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Rencontre avec Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW

ASIA NOW est la foire dédiée à l’art contemporain asiatique en Europe. Alors que l’édition 2017 explorait la scène contemporaine de la Corée du Sud, ASIA NOW met cette année en exergue le dynamisme et la richesse de la jeune scène émergente japonaise. A deux mois de l’ouverture de la cette quatrième édition, nous avons rencontré Alexandra Fain, Directrice de la foire ASIA NOW.

Quel est l’ADN d’ASIA NOW ? En quoi son concept est-il unique ?

L’ADN d’ASIA NOW est également ce qui fait son unicité – son focus sur la scène contemporaine asiatique. Celui-ci découle de ma passion (et celle de plus en plus partagée) pour cette scène méconnue.

En 2010, je me suis rendue avec Ami Barak et Karen Levy (qui l’assistait pour l’organisation d’un parcours contemporain et architectural) à la Shanghai Universal Expo. C’est là que Karen, jeune collectionneuse engagée dans sa collection familiale, la DSL Collection, et co-fondatrice de la plateforme Art of this Century, m’a présenté de nombreux artistes basés à Shanghai, notamment à travers des visites de studios. En compagnie d’Ami Barak et de mon père, Claude Fain, j’ai immédiatement ressenti la nécessité de partager cette impulsion artistique venue d’Asie.

En septembre 2014, nous avons fondé ASIA NOW, afin de faire résonner la scène artistique contemporaine asiatique en Europe, une scène qui à ce jour continue d’être considérée comme « niche ». Nous avons présenté notre premier projet à l’occasion de la Biennale de Venise en 2015 au Palazzo Strozzi – une installation in situ de Zheng Guogu et du collectif Yangjiang Group, « The Writing of Today are a Promise for Tomorrow, » sous le commissariat de Martina Köppel-Yang.

J’ai ensuite organisé la première édition d’ASIA NOW à l’Espace Pierre Cardin en octobre 2015, qui réunissait 18 galeries sélectionnés par Ami Barak. Affirmant dès ses débuts son statut de « boutique art fair » à échelle humaine et son parcours fluide d’une salle à l’autre – chaque salle étant investie par une sélection de galeries présentant leurs projets respectifs, ASIA NOW s’engage à tisser des liens entre collectionneurs, commissaires d’expositions, galeries asiatiques et occidentales, et artistes. En tant que collectionneuse et passionnée du « video art », je cherche non seulement à initier les collectionneurs de la scène artistique asiatique, mais aussi à surprendre et satisfaire ceux qui connaissent déjà et collectionnent ces artistes en proposant une sélection de qualité à la fois de galeries, artistes et œuvres.

Ainsi, ASIA NOW se fait à la fois témoin et acteur du développement de cette scène à l’international.

Qu’est ce qui a fait le succès selon vous de la plus parisienne des foires asiatiques ?

ASIA NOW dispose d’une identité unique et désormais ancrée dans le paysage de l’art contemporain à Paris et dans le monde – celle de première foire en Europe consacrée à l’art contemporain asiatique. Nous avons maintenu et développé nos objectifs établis en 2015 – nous poursuivons notre exploration de la scène artistique asiatique contemporaine, nous cherchons toujours à en dévoiler les talents émergents et à les soutenir – aussi bien les artistes et les galeries.

Nous avons un rôle d’intermédiaire entre scènes artistiques asiatiques et européennes, et plus globalement occidentales, leurs univers et marchés respectifs.

Comme le démontre notre programmation, et à l’encontre d’autres foires plus commerciales, ASIA NOW a pour objectif de non seulement exposer cette scène aux collectionneurs et professionnels du marché de l’art, mais également de sensibiliser le monde professionnel et institutionnel ainsi que le grand public. Ainsi la foire assure cette dimension didactique et académique.

Nous cherchons à impliquer et tisser des liens entre institutions et acteurs privés qui représentent cette scène en plein essor – experts de l’art contemporain chinois tels que Thomas Berghuis, collectionneurs de premier plan tels qu’Uli Sigg, artistes emblématiques (Kyungah Ham l’an passé notamment), galeries émergentes et établies, marques et autres entités à la frontière entre le commercial et l’artistique, très représentatives de notre époque.

Ainsi, les intervenants de la foire, en y participant, œuvrent à ce développement global de la scène – en influant ainsi sur ses dynamiques et y nourrissant leur processus même de création, pour ce qui concerne les artistes qui performent dans le cadre de la foire ou y produisent des œuvres in situ.

De par son format intimiste, dans un hôtel particulier haussmannien qui lui donne cette nature profondément parisienne, la foire se déroule comme une balade, une découverte ouverte et accessible à tous.

Quelles sont les nouveautés de cette 4ème édition ?

Tout comme les éditions précédentes, cette 4ème édition conserve son format clé, tout en le déclinant sous une forme nouvelle :

  • Sa plateforme dédiée à une scène particulière. L’an passé consacrée à la Corée du Sud, elle se tourne cette fois-ci vers le Japon. La Plateforme Japonaise sera en effet consacrée à la scène contemporaine japonaise, à travers les propositions d’une dizaine de galeries venues du Japon.
  • Ses projets spéciaux. La programmation est en cours de finalisation, mais nous présentons cette année une variété de projets spéciaux, dont une « preview » de l’exposition « Roppongi Crossing 2019 » au Mori Art Museum de Tokyo, et une installation in situ de Makoto Aida.
  • Son cycle de conférences et de projections. ASIA NOW accueille chaque année une sélection rigoureuse et pointue d’ acteurs de la scène artistique asiatique. Cette année, la foire compte parmi les participants Catherine David, du Centre Pompidou ; Hou Hanru, du MAXXI à Rome ; Akiko Miki, du Benessee Art Site à Naoshima ; ou encore Clélia Zernik, de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Ces conversations se feront en parallèle d’un cycle de projections de vidéos, dont la sélection de vidéos d’artistes curatée par CoBo Social, mais aussi le documentaire « Wind and Water » sur l’artiste Zheng Guogu ou encore « A New Energy in Chinese Art: Zhao Zhao (Stockholm & Beijing) » consacrée à l’artiste Zhao Zhao, entre autres.

