Archives par mot-clé : Danse

Carte blanche à Pierre Leotard : Luigia Riva, chorégraphe et performeuse

Pour cette deuxième carte blanche, notre invité de la semaine, Pierre Leotard, fondateur des revues Corridor Éléphant.com et Niepcebook, nous présente la chorégraphe et performeuse Luigia Riva au travers d’une courte interview.

Chorégraphe et performeuse, Luigia Riva interroge à travers ses créations autant les rapports humains que les règles qui les régissent.

Quelle est votre actualité ?

Je travaille actuellement sur une production “IN/CONTRO” qui est fruit d’une collaboration entre Alioune Diagne, directeur du centre Choregraphique de Saint Louis au Senegal, Clay Apenouvon, artiste plasticien Togolais vivant à Aubervilliers et moi-même .

Ce projet sera présenté en mars 2019 au théâtre le Tarmac à Paris et au festival Duo/solo à Saint Louis du Sénégal en juin 2019.

On retrouve dans toutes vos chorégraphies la notion de contrainte (des corps, des déplacements, etc.. ). Pourquoi ?

La contrainte permet de trouver la liberté. je suis convaincue que plus nous sommes “contraints”, plus nous sommes obligés de trouver des solutions mais aussi de nouveaux espaces de liberté. Une contrainte est un face à face avec soi-même.

Pourquoi avoir choisi la danse contemporaine ?

J’ai une formation classique. pour moi la danse est un langage, un mode d’expression qui permet de dire, de révéler, de motiver un propos ou une opinion. Il m’est apparu, dès le début, comme un évidence que je me devais de m’exprimer dans un “langue” contemporaine.

Quelle est votre scène fétiche ?

Le palais de Chaillot, Elle est aujourd’hui la scène nationale de la danse mais également un lieu chargé d’histoire. On ne peut s’y produire sans y penser.

Quel est votre plus beau souvenir ?

Avoir dansé une première fois “Inretita”, performance féministe, au Sénégal, et avoir vu un public, pourtant très éloigné de l’art contemporain, être touché par le spectacle.

Qu’est-ce que la danse ?

Une forme d’écriture.

INNESTI teaser :

Inedito Extrait :

INFORMATIONS PRATIQUES
http://www.luigiariva.com

Isabelle Adjani pour le coup d’envoi de la 4ème saison « Monuments en Mouvement » à la Villa Cavroix

Après trois éditions couronnées de succès, « Monuments en mouvement » est de retour en 2018 pour une 4ème saison de performances et pièces chorégraphiques présentées dans les monuments nationaux, partout en France.

Le 12 février s’est tenu une nocturne exceptionnelle à la Villa Cavrois, chef d’œuvre d’art total de Robert Mallet-Stevens, Opening Night, lecture-performance inédite par Isabelle Adjani et Cyril Teste,
sous l’impulsion du Centre des monuments nationaux, associé au Théâtre du Nord (Lille).

A titre inaugural, dans le cadre d’une courte et libre mise en espace, ils entament à deux cette aventure commune. Leur dialogue pose les premiers jalons d’une sorte d’autoportrait rêvé d’une actrice face aux fantômes du rôle qui l’attend.

Cette lecture-performance marque le début d’un voyage vers un projet en cours de création, et qui s’intitulera Opening Night.

Conçue par Robert Mallet-Stevens de 1929 à 1932, la villa Cavrois est un remarquable exemple d’architecture civile de la première moitié du XXe siècle construite à Croix, à côté de Roubaix. Elle est habitée jusqu’en fin 1939 par la famille Cavrois, obligée de quitter alors le Nord devant l’avancée des troupes allemandes. Après certaines vicissitudes elle est finalement acquise en 2001 par l’Etat, celui-ci engage immédiatement des mesures de sauvegarde, puis de restauration. Le Centre des monuments nationaux, qui a achevé la restauration suite à l’intervention de la DRAC Nord-Pas-de-Calais, l’ouvre et l’anime depuis le 13 juin 2015. Plus de 220 000 visiteurs ont été accueillis depuis, ce qui témoigne de l’engouement du public pour le patrimoine du XXe siècle.

INFORMATIONS PRATIQUES
Villa Cavrois
60 avenue du Président Kennedy
59170 Croix
http://www.villa-cavrois.fr
Programmation Monuments en mouvement :
https://www.monuments-nationaux.fr

Ambra Senatore, Les fragments inconscients

On ne présente plus Ambra Senatore. Son nom résonne comme un film à l’italienne. Figure réjouissante de la danse contemporaine française nouvellement installée à Nantes en tant que directrice du Centre chorégraphique national. Et pourtant… Italienne, Ambra Senatore l’est jusqu’au bout de ses longs cheveux, qu’elle porte comme un souvenir de sa jeunesse. A propos de sa nouvelle pièce en forme de synecdoque plurielle, Pièces, nous l’avons rencontré, en studio, au plus près de son processus de création, partagé avec des interprètes emblématiques et généreux.

