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Thu-Van Tran à la Cristallerie Saint-Louis – Fondation d’entreprise Hermès

Nous avions rencontré Marie Cozette à la Cristallerie Saint-Louis à l’occasion du premier volet de son cycle de programmation « l’héritage des secrets » suite à l’invitation de la Fondation Hermès faite à la Synagogue Centre d’art contemporain de Delme. Après le duo Hippolyte Hentgen, c’est un solo show qu’elle propose de l’artiste d’origine vietnamienne Thu-Van Tran qui vit et travaille en France (diplômée des Beaux Arts de Paris).

Pour l’exposition l’artiste initie une nouvelle série d’arches en bois d’hévéa. Leur clef de voûte, un fragment de cristal initialement destiné au pilon, devient ici l’élément central sans lequel la sculpture s’effondrerait. Un jeu d’équilibres et de tensions qui rend solidaires deux matériaux aux histoires singulières. Importé dans les années 1920 en Indochine, l’hévéa est cultivé intensivement pour la production de caoutchouc pendant la période coloniale. Pour pousser,
le bourgeon doit envahir une plante-hôte, tout en se laissant transformer par son environnement. Cette contamination réciproque est au cœur du travail de Thu-Van Tran, elle-même étant le fruit d’une histoire entrelacée entre son pays d’origine et son pays d’accueil. Ses matériaux portent les traces d’une possible fiction.
De même avec cette série de photogrammes, inspirée par le rassemblement silencieux d’une communauté de femmes, des domestiques, que l’artiste a observé dans les rues de Hong-Kong au cours d’un récent voyage en Asie. Une présence forte le dimanche sur la passerelle reliant le port du centre ville, qui contraste avec leurs existences précaires et fragiles économiquement. Des frictions à la fois poétiques et politiques.
Inauguré en 2007 et situé au cœur de la manufacture, La Grande Place musée du cristal Saint-Louis présente, au sein d’une collection permanente, 2000 œuvres appartenant au patrimoine de Saint-Louis sur un parcours initiatique de 953 mètres, témoignage d’un savoir-faire quatre fois
séculaire. Les vitrines exposent les pièces résultant des nombreux savoir-faire emblématiques de Saint-Louis et sont illustrées —par vidéo— des gestes des artisans d’aujourd’hui. La scénographie soulignant l’architecture originale signée Lipsky+Rollet vous invite à découvrir de manière ludique
et pédagogique les propriétés du cristal Saint-Louis.
La Fondation d’entreprise Hermès développe huit grands programmes qui articulent savoir-faire, création et transmission.
New Settings pour les arts de la scène, Expositions et Résidences d’artistes pour les arts plastiques, Immersion pour la photographie, Manufacto, la fabrique des savoir-faire et l’Académie des savoir-faire pour la découverte et l’approfondissement des métiers artisanaux.
À travers H3, elle soutient également, sur les cinq continents, des organismes qui agissent dans cette même dynamique. Enfin, son engagement en faveur de la planète est porté par son programme Biodiversité & Écosystèmes.
Thu-Van Tran est représentée par la galerie Meessen De Clercq (Bruxelles, Belgique) et prépare pour 2019 sa première exposition personnelle à la galerie Rüdiger Schöttle (Munich, Allemagne).
A partir du 1er août Marie Cozette prend la direction du CRAC Occitanie à Sète mais poursuit son cycle artistique à la Cristallerie en invitant Dominique Ghesquière.
INFORMATIONS PRATIQUES :
Exposition ouverte au public du 12 juillet 2018 au 7 janvier 2019
La Grande Place musée du cristal Saint-Louis
Rue Coëtlosquet
57620 Saint-Louis-lès-Bitche
Tous les jours de 10h à 18h, sauf le mardi
Actualités de la Fondation Hermès :

La Réouverture de la Fondation Henri Cartier-Bresson dans le marais, prévue pour cet automne

Inaugurée en 2003, la Fondation Henri Cartier-Bresson était située dans le 14ème arrondissement de Paris. Chaque année, nous pouvions découvrir trois grandes expositions consacrées à des grands noms de la photographie. A partir de cet automne, le 9 novembre 2018, la Fondation nous accueillera en plein cœur du Marais au 79 rue des Archives. Cet espace, plus central et plus facilement accessible, permettra notamment de meilleures conditions de conservation des collections.

Un nouveau lieu et une nouvelle direction, puisque c’est François Hébel, l’ancien directeur des Rencontres d’Arles, qui succèdera à Agnès Sire, co-fondatrice et directrice artistique de la Fondation. Elle restera toujours membre de l’équipe de la fondation.

Aménagé par les architectes de l’agence Novo, ce nouvel espace offre un linéaire d’exposition d’abord doublé puis triplé dans un avenir proche. Plus souple et de plain-pied avec la rue, ce nouvel l’espace inscrit la Fondation Henri Cartier-Bresson dans la densification culturelle du Marais et lui permet d’accroître la portée de ses missions pour un public plus nombreux.

