Archives par mot-clé : Hyères

Pablo Picasso dans la collection de Charles et Marie-Laure de Noailles

Charles et Marie-Laure de Noailles sont un couple de mécènes actifs dans la vie artistique de cette première moitié du XXe siècle. La villa qu’ils font construire sur les hauteurs de Hyères, dans le Var, par l’architecte minimaliste Robert Mallet-Stevens symbolise l’audace et l’ouverture d’esprit vers le modernisme. Nombres d’écrivains et artistes, tels Jean Cocteau, Luis Bunuel, Salvador Dali y seront invités. Devenue aujourd’hui un Centre d’Art reconnu d’intérêt national, la Villa Noailles accueille chaque année des expositions et des festivals où continuent de se perpétrer le mécénat de leurs illustres propriétaires. Cet été, dans le cadre de la manifestation Picasso Méditerranée, le centre d’art propose une exposition éclairante sur la place du maître catalan dans la collection des Noailles.

C’est Jean Cocteau, écrivain qui accompagna l’artiste espagnol lors de son voyage à Rome, et ami de Marie-Laure de Noailles(1902-1970), qui parla de ce prodige. En 1923, le couple acquiert la  Maison dans les arbres, une toile de 1929 qui devient le premier achat d’une œuvre moderne par Charles de Noaillespour sa jeune épouse , alors alitée. Mesurant 11 cm par 15 cm, il est vraisemblablement le « plus petit Picasso du monde ». Après des tentatives pour commander un portrait de la vicomtesse – qui ne sera jamais achevé – les Noailles se contenteront d’acheter quelques unes de ses œuvres. Ainsi, à Paris comme à Hyères, ils accrochent toiles et dessins, et possèdent au moins une quinzaine d’œuvres du peintre. En 1928, ils dépensent 175 000 francs pour une Nature morte réalisée avec du sable à Juan-les-Pins en 1925 – une somme record pour une œuvre de leur collection. Le tableau sera accroché dans leur salon parisien agencé par le décorateur Jean-Michel Frank (1895-1941).

Ces deux tableaux sont visibles dans le salon – intimiste- rose de la Villa Noailles, au cœur de l’exposition permanente Charles et Marie-Laure de Noailles, une vie de mécènes. Le public pourra aussi voir une lettre ornée de Picasso au poète Max Jacob, un ensemble d’archives issu du Musée Picasso, des invitations, des télégrammes ainsi que des scrapbooks de la comtesse provenant de la collection privée du Centre d’Art. Une exposition éclairante sur la relation privée et peu connue entre les mécènes et Pablo Picasso au sein de la vie artistique moderne du siècle précédent.

INFORMATIONS PRATIQUES
Picasso/Noailles : Trajectoires
Jusqu’au 30 septembre 2018
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Plus d’informations ici
Sur l’évènement Picasso – Méditerranée, ici

Design Parade Hyères : une 13ème édition autour du design responsable

Quand on visite la Villa Noailles et qu’on découvre son architecture moderne et innovante, on peut être surpris d’y trouver au sous-sol, une architecture plus classique constituée de trois salles voûtées disposées en enfilade. Ces salles appartenaient à l’ancien couvent du Clos Saint-Bernard qui existait à la construction de la maison et l’architecte Robert Mallet-Stevens décida de les intégrer à son projet de villa.

Si du temps des Noailles ces salles formaient leur salon de réception, elles sont aujourd’hui dédiées aux expositions temporaires et festivals qui se déroulent toute l’année dans ce centre d’art. Depuis fin juin et jusqu’au 30 septembre 2018, elles accueillent les dix finalistes du festival Design Parade Hyères qui fête sa 13ème année. Un festival qui a pour but de découvrir et de promouvoir de jeunes créateurs. Un concours s’est déroulé du 29 juin au 1er juillet 2018 à l’issue duquel plusieurs prix ont été remis. Nous pouvions remarquer que cette édition était placée sous le signe d’un design durable, où les designers ont questionné l’écologie et l’impact des activités humaines sur notre environnement.

Le Grand Prix Design Parade Hyères est doté d’un séjour de recherche d’un an à Sèvres-Cité de la Céramique, d’un séjour de recherche d’un an au Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques de Marseille (CIRVA) pour la réalisation d’un vase en trois exemplaires, une exposition personnelle à la Villa Noailles lors de la 14e édition de Design Parade Hyères, un workshop offert par Vitra au Domaine de Boisbuchet, un livre offert par Phaidon et la participation au concours en tant que membre du jury pour l’édition 2019 de Design Parade Hyères. Ensuite, le Prix Sammode, nouveauté cette année, est doté d’une bourse de recherche et de création autour de la lumière d’un montant de 5000 euros, ainsi que d’un support technique des équipes Sammode, un projet présenté lors de Design Parade 2019. La Mention Spéciale Eyes on Talents x Frame récompense l’excellence du design et l’innovation du projet du lauréat et le fera bénéficier d’une communication auprès des marques membres et la communauté Eyes on Talents et dans le magazine Frame. Enfin, le Prix du Public de la Ville de Hyères récompense le choix des visiteurs.

