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Naissance de la Galerie Corsica Luce
Rencontre avec Julie Canarelli

Le 3 août dernier, vient d’être inaugurée une nouvelle galerie dédiée à la photographie : la Galerie Corsica Luce. Situé à Nonza, au nord de Bastia, ce nouveau lieu culturel a été créé par deux femmes : Hélène Franceschi et Julie Canarelli. A l’occasion de leur première exposition qui regroupe les travaux de quatre photographes qui portent leur regard sur la Corse, Julie Canarelli, commissaire d’exposition a répondu à nos questions.

Mowwgli : La Galerie Corsica Luce vient tout juste d’ouvrir ses portes, pouvez-vous nous raconter la genèse de ce projet ?

Julie Canarelli : La galerie Corsica Luce est à Nonza Cap corse, Hélène Franceschi et moi même sommes nunzichi et passionnées de photographie. Nous avons réalisé un livre paru en 2000 qui s’appelle « Nonza- Albums de Famille » , ce livre retrace les images des habitants de Nonza depuis le début de l’histoire de la photographie.
En ce qui me concerne, j’ai été assistante de Lucien Clergue et j’ai fondé avec Serge Gal, l’école de photographie Image Ouverte et c’est naturellement que j’ai associé Héléne au projet de monter une Galerie…

Mowwgli : Votre première exposition « Fighjula » regroupe 4 photographes autour d’une seule thématique, qui est la Corse (Didier Ben Loulou, Lisa Lucciardi, Anton Renborg et Bernard Plossu), pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

J. C. : J’avais envie de montrer des approches différentes de la photographie. L’exposition inaugurale de Corsica Luce regroupe quatre photographes qui ont travaillé sur la Corse. Cette « mostra » qui aura lieu jusqu’au 31 Août se nomme Fighjula ce mot Corse qui traduit littéralement en français signifie « Regarde » mais aussi « Fais attention ». C’est cette attention à la Corse que portent les photographes comme Bernard Plossu ou Didier Ben Loulou connus des amateurs de photographie , ainsi qu’Anton Renborg photographe suédois qui a publié « Notices de Corse » aux éditions Filigranes ou bien Lisa Lucciardi jeune photographe et vidéaste d’Antisanti qui dans sa série « Au Commencement » nous donne à voir sa vision de la Corse. il m’a paru intéressant qu’au delà d’images de la Corse, se pose aussi la question de la Photographie dans sa dimension historique et esthétique…
Du Noir et Blanc de Bernard Plossu aux couleurs fressoniennes de Didier Ben Loulou à l’objectivité d’une certaine photographie qui se veut non romantique de Lisa Lucciardi et d’ Anton Renborg, le spectateur pourra aussi appréhender une histoire de la photographie contemporaine. Et puis j’ai voulu associer un écrivain à cette «mostra » et c’est sous le regard de Gilles Zerlini et son texte L’Annonciation que le spectateur pourra aussi s’imprégner du lieu ou la galerie Corsica Luce a décidé de s’installer.

INFORMATIONS PRATIQUES
Galerie Corsica Luce
U casale
20217, Nonza
https://www.corsicaluce.com

EN CE MOMENT A LA GALERIE

FIGHJULA, Exposition collective

Nos invités de la semaine sont Philippe et Marion Jacquier

Cette semaine nous avons le plaisir d’accueillir en invité Philippe et Marion Jacquier, de la galerie Lumière des Roses basée à Montreuil et spécialisée dans la photographie anonyme. La galerie organise, dans le cadres des Rencontres d’Arles, le 6 juillet, une vente aux enchères de photographies !

Après avoir été producteurs de cinéma pendant 15 ans (Christophe Honoré, Kiju Yoshida, Anne Fontaine – Trois sélections officielles au Festival de Cannes), Philippe et Marion Jacquier ouvrent une galerie à Montreuil en 2005. Spécialisée dans la photographie anonyme et amateur des 19e et 20e siècles, la galerie propose régulièrement des expositions et participe à des salons, notamment Paris Photo qui les accueille chaque année depuis leurs débuts. Depuis peu, ils ouvrent leur galerie au travail de photographes contemporains. Par ailleurs, chaque année, la galerie organise avec l’étude Le Mouël, une vente aux enchères dans le cadre des rencontres photographiques d’Arles. Ils gèrent également le patrimoine photographique de l’arrière grand-père de Philippe Jacquier, Gabriel Veyre, qui fut l’un des grands opérateurs des Frères Lumière.

