Archives par mot-clé : Biennale de Venise

Les Bons Plans de Diane Dufour à… Venise

Diane Dufour est notre invitée de la semaine (lire son portrait publié le 19 juin). Diane est Directrice du BAL à Paris, dans la continuité de sa carte blanche, elle partage avec nous ses bonnes adresses de Venise.

Venise opaque, translucide, existentielle et… à se lécher les babines.

Pour les arpenteurs de Venise et de la Biennale d’art contemporain, ne ratez pas le Pavillon belge consacré cette année à Dirk Braeckman.

Dans le bel écran du bâtiment Art déco, conçu en 1907 par l’architecte Léon Sneyers, Dirk Braeckman, avec sa commissaire, Eva Wittock du musée M à Louvain ont conçu une splendide installation des œuvres monochromes, énigmatiques et tactiles du photographe flamand. Un prolongement grandiose de l’installation de Dirk Braeckman au BAL en 2014 avec de nouvelles pièces à découvrir à Venise.

En savoir plus : http://www.labiennale.org

Où dîner à Venise après la Biennale: Mon restaurant préféré AL MASCARON, Calle Longa Santa Maria Formosa pour déguster spaghetti au noir de seiche, Maitagilati au crabe, foie à la vénitienne…..

Calle Lunga Santa Maria Formosa, 5225
30122 Venezia, Italie
http://www.osteriamascaron.it

Dans l’atelier de Geta Bratescu au Camden Arts Centre

Le Camden Arts Centre nous propose jusqu’au 18 juin une belle rétrospective du travail de l’artiste roumaine Geta Bratescu. L’artiste de 91 ans est aujourd’hui célébrée dans le monde entier. Elle représente cette année son pays à la Biennale de Venise, une de mes plus belle découverte de l’édition 2017.

Son travail a aussi été vu en 2016 au Hamburger Kunsthalle et à la Tate Liverpool en 2015. C’est sous l’angle de son travail en atelier que le Camden Arts Centre a choisi de nous proposer d’aborder le travail de l’artiste. Une approche pertinente lorsque l’on sait que Geta Bratescu a toujours vécu et travaillé à Bucarest. Elle a connu la domination soviétique et un régime totalitaire qui laissait peut de liberté à l’expression publique. C’est dans le cocon protecteur de l’atelier, espace à la fois artistique et domestique, que Geta Bratescu a pu s’exprimer et s’engager, élargissant sa pratique de l’écriture et du dessin, expérimentant de nombreux médiums, le collage, la couture, l’impression, la photographie, la performance, la sculpture et la vidéo expérimentale et utilisant très souvent des matériaux de récupération chargés émotionnellement comme des chutes de tissus provenant de sa mère. Un très beau complément au Pavillon roumain de la Biennale.

INFORMATIONS PRATIQUES
Geta Bratescu : The Studio : A Tireless, Ongoing Space.
Du 7 avril au 18 juin 2017
Camden Arts Centre
Arkwright Road
Londres NW3 6DG
Royaume Uni
https://www.camdenartscentre.org

Geta Bratescu est représentée par la Ivan Gallery (Bucarest), la galerie Barbara Weiss (Berlin) et la galerie suisse Hauser & Wirth. 

Carte Blanche à Xaver von Mentzingen : Ici Venise ! Erwin Wurm et le Lido sauvage

Xaver von Mentzingen est notre invité de la semaine (lire son portrait publié lundi 8 mai), le directeur associé de la galerie Thaddaeus Ropac est en ce moment même à la Biennale de Venise, il nous parle d’Erwin Wurm et du Lido sauvage.

Ca y est. C’est parti pour Venise. C’est la deuxième fois que j’y vais pour la Biennale et j’ai hâte d’y être. La météo ne sera pas idéale mais de toute façon on n’y va pas pour le soleil.
Comme la preview a commencé en début de semaine, Instagram est déjà chargé d’images et il n’y a pratiquement plus de secrets pour personne. Du coup je ne vais pas me lancer dans une présentation des différents projets artistiques mais je vais paler d’un seul, Erwin Wurm, et vous emmener ensuite au Lido pour une escapade en dehors de tout le stress de la Biennale découvrir un paysage marin étonnamment sauvage et poétique.

