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Fausses photographies

Ces images ont été publiées sur le réseau social Instagram spécialisé dans le partage de photos et de vidéos. Avant d’être publiées elles ont chacune fait l’objet de modifications aussi bien au niveau des couleurs, des contrastes que du cadrage grâce au système de filtres proposés à l’utilisateur par l’application. Ces filtres permettent de donner un aspect souvent « néo-rétro » à l’image. On reconnaît en effet des qualités qui rappellent les images Polaroïd des années 80 et 90 ou encore les tirages cibachromes aux couleurs saturées et au cadre noir.

Pourtant ces images ne sont pas de véritables photographies, elles n’ont jamais été imprimées et ne sont en fait que des fichiers numériques qui, une fois ouverts, « ressemblent » à des photographies ; il s’agit en fait de fausses photographies !

https://www.instagram.com/nicobaud/

Arvida Byström, une artiste qui casse les codes de la féminité

Artiste féministe engagée, Arvida Byström suédoise de 26 ans s’est fait connaitre sur Instagram par son esthétique body positive pour que les femmes acceptent leur corps comme il est. Elle continue à faire polémique ces derniers mois en publiant un livre de ses photos censurées et en posant pour Adidas les jambes non épilées. Les poils, la liberté sexuelle, les règles, le sang, les boutons, la sensualité, Arvida casse les codes de la féminité imposés par la société dans une esthétique teintée de rose. Young Photography now revient sur son parcours et publie le Portfolio d’un mix de ses créations désormais incontournables sur la toile!

Arvida Byström Instagram

Le 26 septembre dernier, elle posait ainsi dans une campagne de pub pour Adidas, dans une robe à corset, les chaussures de la marque à ses pieds. Face à la caméra, elle explique: « je pense que n’importe qui peut être féminin, mais que dans la société d’aujourd’hui, on en a peur ».

Publicité Adidas qui a fait scandale sur Internet et lui a valut des réactions de soutiens, très nombreux et aussi de haine très agressifs et vulgaires. Et de nombreux articles dans la presse.

« Ma photo de la campagne Adidas Superstar a reçu beaucoup de commentaires agressifs la semaine dernière. Je suis blanche, sans handicap, cis (non transgenre NDLR), avec comme seul détail non conforme quelques poils sur mes jambes. J’ai littéralement reçu des menaces de mort dans ma boîte de messages personnels.

Je ne peux même pas imaginer ce que c’est de ne pas avoir tous ces privilèges et essayer d’exister dans ce monde. J’envoie de l’amour, essayez de vous rappeler que tout le monde ne vit pas les mêmes expériences personnelles. Merci aussi pour tout l’amour, j’en ai reçu beaucoup aussi »

« Je suis définitivement féministe », revendique la photographe dans une interview donnée à Dazed en 2015. « Alors que j’avais 18 ans, une amie m’a introduit aux idées féministes, puis j’ai découvert des blogs sur le féminisme queer« , troisième vague féministe née aux États-Unis dans les années 1980 et mettant l’accent notamment sur les luttes LGBT.

Elle qui se décrit comme une femme queer est adepte de tout ce qui est habituellement considéré comme féminin, et imprègne la grande majorité de ses photos de teintes rose. Mais elle prend aussi un grand plaisir à subvertir toutes les normes dominantes

Sur son compte instagram, désormais suivi par plus de 250.000 personnes, elle poste des selfies, sur lesquels elle assume tous les petits détails de son corps: grains de beauté, boutons, bleus… Et ses poils, bien évidemment, qu’il s’agisse de poils sur ses jambes, sous ses aisselles, ou de poils pubiens.

Son livre – “Pics or it didn’t happen” est une expression de nerd qui signifie “Envoie-moi une photo de ce dont tu te vantes en ligne ou je considère que cela n’a jamais eu lieu”. C’est aussi le titre du livre d’Arvida Byström a publié cette année, il rassemble toutes ses photos censurées par Instagram, donc des inédits et tout ce qui dérange les réseaux sociaux, l’engagement des artistes pour la liberté d’expression.

Arvida Byström prend la maxime au pied de la lettre et considère qu’un – vrai – corps de femme (avec des poils, des cicatrices, parfois des bleus, des bourrelets, la cellulite, dans des poses lascives ou nonchalantes, avec des règles ou même des tétons) n’existe pas tant qu’on ne le montre pas. Exaspérée – comme sa complice Molly Soda, autre créative de l’ère Internet avec qui elle cosigne l’ouvrage – par la disparition de l’une de ses images sur le réseau social, elle lance il y a quelques mois un appel à témoin. Les photographes Petra Collins et Harley Weir, la poète Rupi Kaur ou encore l’artiste Amalia Ulman et des douzaines d’autres répondent à cette sollicitation et envoient les originaux des images retirées de leurs comptes. Leur point commun ?

Elles sont souvent en rapport avec le corps de la femme et sa sexualisation, même si c’est parfois ténu et éloigné des choses interdites par le règlement d’Instagram. On ne comprend pas toujours, Instagram n’explique pas pourquoi ta photo disparaît, parfois six mois après, et tu te demandes ce que tu as bien pu faire de mal, comme cette image d’une fille au téléphone en hijab, raconte Molly Soda dans une interview vidéo. Tu penses que tu contrôles ton image, mais ce sont eux qui la possède, un peu comme dans une relation toxique.

Les réseaux sociaux seraient donc à la fois prescripteurs mais aussi régulateur et censeur qui décident de ce qui est de l’art aujourd’hui ? C’est aussi ce que dénonce Arvida Byström dans ce livre « Pics or it didn’t happen » et sur son compte Instagram qu’elle continue à alimenter de ses créations et de ses actus.