Depuis 2005, nous exerçons le métier de « chercheurs d’images ». A la question récurrente : « que cherchez-vous ? », nous répondons sans malice que nous ne le savons pas. Nous ne courrons pas après un sujet, une technique, une époque ou une signature. Nous cherchons des photographies qui n’ont pas encore été vues, ou du moins pas comme nous les voyons. Dans le flot incessant de la production photographique, il faut avoir vu des centaines d’images pour espérer découvrir celle qui aimantera notre regard. Lorsque nous la croisons, nous la reconnaissons immédiatement. Elle brille d’un éclat singulier, elle a quelque chose qui nous échappe, elle semble dire autre chose que ce qu’elle montre, elle donne à voir, mais aussi à penser ou à rêver. Elle fait partie des énigmes, de ces photographies dont on ne fait jamais le tour. – Marion et Philippe Jacquier

Le portrait chinois de Philippe et Marion Jacquier

Si nous étions une œuvre d’art : une photographie anonyme
Si nous étions un musée ou une galerie : un musée avec des œuvres exposées sans cartels
Si nous étions un(e) artiste (tous domaines confondus): un amateur
Si nous étions un livre : La transparence de l’œil, du professeur Yves Pouliquen, 1992
Si nous étions un film : « Le village de Namo : panorama pris d’une chaise à porteurs » – vue n° 1296. Film de 45 secondes réalisé au Vietnam par Gabriel Veyre, opérateur des frères Lumière,1899.

Si nous étions un morceau de musique : La bande-son du festival de Cannes qui emplit la salle de projection quand la lumière s’éteint et que le film va commencer : « Ladies and gentlemen, the screening is about to begin… »   extrait du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns
Si nous étions un photo accrochée sur un mur : un daguerréotype dont l’image s’est effacée
Si nous étions une citation : Les frères Lumière, inventant le cinéma en 1895 et mettant en garde les opérateurs qu’ils envoyaient autour du monde : « c’est plutôt un métier de forain, cela peut durer six mois, une année, peut-être plus, peut-être moins… »
Si nous étions un sentiment : notre inquiétude après chaque salon Paris-Photo : où et comment retrouver des photos qui nous émerveillent suffisamment pour les présenter à la prochaine édition ?
Si nous étions un objet : une pellicule non développée trouvée dans un appareil photo au marché aux puces
Si nous étions une expo : « Toute image fait énigme », collection de Michel Frizot exposée à la MEP en 2014
Si nous étions un lieu d’inspiration : une chambre (noire)
Si nous étions un breuvage : l’eau pure et glacée d’un loch des highlands en Ecosse
Si nous étions un héros/héroïne : « Zorro, l’homme au fouet », un photographe anonyme visible actuellement à la Maison Rouge dans l’exposition L’envol.
Si nous étions un vêtement : forcément une paire (de manches, de bas, de chaussettes, etc)

Suivez les Cartes blanches de nos invités de la semaine

> Carte blanche photographique de Philippe et Marion Jacquier : The Rose Elephant (mardi 03 juillet 2018)
> Carte blanche de Philippe et Marion Jacquier : « l’Envol » à la Maison Rouge (mercredi 04 juillet 2018)
> Carte blanche musicale de Philippe et Marion Jacquier (jeudi 05 juillet 2018)
> Les Bon plans à Montreuil de Philippe et Marion Jacquier & La Playlist de Philippe et Marion Jacquier (vendredi 06 juillet 2018)

Notre invité de la semaine est Daniel Templon

Daniel Templon, autodidacte alors âgé de 21 ans, fonde sa galerie en 1966, rue Bonaparte dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. D’abord ouverte sous le nom de Cimaise-Bonaparte dans la cave d’un antiquaire, la galerie déménage rapidement à l’étage, avant de déménager en 1972 dans le Marais, rue Beaubourg, à quelques mètres du futur Centre Pompidou. La galerie est ainsi la première à s’installer dans le quartier Marais-Beaubourg, devenu depuis le quartier de prédilection de l’art contemporain à Paris.