Grand Prix du Jury 2018: Sara de Campos, Uva. Ce design industriel est dédié à faciliter la récolte du raisin, en respectant l’ergonomie des travailleurs ainsi que la bonne conservation des grappes.

Mention spécial du jury: Alex Sizemore & Hank BeyerFor the Rest of Us. 

Une proposition de design plus expérimental où l’esthétisme est travaillé sur certains objets du quotidien comme l’ordinateur. Ils imaginent qu’ils puissent être fabriqués par des artisans et avec les ressources terrestres disponibles sur place.

Mention Spéciale Eyes on Talents X Frame: Loïc Bard, Bone. Le designer crée un mobilier aux lignes douces et sensuelles sans qu’aucune arête ne vienne briser l’interaction entre l’objet et l’utilisateur. Les formes sont une évocation du corps humain.

Prix du Public : Camille Viallet & Théo Leclercq, La Cité. Le duo de designers français ont travaillé sur la manière dont les designers peuvent  intervenir dans l’espace public. L’objet le plus symbolique est le banc, qu’ils retravaillent de manière plastique en offrant diverses possibilités amenant au regroupement, à la rencontre et à la discussion.

Anaïs BorieL’épopée de Prométhée . Elle utilise le mythe de Prométhée comme la métaphore du rapport de l’être l’humain à la science en fusionnant des éléments issus de la statuaire grecque avec des objets modernes et techniques.

Marie Cornil, Le Jaspé, Tapisserie . La designer utilise le jaspé, un artisanat traditionnel des faïenciers d’Apt dans le Vaucluse, et la tapisserie pour créer des objets résolument modernes dans les couleurs et par leurs formes mouvantes.

Alexandre WillaumeLa Station . Le designer conçoit un espace modulable, adaptable et unique complètement dépouillée pour ne garder que la structure purement fonctionnelle des choses.

Pablo Bras, Réseaux Disponibles. Matériaux rustiques et technologies contemporaines sont combinés afin de démocratiser intelligemment les énergies et en faciliter l’emploi.

Tom Chung, Piton . Le piton d’escalade est détourné de sa fonction première pour devenir un objet pluriel, simple, ergonomique et pouvant être recyclé.

Julien ManairaThe Once Liquid Plastic . Il travaille la résine époxy liquide qu’il manipule et déverse couches après couches afin de fabriquer les objets souhaitées. Un mobilier conçu manuellement sans l’aide de moules.

Autres expositions visibles:

Philippe Malouin, président du jury, 10 Years, exposition sur les 10 ans de création de son studio londonien.

Carolien Niebling, Grand Prix Design Parade 2017, résidences au CIRVA et à la Manufacture de Sèvres, La Beauté des Plantes Aquatiques

Arthur Hoffner, Prix du Public Design Parade 2017, Le Cours de l’Eau

François Passolunghi, Savoir-Faire Régional: Mobilier en moelle de rotin

Picasso / Noailles: Trajectoires. Article ici

Hôtel La Reine Jane, 14 Chambres, 14 designers, la commande d’exception d’un hôtel du port de l’Ayguade à Hyères.

Xénia Laffely, I’m not the person you think Iam, but I don’t know who I am.

Et toujours la boutique mise en scène par Vincent Darré et Matthieu Cossé

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 30 septembre 2018
Design Parade Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Ouvert du mercredi au lundi de 14h à 19h, le vendredi de 15h à 21h
Fermé le mardi et les jours fériés.
Entrée libre
Plus d’informations ici

Luis Alberto Rodriguez, A Million Little Bells à la Tour des Templiers

Danseur et photographe autodidacte, nous avions découvert le travail de Luis Alberto Rodriguezl’an passé lors du 32e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères. Sa série « Patina » avait été récompensée des Prix du Public de la Ville de Hyères et du tout nouveau Prix American Vintage. Un an après ces clichés qui mettaient en scène des individus recouverts de vêtements dans des poses gracieuses et mouvantes, évoquant sa formation initiale de danseur, Luis Alberto Rodriguez revient dans la « cité des palmiers » pour exposer à la Tour des Templiers, en plein coeur du centre historique de Hyères, le résultat de ce partenariat avec la marque de vêtement marseillaise. « A Million Little Bells » est à découvrir jusqu’au 26 mai 2018. Exploration.

Ce juste équilibre entre les corps et leurs environnements et les poses parfois surréalistes ont été déterminants dans le choix de ce photographe par American Vintage. Invité à réaliser en totale liberté une série mode inspirée par les collections de la marque, Luis Alberto Rodriguez s’est inspiré de l’ouvrage d’Antoine de Saint-Exupéry, « Le Petit Prince ». D’ailleurs, le titre, qui signifie « un million de grelots », évoque le passage final de cette aventure entre l’auteur et le petit prince : « Tu auras cinq cents millions de grelots, j’aurais cinq cents millions de fontaines … » Les images suivent les déambulations d’un personnage influencé par les êtres rencontrés à travers la lecture de ce livre. Il décide de devenir comme eux et se travestit en adoptant leur apparence. Roi, rose, serpent …Tour à tour, il s’imprègne de ces différents caractères comme un explorateur du monde. Luis Alberto Rodriguez crée une aventure onirique dans un univers imaginaire et inspiré. La terre aride italienne, une référence aux sols lunaires des planètes explorées par le petit prince, contraste avec les couleurs des vêtements, tout comme cette minéralité brute qui vient s’adoucir au contact des textures cotonneuses. « Ce travail a demandé beaucoup de préparations. Ensuite, nous avons réalisé tous les clichés en deux jours en Sicile. Cette île s’accordait parfaitement à mon propos pour les différents paysages qu’elle abrite: une terre volcanique aride, la mer d’un bleu enchanteur et la lumière irradiante » nous confie le photographe.