  • Son Design Project, en cours de finalisation.

Quelle est la typologie du public et ses attentes ?

ASIA NOW attire à la fois collectionneurs internationaux de renom et connaisseurs de ces scènes, représentants d’institutions et jeunes collectionneurs désireux de découvrir le travail des artistes exposés. Tous, me paraît-il, partagent un intérêt commun pour la sélection rigoureuse menée par ces galeries très réputées à l’échelle locale, pionnières de la région et dont la proposition est validée par nos experts.

Nous avons identifié trois groupes principaux de collectionneurs acheteurs d’art asiatique. Tout d’abord, les collectionneurs asiatiques qui collectionnent des œuvres d’art aussi bien occidental qu’asiatique et qui considèrent ASIA NOW comme une plateforme d’échelle plus petite et adaptée offrant uniquement le meilleur des scènes asiatiques. Les collectionneurs asiatiques qui se rendent à la foire ont entre 25 et 45 ans ; ils sont à la tête de collections de premier rang et possèdent parfois leurs propres musées privés.

Dans un second temps, nous constatons la présence de collectionneurs européens dans leur cinquantaine qui collectionnent déjà abondamment l’art asiatique – dirigeants de collections et fondations de forte renommée. En se rendant à la foire, ils recherchent des nouveaux artistes à fort potentiel aussi bien que les nouvelles œuvres et propositions d’artistes déjà reconnus et plus établis. Ils collectionnent déjà les travaux de ces artistes reconnus et sont en quête de découverte.

Enfin, ASIA NOW attire des collectionneurs européens âgés de 30 à 60 ans qui commencent à prendre en compte les travaux d’artistes asiatiques afin de les intégrer à leur répertoire et diversifier leurs collections. Leurs intérêts sont multiples, et souvent tournés vers les classiques, tels que les artistes minimalistes coréens, la scène contemporaine chinoise, ou encore la scène philippine. Ils souhaitent se voir guider au sein d’une sélection des meilleurs artistes de cette nouvelle génération en Asie, qu’il s’agisse d’étoiles montantes ou déjà ancrées.

En tant que scène artistique plus restreinte, ou encore « niche », l’art contemporain asiatique attire les collectionneurs souhaitant découvrir de nouvelles scènes, de nouveaux artistes, et soutenir les nouveaux potentiels. Uli Sigg, qui participait à la programmation de la foire l’an passé, est un exemple représentatif de ces collectionneurs pointus. Au moment de l’ouverture économique de la Chine post-Mao, il a joué un rôle majeur dans la renaissance de la scène culturelle et artistique chinoise à l’échelle mondiale. A travers une recherche rigoureuse et de nombreuses rencontres, il a constitué l’une des plus importantes collections d’art contemporain chinois qu’il continue d’enrichir aujourd’hui. Il joue encore aujourd’hui une part active dans la création d’un pont entre cultures occidentale et asiatique. Ainsi, le rôle du collectionneur s’étend, de celui d’acheteur d’art asiatique à celui d’actif participant dans le développement de cette scène, notamment à travers ses liens avec des artistes tels qu’Ai Weiwei, Cao Fei, Fang Lijun, et bien d’autres. A ce titre, il a récemment fait don d’une grande partie de sa collection à M+, musée qui devrait ouvrir ses portes à Hong Kong en 2019.

Quel(s) déploiement(s) envisagez-vous ?

Bien que nous ne soyons pas dans une perspective d’augmentation de galeries participants à la foire, nous espérons pouvoir nous étendre dans l’espace tout en maintenant le cadre intimiste qui nous est si cher. Cela permettra à chaque galerie de se déployer dans l’espace et d’offrir aux participants un lieu idéal pour exposer leurs projets et sélection d’artistes respectifs.

C’est notamment ce que nous avons réussi à entreprendre cette année ; en effet, la Plateforme Japonaise dispose de son propre espace supplémentaire de 150 m2 au sein de la foire, une grande avancée pour nous et dont nous nous réjouissons, qui permet véritablement de mettre en lumière cette scène en particulier en parallèle aux autres propositions de la foire.

Enfin, nous œuvrons chaque année à enrichir notre programmation de projections, conférences et conversations, projets spéciaux, programme hors-les-murs et partenariats, afin de renforcer notre dimension d’acteur dans le développement dans la connaissance et la recherche autour de la scène asiatique.

Par ailleurs, un projet et grande ambition est d’exporter la foire à l’international dans les années à venir, notamment à Londres.

INFORMATIONS PRATIQUES

Asia Now 2018

Un nouveau prix tremplin pour les jeunes photographes

ArtPhotoLimited lance son prix tremplin, en partenariat avec fotofever, la première foire dédiée à la découverte et la collection de photographie contemporaine à Paris. Vous avez jusqu’au 30 août pour participer !

