Archives par mot-clé : Installation

Carte blanche à Albertine de Galbert : Diego Bianchi & Luis Garay

Pour cette deuxième carte blanche, notre invitée de la semaine, Albertine de Galbert revient sur la performance « Under De Si » de Diego Bianchi et Luis Garay qui s’est tenue à Madrid à l’occasion des 35 ans de la foire ARCO 2017 avec l’Argentine en invité d’honneur.

Entrer, et déambuler dans cette installation-performance est une des expériences artistiques les plus intenses que j’ai vécues. Difficile d’en parler donc, tant les mots semblent à la fois petits et grossiers pour la décrire. Difficile aussi de choisir une image dans la profusion de mondes qui s’y entrechoquent, hurlent en silence, ou se contorsionnent pour éprouver leurs propres limites, sans pourtant parvenir à sortir d’eux-mêmes.

La violence, dans l’art, est souvent racoleuse, mais il ne s’agit pas de cela ici. C’est un appel qu’adressent Diego Bianchi et Luis Garay, et avec eux les performers engagés dans cette chorégraphie bouleversante que l’on traverse un peu sidéré. Un appel à reconnaître l’ambiguïté de toute chose, et à se laisser transformer par elle.

http://www.mataderomadrid.org/ficha/6172/under-de-si.html

Carte Blanche à Ericka Weidmann : L’anamorphose de Georges Rousse

Chez Mowwgli, on garde en tête l’importance des premiers pas, des premiers émois.  C’est aussi ne pas oublier d’où l’on vient, à l’image du personnage de Kipling, notre enfance et ses fondations, qui nous construisent. Même si des années après, ils peuvent paraître désuets. C’est en ce sens que je vais aborder mes cartes blanches tout au long de la semaine…

J’ai découvert le travail de Georges Rousse à mes balbutiements dans le monde de la photographie. C’était il y a presque 20 ans. J’avais alors entre les mains un simple carton d’invitation de vernissage, je dois avouer ne pas y avoir beaucoup prêté attention, au premier coup d’œil, je ne voyais qu’une photographie d’architecture peinte… Et pourtant mon cerveau avait « rangé » cette information quelque part au chaud. En 2004, Georges Rousse exposait au festival des Transphotographiques de Lille. Cette édition était orchestrée pour la première fois par un curateur invité, Jean-Luc Monterosso. L’exposition était présentée à la Maison de la Photographie de Lille, alors encore en travaux. Nous devions emprunter un escalier pour accéder aux expositions; sur les marches et sur les murs, quelques traces de peintures rouges ici et là, ne semblant pas vouloir donner de signification précise. Nous déambulions alors au sein de l’œuvre in situ « Désordre », réalisée spécialement pour l’occasion. C’est à ce moment précis que tout se mis en place : les œuvres ephémères de Georges Rousse se vivaient dans l’espace. En se déplaçant on défie la perspective, jusqu’à ce moment précis où l’on trouve le point de vue parfait, pour voir ce qui nous est donné à voir. Ce « désordre » n’était pas l’œuvre la plus réussie de Rousse, mais c’est celle qui m’a fait découvrir toute l’ampleur de sa réalisation. Dès lors que j’ai envisagé les photographies de Georges Rousse d’un autre œil, ces lieux abandonnés prenaient une autre dimension, et une multitude de facettes…
Aujourd’hui je rencontre toujours cette frustration de ne pas être immergée dans l’œuvre photographiée. Alors à quand une exposition de Rousse en réalité virtuelle ?

La galerie RX (Paris) vient de lui consacrer une exposition avec 12 œuvres monumentales. Jusqu’au 31 décembre, on vous invite à découvrir deux installations in situ à Chambéry et à Lens pour dévoiler une nouvelle dimension des travaux de Rousse.

INFORMATIONS PRATIQUES
• Opération Plastique
Exposition Personnelle et Installation In-situ
Du 26 septembre au 31 décembre 2017
> Centre Hospitalier Métropole Savoie
Atrium du Nouvel Hôpital
73000 Chambéry
> Cité des arts
Jardin du Verney
73000 Chambéry
• Détournement de Fonds
Installation in-situ & Exposition Personnelle
Du 16 septembre au 31 décembre 2017
Ancienne Banque de France
5, rue de la Paix
62300 Lens
http://www.georgesrousse.com/

La galerie Magda Danysz présente « Hard Core » d’Abdul Rahman Katanani

L’artiste Abdul Rahman Katanani utilise le barbelé pour langage ; le fil de la douleur d’un peuple épris de liberté. A voir jusqu’au 13 janvier à la Galerie Magda Danysz.