Pour l’inauguration de son nouveau lieu, la Fondation inaugurera son nouvel espace avec une rétrospective consacrée à Martine Franck, fidèle épouse d’Henri Cartier-Bresson, disparue il y a 6 ans…
Martine Franck revendiquait la célébration de la vie, une joie profonde devant l’humanité tout en luttant contre l’exclusion avec toute l’empathie qu’elle savait déployer. Photographe engagée, Martine Franck devint militante pour nombre de ces causes qu’elle photographia activement, une sérieuse audace pour la jeune femme à qui l’on avait appris à ne pas franchir les limites.

INFORMATIONS PRATIQUES
• En ce moment à la Fondation /!\ Derniers Jours
Jusqu’au 29 juillet 2018
Robert Adams : Our Lives and Our Children
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis
75014, Paris
• A venir : Inauguration de la Fondation
Martine Franck
Du 6 novembre 2018 au 10 février 2019
Fondation Henri Cartier-Bresson
79 rue des Archives
75003, Paris
http://www.henricartierbresson.org

La Fabrique de l’Esprit®, du regard à l’expérience à la Fondation Francès

Depuis sa création, La Fabrique de l’Esprit® développe des contenus pédagogiques, élabore des programmes éducatifs culturels, à l’appui d’oeuvres contemporaines et des oeuvres de la collection Francès. L’ensemble de ses programmes répond à des enjeux éducatifs, artistiques et culturels.

Le programme d’histoire de l’art s’adresse à tous. De l’initiation à partir de 4 ans, à l’approfondissement des connaissances de 8 à 15 ans jusqu’aux adultes.

La Fabrique de l’Esprit® développe aussi des projets à la carte. Personnalisés et adaptés aux problématiques des équipes pédagogiques des institutions scolaires pour répondre, oeuvres à l’appui, aux attentes éducatives et culturelles singulières des établissements

L’exposition La Fabrique de l’Esprit®, Du regard à l’expérience, présente une sélection d’oeuvres de la collection Francès choisie pour illustrer les contenus
de son programme d’éducation artistique. Une réalité concrète pour venir alimenter le récit ou l’expérimentation et donner ainsi accès à l’art, pour tous.

Cette exposition renoue avec les origines de la fondation : des oeuvres en dialogue et la notion de récit, sublimant par la même occasion l’expérience du plaisir esthétique. Ainsi, le public est invité à découvrir les vestiges d’une chair éprouvée par Berlinde de Bruyckere, la lumière hollandaise des photographies de Désirée Dolron, en passant par les sculptures organiques de Pascale Marthine Tayou. Enfin, Jean Rustin et les inspirations numériques d’Andy Denzler et Matthieu Boucherit dialoguent en face à face. Avec en point d’orgue, Adrian Ghenie, The flight into Egypt II, et son désir d’éveiller nos consciences face aux dangers imminents.
Gravitant tout autour de ces oeuvres, une quête de sens, côtoyant des réflexions philosophiques proches de celles de Lucrèce (vers 98-55 avant J-C) sur la nécessité de s’imprégner de la nature dans un but d’épanouissement. Cette nature est présente in situ, cohabitant avec les oeuvres puisque une résidence bio-inspirée est expérimentée au sein de la fondation d’entreprise Francès.

La première résidence d’artistes bio-inspirés.
Afin de susciter et de provoquer de nouveaux échanges, créer de nouvelles expériences et des projets artistiques inspirés par cette logique de recherche et d’innovation avec le vivant, cette résidence s’inscrit dans une finalité créative et d’expérimentation, et se caractérise par la transmission et l’échange autour des matériaux, de l’environnement ou encore de l’innovation. Des artistes, tels que Michel Blazy, ou Eduardo Kac, sont des références en matière de création bio-inspirée. La nature est une source d’inspiration prolifique, qui se transmet et se développe.
Cette première résidence d’artistes se veut immersive et vise à créer une oeuvre identitaire,tout en développant des échanges entre artistes, chercheurs, institutions privées et publiques.

Lucas Dauvergne et Mathieu Corticchiato sont les deux lauréats de l’appel à projet lancé en 2017. Leur projet propose la création d’une sculpture-nid grâce à la participation active de fourmis tisserandes, les Formicidae Oecophylla.
Du regard à l’expérience est une exposition qui questionne la nature humaine à travers un processus créatif transgénérationnel.

Créée en 2009 par Hervé et Estelle Francès, la Fondation est conçue comme un laboratoire de réflexion autour d’un ensemble réunissant près de 600 œuvres.

La collection réunit 250 artistes issus de 50 pays s’exprimant aussi bien à travers des peintures, des photographies, des sculptures, des installations, des vidéos, des objets détournés…Un constat à postériori dévoile un fil rouge, celui de «l’Homme et ses excès» et devient alors une source d’inspiration et de
convictions affirmées.

