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Dominic Turner primé au Prix 2018 du festival photo InCadaqués

Le nom du lauréat du Prix du festival international de photo InCadaqués vient d’être révélé. C’est l’artiste irlandais, Dominic Turner, qui remporte cette édition 2018 avec ses images d’une grande poésie réalisées par des procédés anciens.

Le public pourra découvrir son exposition « False Friends » à l’occasion du festival qui se tiendra du 20 au 30 septembre 2018 à Cadaqués, en Espagne. Le photographe a choisi une sélection de ses photographies pour les partager avec nous en avant première.

There are times when I wander through the world around me with the wide-eyed hesitancy of a tourist. Surrounded by such apparent absurdities, who or what are we to trust? 
Each of these photographs are hinged on the idea of perspective and how this informs the way we understand and interact with the world around us. Sometimes we see things only on a superficial level and fail to appreciate the deeper significance. Other times we read too much into situations and project exaggerated negative or positive attributes to what are essentially anodyne scenarios. This is indeed to be human, but it would seem in these times, it is getting harder and harder to discern the fact from the fiction.

https://www.dominicturner.ie
https://www.incadaques.com

InCadaqués. International Photo Festival. 2018 edition

 

 

Biennale de la Photographie de Mulhouse : Attraction(s)

Pour sa troisième édition, la Biennale de la Photographie de Mulhouse propose quatorze expositions et installations dans l’espace public autour de la thématique de l’attraction, sous la direction artistique d’Anne Immelé, docteure en Art. Manifestation transfrontalière, ses 12 lieux d’expositions se déploient sur 5 communes françaises et allemandes : Mulhouse, Hombourg, Chalampé, Hégenheim et Freiburg.

Cette nouvelle édition réunie une trentaine de photographes autour de la notion de l’attraction ou des attractions. Le terme d’attraction est des plus ambigüs. Superficiel ou profond, positif ou négatif, il recouvre un champs large, qui s’inscrit dans un mouvement, une dynamique, un élan. Si l’attraction est cette force invisible qui rapproche les corps physiques, l’on peut aussi y voir aussi la nature du lien fondamental qui fait adhérer la photographie au réel. Construisant sa richesse sur son apparente simplicité, la photographie n’est-elle pas le médium de l’attraction immédiate ?

PROGRAMME

Le désir

L’exposition L’étreinte du tourbillon (Musée des Beaux-Arts de Mulhouse commissaire Anne Immelé) traite du désir amoureux et croise différents regards sur l’être aimé. Partant de la chambre comme lieu de prédilection de l’attraction amoureuse, l’exposition aborde une approche narrative et autobiographique propre aux années 1980 avec Denis Roche, Alix Cléo Roubaud et Hervé Guibert, et questionne cet héritage en le confrontant aux productions contemporaines de Lucile Boiron, Anne-Lise Broyer, Thomas Boivin, Alan Eglinton et Julien Magre.

Le montage

L’attraction c’est la question du montage, de l’attirance des images qui sont rapprochées et interagissent ensemble. Trois expositions y sont consacrées : la rétrospective des montages d’attractions de Christian Milovanoff (La Filature, Mulhouse), les assemblages hybrides de Thomas Hauser (Motoco), et le parcours fondé sur des disjonctions et des rapprochements proposé par Pascal Amoyel dans une exposition réunissant photographes américains (Thomas Bouquin, Eliot Dudik, Shane Lavalette, Mark Steinmetz, Susan Worsham) et européens (Nolwenn Brod, Raphaël Coibion, Edouard Decam, Nicolas Giraud, Philippe Spigolon) au CCFF de Freiburg. Ces expositions sont complétées par des diptyques dans l’espace public mulhousien, ceux réalisés par les étudiants des écoles d’art du Grand Est, et ceux de l’éditeur mkg.

Réflexion sur la photographie à l’ère de l’attraction généralisée

Les expositions au Kunsthaus L6 de Freiburg (commissaire Finn-Niclas Schütt ) et à la Chapelle Saint Jean de Mulhouse (45° de Bertrand Cavalier, Massao Mascaro, Fabien Silvestre Suzor) aborde la question de l’attraction devenue primordiale à l’ère numérique. En effet, l’interaction entre attraction et photographie ne fait qu’augmenter du fait de l’omniprésence des images sur le WEB et de la nécessité de séduire pour s’attirer le plus de Like et de followers.

Zones d’attraction

L’exposition Zones (Fabrikculture Hégenheim, commissaire Anne Immelé) a pour point de départ le film Stalker d’Andrei Tarkovski. A l’instar de la Zone du film de Tarkovski ou de la zone de l’explosion nucléaire de Tchernobyl en 1986 – plusieurs lieux revêtent un fort pouvoir d’attraction, alors même qu’ils sont particulièrement dangereux. Cette fascination se traduit par l’importance accordée à la lumière dans les photographies d’Ester Vonplon (CH), de Michel Mazzoni (BE) et de Kazuma Obara (JA), par l’interférence entre réel ou virtuel chez Georg Zinsler (AU), dans une mystérieuse attraction.

Consommation / Contemplation

Si les photographies que Nick Hannes (Chalampé) a réalisé à Dubai témoignent de l’intérêt porté aux centres commerciaux, aux loisirs et autres attractions de la société de consommation, un besoin de se déconnecter de cette surconsommation s’impose, avec un retour à des modes de vie plus relié à la nature, invitant à la contemplation voir à la méditation. Ce sont ces questions qu’abordent Janine Bächle (Bibliothèque de Mulhouse), Paul Gaffney (Hombourg), Marine Froeliger (Cour des chaînes, Mulhouse).

INFORMATIONS PRATIQUES
Biennale de la Photographie de Mulhouse 2018
Attraction(s)
28 rue de Stalingrad
68100 Mulhouse
agrandisseur@gmail.com
http://www.biennale-photo-mulhouse.com

6ème Saison Photographique de l’abbaye royale de l’Épau

La sixième édition de la Saison Photo de l’Abbaye royale de l’Épau rassemble 11 photographes répartis au cœur et autour de l’Abbaye. L’événement se déroule en deux temps : huit premières expositions sont installées depuis le 19 mai et seront visibles jusqu’au 4 novembre, suivies de l’installation de trois nouvelles expositions présentées du 23 juin au 16 septembre.

La photographie contemporaine aux portes de la ville du Mans

Cette année, c’est tout un voyage que nous propose la manifestation. On débute cette expédition avec les photographies de Thomas Pesquet, cet astronaute français qui avait partagé ses images spectaculaires sur les réseaux sociaux tout au long de sa dernière mission. Une exposition qui nous offre un nouveau regard sur notre planète. Nous passons ensuite au travail documentaire du photographe franco-polonais Tim Franco, sur Chongqing, l’une des plus grandes villes de Chine. Il a tiré le portrait de cette mégapole aux 30 millions d’habitants, qui a connu un développement et une croissance d’une rapidité sans précédent.