La galerie se fait d’abord fait connaître par son programme autour de l’art conceptuel et minimal : Martin Barré, Christian Boltanski, Donald Judd, Joseph Kosuth, Richard Serra. Dès les années 70, la galerie fait découvrir au public français les grands noms de l’art américain : Dan Flavin, Ellsworth Kelly, Willem de Kooning, Frank Stella, Andy Warhol. Elle s’impose rapidement comme une des galeries de référence dans la promotion de l’art contemporain en France.

En 1972, Daniel Templon lance avec Catherine Millet le magazine Art Press.

Nombreux sont les artistes, entrés aujourd’hui dans l’histoire, qui ont exposé sur les cimaises de la galerie. Dans l’ ordre chronologique : Martin Barré, Arman, César, Christian Boltanski, Ben, Joseph Kosuth, Art & Language, Carl Andre, Dan Flavin, Sol LeWitt, Donal Judd, Ellsworth Kelly, Kenneth Noland, Robert Morris, Jules Olitski, Frank Stella, Olivier Mosset, Richard Serra, Andy Warhol, Willem de Kooning, Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, James Rosenquist, Tom Wesselmann, Julian Schnabel, Karel Appel, Sandro Chia, Francesco Clemente, Helmut Newton, Jean-Michel Alberola, Jörg Immendorff, Lawrence Weiner, Daniel Buren, Robert Mapplethorpe, Jean-Michel Basquiat, David Salle, Joel Shapiro, Keith Haring, Peter Halley, Robert Longo, Jasper Johns, Paul Rebeyrolle, George Condo, Georg Baselitz, Eric Fischl, Raymond Hains, Alain Jacquet, Guillermo Kuitca, Vik Muniz, Malcolm Morley, Jaume Plensa, Jake and Dinos Chapman, Claude Viallat, Daniel Dezeuze, Jim Dine, Jan Fabre, Richard Long, Tunga, Jean-Marc Bustamante, Gérard Garouste, Mike Kelley, Gregory Crewdson, William Eggleston, Ed Ruscha, Hiroshi Sugimoto, Yayoi Kusama, Anthony Caro, Richard Deacon, Larry Bell, James Casebere, Juliao Sarmento, Chiharu Shiota, Kehinde Wiley, Yue Minjun, David LaChapelle, Pierre et Gilles, George Segal.

Le parcours de Daniel Templon a fait l’objet d’un ouvrage de l’historienne Julie Verlaine « Daniel Templon : une histoire d’art contemporain » paru chez Flammarion en 2016, l’année des 50 ans de la galerie. Depuis son ouverture, la galerie a conservé une identité unique caractérisée par l’indépendance et l’ouverture d’esprit de son fondateur. Daniel Templon, fait aujourd’hui figure de référence, tout en poursuivant inlassablement de nouvelles aventures. Fidèle à son engagement auprès des artistes et à sa curiosité, la Galerie Templon est heureuse de s’appuyer sur une histoire remarquable pour développer des ambitions toujours renouvelées.

Aujourd’hui la galerie représente une trentaine d’artistes internationaux. Son programme cherche à promouvoir un dialogue entre différentes générations : artistes établis de l’art contemporain « classique », artistes internationaux de milieu de carrière, et expériences de jeunes artistes.

Elle développe son programme sur trois espaces d’exposition : deux à Paris (30 rue Beaubourg et le récemment inauguré 28 rue du Grenier Saint Lazare) et une galerie à Bruxelles ouverte en 2013. Elle participe aux plus grandes foires internationales, dont la FIAC depuis 1974 et ART BASEL depuis 1978.

