Archives par mot-clé : Corse

Naissance de la Galerie Corsica Luce
Rencontre avec Julie Canarelli

Le 3 août dernier, vient d’être inaugurée une nouvelle galerie dédiée à la photographie : la Galerie Corsica Luce. Situé à Nonza, au nord de Bastia, ce nouveau lieu culturel a été créé par deux femmes : Hélène Franceschi et Julie Canarelli. A l’occasion de leur première exposition qui regroupe les travaux de quatre photographes qui portent leur regard sur la Corse, Julie Canarelli, commissaire d’exposition a répondu à nos questions.

Mowwgli : La Galerie Corsica Luce vient tout juste d’ouvrir ses portes, pouvez-vous nous raconter la genèse de ce projet ?

Julie Canarelli : La galerie Corsica Luce est à Nonza Cap corse, Hélène Franceschi et moi même sommes nunzichi et passionnées de photographie. Nous avons réalisé un livre paru en 2000 qui s’appelle « Nonza- Albums de Famille » , ce livre retrace les images des habitants de Nonza depuis le début de l’histoire de la photographie.
En ce qui me concerne, j’ai été assistante de Lucien Clergue et j’ai fondé avec Serge Gal, l’école de photographie Image Ouverte et c’est naturellement que j’ai associé Héléne au projet de monter une Galerie…

Mowwgli : Votre première exposition « Fighjula » regroupe 4 photographes autour d’une seule thématique, qui est la Corse (Didier Ben Loulou, Lisa Lucciardi, Anton Renborg et Bernard Plossu), pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

J. C. : J’avais envie de montrer des approches différentes de la photographie. L’exposition inaugurale de Corsica Luce regroupe quatre photographes qui ont travaillé sur la Corse. Cette « mostra » qui aura lieu jusqu’au 31 Août se nomme Fighjula ce mot Corse qui traduit littéralement en français signifie « Regarde » mais aussi « Fais attention ». C’est cette attention à la Corse que portent les photographes comme Bernard Plossu ou Didier Ben Loulou connus des amateurs de photographie , ainsi qu’Anton Renborg photographe suédois qui a publié « Notices de Corse » aux éditions Filigranes ou bien Lisa Lucciardi jeune photographe et vidéaste d’Antisanti qui dans sa série « Au Commencement » nous donne à voir sa vision de la Corse. il m’a paru intéressant qu’au delà d’images de la Corse, se pose aussi la question de la Photographie dans sa dimension historique et esthétique…
Du Noir et Blanc de Bernard Plossu aux couleurs fressoniennes de Didier Ben Loulou à l’objectivité d’une certaine photographie qui se veut non romantique de Lisa Lucciardi et d’ Anton Renborg, le spectateur pourra aussi appréhender une histoire de la photographie contemporaine. Et puis j’ai voulu associer un écrivain à cette «mostra » et c’est sous le regard de Gilles Zerlini et son texte L’Annonciation que le spectateur pourra aussi s’imprégner du lieu ou la galerie Corsica Luce a décidé de s’installer.

INFORMATIONS PRATIQUES
Galerie Corsica Luce
U casale
20217, Nonza
https://www.corsicaluce.com

EN CE MOMENT A LA GALERIE

FIGHJULA, Exposition collective

Laurent Van Der Stockt présente La bataille de Mossoul à Ajaccio

Les combats pour libérer Mossoul des griffes de l’Etat Islamique ont duré neuf mois, le temps d’une gestation pour redonner vie aux Mossouliotes. Le photojournaliste français Laurent Van der Stockt a couvert cette bataille d’octobre 2016 à juillet 2017, pour le journal Le Monde. Son travail a été exposé lors du festival Visa pour l’Image à la rentrée de septembre de cette même année, il y remportera Le Visa d’or, aujourd’hui, « La bataille de Mossoul » est présentée par Centre Méditerranéen de la Photographie (Bastia) à l’espace Diamant – Ajaccio.

Inaugurée hier soir en présence du photographe, l’exposition rassemble une sélection d’images issues d’un reportage puissant sur un défi militaire périlleux qui consistait à chasser les membres de
Daesh de Mossoul, la deuxième plus grande ville d’Irak et ainsi libérer les 1,5 millions d’habitants. On dénombrera entre 2100 et 4000 civils morts entre octobre 2016 et juin 2017, 500.000 autres ont été déplacés.

De la parution à l’exposition, une nouvelle dimension au reportage

En septembre dernier, nous avions rencontré Laurent Van Der Stockt à l’occasion du festival Visa pour l’image de Perpignan où il nous expliquait – entre autre – l’existence des sujets de reportage dans le cadre d’une exposition face à la publication dans un journal ou un magazine.