Dans la bergerie de l’Abbaye, Guy Le Querrec nous offre un retour dans l’univers du jazz des années 50. La musique a laissé une empreinte marquante dans le regard du photographe qui semble composer ses photographies comme des morceaux de musique. Le coréen Daesung Lee souhaite, au travers de deux de ses projets photographiques, nous faire prendre conscience des effets désastreux du réchauffement climatique. Il s’est rendu sur l’île de Ghoramara tout d’abord, pour témoigner d’une situation critique : avec l’élévation du niveau de la mer, cette petite île de l’Ouest du Delta du Bengale disparaît peu à peu. Dans 20 ans, le gouvernement prévoit l’abandon de l’île et l’évacuation de ses habitants. Il est ensuite parti en Mongolie, où la vie devient de plus en plus difficile à cause de la désertification, les lacs et rivières disparaissant, les peuples nomades sont en danger.

Direction Haïti avec Corentin Fohlen, qui est tombé amoureux de cette île des caraïbes, découverte lors du tremblement de terre de 2010. Il s’est depuis, rendu de nombreuses fois à Haïti, pour explorer le pays en profondeur…On poursuit avec l’exposition « No Pasara » de la photographe franco-marocaine Leila Alaoui décédée en janvier 2016 lors de l’attentat perpétré à Ouagadougou. On découvre ici son tout premier projet, réalisé en 2008. Elle a voyagé de Beni Mellal jusqu’à Nador et Tanger pour suivre la jeunesse au regard portant de l’autre côté de la Méditerranée imaginant un avenir meilleur…

Enfin, on retrouve trois expositions sur l’univers de la danse qui se croisent et se répondent. On retrouve avec plaisir le travail de Gérard Uféras sur les coulisses des ballets de Paris et Moscou. Autre univers, autre ambiance avec la série de Fredrik Lerneryd. Le photographe suédois a suivi les jeunes écolières kenyannes passionnées de danse classique. Clément Szczuczynski, de son côté a été missionné par le département de la Sarthe pour suivre les compagnies chorégraphiques.

Si lors de vos pérégrinations estivales vous passez dans le département, voici une belle occasion de découvrir cette ancienne abbaye cistercienne datant du XIIIème siècle tout en suivant ce parcours d’expositions photographiques !
La Saison de la Photo s’étend hors les murs, avec des expositions présentée au Prieuré de Vivoin, à l’Hôtel du Département et à la gare du Mans.

INFORMATIONS PRATIQUES
6ème Saison Photo
L’Abbaye Royale de l’Épau
Route de Changé
72530, Yvré-l’Évêque
https://epau.sarthe.fr/saison-photo-de-labbaye-royale-de-lepau

40ème anniversaire des Estivales Photographiques du Trégor

Cette année, l’Imagerie de Lannion célèbre le 40ème anniversaire des Estivales Photographiques du Trégor. 40 ans nous sépare de l’édition inaugurale dont la direction artistique était assurée par Guy Le Querrec, le plus breton des photographes de l’agence Magnum… Jusqu’au 29 septembre, la manifestation vous propose de revenir sur ces 4 dernières décennies à partir, en grande majorité, du fonds photographique de la galerie.

40 ans d’archive photographique

Ce fonds constitué dès 1984 est composé d’achats aux artistes exposés, de dons de ceux-ci ou de réalisations lors de résidences et comprend actuellement plus de 400 oeuvres – dont cent trente sont exposées par une quarantaine de photographes.
Regroupées thématiquement dans les 500m² de la galerie, en 3 salles et cinq ensembles, ces photographies couvrent un large champ de l’image classique comme contemporaine.

C’est l’approche humaine de la collection qui fait l’objet de la 1e salle. Le visiteur y découvre à l’entrée Willy Ronis, le premier exposant lannionnais et ses prises de vues faites à Paris dans les années 40 et 50, avant de s’orienter vers Cristina Garcia Rodero (fêtes religieuses en Espagne et Bretagne) et la Sicile douloureuse de Letizia Battaglia. Vient ensuite le New-York des années 50 avec William Klein et Jean Bizien puis l’Amérique contemporaine de Jean-Christophe Béchet. Voyages toujours avec l’Égypte, l’Afrique, la Sibérie, l’Inde, le Portugal, la Mer Noire (Denis Dailleux, Bernard Descamps, Pentti Sammallahti, Joakim Eskildsen, Georges Dussaud, Klavdij Sluban) sans oublier l’Europe du Silence de Stéphane Duroy.

Les portraits de Jane Evelyn Atwood (série « Extérieur nuit » sur les jeunes aveugles) répondent aux images sensibles de Vincent Gouriou (transformistes, handicapés…). Pendant qu’Isabelle Vaillant et Dominique Mérigard confrontent leurs regards sur l’enfance et leurs enfants, le regretté Michel Vanden Eeckhoudt tisse des liens entre humains et animaux des zoos. Relations humaines cette fois, à travers les portraits de Richard Dumas (Claude Chabrol, Miles Davis…), c’est de celles, rares et uniques, qui existent entre le photographe et son modèle qu’il s’agit.
Dernière étape dans cette salle et retour aux origines avec la Bretagne de Guy Le Querrec qui accompagna nos premiers pas et nous ramène ici au quotidien de nos parents et grands-parents.

Dans la deuxième salle, la Bretagne également est à l’honneur, mais côté rocs et landes cette fois avec les rivages de granit de John Batho, les îles de Bernard Plossu et les nuits antiques et magiques de Michel Séméniako, côté « Fresson » aussi pour ces trois auteurs. La Bretagne toujours chez Sylvain Girard et ses « Pierres levées » suggérées dans les brumes d’une profondeur de champ incertaine, la Bretagne aussi dans les subtiles plages enneigées de Patrick Le Bescont photographiées il y a 30 ans, avant que l’auteur ne quitte le moyen format pour les rives plus téméraires de l’édition photographique. La Bretagne enfin mais de l’intérieur avec ses villages quasi-désertés figés hors saison par Philippe Caharel, et ses architectures religieuses et mystérieuses redessinées par les Monstrum de Marie-Laure Guégan.