Le portrait chinois de Daniel Templon

Si j’étais une œuvre d’art : Des Capétiens partout de Georges Mathieu, première œuvre que j’ai vue au musée
Si j’étais un musée ou une galerie : Scuola Grande de San Rocco à Venise
Si j’étais un artiste: Francis Bacon
Si j’étais un livre : Un amour de Swann, Marcel Proust
Si j’étais un film : Les enfants du Paradis, Marcel Carné
Si j’étais un morceau de musique : La Symphonie des Alpes, Richard Strauss
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : un Grand Nu de Helmut Newton
Si j’étais une citation : « Le style c’est l’homme même », citation de Buffon en exergue des Écrits (1966) de Jacques Lacan
Si j’étais un sentiment : la fidélité
Si j’étais un objet : un vase Ming
Si j’étais une expo : La rétrospective Balthus
Si j’étais un lieu d’inspiration : le Festspielhaus de Bayreuth
Si j’étais un breuvage : un vin rouge, le Château Haut-Brion
Si j’étais un héros : Jean-Sébastien Bach
Si j’étais un vêtement : une chemise d’Issey Miyake

Carte blanche de notre invité :

> Carte blanche photographique à Daniel Templon (mardi 26 juin 2018)
> Carte blanche à Daniel Templon : Jan Fabre (mercredi 27 juin 2018)
> Carte blanche musicale à Daniel Templon (jeudi 28 juin 2018)
> La Playlist de Daniel Templon (vendredi 29 juin 2018)

Carte blanche photographique à Selma Bella Zarhloul, la Gallery FIFTY ONE

Pour cette première journée de carte blanche, notre nouvelle invitée Selma Bella Zarhloul, curatrice indépendante a choisi de nous parler de la galerie d’Anvers qui fête cette année ses 18 ans : la Gallery FIFTY ONE et de son directeur, Roger Szmulewicz.

Mon coup de coeur va à la Gallery FIFTY ONE fondée et dirigée par Roger Szmulewicz. Pour la petite histoire, j’ai rencontré Roger à Paris Photo, il y a environ dix ans alors que je circulais dans les allées du Carrousel du Louvre avec des catalogues Lartigue sous le bras à la recherche d’un nouveau galeriste. Il était assis sur un fauteuil avec au-dessus de lui, une photographie de Gainsbourg, si je ne me trompe. Je ne connaissais pas sa galerie mais son stand dégageait une atmosphère particulière, et j’ai senti que Lartigue y serait bien. Je me suis présentée et il est devenu un représentant privilégié de l’oeuvre de Lartigue en Belgique et au-delà. Et heureux concours de circonstances, l’année d’après, la Gallery FIFTY ONE était cité comme une des dix meilleures galeries photo au monde.

Personnalité élégante, figure proustienne et rock’n’roll à l’oeil aiguisé, à la culture d’une époque révolue et la décontraction contemporaine, Roger Szmulewicz a su conjuguer un choix d’artistes inscrits dans l’histoire de la photographie et des artistes talentueux contemporains. Un mélange qui donne le ton d’un parcours audacieux et cohérent, et d’un équilibre trouvé entre ses goûts et la réalité d’un marché.

En 2014, il a ouvert la Gallery FIFTY ONE TOO, dédiée à d’autres disciplines, comme le dessin, et toujours en lien avec la photographie. Et, depuis peu, une plateforme en ligne curatée nommée 28vignonstreet en hommage à la galerie créée par Daniel-Henry Kahnweiler à l’adresse éponyme.

Une personne comme il en faudrait davantage dans le monde de l’art.

INFORMATIONS PRATIQUES
• GALLERY FIFTY ONE
Zirkstraat 20 – Antwerp
• FIFTY ONE TOO
Hofstraat 2 – Antwerp
http://www.gallery51.com

J’en profite pour suggérer le formidable ouvrage “Galeristes” de Anne Martin-Fugier qui, comme son titre le laisse entendre se compose d’entretiens avec des galeristes.

INFORMATIONS PRATIQUES
Galeristes
Anne Martin-Fugier
Editions Actes Sud
Septembre, 2010 / 11,5 x 21,7 / 304 pages
ISBN 978-2-7427-9236-8
prix indicatif : 23, 40€
https://www.actes-sud.fr/catalogue/actes-sud-beaux-arts/galeristes

L’angle, une nouvelle galerie s’ouvre à Hendaye

Le Pays Basque vit une belle dynamique photographique avec l’ouverture de la galerie L’ANGLE, à Hendaye à mi-chemin entre Biarritz et San Sebastian (Espagne), sous la direction de Didier Mandart, designer et passionné de photographie.

