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Carte blanche photographique à Selma Bella Zarhloul, la Gallery FIFTY ONE

Pour cette première journée de carte blanche, notre nouvelle invitée Selma Bella Zarhloul, curatrice indépendante a choisi de nous parler de la galerie d’Anvers qui fête cette année ses 18 ans : la Gallery FIFTY ONE et de son directeur, Roger Szmulewicz.

Mon coup de coeur va à la Gallery FIFTY ONE fondée et dirigée par Roger Szmulewicz. Pour la petite histoire, j’ai rencontré Roger à Paris Photo, il y a environ dix ans alors que je circulais dans les allées du Carrousel du Louvre avec des catalogues Lartigue sous le bras à la recherche d’un nouveau galeriste. Il était assis sur un fauteuil avec au-dessus de lui, une photographie de Gainsbourg, si je ne me trompe. Je ne connaissais pas sa galerie mais son stand dégageait une atmosphère particulière, et j’ai senti que Lartigue y serait bien. Je me suis présentée et il est devenu un représentant privilégié de l’oeuvre de Lartigue en Belgique et au-delà. Et heureux concours de circonstances, l’année d’après, la Gallery FIFTY ONE était cité comme une des dix meilleures galeries photo au monde.

Personnalité élégante, figure proustienne et rock’n’roll à l’oeil aiguisé, à la culture d’une époque révolue et la décontraction contemporaine, Roger Szmulewicz a su conjuguer un choix d’artistes inscrits dans l’histoire de la photographie et des artistes talentueux contemporains. Un mélange qui donne le ton d’un parcours audacieux et cohérent, et d’un équilibre trouvé entre ses goûts et la réalité d’un marché.

En 2014, il a ouvert la Gallery FIFTY ONE TOO, dédiée à d’autres disciplines, comme le dessin, et toujours en lien avec la photographie. Et, depuis peu, une plateforme en ligne curatée nommée 28vignonstreet en hommage à la galerie créée par Daniel-Henry Kahnweiler à l’adresse éponyme.

Une personne comme il en faudrait davantage dans le monde de l’art.

INFORMATIONS PRATIQUES
• GALLERY FIFTY ONE
Zirkstraat 20 – Antwerp
• FIFTY ONE TOO
Hofstraat 2 – Antwerp
http://www.gallery51.com

J’en profite pour suggérer le formidable ouvrage “Galeristes” de Anne Martin-Fugier qui, comme son titre le laisse entendre se compose d’entretiens avec des galeristes.

INFORMATIONS PRATIQUES
Galeristes
Anne Martin-Fugier
Editions Actes Sud
Septembre, 2010 / 11,5 x 21,7 / 304 pages
ISBN 978-2-7427-9236-8
prix indicatif : 23, 40€
https://www.actes-sud.fr/catalogue/actes-sud-beaux-arts/galeristes

50ème anniversaire d’Art Brussels

Fondée en 1968, ArtBrussels précède ses consoeurs, Cologne, Bâle et la Fiac. Une antériorité qui lui permet de souffler ses 50 bougies en 2018. Exit sa concurrente, la new yorkaise Independent qui n’a pas su relever le défi l’année dernière malgré un vrai positionnement alternatif. La voie est libre parmi 147 galeries issues de 32 pays, au sein de trois sections: 33 en DISCOVERY, 114 en PRIME et REDISCOVERY ainsi que 21 présentations SOLO.

Anne Vierstraete, Directrice d’Art Brussels: « Pour célébrer le 50e anniversaire de la foire cette année, nous revenons à nos racines avec
un fort soutien des principales galeries belges ainsi qu’un retour important de galeries parmi les plus importantes de la scène internationale. Art Brussels continuera à être une plate-forme passionnante pour la découverte et un rendez-vous incontournable pour des galeries reconnues internationalement. »

Avec 32 pays représentés, la foire n’a jamais été aussi internationale, bien que le nombre de galeries belges ait également augmenté (32% de galeries belges en 2018 contre 18% en 2017). Parmi les galeries belges de retour cette année en PRIME : Albert Baronian, Meessen De Clercq,
dépendance, Xavier Hufkens, rodolphe janssen, Harlan Levey Projects, Greta Meert, Maruani Mercier, Almine Rech (aussi basée à Paris, Londres et New York), Michel Rein (aussi basée à Paris), Sorry We’re Closed, Sofie Van de Velde, Axel Vervoordt (aussi basée à Hong Kong) et Nadja Vilenne. Parmi les nouvelles venues et celles faisant leur retour: Patrick De Brock, Mendes Wood DM (aussi basée à São Paulo et New York), Office Baroque, OV Project, Tommy Simoens, Tim Van Laere et Zeno X.

PRIME réunit 110 galeries établies représentant des artistes de renommée internationale, incluant Avlskarl (Copenhague), Baton (Séoul), Bernier/Eliades (Athènes, Bruxelles), Thomas Brambilla (Bergame), Ceysson & Bénétière (Paris, Luxembourg, Saint-Étienne, New York), Galleria Continua (San Gimignano, Pékin, Les Moulins, La Havane), Jahn und Jahn (Munich), Lelong & Co (Paris, New York), Tucci Russo (Turin), Krinzinger (Vienne), Nathalie Obadia (Paris, Bruxelles), New Art Centre (Salisbury), Proyectos Monclova (Mexico), Filomena Soares (Lisbonne), SKOPIA Art Contemporain (Genève), Pietro Sparta (Chagny), Daniel Templon (Paris, Bruxelles), Xippas (Paris, Genève, Montevideo), aux côtés d’autres galeries belges citées précédemment.