« On ne lit pas l’image de la même manière sur un mur ou dans les pages d’un magazine. D’abord, dans la phrase, le même terme « image » est employé pour désigner deux choses différentes. Dans un journal est imprimée la reproduction d’une photographie, et la reproduction de ce qui est un objet, si on veut garder la définition exacte d’une photographie, n’est pas l’objet en question. Elle ne peut avoir sa taille, sa chromie, sa densité, son support particulier, en carton, en plastique, et beaucoup d’autres formes encore, additionnée dans un nombre choisi sur une surface dont la taille peut être choisie bien au delà des dizaines de centimètres d’une page en papier. Un journal n’est pas un espace ou même seulement un mur, n’a pas la même temporalité, et les spectateurs d’une exposition ne sont pas dans l’attente et la perspective du lecteur d’un journal.
Aligner au mur des images qui ont été éditées jour àprès jour pendant la couverture d’un évènement pour un journal ne peut pas avoir le même résultat ou le même effet que de réaliser une exposition en utilisant toutes les possibilités d’un tel medium. Pour donner un exemple pratique, lors d’une exposition sur les printemps arabe à Dunkerque, j’ai fait entrer le public dans un espace clos et sombre qui recréait les intérieurs détruits et abandonnés des maisons du quartier de Jobard, en zone rebelle à Damas, en Syrie. Pour plusieurs raisons, parce qu’il a lui même une chambre, une cuisine, un intérieur, ou aussi à cause de l’organisation de l’espace, le visiteur sortait de l’installation beaucoup plus touché et concerné qu’après avoir circulé devant les murs où étaient présentées les photos des autres auteurs dont le travail présenté était manifestement les tirages de reportage précédemment destinés à la presse. » L. V. D. S.

INFORMATIONS PRATIQUES
La bataille de Mossoul
Laurent Van Der Stockt
Du 1er au 29 mars 2018
L’espace Diamant
Bd Pascal Rossini
20000 Ajaccio, Corse
Du mardi au vendredi de 10 h à 12 h et 13 h à 18 h. Samedi de 14 h à 18 h.
Entrée libre
https://www.facebook.com/cmpcorsica/

A LIRE :
Visa pour l’image Perpignan : Rencontre avec le photoreporter Laurent Van der Stockt

Bastiaraiso de Bernard Cantié aux éditions Contrejour

Les éditions Contrejour dirigées par Claude Nori viennent de publier un tout dernier ouvrage photographique dans la collection Cahier d’images. Il s’agit Bastiaraiso de Bernard Cantié, un clin d’œil au livre mythique « Valparaiso » publié il y a plus de 15 ans chez Hazan avec les images de Sergio Larrain. Aujourd’hui c’est la Corse qui est photographiée par Bernard Cantié.

Pour toute une génération de photographes, le livre « Valparaiso » de Sergio Larrain ou encore « Le Voyage mexicain » de Bernard Plossu (publié aux éditions Contrejour en 1979), sont une invitation au voyage et une façon d’envisager la photographie comme un chemin de vie. Dans cette mouvance sentimentale et artistique, Bernard Cantié poursuit, depuis la Corse, une quête insatiable, charnelle et intime sur la terre de ses ancêtres. Bastia est l’un des chapitres de cette aventure livrée comme un autoportrait. La ville, grave et mystérieuse, se dévoile ainsi pour la première fois.

Une sélection de tirages de la série « Bastiaraiso » de Bernard Cantié sera exposée à la galerie Polka à partir du 30 juin prochain.

Né en 1957 en Tunisie avec de solides origines Corses, Bernard Cantié passa une enfance puis une adolescence bercées par le ressac des plages de Gammarth en hiver et celles de Palombaggia durant de trop brefs étés auprès de ses grands-parents. « Exilé » à Paris, il entreprit durant vingt ans une carrière dans la communication avant de « tout lâcher » en 1990 porté par une envie incompressible de vivre à travers la photographie à Pruno, le village de ses ancêtres. Il y restaura une vieille et grande maison et son travail de mémoire devint alors sa principale activité.

INFORMATIONS PRATIQUES
Bastiaraiso de Bernard Cantié
> Collection Cahier d’images
80 pages, 15 x 21 cm
Mise en vente le 13 juin 2017
http://www.editions-contrejour.com
> Du 30 juin au 29 juillet 2017
galerie Polka
12 rue Saint-Gilles
75003 Paris