« A Million Little Bells «  est un journal intime qui retrace l’exploration d’un monde avec un regard enfantin. Le rôle du vêtement porte un enjeu rêveur et social. Ne sont-ils pas les célébrations de notre personnalité comme les remparts de notre âme? Cette série a été exposée en novembre 2017 à la boutique American Vintage du 19 rue du Temple à Paris à l’occasion de Paris Photo. Luis Alberto Rodriguez nous a confié qu’il travaillait désormais à une série personnelle dans laquelle il célèbrerait la République Dominicaine, sa patrie d’origine.  En découvrant ces images à la Tour des Templiers, vous trouverez aussi les propositions des 10 candidats du concours Photographie du 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères pour le Prix American Vintage 2018. Celui-ci a été attribué à la photographe néerlandaise  Sarah Mei Herman. Elle suivra les traces de son confrère américain afin de réaliser une série singulière. De jeunes talents à découvrir et à suivre.

Jusqu’au 26 mai 2018
Luis Alberto Rodriguez – « A Million Little Bells »
Tour des Templiers
Place Massillon
83400 Hyères
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 17h
Entrée libre
Site internet de Luis Alberto Rodriguez ici

Les Bons Plans de Jean-Pierre Blanc, entre Paris et Hyères…

Le Directeur du Festival international de la Mode et de la Photographie de Hyères, Jean-Pierre Blanc, partage avec nous ses bonnes adresses ! Direction Paris, Toulon, Hyères et Genève… !

Ile du Levant

Hôtels
Héliotel
https://www.heliotel.net

Le Youkali
https://www.leyoukali.fr

Restaurants
La Bohème
https://www.iledulevant.com.fr/bars-et-restaurants/

La Palmeraie
http://palmeraie.chez.com

Le Gambaro
https://www.iledulevant.com.fr/bars-et-restaurants/

Paris

Restaurant
Le Servan
32 Rue Saint-Maur, 75011 Paris
http://leservan.com

Hôtel
Le Grand Amour
rue de la fidélité
chambre 404
http://www.hotelamourparis.fr/grandamour

Centre d’art
Le Palais de Tokyo
http://www.palaisdetokyo.com

Architecture
La Caserne des Pompiers
rue mesnil
Mallet-Stevens se vit confier dans toute sa carrière une seule commande publique, assez singulière dans son oeuvre, une caserne de pompiers, réalisée rue Mesnil en 1936 pour le compte de la ville de Paris.

Genève

Divers
Les Bains des Paquis
Quai du Mont-Blanc 30, 1201 Genève, Suisse
http://www.bains-des-paquis.ch

Musée
Le MAMCO
Rue des Vieux-Grenadiers 10, 1205 Genève, Suisse
http://www.mamco.ch

Architecture
L’immeuble Clarté, aussi appelé maison de verre, est un immeuble réalisé par Le Corbusier et Pierre Jeanneret, entre 1930 et 1932, à Genève en Suisse. Wikipédia
Rue de la Terrassière 6, 1207 Genève, Suisse

Hyères

Hôtel
La Reine Jane
Port de L’Ayguade – 1 quai des Cormorans, 83400 Hyères
https://lareinejane.fr

Restaurant
La Rascasse
hôtel Provençal
place st pierre à Giens
http://www.provencalhotel.com/fr/restaurants/la-rascasse.html

Toulon

Restaurant
L’escale
Anse méjean
https://toulon.fr/laissez-seduire/article/l-anse-mejean

Alentours

Le Bailly de Suffren
hotel
Rayol
https://www.lebaillidesuffren.com

Les Roches Rouges
St Raphael
https://www.hotellesrochesrouges.com/fr/

Hyères 2018 : Tales of Toulon – Daragh Soden nous livre ses contes contemporains de la Cité du Levant

Toulon. Ville de contraste. 330 jours de soleil par an et des ruelles longtemps privées de lumière. Une terre plurielle pour une seule identité toulonnaise. Une rade célébrée, une Frontale mal aimée. La mer d’un côté, la montagne de l’autre. Fondée à l’époque celtique au premier siècle avant notre ère, Toulon a connu une belle prospérité grâce à son activité marchande et la vie de son arsenal.

De Louis XIV à l’époque contemporaine, de Pierre Puget sculptant les proues des navires royaux au sabordage de la flotte durant la Seconde Guerre Mondiale, l’histoire de l’arsenal –aujourd’hui base navale- est indissociable de celle de cette ville multiculturelle. Toulon est aussi le nom d’une ville inconnue pour le jeune photographe irlandais Daragh Soden. Aussi, son regard extérieur sur ce lieu qui nous semble tellement familier est important pour que nous y posions un regard différent.

