Archives par mot-clé : Droits de Femmes

Visuelles.art : Agnès Saal, la feuille de route Egalité 2018-2022 du Ministère de la Culture

Marie Docher est photographe, elle milite pour l’égalité des genres dans le milieu artistique (pas que, mais surtout). Après avoir scruté à la loupe les programmations des institutions et autres festivals de photographie afin de mettre en lumière que la visibilité et la présence des femmes photographes est bien trop réduite à travers son blog Atlantes et Cariatides, elle s’est lancée dans la création de MYX pour agir contre les stéréotypes sexués, et aujourd’hui elle présente une nouvelle plateforme intitulée Visuelles.art, pour decrypter ce que le genre fait aux artistes. Aujourd’hui, Visuelles.art lance sa campagne de financement participatif avec la dernière vidéo d’Agnès Saal.

Agnès Saal, chargée de mission pour les labels Egalité et Diversité AFNOR, présente la feuille de route Egalité du Ministère de la Culture pour la période 2018-2022 qui ambitionne de passer enfin d’une égalité en droits à une égalité en actes. A un moment historique qui voit se croiser plusieurs mouvements politiques et sociaux, la prise de position des pouvoirs publics est un sujet d’importance lorsque l’on connaît les attentes fortes qu’elle suscite de la part des chercheur.ses, des acteur.rices du champ de l’art ou des différentes voix militantes, comme on a déjà pu le voir dans les entretiens de Marie Buscatto, Fabienne Dumont* ou Vincent David/Marie Docher.

Agnès Saal aborde donc avec nous les différents points de cette feuille de route tels que, entre autres, les objectifs chiffrés de progression de la part des femmes à la tête et dans la programmation des établissements publics et les contraintes mises en place pour y arriver, la lutte contre les stéréotypes, la mise en place d’actions contre le harcèlement sexuel et sexiste dans les écoles d’art ou encore la question des réseaux qui favorisent l’insertion professionnelle. Elle évoque également avec nous les principales difficultés auxquelles il faudra répondre pour que cette égalité puisse devenir réellement effective. « Il est temps que les choses changent »

Rejoignez les donateurs ! https://www.helloasso.com/associations/territoires-en-marge/collectes/visuelles-art-ce-que-le-genre-fait-a-l-art

La place des femmes dans la Culture, table ronde à la Maison des Métallos

De nombreux événements figurent au programme de ce Jeudi 8 mars et le long du mois de mars cette année. Parmi lesquels un Colloque organisé par la Mairie de Paris, à la Maison des Métallos Paris 11è, son thème « La place des femmes dans la Culture »

Il s’est tenu une série de tables rondes « Les femmes et la culture, quelle place, quels outils pour sensibiliser et favoriser égalité et émancipation »

> Focus sur la 3ème et dernière table ronde « Rendre Visible la Création des Femmes »

A 15h40, à l’heure des différents rassemblements sur tout le territoire dénonçant les inégalités salariales hommes/femmes, intervenait Marie Docher, photographe, faisant part son engagement dans son domaine par ses actions et projets visant à le faire évoluer.
Notamment au travers de son film « Ni Vues Ni Connues ? Comment les femmes font carrière (ou pas) en photographie » faisant état au travers d’entretiens de 5 photographes et une plasticienne, de leur confrontation aux stéréotypes de genre
dans leur métier. Ce film avait été tourné en vue de sa présentation lors d’une conférence du même nom à la MEP en 2015, on y apprenait notamment lors de la projection de l’interview de Alain Quemin à l’origine du Rapport Quemin « Le rôle des pays prescripteurs sur le marché et dans le monde de l’art contemporain » que parmi les artistes les plus chers et côtés, les femmes représentaient moins de 10% de 500 artistes les plus chers alors qu’elles représentent la moitié de la population des artistes dans le monde.

Marie Docher a aussi parlé du site Visuelles.art, lancé en janvier 2018 qui a pour objectif de poser des questions telles que « Le talent a-t-il un sexe? »

Etait présente également la plasticienne ORLAN, appuyée en fond visuellement lors de son intervention par son oeuvre « La Liberté en écorchée », 2013.
ORLAN, qui a reçu fin 2017 le Prix de l’Excellence Féminine en Italie, s’est dite inconsolable du peu d’avancement en terme d’égalité constaté au cours de sa vie et le long de sa carrière. Le seul changement marquant résidant pour elle dans les mouvements récents #metoo et #balancetonporc et a posé la question suivante « Qui à fait taire les Femmes ? : Les Femmes » concernant la Tribune du Monde et des 100 femmes signataires défendant la « Liberté d’importuner ». Elle a donc exhorté à « balancer les hommes et les femmes qui empêchent les femmes d’avancer ».