Cinq danseurs, trois femmes, un homme et un comédien forment la trame d’un espace fictif quotidien. Une intrigue manquante, figurée par des carrés de lumière, raconte les pièces d’une maison, avec un mobilier familier à nos mémoires particulières. Ni décor de cinéma, ni plateau de danse, l’espace est déjà peuplé. Ambra Senatore et ses danseurs construisent l’espace à partir de ce qui fonde le cœur de notre vécu : le temps. Comme un profil étrusque qui raconte mille choses au delà de son seul visage, sa danse porte en elle les traces d’une vie kaléidoscopique.

Les corps dansants et parlants, comme une condensation du cinéma muet dans le présent, proposent une danse du miroitement, qui construit un espace où nos intelligences et nos fictions ont leur place. Elle cherche, avec ses « grandes impros », une manière de faire resurgir la spontanéité sous une forme cristale. Deleuze fait de l’image-cristal une « présentation pure du temps », d’un temps qui, lorsqu’il se réfléchit dans un circuit cristallin, échappe à la linéarité pour faire coexister l’actuel et le virtuel, le réel et l’imaginaire, le vrai et le faux. Rebours et pressentiment, les gestes amplifient et démultiplient leur présence, dans une interaction mystérieuse entre quotidien et distorsion du réel.

Mutine, Ambra nous met sur la piste d’une danse qui ne dit pas son nom. Qui nous raconte les endroits du resurgir et parle du temps qu’il fait, au creux de nos vies. L’inconscient collectif a une place centrale dans le travail. Un danseur qui crie « Femme ! », un chat qui revient à la vie, un lieu qui n’existe pas au Japon…

Peux-t-on échapper à son histoire et raconter l’histoire de tous ? A moins que le réel ne soit fait pour être mis en pièces !

Carte Blanche à Estelle Francès : Art Vivant

Estelle Francès est notre invitée de la semaine (lire son portrait publié lundi 20 mars), dans le cadre de sa carte blanche, elle partage avec nous de nouveaux coups de coeur dans le domaine des arts vivants avec la Danse et le Théâtre.

Danse : Akram Khan « Sacred monsters » Sylvie Guillem en Akram Khan (créé en 2014)

Les monstres sacrés, ce terme a été utilisé pour la première fois en France au 19 ème siècle comme le surnom donné aux grandes stars du théâtre, comme Sarah Bernhardt. Il marque la naissance de célébrités contemporaines, des icônes du monde des Arts et du Sports, élevées au statut divin par le public et les médias. Sylvie Guillem et Akram Khan sont réunis tels deux monstres sacrés contemporains de la danse dans le monde. Mais il y a aussi l’envers de la célébrité, le besoin de vivre en accord avec l’exigence de votre public, devoir être parfait, positif … Il n’y a alors plus de place pour l’échec, l’imperfection, pour l’expression de ses sentiments et émotions réels. Le statut divin devient inhumain, monstrueux.
http://www.akramkhancompany.net

Théâtre

Un air de famille & cuisine et dépendances, 2017
Comédies de mœurs mythiques des années 90 écrites et mises en scène par Agnès Jaoui.

Joël Pommerat – Pinocchio
Lorsque l’arbre au bois étonnant tombe sous l’orage, l’homme pauvre et généreux décide d’en faire un pantin. Pinocchio est né. Mais c’est un enfant naïf et cruel, qui rêve d’une vie de prince. Après son Petit Chaperon rouge, Joël Pommerat revisite cet autre conte populaire en soulevant les questions de la paternité, de la pauvreté et de la liberté.

Toujours en mémoire
Sonate d’automne, 2014 avec Françoise Fabian et Rachida Brakni.
Adaptation du film de Ingmar Bergman
Françoise Fabian, l’actrice la plus classe du cinéma français n’a pas été la muse de Rohmer, Lelouch,Buñuel ou Demy sans raison. Elle est simple, chic et sans aucun rapport avec son état civil, selon lequel elle a atteint 80 ans en 2014.
Une nuit de règlement de comptes entre une mère et sa fille.

Zelda et Scott, 2013
Sara Giraudeau, Julien Boisselier et Jean Paul Bordes
Zelda et Scott » raconte la comédie du jazz, le drame du couple, la folie d’un monde immensément beau parce qu’il se sait mortel.

EN CE MOMENT A LA FONDATION
Resurgence – My God-Shaped Hole
Claire Morgan
du 03 mars 2017 au 23 décembre 2017
Fondation Francès
27 rue Saint-Pierre
60300 Senlis
Plein : 5 €
Réduit : 2 €
Gratuit : moins de 18 ans
http://www.fondationfrances.com/expositions/resurgence-my-god-shaped-hole/