Soulignant la diversification au sein de la section PRIME, de nouvelles galeries font leur entrée, telles que AYE (Pékin), Blain|Southern (Londres, Berlin), Thomas Fischer (Berlin), Gana Art (Séoul, Busan), Kalfayan (Athènes, Thessalonique), Martos Gallery (New York), Anne Mosseri-Marlio (Bâle), POP/OFF/ART (Moscou), Sage (Paris) et 10 Chancery Lane Gallery (Hong Kong).

DISCOVERY rassemble 33 galeries exposant des oeuvres récentes (2015-2018) d’artistes encore peu connus en Europe; pour citer quelques-uns des artistes présents: Colin Snapp et Emmanuel Van der Meulen (Allen; Paris), Przemek Pyszczek (Derouillon; Paris), Lennart Lahuis (Dürst Britt & Mayhew; La Haye), Karlos Gil (Francisco Fino; Lisbonne), Morgan Blair, Jonathan Chapline et Anne Vieux (The Hole; New-York), Christopher Page (Hunter / Whitfield; Londres), Alfredo Aceto, Martin Belou et Mohamed Namou (Levy.Delval; Bruxelles), Dorian Gaudin et Manuel Scano Larrazàbal (Galerie Pact; Paris), David Armstrong Six (Parisian Laundry; Montréal), Bob Eikelboom (Barbara Seiler; Zürich), Georgina Gratrix (SMAC Gallery; Stellenbosch, Le Cap, Johannesbourg), Megan Christiansen et Virgil Abloh (Stems; Bruxelles), et David Polzin (Waldburger Wouters; Bruxelles).
Art Brussels continue de valoriser les expositions individuelles, au travers des 21 galeries présentant chacune un artiste unique dans la section SOLO. Parmi les artistes exposants dans cette catégorie : Alice Anderson (La Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, Bruxelles), le duo Florian Pugnaire & David Raffin (Ceysson & Bénétière; Paris, Luxembourg, Saint-Étienne, New York), Daniel Firman (Choi&Lager; Cologne), Stelios Karamanolis (Flatland; Amsterdam), Nicolas Party (Xavier Hufkens; Bruxelles), Beat Zoderer (Semiose; Paris), Marlon Mullen (Sorry We’re Closed; Bruxelles), Bart Stolle (Zeno X; Anvers), ainsi qu’une large présentation d’Alex Chaves (Martos Gallery; New York).

Au sein de la section REDISCOVERY, quatre galeries se consacrent à l’art de 1917 à 1987 en exposant des oeuvres de Darío Villalba (Luis Adelantado; Valence), Jaime Davidovich, Carlos Ginzburg et Osvaldo Romberg (Henrique Faria Fine Art; New York), Evelyne Axell, Jacques Verduyn et Pol Mara (Antoine Laurentin; Paris, Bruxelles) et Ida Barbarigo (Axel Vervoordt; Wijnegem, Hong Kong).
La liste complète des galeries et participants à la section Editions pour 2018 est disponible ici.
Les galeries des sections PRIME, REDISCOVERY et SOLO sont sélectionnées par le Comité International. Les galeries présentes en DISCOVERY sont sélectionnées par le Comité Discovery, regroupant des curateurs et des galeristes internationaux.

Et toujours en ville, large programmation en résonnance.. WIELS, Fondation Boghossian Fondation CAB, parcours d’art brut Quartier Dansaert, Fernand Léger à BOZAR.. collections privées comme The Lift (famille Servais) , White Covers (Frédéric de Goldschmidt) , la Maison Particulière ayant malheureusement fermé ses portes.

INFOS PRATIQUES :
Dates
du vendredi 20 au dimanche 22 avril 2018
Avant-première et Vernissage: jeudi 19 avril 2018
Lieu
Tour & Taxis, Avenue du Port 86C, Bruxelles
http://www.artbrussels.com

Rencontre avec Heidi Ballet, commissaire de la Triennale de Beaufort 2018

Le projet artistique de Beaufort (unité de mesure du vent) est né de l’attachement de chaque belge à ce littoral au fort pouvoir évocateur : les dunes, les promenades sur la digue, le Casino et cette architecture Belle Epoque unique. C’est ainsi qu’ en 2003 sous l’impulsion de Willy Van den Bussche, alors directeur du musée d’art moderne PMMK à Oostende, l’évènement est lancé. Des œuvres d’artistes internationaux majeurs tels Louise Bourgeois, Jan Fabre, Daniel Buren, Wim Delvoye, Antony Gormley apportent ainsi leur signature le long du littoral au fil des éditions.