Curieux de questionner par l’image notre relation au monde, L’ANGLE conviera tous les publics à la découverte, à l’échange et à l’apprentissage de la photographie d’art contemporaine dédiée au voyage dans toute sa diversité de sens.
Ainsi la galerie permettra l’accueil et des rencontres régulières avec des auteurs photographes venus transmettre leur regard artistique sur notre environnement, nos cultures et nos sociétés contemporaines.

Pour sa toute première exposition, L’ANGLE présente le travail de Xavier Blondeau et David Tatin, deux artistes qui chacun à leur manière, interrogent d’emblée notre place d’observateur et ce que l’on partage de notre environnement commun. Il est doublement question ici d’un voyage où l’imaginaire de l’absence côtoie la réalité d’une présence, fut-elle furtive. A la frontière des mondes du jour et de la nuit, s’installe un jeu de cache-cache qui dialogue entre le visible et le mystère, l’homme et l’animal, l’urbain et le sauvage…

Inauguration le 4 mai 2018 de 18h à 21h
Exposition_001 du 4 mai au 6 juin 2018 Xavier BLONDEAU – Présence obscure David TATIN – Bestiaire

Les artistes seront présents à la galerie et signeront leurs ouvrages respectifs, le 05 mai pour David Tatin, le 06 mai pour Xavier Blondeau.

L’ANGLE expositions_médiations_formations
6, rue des Citronniers
64700 Hendaye
contact@langlephotos.fr
http://www.langlephotos.fr
https://www.facebook.com/langlephotos/
https://www.instagram.com/l_angle_photographies/

Ouverture de la galerie Miranda, saison féminine avec Jo Ann Callis

L’australienne Miranda Salt inaugure aujourd’hui, dans le 10ème arrondissement de Paris, sa galerie dédiée à la photographie fine art et à l’édition. Une date inaugurale qui n’est pas choisie au hasard, puisque la Galerie Miranda nous offre un premier cycle d’expositions dédié à trois artistes femmes. C’est la photographe américaine Jo Ann Callis qui ouvre le bal avec la série culte, « Early Color », il s’agit de sa première exposition personnelle en Europe.

Le travail de Jo Ann Callis est rapidement remarqué malgré les obstacles auxquels elle a dû faire face : mariée à l’âge de 21 ans, elle est rapidement devenue mère de deux enfants et a donc dû suivre des cours du soir pour finalement obtenir son diplôme en arts plastiques à l’âge de 34 ans, en 1974. La même année, Callis expose un premier travail ‘fétiche’ à la Women’s Building, un centre féministe situé à Downtown Los Angeles.

 « Ces images ne parlent pas uniquement de sexualité mais aussi des limites et des frontières de la photographie, et de sa capacité à nous interpeller. Elles posent la question : peut-on photographier une pensée ? Une image peut-elle représenter à la fois de la sensualité et du cérébral ? Depuis les années 60, Jo Ann Callis explore ces émotions complexes et souvent contradictoires ; aussi, ses photographies sont à la fois esthétiques et gênantes, délicates et crues, mystérieuses et réfléchies. » – Francine Prose

Produite entre 1976 et 1977, au pic du mouvement pour les droits des femmes, la série Early Color’ est subtile, dérangeante et beau à la fois. Réalisé au domicile de l’artiste qui, en plein divorce, met en scène les plaisirs, les troubles et les angoisses de la vie domestique. En mélangent les matières et les surfaces – la peau, le tissu du mobilier mais aussi la soie, le cuir, des traces de rouge à lèvre, du miel – l’artiste propose une vision du corps et un « érotisme mystérieux » (Dazed magazine, 2014) qui sont l’antithèse des postures explicites et codifiées par la pornographie et la publicité de l’époque. Se sentant en phase avec la bataille menée pour les droits des femmes, en pleine ébullition à l’époque, Callis ne se décrit  pourtant pas comme une ‘militante’. Avec cette série, elle a voulu retranscrire un état d’esprit révélé par le corps.
Ce travail est frappant par son approche contemporaine, il a été découvert par le public en 2014 à la ROSEGALLERY de Los Angeles.

De mars à juillet, trois expositions et une sélection de livres feront découvrir ou redécouvrir des artistes aux parcours exceptionnels dont deux sont notamment lauréates de la Bourse Guggenheim et la troisième, une figure de proue de l’art militante et féministe des années 70.