INFOS PRATIQUES :
La Fabrique de l’Esprit®, Du regard à l’expérience,
Jusqu’au 24 août 2018
Fondation d’Entreprise FRANCÈS
27, rue Saint Pierre
60300 Senlis
mediation@fondationfrances.com
http://www.fondationfrances.com

Oscar Muñoz, Lauréat du Prix de la Fondation Hasselblad 2018

La 38ème édition du Prix international de la Fondation Hasselblad vient de récompenser le photographe colombien Oscar Muñoz, pour l’ensemble de son travail. Il reçoit ainsi la somme de 1.000.000 SEK, soit environ 90.000 euros.

Le jury de cette édition 2018 était présidé de Mark Sealy (Directeur, Autograph ABP, Londres) et composé de quatre autres personnalités internationales : Marta Gili (Directrice du Jeu de Paume, Paris), Paul Roth (Directeur de Ryerson Image Centre à Toronto), Bisi Silva (Fondatrice et Directrice Artistique du Centre for Contemporary Art, Lagos) et Hripsimé Visser (Commissaire Photo au Stedelijk Museum, Amsterdam)

Oscar Muñoz, né en 1951 à Popayán (Colombie), est considéré comme l’un des artistes contemporains les plus importants de son pays natal. Diplômé de l’Institut des Beaux-Arts (Instituto de Bellas Artes) de Cali, il développe, depuis plus de quatre décennies, une œuvre autour de l’image en relation avec la mémoire, la perte et la précarité de la vie. Grâce à des interventions sur des médiums aussi différents que la photographie, la gravure, le dessin, l’installation, la vidéo et la sculpture, son œuvre défie toute catégorisation systématique.
Oscar Muñoz débute sa carrière dans les années 1970 à Cali, dans un contexte d’effervescence culturelle et pluridisciplinaire intense. À cette époque, Muñoz travaille avec le dessin au fusain sur des grands formats, s’affirment ensuite des axes fondateurs de sa pratique : parmi ceux-ci, un intérêt constant et marqué pour l’aspect social, un traitement très spécifique des matériaux ; l’utilisation de la photographie comme outil de mémoire.
Le Jeu de Paume lui a consacré une rétrospective en 2014 : http://www.jeudepaume.org/?page=article&idArt=2011

INFOS PRATIQUES
Hasselbladstiftelsen
Ekmansgatan 8,
412 56 Göteborg
Suède
info@hasselbladfoundation.se
www.hasselbladfoundation.se

Lafayette Anticipations, une vigie curatoriale à géométrie variable !

Créée en octobre 2013 par Guillaume Houzé pour le groupe Galeries Lafayette, la Fondation Lafayette Anticipations se dote d’un bâtiment conçu comme une plateforme pluridisciplinaire par Rem Koolhaas et son agence OMA au 9 rue du Plâtre dans l’épicentre du Paris de la création.
Pendant le processus de réhabilitation de cet immeuble du XIXème siècle sur 3 ans, un programme de préfiguration a été lancé questionnant le statut et les missions d’un tel outil à partir de consultations et invitations variées auprès d’institutions partenaires.

Une scène de théâtre :

Sur une surface de 2200 m², le bâtiment de 7 niveaux remporte le défi de taille de concilier à la fois une souplesse programmatique et les contraintes de préservation patrimoniale à l’aide d’une « tour d’exposition » rendue mobile par ses planchers. Un dispositif inédit qui offre une gamme de 49 configurations différentes au service de ce laboratoire de production. Un théâtre pour l’art. Ce tour de force du célèbre architecte néerlandais (qui signe également le dernier QG de la fondation Prada) est aussi audacieux que pertinent dans l’expérimentation offerte aux artistes à partir de cette factory au sous-sol, véritable catalyseur de la machine d’ensemble.

Entre le verre et le métal, le son et la lumière avec l’artiste Lutz Bacher :
L’américaine qui s’est choisie un pseudo masculin s’inscrit dans une démarche contestataire conceptuelle à partir d’images questionnant les identités sexuelles et codifications sociales. Elle imagine en réponse à la radicalité de Rem Koolhaas un geste minimal d’une grande sobriété à partir de paillettes, de sons et de surfaces réfléchissantes. Intitulé « The silence of the sea » en hommage à ce héros de la résistance française. Plus qu’une exposition en tant que telle, c’est une réponse à l’in situ.

La commande spéciale à Camille Blatix :

Ce n’est pas la première fois que Lafayette Anticipations soutient l’artiste (né en 1984, lauréat du Prix Fondation Ricard) qui imagine pour les soubassements du bâtiment une installation semi-pérenne sorte de centrifuge géothermique, totem poético-sensible à la fois étrange et familier.

A venir : exposition collective à partir du 20 juin « le centre ne peut tenir »

Les éditions et systèmes d’informations : dont l’ouvrage manifeste 9 Plâtre 2018

Equipe curatoriale :
François Quintin, directeur délégué
Charles Aubin, Anne Colin et Hicham Khalidi

La collection :

Riche de plus de 330 œuvres, la collection Lafayette Anticipations a bénéficié du don de la collection d’œuvres d’art de Madame Ginette Moulin en 2013 et a constamment été enrichie depuis sa création.