L’objectif de ce prix est de permettre au grand public de faire émerger un artiste qui n’aurait pas encore été sélectionné par les circuits traditionnels, et ce, au travers d’un vote du public ouvert à tous.

Les 3 finalistes seront exposés sur le stand d’ArtPhotoLimited lors de la prochaine édition de fotofever du 8 au 11 novembre prochain au Carroussel du Louvre. Le lauréat du vote du public se verra offrir une exposition personnelle en 2019 dans une galerie parisienne renommée, afin de lancer sa carrière sur le marché de l’art.

Les candidatures sont ouvertes du 11/06 au 30/08 minuit. Elles sont réservées aux photographes professionnels uniquement.

Les candidatures se font uniquement en ligne sur le site ArtPhotoLimited :

https://www.artphotolimited.com/sellers/tremplin-registration

Pour candidater, les photographes doivent présenter leur travail et proposer une sélection de 10 à 30 photographies.

A l’issue de cette phase, un jury composé de personnalités reconnues du monde de la photographie sélectionnera les 3 finalistes avant d’ouvrir le vote au public pour désigner le lauréat. Le vote du public se déroulera du 22/10 au 11/11, à la fois en ligne et également lors de fotofever via des tablettes mises à disposition des visiteurs.

PhotoDoc, la foire internationale dédiée à la photographie documentaire

La 3ème édition de la foire internationale de photographie documentaire PhotoDoc s’est déroulée ce week-end à la Halle des Blancs Manteaux, en plein cœur du Marais. Galeries et agences se sont réunies pour faire découvrir au public l’étendue du spectre de la photographie documentaire. L’ambiance est détendue et chaleureuse sous le regard bienveillant de Charlotte Flossaut, fondatrice de la manifestation. Les stands sont composés de palettes de bois, certains prennent le parti de les utiliser bruts avec une accumulation d’images d’autres ont opté pour un accrochage plus classique avec la présence de grands tirages encadrés…

Cette année, la foire PhotoDoc a remis deux prix : le prix du Jury  qui récompense l’une des galeries de la foire et pour la première fois, le Prix Open Call In Frame.

C’est François Bornstein et sa galerie SIT DOWN qui remportent le Prix du Jury PhotoDoc qui présentait trois photographes cette édition 2018, Aurore Bagarry, Olivier Culmann et Sandra Mehl. La Galerie sera l’invitée de l’édition 2019 de la Foire.
Le jury était composé de : Chantal Andre – Fannie Bourgeois / Christie’s – Monique Chaix – Laurent Cheminade – François Hebel / Fondation Henri Cartier-Bresson – Claudia Huidobro – Emmanuelle De L’ecotais / Musée D’art Moderne De La Ville De Paris – Christine Ollier – Alain Wais.

La galerie présente « Glaciers II », une sélection de photographies  d’Aurore Bagarry appartenant à l’inventaire photographiques des glaciers du massif du Mont Blanc en France, en Italie et en Suisse, mené par la photographe, de 2011 à 2017.
Avec « The Others », projet mené de 2009 à 2013,  les autoportraits d’Olivier Culmann reprennent les archétypes des différentes catégories sociales ou religieuses de la société indienne. Le photographe s’approprie les codes et les pratiques des studios de quartiers, tout en explorant les limites du médium photographique.
Née et ayant grandi à Sète, Sandra Mehl a documenté la plage des Mouettes durant les étés de 2012 à 2014. Sa série « P.S. : je t’écris de la plage des Mouettes » est le récit intime d’un étonnement retrouvé, celui d’une enfance sétoise, d’un territoire et d’un mode de vie que notre modernité industrielle et urbaine semble avoir épargnés.

Pour la première fois, In Frame, site dédié à la photographie documentaire et Photo Doc. créent ensemble un prix pour mettre en lumière le travail d’un.e photographe documentaire. Un appel à projet a été lancé en janvier 2018 sur la thématique « America ». 10 photographes ont été présélectionnés par In Frame et Photo Doc. , parmi une centaine de dossiers.

In Frame expose à Photo Doc. des images des 10 photographes nommés : Teo Becher, Pierre Belhassen, Fadi Boukaram, Bertrand Desprez, Mélanie Desriaux, Jeoffrey Guillemard, Caroline Lessire, Alexis Pazoumian, Anita Pouchard Serra, Alexis Vettoretti.

Le Prix Open Call In Frame / Photo Doc. 2018 est décerné à Jeoffrey Guillemard pour sa série « Southern Border ». Un Coup de Cœur a été décerné à Alexis Vettoretti.

http://photodocparis.com

3e édition de l’Urban Art Fair au Carreau du Temple

Paris Capitale des Arts. Alors que Art Paris Art Fair ferme les portes de sa 20e édition, le Street Art prend ses quartiers au Carreau du Temple accueillant pour la troisième année consécutive l’Urban Art Fair. Le succès de cette forme d’expression est palpable dans l’Hexagone où de nombreux projets liés au street art voient le jour. Aussi, Paris est la deuxième scène incoutournable de cet art dit révolté et insoumis.

Sujet de nombreuses expositions et tendance du marché de l’art, le street art est passé de la rue au musée, du vandalisme à la reconnaissance et a conquis un public toujours plus nombreux chaque année. Cette foire singulière réunit une sélection exigeante de galeries françaises et internationales, une trentaine venant de 8 pays différents et réunis autour de la thématique: Pourquoi vivre en ville ?