Après un commissariat collégial, la 6ème Triennale de Beaufort a été confiée à Heidi Ballet (née en 1979 à Hasselt) qui vit entre Bruxelles et Berlin. Elle a notamment été en charge de la Biennale d’art de Lofoten (LIAF) en Norvège et assuré le commissariat du programme Satellite 9 du Jeu de Paume Paris et du CAPC de Bordeaux sous le thème « Notre océan, votre horizon ».

Pour ce nouveau défi qui rassemble 9 communes du Littoral et 18 artistes de toutes générations, elle s’est concentrée sur 2 axes : les monuments dans l’espace public et l’écologie.

Elle a répondu à nos questions.

Ostende par toutes les saisons

Architecture : La reine des plages

Il règne un charme rétro sur la ville et dès la sortie de la gare. Dotée d’une architecture d’inspiration française Belle Epoque, son hall classé est l’objet d’importants travaux de restauration. Le souverain Leopold II est un passionné de chemin de fer et c’est sous son impulsion qu’Ostende devient la reine des plages avec un casino, un tram, un hippodrome, une galerie couverte pour se promener le long de la plage, des thermes… Des vestiges encore bien présents qui ont certainement séduits les deux maîtres que sont James Ensor et Léon Spilliaert dont le Mu.ZEE possède des œuvres de premier plan. Actuelle exposition : James Ensor et Léon Spilliaert.

Art et littoral

Année 2018, hommage à James Ensor
L’exposition James Ensor, un rêve de nacre (à partir du 12/05) au Mu.ZEE organisée avec le musée Royal des Beaux Arts d’Anvers, dans le cadre du programme Ensor Research Project.
La Maison James Ensor rouvre ses portes !

La relève actuelle :
Deux grands maîtres d’Ostende) et aussi une génération d’artistes plus proches, tels Arno Quinze qui dans le cadre de Beaufort04 a conçu « Rock Strangers » sur la digue, des rochers aux couleurs rouge-orange ou Kris Martin et Altar sur la plage inspiré de l’Agneau Mystique de Van Eyck.
La Triennale de Beaufort, concept audacieux lancé en 2003 par Willy Van den Bussche, conservateur du Musée d’art moderne d’Ostende sur les 65 kms du littoral de Knokke le Zoute à la Panne (10 communes participantes), voit au fil de ses éditions un musée à ciel ouvert se constituer.
Pour Beaufort 2018, la commissaire Heidi Ballet (notre interview à suivre) a retenu 3 artistes pour Ostende : Stief DeSmet (monument for a Wullok), Guillaume Bijl (Sorry) et Basim Magdy (No Shooting Stars).

Autres incontournables culturels :

Le Crystal Ship de Guido van Helten (qui se prend pour notre JR ?) avec l’agrandissement du visage du pêcheur Norbert Desmidt, sur un silo au quai Henri Bael, clin d’œil à la vocation portuaire de la cité.

Mercator et Amandine, deux navires à visiter,
Le Mercator est un joyau du passé maritime belge, entièrement restauré en 2009.
En 1935, il se rendit à l’île de Pâques où une statue monumentale (Moaï) fut chargée à bord. Un an plus tard, en 1936, le navire devint mythique en ramenant la dépouille du père Damien depuis Hawaï. Le Mercator servit également sous pavillon anglais lors de la seconde guerre mondiale.

Amandine, l’hommage aux pêcheurs en mer d’Islande.

La gastronomie : saveurs de la mer

Ce sont les chefs qui en parlent le mieux; Luc Deklerck (Bistrot Mathilda) « Six pêcheurs côtiers sont encore actifs à Ostende et ils nous livrent presque chaque jour des crevettes fraîches..
Christophe Snauwaert (Toi Moi et la Mer) « Je laisse carte blanche à mon fournisseurs de poisson de la criée d’Ostende, qui nous livre au quotidien son arrivage du jour.
Outre ses 2 adresses, nombreuses brasseries parmi lesquelles,

Avec vue sur mer
Brasserie Albert fait partie du célèbre hôtel « Thermae Palace » à Ostende. Le décor est luxueux avec une touche de nostalgie
Koningin Astridlaan 7
http://www.thermaepalace.be

Waterhuis (pour les plus pressés, en face de la gare)
http://www.waterhuisoostende.be/

CultuurCafé dans l’immeuble De Grote Post un bâtiment classé, à caractère moderne, qui a été conçu par Gaston Eysselinck et qui a servi pendant des décennies comme Bureau de poste et propose à présent un programme de spectacles et arts vivants remarquable.
Sa table : un peu chère mais le décor est à ce prix !

Hendrik Serruyslaan 18A
Oostende 8400
http://www.degrotepost.be/cultuurcafe

La galerie d’art Beau Site
propose également une table dirigée par la propriétaire Ann Rommelaere à la fois locale et internationale, de part ses voyages :

Albert I-Promenade 39
http://www.galeriebeausite.com

‘T VISTRAPJE (guide Michelin)
Visserskaai 37
Oostende 8400
http://www.vistrapje.be

Cuisine du monde : Thaï
Tao bar-loundge
Langestraat 24-26
Ostende
http://tao-oostende.be/

Bon marché :
Passe-Vite
Hertstraat 1, Ostende 8400

Mazure
Kapellestraat 4, Ostende 8400

Pause café et brunch: Coffee Shop Familie Jansen
Tester le « kokoslimoentje » un café avec du citron vert et du lait de coco. Les dimanches matin le brunch.
Kapucijnenstraat 2
Oostende 8400
http://www.defamiliejansen.be/