La galerie Danysz présente Hard Core, première exposition monographique d’Abdul Rahman Katanani en France – artiste protéiforme dont le travail traduit un fort engagement social et citoyen. Utilisant l’art comme moyen de résistance, il porte un regard sensible sur les problèmes du monde.

Abdul Rahman Katanani est né en 1983 dans le camp de réfugiés palestiniens de Sabra au Liban. Après un travail de caricaturiste au sein du camp qui lui a valu des menaces, puis un passage aux Beaux-Arts de Beyrouth, il a cherché un langage moins frontal mais tout aussi résistant. Un art qui donne le pouvoir de sortir, la possibilité de s’affranchir du contrôle permanent et d’ouvrir à un esprit critique.

Il trouve sa voie avec la matière première à sa disposition dans le camp. Il dompte toute sorte de matériaux, pneus, tissus ou bidons d’essences, tôle ondulée et bien sûr fil de fer barbelé devenu le hard core de son travail. Avec ces matériaux, symboles d’enfermement, il crée des œuvres qui sortent du camp, voyagent, elles s’affranchissent de toute frontière et incarnent le désir de liberté de tous les réfugiés.

En tordant à mains nues le fil barbelé, il tisse le fil de l’histoire et le fil d’Ariane d’un peuple enfermé et blessé. Il conserve d’ailleurs les traces de nombreuses cicatrices sur ses mains et mène ainsi un travail de mémoire, avec l’intime conviction qu’en découle une forme de tolérance et d’acceptation de l’autre.

L’exposition se développe sur les 3 étages de la galerie. Dès l’entrée dans la galerie, le ton de l’exposition est immédiatement donné avec l’installation centrale (spécialement conçue pour l’exposition) qui vous plonge dans une rue grandeur nature d’un camp de réfugiés. La rue bordée de mini « maisons » est réalisée entièrement avec du matériel de recyclage, dans laquelle le spectateur peut pénétrer et errer. Au fond de cette ruelle, le visiteur se voit alors reflété des dizaines de fois par les miroirs qui bordent le passage, donnant l’impression d’être démultiplié et à l’étroit dans la structure. Une œuvre avec une forte puissance narrative.

Au sous sol une vidéo propose un prolongement à l’expérience immersive du rez-de-chaussée. Il s’agit d’une captation de l’installation qu’il avait produite pour le Centre Culturel Français de Beyrouth. Une caméra, type vidéo surveillance filme, en noir et blanc et au ralenti, le passage des visiteurs dans ce facsimilé de camp. Ils apparaissent comme des personnages fantomatiques en errance dans un univers deshumanisant.

A coté, des troncs d’arbres, parasités par des champignons en fil de fer barbelé, font référence au projet monté en pleine nature avec le soutien du centre d’art Vent des Forêts (Fresnes-au-Mont, Lorraine).

A l’étage c’est le règne du barbelé. Un espace qui nous renvoie au proche orient avec une série de ses célèbres oliviers aux ramages en fil de fer barbelé qui brillent de milles feux tandis que sur les murs, deux enfants en tôle ondulée, sans visage, jettent des pierres sur des ennemis invisibles. Plus loin d’immenses tourbillons convoquent le concept de liberté en perpétuel mouvement.

Abdul Rahman Katanani accorde aussi bien une place au fond qu’à la forme et à l’esthétique de ses œuvres. De son processus créatif émerge une dualité entre la réalité des éléments chaotiques retravaillés et la beauté de la composition finale.

Chez Abdul Rahman Katanani priment un désir d’affranchissement et une recherche de liberté qu’il prône par l’éducation, la culture et l’art. Son art et sa vie, sont la même chose. Son art et la chose politique idem.  Un jeune et talentueux artiste à découvrir d’urgence.

Hard Core est réalisée en collaboration avec la galerie Analix Forever de Genève – dans la continuité d’un travail initié de longue date avec Barbara Polla – et avec le soutien du centre d’art Vent des Forêts (Fresnes-au-Mont, Lorraine). 