Son parcours

Introvertie, en proie à ses doutes de préadolescente, elle s’adonne aux selfies dès l’âge de 12 ans. « Vous êtes préado, ado, vous voulez savoir comment le monde vous voit vraiment, alors j’ai fait des quantités énormes de selfies », explique-t-elle sur le site Wonderland Magazine. Quatre ans plus tard, ses clichés sont repérés par Vice, qui lui propose une première collaboration.

« Je pense qu’internet est important pour beaucoup de personnes », témoigne-t-elle sur Dazed. « Pour moi, c’était une fenêtre ouverte sur la chambre étroite de la dépression adolescente, parce que je pouvais être en ligne et rencontrer des gens même si je me sentais comme une merde. » Sur tumblr, elle découvre les sous-cultures du web, qui l’aident à se construire son esthétique kitsch et très féminine.

En 2012, elle réalise avec Vice un nouveau projet « There Will Be Blood ». Elle photographie des femmes avec le sang de leurs règles, ce qui lui vaut de nombreux commentaires déjà agressifs. Malgré les contraintes du mannequinat, elle refuse de se raser. Modèle depuis ses 13 ans en Suède, on lui dit que ses hanches sont trop épaisses. Elle continue à Londres, où elle ouvre pendant un temps sa propre galerie. Là-bas, elle rejoint l’anti-agency, une agence de mannequinat pour ceux « trop cool pour être simplement modèles », décidée à rompre avec les codes traditionnels du milieu. Elle s’installe ensuite à Los Angeles.

Elle continue d’interroger la transgression en publiant, au mois de mars 2017, un livre, Pics or it didn’t Happen, avec son amie Molly Soda. Elle y recueille 250 photos censurées par Instagram, parfois parce qu’elle ne respectaient les règles sur la nudité, d’autres fois pour des raisons plus obscures. « Le corps des femmes est constamment policé« , accusait ainsi, Molly Soda, « pourquoi Instagram ferait-il exception ? »

En 2015, Facebook avait déjà censuré une photo tirée de sa performance « Selfie Stick Aerobic« : on distinguait la forme de sa vulve à travers son survêtement.

Pour autant, Arvida Byström ne considère pas que ses créations soient féministes. « Le féminisme est davantage un éventail, il change et dépend de son contexte », argumente-t-elle. Mais c’est déjà assez pour choquer les partisans des normes dominantes de féminité.

Portfolio publié dans YPN, à suivre sans modération !
http://ypnmag.com/arvida-bystrom-portfolio-13/

Images partagées et autres selfies, vers une archéologie de l’instant

Le Smartphone a 10 ans. Et nous sommes désormais des milliards à l’utiliser. A l’origine d’un engouement renouvelé pour la prise photographique, l’appareil tactile et connecté fonctionne comme une extension du corps. Réalisées dans le prolongement du bras, les images semblent désormais plus liées au geste qu’au regard et leurs usages se diversifient.

Sur le sol du Centquatre, des centaines de photographies tirées sur papier s’accumulent. Une imprimante les crache à jet continu. #selfie (1) de Tom Stayte (2) s’intéresse au partage des images à l’ère d’Internet et interroge le concept d’auteur à l’heure de la photographie numérique, des Smartphones et de la pratique du selfie. Grâce à des logiciels développés pour l’occasion, la machine accède aux flux RSS diffusés par Instagram, y sélectionne les images taguées #selfie, quelques secondes après leur publication, et les imprime alors que les visiteurs sont invités à les fouler au pied, à en prendre une, à la déchirer… ou à insérer une photo d’eux dans le flot. Au-delà d’une expérience, Tom Stayte attire l’attention sur le détournement possible de toutes ces images de soi envoyées sur le réseau dont personne ne maîtrise l’ensemble des capacités. Il met en évidence la potentielle participation de chacun à sa propre surveillance. Les tirages papier envahissent l’espace physique de manière irrépressible, singeant a minima ce qu’il advient dans l’espace numérique. Chaque minute, plus d’un million sept cent mille personnes « likent » une photo sur Instagram, 10 000 nouvelles images sont postées sur Pinterest, 300 heures de nouvelles vidéos sont téléchargées sur YouTube, plus de 345 000 tweets sont envoyés (3)… Le XXIe siècle débute sans conteste sous le signe de l’image partagée.

Retour sur image(s)

L’apparition de la photographie avait en son temps révolutionné la définition de l’image. De production de l’activité psychique en lien avec l’imagination, la mémoire, le rêve, la pensée, elle devenait la reproduction du réel. La technique photographique induisait un sentiment de vérité. Les représentations artistiques du monde laissées à l’interprétation et au sentiment de chacun étaient désormais complétées par des objets plats et lisses dans lesquels tous tentaient de retrouver le moment vécu, le paysage traversé, le sourire de l’être aimé… « Ce que la Photographie reproduit à l’infini n’a eu lieu qu’une fois : elle répète mécaniquement ce qui ne pourra jamais plus se répéter existentiellement. En elle, l’événement ne se dépasse jamais vers autre chose : elle ramène toujours le corpus dont j’ai besoin au corps que je vois ; elle est le Particulier absolu, la Contingence souveraine, mate et comme bête, le Tel (telle photo, et non la Photo), bref, la Tuché, l’Occasion, la Rencontre, le Réel, dans son expression infatigable » (4), explique Roland Barthes à la fin des années 1970. La photographie nous dédouble sans pour autant que l’on se reconnaisse ; au-delà du « Principe d’aventure » qui attire en elle, elle met en évidence, mais sans préméditation, le détail soit le « punctum » ; elle n’est pas une vue de l’esprit, mais le « réel à l’état passé » ; en elle, « le pouvoir d’authentification prime le pouvoir de représentation» (5).