Amateurs ou collectionneurs, vous pourrez appréhender cet art urbain sous toutes ces formes à travers le regard de 200 artistes et pourquoi pas succomber à l’achat d’une oeuvre? Graffiti, bombes aérosols, pochoirs, muralisme dressent un panorama des différentes techniques de cet art né dans les rues new-yorkaises dans les années 1960.

Pour cette nouvelle édition, Urban Art Fair privilégie les galeries qui présentent un solo ou duo show et les mettra en lumière grâce à une scénographie générale remaniée. Plus qu’à l’accoutumée, séances de dédicaces, installations et performances rythmeront les quatre jours de la foire. Urban Art Fair collabore avec Urban Films Festival, événement de référence dans la découverte de films liés à l’univers urbain, avec pour cette édition, un accent mis sur les films d’artistes street art et graffiti. Ainsi, nous retrouvons quelques figures de la culture populaire comme Snoopy ou Wonder Woman, les artistes historiques  de cette scène à l’instar de Speedy Graphito, Jo One et L’Atlas  au milieu de celle émergente comme le français Vincent Cherry. De coups de coeur (mention pour le travail de Robert Prooch et ALBER) en belles découvertes pour tous les fans de street art. Mais pas que!

France: Galerie 42b,  Adda & Taxie  By Night Gallery, Galerie Ange Basso, Galerie Artistik Rezo, Galerie Bartoux, Galerie Berthéas , Galerie Brugier-Rigail, COX Gallery, David Pluskwa Art Contemporain , Frag Art, Joël Knafo Art,  Galerie du Jour Agnès B., Galerie Lelia Mordoch, Le Grand Jeu, LOFT du 34, Galerie Mathgoth , Galerie Openspace, Tokyoite, Galerie Wallworks, Galerie Géraldine Zberro.

Allemagne: Pretty Portal Gallery, Urban Spree Galerie
Angleterre: Art In The Game, Under the Radar
Belgique: Galerie Francis Noël – ESPACE 75,  Galerie Martine Ehmer
Canada: Galerie LeRoyer
Chine/USA: Avenue des Arts
Italie: Street Art Place
Pays-Bas: The Garage Amsterdam, Vroom & Varossieau
Suède: Galleri MDA
Suisse: Galartis
UMA (Universal Museum of Art).

URBAN ART FAIR
Du 13 au 15 avril 2018
Le Carreau du Temple
4 rue Eugène Spüller
75003 Paris
Ouverture public :
Vendredi 13 avril de 11h à 20h
Samedi 14 avril de 10h à 20h
Dimanche 15 avril de 10h à 19h
Tarifs : 15€ tarif plein, 10€ tarif réduit (gratuit pour les moins de 12 ans et les personnes en situation de handicap)

Urban Films Festival les vendredi 13 et samedi 14 avril 2018
Auditorium du Carreau du Temple
2 rue Perrée
75003 Paris
Tarif : Entrée libre
Plus d’infos ici

Art Paris 2018, La Photographie en bonnes places

Nul doute, le salon international et printanier de l’art contemporain fait à la photographie une place légitime, l’invitant à côtoyer sur les mêmes stands le dessin, la peinture, la sculpture et l’installation. Plus rare qu’à Paris Photo ou à fotofever, la photo est donc à même de toucher, de surprendre et passionner les visiteurs autant qu’elle attire les collectionneurs.

C’est d’abord chez Françoise Paviot, la rencontre en bon esprit du génie de Man Ray, dont les originaux protégés du soleil de verrière d’un Grand Palais devenu serre, avec des auteurs plus récents nommés Agnel, Appelt, Crane, Dudognon, Nefzger, Konopka ou Blume. Chez Pascal Vanhoecke, Hervé Szydlowski  lui-même dessinateur, affiche un polyptique de sa dernière série des Masques, seize portraits de nus réalisés au plein air d’un camp naturiste, déplaçant la pudeur des textiles aux visages parés pour d’étranges fêtes vénitiennes. Aussi habile en pellicule qu’au fusain, Szydlowski reste fidèle à sa quête esthétique sur le corps tel qu’il compose avec l’âge, pour atteindre une majesté roborative, l’insolent triomphe de la maturité. La beauté pure se retrouve en mode divers chez Templon avec le tout récent Douce France de Pierre et Gilles et à la Artco Gallery d’Aix-La-Chapelle, avec les tirages de Justin Ding Wall de poses chorégraphiées de jeunes femmes noires, voisinant le travail mixte des portraits de Marion Boehm qui modèle les visages dans la matière même du support, et leur imprime la trame d’une écriture gothique parfois rehaussée de perles.

Bel accrochage chez Rabouan Moussion, pour deux signatures brillantes, avec Tania Mouraud et ses grands tirages de scènes chic et agitées des années Palace qui font écho aux deux expositions du dernier hiver en ville, Philippe Morillon chez Pierre Passebon et Cédric Dordevic chez Patrick Gutknecht, en leur temps chroniquées par Mowwgli. Erwin Olaf  se trouve sur le même stand représenté par trois images créées pour le groupe Indochine, sur le coup de cœur artistique du chanteur Nicola Sirkis : Olaf fidèle à lui même, à son esthétique sans faute,  à son mélange de perfection et de cruauté enfantine. A l’extérieur du stand, les Façades de Xavier Zimmermann, nouvel artiste de la galerie diffusent leur atmosphère hitchcockienne dans l’éblouissement de leur lumières nocturnes, pendant austère et sans couleur aux paysages brumeux de Todd Hido proposés par la Galerie Particulière.