INFORMATIONS PRATIQUES
Hard Core
Abdul Rahman Katanani
Du 2 décembre 2017 au 13 janvier 2018
Galerie Magda Danysz 
78 rue Amelot
75011 Paris
M° Saint Sébastien Froissart
http://magdagallery.com

Olivier Grossetête à Chiangmai, Thailande

Les Parisiens ont pu, en juillet dernier, évoluer dans sa Ville éphémère, érigée aux abords de la Grande Halle de la Villette. Buildings grandeur nature, élégants et puissants, mais tout en carton, scellé et recouvert d’adhésif d’emballage. Quand Christo enveloppe le monumental de ses toiles ficelées, quand Georges Rousse maquille  de jeunes ruines en trompe-l’œil, Olivier Grossetête reconstruit le patrimoine architectural sur un mode à la fois savant et ludique.

Artiste contemporain qui ne court pas après les collectionneurs, le jeune plasticien né à Paris en 1973, diplômé en 1998 de l’Ecole des Beaux-arts de Valence, aujourd’hui installé à Marseille, commence sa carrière par la réalisation en 2000 d’un court-métrage. « Le bateau ivre 1 » raconte l’histoire d’un bateau de papier grandeur nature, capable d’embarquer un rameur dans ses divagations d’histoire du cinéma.

Olivier Grossetête s’attaque à la troisième dimension deux ans plus tard avec ses constructions monumentales collectives et éphémères, impliquant une participation locale. Plusieurs villes de France  et d’Europe financeront  ces performances aux dimensions éducatives et culturelles, capables de mobiliser des habitants de tous âges, en les impliquant dans la réalisation de ces citations cartonnées en taille réelle de leur héritage, conçues d’après relevés, répliquées à travers l’informatique, façonnées en ateliers préliminaires avec la participation d’étudiants d’écoles d’art, élevées enfin sur le terrain avec l’aide spontanée et musclée des badauds : il faut en effet des bras pour soulever, fussent-ils en carton,  une cathédrale, un arc de triomphe ou un aqueduc afin de glisser les derniers blocs de leur soubassement. Du 6 au 10 décembre, c’est au tour de la ville thaïlandaise de Chiangmai d’inviter Olivier Grossetête à ériger sur l’esplanade festive de Pratu Tha Phae la réplique d’un temple Lanna : mille deux cents cartons totalisant une tonne et demie, soudés et recouverts par vingt kilomètres d’adhésif, mis en forme par une centaine de participants. L’opération montée avec le soutien de l’Institut Français se déroule dans le cadre de la semaine internationale du Design 2017, hébergée par la deuxième mégapole de Thaïlande.

https://www.facebook.com/olivier.grossetete.9

Carte blanche à Dominique Vautrin : Bill Viola

Pour cette deuxième journée de Carte Blanche, notre invité de la semaine Dominique Vautrin, collaborateur historique de Mowwgli, nous parle de l’installation « He weeps for you » (1976) de Bill Viola découverte à Amsterdam.

J’ai découvert cette installation en 1998 au Stedeljijk Museum d’Amsterdam. Cette installation est mon coup de foudre, ma rencontre avec l’Art Contemporain.
Une goutte d’eau émergeant d’une petite valve en laiton. Agrandie par une caméra vidéo, elle est projetée derrière vous sur un grand écran. L’image en gros plan révèle le regardeur et une partie de la pièce, visibles à l’intérieur de chaque goutte en formation.

La goutte gonfle et tremble jusqu’à atteindre une tension maximale. Elle finit par tomber sur un tambour et créer un son amplifié qui résonne dans toute la pièce. Vous êtes enveloppé dans le son, dans la goutte, dans l’espace.
Une nouvelle goutte commence immédiatement à se former et le cycle continue à l’infini.

Le travail de Bill Viola est actuellement exposé au Redtory Museum of Contemporary Art de Guangzhou (Chine), à la Cripta di San Sepolcro de Milan (Italie) et au DHC/ART Fondation pour l’art contemporain de Montréal (Canada).

http://www.billviola.com

Haroon Mizra crée un monde visuel et sonore magicoscientifique au Life, la base sous-marine de St Nazaire

Sur une invitation du Grand Café – centre d’art contemporain de Saint-Nazaire, le LiFE, base des sous-marins de St Nazaire, accueille une œuvre inédite de l’artiste anglais Haroon Mirza du 25 mai au 24 septembre 2017.

L’artiste a intitulé son projet :
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que l’on pourrait traduire par « Aquarius »  en référence à la forme en zigzag du signe astrologique du Verseau, le porteur d’eau (Aquarius, en anglais). Ce mouvement d’ondulation est stylisé ici comme un code informatique. Il fait référence à l’ère du Verseau dans laquelle nous entrons et qui se caractérise par l’importance du progrès, de la pensée scientifique, de la raison critique et de l’harmonie.