Quelques années plus tard, Rosalind Krauss poursuit la réflexion (6). Le subjectivisme de Barthes ainsi que toute photographie construite, donc manipulée (voir les travaux surréalistes, par exemple), s’opposent à la « Photographie Objective» et à sa « valeur de vérité ». L’historienne de l’art américaine, à travers de nombreuses descriptions de photographies, aborde leur fonction sociale, les notions de traces, de genres, l’effondrement de l’originalité, la différence entre copie et simulacre, l’effet de réel… Pour conclure sur le « labyrinthe critique » qu’est l’espace de la photographie. A la même époque, Gilles Deleuze (1925-1995) publie deux volumes (1983 et 1985) relatifs au cinéma. Le premier, L’image-mouvement, explore l’image sous l’angle de la perception et de l’action ; le second, L’image-temps, la voit se libérer « des liens sensori-moteurs » pour s’ouvrir à la définition d’« image pensante ». Deleuze s’interroge sur sa nature. L’image peut-elle être entendue comme un signe ? Le cinéma comme un langage (7) ?

Le numérique appliqué tant à la photo qu’au film provoque un nouveau saut de pensée. L’image n’est plus « enkystée » dans du papier ou une pellicule. Le numérique transforme de la même manière photos, film, mais également son et texte qui, désormais, n’ont plus besoin d’un support pour être appréciés, peuvent suivre les mêmes circuits de diffusion et envahissent le même espace : l’écran. Dans un même élan, la disparition des supports fragilise l’économie de la musique, de l’édition, du cinéma ainsi que de la photographie. De nouveaux outils apparaissent qui démocratisent les pratiques. Les appareils qui photographient, filment, produisent du son, permettent d’écrire, se transforment. Un ordinateur devient un studio son, un appareil photo, une caméra… L’objectif laisse la place à un écran. L’œil n’est plus le seul maître du cadrage, la main devient un œil. La perspective cesse alors de régner sur la composition de l’image. Internet accélère la propagation de tous les contenus. Les réseaux sociaux – création de Facebook en 2004 – initient de nouveaux usages (notamment en faisant tomber la séparation entre vie publique et vie privée).

Capturées sans préméditation, les images se transforment

Avec le Smartphone (2007), le téléphone mobile acquière de multiples fonctionnalités qui font de lui un producteur de contenus et l’outil de partage par excellence. De nouvelles pratiques naissent et l’image se transforme. Dans le prolongement du corps, l’appareil suit son impulsion. Les photographies se moquent alors des principes hérités de la tradition picturale ainsi que des qualités techniques (netteté, contrastes, notamment) pour privilégier un mode plus spontané qui promeut l’effet « bougé ». Le flou n’est plus « artistique », mais le fruit de la vitesse et du mouvement. Témoin de l’action, donc de la présence. « A travers les images que nous capturons, nous visons à nous donner les moyens de retrouver les sensations, les émotions et les états du corps qui étaient les nôtres au moment de la prise de vue et que nous avons dû abandonner trop rapidement pour d’autres. Photographier consiste bien à “enfermer”. Mais, comme dans le cas de l’appareil psychique, c’est “enfermer” avec le désir de “développer” plus tard les choses pour les vivre à nouveau, et surtout les assimiler à son rythme » (8), précise Serge Tisseron, psychiatre, membre de l’Académie des technologies et chercheur associé à l’Université Paris VII.

Au fil de déambulations urbaines à l’itinéraire non prémédité, Pierre-Olivier Arnaud (9) capture avec son Smartphone une infime partie de l’environnement qu’il traverse. A la manière de Jacques Villeglé, qui longtemps a proposé au regard des morceaux choisis, et prélevés dans la ville, d’affiches superposées, déchirées, altérées et recomposées par le temps et les intempéries sans autre intervention de sa part que le cadrage, l’artiste sélectionne, par exemple, le détail d’une vitrine ou d’une enseigne de magasin. Avant d’être transformée en sérigraphie au format unique de 176 x 120 cm, l’image est agrandie, désaturée, recadrée et pixelisée à l’extrême puis collée à même le mur pour mieux évoquer l’espace public d’où elle est issue. Le mode opératoire de la série play still crée une distance entre l’objet photographié et son image parcellaire. Il rend impossible l’identification de ce dernier. Le détail extrait de la rue devient motif et parfois se répète. En pratiquant ainsi, Pierre-Olivier Arnaud dégrade et fige l’image numérique. Il se défait des règles imposées par l’appareil technologique qui souhaite proposer une qualité optimale d’image et du même coup imposer des standards. L’artiste s’empare du fichier numérique et lui fait subir ce que d’aucuns ont fait pendant longtemps en grattant, perçant, chauffant la pellicule. Il se l’approprie pour créer une autre image. « L’image aujourd’hui n’est plus unique et isolée. Elle ne fait plus “tableau” à la façon d’une icône ou de notre traditionnelle Joconde. L’image, d’emblée, se donne comme plurielle ; elle se décline et se déplie en de multiples sous-couches. Une image toujours vient en cacher et dissimuler une autre qui, à son tour, renvoie à une multitude d’autres vignettes ou paysages. Ces images se lisent désormais dans le mouvement » (10), explique Florence de Mèredieu.