Lauréat du Grand Prix du Jury Photographie de l’édition 2017 du Festival International de Mode, de Photographie, et d’Accessoires de Mode de Hyères, il s’est vu confié par les éditions Be-Pôles la réalisation d’un ouvrage à destination de leur collection Portraits de Villes, une collection qui nous invite à un voyage citadin à travers le regard singulier d’un artiste. Daragh Soden a ainsi posé son objectif sur les particularités de la Cité du Levant, à commencer par son port militaire et ses plages. Le résultat de son travail ainsi que son ouvrage sont exposés jusqu’au 27 mai à la Villa Noailles à Hyères. Rencontre avec un photographe sincère.

Marlène Pegliasco: Qu’avez-vous ressenti en venant pour la première fois à Toulon ?

Daragh Soden: Je ne connaissais pas Toulon avant de m’atteler à cette commande. Ma première impression était celle d’une ville ennuyeuse et ordinaire. Mais après l’avoir photographiée, je l’ai trouvé intéressante, originale et surtout, les Toulonnais ont une certaine singularité, un mélange de style et de personnalité propre.

M.P.: Comment avez-vous entrepris cette commande ?

D.S.: Je me suis beaucoup documenté sur l’histoire de cette ville, surtout la période napoléonienne qui m’a vivement intéressé. Je souhaitais partir de cette histoire faite d’allers et retours, du départ de Napoléon vers l’Egypte, des individus qui y ont débarqué après avoir quitté leurs pays, anciennes colonies françaises et de l’histoire militaire aussi.  La rade de Toulon est très célèbre, autant par sa beauté que par son activité. Je suis venu trois fois à Toulon, en juin, juillet et novembre 2017. La première fois que j’ai vu ces navires militaires, je les ai trouvés énormes! C’est très impressionnant! En plus, j’ai été autorisé à pénétrer l’enceinte militaire pour mes prises de vue. J’ai passé trois jours dans la base navale, dont un jour entier sur  la frégate  Forbin .  Je voulais saisir ces instantanés de vie et  imaginer un récit contemporain à travers mes images

M.P.: Que vous a inspiré cette ville?

D.S.: Chaque photographie s’inspire de l’histoire de Toulon mais le dialogue qui en naît est bien actuel. Toulon est une ville multiculturelle où se mélangent des habitants de longue date, des jeunes issus de l’immigration, des militaires de passage….Je voulais raconter des contes contemporains: quelles relations tissent ces jeunes ensemble? Quels liens relient les Toulonnais entre eux? Quelles histoires éclosent entre ces images?  J’imagine des récits par rapport à aujourd’hui, un Toulon Today. Les images sont les mots pour écrire l’histoire de Toulon en 2018. Les jeunes Algériens et Marocains, les militaires, l’Anse Méjan, les tribunes rouges et noires du Stade Mayol, la piscine municipale, les plages du Mourillon … J’ai photographié le Toulon qui regarde la mer, cette mer Méditerranée que les individus ont traversée et traversent encore de nos jours. Le livre édité chez Be Pôle est accompagné d’un texte qui explique ma démarche. Ce sont ces diversités que j’exploite à travers mon objectif et chacun est libre de se raconter son propre conte toulonnais.

M.P.: Quel sera l’après de cette série ?

D.S.: J’ai fait une séance de dédicace de l’ouvrage durant le 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères et j’en referai une à Dublin à l’occasion dePhotoIreland. Ensuite, ma série va être exposée dans les ruelles de Toulon cet été durant la Design Parade Toulon. Enfin, j’aimerais avoir le temps de visiter le restes de la côte qui est magnifique. Les criques sont très belles. Le soleil est si lumineux. Maintenant, je peux dire que j’adore cette ville et j’attends avec impatience le retour des Toulonnais sur ce travail. C’est très important pour moi.

INFORMATIONS PRATIQUES
Daragh Soden : Tales of Toulon
Jusqu’au 27 mai 2018
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
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Le livre « Portraits de villes : Toulon » est disponible au prix de 20€
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Hyères : Rencontre avec la fashion designer Cécile Gray

Dans quelques semaines, le 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode ouvrira ses portes sur les hauteurs de Hyères dans le Var. La Villa Noaillesaccueillera les dix lauréats dans chaque catégorie, en compétition pour remporter le Grand Prix ou un des nombreux autres prix ou mentions délivrés par les partenaires du festival. Initiée l’an passé, la catégorie Accessoires de Mode a été créée comme l’évidence d’un prolongement de la fashion sphere.

Elle sera présidée cette année par Chistelle Kocher, directrice artistique de la Maison Lemarié, fondatrice et directrice de sa marque éponyme Koche. Parmi les créateurs sélectionnés à concourir pour le Grand Prix Accessoires de Mode Swarovski, nous retrouverons Cécile Gray et ses « bijoux-vêtements ». Des créations uniques et extraordinaires, surprenantes, aussi séduisantes que la personnalité de la créatrice. Cécile Gray a accepté de s’entretenir avec nous sur son parcours et sa création. Interview.

Marlène Pegliasco: Cécile, pouvez-nous parler de votre parcours?