Il s’agit aussi d’une forme incontournable des sciences actuelles, ondes électromagnétiques, ondes sonores, adn…

Artiste de l’interaction Haroon Mirza combine technologies anciennes et contemporaines. Dans l’espace monumental du LiFE, il nous propose une installation qui s’appuie sur des données scientifiques, qu’il croise et assemble à des croyances primitives, des réminiscences historiques, des recherches biologiques et des pulsations rythmiques. Il nous offre ainsi une exposition au flux vital, organique et poétique qui reflète la complexité de l’univers.

L’œuvre présentée par Haroon Mirza, totalement immersive, est à la croisée de différents domaines de savoirs. Elle associe vidéos collectées sur Internet, sons, lumière et éléments architecturaux. L’artiste a ici collaboré avec l’architecte Francesca Fornasari, les musiciens Nik Void (Factory Floor) et Tim Burgess (The Charlatans) pour proposer une œuvre qui sculpte l’espace acoustique dans l’espace visuel, et vice versa.

Les éléments hétéroclites composant l’installation Aquarius génèrent un langage et une forme propres qui s’inscrivent dans la lignée des créations antérieures d’Haroon Mirza.

Expérimentale et poétique, l’installation constitue une sorte de collage et de boucle à partir de vidéos, de musique, d’objets du quotidien et d’appareils technologiques comme des amplificateurs, des haut-parleurs, des micros, des LEDs ou des projecteurs.

Le visiteur découvre de nouvelles perceptions qui l’interrogent dans son rapport aux lois qui régissent la vie, entre le microcosme et le macrocosme, entre l’intangible et le visible.

Ce dispositif permet une production en temps réel, ce qui procure une expérience proche de la performance : Haroon Mirza donne vie à un grand corps technologique qui s’anime, parle et envoie des informations visuelles et sonores corrélées. Et pour appliquer cette nouvelle philosophie des lumières et des sons, il choisit la voie sensible, le corps du visiteur étant ici considéré comme vecteur et réceptacle de l’expérience.

En grand magicien, Haroon Mirza crée un projet total mettant en interactions des schémas de pensée, politique et écologique, scientifique et ésotérique, et nous invite dans un super organisme expérimental.  Œuvre holistique par excellence !

Pendant ce temps au Grand Café Florentine Lamarche et Alexandre Ovize nous donnent des « Nouvelles de Veracruz »

Florentine Lamarche et Alexandre Ovize proposent un voyage entre motifs décoratifs hérités de William Morris, fondateur du mouvement Arts & Crafts et père du socialisme anglais et une réflexion révolutionnaire incarnée également par Elisée Reclus, géographe libertaire, acteur de la Commune.

C’est à la faveur des hasards de l’Histoire et de connexions géographiques plutôt inattendues qui unissent St Nazaire et Veracruz , deux ports militaires reliés par des liaisons transatlantiques et  un certain l’esprit communard, que Lamarche-Ovize élaborent au Grand Café un récit graphique aux multiples lectures et temporalités.

Biographie d’Haroon Mirza 
Né en 1977 à Londres, (Royaume-Uni) où il vit et travaille.
Il est diplômé en Beaux-arts (Chelsea School of Art and Design, Londres) et en Pratique critique du Design (Goldsmiths – Université de Londres).
Il est représenté par la Lisson Gallery, Londres.  http://www.lissongallery.com/
http://www.clickfolio.com/haroon/

INFORMATIONS PRATIQUES
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Haroon Mizra
Du 25 mai au 24 septembre 2017
• Florentine & Alexandre Lamarche-Ovize
Nouvelles de Veracruz
Du 17 juin au 24 septembre 2017
Le Grand Café – St-Nazaire
Centre d’art contemporain
Place des Quatre z’horloges
44600 Saint-Nazaire France
grand_cafe@mairie-saintnazaire.fr
http://www.grandcafe-saintnazaire.fr
> Le Grand Café fait partie des rendez-vous du Voyage à Nantes. Voir notre article : http://mowwgli.com/21354/2017/08/07/voyage-a-nantes-suivez-eva-adele/

Carte blanche à Diane Dufour : La photographie japonaise conceptuelle

Diane Dufour est notre invitée de la semaine (lire son portrait publié le 19 juin). Diane est Directrice du BAL à Paris, aujourd’hui, pour sa carte blanche, elle partage avec nous son coup de cœur de l’installation signé Masaki Nakayama présentée actuellement à la galerie Christophe Gaillard.