WE d’ouverture : les 10 et 11 mars, gratuit et accessible à tous
de 11h à 22h le samedi
de 11h à 20h le dimanche

A signaler les 7 et 8 mars : Ediathon Art+ Feminisms
améliorer ou traduire des articles sur des femmes ou des minorités absentes de Wikipédia, alors qu’elles sont fondamentales dans une histoire de l’art plurielle et ouverte. marathons de publications dans le cadre de la campagne mondiale Art+Feminisms.

INFOS PRATIQUES :
Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette
9, rue du Plâtre
75004 Paris
Pour son inauguration, jusqu’au 30 avril 2018, Lafayette Anticipations propose un tarif spécial à 5€ pour toutes et tous !
https://www.lafayetteanticipations.com/fr

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Rencontre avec Laurence Maynier, Directrice de la FNAGP

Aide à la production, gestion d’un parc d’ateliers de créateurs à Paris et Nogent-sur-Marne, expositions et diffusion des œuvres via la Maison Bernard Anthonioz, valorisation des collections de la fondation, sont les missions principales de la fondation créé à partir de deux legs, celui de la famille de Rothschild et Smith-Champion.

Laurence Maynier est l’ambassadrice incontournable de la fondation depuis l’hôtel Salomon de Rothschild désormais à vocation commerciale et évènementielle.
Nous l’avons rencontré pour découvrir les multiples leviers offerts aux artistes à des moments décisifs de leur parcours.

Mowwgli : Que se cache-t-il derrière l’acronyme un peu sec de FNAGP ?

Laurence Maynier : Voici la principale question à laquelle je réponds bien volontiers depuis que j’ai pris la direction de cette belle inconnue, qui fait pourtant un travail considérable depuis 40 ans au service des plasticiens.

Derrière ce sigle se cachent, à l’origine, trois généreuses figures féminines qui, sans le savoir, ont offert aux artistes les conditions de création d’une fondation, véritable opérateur en matière d’art contemporain, qui consacre l’ensemble de ses moyens et de son énergie à leur service.

Vaste ambition, me direz-vous ? Et pourtant, depuis sa création en 1976 sur un modèle unique – l’Etat créée une fondation privée d’utilité publique, pour administrer deux legs qu’il a reçus en 1923 pour le premier et en 1944 pour le second – la FNAGP ne cesse de soutenir les artistes plasticiens, qu’ils soient peintres, sculpteurs, graphistes, photographes, performeurs, vidéastes ou tout à la fois…. dès lors qu’ils créent dans le champ des arts visuels.

Ces deux legs sont le fruit de la générosité de trois femmes : Adèle de Rothschild qui offre, la première, son hôtel particulier de la rue Berryer dans le 8e arrondissement à Paris et les trésors qu’il renferme, afin de servir la cause des artistes puis, à leur tour, les sœurs Madeleine et Jeanne Smith qui offrent à l’Etat français leur immense domaine de Nogent-sur-Marne, là encore pour accompagner les artistes.

Les conditions de ces legs sont, d’une part, la conservation d’un joli cabinet de curiosités pour la Baronne de Rothschild – qu’il est, depuis peu, possible de visiter sur rendez-vous -, une manière de laisser une trace de son goût et de son art de vivre et, pour les secondes, la création d’une maison de retraite pour les artistes dans le besoin à Nogent.

Mowwgli : A quoi sert la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques ?

L. M. : Et c’est à partir de ces actes de philanthropie que la FNAGP va progressivement définir les modes opératoires qui lui paraissent les plus adaptés afin de remplir les attentes des donatrices et de devenir elle aussi, un soutien sinon un mécène des artistes.

Dès les années 70, la Fondation bâtit des ateliers d’artistes en contrebas de son parc de Nogent-sur-Marne, puis la décennie qui suit, un nouveau lot sur un terrain mitoyen. Faute de pouvoir poursuivre ces constructions dans le Val-de-Marne, elle se tourne vers Paris et s’associe à des programmes immobiliers pour construire de nouveaux ateliers. Elle en compte aujourd’hui 91, occupés par des plasticiens de toutes les nationalités, de tous les âges et de toutes les pratiques artistiques.

Dans le même temps, elle reprend la gestion de ce qui s’appelle déjà la Maison Nationale des Artistes, (MNA) cette maison de retraite ouverte en 1945 qui leur est consacrée à Nogent-sur-Marne. Singulier EHPAD qui permet à 75 créateurs âgés de poursuivre, dans un cadre magnifique avec un parc arboré de 10 hectares, leur pratique artistique pour ceux qui le peuvent encore et de rester curieux et avertis, grâce à une programmation culturelle quotidienne qui leur est proposée.

Soucieuse d’offrir aussi un espace d’exposition à la création nouvelle et expérimentale, elle aménage un centre d’art contemporain dans la maison de Madeleine Smith-Champion, l’une des deux sœurs, peintre et élève de Jean-Jacques Henner. Ce lieu est devenu la Maison d’Art Bernard Anthonioz (MABA), en hommage à celui qui imaginât le premier la création d’une fondation… Et l’on y découvre des expositions autour des questions de l’art contemporain dans sa dimension expérimentale, de l’image fixe ou animée, et du graphisme dont elle est devenue par la force des choses l’un des derniers espaces de monstration régulière.