Rire et réfléchir avec Erwin Wurm

Notre galerie participe à la Biennale avec une grand exposition d’Erwin Wurm (né en 1954) qui représente l’Autriche dans une exposition commune avec l’artiste Brigitte Kowanz, intitulée « Licht Pavillon ». Je n’ai pas encore vu l’exposition de mes propres yeux mais voilà ce que j’en sais: les deux artistes vont présenter des projets séparés dans l’espace du pavillon se questionnant sur l’intersection entre l’art et l’architecture.
Selon les réactions des visiteurs et de la presse,  le succès du pavillon est énorme. Mais pourquoi ?
Parce que les œuvres d’Erwin Wurm associent souvent le ridicule et l’humour avec une dimension conceptuelle, c’est –à –dire qu’elles font d’abord rire et nous invitent ensuite à réfléchir. Une combinaison idéale. Wurm dit de son travail « J’ai donné une place et une valeur à ce que l’on rejette ou ce que l’on cache habituellement : le ridicule, l’échec. Le jeu possède à mon sens une grande force, un vrai pouvoir de subversion. L’humour et le jeu permettent vraiment de soulever beaucoup de questions, de faire passer beaucoup de choses sans se montrer blessant ou doctrinaire. »
Wurm avait déjà participé à la biennale en 2011 lorsqu’il avait exposé son installation « Narrow house » au Palazzo Cavalli Franchetti. Cette année, au centre de l’exposition, se trouve la série la plus célèbre, les One Minute Sculptures de Erwin Wurm. Il s’agit de courtes performances que les spectateurs peuvent exercer en utilisant les objets du quotidien posés dans l’espace (bouteille en plastique, poubelle, table, chaussure, etc). Les poses sont souvent ridicules mais le spectateur a le plaisir de la participation et surtout de devenir une sculpture éphémère. Elément phare de l’exposition:
le camion- tour de garde , posé à la verticale devant le pavillon. Tout le monde veut monter. On peut aussi voir dans l’exposition des éléments de cuisine , des meubles et surtout un beau vieux camping car. Avec ce coté rétro, fleuri – dans le style Stillleben BRD de Christian Werner – il risque de devenir culte. Wurm l’a compris et il en a fait une édition – version fromage suisse. Un petit objet à 35.000€, facile à emporter – le souvenir idéal de la Biennale.

Se ressourcer au Lido

Après toute l’agitation de la Biennale je vous recommande de suivre les traces de Thomas Mann et de Tadzio et de faire un tour du coté du Lido, à quelques minutes en bateau de la Piazza San Marco.
Ici c’est le calme et la gloire d’antan. Des beaux palaces en déclin, des superbes villas ornées de palmiers et de l’autre coté de la presqu’ile une fine et très longue plage. Si vous choississez de la longer en direction du sud, vous allez faire des découvertes étonnantes, le petit village pittoresque de Malamocco, des hôtels style années 50, des abris de vent en bois sur la plage qui ressembent à des œuvres d’art, des dunes et forêts de pins occupés par les naturistes du coin et finalement le très beau Café Macondo Alberoni. Un refuge de gentillesse et de liberté, un peu hippie, arty, agréable et pas cher – ca ne peut pas faire de mal après la Biennale.

L’année dernière j’avais pris quelques photos qui illustrent bien cette ballade que j’aimerais partager avec vous :
https://www.facebook.com/MacondoAlberoni/

INFOS PRATIQUES :
57ème Biennale de Venise
VIVA ARTE VIVA
du 13 mai au 26 novembre 2017
http://www.labiennale.org

Pavillons France, Luxembourg, Liban à la 57è Biennale de Venise, avant-première

Exception culturelle à plus d’un titre, c’est une française, Christine Macel qui est maîtresse de cérémonie pour cette 57è Biennale de Venise,  « une biennale avec les artistes, par les artistes, pour les artistes » comme le résume cette jeune et brillante intellectuelle. Au total 84 pays présents et 120 artistes de toute génération incarneront son mot d’ordre qui claque comme un vent humaniste « Viva Arte Viva Arte Viva Arte ».

Morceaux choisis.

Le Pavilllon Français : Studio Venezia de Xavier Veilhan

Lors d’une conférence de presse pilotée par l’Institut français et les ministères des Affaires étrangères et de la culture et communication, Xavier Veilhan dévoile les contours de son installation immersive, transformant le pavillon français en studio d’enregistrement musical à la façon de Schwitters, ouvert aux musiciens professionnels du monde entier.Accompagné par le commissaire Lionel Bovier et l’artiste Christian Marclay (Lion d’Or à la 54è Biennale de Venise pour sa video The Clock) l’artiste répond au projet de Christine Macel en invitant plus d’une centaine d’artistes nombre d’entre eux des créateurs français ou vivant en France et sur le continent africain pendant toute la durée de l’événement. Une proposition ouverte et généreuse autour des temporalités musicales et sonores en osmose avec les arts plastiques à l’instar des expériences du Bahaus ou du Black Mountain College.
http://www.institutfrancais.com