Représentant le milieu musical, plus précisément celui de la musique classique, Zahïa Ziouani, Cheffe d’Orchestre, a parlé de l’enjeu induit par les inégalités pour les femmes : la difficulté d’arriver à être qualitatif et compétitif même si on a moins de
moyens.

La notion de phénomène d’évaporation des femmes artistes, a été illustrée par quelques chiffres édifiants :
99% des oeuvres de musique classique sont faites par des hommes
97% des musiques actuelles jouées en festivals sont produites par des hommes
85% des expositions d’hommage entre 2012 et 2016 dans les grands lieux d’exposition concernent des artistes masculins

Pour rappel, sur les 76 personnes inhumées au Panthéon de Paris, on compte seulement 4 femmes, Simone Veil, y entrerait le 1er Juillet prochain et deviendrait donc la 5ème.

A l’issue du Colloque et pour conclusion, Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l’ Egalité, y a présenté le rapport « Inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture – Acte II : après 10 ans de constats, le temps de
l’action »

EN SAVOIR PLUS : 
*15h40 : l’heure à laquelle les femmes pourraient s’arrêter de travailler considérant l’écart de salaire de 26% en
France en 2018 > https://8mars15h40.fr/
Programme du Colloque > https://api-site-cdn.paris.fr/images/98936
Le rapport du HCE sur son site > http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/
hce_rapport_inegalites_dans_les_arts_et_la_culture_20180216_vlight.pdf
Egalité Femmes-Hommes sur le site de Paris > https://www.paris.fr/egalite-femmes-hommes
Le rapport Quemin est téléchargeable sur > http://www.caap.asso.fr/IMG/pdf/Rapport_Quemin.pdf
Marie Docher > http://docher.com/home.html > interview d’Alain Quemin sur le site de Visuelles.art
https://visuellesart.wordpress.com/2017/05/10/alain-quemin/ > « Ni vues ni connues : comment les femmes font
carrière (ou pas) en photographie », 2015

Blog association Atlantes & Cariatides https://atlantesetcariatides.wordpress.com/about/
ORLAN > son site http://www.orlan.eu
« La Liberté en écorchée », 2013
https://vimeo.com/97862702

11 mars 2018 : Journée de solidarité avec les femmes syriennes

Hier avait lieu la journée internationale des droits des femmes, aujourd’hui, un appel est lancé pour une journée de solidarité avec les femmes syriennes le 11 mars 2018.

Halte au viol des femmes syriennes

Elles sont violées, torturées, brisées physiquement et moralement, souvent devant leurs familles. Leurs corps martyrisés servent de moyen de pression et de chantage pour écraser toute velléité de soulèvement, toute volonté de changement démocratique.
Le viol des femmes dans les prisons syriennes était pratiqué depuis de longues années mais, il s’est généralisé depuis 2011 aussi bien dans les centres de détention que lors des rafles des opposants par les services de renseignement et les milices armées à leur solde. Resté très longtemps sujet tabou, il vient seulement d’être publiquement dénoncé par des victimes à qui Manon Loizeau et Annick Cojean ont donné la parole dans leur film documentaire, Le Cri étouffé.

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à vouloir que le cri de ces femmes retentisse partout, qu’elles soient entendues, que leur calvaire éveille les consciences sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en Syrie en toute impunité par le régime de Bachar al-Assad.
Suite à une pétition signée par près de 100 000 personnes, nous appelons à une journée de solidarité avec les femmes syriennes victimes des violences sexuelles.
Nous leur rendons un chaleureux hommage pour avoir osé témoigner avec courage de leurs indicibles souffrances. Nous nous engageons à porter inlassablement leurs voix par tous les moyens dont nous disposons pour que cesse cette sauvagerie.

Programme de la journée :

15h30 : Accueil
15h45-17h15 : Table Ronde «Le viol, une arme de destruction»
Modérée par Catherine Coquio, professeur à l’université Paris 7, responsable du groupe de recherches Littérature et savoirs à l’épreuve de la violence politique.
Intervenants : Mariah al Abdeh, directrice exécutive de l’ONG syrienne Women Now for Development – Eric Sandlarz, psychologue clinicien-psychanalyste au Centre Primo Levi
Joël Hubrecht, chercheur associé à l’Institut des Hautes Études sur la Justice – Nina Walch, coordinatrice crises et conflits armés à Amnesty international.
Lecture de témoignages par Dominique Blanc, Darina Al-Joundi et Leyla-Claire Rabih.

17h15-17h30 : Interlude musical par Naïssam Jalal et Mohanad Aljaramani.
17h30 : Projection du film Le Cri étouffé en présence de Manon Loizeau et
d’Annick Coajean.
18h45 : Clôture avec les auteures du film.