Pour les amoureux du Japon, de l’art conceptuel ou de la photographie, ne manquez pas la belle sélection proposée par Christophe Gaillard associé pour l’occasion par la célèbre galerie de Tokyo,  Yumiko Chiba:  « La photographie conceptuelle japonaise des années 70’s ».
Installations, performances, sculptures photographiques…. les artistes de cette époque testent les limites du medium et inventent de nouvelles formes.
Voir en particulier certaines oeuvres présentées pour la première fois en France de Norio Imai, Kazuyo Kinoshita, Masafumi Maita, Kanji Wakae, Katsuro Yoshida et Masaki Nakayama.
L’exposition est présentée en deux parties, la première à la Galerie Christophe Gaillard et la seconde, à la Galerie 1900-2000.

A LIRE
http://mowwgli.com/17616/2017/06/08/photographie-conceptuelle-japonaise-annees-70/

INFORMATIONS PRATIQUES
Photographie conceptuelle japonaise des années 70
Du 6 juin au 29 juillet 2017 (Attention l’exposition est fermée actuellement mais sera visible dès le 29 juin !)
> Galerie Christophe Gaillard
5, rue Chapon
75003 Paris
http://www.galerie-gaillard.com
> Galerie 1900-2000
8 rue Bonaparte
75006 Paris
http://galerie1900-2000.com

UNE APPLICATION GEOLOCALISEE

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Pour vous guider à Paris, Mowwgli met à disposition son application qui géolocalise les événements et les lieux culturels, retrouvez les fiches des expositions, des galeries et des artistes !
Vous pouvez la télécharger dès à présent, elle est gratuite !
https://itunes.apple.com/fr/app/mowwgli/id1184953498?mt=8

L’impermanence des choses vue par Ismaïl Bahri

Le Jeu de Paume vient d’ouvrir ses portes à Ismaïl Bahri pour sa première grande exposition. Né à Tunis en 1978, l’artiste évolue entre Paris et Tunis. Il privilégie la vidéo sans cependant négliger le dessin, la photographie et l’installation.

Instruments, l’exposition du Jeu de Paume offre une sélection de ses principaux travaux à laquelle s’ajoutent deux nouvelles œuvres, pensées et produites pour l’occasion. L’exposition présente huit œuvres vidéo qui illustrent les sujets de réflexions de l’artiste : l’élémentaire, la durée, l’échelle, la transformation, mais aussi la visibilité et l’invisibilité. Le caractère impermanent de toute forme est son fil conducteur. Ismaïl Bahri extrait d’abord des objets usuels de leur fonctionnalité habituelle et interroge leurs propriétés, leur résistance, leur surface, leur potentiel de variation, d’extension ou d’affaiblissement. Il se positionne en observateur. Il scrute, sonde, polarise, brouille, tâtonne et accueille le réel pour en révéler l’épaisseur. Il parle lui-même de « myopie » pour son travail. Dans toutes ses pièces, Ismaïl Bahri s’attache à la question du mouvement en étudiant plus particulièrement la manière dont un sujet, change d’état en se mettant en action. Outre ses sujets, Ismaïl Bahri interroge également les procédés cinématographiques, comme le cadre et le hors-champ, la surface et la profondeur, l’écran et la projection.

Dans l’œuvre Ligne, par exemple, une goutte d’eau apposée sur la peau tressaute – de manière imperceptible de prime abord – à cadence régulière et agit ainsi comme un récepteur-métronome en amplifiant les pulsations du flux sanguin.
Dans le film Source, deux mains tiennent de chaque côté une feuille blanche. Un point incandescent apparaît, devient cercle, trou, s’élargit et se diffuse telle une encyclie sur la feuille qui, corrompue, consumée, se désagrège. Mais le cercle aussi, tout comme la feuille, est condamné à disparaître. Il contient dès son apparition, en germe, les conditions de sa propre disparition.

L’une des forces du travail d’Ismaïl Bahri est de maintenir l’attention. Le regard cherche des indices, se lance à la recherche de la compréhension d’une image, persiste à vouloir résoudre une énigme en jouant sur le temps court, de manière fugace ou même intégrer un cycle en boucle afin de nous laisser entrevoir l’effacement.