Qui dit Smartphone, dit selfie

Jeudi 28 avril 2016 à Lisbonne, un jeune homme désireux d’immortaliser sa rencontre avec Dom Sebastião – roi du Portugal entre 1557 et 1578 – n’hésite pas à grimper sur le socle de la statue à l’effigie du souverain pour faire un selfie. Seulement voilà, celle-ci n’est pas scellée. Elle tombe et se brise en mille morceaux ! Cette anecdote vient compléter l’observation quotidienne que chacun peut faire du phénomène. Le selfie court la planète, remplit la mémoire des Smartphones et témoigne d’instants, souvent privés, toujours singuliers. L’auteur vient s’inscrire au centre de l’image, preuve qu’il y est, qu’il le fait, qu’il le voit… A chacun son échelle de valeurs et de mise en valeur. Les uns bichent de se montrer en petite tenue, les autres aux côtés d’une star ou dans un paysage paradisiaque. Le selfie est une pratique propre au Smartphone. La fonction qui permet d’inverser le sens de l’objectif et donc de se photographier aisément soi-même a permis cette pratique photographique de masse. Il n’y a qu’à observer l’apparition des perches à selfie dans tous les lieux touristiques du monde pour se convaincre de l’ampleur du phénomène. Mais aussi de sa différence profonde avec l’autoportrait tel que relaté dans l’histoire de l’art à travers les œuvres d’artistes comme celles de Léonard de Vinci, Rembrandt, Van Gogh, Picasso ou Frida Kahlo. Et du côté des photographes, Nadar, Brassaï, Claude Cahun, Dieter Appelt ou Cindy Sherman. Deux raisons fondent cette différence : la simplicité de réalisation et la capacité à partager l’image obtenue. D’une part, plus besoin d’un dispositif technique exigeant une anticipation – faire un selfie peut se décider et s’exécuter dans la foulée – et, d’autre part, l’envie de partager le moment présent avec des absents est sa motivation principale. « La photographie connectée fait du selfie le véhicule d’un type bien particulier de communication : le signalement instantané d’une situation, spécifiquement destiné à un récepteur. L’image devient ici un message visuel, dont l’interprétation dépend étroitement du triangle formé par son émetteur, l’occasion représentée et le destinataire visé, autrement dit présente un fort degré de dépendance au contexte » (11) , précise l’historien André Gunthert. Le selfie n’est pas une image de soi reconstituée, inventée, mais une image de soi à un temps T. Il témoigne d’une étape appartenant à un récit plus large. Mis bout à bout, tous les selfies d’une même personne peuvent restituer une version de son histoire, à la fois parcellaire et subjective comme la mémoire.

Certains artistes, comme Alberto Frigo (12), font œuvre de leurs archives « selfiques ». Cependant, sur les cimaises des lieux d’exposition, le selfie artistique est le plus souvent une critique négative, non pas du selfie en tant que tel, mais de l’individu qui s’y adonne, membre d’une société autocentrée. Dénués de toute profondeur, nos contemporains s’arrêteraient à la surface des choses, passeraient leur temps à se mirer grâce à leurs téléphones mobiles et s’exposeraient sans retenue, sans discernement, sur les réseaux sociaux. Exemple, la série Ma vie est plus belle que la vôtre de Romain Leblanc (13), présentée au Festival Circulation(s) en 2016, à Paris. Cependant, tout le monde ne porte pas le même regard sur cette pratique. Un exemple avec ces propos du Pr Michel Lejoyeux (14) : « Le selfie est comme une petite ruse qui permet de placer notre visage dans une situation particulière ; il nous donne un prétexte pour l’aimer, parce qu’on va le photographier à côté de La Joconde ou de la Victoire de Samothrace… C’est une leçon de bon narcissisme, car c’est un petit exercice d’acceptation de soi. Or, ce n’est jamais mauvais d’apprendre à s’aimer » (15).

La notion de mémoire renouvelée

Outil de compilation, le Smartphone est devenu une annexe de la mémoire de son détenteur, un disque dur qu’il transporte sur lui. Il renferme des données précieuses, de celles qui permettent de ne pas avoir à se souvenir (sorte de mémoire en libre-service) ou qui définissent les souvenirs (mémoire sélective). Les photos, notamment, sont autant de notes visuelles prises pour conserver une trace. Les consigner empêche de les oublier. De la même manière, SMS, e-mails sont gardés sans que la question de l’utilité de cette conservation soit réellement posée, sauf à atteindre les limites de l’appareil. Les données du quotidien, personnelles ou professionnelles, s’accumulent. On « thésaurise » au risque de se voir submergé. Le téléphone mobile sert aussi à noter une idée venue au détour d’une conversation, d’une visite, d’un déplacement. L’appareil technologique devient alors un fixateur de pensée. Il est à la fois un carnet à croquis, qui inscrit une forme, et un carnet de notes, qui s’intéresse aux idées. Avec le Smartphone, tout devient image et toutes les images deviennent des souvenirs s’inscrivant en couche dans cette mémoire numérique et donnant naissance à une archéologie de l’instant.

En attendant une utilisation équilibrée, admise et bonne pour tous, des Smartphones, les technologies mobiles offrent un sujet et des moyens pour nombre d’artistes et leurs œuvres sont légion. Certaines mettent notre société connectée face à ses contradictions, ses manquements, ses obsessions… d’autres inventent un nouveau dialogue avec le public. Les œuvres, toutes soumises à l’écosystème numérique et à des contraintes technologiques (dimensions de l’appareil, luminosité, capacité de mémoire, vitesse d’exécution des programmes, etc.), offrent des formes et des expériences inédites : peintures augmentées, œuvres applicatives, Tweet art, QR codes artistiques… Le Mobile Art est un espace neuf et en expansion constante de la création contemporaine. Et ceci n’est rien d’autre que la suite de l’histoire.