Offrir une maison chaleureuse aux artistes en perte d’autonomie, accueillir des artistes dans des ateliers et des ateliers-logements, leur réserver un espace de diffusion de leur travail constitue déjà en soi une palette ambitieuse d’interventions. Mais la FNAGP ne s’arrête pas là.

Grâce aux revenus immobiliers qu’elle sait dégager de ses biens – c’est sa seule source de financements – elle instaure, à partir de 2011, une aide à la production qui réserve un soutien financier conséquent, chaque année, aux projets d’artistes soumis à une commission mécénat.

Et, tout naturellement, il lui fallait remonter aux premiers pas pour pouvoir prétendre à un accompagnement cohérent et capable de soutenir les artistes aux étapes clefs de leur carrière. C’est chose faite depuis 2016 avec un partenariat de deux années conclu avec une école d’art pour faciliter la transition de l’état privilégié d’étudiant d’art diplômé à celui d’artiste, le plus tôt possible inscrit dans le paysage culturel,

La FNAGP est un acteur discret de la politique culturelle en France et le mécène de quelque 300 artistes soutenus par sa commission mécénat, de plus de 450 artistes dont les œuvres ont été présentées sinon produites à la MABA, d’une dizaine de très jeunes artistes fraîchement diplômés de l’école de la photographie d’Arles, première école bénéficiaire du mécénat de la FNAGP à l’endroit des écoles d’art. Elle a permis à plus de 1 000 artistes de résider à la MNA et à plus de 100 de disposer, aujourd’hui, d’un atelier qui leur permet de produire.

Et derrière ces chiffres, ce sont des œuvres, ce sont des noms, ce sont des hommes et des femmes portés par leur art, qui contribuent à nous offrir un regard, une question, un miroir sur notre monde. C’est probablement là parmi les missions les plus exaltantes qui soient, que de les rencontrer, de les écouter, de les comprendre et de les accompagner.

C’est la Fondation des Artistes !

Cette écoute permet aussi de bouger les lignes et de faire évoluer les modalités d’accompagnement dont ils ont besoin ; ainsi la question du rayonnement de la scène artistique française à l’étranger est un nouvel axe sur lequel la FNAGP travaille et devrait prochainement pouvoir s’investir pour compléter encore davantage son engagement en faveur des artistes.

Retrouvez les prochaines actualités de la FNAGP, à découvrir à Nogent-sur-Marne :

  • le 9 mars, l’exposition Fables, Formes Figures, qui offrira un intéressant dialogue entre un sculpteur Raphaël Zarka et un peintre Emmanuel Van der Meulen, à la Maison d’Art Bernard Anthonioz
  • le 9 mars, l’accrochage d’une sélection de peintures du chef de file de la Figuration narrative, Jacques Monory avec Viens me voir, à la Maison Nationale des Artistes
  • le 9 mars, la parution dans la nouvelle Collection du Parc, coéditée par la FNAGP et Bernard Chauveau Editions, Un temps de rêve consacré à la résidence du photographe Grégoire Korganow à la Maison Nationale des Artistes.

A Paris, sur rendez-vous :

  • la découverte du cabinet de curiosités de la Baronne Adèle de Rothschild qui fit construire l’Hôtel Salomon de Rothschild, 11 rue Berryer Paris 8e, siège de la FNAGP.

Pour en savoir plus : https://www.fnagp.fr + Réseaux sociaux

 

Week-End de clôture « Etre Moderne : Le Moma à Paris

Jusqu’au 5 mars 2018, la Fondation Louis Vuitton propose l’exposition « Etre moderne : le MoMA à Paris », qui présente plus de deux cents chefs-d’œuvre et pièces maîtresses du musée new yorkais. Dans le cadre de la clôture de l’exposition, la Fondation annonce son ouverture exceptionnelle de 9h à 23h les vendredi 2, samedi 3 et dimanche 4 mars 2018. Tout au long de ce week-end dédié à l’art et la culture américaine, la Fondation organise concerts, cours de danse et ateliers en famille ouverts au public.

Dès le vendredi, l’équipe du collectif Bon Esprit rend hommage aux chorégraphies de la chanteuse Beyoncé avec un cours de danse. Plus tard dans la soirée, la jeune rappeuse new-yorkaise d’origine afro-portoricaine Princess Nokia investit l’Auditorium pour un concert mêlant RnB, hip hop et house.

Le samedi, une sélection de DJs proposent des sets aux couleurs de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui, puis le compositeur et performeur Dan Deacon est à son tour en tête d’affiche pour une soirée entre concert et happening électronique.

Pour clore ce week-end au rythme des US, la Fondation offre une dernière occasion de découvrir les ateliers en famille « Mini Factory » autour de la sérigraphie.