Pâtisserie-salon de thé Caruso
Nieuwstraat 29
Oostende 8400
http://www.caruso.be

Une bonne glace :

Gelato Maxzim
Hertstraat 3, Ostende 8400

Apéritifs :
Les 2 bières d’Ostende : « Keyte » (une bière triple ou double-triple blonde ou ambrée) et la « Schelpje » (une bière blonde)

Le cocktail d’Ostende l’été : Negroni à base de gin-campari-vermouth

Hôtels/Chambres d’hôte

Leopold Hotel
Van Iseghemlaan 110, 8400 Oostende
https://leopoldhotelostend.com

B&B :
Villa les Pâquerettes (avec jardin charmant)
Velodroomstraat 43, 8400 Oostende

La passion interdite (immeuble classé)
Porto Bello Bed & Breakfast

Avec les longs week-ends de mai, profitez-en !

Organiser votre séjour :
https://www.visitoostende.be
http://www.visitflanders.com
www.thalys.com et SNCB (la compagnie belge pour le trajet de Bruxelles à Ostende)

Xavier Barral annonce la réédition de Roots, lancement et dédicace chez Artazart

A l’occasion de la réédition de l’ouvrage « Roots » d’Harry Gruyaert par les éditions Xavier Barral, la librairie Artazart organise une rencontre exceptionnelle le jeudi 29 mars 2018 à 18 heures. Mowwgli, partenaire de l’événement, vous propose de remporter un exemplaire du livre dédicacé, pour cela il vous suffit de répondre à la question : « Quelle était l’image de l’édition originale de Roots » ?

Pour participer au concours, veuillez envoyer votre réponse par email à info@mowwgli.com. Le premier à envoyer la bonne réponse remportera l’exemplaire dédicacé.

L’ouvrage « Roots » est édité en 2012 par les éditions Xavier Barral, il sera très vite en rupture de stock, six ans plus tard, décision est prise de rééditer le livre avec une vingtaine de nouvelles photographies. Cette édition augmentée de Roots nous plonge dans la Belgique des années 1970 à 1980. Des premières photographies en N&B à la révélation de la couleur, cet ouvrage explore l’univers si particulier, presque expressionniste, du photographe belge.

Ayant quitté la Belgique depuis plusieurs années, Harry Gruyaert s’est senti prêt à y revenir en 1973 et à porter un regard neuf, plus distancié, sur sa terre natale. Il commence à travailler en noir et blanc s’intéressant à la fois à des scènes du quotidien et à des sujets plus pittoresques au gré des fêtes, carnavals et autres manifestations locales en évitant « les pièges sentimentaux ou documentaires ». Puis c’est le basculement à la couleur : J’ai mis environ deux ans à y voir la couleur qui m’intéressait. Ce fut une révélation. Par ailleurs, j’ai commencé à voyager en photographiant au Maroc, en Inde, toujours en couleur. Mais il y avait la Belgique, avec ce rapport de refus et d’attirance en même temps. Je savais que c’était un endroit visuellement intéressant, dans lequel il se passait des choses incongrues. Ce n’est pas pour rien que le surréalisme y a été si important. Dans un texte très personnel, accompagnant ses photographies, Harry Gruyaert commente son rapport à la Belgique. Tandis qu’un essai de l’écrivain belge Dimitri Verlhust nous fait véritablement vivre ces photographies de l’intérieur.

INFORMATIONS PRATIQUES
> Roots
Harry Gruyaert
Editions Xavier Barral
29 x 21,6 cm // 200 Pages
45€
http://exb.fr
> Rencontre exceptionnelle et dédicace
Le 29 mars 2018 à 18heures
Artazart
83 quai de Valmy
75010 Paris
https://artazart.com/shop/roots-2/

Hohneck, Jean-François Flamey

Retour du froid sur l’hexagone, aujourd’hui nous vous proposons le travail de Jean-François Flamey. Un récit photographique mêlant pluie et neige vosgiennes réalisé cet hiver. Jean-François Flamey (1972) est un photographe autodidacte basé à Namur, Belgique et membre du collectif Aspëkt.

Pour «Hohneck», dans un besoin de solitude, j’ai erré dans la grisaille et la pénombre des vallées du massif du même nom avec l’envie de ressentir physiquement mon acte photographique au milieu de la neige et de la pluie, parfois au point de haïr mon choix d’être là. Mais photographier, photographier à tout prix dans cet état de confrontation avec moi-même, et puis voir comment cela se traduira dans mes images et dans la construction d’une fiction narrative.