 

(1) : #selfie, Tom Stayte, 2014. L’installation a été présentée au Festival Circulation(s) 2016, Paris.
(2) : Né en 1988, Tom Stayte habite et travaille à Londres, Angleterre. Le plasticien et entrepreneur s’intéresse à la place de l’individu dans la culture post numérique. A travers la photographie, des installations et des livres, il tente de rendre compte des relations entretenues par ce dernier avec les entités digitales. www.tomstayte.co.uk
(3) : Chiffres extraits d’une infographie réalisée en 2014 par la société de logiciels américaine, Domo, spécialisée en business intelligence et visualisation des données. www.domo.com/learn Sources : Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, Pinterest, Apple, Netflix, Reddit, Amazon, Tinder, Buzzfeed, Statista, Internet Live Stats, Statisticbrain.com

(4) : Roland Barthes, La chambre claire – Note sur la photographie, Cahier du cinéma, Gallimard Seuil, 1980, p. 15.
(5) : Ibid. p. 29, p. 38, p. 71, p. 130 et p. 139.
(6) : Rosalind Krauss, Le Photographique – Pour une Théorie des Ecarts (1983), Editions Macula, 1990.
(7) : Cf l’article de l’historien, critique et théoricien français du cinéma, Jean Mitry (1904-1988), publié dans la revue « Vertigo » (http://revue-vertigo.fr) et reproduit sur le blog Le conflit www.leconflit.com
(8) : Serge Tisseron, « De l’image dans la main à l’image en ligne » : cet article a été publié en 2014 dans l’ouvrage collectif Téléphone mobile et création sous la direction de Laurence Allard, Laurent Creton et Roger Odin, p. 120.
(9) : Né en 1972, Pierre-Olivier Arnaud est diplômé des Beaux-Arts de Saint-Etienne, DNSEP en 1996. Il vit et travaille à Lyon. Il est représenté par la galerie Art : Concept, à Paris.
(10) : Florence de Mèredieu, Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne & contemporain, Larousse in extenso, 2008, p. 605.
(11) :
 Citation extraite de l’article « La consécration du selfie », signé André Gunthert et publié dans le n°32 d’Etudes photographiques au printemps 2015, accessible en ligne https://etudesphotographiques.revues.org/3529
(12) : Né en Italie en 1979, Alberto Frigo est un artiste multimédia. Globetrotteur dans l’âme, il a vécu au Canada, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et Suède. Il a notamment travaillé comme chef de projet au Massachusetts Institute of Technology.
(13) : Né en 1985 à Evreux, Romain Leblanc est un photographe qui travaille en Normandie et en Belgique Professeur de photographie à l’école d’art municipale d’Evreux, il a intégré l’agence de photographes Hans Lucas en 2014. Ses travaux utilisent souvent les codes du théâtre et du cinéma pour réaliser des mises en scène. https://romain-leblanc.com/
(14) : A la tête des services de psychiatrie et d’addictologie des hôpitaux Bichat et Maison-Blanche, Michel Lejoyeux est également professeur à l’Université Paris 7.
(15) : Citation extraite d’une interview de Michel Lejoyeux réalisée par Samantha Deman et publiée sur le site ArtsHebdoMédias, le 24 février 2016. 

Infos Photos :
#selfie, Tom Stayte, 2014. L’installation a été présentée au Festival Circulation(s) 2016.  www.festival-circulations.com
© Tom Stayte courtesy Festival Circulation(s)

Play still, Pierre-Olivier Arnaud, sérigraphie sur papier, 176 x 120 cm, 2015. Cette série a été exposée à l’occasion d’Un autre halo, exposition organisée du 4 juin au 23 juillet 2016 par la galerie Art : Concept, à Paris. http://www.galerieartconcept.com
© Pierre-Olivier Arnaud, courtesy de l’artiste et de la galerie Art : Concept

Images of the artefacts used by the main hand, d’Alberto Frigo, a débuté en 2004 et se terminera en 2040.  http://www.2004-2040.com.
Photos prises lors de l’exposition Hamster Hipster Handy – Under the Spellbound of the Mobile Phone organisée en 2015, au Musée des arts appliqués de Francfort, en Allemagne.
© Alberto Frigo courtesy Musée des arts appliqués de Francfort, en Allemagne, photos MLD.

Ma vie est plus belle que la vôtre, Romain Leblanc, iphotographies, 2014. Cette série a été « Sélection du jury » au Festival Circulation(s) 2016, à Paris.
© Romain Leblanc courtesy Festival Circulation(s)

Instagram : Une esthétique photographique du narcissisme de masse

L’apparition de la photographie numérique à la fin du 20e siècle a complétement bouleversé plus d’un siècle de pratique photographique. L’image produite n’est pas en soi très différente de son ancêtre argentique puisqu’il s’agit toujours d’une image fixe capturée par un dispositif optique que l’on peut imprimer sur papier. C’est en fait l’acte photographique lui même qui a été complétement bouleversé par cette nouvelle technologie ainsi que les moyens de traitement et de diffusion de cette nouvelle image dématérialisée.

La photographie fait aujourd’hui partie de la vie quotidienne de centaines de millions d’individus à travers le monde grâce aux « smart phone » et aux réseaux sociaux.

Prendre une photo est aujourd’hui devenu un geste banal, presque un réflexe, comme s’il s’agissait de prendre des notes visuelles de son quotidien ; une sorte de journal intime anecdotique, rassurant et narcissique : photographier son assiette lors d’un déjeuner au restaurant, faire un « selfie » à la sortie d’un concert, photographier son chat endormi sur une chaise etc… Quel que soit le sujet, photographier c’est exister en affirmant sa singularité ! Mais pour que la satisfaction soit complète, il faut pouvoir partager ces preuves de vie et montrer aux autres son bonheur d’exister parmi la multitude.

Les réseaux sociaux contribuent à favoriser cette fringale photographique en encourageant l’échange par un rituel codé. Publier une photo sur Facebook ou sur Instagram c’est surtout espérer les réactions et commentaires de ses amis qui viendront ainsi valider cet instant photographique. Ce n’est pas l’image elle-même qui est importante mais l’échange qu’elle provoque et qui donne ainsi une justification permanente à nos existences solitaires. Chaque photo publiée rassure, donnant l’illusion d’un certain bonheur partagé.

