développe un univers unique et une approche graphique assez inédite. Ses histoires lorgnent du côté de l’absurde et des films des frères Cohen où les quiproquos sont légion et les personnages jamais très futés même s’ils ont beaucoup de choses à dire. Côté dessin, son trait et son découpage se placent dans une veine proche de Chris Ware où chaque détail est ultra-maitrisé et où les compositions des planches semblent se suffire à elles-mêmes tant la maquette fait partie intégrante du processus.

Sens de lecture, jeux typographiques, vues éclatées de perspectives, mini-récits enchâssés, faux documents,… les planches de ces albums fourmillent de bonnes d’idées et de trouvailles réjouissantes.
Graphiste émérite, il signe pas mal de maquettes de rééditions de classiques de la bande dessinée et de l’illustration aux éditions 2024. Et on sent assez bien cette patte qui est devenue sa marque de fabrique. Il est également l’un des dessinateurs réguliers de la Revue Dessinée où il signe de nombreux reportages.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
Lartigues & Prévert
Joker


6 – MARION FAYOLLE
Elle vient de recevoir le Prix Spécial du Jury à Angoulême pour son dernier livre Amours suspendues et ses illustrations font le tour du monde dans la presse : XXI, le Nytimes, Télérama, Paris Mômes, Psychologies Magazine, Fooding, … Depuis son premier livre L’Homme en pièce elle développe une écriture des sentiments et des relations à la fois poétique & corrosive qui ne la quittera plus. Le dessin éclate, les corps sont en permanence morcelés et détournés. Au fil des années elle va pousser cette idée jusqu’à en faire la partie centrale de son travail visuel, sortes de métaphores dessinées. Les membres, les corps -tout ou partie- deviennent des objets, des symboles,… et le dessin prends parfois des allures de rébus ludiques ou philosophiques. En parallèle de ces travaux narratifs, elle explore cette voie dans de petits livres érotiques surréalistes.
C’est avec La Tendresse des pierres, œuvre qui se penche sur ses relations avec son père et la maladie de ce dernier, que Marion Fayolle touche un très large public à travers cet album très personnel, sombre et émouvant.

Son univers visuel intrigue et passionne, chaque illustrations ou planches est à la fois nouvelle et variation d’une précédente. Les illustrations pleines pages alternent avec des planches en gaufrier régulier et voix off, chansons et répétitions… ses albums se situent entre le poème, le livre jeunesse et la bande dessinée.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
La Tendresse des pierre
Amours suspendues


7 – SIMON ROUSSIN
Grand styliste et dessinateur tout terrain, Simon Roussin s’est imposé en quelques années comme l’un des auteurs incontournables du moment. Ses albums recèlent d’emprunts et d’hommages à ses idoles, dessinateurs ou acteurs, tout en proposant une vision très personnelle et attractive de la ligne claire. Ses histoires tournent autour de l’aventure avec un pas de côté, une quête de l’enfance et son imaginaire revus et sublimés par son style attachant. De Robin Hood à Prisonnier des glaces l’envie de jouer, d’explorer est la même et se traduit par des expérimentations graphiques audacieuses. Du livre entièrement réalisé au feutre pour Lemon Jefferson et la grande aventure aux noirs profonds qui deviennent paysages et sujet de l’intrigue dans Heartbreak Valley à Prisonnier des glaces où les couleurs chaudes explosent dans les paysages bleus et blancs de l’antarctique.
C’est à la sortie de Barthélémy, l’enfant sans âge que l’auteur révèle aussi un grand talent pour l’humour et l’absurde, loin de ses albums habituels très graphiques et épiques, il installe une petite fable sous forme de strips d’humour noir. Autour de ce personnage qui ne peut mourir et qui recommence sa vie à l’âge d’enfant dès qu’il meurt de vieillesse, il s’essaie avec brio aux bandes humoristiques et réflexives chères aux anglo-saxons.

À la fois amusantes et qui disent plusieurs choses sur notre époque, ces bandes cyniques et faussement naïves sont un régal. On espère que l’auteur récidivera aussi dans cette voie.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
Barthélémy, l’enfant sans âge
Heartbreak Valley


8 – ULLI LUST
Depuis la parution de Trop n’est pas assez en 2010, les trop rares traductions des travaux d’Ulli Lust passionnent les lecteurs et la critique. Récit autobiographique, comme le très récent Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien, elle se passionne également pour la bande dessinée de reportage et d’enquête ou encore de courts strips érotiques. La technique, la mise en page et l’approche changent à chaque projet et elle adapte à la fois son graphisme et sa manière de raconter selon le type d’album qu’elle propose. Dans ces autobiographies romancées, la pagination forte laisse place à un véritable carnet de voyage recomposé, fait de croquis qui semblent pris sur le vif, de récits ponctuels, de flash-back, de commentaires sur ce qui est en train de se passer,… Elle a un talent rare pour parler de choses intimes et difficiles et le dessin sur le vif véhicule cette sincérité bouleversante.
Voix de la nuit, album emblématique de l’autre versant de son travail plus documenté, est l’adaptation d’un roman de Marcel Beyer sur un proche de Goebbels qui a oeuvré pour les nazis avec des expériences sur le son et à travers lui on assiste à la chute du 3e Reich dans le bunker d’Hitler. Assez noir et effrayant par son sujet, la dessinatrice traduit ce malaise, ces expériences sur le “son aryen” et la vie de cette famille par des graphismes alternés et un dessin qui épouse les émotions ou la tension de l’instant.