A découvrir également les interprétations impressionnistes que fait l’artiste suisse Corinne Vionnet de Stonehenge ou Venise, les paysages tout de blanc cachés de Michael Kenna et Richard Petit ou ceux d’Anne-Lise Broyer qui mêlent photo et dessin.
Chez André Mérian, l’oeil hésite entre le vrai et le faux : la géométrie trop parfaite de sa ville nouvelle tient plus du décor de cinéma que du havre de paix familial ! Chez Jürgen Nefzger la paix aussi est trompeuse dans ce village qui cache les fluffy clouds d’une centrale nucléaire. Cette paix, on la retrouvera par contre avec plus de certitude dans l’aridité du désert du Nabib, ce « dehors absolu » que quêtait avec talent Thibaut Cuisset.

La dernière salle regroupe 3 ensembles. Tandis que la chambre photographique de Stéphane Couturier découpe, dans de subtils mélanges des plans, les immeubles parisiens, les architectures revisitées par les anamorphoses de Georges Rousse et les montages de Thomas Kellner côtoient la nature sculptée de François Méchain.
Les espaces imaginaires, bureaux, piscines ou musées, emplis de l’humour de Muriel Bordier et les structures marines de Laurent Millet répondent aux Icares de Pascal Mirande qui nous mènent de Bonifacio à Barcelone.

Denis Brihat venu à Lannion pour une exposition personnelle il y a 30 ans puis à nouveau en 2006 pour le projet Nature, natures recrée et magnifie dans la magie de son laboratoire du Lubéron, à coup de précieux sels métalliques, la couleur de légumes photographiés en noir et blanc.
Près de lui, le bois brut des cadres qui entourent les cibachromes éclatants de Pascal Kern donnent à ses coupes d’arbres des airs de sculptures.
Avant le corps, un passage par le vêtement et le cyanotype grand format de Nancy Wilson Pajic qui a trouvé son inspiration chez Christian Lacroix.
L’exposition se termine par l’évocation du corps, celui de l’artiste dans les postures singulières d’Arno Rafael Minkkinen ou directes et frontales de Frédérique Aguillon, mais c’est aussi le corps du modèle observé par le polaroid de Valérie Villieu ou les virages minutieux de Masao Yamamoto.

Photographies de : Frédérique Aguillon, Jane Evelyn Atwood, John Batho, Letizia Battaglia, Jean-Christophe B.chet, Jean Bizien, Muriel Bordier, Denis Brihat, Anne-Lise Broyer, Philippe Caharel, Stéphane Couturier, Thibaut Cuisset, Denis Dailleux, Bernard Descamps, Richard Dumas, Stéphane Duroy, Georges Dussaud, Joakim Eskildsen, Cristina Garcia Rodero, Sylvain Girard, Vincent Gouriou, Marie-Laure Guégan, Thomas Kellner, Michael Kenna, Pascal Kern, William Klein, Patrick Le Bescont, Guy Le Querrec, Fran.ois M.chain, Andr. M.rian, Dominique M.rigard, Laurent Millet, Arno Rafael Minkkinen, Pascal Mirande, Jürgen Nefzger, Richard Petit, Bernard Plossu, Willy Ronis, Georges Rousse, Pentti Sammallahti, Michel S.m.niako, Klavdij Sluban, Isabelle Vaillant, Michel Vanden Eeckhoudt, Valérie Villieu, Corinne Vionnet, Nancy Wilson-Pajic, Masao Yamamoto

INFORMATIONS PRATIQUES
40…
Estivales Photographiques du Trégor 2018
Du 23 juin au 29 septembre 2018
L’Imagerie
19 rue Jean Savidan
22300 Lannion
Du mardi au samedi, de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h30 sauf jours fériés.
http://www.imagerie-lannion.com

La Collection au cœur de cette 28ème édition de L’Été photographique de Lectoure

C’est le rendez-vous estival à ne pas manquer. Bien plus discret que son presque-voisin arlésien, le festival L’Été photographique de Lectoure œuvre à la découverte de la création photographique contemporaine dans son plus large spectre. Cette manifestation à taille humaine propose aux visiteurs une déambulation artistique à travers cinq lieux incontournables du patrimoine lectourois. Cette 28ème édition vous invite dans un voyage temporel, où les histoires s’entrechoquent et font appel à vos souvenirs les plus enfouis, par le biais de la notion de « collection » comme fil rouge…

Cette édition 2018 s’intéresse à des collectionneurs et des collectionneuses, et à travers eux à leurs collections. La collection comme une vision du monde, la création potentielle d’un autre monde. Elle s’intéresse aussi à des artistes qui utilisent plus largement le principe de la collecte dans leur démarche, à des artistes relecteurs d’images et d’objets, à des artistes qui récoltent, sélectionnent, compilent, assemblent des images fixes, des images animées, des sons et des objets.

1 – Au Centre d’art et de photographie

« Une collection est, pour moi, l’aveu que la vie ne suffit pas. » Madeleine Millot-Durrenberger

La Maison Saint-Louis qui accueille depuis 2018 le Centre d’Art et de Photographie de Lectoure, présente la Collection Madeleine Millot-Durrenberger. La collectionneuse strasbourgeoise puise dans  les œuvres acquises ses 40 dernières années, pour créer et raconter des histoires aux visiteurs. Chaque exposition est l’occasion de revisiter sa collection, avec une lecture toute singulière, qui passe également par la réalisation de la scénographie.
Pour cette expo, on retrouvera une sélection de tirages de Patrick Bailly-Maître-Grand, Claude Batho, Valérie Belin, Tom Drahos, Bernard Faucon, Valérie Graftieaux, Gabor Kerekes, Bernard Plossu, Françoise Saur et Josef Sud.

2 – L’ancien Tribunal

Ce bâtiment, qui n’est plus en fonction depuis huit ans, a été construit au XVIIème siècle. Pour l’occasion, il accueille une œuvre inédite de Laurent Fiévet, artiste, collectionneur et commissaire d’exposition. Il s’agit de « Ten », réalisée à partir de dix adaptations de différentes périodes et origines géographiques des Dix petits nègres d’Agatha Christie. L’installation est composée de dix pièces sonores, et de collections d’images épinglées sur les murs d’exposition et constituées par des photogrammes qui déclinent un motif commun dans l’ensemble des films (cordes, armes, bijou, cuisine, cordes, horloges, lit, verres et bouteilles…)  restituant visuellement ce principe de l’inventaire, comme l’inventaire d’une documentation mise en place par des détectives sur des meurtres qu’il conviendrait d’élucider en soulignant la récurrence d’un mode opératoire.