Et puis, il y a cette rencontre avec un brocanteur. Je suis entré dans son shop avec l’idée de trouver de vieux papiers pour documenter mes errances.  Un ancien marinier qui par le passé a roulé sa bosse du côté du port d’Anvers et à qui quelques morveux de la région, pour d’obscures raisons, ont décidés de mener la vie dure, de cambriolages en passages à tabac. La vie use tellement ce brocanteur qu’il ne se rend pas compte que sa minuscule boutique à peine chauffée est sans dessus dessous. Après une dizaine d’heures sur place étalées en deux jours, je sortirai de là avec son histoire dans la tête et aussi avec un héritage photographique, celui d’Armandine, dite Mandine, une foraine native du coin, décédée à 93 ans, seule et sans le sou, enterrée par ce brocanteur en 2014. Je lui ai trouvé une petite place dans cette série, elle à qui cela aurait certainement fait du bien de raconter aussi ses misères…

Je voulais ressentir physiquement mon acte photographique, je l’aurai également ressenti psychologiquement. En science, cela doit être une expérience validée. Voilà pourquoi j’aime pratiquer la photographie.

http://www.nimtree.be

Alban Detournay, From the silent rooms

Nous vous l’avions annoncé début février lors de la publication du palmarès de la 8ème édition de Rendez-vous • Image, chaque semaine Mowwgli partagera avec vous les portfolios des lauréats. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir la série d’Alban Detournay, mention spéciale du Prix des professionnels de l’image.

Belgique 2013. Voilà maintenant quatre ans que j’ai commencé à m’intéresser à la photographie de lieux abandonnés. Cette pratique qui a tendance à se populariser depuis quelques années, en bien ou en mal, se nomme Exploration Urbaine. C’est rapidement devenu une véritable passion. Elle m’a poussé à améliorer mes compétences photographiques et m’a permis de visiter de nombreuses friches en Europe. Qu’il s’agisse de châteaux, de maisons, de manoirs, d’usines, d’hôpitaux, ces lieux livrent une ambiance entre vie et mort, où le temps semble s’être arrêté et les traces d’un passé animé est rattrapé par son éphémérité. Il n’est pas rare d’y trouver de superbes vestiges comme les différents instruments de musique que je vous présente dans cette série et qui revivent momentanément à travers notre appareil photo.

INFOS :
https://www.facebook.com/Alban-Detournay-Urban-Photography
http://www.rdvi.fr

11e édition de la Biennale de l’Image Possible

La 11ème édition de la Biennale de l’Image Possible ouvre ses portes demain, samedi 17 février 2018 à Liège. La Manifestation vous donne rendez-vous pour découvrir l’univers d’une quarantaine d’artistes photographes émergents à travers 8 expositions, des productions artistiques inédites et des événements associés.

Pièce centrale de cette 11ème édition

L’exposition centrale du BIP2018 est « Fluo Noir » présentée à la Boverie. Cette expo collective rassemble des artistes internationaux qui utilisent la destruction, l‘explosion, le chaos, la saturation, la catastrophe comme geste créateur, un mouvement de réinvention et de ré–enchantement, une opération de transfiguration, une production de troubles, de beauté critique et de couleurs. Le corps y a une place centrale : qu’il s’agisse du corps représenté dans l’image ; de l’image construite comme un organisme ou une anatomie d’un nouveau type ; ou encore du corps en action.

Les artistes exposés : Viviane Sassen (NL) // SMITH (F) // Dune Varela (F) // Anouk Kruithof (NL) // Laetitia Bica (B) // David de Beyter (F) // Satoshi Fujiwara (J) // Eva L’Hoest (B) // collectif La Superette (B) // Roman MORICEAU (F) // Justyna Wierzchowiecka (PL/B) // Yaloo (KR)

Le Lieu : Le Boverie
Parc de la Boverie 3
4020 Liège
Ouvert du Mardi au Dimanche de 10h00 à 18h00

Les étudiants de L’ENP Arles à l’honneur

Les Brasseurs invitent et proposent une carte blanche à Juliette Vignon, de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles (F). Cette exposition « La Flamme Double » présente huit jeunes artistes diplômés de l’ENSP, en écho à l’intensité de la présence, l’exploration de nouveaux espaces et l’expression des mouvements non-résignés et libres, fils rouges de BIP2018.

Les artistes exposés : François Bellabas // Alfredo Coloma  // Guillaume Delleuse // Jonathan LLense // Robin Lopvet // Louis Matton // Lila Neutre // Rebecca Topakian

Le Lieu : Les Brasseurs – Art contemporain
Rue du Pont 26
4000 Liège
Ouvert du jeudi au dimanche de 13h à 18h (jusqu’au 25/03)

Exposition d’une jeune génération

Sept jeunes photographes, issu(e)s des plus importantes écoles de photographie belges (La Cambre Arts Visuels, ESA Saint-Luc Liège, erg, HISK, KASK, ESA Le 75, ARBA-ESA, HELB – Ilya Prigogine), sont rassemblé(e)s ici dans l’exposition « Ultra Normal » en un écho à l’exposition « Fluo Noir ».
A travers leurs travaux et leur jeunesse, on retrouve les lignes de force qui traversent l’exposition principale de BIP2018. Déclinés autrement, l’impermanence, les états transitoires, l’hétérogénéité, la réinvention critique, l’irruption de la (science-) fiction dans le réel, la technologie intime et la présence du corps, sont ici encore présents.
Cette exposition prend le pouls d’une génération à venir, d’un pan jouissif de la photographie belge, talentueuse, hardie et libérée.