INFORMATIONS PRATIQUES
Early Color
Jo Ann Callis
Du 8 mars au 28 avril 2018
galerie Miranda
21 rue du Château d’Eau
75010 Paris
http://www.galeriemiranda.com

Les Bons Plans Galeries et Musées de Wally Thomas-Hermès

Pour cette dernière journée de carte blanche, notre invitée, Wally Thomas-Hermès,  partage aujourd’hui avec nous une sélection de galeries et musées qu’elle fréquente régulièrement et dont elle apprécie l’engagement et le choix des artistes qu’ils font découvrir à leur public.

Tout d’abord Carole Senille Rapatel, Galerie Art France. Dotée d’une personnalité hors du commun, le regard pétillant, on passerait des journées entières à écouter ses récits sur l’histoire de la scène artistique parisienne qu’elle connaît comme personne. Cette femme d’exception, audacieuse et visionnaire, fut la première française à ouvrir une Galerie en Chine.
36 Avenue Matignon
75008 Paris
http://www.artfrance.com

J’apprécie également la Galerie Magda Danysz. Grâce à Magda j’ai découvert les premières photos de Liu Bolin et le travail de Prune Nourry. Présente en France et en Chine cette galerie est une véritable passerelle culturelle.
78 Rue Amelot
75011 Paris
http://magdagallery.com

Je citerai également Arnaud Faure Beaulieu qui expose des œuvres variées sur le concept novateur de sa Galerie Nomad.
http://nomadgalerie.com

La Galerie Mansart mérite l’attention tant par la qualité de ses accrochages que par les choix parfois audacieux, souvent courageux d’Azad Asifovich.
5 Rue Payenne
75003 Paris
http://www.galerie-mansart.fr

Je visite régulièrement la galerie de Vincent Sator, de Claude Lemand ou de Suzanne Tarasiève ainsi que la galerie Jeanne Bucher
• 8 Passage des Gravilliers, 75003 Paris
https://galeriesator.com
• 7 Rue Pastourelle, 75003 Paris
http://suzanne-tarasieve.com
• 5-7 Rue de Saintonge, 75003 Paris
https://jeannebucherjaeger.com

La liste est encore longue. J’ai également un faible pour la Galerie Meyer d’art d’Océanie et la Galerie Florence de Voldère qui rassemble de véritables trésors des Ecoles du Nord du XVIe au XVIIIe siècle.
• 17 Rue des Beaux Arts, 75006 Paris
http://www.meyeroceanic.art
• 34, avenue Matignon – 75008 Paris

Un clin d’œil à la Galerie « Au Gai Sabot » à Audierne : « bol d’air culturel » en prise directe avec le grand large, animée par deux courageux et opiniâtres découvreurs.
12 Rue Laennec
29770 Audierne
http://gaisabot.weebly.com

Pour le design, je voudrais évoquer Bruno Moinard artiste remarquable au style dépouillé ainsi que Brigitte Saby.

L’exposition « Women House » à la Monnaie de Paris est à mon sens un « must see » pour toutes les femmes et pour tous ceux qui s‘intéressent à l’évolution du rôle de la femme dans la société. A partir du 8 mars l’exposition sera visible au National Museum of  Women in the Arts à Washington, seul musée dédié exclusivement aux artistes femmes.
A LIRE : Women House, vous avez dit féminin ?

A ne pas manquer : « Dada Africa » à l’Orangerie
http://www.musee-orangerie.fr

Parmi les salons artistiques, j’ai un attachement particulier pour Art Cologne : diversité, qualité de sélection des galeries et taille humaine… A Cologne, c’est la galerie de Priska Pasquier que je visite toujours en priorité et, au Salon, le stand de la « Galerie Moderne ».

Et pour suivre l’actualité artistique à travers le regard de professionnels, « l’Observatoire de l’Art » et « Art absolument »

Le mot de la fin et un petit clin d’oeil pour l’extraordinaire Musée Magritte de Bruxelles avec cette photo non-interdite de « la reproduction interdite » que j’ai eu le bonheur de revoir aujourd’hui.