3 – La Cerisaie

La Cerisaie est juchée sur les remparts sud de la ville. Entourée d’un grand jardin, la maison expose l’artiste finlandaise Anu Tuonimen. Son œuvre d’une grande poésie s’inspire du familier et de l’ordinaire. Telle une artisane, elle bricole, découpe, assemble… Anu accumule les objets du quotidien pour les redéfinir à nouveau.
Il y a une espèce de double nature dans tous les éléments qu’elle utilise, amenant le regardeur à une infinité de comparaisons, d’analogies, d’ensembles et de hiérarchies. Une image n’est jamais juste une image, un objet n’est jamais juste un objet. Il y a également une dimension écologique dans cet intérêt pour les objets de consommation courante, des objets trouvés, parfois des déchets, qu’elle recycle et donc valorise.

4 – La Halle aux Grains

Ici, on découvre cinq expositions dans cet espace monumental.
La première « Lectoure 1000 photos avec Bernard Plossu et Serge Tisseron » est un projet expérimental dont le principe est de montrer les résonances et les similitudes entre les œuvres de Plossu, Tisseron et d’anonymes. Une sélection d’images de photographe anonymes glanées et collectionnées autour de plusieurs thématiques chères à Plossu et Tisseron.
Comme un trésor trouvé dans un grenier, l’exposition est présentée comme une installation, où les images sont posées sur des grandes tables.
On s’immerge ensuite dans l’univers de la vidéaste britannique Bonella Holloway. Les œuvres exposées sont des montages à partir de captations d’actions filmées pour leurs sonorités. Ici les captations du réel ne prennent sens que par la force du son et l’utilisation de la répétition comme principe de construction.
Sont présentées deux séries photographiques de l’artiste belge Annabel Werbrouck : Les oubliés I et II. Dans ces deux volets d’un même travail, la photographe redonne vie à des images oubliées pour raconter de nouvelles histoires grâce à de nouvelles associations… Travail qui entre en résonance avec celui de Régis Perray, qui propose une petite sélection de « Le mur des sols », qui est le fruit de presque 20 années de recherches iconographiques sur la mémoire des lieux.
Et enfin, le festival propose aux visiteurs les éditions et installations vidéos de documentation céline duval.

5 – L’Ancien Hôpital

C’est dans l’ancien hôpital que l’on découvre le résultat de la résidence du toulousain Arno Brignon. Le centre d’art a invité le photographe au printemps dernier pour qu’il porte son regard sur la ville. Il a arpenté les rues de Lectoure, pour partir à la rencontre de ses habitants, armé d’un simple sténopé. Les images « venues d’un autre temps », sont exposées et accompagnées de bandes sonores qui relatent des histoires et anecdotes.
On retrouve également l’installation EX_SITU de la compagnie internationale pluridisciplinaire de spectacle vivant OBRA.

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Été photographique de Lectoure 2018
Du 14 juillet au 23 septembre 2018
Centre d’art et de photographie de Lectoure
Maison de Saint-Louis, 8 cours Gambetta
32700 Lectoure
Tous les jours de 14h à 19h
Pass 5€
http://centre-photo-lectoure.fr/festival/ep-2018/

Arles, as tu perdu ton âme ?

Le City Guide Louis Vuitton ne s’y est pas trompé en consacrant son dernier né à Arles avec Christian Lacroix en guest star ! (diffusé dans la librairie éphémère Le Buste et l’Oreille). Il faut dire que l’effet galaxie suisse se fait sentir à travers une programmation et des partenariats résolument internationaux.

Maja Hoffmann en tête avec cette tour Ghery qui tutoie impunément le ciel bleu lavande camarguais et tous ses satellites en ville, la Fondation Van Gogh et de vastes projets immobiliers de requalification d’anciens hôtels particuliers en lieux tendances dans l’hôtellerie et la restauration haut de gamme.
Désormais les créateurs de tous horizons posent leurs valises dans la cité romaine, à commencer par Gucci et son spectaculaire défilé Croisière sur la promenade des Alyscamps.
Dior lance la 1ère édition du Prix photo pour Jeunes Talents et les expose au Parc des Ateliers. « The Art of Color »

Sam Stourdzé le très affuté directeur des Rencontres fait ses recommandations dans le Madame Figaro à l’occasion du Prix Photo du magazine, remis cette année à la polonaise Wiktoria Wojciechowska (série Sparks) par un jury très people présidé par Marion Cotillard avec entre autres Kamel mennour.

Du coup les amateurs ont nettement changé d’allure, les bobos et arty lovers en tribu s’installent au Nord Pinus, avant de se retrouver devant la rétrospective XXL de Gilbert & George (Luma foundation) où le mot fuck est conjugué à toutes les sauces. On frise le mal de tête devant ces grands tirages aux couleurs dissonantes et messages codés mais sans jamais l’avouer bien sûr.

Les enfants du pays dont Christian Lacroix regrettent le temps d’avant. Rien ne semble arrêter la swiss connexion même s’il est un peu tard pour les remords.
Le paradoxe est le manque de lieux pour le festival. L’occasion sans doute de se réinventer et de savoir tirer profit de ce rayonnement. C’est en tous cas la thèse défendue par Sam Stourdzé.

Les Rencontres :

Nouveaux lieux : Croisière un ancien hameau désaffecté au charme décati, Tinquetaille dans l’ancienne gare SNCF le long du Rhône avec son pavillon de bambou de l’architecte colombien Simon Vélez pour une méditation sans surprise signée Mathieu Ricard et la Maison des Peintres autre lieu défraichi qui accueille la scène turque contemporaine. Des trouvailles qui contrebalancent l’aspect formel des Ateliers relookés par Luma.
Par contre au niveau des tarifs il y a des suppléments assez malvenus pour accéder à la Fondation Luma et au Magasin Electrique bientôt sous le giron suisse.

America Great Again !

Le best est le reportage de Paul Fusco pour le magazine Look sur le convoi de la dépouille de Robert Kennedy assassiné alors qu’il brigue la Maison Blanche, qui part de New York pour rejoindre Washinton DC et son frère au cimetière d’Arlington. Ces visages au bord du chemin, de toutes origines et conditions sociales unis dans une même peine et dignité.
A côté de cet émouvant hommage, Rein Jelle Terpstra a retrouvé les archives et traces des témoins et offre ainsi le regard de l’autre côté. Tandis que Philippe Parreno propose une installation immersive de l’évènement.
Le match (amical) Frank-Depardon. Le Suisse dont l’ouvrage « Les Américains » fut publié par le français Robert Delpire est dévoilé par certains clichés qui n’y figurent pas, l’autre étage de l’Espace Van Gogh est dédié à la correspondance américaine de Raymond Depardon parue dans Libération sur la campagne de Nixon notamment. Une vraie découverte !
Alors que la Trilogie de Paul Graham est un bel exercice conceptuel, « La rédemption » selon Laura Henno, volontiers douce amère, s’attarde sur ces déclassés qui vivent dans un ancien camp militaire du désert californien, avec justesse et empathie.