Cécile Gray: Enfant, j’ai toujours voulu être styliste car le vêtement m’a toujours vivement intéressé. J’ai appris à coudre avec ma mère d’abord, puis je me suis perfectionnée en regardant des tutos. Une fois le bac en poche, je me suis dirigée vers le métier d’architecte qui semblait être un bon compromis entre la raison et le cœur. En parallèle, j’ai continué à faire de la couture, j’étais inscrite aux cours du soir de la Mairie de Paris qui proposaient une formation sur le dessin de mode, le décryptage des tendances, le style … Cela a bien complété ma formation autodidacte.

Et puis un jour, la passion m’a complètement rattrapée. J’ai pris une année sabbatique pour faire un Master Ià l’Atelier Chardon Savard. Avoir eu la possibilité d’intégrer directement la 4e année a été une expérience incroyable! Les étudiants sont en atelier et travaillent chacun sur leurs propres collections. On y développe nos matières, et progressivement, on construit une collection autour d’un thème de notre choix, reflétant notre univers personnel. Cette formation a duré de septembre 2016 à juin 2017 et a donné lieu à un défilé de fin d’année suivi d’un showroom. De plus, grâce à cette collection, j’ai eu la chance d’être invitée à la Vietnam International Fashion Week  où j’ai pu faire défiler ma collection à Hanoï en novembre 2017. Après cette année intense et quelques mois où je suis retournée dans l’agence d’architecture où je travaillais, j’ai décidé de me lancer en tant que fashion designer.

M.P.: A quel moment avez-vous commencé à créer vos bijoux-vêtements?

C.G.: J’ai toujours aimé travailler le métal mais le déclencheur a été l’année de création à l’Atelier Chardon Savard. J’ai développé une matière en maille métallique dorée et c’est là qu’est né ce bijou que j’appose sur les looks. Bien qu’il s’agisse alors d’un accessoire, ces « bijoux-vêtements » constituaient l’ADN de ma collection qui apportent directement une identité. Le défilé de fin d’année de l’Atelier Chardon Savard était le bon lieu pour montrer mes créations, ces objets si particuliers.

M.P.: Parlez-nous justement de vos bijoux, le concept et la conception.

C.G.: Ces bijoux sont constitués de fils en acier, teintés en doré, et recouverts d’une gaine en nylon. Une fois tissés, cela donne une matière à la fois souple, pour être confortable et se mouvoir avec la personne qui les porte, et rigide, afin de la travailler en volume. L’accessoire ainsi créé épouse le corps tout en suivant ses mouvements. Ce qui est intéressant est d’étudier la caractéristique de ce matériau qui garde sa forme par rapport à sa force de gravité. Quant à sa confection, je prends des fils que je sertis avec des pinces métalliques. La jonction de deux câbles donne un point. Chaque assemblage est réalisé artisanalement à la main, chez moi, par mes soins. Après avoir passée sept ans devant un ordinateur pour les besoins de mon travail d’architecte, j’ai eu envie de revenir à la création manuelle. Grâce à la pratique, mon geste est de plus en plus précis et rapide. Ces bijoux ne sont pour l’instant que des prototypes. J’aimerais vivement les développer par la suite avec des matériaux plus précieux.

M.P.: Est-ce que votre formation d’architecte influe votre travail en tant que fashion designer?

C.G: Bien sûr! En plus de nombreuses références liées à l’architecture, j’applique les méthodes de conception apprises pendant ma formation. Les architectes font peu appel à des inspirations de champs différents de celui de l’architecture ou de la sociologie. Il s’agit principalement d’étudier un contexte et des besoins, de travailler avec les matériaux, les volumes et les proportions, et enfin, à l’aide de maquettes et de dessins, de créer un espace qui génère de l’émotion. C’est ainsi que j’ai créé mes bijoux-vêtements. Le matériau a poussé ma curiosité, j’ai expérimenté mes bijoux avec leur environnement pour voir comment ils réagissent comme un architecte pense son bâtiment en adéquation avec les espaces autour. Dans cette collection, je travaille avec des matériaux liés au bâtiment comme le métal ou le verre en intégrant des cristaux dans la maille métallique (grâce à Swarovski qui est partenaire du festival). Cette conception de l’objet s’est enrichie de références historiques et c’est quelque chose de très nouveau pour moi. Récemment, je suis allée au Louvre et je suis tombée sur une statuette égyptienne vieille de 4000 ans qui portait une résille de perles dorées sur un buste noir. Le lien avec mes bijoux était évident. C’était très troublant. Ce rapport à l‘Histoire de l’Art et des Civilisations vient enrichir mes inspirations.

M.P: Vous avez toujours cousu des vêtements mais finalement, vous avez candidaté au Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères  (FIMPAH) dans cette dernière catégorie. Pour quelles raisons?

C.G.: Je suis actuellement en stage de fin d’études chez Hermès et cet objet, qui avait émergé lors de ma formation à l’Atelier Chardon Savard, continuait de me poursuivre. J’ai eu envie de prolonger mes recherches autour de cet objet et d’en faire un projet à part entière. Ces bijoux-vêtements viennent réellement accessoiriser une tenue. En ce sens, j’ai pensé que leur place était dans la catégorie Accessoire du concours. Mes bijoux comportent des codes empruntés au vêtement. Je joue également sur les échelles. Le bracelet devient une manche, le collier devient un plastron … La collection comporte ainsi des pièces de plus d’un mètre de haut! Sans être massifs, cela reste fin et précieux, ce qui les rend singuliers.