La Galerie Berthet Aittouarès  présente le dernier travail d’Antoine Schneck, photographe toujours habile à plier la technique à son désir de ne jamais transiger avec le réel. Une série de tirages de ses Fleurs habille un des murs du stand par ses demi-teintes glissant entre le lavis et la mine de plomb, obtenues par le savant mélange de techniques numérique et argentique, mâtinées de l’antique collodion. Procédé noble aussi pour le tragique et sublime sujet de Pascal Convert dont Eric Dupont expose deux des quinze tirages contact Platine Palladium 166 x 105 cm formant ensemble le monumental panoramique de la Falaise de Bâmiyân photographiée en 2017. Fidèle à son angle Sud-Est de Grand Palais, la galerie ON de Pékin associe à l’Oceanus Procellarum, peintures à l’encre sur papier froissé de Phenix Varbanov, le travail particulièrement sensible de Shen Wei, né à Shanghai et qui commence son activité de photographe avec son installation en 2000 à New York. L’œuvre qui navigue entre une douce nostalgie de la Chine et le temps qui passe sur le corps d’un homme encore jeune résonne de cette musique des chambres de rencontres qu’abritent les pages sensuelles et glacées d’un cinquième livre paru aux éditions L+l /ON Gallery, « Undefined time of Intuition ».

http://artparis.com

Focus Art Paris Art Fair 2018 : Li Chevalier à la Galerie Benamou-Maxé

Installée dans le 3e arrondissement de la capitale, la Galerie Albert Benamou-Véronique Maxé défend une vision artistique issue du monde oriental, à travers une sélection d’artistes fusionnant traditions et images populaires. Cette rencontre sur les rives entre Orient et Occident est le lieu de création d’une majorité d’artistes représentés par ces deux galeristes vifs et passionnés. A quelques semaines d’intervalle, ils ont proposé deux solo show, deux artistes uniques, deux médiums différents, traduisant des sensibilités et une créativité singulière. (Re)Découverte de deux grands noms de la scène contemporaine.

Lors du salon de dessin contemporain Drawing Now Art Fair, qui s’est tenu du 22 au 25 mars 2018 au Carreau du Temple, la Galerie Benamou-Maxé avait proposé un solo show de l’artiste Sam Kaprielov. Sous le titre de « Art noir », l’artiste originaire de Lettonie dévoilait une pratique artistique faite de traits rapides et scandées. Des lignes droites forment des espaces organisés recevant des personnages à la stature immobile et fixe. L’artiste s’inspire des films hollywoodiens, avec une prédilection hitchcockien, dont il tire des images. Cette récupération visuelle aboutit à un vrai dessin, une véritable étude plastique sur papier réalisée au fusain, au pastel ou au crayon qu’il essuie ensuite au chiffon afin de conférer un aspect velouté. L’idée est d’arriver à retranscrire la lumière cinématographique dans le dessin contemporain, extraire une luminescence, sculpter la lumière de l’intérieur pour la faire jaillir. Le contraste entre noir et blanc et le format des dessins rappellent la production cinématographique mais il est une manière de montrer les liens entre ces deux médiums, dont les rendus semblent  identiques sans les mêmes techniques. Sam Kaprielov a participé à de nombreuses expositions et de foires internationales dont Art Genève Art Fair.

Du figuratif à l’abstrait, d’un univers concret aux paysages poétiques: pour Art Paris Art Fair, la foire d’art contemporain printanière parisienne qui se déroule du 05 au 08 avril, la Galerie Benamou-Maxé présentera les toiles de l’artiste françoise d’origine chinoise Li Chevalier. Vivant entre Pékin et Paris, Li Chevalier est une artiste connue et reconnue pour ses compositions évanescentes faites de paysages ésotériques et magnétiques, conduisant l’être humain dans une profonde réflexion philosophique. Elle tente d’établir un pont entre deux rives, l’Orient et l’Occident, en synthétisant leurs paradoxes dans des oeuvres crépusculaires conjuguant la fluidité de l’encre et la matérialité de la peinture occidentale, symbolisée par la toile. Parfois, du sable vient apporter volume et densité à ces mirages enchanteurs. Une quête profonde sur la notion de beauté intérieure et extérieure et une ouverture vers la voie immatérielle de la méditation à travers des symboles évocateurs:. bancs solitaires, petits ponts et croix. Li Chevalier a exposé dans de nombreuses institutions internationales et ses toiles ornent les murs de l’Ambassade de France en Chine depuis 2011.

Galerie Benamou – Maxé
7 ru Froissart
75003 Paris
Plus d’infos ici
Site internet de Art Paris Art Fair ici

Rencontre avec Guillaume Piens, Commissaire général d’Art Paris Art Fair

La vingtième édition d’Art Paris Art Fair ouvre ses portes aux professionnels dès demain, pour l’occasion, nous avons rencontré Guillaume Piens, le commissaire général de l’une des plus importantes foires d’art contemporain parisiennes.

Mowwgli : Les 20 ans d’Art Paris Art Fair, une date symbolique, un regard subjectif à travers 20 artistes. En quoi le profil de François Piron rejoignait vos objectifs, comment la sélection s’est-elle opérée ?

Guillaume Piens : A l’occasion des 20 ans d’Art Paris Art Fair, dont la vocation d’origine était de soutenir le marché de l’art français, nous avons développé la thématique de ce regard subjectif sur la scène française avec une sélection de 20 artistes parmi les projets des galeries participantes opérée par le commissaire d’expositions et critique d’art François Piron.