Humanité augmentée :

The Hobbyist, qu’est ce la culture du hobby témoigne de notre société et de nous-mêmes ?
Passionnant sujet traité de façon transversale avec des artistes de génération différente que ce soit des stars comme Mohammed Bourouoissa, Benedict Bockt ou des photographes amateurs. En quoi la reconnaissance de soi passe par les hobbies et leur captation en direct via les réseaux sociaux. Drolatiques videos de chiens dressés qui soulève la question des animaux et leur libre arbitre.

Matthieu Gafsou H+

L’un des projets les plus pertinents qui sous un aspect très formel recèle de nombreux taboux en ce qui concerne le transhumanisme mais aussi la cryogénisation (conservation post mortem du corps) et toutes sortes de prothèses qui nous entourent à commencer par le smartphone ! Cyborgs de tous poils que le photographe suisse a mis 4 ans à traquer dans toute l’Europe, les Etats Unis ne lui ayant pas répondu, notamment Google et la Silicon Valley.

100 portraits, la collection Antoine de Galbert

Collectionneur à l’initiative de la Maison Rouge qui fermera ses portes à l’automne, Antoine de Galbert prend son envol et signe une magistrale exposition à l’invitation des Rencontres (le Méjan). Sous la thématique du regard, il a puisé une centaine de visages « entre drame et dérision » comme il le résume. Conjurer certaines limites et peurs enfouies (la cécité et le handicap), rejouer une certaine histoire du portrait, regarder le monde de manière secrète et intime, traduire la vocation d’un collectionneur, autant de moteurs qui résument la démarche si singulière d’Antoine de Galbert.
Ainsi de Myriam Cahn à Christian Fogarolli, de Barthelemy Toguo à John Isaacs, on oscille entre dessin, sculpture, vidéo, installation.. A ne pas manquer !

Lieux où il faut être vu :

Hôtel Le Collatéral, très confidentiel au coeur du quartier populaire la Roquette en voie de gentrification.
Quatre chambres d’hôtes, un grand salon, un roof top avec vue sur les toits dans cette ancienne église reconvertie par Anne-Laurence et Philippe Shiepan. Véritable laboratoire arty dans une atmosphère zen qui accueille actuellement la « Mediation Room » de Pierre Bonnefille. Peintre, designer, « maître d’art » il a su « faire du vide son allié » comme le souligne la critique d’art Léa Chauvel-Lévy.

L’hôtel du Cloître signé par India Mahdhavi, sa cour intérieure et son toit-terrasse pour les cocktails. 19 chambres dans une atmosphère cosy et colorée.
Un savant mélange patrimonial et contemporain à quelques pas de la Fondation Van Gogh (ça tombe bien c’est aussi dans l’univers Hoffman !).

L’hôtel Arlatan, pré-ouverture cet été. Bientôt résidence d’artistes cet ancien hotel particulier du XVème siècle qui fait la fierté des arlésiens leur a été dévoilé ce printemps dans le cadre des « Luma Days ». Métamorphosé par les architectes Max Romanet et Renzo Wieder, ses sols ont été habillés par l’artiste cubain Jorge Pardo de mosaïques aux couleurs du sud. Un audacieux parti prix à la croisée du provençal et de l’international.

Du côté de la gastronomie les chefs se la jouent néo camargue à l’Ouvre Boîte, la cantine de l’hôtel du Cloitre et la Chassagnette en dehors de la ville également propriété de Maja Hoffmann. Certains prédisent même qu’après Actes Sud, elle va racheter le Nord Pinus !

Quelques bistros pur jus subsistent comme « Mon bar » place du Forum ou dans quartiers périphériques.

Concept store et festival Voies Off
« Moustique », d’un fléau une idée géniale ! par le trio parisien Brigitte Benkemoun, Thierry et Sylvie Demaizière tout ce qu’il faut pour passer de bons apéritifs camarguais.

La Parfumerie Arlésienne par Fabienne Brandon, objets chinés et collection de senteurs pour célébrer la « Reine d’Arles »

C’est le bazar !
par Louis-Paul Desanges, gérant du studio des Ursulines invite la collectionneuse Julie Barrau.

Le Dépôt-vente : Au bonheur des dames, Bijouterie Pinus, Arlette sont autant d’enseignes qui surfent sur la vague ethnique chic et accueillent souvent les expos photos du festival Voies Off.

INFOS PRATIQUES :
49èmes Rencontres de la photographie Arles
Du 2 juillet au 23 septembre 2018
Forfait toutes expositions : Tarif plein ONLINE : 35 €
(via billetterie en ligne)
SUR PLACE : 42€
Catalogue des Rencontres à 47 € en vente sur place ou en ligne.
https://www.rencontres-arles.com/

Le village Potemkine : Au cœur d’une légende avec Gregor Sailer

Gregor Sailer est un photographe autrichien de 38 ans, son travail a été sélectionné pour être présenter dans le cadre de la 48ème édition des Rencontres de la photographie à Arles en co-prodution avec le Centre de la Photographie Genève. Cette exposition, qui est visible au Cloître Saint-Trophime, s’intitule « Le village Potemkin », il rassemble une sélection de photographies réalisées entre 2015 et 2017 de villes… qui n’existent pas.

Au départ de ce travail, le photographe s’est saisi d’une légende historique, celle du prince russe Grigory Potemkine qui fit construire, en 1787, des villages entiers en carton-pâte afin de masquer la pauvreté en Crimée lors de la visite de l’impératrice Catherine II. C’est ainsi que l’artiste autrichien a parcouru le monde à la recherche de ses fausses villes faites uniquement d’illusion. Des centres d’exercice militaire aux Etats-Unis et en Europe aux répliques de villes européennes en Chine, en passant par des pistes d’essais de véhicules en Suède ou encore des rues entières mises en scène pour la visite de personnalités politiques… La série documente ce phénomène architectural étrange où seul l’apparence fait sens. Gregor Sailer saisit l’absurdité de notre époque et nous pousse à voir et à réfléchir au-delà du visible.

Pascal Therme, notre critique, a rencontré Gregor Sailer lors de la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles, voici son interview :

http://www.gregorsailer.com

INFORMATIONS PRATIQUES
• Exposition
Le village Potemkine
Gregor Sailer
Du 2 Juillet au 23 Septembre 2018
Cloître Saint-Trophime
13200 Arles
https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions/view/237/gregor-sailer
• Edition
The Potemkin Village
Gregor Sailer
Les éditions Kehrer Verlag, 2017
24 x 30 cm, 304 pages
ISBN 978-3-86828-827-8
https://www.kehrerverlag.com/en/gregor-sailer-the-potemkin-village

Ouverture de la 49ème édition des Rencontres d’Arles, renversante ?