INFORMATIONS PRATIQUES
Journée de solidarité avec les femmes syriennes
Le dimanche 11 mars 2018 entre 15:30 et 19:00
Institut du monde arabe
1, rue des Fossés-Saint-Bernard Place Mohammed-V
75005 Paris
https://www.imarabe.org/fr

Documentaire 
« Syrie, le cri étouffé »
Manon Loizeau & Annick Cojean

Hommage aux pionnières et aux combattantes des droits des femmes

Aujourd’hui, jeudi 8 mars, nous célébrons la journée internationale des droits des femmes. L’année passée, chaque jour au mois de mars, nous publiions le portrait d’une femme qui par ses actions ou ses opinions, avait changé le statut de la femme dans la société : artistes, politiques, scientifiques… nous avions sélectionné 22 femmes.

Cette année, pour ce mois de mars, j’avais dans l’idée de publier chaque jour l’interview d’une femme contemporaine évoluant dans le milieu de la photographie et de l’art. Cette tâche laborieuse  a commencé par l’élaboration d’une liste comportant 22 noms. Et puis très vite on se pose l’ultime question – car 22 c’est peu – « pourquoi celle-ci et pas celle là ? »… Ces choix allaient forcement être subjectifs, trop sans doute, alors je me suis ravisée. Car ces femmes, ces contemporaines, méritent plus qu’une visibilité occasionnelle, pas seulement pour un jour, voire pour un mois, on doit leur donner cette place au quotidien… Donc je me suis mise à compter… à calculer la présence des femmes dans nos publications. Avec plus de 3500 articles mis en ligne en un peu plus d’un an, je me suis concentrée sur les rencontres et les interviews que nous avons réalisées. 80 femmes contre 70 hommes. Nous avons des efforts à faire pour une parfaite parité, mais ce presque-équilibre en légère faveur pour les femmes est plutôt bon signe. En tout cas il me rassure, car j’appréhendais un peu son résultat. Alors, certes Mowwgli a été créé par deux femmes, cela nous rend peut-être plus sensibles à donner une résonance équitable entre les hommes et les femmes ? Ou bien serait-ce le signe que les femmes montrent de plus en plus la place qu’elles occupent ? Il n’en reste pas moins qu’il y a encore nombre de combats à mener.

J’ai donc décidé de me tourner vers le passé, vers celles qui se sont imposées, qui ont lutté pour nous offrir la vie que nous menons aujourd’hui, en publiant de nouveau le portrait de ces 22 pionnières et combattantes des droits des femmes ! Cliquez sur les images pour découvrir leurs histoires étonnantes !

Mary Dillwyn, l’une des pionnières de la photographie

Autoportrait de Marie Dillwyn, vers 1853

Kathrine Switzer s’impose dans un marathon

Simone Segouin, figure de la résistance française

Marguerite Yourcenar, première femme à l’Académie française

Marguerite Yourcenar à l’Académie © Rue des Archives

Anna Fischer, première femme astronaute à participer à une mission de la Nasa

Anna Fischer

Simone Veil et la dépénalisation de l’IVG

Eugénie Niboyet et La Voix des Femmes

Eugénie Niboyet (c.1880) © Nadar

Louis Weiss, engagée dans le combat du droit de vote féminin

Louise Weiss lors d’une manifestation des suffragettes en mai 1935

Rosa Parks contre la ségrégation raciale

Rosa Parks arrêtée par la police le 5 décembre 1955

Dolores Ibárruri, ¡ No Pasarán !

Photographe anonyme. La Pasionaria, Dolores Ibarruri, Guerre d’Espagne, 1936. Tirage argentique

Marie Curie, femme de science pionnière

Marie Curie en 1903. © Musée Curie

Maud Wagner, première femme tatoueuse

Maud Wagner

Bella Abzug, leader du féminisme

Photographe anonyme. Bella Abzug, leader féministe. New York, 23 avril 1972. Wire photo.

Jeanne Chauvin, première femme avocate

Jeanne Chauvin, gravure de Louis Rémy Sabattier

Valentina Terechkova, première cosmonaute

Valentina Terechkova

Joséphine Baker, artiste résistante

Josephine Baker, 1961 © Archives Sud Ouest – Source : sudouest.fr

Nettie Stevens, généticienne

Nettie Stevens

Juliet Margaret Cameron, photographe

Julia Margaret Cameron photographié par son fils Henry

George Sand, une romancière engagée

George Sand © Nadar

Séverine, journaliste et auteur insurgée

Séverine – Caroline Remy

Germaine Poinso-Chapuis, première femme Ministre en France

Simone de Beauvoir, féministe égalitaire

Simone de Beauvoir © Pierre Boulat / Agence Cosmos

Janine Niépce et 50 ans d’évolution des femmes et de la société

Janine Niépce est l’une des premières femmes françaises à exercer le métier de photoreporter. Elle est surtout la seule a avoir suivi pendant un demi siècle l’évolution des femmes et leur histoire. A l’occasion de la journée internationale du droits des femmes, et de sa toute nouvelle collaboration avec les archives Janine Niépce, la galerie Polka lui consacre une exposition capsule visible jusqu’au 17 mars.