Nous avons choisi François Piron pour son indépendance de propos, sa capacité d’analyse et son intérêt pour les artistes francs-tireurs ou en marge des mouvements dominants qui correspond bien à l’esprit de découverte ou de redécouverte d’Art Paris Art Fair.

François Piron a en effet écrit à notre demande un texte d’analyse de fond sur les 20 artistes sélectionnés avec l’idée  de produire une cartographie plus complexe et plus diversifiée de la scène française au-delà des narrations instituées.

Pour la sélection, il y a eu tout d’abord un travail de recherche qui s’est porté sur des artistes singuliers, inclassables et en marge des mouvements dominants des années 1960 à nos jours, suivi de rendez –vous dans les galeries pour les convaincre de participer au projet.

Nous sommes très heureux du résultat qui met l’accent sur des figures à redécouvrir comme Frédéric Pardo à la Galerie Loevenbruck, le dandy du Paris psychédélique des années 1970,  ou Hessie à la Galerie Arnaud Lefebvre, femme de couleur et immigrée, précurseur dans les années 1970 d’un art féministe, ou sur des découvertes comme Vincent Gicquel, jeune artiste présenté en solo show par la Galerie Thomas Bernard Cortex Athletico.

Mowwgli : Quelle vision avez-vous sur la scène française en terme de visibilité internationale et stratégie des artistes ?

G. P. : On le sait, les artistes Français manquent de visibilité à l’international car ils ne sont pas assez soutenus, contrairement à d’autres pays, par leurs propres collectionneurs et institutions. Il a fallu attendre vingt ans après sa disparition pour que César obtienne une rétrospective au Centre Pompidou. Cependant des éclaircies se dessinent. Les artistes français étaient à l’honneur à New York en mars dernier avec une rétrospective de François Morellet à la DIA art foundation, Parmentier à la Galerie Ortuzar projects, et Martin Barré à la très influente Matthew Marks, sans parler de l’ouverture de la nouvelle galerie d’Emmanuel Perrotin dans le Lower East side avec une grande exposition de Jean-Michel Othoniel. Effet Macron ou pas, il  y a un regain d’intérêt au niveau international pour la France avec un nouveau paysage institutionnel dynamique qui se dessine pour Paris dominé par l’initiative privée (ouverture en Mars de la Fondation Lafayette Anticipations qui sera suivie en 2019 par celle de Fondation Pinault à la Bourse du commerce).

Mowwgli : Pays à l’honneur la Suisse avec une forte densité de réseaux culturels et qualité de l’offre : Quelles composantes a souhaité mettre en avant Karine Tissot dans son « Panorama » ?

La Suisse est à l’origine de certains des courants artistiques et des créateurs les plus singuliers du XXème et XXIème siècle.

Entre goût de l’épure et humour décalé, la scène artistique suisse est prolifique et diverse à l’image d’un pays à la croisée de différentes traditions et cultures européennes. C’est également une scène très décentralisée où chaque ville, de Zurich à Bâle, de Genève à Bern, cultive son autonomie et sa différence.

Outre la présence d’une centaine d’artistes, de différentes générations, représentés aussi bien par des galeries suisses qu’européennes, le programme vidéo, conçu par la commissaire invitée Karine Tissot, privilégie les femmes artistes suisses, l’apparition de ce nouveau médium dans les années 1970 coïncidant avec le suffrage féminin introduit au niveau fédéral en février 1971. De même les projections numériques sur la façade mettent en avant une génération d’artistes très innovante comme Camille Scherrer, Alan Bogana, Yves Netzhammer. Trois artistes qui représentent, par leur origine, trois régions culturelles différentes de la Suisse (Camille Scherrer pour la Suisse romande, Alan Bogana la Suisse italienne, Yves Netzhammer la Suisse alémanique).

En écho aux pratiques in-situ très prisées par les artistes suisses contemporains, les murs monumentaux nord et sud de la nef accueilleront quatre compositions murales all over conçues spécifiquement pour la foire dont un projet photo-mural de Christoph Rüttimann présenté par Mai 36 Galerie. Enfin, la Suisse étant le pays en Europe qui compte la plus grande densité de collections et de fondations, Karine  Tissot a invité la Collection d’Art Helvetia, collection exclusivement axée sur les artistes helvètes avec plus de 1 700 œuvres. L’exposition « Panorama », conçue par Karine Tissot se concentre sur ses dernières acquisitions et une quarantaine d’artistes peu connus en France. Elle raconte en trois volets l’importance dans l’art suisse de la ligne et du dessin, la relation au paysage.

Mowwgli : Promesses, et le Prix « l’art est vivant, promesses » : Quels phénomènes observez-vous en terme d’émergence depuis la création de ce secteur ?

G. P. : Il y a aujourd’hui  une mondialité de l’art. Les artistes viennent de tous horizons et de territoires de plus en plus lointains. Le secteur Promesses met en avant des scènes peu représentées à Paris comme ce fut le cas en 2017 avec des galeries venant d’Angola, de Lagos ou  de Bogota.

Concernant les artistes, leur pratique est de plus en plus interdisciplinaire. Je constate un retour au métier ; le dessin, la peinture, la céramique ou le textile par exemple. Beaucoup abordent les questions liées à l’identité et à l’appartenance, la relation au corps et à l’intimité, la mémoire et les oublis de l’histoire dans une société de l’information dominée par la vitesse et le présent, la relation à l’urbain et la destruction du paysage.

Mowwgli : Quelles sont les clés de la réussite d’Art Paris Art Fair, en ce printemps des arts parisiens et comment voyez-vous l’avenir ?