Avec une programmation élargie à 30 expositions, les Rencontres d’Arles se positionnent comme un laboratoire des écritures et enjeux actuels de la photographie mais à y regarder de plus près qu’en est-il vraiment de la place de l’émergence et de la découverte ?

N’assistons pas comme beaucoup ailleurs, à une certaine forme de standardisation et ce dès l’affiche dédiée à William Wegman (certains regretteront les fruits et autres accessoires piquants de ces dernières années !), avec la force de frappe de grandes fondations dont Luma, et des marques de plus en plus présentes ? Rien de mieux que de se déplacer pour tenter de répondre à cette problématique.

Rayonnement dans le sud, Grand Arles Express, collaboration avec Marseille intensifiée (Mucem, Frac, MP2018), rayonnement national avec le prochain Institut pour la photographie dans les Hauts de France et international avec le Jimei x Arles International Photography Festival et déclinaisons des Rencontres à Londres, Anvers et Barcelone.
Sam Stourdzé titre « retour vers le futur » pour qualifier la programmation artistique tournée à la fois vers le passé et les commémorations (mai 68, les Américains de Franck, le dernier voyage de Kennedy) et la projection vers de nouveaux territoires réels ou fantasmés (intelligence artificielle, le transhumanisme, communauté utopique d’Auroville…) Il parle d’une expérience spatio-temporelle sidérante.
Coups de coeur et feuille de route : sélection dans chaque catégorie
AMERICA GREAT AGAIN :
Laura Henno et « Redemption » plongée la cité perdue de Slab City au cœur du désert de Californie. (avec le Grand Arles Express Frac Paca)
COURS CAMARADE, LE VIEUX MONDE EST DERRIERE TOI (on dirait un slogan Macron !) :
The Train, le dernier voyage de Robert F. Kennedy Le 8 juin 1968, trois jours après l’assassinat de Robert F. Kennedy, son corps était transporté dans un train funéraire de New York à Washington. Prises depuis le train funéraire, les images de Paul Fusco capturent des personnes endeuillées alignées le long des rails.
Le Projet Auroville par Christoph Draeger & Heidrun Holzfeind
Qu’en est-il de l’utopie de départ ? Installation immersive rassemblant des vidéos, des photographies, des sculptures, des objets, des plantes (ayant poussé à partir de graines ramenées d’Auroville), que les artistes ont découverts au cours de leurs recherches dans les archives ou au cours des entretiens avec des habitants.
HUMANITE AUGMENTEE :
The Hobbyist ou comment la culture du passe-temps émerge avec les bouleversements d’internet et du DIY.
LE MONDE TEL QU’IL VA :
Yingguang Guo, « la joie de la conformité » installation qui mêle photographie, documentaire et vidéo
autour des mariages arrangés qui perdurent en Chine.
LES PLATEFORMES DU VISIBLE :
Gregor Sailer, le Village Potemkine
Le phénomène des villages Potemkine modernes : des centres d’exercice militaire aux États-Unis et en Europe aux répliques de villes européennes en Chine, en passant par des pistes d’essais de véhicules en Suède ou encore des rues entières mises en scène pour la visite de personnalités politiques.
FIGURES DE STYLE :
Ann Ray
Les Inachevés, Lee McQueen
Une amitié de 13 ans entre la photographe et le directeur artistique de Givenchy. Instantanés back stage et confidences.
EMERGENCE (on y arrive !) :
Le nouveau prix découverte avec la fondation Louis Roederer
Dix projets sélectionnés sont exposés pendant la semaine d’ouverture et un jury décernera le Nouveau Prix Découverte qui récompense un artiste et sa galerie à travers une acquisition d’un montant de 15 000 euros, tandis que le public désignera son lauréat à travers une acquisition d’un montant de 5 000 euros.
On remarque dans les nominés :
THOMAS HAUSER / UN-SPACED, Paris, France « The Wake of Dust »
PAULIEN OLTHETEN / Galerie Les Filles du Calvaire, Paris, France
CHANDAN GOMES / Photoink, New Delhi, Inde
ANTON ROLAND LAUB / Kehrer Galerie, Berlin, Allemagne
VR ARLES FESTIVAL : première collaboration avec le Palais de Tokyo
Julien Creuzet teste cette nouvelle technique avec l’œuvre « Maïs chaud Malboro » autour de la culture du maïs comme métaphore de la mondialisation.
LES INVITES :
Carte blanche au Palais de Tokyo et à l’Opéra National de Paris
Pia Rondé & Fabien Saleil dans un nouveau lieu, chapelle du XIIème siècle (hors les murs du Palais de Tokyo) un travail aux croisements de différents champs tels que le dessin, la gravure, la sculpture, l’installation.
La 3ème scène est une plateforme numérique invitant des artistes de tous horizons à s’exprimer dans des genres différents : fictions, documentaires, animations, performances. Multiplier les passerelles artistiques en réalisant une œuvre en lien avec l’univers lyrique et chorégraphique.
PROGRAMME ASSOCIE :
LËT’Z Arles (Luxembourg)
avec « Bad News » de Pasha Rafiy et « On the Other End » de Laurianne Bixhain. approche expérimentale dans le décor de la Chapelle de la Charité.
Prune NOURRY Association du Mejan et Actes Sud
« La destruction n’est pas un fin en soi »
La jeune artiste présente une série de sculptures et photographies et son Bouddha monumental créé pour le musée Guimet l’année dernière.
La collection d’Antoine de Galbert 100 portraits
Une sélection de photographies mais aussi de dessins, peintures, sculptures ou vidéos. L’occasion de revivre quelques grands moments de sa fondation parisienne.
Véronique Ellena au musée Réattu
Invitée la première fois par Christian Lacroix, elle revient avec ses recherches récentes « les clairs-obscurs » et d’autres séries emblématiques de son parcours.
GRAND ARLES EXPRESS :
Nîmes
Retrouvez notre interview avec Jean-Marc Prévost directeur du Carré d’art de Nîmes autour du projet Wolfgang Tillmans et Candida Höffer.
Marseille
De même avec Pascal Neveux, directeur du FRAC PACA autour de Laura Henno et Bruno Serralongue
à noter la première participation du MUCEM avec « Manger à l’œil » sur l’évolution des pratiques de photographie en matière de gastronomie.
Bonne semaine d’ouverture !
Profitez de la « plage électriques », autres guinguettes et nombreux lieux satellites, embrassez-vous au studio éphémère de Philippe Praliaud, grimpez jusqu’à
l’abbaye de Montmajour, il y en a pour tous les goûts à Arles ! On peut encore fuguer..
(Je ne cite pas volontairement le coffre fort Luma avec Gilbert & George notamment, tant que je n’ai pas testé l’accueil sur place !)
INFOS PRATIQUES :
Du 2 juillet au 23 septembre 2018
Forfait toutes expositions : Tarif plein ONLINE : 35 €
(via billetterie en ligne)
SUR PLACE : 42€
Consulter l’Agenda de la semaine d’ouverture du 2 au 8 juillet
Signalons les Talks Pro Helvetia au Nonante-neuf
Le 3 juillet Formats digitaux, espaces étendus pour la photographie contemporaine avec :
Delphine Bedel, Cristina de Middel, Anne Golaz et Salvatore Vitale, mené par Danaé Panchaud.
Le 5 juillet Les Filles de la photo avec :
Florence Moll, agent et co-fondatrice des Filles de la Photo, Caroline Stein, responsable mécénat banque Neuflize OBC,Taous Dahmani, doctorante en Histoire de la Photographie et Audrey Bazin, directrice de la Galerie Particulière.
Le 4 juillet Conférence au VR Arles Festival
les artistes et la fabrique du virtuel
Catalogue des Rencontres à 47 € en vente sur place ou en ligne.