M.P.: Comment avez-vous connu le FIMPAH?

C.G.: Je pense en avoir entendu parler pour la première fois aux cours du soir de stylisme. Je cherchais des opportunités de faire des collaborations pour intégrer le monde de la mode. Mon projet de reconversion avait un certain coût: redevenir étudiant, autofinancer mon projet, assumer ces choix, subir la pression sociale … Je suis très heureuse d’avoir pu le concrétiser. Enfin, le Festival de Hyères est très connu, il fait partie des évènements incontournables dans ce milieu. Je vis ma sélection comme quelque chose d’incroyable, je ne réalise pas trop encore mais je suis si contente et si fière de faire partir des finalistes! J’y présenterai sept pièces  où j’explore le champ de la joaillerie : boucles d’oreilles, manches, plastrons…Quatre grandes pièces et trois plus petites mais je n’en dis pas plus. Les bijoux seront exposés à la Villa Noailles jusqu’au 27 mai. Il faudra venir les voir!

33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Festival et concours du 26 au 30 avril 2018
Expositions du 26 avril au 27 mai 2018
Site internet de Cécile Gray ici
Plus d’infos ici

Design Parade 2018, les finalistes dévoilés

Créé en 2006, Design Parade Hyères a pour ambition de partager la création contemporaine dans le domaine du design avec le public et les professionnels. Point central, le concours présente chaque année dix jeunes designers, leur offrant une vitrine et un accompagnement uniques. Le festival se veut aussi un moment de partage, de rencontre et de découverte.

Dix ans après son aîné, Design Parade Toulon, lancé en 2016, poursuit les mêmes objectifs. Tourné vers l’architecture d’intérieur, il est le premier concours et festival de ce type en France.

Désormais, chaque été, la villa Noailles organise Design Parade en deux volets : à Toulon pour l’architecture d’intérieur, à Hyères pour le design.

Le festival est l’occasion de parcourir le patrimoine de ces deux villes voisines qui offrent chacune une expression de la richesse architecturale et décorative du Var. A travers cette nouvelle proposition Design Parade permet d’aborder, au cours d’un week-end élargi, tous les aspects des arts décoratifs dans la création contemporaine.

Nouveautés :

De nombreuses nouveautés de partenariats, de prix, de collaborations et de direction verront le jour pour cette nouvelle édition. avec Sammode qui crée un nouveau prix pour le design, avec les rencontres internationales de la photographie à Arles, avec la Fondation Carmignac qui ouvrira la villa Carmignac sur l’île de Porquerolles en juin, avec le Liberté – scène nationale de Toulon et avec la Carwan gallery de Beyrouth pour les expositions d’arthur Hoffner Milan et à Hyères.

Lors d’une soirée spéciale au Palais de Tokyo le 23 mars, Jean-Pierre Blanc a dévoilé au milieu d’un parterre d’invités de choix les 10 finalistes de chacune des éditions jumelles.

Design Parade Hyères

Le jury design est présidé cette année par le designer canadien Philippe Malouin. Il s’est réuni le 23 mars 2018 à Paris dans le studio de Pierre yovanovitch pour choisir les dix finalistes de la compétition (plus de 200 dossiers ont été reçus de 30 nationalités, 60 dossiers pré-sélectionnés).

Loïc Bard (France)
Anaïs Borie (France)
Pablo Bras (France)
Tom Chung (Canada)
Marie Cornil (France)
Sara de Campos (Portugal)
Julien Manaira (France)
Alex sizemore & Hank Beyer (États-Unis)
Camille Viallet & Théo leclercq (France)
Alexandre Willaume (France)

Design Parade Toulon :

Le jury d’architecture d’intérieur est présidé cette année par l’architecte d’intérieur français Pierre yovanovitch qui s’est réuni le 23 mars 2018 à Paris dans son studio pour choisir les dix finalistes de la compétition (près de 200 dossiers ont été reçus de 30 nationalités, 60 dossiers pré-sélectionnés).

Le jury a sélectionné dix jeunes designers de trois nationalités différentes. Leurs installations seront présentées à l’ancien évêché de Toulon et resteront ouvertes au public jusqu’au 30 septembre.

Bérengère Botti & Sophie Genestoux (France)
Charlotte & Juliette Castay (Belgique)
Antoine Chauvin (France)
Lucas Djaou (France)
Valentin Dubois & Shizuka Saito (France & Suisse)
Laura Fournier (France)
Clémence Frot (France)
Kim Haddou & Florent Dufourcq (France)
toulon Mankowski (France)
Jeanne Martin & Marie-Marie (France)

Save the Date ! Le festival international Design Parade se tiendra du 28 juin au 1er juillet 2018 à Toulon et à Hyères.
Les expositions seront ouvertes au public jusqu’au 30 septembre.
http://villanoailles-hyeres.com

Notre invitée de la semaine est Raphaëlle Stopin

Cette semaine, nous recevons Raphaëlle Stopin en tant qu’invitée. Directrice du Centre photographique Rouen Normandie et commissaire des expositions et du concours photographiques du Festival International de Mode et de Photographie à Hyères, Raphaëlle Stopin a été nommée conseillère artistique de l’édition 2018 du prix HSBC pour la photographie qui sera remis mercredi soir. Tous les jours, jusqu’à vendredi, elle partagera avec nous ses coups de cœur.