G. P. : La principale réussite d’Art Paris Art Fair est d’avoir aujourd’hui une identité bien particulière : promouvoir les nouveaux horizons de la création internationale, explorer les scènes peu ou rarement représentés à Paris,  soutenir la création française et européenne de l’après-guerre à nos jours, être une foire accessible aux passionnés d’art moderne et contemporain.

Sa réussite s’appuie aussi le travail acharné d’une équipe motivée d’une dizaine de personnes qui travaillent à l’année et que je tiens à saluer.

Depuis sa refonte complète en 2012 avec une nouvelle direction artistique et stratégique, Art Paris Art Fair est devenu le rendez vous incontournable pour l’art moderne et contemporain au printemps. La vingtième édition s’annonce des plus réjouissantes !

INFORMATIONS PRATIQUES
Art Paris Art Fair 
Du 5 au 8 avril 2018
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://artparis.com
Mowwgli est partenaire média de l’événement.

On n’a pas tous les jours vingt ans !

ArtParis ArtFair célèbre ses vingt ans et s’impose au fil des éditions dans le paysage surconcurrentiel des foires. Avec près de 55 000 visiteurs l’an passé qui mettait en lumière le contient africain, la foire met cette année la Suisse à l’honneur. La proposition de la commissaire Karine Tissot présente une scène artistique dynamique, à l’image de ce pays à la croisée des différentes traditions et cultures européennes. Et cette année, c’est la large place faite aux solo show qui attire l’attention: 35 seront consacrés à des artistes modernes et contemporains, un parcours privilégié afin d’appréhender le travail d’un artiste, pénétrer au coeur de sa création.

Dès mercredi l’équipe de Mowwgli se mobilise toute la semaine pour extraire le meilleur parmi les 140 galeries installées au Grand Palais.

Cette semaine également, nous accueillons Carine Dolek, l’une des fondatrices du festival photographique Circulation(s) qui n’en finit pas de monter.

Bonne semaine de découvertes à tous !

Visuel : Todd Hido présenté à la Galerie Particulière / Galerie Foucher-Biousse
http://www.artparis.com/fr/gallery/195

J-8 : Art Paris Art Fair, remportez des invitations !

Cette année Art Paris Art Fair fête ses 20 ans ! A l’occasion de cette édition anniversaire, Mowwgli, partenaire de l’événement, vous offre 8 invitations coupe file* d’une valeur de 25€. Du 5 au 8 avril 2018, la foire réunit 142 galeries de 23 pays au Grand Palais. Le pays à l’honneur de cette nouvelle édition sera la Suisse.

JEU CLOTURE : *Pour participez, envoyez-nous un email à info@mowwgli.com. Les 8 premiers lecteurs à répondre recevront l’invitation numérique par retour d’email.

Foire généraliste ouverte à toutes les formes d’expression y compris la vidéo et le design, Art Paris Art Fair se caractérise par son approche thématique qui met l’accent sur la découverte ou la redécouverte :

Un regard sur la scène française : un choix de 20 artistes pour les 20 ans d’Art Paris Art Fair par François Piron, commissaire d’exposition et critique d’art.

Pour ses 20 ans et en écho à sa vocation d’origine de soutien au marché de l’art français, Art Paris Art Fair a demandé au commissaire d’expositions et critique d’art François Piron de porter un regard subjectif sur la scène française en opérant une sélection de 20 artistes parmi les projets des galeries participantes et en produisant un texte d’analyse de fond. Ce choix met en avant des figures singulières des années 1960 à nos jours qui se sont tenues en indépendance, voire en marge de l’histoire dominante et dont le travail mérite aujourd’hui une relecture et une plus grande visibilité.

La Suisse à l’honneur

Art Paris Art Fair a forgé sa réputation en ouvrant le champ de l’art et en explorant des scènes étrangères. Après l’Afrique, la Suisse est l’invité d’honneur de l’édition 2018. Entre goût de l’épure et humour décalé, la scène artistique suisse est prolifique et diverse à l’image d’un pays à la croisée de différentes traditions et cultures européennes. Confiée à Karine Tissot, historienne de l’art et commissaire d’exposition, cette invitation s’attachera à promouvoir la richesse et la diversité de la scène helvète à travers un riche programme.

Promesses, le soutien aux jeunes galeries et à la création émergente

Réservé aux enseignes de moins de six ans d’existence, le secteur Promesses met en avant 12 galeries prometteuses invitées à présenter un maximum de trois artistes. Le Prix l’art est vivant, Promesses viendra récompenser à un moment clé de sa carrière un jeune talent représenté par les galeries de ce secteur dédié à la création émergente.

Solo Show : 35 expositions monographiques d’artistes modernes et contemporains

L’exposition monographique est un moment privilégié dans le parcours d’un artiste, favorisant la meilleure connaissance de son travail et par-delà, sa reconnaissance. Depuis 2015, Art Paris Art Fair encourage la présentation d’expositions monographiques disséminées au sein de la foire. La 20ème édition se distingue par un nombre record de 35 solo show consacrés à des artistes modernes et contemporains.

À Paris au printemps

Un vent de renouveau souffle sur la France et Paris qui s’affirme plus que jamais comme une capitale mondiale de l’art. Le parcours VIP « A Paris au printemps », conçu en collaboration avec les institutions parisiennes pour les professionnels de l’art et collectionneurs invités, témoigne de l’effervescence de la scène artistique de la ville lumière en avril.