Rencontres aux Promenades Photographiques de Vendôme

La 14ème édition du festival des promenades photographiques de Vendôme a été inaugurée le week-end dernier. Vous avez tout l’été pour découvrir une programmation éclectique et internationale qui met à l’honneur les nouvelles écritures photographiques. Pascal Therme, notre critique, est parti à la découverte de cette nouvelle proposition curatoriale concoctée par Odile Andrieu, directrice artistique de l’événement.

Odile Andrieu, Vendôme 2018 © Pascal Therme

Les Rencontres

Rencontre avec Ayana V. Jackson autour de sa série « Intimate justice in the stolen moment »

Portrait de Ayana V. Jackson © Pascal Therme | Intimate justice in the stolen moment © Ayana V. Jackson

« Je réalise ce que je voudrais voir – changer quelque chose dans le passé, pour aller droit au présent afin d’avoir un avenir meilleur » – Ayana V. Jackson

Au musée de Vendôme, on retrouve le travail puissant et engagé d’Ayana V. Jackson. Avec sa nouvelle série, « Intimate justice in the stolen moment », la photographe américaine réalise des autoportraits autour d’une recherche sociologique : celle du rôle de l’histoire de la photographie et des beaux-arts, dans la construction d’un stéréotype du genre et de la question raciale. Elle revendique ici, la condition de la femme noire au XIXème et au XXème siècle.

Pierre Faure, lauréat du Prix des amis du Musée Albert Khan

Portrait Pierre Faure | France Périphérique © Pierre Faure

Le photographe Pierre Faure nous présente ici son travail récompensé par le Prix des amis du Musée Albert Khan sur la montée de la pauvreté en France avec « France Périphérique ». Un sujet en noir et blanc qui pointe du doigt un phénomène croissant et révoltant. Les chiffres font froid dans le dos : La France compte 8,9 millions de pauvres. Sur les dix dernières années, le nombre de personnes concernées a augmenté de près d’un million. Son exposition est visible au Manège Rochambeau.

Caty Jan et son Cabaret Cubain

Exposition de Caty Jan, Vendôme 2018 © Pascal Therme

C’est au Manège Rochambeau que nous retrouvons le travail de Caty Jan, du collectif Tendance Floue, qui suite à un accident a été contrainte d’arrêter la photographie il y a 15 ans. Sa série Cabaret Cubain a été réalisée en 1995, elle est présentée entre quatre murs noirs. Ses images se confrontent au son de la voix et des mots d’Alexandre Héraud, un écho à leur rencontre au coeur des entrailles de ces nuits tropicales.

Le Campus, dirigé cette année par Mat Jacob

Mat Jacob, Vendôme 2018 © Pascal Therme
Campus Expérience, Vendôme 2018 © Pascal Therme

Chaque année, le festival affirme sa volonté d’éducation et de transmission, notamment auprès des écoles. En plus de l’Atelier des photos et des mots et du Prix Mark Grosset qui récompense un étudiant, on retrouve le Campus, qui réunit 30 élèves d’écoles de photographie européennes. Il s’agit d’un espace pédagogique, un terrain de jeux où les regards se croisent. Pour cette édition 2018, c’est le photographe Mat Jacob qui dirige cette expérience. Il nous en parle ici avec Philippe Labrosse, étudiant.

Margaux Senlis, Prix Mark Grosset

Margaux Senlis, Prix Mark Grosset 2018 © Pascal Therme

Cette année, c’est la jeune étudiante de l’Ecole des Gobelins, Margaux Senlis, qui remporte le Prix Mark Grosset dans la catégorie Documentaire. Ce prix a pour ambition de révéler un nouvel horizon et d’exposer les regards contemporains de la nouvelle génération. Le jury a sélectionné deux lauréats des catégories : Margaux pour la photographie documentaire et Antoine de Winter (École Agnès Varda Bruxelles) pour la catégorie plasticienne.

Rencontre avec Yves Bigot, éditeur

A l’occasion du week-end d’ouverture, le marché couvert accueillait le Salon du livre, nous y avons rencontré Yves Bigot, des éditions de Juillet. Il nous parle notamment de son dernier ouvrage édité « Usual Heroes » de Denis Bourges et Monica Rattazzi, livre qui a été financé à la moitié par l’éditeur et la seconde par une campagne de financement participatif.

26 expositions à travers la ville, une invitation au voyage…

La Chapelle Saint Jacques accueille l’exposition de la photographe madrilène Ouka Leele et ses portraits très colorés. « Dès la fin des années soixante-dix, ses portraits délirants coiffent d’avions, de verres, de livres, de fers à repasser les visages de ceux qu’elle décide de mettre en forme, parfois pour des commandes ».

C’est au Manège Rochambeau que sont concentrées la majorité des expositions du festival. On y voyage en traversant les frontières et les univers : de la Lettonie, avec la photographie anthropologique d’Inta Ruka, à la Mongolie, en plongeant dans l’univers des Tsaatans, éleveurs de rennes nomades mongols de Rémi Chapeaublanc, en passant par le delta du Danube avec Ljubisa Danilovic. Tilby Vattard et Gilles Roudière nous emmènent quant à eux à Varanasi, Istanbul, Berlin ou encore Israël… On déambule également au sein des paysages poétiques de Clara Chichin, et au travers des bois sauvages de Julien Daniel.
On retrouve des travaux plus introspectifs avec la série « Opium, chacun de nous est un désert » de Soraya Hocine, qui recompose le souvenir d’un portrait de famille, ou encore les portraits inspirés de Nathalie Baetens qui immortalisent en noir et blanc les patients de Danse-Rituel-Thérapie cachés derrière leurs masques.