En parallèle de cette programmation, des micro-visites dans les Galeries permettent au public d’aller à la rencontre des œuvres iconiques de la collection du MoMA.

Enfin, une offre culinaire originale est concoctée par la Cantine du Marché et par Le Frank, qui propose un menu inédit Spécial MoMA. 

PROGRAMMATION WEEK-END DE CLÔTURE

VENDREDI 2 MARS – 
19h-23h
Accès à l’Auditorium sur réservation – 20 euros

DANSER DANSER… COMME BEYONCÉ – 19h-20h30
COURS DE DANSE
Avec l’équipe du collectif Bon Esprit, le dancefloor n’aura plus de secret pour vous ! Apprenez en compagnie d’un professeur les mouvements clés de Beyoncé pour percer les mystères chorégraphiques d’une des personnalités américaines les plus emblématiques.

PRINCESS NOKIA  – 21h30-22h30
CONCERT
Jeune rappeuse américaine d’origine afro-portoricaine, Princess Nokia navigue entre RnB, hip-hop et house. Avec son premier album « 1992 », elle est devenue le phénomène qui monte et, à travers ses textes, remonte le fil de son histoire ancrée dans la vie multiculturelle de New York. 

SAMEDI 3 MARS – 14h-23h 

DJ SET – L’AMÉRIQUE EN MUSIQUE  – 14h-19h
Accès libre à l’Auditorium avec le billet Fondation
Laissez-vous surprendre par le road-trip musical concocté par nos DJs. Tous les styles sont revisités pour vous offrir une immersion dans l’histoire de la musique américaine.

DAN DEACON – 21h30-22h30
CONCERT
Accès sur réservation à l’Auditorium avec un billet Fondation dédié
Compositeur et performeur, formé au conservatoire de Purchase à New York, Dan Deacon est un touche-à-tout qui manipule l’informatique pour en exploiter toutes les possibilités sonores. Sur scène, il s’offre à de véritables happenings électroniques et interactifs.

DIMANCHE 4 MARS – 14h-18h
Accès libre à l’Auditorium avec le billet Fondation

ATELIER MINI FACTORY !
Les motifs et couleurs pop se déploient à l’envi dans cette Factory en famille ! Enfants et parents découvrent la technique de la sérigraphie, réalisent et reproduisent leur propre création à l’instar de Andy Warhol et des artistes du mouvement Pop Art. 

PENDANT TOUT LE WEEKEND

MICRO-VISITES – NIVEAU -1, 1 ET 2
Toutes les 30min aux points indiqués « micro-visites »
Choisissez votre objet pop et découvrez une œuvre ! Les médiateurs culturels vous proposent des micro-visites ludiques et iconiques, pour partir à la rencontre des œuvres exposées.

LUCKY CHALLENGE – JEU CONCOURS
Disponible gratuitement depuis l’App Store et Google Play
Téléchargez « Lucky Vibes » : le jeu musical de la Fondation.
Ceux qui aiment le décalage, les voyages aériens, les challenges et la Fondation peuvent tenter leur chance et gagner un billet coupe-file pour notre prochaine exposition, en participant au Lucky Challenge de ce week-end. 100 invitations pour 2 personnes à gagner !

BAR & FOOD
Cocktails, jus, sodas et bières US… La Cantine du Marché surprend nos papilles avec une carte originale, pensée pour le week-end de clôture.

LE FRANK
MENU SPECIAL MOMA
Réservation obligatoire : reservation@restaurantlefrank.fr ou au 01 58 44 25 70

INFORMATIONS PRATIQUES
Etre moderne : Le MoMA à Paris
Du 11 octobre 2017 au 5 mars 2018
Fondation Louis Vuitton
8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne
75116 Paris.
www.fondationlouisvuitton.fr

Notre invitée de la semaine est Albertine de Galbert

Cette semaine, notre invitée est Albertine de Galbert, commissaire d’exposition indépendante et productrice de projets de coopération culturelle. Son exposition « Le bruit des choses qui tombent » est actuellement visible à Marseille, au Frac PACA, jusqu’au 18 février prochain.

Traductrice de formation, Albertine de Galbert a travaillé dans une galerie new-yorkaise et à Madrid dans une agence de relations publiques (ArtBasel, Museo Picasso Malaga), avant d’être chargée de la production auprès de Jean-Paul Boucheny, d’une cinquantaine de films pour la série documentaire L’Art et la manière, portraits d’artistes diffusés sur Arte entre 2005 et 2008.
Depuis 2008, et après un voyage de prospection d’un an dans une dizaine de pays d’Amérique du Sud, elle développe des projets d’expositions et de coopération culturelle avec des artistes et des institutions du continent dont le site arte-sur.org, lancé en 2011 au Centre Pompidou.
Elle a été commissaire de plusieurs expositions parmi lesquelles : La distance juste (2013, Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris), Collective Fictions (2013, Palais de Tokyo, Paris), La Fascination des Sirènes – Fredi Casco (2014, Maison de l’Amérique latine, Paris), My Buenos Aires  (co-curatrice avec Paula Aisemberg, 2015, La Maison Rouge, Paris), Ni héroes ni mártires (2017, Museo Amparo, Puebla, Mexico) et Le bruit des choses qui tombent (2017, Frac Provence Alpes-Côte d’Azur, Marseille).