INFORMATIONS PRATIQUES
Ismaïl Bahri « Instruments »
Du 13 juin au 24 septembre 2017
Commissaires : Marta Gili et Marie Bertran
Jeu de Paume
1, place de la Concorde
75008 Paris
http://www.jeudepaume.org
Ismael Bahri est représenté par la galerie les Filles du Calvaire

Chantal Stoman : installation monumentale au conservatoire de Montreuil

Présentée dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris, « VIEWS / Phnom Penh, une Ville, la Nuit » est une installation monumentale installée sur la façade du Conservatoire de Montreuil.  Cet insolite bâtiment qui a été dessiné dans les années 60 par l’architecte Claude Le Goas, se verra habillé des photographies en grand format de Chantal Stoman réalisées à Phnom Penh lors d’une résidence d’artiste.

« C’est lors d’une récente invitation en résidence d’artiste que j’ai découvert Phnom Penh. Cette ville, qui peut sembler rude de prime abord, s’est avérée surprenante et envôutante. C’est par le jeu de l’ombre et des lumières qui s’invitent dès le coucher du soleil que j’ai choisi de l’aborder. La nuit, la ville bruisse d’une énergie nouvelle. Elle devient plus festive et plus secrète à la fois. Protégée par la discrétion de la nuit, j’ai surpris et saisis des  échantillons de vie, des intimités cachées dans un havre de lumière au milieu des ténèbres.».
Chantal Stoman

« VIEWS » de Chantal Stoman s’inscrit dans la continuité de son projet LOST HIGH WAY. Depuis 2008, ville après ville, cette série se présente comme définitivement en construction dans une expérience continue et interminable.
Ainsi, « VIEWS » rend hommage à ces villes distendues, refuges d’une seule et même humanité. Les familles sont du même amour, les solitudes de la même violence sourde, les attentes de la même lenteur : tous mêmes soupirs d’un langage universel…

Il s’agit ici d’une exposition inédite mettant ainsi en scène ce bâtiment emblématique de Montreuil. L’installation proposée
offre ainsi un autre regard sur la ville; la nôtre et celle qui est lointaine, inconnue.

EXPOSITION
VIEWS / Phnom Penh, une Ville, la Nuit
Chantal Stoman
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 8 avril au mai 2017
Conservatoire de Montreuil
13 Avenue de la Résistance
93100 Montreuil
du lundi au vendredi de 9h à 12h et le samedi de 14h à 19h
tous les jours sur le parvis dès la nuit tombée, de 21h à minuit
http://www.musee-orsay.fr

UNE APPLICATION GEOLOCALISEE

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Pour vous guider dans la programmation du Mois de la Photo du Grand Paris, Mowwgli met à disposition son application qui géolocalise les événements et les lieux du Mois de la Photo (entre autre), retrouvez les fiches des expositions, des galeries et des artistes !
Vous pouvez la télécharger dès à présent, elle est gratuite !
https://itunes.apple.com/fr/app/mowwgli/id1184953498?mt=8

Installation Performance Ark Tattoo d’Elapse

Pendant 3 jours, la galerie christian berst art brut, basée à Paris, se transforme en vide-grenier pour l’installation-performance Ark Tattoo de la compagnie Elapse.

“Les fantômes ne flirtent pas par les mots vous savez, ils font l’amour en échangeant des souvenirs.”

Cette performance, c’est un peu comme si on se retrouvait dans un vide-grenier, à l’intérieur du « théâtre poétique » contenu dans une boîte de Joseph Cornell à taille humaine. Le public se trouve face à une personne qui se révèle être à la fois brocanteur et artiste brut, et dont le vide-grenier pourrait bien s’avérer être son cerveau et les objets, ses souvenirs. Ou ses rêves. Ou ses inventions. Américain dont la mémoire a été altérée par les médicaments, il façonne des collages qui racontent les histoires des objets, autant de fragments de son existence, le bricolage d’une identité. Passés de main en main, les objets trouvés et les collages prennent vie, tracent des chemins à travers le trop-plein de la collection pour finir de faire entrer les visiteurs dans une communauté éphémère et sensorielle.

“Tout objet a un secret, soit il a vu quelque chose quand tu n’étais pas là, soit il a été touché par quelqu’un qui va finir par te trahir”

“La plupart des gens croient qu’un langage sert pour la communication, mais en fait ça sert plutôt pour empêcher les étrangers d’entrer dans ta tête.”

EVENEMENT
ARK TATTOO de W. David Hancock
Avec et par Nick Millett
Installation & Collages Patricia Morejòn et Nick Millett
Le vendredi 10 mars à 20h
Le samedi 11 et dimanche 12 mars à 16h
Galerie christian berst art brut
3-5, passage des gravilliers
75003 Paris
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
réservation : zoe@christianberst.com
http://www.christianberst.com/
http://www.elapse.eu/ark-tattoo