Les artistes exposés : Jeroen Bocken // Athanasios Gatos // Amélien Ledouppe // Andy Simon // Elsa Stubbé // Cléo-Nikita Thomasson // Sabine ŽIC

Le Lieu : Centre culturel de Liège Les Chiroux
Place des Carmes, 8
4000 Liège
Ouvert du jeudi au dimanche de 13h à 18h

Carte Blanche pour une proposition à 4 mains

La SPACE Collection donne carte blanche à l’artiste Michael Dans et à la jeune curatrice Pauline Salinas. Les deux commissaires s’emparent littéralement de l’espace et proposent une exposition à l’allure punk, riche en noms et en pussies.

Les artistes exposés : David Widart // Christopher De Béthune // Ulla Deventer // Ulrike Biets // Jean-Marc Chapa // Rita Lino //Sophie Langohr // Alain Janssens // Antonio Jimenez Saiz // Michael Briglio-Nigro // Marie-Valentine Gillard // Aurore Dalmas // Laetitia Bica // Pascal Schyns // Patrick Mascaux // Christophe Collas // Laurent Henrion // Pierre Houcmant // Charlotte Lybeer // Simona Tombesi //Michael Dans // Ingrid Falque // Julie Scheurwehgs // Julien S-buschem // Lieven Segers // Ronald Stoops // Emilia Ukkonen // Marc  Wendelski

Le Lieu : La SPACE Collection
In cité mondi asbl
Féronstrée 116
4000 Liège
Ouvert du jeudi au dimanche de 13h à 18h

L’image Adolescente à La Châtaigneraie

Hyperconnectée, hypermédiatisée, inquiète d’elle-même et de ses apparences, notre époque semble se montrer de plus en plus assoiffée de jeunesse et de beauté. Mais sait-on encore s’adresser à cette étape transitoire, le « teen-âge », à cet idéal peut-être enfui, cet « état d’adolescence mal défini, jamais loin de l’erreur, toujours à deux doigts du sublime » (Philippe Azoury)…

Les artistes exposés : Charlotte Beaudry // Carole Bellaïche // Sian Davey // Xavier Istasse // Jean Janssis // Sarah Kaliski // James Mollison // Annie Van Gemert

Le Lieu : La Châtaigneraie
Centre wallon d’art contemporain
Chaussée de Ramioul, 19
4400 Flémalle
Ouvert du jeudi au dimanche de 13h à 18h (A partir du 24 février)

Voir le programme complet sur le site du BIP…

INFORMATIONS PRATIQUES
BIP2018
Du 17 février au 1er avril 2018
Liège, Belgique
http://www.bip-liege.org

Rencontre sans concession avec Dirk Snauwaert, directeur du WIELS, centre d’art contemporain, Bruxelles (2nde Partie)

Le WIELS qui a totalisé 50 000 visiteurs en 2017 entend bien conforter son rôle et son dynamisme sur la scène bruxelloise et internationale, d’autant que l’arrivée du futur « Kanal-Centre Pompidou » (pré-ouverture mai 2018) dans l’ex garage Citroën racheté par la Région pour une somme de 20,5 millions €, les travaux étant évalués à 150 millions € ,n’est pas du goût de tous ceux qui s’impliquent depuis longtemps au rayonnement de Bruxelles.

Dirk Snauwaert, à la tête de ce bâtiment iconique signé Adrien Blomme (anciennes brasseries Wielemans) fer de lance du renouveau de ce quartier de Forest a répondu à nos questions sur cet épineux sujet. Une avant-première à l’occasion de l’ouverture de l’exposition de l’artiste belge Sophie Podolski.

Mowwgli : Comment se définissent vos visiteurs ? 

Dirk Snauwaert : Comme vous pouvez imaginer nous devons prendre en compte cette population de plus en plus fragmentée surtout dans des quartiers comme les nôtres. Les questions qui se posent sont dans quelle langue communiquer ? ou combien ? 3 à minima.
Le public va de très académique et théorique jusqu’à une éducation sensorielle de base pour des gens qui n’ont pas de formation ou trop peu.
Nous avons une collaboratrice qui a importé un format de Scandinavie, les journées pour bébés, pendant lesquelles tous les sens sont stimulés.

Nous faisons aussi des formations pour des gens qui ne savent pas lire par le langage des signes plutôt que par l’ordinateur.

Les résidences d’artistes amènent aussi un autre public.
Mowwgli : Votre programmation :
 
D. S. : Chaque année, les expositions se répartissent entre artistes plus reconnus et d’autres moins, avec un volet par an très expérimental orienté vers des inconnus, comme par exemple la belge Sophie Podolski (1953-1974), poétesse et artiste au destin tragique, dont nous nous sommes rendus compte du potentiel de revoir l’avantgarde locale à Bruxelles. Ayant vu au fil de mes recherches qu’elle était très nomade et allait souvent à Paris et devait connaître toute la scène littéraire et artistique de l’époque, je pensais qu’il était important de la revaloriser également à Paris à travers ce partenariat avec le centre d’art avant-gardiste Villa Vallilieff –Bétonsalon. Connaissant bien Mélanie Bouteloup elle complètera favorablement notre approche.
La plupart de nos expositions sont co-produites avec de grandes institutions comme pour René Daniels et le Mamco Genève, Koenraad Debobbeleer avec le musée suisse de Winterthur (septembre 2019).
Mowwgli : Autre future exposition : Inéchangeable, enjeux et perspectives
 
D. S. : Aujourd’hui, être collectionneur c’est comme en Bourse, tout le monde achète les mêmes actions !
Mais ici, les collectionneurs gantois n’agissent pas comme les anversois, les bruxellois ou les courtraisiens. La Belgique est un territoire un peu comme l’Italie, ils prennent des risques, découvrent des talents, achètent tôt, ce qui implique qu’ils ne gardent pas tout. Je vois ici peu de collectionneurs spéculateurs, contrairement à New York ou à Londres où c’est devenu un métier, même si le marché à Bruxelles reste très actif.