Elle est par ailleurs vice-présidente de La Maison Rouge (Paris) et présidente du conseil d’administration de l’École Nationale Supérieure de Beaux-Arts de Cergy-Paris.
http://www.arte-sur.org
http://www.lamaisonrouge.org

Le Portrait chinois d’Albertine de Galbert

Si j’étais une œuvre : Unheimlich, Miriam Cahn
Si j’étais un musée : Belleza y Felicidad (« Beauté bonheur », un projet de Fernanda Laguna à Buenos Aires)
Si j’étais un.e artiste : Un qui joue du piano debout
Si j’étais un livre : « Noces » d’Albert Camus
Si j’étais un film : « Lucia et le sexe » de Julio Medem
Si j’étais un morceau de musique : « Gravité » de Flavien Berger
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : Une photo de famille
Si j’étais une citation : « Il ne faut pas tirer sur les marguerites pour les faire pousser »
Si j’étais un sentiment : La tendresse
Si j’étais un objet : Une soucoupe volante
Si j’étais une exposition : Le bruit des choses qui tombent, mon expo sur la peur au Frac Paca
Si j’étais un lieu d’inspiration : L’île d’Yeu
Si j’étais un breuvage : Le Pisco Sour
Si j’étais une héroïne : Gandhi
Si j’étais un vêtement : Une combinaison de ski

> Carte blanche à Albertine de Galbert : Fredi Casco (mardi 30 janvier 2018)
> Carte blanche à Albertine de Galbert : Diego Bianchi & Luis Garay (mercredi 31 janvier 2018)
> Carte blanche à Albertine de Galbert : VIDEO SUR au Palais de Tokyo (jeudi 1er février 2018)
> La Playlist / Les Bons Plans d’Albertine de Galbert (vendredi 2 février 2018)

INFORMATIONS PRATIQUES
Le bruit des choses qui tombent
Commissariat : Albertine de Galbert avec Elena Lespes Munoz
Jusqu’au 18 février 2018
Frac Provence Côte d’Azur
20, bd de Dunkerque
13002 Marseille
http://www.fracpaca.org

Inauguration de la Fondation Carmignac le 1er juin 2018

Villa Carmignac, Porquerolles © Lionel Barbe

Un musée au milieu de la méditerranée

La Fondation Carmignac ouvrira ses portes sur l’île de Porquerolles le 1er juin 2018. Cette villa accueillera la collection d’art contemporain de la fondation, mais également des expositions temporaires au sein de plusieurs espaces d’expositions sur un espace de 1500m2 et un jardin de sculpture.

La Fondation Carmignac, créée en 2000 à l’initiative d’Edouard Carmignac, financier et collectionneur, est une fondation d’entreprise qui s’articule autour de trois axes : une collection qui comprend près de 250 œuvres d’Art contemporain, le Prix du photojournalisme remis annuellement, et le site de Porquerolles ouvert au public.

http://www.fondation-carmignac.com/fr/

Les collectionneurs français à l’honneur au musée des Beaux Arts d’Angers, rencontre avec Iola Lenzi (Fondation La Roche Jacquelin)

Très impliqué dans l’art contemporain, le musée des Beaux Arts d’Angers met l’accent sur 5 collectionneurs engagés de la région, qui ont accepté de livrer une partie de leur collection au regard du public.
Sous le commissariat de Christine Besson et Sandra Doublet, « Collectionner, le désir inachevé » qui va de l’abstraction lyrique après-guerre (Association PACA, présence de l’art contemporain Angers) à des artistes plus émergents comme Aurélie Pétrel qui à travers une nouvelle production interroge les ressorts de la collection d’Alain Le Provost, conceptuels comme Art&Language et Marcel Duchamp avec Philippe Méaille ou plus lointains comme avec la collection La Roche Jacquelin d’Iola Lenzi et Jean-Louis Morisot, dédiée au Sud Est asiatique.

Une déambulation plurielle et subtile qui témoigne d’un engagement pérenne et fidèle à travers des sensibilités variées.

Vivant depuis 25 ans entre la France et l’Asie, le couple franco-canadien-britannique, Iola Lenzi et Jean-Louis Morisot, a sillonné les pays de l’Asie du sud-Est tels que la Thaïlande, puis l’Indonésie, le Vietnam, la Birmanie et les Philippines, choisissant des œuvres qui dénoncent, à partir d’une économie de moyens, au delà des valeurs montantes et sirènes du marché.

Ils ont ouvert en 2007 la Fondation La Roche Jacquelin pour ancrer cette collection d’étude, accueillir des artistes en résidence et sensibiliser le public aux enjeux qu’ils défendent. Iola commissaire d’expositions et historienne de l’art, est revenue sur le sens que peut avoir pour un public français de montrer des artistes du Sud-Est asiatique, dans le prolongement de la conférence inaugurale qu’elle donne le soir même. Elle a répondu à nos questions.