Ce nouveau type de comportement photographique a donc créé un nouveau genre photographique qui se caractérise par un narcissisme assumé associé à un exhibitionnisme soft dont le « selfie » en est l’expression la plus commune. Il est l’expression visuelle de ce que la psychanalyste et philosophe Clotilde Leguil qualifie de narcissisme de masse.

Les professionnels de la communication ont bien compris l’importance des réseaux sociaux comme nouveau medium de communication et ont également intégré le genre photographique qui leur est associé. De nombreuses entreprises communiquent désormais à l’aide de ces images d’une fausse intimité partagée et/ou d’une expérience privilégiée susceptibles de provoquer l’envie … (voyages, restaurants, hôtels, lieux insolites …) et donc l’achat.

Les réseaux sociaux ont profondément modifié notre rapport à la photographie et ont ainsi favorisé l’émergence et le développement d’une nouvelle photographie.
Superficielle et narcissique elle est néanmoins en parfaite cohérence avec l’esprit de notre temps. Il s’agit d’un flux permanent d’images qui constituent une sorte d’autoportrait mouvant synchronisé sur la vie.
L’album de photos de famille a soudainement pris un coup de vieux !

Les images ci-dessus empruntées au réseau social Instagram constituent quelques exemples de ces nouvelles images. Décontextualisées, et anonymes, elles n’appartiennent plus au flux: elles retrouvent peut-être ainsi leur statut de photographie !

Les lauréats dévoilés concours photo #40 ans Centre Pompidou #MonFaitdArt

Le Centre Pompidou dévoile les trois lauréats de son concours photo #MonFaitdArt, qui s’est déroulé du 21 mars au 21 septembre. 3 photos qui reflètent la diversité des expositions organisées dans 40 villes françaises pour célébrer le quarantième anniversaire du Centre Pompidou.

Metz, Lille, Nice, Paris, Chambord, Bordeaux… Les participants se sont mobilisés par centaines partout en France pour capturer les images des expositions emblématiques des 40 ans du Centre Pompidou, avant de les relayer sur leurs comptes Facebook et Instagram à l’aide des hashtags « #centrepompidou40 » et « #monfaitdart ». A la fin de chacune des six sessions de jeu mensuelles, les cinq photos les plus appréciées des internautes ont été publiées sur le site des 40 ans. Trois lauréats sélectionnés par le jury remportent un lot spécial : une nuit dans un hôtel parisien et un laissez-passer annuel duo pour le Centre Pompidou pour le premier, un laissez-passer annuel duo pour le second et un laissez-passer annuel solo pour le troisième.

Les 3 photos lauréates :
N°1 : https://www.instagram.com/p/BZUAucEFzbp/

N°2 : https://www.instagram.com/p/BW7mXIRh1qW/

N°3 : https://www.instagram.com/p/BYvRKmIFBcK/

Les Frangines et vous : Calme et volupté chez Stéphanie Davilma

Les artistes passent mais leurs créations ne se ressemblent pas. C’est bien un atout de l’hybride space Les Frangines que de nous proposer chaque mois, de nouveaux artistes aux univers et aux techniques les plus variés. Céramique, peinture, techniques mixtes, dessins et maintenant photographie avec , pour cette quinzaine, l’exposition personnelle d’une artiste sensible: la photographe toulonnaise Stéphanie Davilma.

J’ai récemment découvert le travail de Stéphanie et je la suis régulièrement sur Instagram. J’ai tout de suite été séduite par les couleurs de ses clichés, les cadrages serrés, une certaine épure du sujet qui invite à la contemplation. Âgée de 32 ans, Stéphanie habite la cité du Levant depuis ses 18 ans. Une habituée du centre ancien puisque son mari est le chef et co-gérant de Santa Rosalia, restaurant mexicain situé une rue plus loin! Sa pratique photographique est intuitive. Elle s’explique: « Je suis une autodidacte car même si j’ai toujours fait de la photographie, j’ai un doctorat en droit public et je suis spécialisée dans l’étude des libertés fondamentales et de la démocratie locale. J’ai travaillé pour un laboratoire dans ces domaines durant cinq ans.  La recherche et la photographie sont deux activités que j’ai menées parallèlement depuis des années jusqu’à il y a 2 ans, où j’ai décidé de me consacrer principalement à la photographie ».  Elle confie que sa formation initiale l’a amenée à porter un regard analytique, critique et approfondi sur les choses. Quant à sa technique, Stéphanie travaille essentiellement à l’argentique. Véritable outil de travail, l’argentique impose un processus de travail lent et les couleurs qui en résultent sont douces. L’atmosphère des clichés est irréel, le temps semble être arrêté. Cette sensation de temps suspendu est volontaire. Les paysages ne sont pas nommés afin que le spectateur s’approprie les images et qu’il ne se situe pas dans le temps, mais dans son propre instant. C’est tout l’intérêt de la série « Nous n’irons pas plus loin » . Cette série éclectique de divers paysages sont des endroits photographiés en différents lieux de la planète. Que le spectateur reconnaisse les lieux intéresse peu la photographe. L’essentiel est le ressenti devant l’image. L’arrêt sur image. « Nous n’irons pas plus loin » est une série qui questionne le spectateur sur l’arrêt volontaire ou obligatoire: « Soit nous sommes happés par un moment et on a envie de s’ arrêter pour regarder, admirer le paysage,  soit les éléments nous imposent l’arrêt, comme un chemin fermé ou des falaises. S’arrêter par choix ou par obligation mais aussi suspendre le temps pour ressentir l’émotion ». Dans tous les cas, l’arrêt n’est pas négatif mais devient contemplatif. Aussi, ses photos renvoient à des souvenirs personnels. Des photographies évocatrices qu’on associe à notre propre existence.