Raphaëlle Stopin (1978) est commissaire d’exposition et critique. Depuis quinze ans elle collabore au Festival International de Mode et de Photographie à Hyères en tant que commissaire des expositions et du concours photographiques ; manifestation au travers de laquelle elle défend des auteurs émergents et présente des figures établies telles que Erwin Blumenfeld, Melvin Sokolsky, Saul Leiter, William Klein ou des artistes de la nouvelle scène tels que Tim Walker, Jason Evans, Viviane Sassen, Charles Fréger, Oliver Sieber, Lorenzo Vitturi ou Sjoerd Knibbeler.

Directrice du Centre photographique Rouen Normandie, elle y mène une programmation qui met à l’honneur des écritures singulières pour filer un récit artistiquement engagé de notre monde. Au cours des deux dernières années, elle expose Walker Evans, The Magazine Work (en collaboration avec David Campany), Stephen Gill, Michael Wolf, Eamonn Doyle ou encore consacre une exposition collective – L’autre visage – au portrait et ses versants expérimentaux. Dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste, elle organise une rétrospective à William Klein (abbatiale Saint-Ouen, Rouen) et à l’invitation de la réunion des musées métropolitains Rouen Normandie, une exposition d’Alinka Echeverria au musée de la Céramique. Dana Lixenberg et une exposition sur le thème de l’envol marqueront la saison 2018.

Précédemment, elle a collaboré en tant que commissaire invitée à The Photographers’ Gallery, UltraLounge Selfridges, les galeries photo de la FNAC ou la Section expérimentale de Photomonth de Cracovie. Elle prend régulièrement part à des jurys ou lectures de portfolios (Rencontres d’Arles, Curators Network, Photo España, Magenta Foundation…).

Le Portrait chinois de Raphaëlle Stopin

Si j’étais une œuvre d’art : une eau-forte de Rembrandt
Si j’étais un musée ou une galerie : n’importe quelle pinacothèque de Toscane ou d’Ombrie
Si j’étais un(e) artiste : John Berger
Si j’étais un livre : Outre Monde de Don de Lillo
Si j’étais un film : Qui êtes-vous Polly Maggoo? de William Klein
Si j’étais un morceau de musique : Space Oddity
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : un graffiti de Brassaï
Si j’étais une citation : “For, after all, how do we know that two and two make four? Or that the force of gravity works? Or that the past is unchangeable? If both the past and the external world exist only in the mind, and if the mind itself is controllable – what then ?” George Orwell, 1984
Si j’étais un sentiment : la curiosité
Si j’étais un objet : un tableau d’ardoise
Si j’étais une expo : Gerhard Richter au Centre Pompidou
Si j’étais un lieu d’inspiration : une mer
Si j’étais un breuvage : celui du Mont des Cats
Si j’étais un héros/héroïne : Arturo Bandini
Si j’étais un vêtement : une veste de travail

Hyères, les finalistes du concours mode, photo 2018 dévoilés au MAD

C’est dans l’élégant paquebot de la rue de Rivoli, nouvellement baptisé MAD (musée des Arts décoratifs), alors que la Fashionweek battait son plein qu’une foule de fashionistas se pressait pour connaître la nouvelle génération de talents primée par Hyères.

Le jury mode, présidé cette année par Haider Ackermann et la Maison Berluti a choisi 10 finalistes de 8 nationalités différentes sur 300 dossiers reçus.

Les finalistes du concours mode 2018 sont :
Marie-Eve Lecavalier Collection Femme Canada
Ester Manas Collection Femme France
Linda Kokkonen Collection Femme Finlande
Jef Montes Collection Femme Pays-Bas
Ela Fidalgo Collection Femme Espagne
Antonia Sedakova Collection Homme Russie
Rushemy Botter Collection Homme Pays-Bas
Regina Weber Collection Femme Allemagne
Anna Isoniemi Collection Femme Finlande
Sarah Bruylant Collection Femme Belgique

Le jury photographie, présidé cette année par Bettina Rheims a sélectionné dix jeunes photographes  de 8 nationalités différentes.

Les finalistes du concours photographie 2018 sont :

Pascale Arnaud France
Laetitia Bica Belgique
Teresa Eng Canada
Sarah Mei Herman Pays-Bas
Allyssa Heuse Philippines, France
Jaakko Kahilaniemi Finlande
Csilla Klenyánszki Hongrie
Sanna Lehto Finlande
Eva O’Leary Irlande, Etats-Unis
Aurélie Scouarnec France

La 33e édition du Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères se tiendra du jeudi 26 au lundi 30 avril 2018 à la villa Noailles.
Les expositions seront ouvertes au public jusqu’au 27 mai 2018.