Née en 1921, agent de liaison au sein de la Résistance, consoeur d’Henri Cartier Bresson à l’agence Rapho et lointaine descendante de l’inventeur Nicéphore, Janine Niépce a documenté, toute sa vie durant, l’évolution de la société française. Elle raconte la France qui se reconstruit après la seconde guerre mondiale, et celle qui se construit et se modernise, quitte à vaciller, dans la droite ligne d’une génération de photographes humanistes – Robert Doisneau, Willy Ronis, Edouard Boubat – portés par l’élan d’après-guerre et le vent du réalisme poétique.

« Je photographie les êtres humains sur le vif. J’aime travailler seule, sans rendez-vous précis. Il faut avoir du temps devant soi. Ne pas laisser échapper ce qui, hors du reportage, est un hasard heureux, fugitif. Ainsi sont nées mes meilleures photographies. Tout va très vite ; des personnages repérés, pris dans le viseur, des regards, des gestes significatifs. Je ressens une émotion, j’appuie sur le déclic. C’est ce qui passe de mon coeur dans l’image, mystérieusement. Ce métier me permet des vies multiples. »

Janine Niépce elle est l’une des premières Françaises à exercer le
métier de journaliste reporter-photographe en 1946 et parcourt la France pendant plusieurs années témoignant de ce qui disparaît et de ce qui nait (la première télévision en 1963, les moyens de transport rapides), les rapports entre villes et campagnes, les
différences entre Paris et la province.
A partir de 1963, elle voyage en Europe et autour le monde : Japon, Cambodge, Inde, Etats-Unis, Canada. A Paris, c’est vêtue en touriste étrangère, qu’elle couvrira les événements de mai 68.
Entre 1970 et 1980, elle se concentre sur les luttes des femmes pour la liberté de la contraception, l’I.V.G, et l’égalité salariale. De 1984 à 1986, elle réalise plusieurs reportages sur les chercheurs et
les techniciens pour le ministère de la Recherche.
Elle est nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1981 et Chevalier de la Légion d’Honneur en 1985.
Janine Niépce décède le 5 août 2007 à l’âge de 86 ans.

INFORMATIONS PRATIQUES
La Beauté est dans la rue
Janine Niépce
Du 6 au 17 mars
Galerie Polka
12, rue Saint-Gilles
75003 Paris
http://www.polkagalerie.com

Carte blanche à Audrey Bazin : Les Filles de la Photo

Hasard du calendrier ? Aujourd’hui, pour le 8 mars, notre invitée de la semaine, Audrey Bazin, Directrice de la Galerie Particulière et Directrice Artistique du Prix Camera Clara, nous présente le cercle des Filles de la Photo. Faisons les présentations…

Je suis heureuses de faire partie du cercle – ouvert à tous et toutes – Les Filles de la photo.
Les membres partagent tous le point de vue que Mieux informé(e)s nous pouvons mieux agir. Et agir voilà ce que j’aime !
Voici en 5 points ce qui anime ce réseau :
– Une volonté de regrouper les professionnels exerçant un métier autour de la photographie, voulant faire partager leurs expertises et transmettre leurs expériences.
Décloisonner les métiers de la photographie pour mieux les représenter et réinventer le fonctionnement entre les différents métiers de la filière.
– Créer des occasions de rencontres avec l’envie de découvrir des personnes, des talents, des métiers, des projets, des événements, des lieux.
– Relayer et porter la voix de la photographie pour informer, former et mettre en valeur les talents mais également défendre les auteurs photographes
Développer l’influence des professionnelles et valoriser la photographie auprès des institutions.
Vous voulez devenir membre  ? c’est facile: https://fr-fr.facebook.com/Les-filles-de-la-photo-307633883029707/

Nous organisons le 10 avril une après-midi de Tables rondes au Festival Circulation(s) afin de parler au travers de parcours de photographes invités des différents métiers liés à la photographie.
Et si vous avez 5 minutes, vous pouvez répondre à un questionnaire qui participe à mieux connaître les arborescences et interactions de ses acteurs :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScTmToS4Y7i_PBhly820nMU3fiyULX4SnuuL_HuGdntLRw3fg/viewform
INFORMATIONS PRATIQUES
Les Filles de la Photo
https://www.facebook.com/pg/Les-filles-de-la-photo