La deuxième série exposée est un hommage à Toulon. Explication de la photographe: « J’avais à coeur de dresser un portrait de la ville tout en assumant  qu’il serait subjectif mais aussi, tout en relatant une image que les Toulonnais reconnaîtraient. Un portrait ni assombri et ni déformé de cette ville à un moment où elle était en pleine mutation.  Toulon est une ville aimée de ses habitants, même si nous sommes peu à la comprendre vraiment. Nous avons beaucoup d’affinités avec cette ville imparfaite.  Une ville mystérieuse mais prête à de nouveaux défis. Une ville changeante mais qu’on ne voudrait pas travestir. J’ai donc dressé ce portrait au printemps et durant l’été dernier, avant les gros travaux de la rue Pierre Sémard. Les enseignes fermées étaient délaissées mais belles à voir. Ce quartier semblait figé dans le temps. Je voulais surtout montrer aux Toulonnais la beauté de leur ville en invitant leur regard à aller dans certaines directions. » Les photographies sont sincères et témoignent d’une ville sans artifice, prête à être aimée pour ce qu’elle est. Enfin, l’ensemble de ce travail documentaire a été édité et constitue un ouvrage accessible et un beau témoignage de la ville.

La dernière série exposée est constituée de 4 clichés choisis pour leur gamme chromatique. Une approche graphique, autour du rouge, afin d’apporter une note gaie et estivale à cette exposition et un cadrage très resserré pour amener le regard directement sur l’objet concerné. Et d’ailleurs, on se laisserait bien tenter par un verre de Spritz! Si les photographies exposées s’orientent sur le paysage et l’architecture, Stéphanie ne délaisse pas le portrait. Elle a, par exemple, réalisé un portfolio à l’argentique pour la marque parisienne Charlotte Sometime. Des portraits capturés de 3/4, de profil, ou axés sur les mains afin de révéler le sujet de manière différente qu’avec des prises de vues faciales. Une voie qu’elle continuera de développer mais en attendant, la photographe prépare l’arrivée de deux heureux évènements!

En parcourant l’exposition, on donne raison à Stéphanie d’avoir délaissé la recherche pour se consacrer à son art. La chaleur de ses photographies nous enivre. Une certaine beauté s’en dégage. La beauté d’un temps suspendu, liée par des couleurs douces et pastels. Les photographies ne sont pas surchargées, les quelques éléments qui les composent dégagent une atmosphère paisible et calme, une invitation à suspendre le temps pour plonger dans des souvenirs émotifs et à prendre le temps de ressentir. Même si Stéphanie Davilma a déja exposé au sein de collectifs, les photographies montrées chez Les Frangines est sa première exposition personnelle. Une artiste capable de capter l’humanité, la puissance d’une architecture ou l’émotion d’un paysage… Une monstration épurée et sensible dont on regrette juste qu’elle ne dure que 15 jours…

INFORMATIONS PRATIQUES
Stéphanie Davilma
/!\ Derniers jours : Jusqu’au 01 juillet 2017
Les Frangines et Vous
47 Rue de Pomet
Entrée Rue Pierre Sémard
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h30
En nocture le jeudi jusqu’à 21h30
06.08.42.13.94
Site internet de Stéphanie Davilma ici
Site internet des Frangines ici
Le livre photographique sur Toulon est en vente chez Les Frangines au prix de 15€.

Premier Salon Instagram au Carreau du Temple

C’est une première et cela se passe en France : Instagram organise, le 17 juin prochain, le tout premier Salon des Instapreneurs qui mettra en lumière sa communauté de petites et moyennes entreprises. L’ événement, qui se tiendra au Carreau du temple, réunira une cinquantaine d’entrepreneurs, venus de toute la France à la rencontre de leur communauté.

Avec plus de 700 millions d’utilisateurs actifs chaque mois dans le monde, Instagram est devenu le réseau social incontournable pour les particuliers comme pour les entreprises. 400 millions de personnes se rendent ainsi chaque jour sur Instagram pour se connecter avec les communautés qui partagent les mêmes passions.

Instagram s’est très rapidement imposée comme LA plateforme incontournable pour les TPE-PME. Elle est devenue un outil de communication essentiel pour les marques qui, au travers d’images (photos, vidéos et Stories), racontent leur histoire, se connectent et engagent avec leur communauté. La communauté, quant à elle, a montré beaucoup d’intérêt pour les marques puisque 80% des instagrammeurs suivent au moins une entreprise sur la plateforme et 60% confient avoir découvert un produit ou service sur Instagram. Instagram a ainsi encouragé encore plus d’interactions entre les marques et leurs clients existants ou potentiels en permettant bien plus que de l’inspiration. En effet, 75% des membres de la communauté ont déjà visité le site d’une entreprise, fait une recherche, une recommandation à un ami ou effectué un achat après avoir vu un post sur Instagram.

Qu’ils aient transformé leur passion en business ou qu’ils développent leur business grâce à Instagram, 50 entrepreneurs français dans des secteurs comme le sport, la mode, l’art, la décoration, l’enfant, la food, la beauté ou encore la santé, basés à Paris, en province ou même installés à l’étranger, viendront partager, sur leur stand dédié, un peu de leur univers et vendre une sélection de leurs produits ou services.

@Coucousuzette est une marque 100% Instagram. Sa fondatrice, Juliette Mallet, a construit tout son business sur Instagram et vit aujourd’hui de sa passion grâce à la plateforme. Instagram lui a en outre permis de toucher une clientèle internationale puisqu’elle vend également sur les continents américain et asiatique. Shanty Baehrel, quant à elle, a quitté son CDI dans l’aéronautique pour lancer sa marque de biscuits personnalisés, @Shantybiscuits dont la notoriété n’a cessé de croître grâce à Instagram. D’ailleurs, elle affirme que sur le dernier mois, Instagram a généré plus de trafic vers son site que Google. Jean-Marc et Alexandra Bruel, père et fille se sont lancés dans l’aventure du papier peint en créant la marque @Papermint_paris. Très vite, Instagram est devenu incontournable et leur a permis de booster leur business. 80% de leurs clients ont découvert leur entreprise sur Instagram et plus de 20% de leur trafic vers leur site internet provient directement de la plateforme.