En parlant de dessin, on peut également lire en ligne un extrait de son recueil de strips très élégants à la fois érotiques & mythologiques : Airpussy. Ou visiter la plateforme Electrocomics où elle publie, sous forme numérique, de nombreux auteurs de langue allemande et quelques Européens. Plusieurs livres sont encore à traduire chez nous, espérons que le succès de ces premiers va accélérer le processus.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien
Voix de la nuit


9 – MATHIEU BABLET
Fin 2016, un livre revient dans tous les réseaux sociaux, les forums et les blogs : Shangri-La, une saga SF dystopique au dessin ultra-léché de plus de 200 pages. Les fans de Mathieu Bablet qui le suivent depuis La belle mort et Adrastée connaissent son goût pour le fantastique, la science-fiction et tout ce qui touche à la fin du monde. Et dans Shangri-La tous les ingrédients sont réunis en ajoutant une bonne dose de réflexions sur le racisme (spécisme même), le consumérisme et la manipulation qui le rapproche des meilleures histoires des grands maitres du genre P.K.Dick ou G.Orwell. Le dessin et la couleur évoluent aussi et se font plus techniques et immersifs au fil des albums, son approche un peu déroutante des débuts est devenue cette identité graphique assez unique et stimulante dans les albums suivants. Les choix de couleurs et de découpage donnent à ce livre imposant une atmosphère et une ambiance à la fois pesante pour les personnages et hypnotisante pour le lecteur, impossible de ne pas penser à la fausse quiétude de 2001 l’Odyssée de l’espace.

Fan d’animation japonaise, le dessinateur réutilise plusieurs techniques propres à l’animation comme les personnages stylisés dans des décors très réalistes, les scènes plus contemplatives entre les scènes d’actions,… Ces influences multiples font de cet album (et les précédents dans une moindre mesure) un livre assez différent de ce que l’on a l’habitude de lire en bande dessinée de SF. Et ça fait du bien.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
Shangri-La
Adrastée


10 – TIMOTHÉ LE BOUCHER
Ici aussi il est question de science-fiction et de phénomène de bouche à oreille incroyable. Ces jours qui disparaissent, est devenu l’un des bouquins les plus médiatiques de cette fin d’année 2017. Un succès très mérité pour cette histoire noire où deux personnes se disputent le droit de vivre sa vie tranquillement. Un récit dense et prenant autour de deux personnes qui vivent dans un même corps : chacun doit utiliser son temps précieux pour ses proches ou sa carrière, un jour sur deux jusqu’a ce que le rythme s’accélère et que les périodes de “noir” s’intensifient pour l’un et se réduisent pour l’autre. Ses premiers albums Skins party et Les Vestiaires abordaient des problématiques liées à l’adolescence et le passage à l’âge adulte à travers deux thématiques fortes, le poids du regard de l’Autre & le harcèlement.

Le graphisme et la mise en scène sont extrêmement maitrisées. Le dessinateur cultive aussi un type de dessin rapide et efficace, dans la veine du travail de Bastien Vivès. Et cette technique s’est affinée depuis ses premiers albums. Le dessin est somptueux en particulier dans sa vision très réussie du futur, et le découpage impeccable nous fait passer d’une personne à l’autre ou vivre les accélérations temporelles avec beaucoup de fluidité. Un coup de maitre avec un scénario aussi pointu sur ces questions.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
Ces jours qui disparaissent
Les Vestiaires


11 – (Bonus) JEREMIE MOREAU
Mention spéciale au lauréat du Fauve d’or 2018 au festival d’Angoulême pour son album La Saga de Grimr (coup de coeur à lire ici) Avec cette récompense, il n’est plus à proprement parlé dans les “jeunes auteurs” mais à 30 ans il aligne quatre superbes albums qui marquent durablement leurs lecteurs. Il démarre sa carrière avec Le Singe de Hartlepool, en collaboration avec Wilfrid Lupano où il installe déjà son univers graphique et aux frontières du fantastique sans jamais franchir la ligne du vraisemblable, une constante qu’on retrouve dans ses différentes oeuvres. Puis il sort Max Winson, une bande dessinée inventive, exceptionnelle sur un joueur de tennis qui ne perd jamais, un don qui va devenir de plus en plus problématique pour notre héros qui en souffre. Il passe au noir et blanc avec un trait plus rapide et nerveux pour produire ce récit dense et fragile. Avant de passer à La Saga de Grimr, il adaptera un livre jeunesse Tempête au haras avec un ton très personnel qui fera connaitre le livre à un nouveau public.
À chaque nouveau projet, le dessinateur semble changer de technique tant au niveau du trait que de la couleur.

Et cette fois, le livre est entièrement réalisé à l’aquarelle rehaussée d’un trait cerné pour les personnages. Assez virtuose, l’auteur se permet de grandes pages colorées pour nous faire percevoir la phosphorescence de la lave, la lumière des glaciers, les échos des aurores boréales. Un contraste d’autant plus saisissant que les protagonistes de cette histoire sont dessinés presque exclusivement en gros plans, focalisant notre regard sur les émotions de ses hommes perdus dans l’immensité de l’île.

❤️ S’il ne fallait en choisir que deux :
La Saga de Grimr
Max Winson

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