Pavillon Luxembourgeois : Thank you so much for the flowers de Mike Bourscheid

Après le Mudam, c’est au tour du Casino- forum d’art contemporain d’organiser et coordonner la participation luxembourgeoise en partenariat avec le Ministère de la Culture, Palais Cà Del Duca (Canal Grande). Sélectionné par un jury international l’artiste Mike Bourscheid vivant à Vancouver transforme le pavillon en un cadre domestique intimiste où il déploie une narration décalée et excentrique autour des clichés liés au genre, à l’identité sexuelle, au travestissement. Protagoniste de sa fiction il se met en scène dans des rituels affublé de costumes de sa propre fabrication. Il expose ses tenues et ses sculptures pour mettre en avant les temps morts entre les performances et jouer de ces artefacts. Sous cet humour burlesque et absurde se cache une réflexion sur la pratique artistique et ses périphéries et la place de l’art dans notre quotidien.

Commissaire : Kevin Muhlen, directeur du Casino
http://www.casino-luxembourg.lu/

Pavillon Libanais : le Soleil Noir de Zad Moultaka

Compositeur et plasticien, l’artiste libanais imagine dans l’Arsenale Nuovissimo un monument à Samas, le dieu du soleil et de la justice des Babyloniens en faisant chanter un monumental moteur de bombardier adossé à un mur étincelant tel le veau d’or pour tenter de conjurer le crépuscule annoncé de cette civilisation du Moyen Orient et ses vestiges. Une dramaturgie mécanique et sonore qui prend sa source dans les textes sacrés sumériens. Qui est Samas aujourd’hui ? Ce veau d’or toujours vivant ? Ce chant des bombes qui recouvre tout le reste ? comme le souligne Emmanuel Deydé, historien et critique d’art, commissaire de cette aventure hors norme qui signe le retour du Liban à la Biennale de Venise. Un partenariat privilégié avec l’IRCAM a été pensé pour l’occasion.
http://pavillonlibanvenise2017.com

INFORMATIONS PRATIQUES
57è Biennale de Venise
Du 13 mai au 26 novembre 2017
Journées professionnelles du 10 au 12 mai 2017
http://www.labiennale.org

Dans la fabrique de Loris Gréaud, Deus ex Machina de la 57ème Biennale de Venise

C’est en avant-première que Loris Gréaud, et son commissaire Nicolas Bourriaud nous dévoilent les contours du nouveau projet « The Unplayed Notes Factory »conçu cette fois sur l’île de Murano, dans la verrerie du Campiello della Pescheria, pour la prochaine Biennale de Venise.

L’enjeu est la réactivation d’un ancien lieu de production lié au secret (c’est en 1201 que les verriers doivent s’installer à Murano sur ordre du Sénat de Venise en raison du secret lié à la fabrication du verre) en lui donnant une autre dimension autour de la cristallisation de la matière et du temps, durant les 7 mois d’ouverture de la Biennale. La vitrification de sable de sabliers parée d’alchimie et de mystère est au cœur du processus et donne lieu à une étrange chorégraphie. Un maestro soufflera des formes devant les visiteurs qui sont ensuite intégrées à une chaine de production aléatoire et suspendue et dont les bégaiements varient en intensité lumineuse. Comme si de cette vanité, cette capsule temporelle, il s’agissait de « réveiller la bête » pour reprendre les propos de l’artiste qui cite volontiers le mythe de Frankenstein. Une allégorie de l’activation de la modernité par cette puissance électrique décuplée. On peut y voir aussi Vulcain et sa forge dans un registre plus pictural ou cinématographique, le Métropolis de Fritz Lang, cette machine qui broie, cette technologie qui dévore, ce robot humanisé complice et les dérives de la science.
Ici, le geste performatif renforcé par la moiteur, le feu, les odeurs, les sons offre au regardeur une expérience à part entière, une déambulation à géométrie variable, à rebours du rythme effréné de la Biennale et dans sa périphérie. Le trajet en vaporetto jusqu’à la fabrique fait partie de l’œuvre et amorce la capsule temporelle suggérée. Nul doute qu’au vu de ces images dévoilées beaucoup seront tentés par le voyage.
Après 5 années de ce cycle empirique et conceptuel, The Unplayed Notes joue son dernier acte à Murano dans cet étrange point de non retour. L’ouvrage » The Unplayed Notes (2012-2017) : The Forbidden Book »en sera l’ultime souffle.
 
Visionner le Teasing 
INFOS PRATIQUES :
The Unplayed Notes Factory
Du 13 mai au 26 novembre 2017
Dans le cadre de La Biennale di Venezia
Vernissage le 9 mai 2017
Campiello della Pescheria
Venezia, Murano
Un projet en partenariat avec Noirmontartproduction et Fonds de Dotation Emerige.