Mowwgli : L’art de ces artistes est-il un art engagé tel que nous l’entendons ?

Iola Lenzi : Pour nous en Occident nous ne mesurons pas bien le contexte asiatique avec un art officiel appuyé par l’état et un art avant-gardiste que nous montrons. Un art non officiel non autorisé, pour passer outrer l’institution dans la mesure où il n’y a pas de presse libre, de société civile, e droit de vote, c’était alors naturel pour eux et presque inconscient d’aller vers un art engagé.
Il est normal pour ces artistes, tout en ayant des éléments post-modernes, contemporains et contextuels, d’aller dans ce sens là mais pas dans une optique d’être vus ou collectionnés par les occidentaux. C’est une œuvre qui reste très esthétique et belle plastiquement, ce qui nous a séduit immédiatement, même si leurs critères esthétiques ne sont pas les mêmes que les nôtres.

Mowwgli : Comment s’organisent les résidences d’été à la Roche Jacquelin ?

I. L. : Il n’y pas d’obligation de production sur place, les artistes sont totalement libres même si tous ont voulu laisser une trace trouvant des éléments sur les lieux qu’ils retravaillent ensuite. L’Asie du Sud-Est est une culture essentiellement bouddhiste avec cette approche innée de la réutilisation, du recyclage, du non gaspillage ce qui n’a rien avoir avec Duchamp même si les historiens de l’art asiatiques qui ont fait leurs études en Amérique cherchent à nous le faire croire.

Mowwgli : Focus sur quelques œuvres :

Joséphine Turalba (Philippines), « Scandals »
Performance participative et évolutive, ces sandales conçues à partir de cartouches et de balles, élégantes et séduisantes au 1er regard, se révélant difficiles à porter dans la mesure où elles déclenchent un claquement sonore. Au delà de leur présentation comme des accessoires de mode, elles se veulent la métaphore d’une société philippine brutale et violente, sous des aspects volontiers glamours.

Vasan Sitthiket (Thaïlande)
Deux marionnettes : un bonze et un général sans cerveau.
A l’image de la corruption des hauts fonctionnaires. Les marionnettes en référence à la culture populaire. C’était toute une série que j’ai commanditée en 2001 alors invendue, comme beaucoup de ces expositions qui ne génèrent pas d’intérêt. Ce qui qui fait que nous les avons acheté plutôt que de les rapatrier en Thaïlande. Nous avons ainsi pu accumuler beaucoup d’œuvres auprès de galeries qui restent assez artisanales.
D’où un art qui reste très accessible. En tant que commissaire j’avais accès facilement à ces artistes jusqu’au jour où notre appartement à Singapour n’était plus assez grand. Nous avons alors acheté une maison en Anjou.

Vu Dan Tan (Vietnam)
Artiste issu d’une famille intellectuelle de Hanoï purgée par le régime communiste dans les années 60, il a grandi en marge de la société, sans pouvoir aller à l’université ni aux Beaux Arts. Il est complètement autodidacte. C’est pour moi le 1er artiste vietnamien contemporain avec une oeuvre très différente de la peinture typique très influencée par la France avec un élément critique sous-jacent. La série s’appelle » Amazones » avec d’emblée l’idée du combat, du combat de la femme. Le faible et le fort. On comprend qu’il peut y avoir un élément discret de subversion de l’état, du pouvoir, des institutions. Ce n’est pas un artiste politique en soi mais hors du système et des appareils. Son œuvre est extrêmement étendue avec des mediums variés et souvent performatifs, comme en 2000 « Cadillac-Icarus » cette voiture icône de l’Amérique qu’il a conduit dans les rues de Hanoï dans un esprit très novateur. Né en 1946 il n’a pas été formé en Europe et reste très contemporain.

Pour conclure et je le revendique tous ces artistes viennent d’une souche locale. Il s’agit d’une sorte d’hybridité esthétique venue aussi par l’art moderne occidental. Mon but est de montrer ces œuvres au maximum et écrire des textes qui mettent en valeur ce mélange d’esthétiques et d’idéologies. Une œuvre qui a cette vocation sociale alors que nous ne sommes que des passeurs. Elle a cette faculté de se glisser dans cet antagonisme d’une société moderne et technologiquement avancée et d’extrême régression politique.

Collections présentées : association PACA (Présence de l’art contemporain Angers), collection Philippe Méaille, collection Fondation La Roche Jacquelin, collection Alain Le Provost, collection particulière.

INFOS PRATIQUES :
Collectionner, le désir inachevé
Jusqu’au 18 mars 2018
Musée des Beaux Arts
14 rue du musée
49100 Angers
http://musees.angers.fr

A l’occasion de votre venue et pour les amateurs d’art contemporain, ne manquez à la Collégiale Saint-Martin l’exposition collective « Un choix de sculptures » avec comme artiste invitée Delphine Coindet.