En savoir plus :
http://villanoailles-hyeres.com/festival-2018/

Nouveaux Regards à la Villa Noailles

Depuis 2003, la Villa Noailles – Centre d’Art d’intérêt national propose en automne, une exposition dédiée à la photographie. Pour cette nouvelle édition, ce médium s’est allié au dessin et à la vidéo afin d’offrir aux spectateurs une proposition artistique autour du bâtiment iconique de collectionneurs avertis: La Villa Noailles, oeuvre de l’architecte Robert Mallet-Stevens, édifiée sur les hauteurs de Hyères entre 1923 et 1925 , pour le couple de mécène Charles et Marie-Laure de Noailles. De nombreux artistes ont posé leurs regards sur cette architecture moderne et épurée.

Depuis sa construction jusqu’à nos jours, de Man Ray jusqu’à Alexandre Benjamin Navet, « Nouveaux regards » met en avant ce lieu chargée d’histoire à travers des archives , des dessins et des projections. Regards historiques, regards contemporains, regards respectueux sur un lieu presque centenaire.

regardsRomain Laprade, La Villa Noailles 2017 ©Romain Laprade

La Villa Noailles, modèle d’une exposition singulière

A force de regarder, voyons-nous toujours la même chose? L’objectif de cette nouvelle proposition est de donner une autre manière de voir cet édifice et de se poser la question: avons-tout regardé d’une architecture? C’est oser le regard d’artiste sur cette architecture sigulière afin de la découvrir ou redécouvrir, sous un autre angle. C’est porter ses yeux sur le monument historique, le Château Saint-Bernard et la Villa Noailles. Le regard en architecture et dans les arts est important: toujours regarder, lever les yeux, contempler. Les divers niveaux d’une maison, d’un immeuble, d’une architecture force notre corps à se mouvoir et nos yeux le guident en un seul et même mouvement. Regarder, c’est habiter l’espace. « L’expression, l’accent, le regard, c’est lâme qui transparaît à travers la matière » écrivait Eugène Marbeau dans « Les remarqes et pensées » ( 1901). Regarder et partager son regard sont des actes émotionnels riches et magiques, des moments intenses tels que nous le propose cette exposition.

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La Villa Noailles avant sa réhabilitation 
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La piscine. Située au 2e niveau de la maison, elle est aujourd’hui pavée de carreaux translucides et sert de salle d’exposition.

Les oeuvres

Les salles voûtées exposent les photographies documentaires de Thérèse Bonney (1928) côtoient les clichés en noir et blanc de Karl Lagerfeld (1995). Une photographie montre la colline du Château Saint-Pierre avant même la construction de la villa. Une salle est dédiée au film de Marianne Visier réalisé en 1986, tourné avant la réhabilitation du bâtiment. Ce film avait été présenté en ouverture du 32e Festival International de Mode et de Photographie de Hyères au printemps dernier et vient d’être acquis par la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée. De nombreuses photographies prises au moment de ce tournage montre l’état de ce lieu. Un témoignage émouvant puisque ces clichés datent de la première édition du Festival International de Mode en 1986. Pis c’est l’heure d ela renaissance de ce lieu dédié  aux arts , une renaissance racontée à travers les films de Sage par Thibaut Grevet (2016), celui inédit de Benjamin Clementine par Craig McDean et Nicolas Ouchenir (2017), le film de Xavier Veilhan (2015) sur l’architecte Robert Mallet-Stevens. Enfin, la dernière partie de cette scénographie expose de nombreux croquis, dessins et photographies et même une fresque réalisée in situ par Alexandre Benjamin NavetGrand Prix du Jury Design Parade Toulon -Van Cleef & Arpels 2017 .  Finalement, ces artistes démontrent que nous avons toujours un regard à poser sur une chose, sur un bâtiment, une oeuvre. Les artistes nous prêtent leurs yeux afin de lever le voile sur un bâtiment presque centenaire mais toujours actif.

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La Villa Noailles

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Alexandre Benjamin Navet, La Villa Noailles 2017 © Alexandre Benjamin Navet

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Une Marie-Laure d Noailles moderne, par Eric Giriat (2017)

Avec les photographies de Grégoire Alexandre, Olivier Amsellem, Alexis Armanet, Thérèse Bonney, Coco Capitan, Stéphane Couturier, François Halard, Hoense Hébrard, Romain Lapade, Karl Lagerfeld, Williy, Maywald, Man Ray, Marie Rime, Stéphane Ruchaud, Jacqueline Salmon, Joël Tettamanti, Marianne Visier, Cyrille Weiner, les films de Thibaut Grevet, Jacques Manuel, Craig Mc Dean, Man Ray, Marc Turlan et Sébastien Macher, Xavier Veilhan, Marianne Visier, et les dessins de Ronan Bouroullec, Laureline Galliot, Eric Giriat, Antoine Grulier et Thomas Defour, Lila Loupias, , Alexandre Benjamin Navet, Nicolas Ouchenir, Adrien Pelletier, Gabriel Schemoul.

INFORMATIONS PRATIQUES
Nouveaux Regards
Jusqu’au 14 janvier 2018
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Ouvert les mercredis, jeudis, samedis et dimanches de 13h à 18h
Les vendredis de 15h à 20h
Fermé les lundis, mardis et jours fériés
Tel: 04.98.08.01.98
Entrée libre
http://villanoailles-hyeres.com