L »on remarque également que la réputation du collectionneur belge a été construite par une certaine génération de collectionneurs, singuliers et tenaces et j’espère que les générations suivantes vont suivre cette tradition de garder une collection, ne pas la vendre.

Notre propos est très différent de celui de la Centrale (Private Choices), il est plus d’interroger la valeur d’une œuvre d’art qui ne peut être réduite au prix. Or aujourd’hui on ne regarde que la côte et les médias au détriment des autres valeurs véhiculées et incarnées par une œuvre qu’un collectionneur gardera toujours.
L’aveuglement pour ces prix démentiels explique que le discours revienne à cette notion d’aura, du fétiche, du totem, du simulacre,telle que développée par les artistes des années fin 1990 avant la guerre de l’Irak qui a entrainé l’effondrement temporaire du marché de l’Art.
Aujourd’hui j’ai parfois l’impression que l’on retourne à ce même discours, ces mots Baudrillard du tout simulation. Il s’avère aussi que 1989 est une date importante pour notre région à travers la signature initiale de l’autonomie de la Région Bruxelles Capitale, année de la chute du Mur, de Tiananmen et aussi l’exposition dite précurseur des Magiciens de la Terre, qui débute la mondialisation du milieu de l’art, date essentielle.
Notre exercice à vocation muséographique est de voir si dans les collections privées on peut faire un accrochage d’importance à perspective historique, comme un modèle de musée à base de collections privées. Une idée qui fait son chemin, les ministres de la culture néerlandophone et francophone ont évoqué cette idée que les musées doivent plus travailler avec les collections privées. Plutôt qu’un collectionneur reprenne tout le musée, plusieurs donneraient des prêts. Même si l’on en parle beaucoup, le but est de faire un exercice pratique. Dès lors comme pour le Musée Absent, nous nous confrontons à cet enjeu : peut-on travailler avec les collectionneurs privées et monter une exposition représentative et qui fasse sens ? Nous venons de boucler la liste des prêts qui comporte forcément des lacunes, et en réalité tout musée n’a que des lacunes selon le principe même de la collection. Il y a 40 noms, 35 collectionneurs(euses) belges uniquement sur la volonté de prouver au monde politique que cet exercice est possible et de permettre à notre public de voir de leurs propres yeux des artistes et des oeuvres cruciaux afin d’en apprendre plus sur l’histoire de l’art.

INFOS PRATIQUES :
• Sophie Podolski, Le pays où tout est permis
Jusqu’au 1er avril 2018
• Saâdane Afiif, Paroles
Du 1er février au 22 avril 2018
Au cœur de l’exposition, un studio de musique complet. Vous êtes invités à venir y jouer de la musique et à  participer à des improvisations.
Inscrivez-vous à une session d’improvisation en choisissant le moment qui vous convient le mieux ici.
• Inéchangeable
à partir du 19 avril 2018
WIELS, Centre d’Art contemporain
Avenue Van Volxem, 354
Bruxelles
http://www.wiels.org

Rencontre sans concession avec Dirk Snauwaert, directeur du WIELS, centre d’art contemporain, Bruxelles (1ère Partie)

Le WIELS qui a totalisé 50 000 visiteurs en 2017 entend bien conforter son rôle et son dynamisme sur la scène bruxelloise et internationale, d’autant que l’arrivée du futur « Kanal-Centre Pompidou » (pré-ouverture mai 2018) dans l’ex garage Citroën racheté par la Région pour une somme de 20,5 millions €, les travaux étant évalués à 150 millions € ,n’est pas du goût de tous ceux qui s’impliquent depuis longtemps au rayonnement de Bruxelles.

Dirk Snauwaert, à la tête de ce bâtiment iconique signé Adrien Blomme (anciennes brasseries Wielemans) fer de lance du renouveau de ce quartier de Forest a répondu à nos questions sur cet épineux sujet. Une avant-première à l’occasion de l’ouverture de l’exposition de l’artiste belge Sophie Podolski.

« Il est dommage qu’une institution de prestige française comme le Centre Pompidou doive se Guggenheimiser pour exister ! » – D. S.

Mowwgli : Quel bilan pour les 10 ans de WIELS ?