Rendre accessible l’art contemporain

Art Paris Art Fair a pour vocation de rendre accessible l’art contemporain à un public élargi. Quelques 80 visites « décryptage » sont organisées avec l’Observatoire de l’art contemporain. Des outils spécifiques sont mis à disposition du public, en particulier le site internet avec la visite virtuelle de la foire, et ses filtres de recherche par artiste, ordre de prix, origine géographique, technique…Les flyers de présentation pour chaque galerie permettent aux visiteurs de s’informer et de naviguer aisément dans la foire.

INFORMATIONS PRATIQUES
Art Paris Art Fair
Du 5 au 8 avril 2018
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.artparis.com
Prix d’entrée
Plein tarif : 25€
/!\ Les invitations à gagner sont valables le jeudi de 11h30 à 20h et le vendredi de 11h30 à 21h
Tarif pour les étudiants et groupes (à partir de 10 personnes) : 12€
Gratuit, moins de 10 ans

Coups de cœur sur Drawing Now. Le dessin s’ouvre à des pratiques plus larges

Une 12ème édition dense et particulièrement riche de découvertes. Voici une petite sélection de mes coups de cœur qui penchent certes vers des œuvres qui flirtent avec l’art contemporain.

Le travail qui m’a probablement le plus impressionné dans cette édition 2018 est présenté par la Galerie Maubert qui propose des œuvres hallucinantes qui questionnent l’enfermement réalisées par Nicolas Daubanes. Il crée sur des panneaux aimantés, qu’il utilise comme des cartes à gratter, des scènes de vie carcérale qu’il recouvre ensuite de limaille de fer. Cette limaille, qui renvoie aux barreaux sciés des prisons, n’adhère plus au panneau sur les parties grattées et est ainsi libérée laissant apparaitre en négatif la scène. Des œuvres troublantes et percutantes.

La galerie Backslash installée dans la section Process, dédiée aux expérimentations du dessin contemporain, propose une œuvre totale puisque c’est tout le stand qui est transformé en œuvre d’art. L’artiste Xavier Theunis a eu carte blanche pour mettre en scène les travaux de plasticiens, de peintres et de dessinateurs. Un dialogue qui se transforme en symphonie.

La galerie Galerie Escougnou-Cetraro nous propose un solo show du duo Pia Rondé & Fabien Saleil qui pratique un dessin à l’eau-forte sur plaques de zinc, ainsi que des dessins à l’argenture de miroir et peinture sur verre, reprenant des techniques habituellement appliquées à la gravure. Marquées par la soudure, percées par les acides, les plaques assemblées se transforment en bas reliefs à la présence sculpturale. Des œuvres qui troublent notre vision qui semble se dédoubler et font apparaître des jeux d’architecture et  de perspectives.

Cathryn Boch à la galerie Papillon, présente un travail qui sort largement du dessin pour devenir des œuvres en 3D aux allures d’objets organiques. Ces compositions faites de fragments de cartes et de photographies qu’elle tord, étire, plie et brûle sont cousus et brodés de fils qui dessinent des formes énigmatiques et créent des paysages fantastiques.

J’ai beaucoup aimé aussi la série Avalanche de Sophie Bouvier Ausländer présentée par la galerie londonienne Patrick Heide. Sur des cartes géographiques recouvertes de peinture, notre artiste suisse par un jeu de quadrillage, comme le feraient des sauveteurs sur le terrain après une avalanche, et de grattage fait apparaitre ici ou là quelques éléments. Le propos ne contient pas d’anecdote ni d’histoire personnelle mais interroge plutôt la carte en tant que représentation du monde.

La photographie inspire également de nombreux dessinateurs Par exemple, la galerie Sator s’intéresse à l’histoire à partir du travail d’Eric Manigaud qui questionne la notion de vérité en confrontant la pratique du dessin aux sources photographiques et celui de Jean-Marc Cerino qui réactive des archives photo avec des œuvres en brou de noix sur film polyester.

La galerie Particulière rend hommage au cinéma avec les œuvres de Mathieu Dufois.

Le monde est un théâtre et Mathieu Dufois a choisi d’en rendre compte à partir de toute une production de dessins inspirés de films et de photographies passées.

J’ai été agréablement surpris de voir une série de Gérard Fromanger qui nous gratifie d’une toute nouvelle production en reproduisant des portraits hyper célèbres d’artistes tout aussi célèbres : Basquiat, Picasso, Delacroix, Giacometti… présentée par la galerie Caroline Smulders. Fidèle à son tracé de lignes et l’enchevêtrement de courbes, il donne naissance aux visages et corps des artistes qui font partie de son panthéon.

Enfin, la galerie Claire Gastaud présente deux polyptiques d’Alain Josseau qui dissèque les images de cinéma, de presse, en les réinterprétant. Deux œuvres magistrales sont présentées, l’une Mossul vs Bull Run constituée de 15 tableaux, met en confrontation plusieurs visions de la guerre spectacle, l’autre réalisée spécialement pour Drawing Now Time-surface autour du film « I comme Icare » compile en une seule image le déroulement du film.

L’ensemble exposé est important il y a de nombreuses autres œuvres qui ont un intérêt particulier celles de Pedro Barateiro (galeriaFilomena Soares), de Janko Domsic (Christian Berts art brut),  de Jan Voss (Galerie Lelong&co), d’Eric Lambé (galerie Martel),  de Lenny Rébéré (galerie Isabelle Gounod)…

Une belle édition !

INFORMATIONS PRATIQUES
Drawig Now Art Fair
Du 22 au 25 mars 2018
La carreau du Temple
4rue Eugène Spuller
75003 Paris
http://drawingnowparis.com