L’œil ouvert a une bonne et une mauvaise nouvelle…

Copyright © 2018 L’oeil ouvert, All rights reserved

On commence par la mauvaise nouvelle : L’œil ouvert ferme ses portes après 12 ans d’existence, 12 ans à faire découvrir des nouveaux talents… Au vu de la fermeture très prochaine, la galerie propose des tirages en vente à des prix défiant toutes concurrence.  Jusqu’au 20 février 2018 vous pourrez les emporter à des prix jamais vus à partir de -20% à jusqu’à -70%.

INFORMATIONS PRATIQUES
1 rue Lucien Sampaix – Paris 10ème
Métro République et Jacques Bonsergent
Ouverture de la galerie :
Du mardi au samedi de 11h à 19h
contact@loeilouvert.com
+33 1 40 37 05 73
loeilouvert.com

Sortie du carnet Photographie(s) Lyon & co

La douzième édition du carnet Photographie(s) Lyon & co est disponible ! A l’initiative de Catherine Dérioz, co-directrice de la galerie Le Réverbère, ce carnet est un petit agenda qui recense les événements liés à la photographie des divers lieux culturels de l’ancienne capitale des gaules et ses alentours.

Au menu de ce nouveau numéro, 21 institutions et galeries qui consacrent leur programmation de ce début d’année à la photographie. C’est notamment le cas du Musée des Beaux-Arts de Lyon qui propose, jusqu’au 5 mars, l’exposition  » Los Modernos  » rassemblant une centaine de photographies d’auteur proposée aux côtés des plus grands artistes européens et mexicains.

A noter également, les 30 ans du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne. A cette occasion, une importante exposition est organisée sous le titre « Considérer le monde », qui rassemble des œuvres d’exception issues de la collection du musée (Christian Boltanski, Larry Clark, Walker Evans, Nan Goldin, Urs Luthi, Richard Prince, Thomas Struth…). Cette dernière est visible jusqu’au 16 septembre 2018. Et jusqu’au 8 avril, ne manquez pas l’exposition-focus sur le « Narrative art », confiée à l’historien Alexandre Quoi, qui met en lumière ce courant méconnu des années 1970, regroupant pratiques conceptuelles qui combinent photographies et textes !

Le petit guide vous permettra également d’organiser votre parcours à travers les propositions artistiques des galeries lyonnaises : le Bleu du Ciel, la Galerie vraies rêves, la Galerie Lumière, la Galerie Noir et Blanc et bien entendu la Galerie Le Réverbère…
En dernière page vous trouverez le calendrier des vernissages et des rencontres.

Vous êtes lyonnais, vous séjournez bientôt à Lyon ? Alors ce petit guide est pour vous :
http://www.galerielereverbere.com/presses/carnet-photo/Carnet12.pdf

Carte blanche à Joséphine de Bodinat : 3 lieux à partager

Dans le cadre de sa carte blanche, notre invitée de la semaine Joséphine de Bodinat, partage avec nous trois lieux culturels dans lesquels elle aime musarder à Paris.

La galerie La Forest Divonne, rue des Beaux Arts, pour l’exigence et la cohérence de ses choix d’artistes et le très bel espace d’exposition.
J’y retrouve avec plaisir des peintres tels que Alexandre Hollan, Vincent Bioules, Pierre Buraglio, Guy de Malherbe, des sculpteurs comme Jean-Bernard Métais ou David Décamp.
http://www.galerielaforestdivonne.fr

Pour la photographie, La galerie Particulière, rue du Perche dans le Marais, qui présente notamment l’œuvre du photographe américain Todd Hido, celle de Laurent Millet ou de Lise Sarfati.
L’accrochage est toujours parfait, le lieu silencieux et harmonieux, belle escapade au milieu de ce quartier animé.
http://galerieparticuliere.com

Le BAL bien sûr avec une curiosité toujours renouvelée pour l’originalité et l’intelligence des expositions qui y sont présentées . La dernière sur « Braguino ou la communauté impossible » de Clément Cogitore était une expérience visuelle et émouvante très forte.
Je voudrais mentionner aussi le très beau travail réalisé par le BAL en direction des jeunes défavorisés à travers la Fabrique du Regard et son programme « Montrer l’invisible ».
http://le-bal.fr