Exposition Figaro Magazine, Vendôme 2018 © Pascal Therme

Le Parc du Chateau présente en extérieur trois expositions : les désormais célèbres cabanes de Nicolas Henry et une sélection d’images issue du travail personnel de Mathilde Geldhof. Enfin, « Le sanctuaire de la nature », une exposition organisée par Le Figaro magazine avec les images de Franck Charton & Stanislas Fautre qui nous dévoilent les lieux privilégiés et préservées de la faune et la flore.

Découvrez la programmation complète sur le site du festival.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Promenades Photographiques de Vendôme
Du 22 juin au 2 septembre 2018
411000 Vendôme
http://promenadesphotographiques.com

Le studio Hans Lucas vous donne rendez-vous à Arles !

Le studio Hans Lucas sera présent à Arles du 1er et 13 juillet 2018; il investit un espace situé au 13, 15, 17, 19 et 21 rue des Arènes. Sous la direction d’Amandine Besacier, d’Amaury Guillais (cofondateur de Life Framer) de Kalel Koven (cofondateur d’In Frame) et de Wilfrid Estève, (cofondateur d’Hans Lucas), trois initiatives sont proposées dans les galeries ainsi que dans la cour du lieu.

Une exposition est dédiée aux ambassadeurs FUJIFILM France membres d’Hans Lucas : Cyril Abad, Pierre Faure, Kalel Koven, Romain Laurendeau et Fred Marie.
Le magazine en ligne In Frame organise une galerie éphémère et propose à la vente une sélection de photographies extraites des articles d’auteurs diffusés depuis un an sur In Frame.

La troisième galerie présente une exposition réalisée en collaboration avec Hans Lucas et Life Framer : « Je n’attendrai pas que l’on me pardonne ».
Cet évènement se tient deux semaines, du lundi 2 au samedi 14 juillet et le vernissage a lieu le vendredi 6 à 18h30.

Le jeudi 5 et vendredi 6 de 15h à 17h, deux ateliers “Photographie de rue” seront animés par les ambassadeurs FUJIFILM France Cyril Abard (vendredi) et Kalel Koven (jeudi). Nombre de place limité, inscription par message adressé à wilfridesteve@gmail.com.

Une Table ronde Photo Doc le jeudi 5 juillet de 10h30 à 13h00 à l’espace Hans Lucas : « Venez Prendre Part À La Transformation Du Monde ».
– Comment la photographie documentaire, photographie de notre époque, agit-elle sur le réel et transforme-t-elle le photographe, le sujet, et le spectateur/collectionneur ?
– Redonner de la valeur au document pour donner de la valeur à notre époque.
– Réflexions sur le principe d’altérité dans la photographie documentaire.
En présence de Jean Kempf, Professeur à l’Université Lumière-Lyon 2.
Emmanuelle De L’Ecotais, Chargée des collections photographiques du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.
Sophie Artaud, Réalisatrice et journaliste, maître de conférences cursus documentaire, formatrice aux Gobelins.
Wilfrid Esteve, Photographe et directeur du studio Hans Lucas.
Céline Anaya Gautier & Romain Laurendeau, Photographes.
Charlotte Flossaut, Fondatrice de Photo Doc. et médiatrice.

Galerie 1 : FUJIFILM France présente les Ambassadeurs Hans Lucas

Dans la continuité des actions menées depuis 2017 avec FUJIFILM France, Hans Lucas est ravi de renouveler son partenariat à l’occasion de son événement arlésien durant les Rencontres de la Photographie.
Des photographes soutenus par FUJIFILM France – dont certains sont Ambassadeurs -, membres d’Hans Lucas ont été sollicités pour cette exposition : Cyril Abad, Pierre Faure, Kalel Koven, Romain Laurendeau et Fred Marie. Le commissariat de l’exposition a été réalisé par Amandine Besacier et Wilfrid Estève.

Galerie 2 : IN FRAME

IN FRAME est une entité qui s’exprime à travers différents médias : inframe.fr, insta inframe, inframe live et inframe gallery. Dédiée à la photographie documentaire, elle explore les différentes approches et influences du genre. C’est l’ensemble de tous ces différents aspects qui composent IN FRAME.
IN FRAME est plus qu’un webzine, c’est une véritable identité. D’après un commissariat de Kalel Koven, IN FRAME GALLERY « Story by storyteller » présente les oeuvres des photographes : Alexis Pazoumian , Gil Rigoulet , Melanie Desriaux , Kalel Koven, Pierre Belhassen, Hannah Modigh, Edouard Sepulchre , Matthieu Marre et Alain Keler.

Galerie 3 : HANS LUCAS / LIFE FRAMER

« Je n’attendrai pas que l’on me pardonne » est une exposition réalisée en collaboration avec Hans Lucas et Life Framer. Son titre est extrait d’une phrase extraite de la chanson  » La Ficelle  » d’Alain Bashung.
Le pardon est ici placé dans une notion plus philosophique que religieuse, il propose une réflexion sur la société. L’exposition évoque le fait de pardonner, d’être pardonné, l’inégalité, l’émancipation ou encore la résilience. Au-delà de ces notions et du fait que le pardon n’est pas suffisant pour pérenniser le vivre ensemble, nous abordons la question de la recherche de la vérité et au regard de ce qui se passe dans le monde moderne, la vérité en fonction de quelle réalité ? L’exposition soulève des interrogations. Elle suggère sans forcément répondre aux questions par un dialogue entre 15 photographies de membres d’Hans Lucas et 13 photographes présentés par Life Framer.
Photographes du studio Hans Lucas : Anita Pouchard Serra, Benoit Durand, Christophe Beauregard , Eleonora Strano, Hugo Clarence Janody, Jean-Marc Balsière, Loreleï Buser Suero, Lucile Boiron, Matthieu Marre, Matthieu Richer, Nicolas Thomas, Ramona Deckers, Samuel Lebon, Sandra Fastre et Valérie Pinard.
Photographes de Life Framer : Denise Kwong, Dillon Marsh, Laura Thompson, Laurence Kubski, Manu de Caluwe, Natalie Kirk, Tania Franco Klein, Aina Zoilo, Alexandre Chaplier, Charles Xelot et Cyrille Robin.
Commissariat de l’exposition : Amandine Besacier (photographe et commissaire d’exposition), Amaury Guillais (cofondateur de Life Framer) et Wilfrid Estève (cofondateur d’Hans Lucas).

http://hanslucas.com