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Toums expose Primitive Acids à Berlin

L’Urban Spree Galerie présente « Primitive Acids », la première exposition personnelle à Berlin du photographe expérimental Thomas Gosset alias Toums.

« Je détruis mes propres films avec l’intention d’entrer au cœur même de la matiére photosensible, ce qui me permet d’avoir un contrôle direct sur la réalité figée que je déstructure à volonté. Le but étant de comprendre cette matière comme étant de la peinture avec l’intention de repousser le processus normal de la photographie pour élargir mon propre champ d’investigation et retrouver ainsi une liberté imaginative et narrative« . Toums

Naviguant entre sa ville natale de Bordeaux et la métropole allemande, Toums  redéfinit le médium de la photographie artistique analogique en attaquant ses films à l’acide, l’encre, la peinture et autres altérations chimiques et physiques.

Travaillant en chambre noire et excluant tout recours à la technologie moderne, Toums ancre sa pratique dans les pas des pionniers de la fin du 19e siècle et les avant-gardes surréalistes de la première moitié du 20e siècle tout en créant de surcroît une mythologie noire, singulière, et résolument moderne par le biais des images créées.

Axant son travail sur le portrait, Toums transmue ses images par son procédé jusqu’à obtenir la vision perçue en songe, celle qui sera fixée sur le papier ou sur d’autres supports.

Toums est un photographe iconoclaste. Triturant le médium à l’extrême pour mieux recréer une sacralité, son cheminement intérieur le situe dans le sillage de Joel-Peter Witkin, Pierre Molinier, et Roger Ballen.

Ses interventions profanes directement sur les films, la « materia prima » de son travail, génèrent un résultat instable. Bientôt rongés par les acides, les films se désagrègent dans le temps, rendant les tirages au sel d’argent les uniques survivants d’un procédé auto-destructeur, dont la vocation est de perdurer en dépit de la dissipation de leur matrice.

Procédé et sujets sont les mêmes faces d’une mythologie qui emprunte largement aux mythes de l’antiquité grecque en la drapant d’un voile contemporain.

INFORMATIONS PRATIQUES
Primitive Acids
Toums
Du 20 octobre au 12 novembre 2017
Urban Spree Galerie
Revaler Str. 99
10245 Berlin
Allemagne
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h30
http://www.urbanspree.com
http://toums.fr

Berlin : Haute surveillance et art contemporain

Pour qui aura la chance de passer avril à Berlin, il reste encore deux petites semaines pour filer au C/O et y voir l’exposition consacrée à une brochette d’artistes contemporains inspirés par les techniques de surveillance. Le territoire, c’est vrai, n’est pas si nouveau et comment s’étonner de la rencontre de la police et de l’art quand ils s’intéressent avec le même enthousiasme à ce que la science et l’industrie peuvent offrir de mieux? Sophie Calle, en son temps, avait déjà tiré en pure fiction les ficèles de la filature privée en se faisant photographier par un détective mystifié. Les démarches des artistes réunis à Berlin se rangent en trois catégories : ceux qui s’approprient les moyens de surveillance pour un exercice gratuit sans intention perverse d’investigation ou de répression, comme Jill Magid et Florian Mehnert, et ceux qui reprennent et détournent nos nouvelles technologies pour faire une œuvre plasticienne comme Adam Broomberg & Oliver Chanarin, Paolo Cirio, Ann-Sofie Sidén, Ruben Pater, Hito Steyerl et Trevor Paglen ou l’incontournable Ai Weiwei, et enfin ceux qui font de l’univers occulte du flicage/espionnage un sujet à peindre, comme Meriç Algün Ringborg ou James Bridle.

Comment sort-on de là ? Sans doute confiant dans l’attitude d’artistes prêts à dénoncer, voire à défier l’œil d’un Big Brother omniprésent, en attendant la nouvelle génération qui saura représenter la toile invisible qui nous surveille via le smartphone, mouchard universel et cajolé. En attendant,  je conseille sans ironie de jumeler la visite de Watched ! avec celle du musée de la Stasi, installé dans les locaux-même de la police secrète marxiste de Berlin-Est, sa collection d’appareils photo-cravates, ses machines à vapeurs décolleuses d’enveloppes, ses empreintes de clefs dans la cire. Le quadrillage urbain y sert de modèle pour Trevor Paglen, la vidéo y est déjà, qui, sans rien envier aux gros plans de Jill Magid, surveille les punks insolents et magnifiques d’Alexanderplatz. Du grand art, mais qui ne s’en doutait pas.

EXPOSITION
Watched! Surveillance, Art & Photography
Jusqu’au 23 avril 2017
C/O Berlin Foundation
Amerika Haus
Hardenbergstraße 22–24
10623 Berlin
Allemagne
http://www.co-berlin.org