À l’occasion de cet événement inédit, Jim SquiresHead of Instagram Business fera le déplacement depuis le siège californien pour rendre hommage aux petites et moyennes entreprises françaises. Il explique: « Aider les entrepreneurs à faire croître leurs entreprises est une priorité pour Instagram. Avec une communauté riche de plus de 700 millions de membres, Instagram aide les petites et moyennes entreprises tous secteurs confondus à trouver le public qui les intéresse, et à se développer. Après nous être entretenus avec des petites entreprises pour savoir ce dont elles avaient le plus besoin, nous avons créé une gamme d’outils pour leur permettre de se démarquer et d’apprendre quel contenu fonctionne le mieux sur Instagram. Avec 8 millions d’entreprises qui utilisent ces outils dans le monde entier, nous souhaitons continuer à travailler avec elles pour faire évoluer nos solutions en fonction de leurs besoins. C’est pourquoi nous sommes fiers d’organiser le tout premier Salon des Instapreneurs en France, un marché clé pour Instagram. Cet événement aide à mettre en lumière les talents entrepreneuriaux qui contribuent au succès et au dynamisme de l’économie française, d’aujourd’hui et de demain

Pour le salon, Instagram a choisi un parrain en la personne de Guillaume Gibault, fondateur du désormais célèbre Slip Français car la marque incarne l’exemple même de la réussite d’un entrepreneur, d’une marque sur les réseaux sociaux et en particulier Instagram. « Pour Le Slip Français Instagram est notre premier levier d’image et c’est aussi souvent là que nos clients rencontrent la marque pour la première fois. Instagram transforme profondément notre métier par le rapport nouveau qu’il construit entre une marque et sa communauté. C’est une opportunité immense pour les entrepreneurs qui démarrent et je suis ravi et fier d’être le parrain de ce bel événement pour les aider à la saisir au mieux pour grandir et se faire connaitre !” déclare Guillaume Gibault.

Avec cet événement, Instagram entend prolonger l’expérience de la plateforme dans le réel et ainsi poursuivre sa mission de rassemblement en renforçant les liens de sa communauté autour d’expériences partagées.
Comme Instagram, le salon des Instapreneurs s’adresse à tout le monde: au grand public curieux de découvrir de nouvelles marques, aux entrepreneurs souhaitant pouvoir échanger sur leur expérience, aux personnes qui auraient envie de se lancer dans l’entreprenariat, aux membres de la communauté qui veulent voir qui se cache derrière les marques qu’ils suivent sur Instagram ou encore tous ceux qui souhaitent s’inspirer.

Le grand public est ainsi invité, le temps d’une journée, à vivre l’expérience Instagram et à venir rencontrer ces entrepreneurs aux profils variés. Qu’ils soient à peine sortis des bancs de l’école ou plus séniors, qu’ils se soient lancés seuls, en couple, entre amis ou encore entre frère et soeur, ils ont tous une belle histoire à partager.

Instagram a sélectionné avec soin 50 marques 100% françaises, parfois confidentielles, toutes surprenantes. Des pépites à découvrir, comme cette marque de cosmétique 100% bio, éthique et artisanale, fabriquée à Bordeaux, @soin_de_soi; ou cette douce collection de peluches inspirée par la beauté des animaux marins albinos, @bigstuffed; ou encore cette série de vaisselle vintage, @vaissellepommettes soigneusement chinée et délicatement revisitée avec de jolies illustrations contemporaines.

Dans la volonté de soutenir et mettre en lumière ces entreprises agiles, innovantes, créatives et audacieuses, Instagram a souhaité faire bénéficier les 50 entrepreneurs de cette belle opportunité à titre totalement gracieux. Et le salon est également gratuit pour le grand public.

Dans la logique de mettre en lumière les petites entreprises présentes sur la plateforme, Instagram a naturellement choisi de s’associer à l’une d’entre elles, Klin d’Oeil (@klindoeil) pour l’accompagner sur la direction artistique de l’événement. Klin d’oeil est une boutique et galerie, dont les co-fondatrices, Emilie et Virginie Capman, deux soeurs créatives touche-à-tout, découvreuses de talents, et organisatrices de salons DIY, y mettent en scène la jeune création française. Emilie Capman commente: « Nous sommes ravies que l’équipe d’Instagram nous ai fait confiance pour les accompagner dans la direction artistique de leur premier évènement grand public en France pour mettre en avant les jeunes entrepreneurs, comme nous ! Nous-même avons développé notre communauté partout en France et découvert de nouveaux talents grace à Instagram. Donner une touche Klin d’Oeil à un événement Instagram est l’une des aventures les plus stimulantes que nous ayons vécues depuis nos débuts ! »

En plus d’aller à la découverte des entrepreneurs sur leurs stand, les particuliers, comme les professionnels pourront venir écouter les histoires inspirantes d’entrepreneurs participants à trois moments d’échange sur le thème de l’entreprenariat:

• 11h : Comment les marques Made in France séduisent à l’international
• 15h : Jeunes entrepreneurs, la relève
• 16h : Transformer sa passion en business, une rêve rendu possible grâce à Instagram
• 18h : L’ entreprenariat au féminin: women power!

Salon des Instapreneurs
Samedi 17 juin de 10h à 20h
au Carreau du Temple
4 Rue Eugène Spuller
75003 Paris
Entrée libre.
Pré-inscriptions et programme complet sur ce lien: https://splashthat.com/sites/view/lesalondesinstapreneurs.splashthat.com