Dirk Snauwaert : Nous l’avons orchestré en 2017 de façon proactive avec le « Musée Absent », un bilan dans la continuité de nos engagements. L’occasion aussi de voir si le musée et les équipes se prêtaient à un format plus académique, muséal, ce qui n’est pas forcément notre orientation même si par le passé nous avons lancé des campagnes muséographiques auprès de certains artistes, ce que l’on continue de faire.
Etant historien de l’art, je trouve qu’il y a encore beaucoup trop de stéréotypes dans notre pays défini par plusieurs types de nationalismes. L’histoire de l’art ayant toujours servi à confirmer certains conformismes. Dès lors et c’est une de nos missions de base d’essayer de trouver un territoire commun dans une ville extrêmement pluriculturelle, le symbole le plus visible étant la Commission Européenne et l’Otan hébergés ici et aussi cette migration volontaire et involontaire que toutes les métropoles de la planète connaissent avec ces imaginaires qui transitent. Notre approche est de cartographier et rendre visibles ces mutations. Mais pour ce décryptage il est nécessaire de retourner dans un passé récent; après la 2ème Guerre mondiale ces différentes vagues migratoires d’Afrique du Nord, d’Amérique centrale, d’Asie..qui transportent d’autres traces de modernité. C’est pourquoi les grandes instituons telles le MoMA, Tate ou le Centre Pompidou réorientent leurs programmes, changent leurs accrochages et doivent s’ouvrir aux minorités et à l’égalité des genres mais aussi à des modernités différentes. C’est un programme qui n’en n’est qu’à ses débuts, les efforts consentis étant encore trop modestes.

Mowwgli : Quels questionnements surgissent autour de l’arrivée du futur Kanal-Centre Pompidou ? et accueil réservé ?

D. S. : Ils seront plutôt froidement accueillis, et je ne considère pas que mes collègues du Centre Pompidou se positionnent comme une institution partenaire mais comme une industrie culturelle. C’est dommage et beaucoup de gens le regrettent y compris en France mais le pragmatisme financier l’a visiblement emporté !

Mowwgli : Quid d’un musée d’art contemporain à Bruxelles ?

D. S. : Il existe bel et bien, ce qui est grave c’est qu’il n’y a pas de plan de rénovation, le Ministère responsable tergiverse depuis 8 ans.
Même si au WIELS n’avons pas de collection propre, nous avions une carte à jouer et il est flagrant pour Kanal, que ce n’est qu’une seule entité parmi les pouvoirs publics qui a signé cet accord, la Région Bruxelles-Capitale revendiquant une autonomie à travers cette institution de prestige. Cela souligne une volonté de plus en plus affirmée d’auto gestion de la Région qui se dote de plus en plus de compétences. Nous sommes dans un paysage varié avec des institutions nationales belges, des institutions francophones, néerlandophones, ou mixtes comme nous. Il y aura un nouveau type d’institution bruxelloise et comme tout changement on ne sait pas anticiper par manque d’argent. On note que Pompidou reçoit 1,2 millions €, alors qu’aucun des acteurs à Bruxelles ne reçoit un centime. On ne peut donc pas être d’accord qu’un opérateur opérateur international reçoive du soutien tandis que les acteurs locaux sont laissés pour compte.

Mowwgli : Qu’est ce Renaissance lancée avec Bozar ?

D. S : C’est une plate-fome qui crée des liens avec la Commission Européenne. Il y a peu de liens avec les fonctionnaires, de la Commission et du Parlement, les lobbyistes et la réalité à Bruxelles. On dit toujours que la culture peut changer certaines décisions politiques. Si la politique a besoin de plus d’art, l’art n’a pas besoin de plus de politique pour reprendre cette boutade et il faut que l’on y travaille proactivement. Des questions pas seulement d’ordre géopolitique mais aussi éthique et comment elles trouvent leurs traductions esthétiques.
Nous organisons des comités de discussion car beaucoup d’opérateurs internationaux ne connaissent pas les enjeux locaux non plus. Depuis que le mot Molenbeek est devenu un signifiant reconnu, cette réalité existe bel et bien et depuis assez longtemps. C’est pourquoi à l’origine de WIELS nous avions organisés une exposition sur les expatriés et les clandestins, une tension présente dans la ville de Bruxelles.

Mowwgli : Comment votre arrivée a contribué à l’évolution du quartier Forest ?

D. S. : Cela se traduit notamment par l’installation de la galerie Clearing, l’ouverture de la fondation A et le centre culturel Brass.
Une évolution très positive sur l’ensemble de Bruxelles, et Kanal y participe, malgré l’improvisation du projet, je rejoins cette idée que ce carrefour de l’Yser devienne un signal à vocation publique et culturelle fort dans cette zone en pleine mutation. Mais on doit en rediscuter et résister face à cette mégalomanie bruxelloise !

> Rendez-vous demain, 1er février 2018, pour lire la Suite de l’entretien.

INFOS PRATIQUES :
• Sophie Podolski, Le pays où tout est permis
Jusqu’au 1er avril 2018
• Saâdane Afiif, Paroles
Du 1er février au 22 avril 2018
Au cœur de l’exposition, un studio de musique complet. Vous êtes invités à venir y jouer de la musique et à  participer à des improvisations.
Inscrivez-vous à une session d’improvisation en choisissant le moment qui vous convient le mieux ici.
• Inéchangeable
à partir du 19 avril 2018
WIELS, Centre d’Art contemporain
Avenue Van Volxem, 354
Bruxelles
http://www.wiels.org