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L’Institut pour la Photographie lance son premier événement cet automne

En septembre dernier, nous apprenions l’inauguration d’une institution de référence internationale dans le domaine de la photographie initiée par la Région Hauts-de-France en collaboration avec les Rencontres d’Arles. En juillet, c’est l’adresse de l’Institut qui était dévoilé : ce sera à Lille, que ce nouveau lieu dédié à la photographie sera domicilié. Aujourd’hui, ce sont les premiers événements qui se dévoilent…

Présidé par Marin Karmitz et dirigé par Anne Lacoste, L’Institut pour la Photographie est conçu comme une plateforme et un lieu de ressources, de diffusion, d’échanges et d’expérimentations afin de développer la culture photographique auprès du grand public et de soutenir et valoriser la recherche et la création. Son programme scientifique et culturel est fondé sur la complémentarité et l’interactivité de cinq axes principaux :
Contribuer au rayonnement de la Photographie en proposant une programmation culturelle étendue avec l’organisation d’expositions, de rencontres, de conférences et d’ateliers…
Préserver, transmettre et valoriser en constituant un fonds photographique sous forme de dépôt ou de don, les archives des grands figures de la photographie.
Ouvrir de nouvelles perspectives à la recherche en initiant un programme de recherche qui vise à développer les approches diverses de la photographie. Quatre bourses annuelles seront allouées chaque année.
Sensibiliser à l’image photographique en développant l’éducation photographique et la culture visuelle auprès d’un public toujours plus large.
Valoriser le livre comme objet en créant une activité dans le domaine de l’édition avec une bibliothèque et une librairie de référence.

Avant les premières programmations d’expositions et d’événements photographiques prévues au printemps 2019, l’Institut propose un colloque de trois jours, gratuit et ouvert à tous. Cet événement réunit historiens de l’art, conservateurs, artistes, spécialistes et chercheurs d’autres disciplines afin d’aborder des questions liées aux enjeux actuels de la conservation, de la recherche et de la conquête des publics.

MERCREDI 17 OCTOBRE
La conservation et la valorisation du patrimoine photographique

↳ Archives nationales du monde du travail, Roubaix

JEUDI 18 OCTOBRE
« Les images comme ressource » ou les différentes modalités et méthodologies autour des fonds d’archives photographiques

↳ Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, Tourcoing

VENDREDI 19 OCTOBRE
L’image photographique à la conquête des publics : de la diffusion à la sensibilisation

↳ Le Nouveau Siècle, Lille

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Institut pour la Photographie
151 Avenue du Président Hoover
59555 Lille
https://www.institut-photo.com

Marta Gili quitte la direction du Jeu de Paume

Après la Maison Européenne de la Photographie et la Fondation Henri Cartier-Bresson, c’est au tour du Jeu de Paume de changer de direction. En effet, l’annonce officielle du départ de Marta Gili a été communiquée hier soir : après douze ans à la tête du Jeu de Paume, elle a souhaité mettre fin à ses missions de directrice.

Ce sont 180 expositions monographiques et thématiques, dans le domaine de la photographie historique et contemporaine, ainsi que de la vidéo et de la création en ligne qui ont été présentées sous sa direction en 2006.

Comme le précise le communiqué : « De nombreux projets dédiés à la création contemporaine l’attendent en Espagne, à Barcelone notamment. Elle quittera ses fonctions mardi 16 octobre 2018, après l’ouverture des expositions « Dorothea Lange », « Ana Mendieta » et « Alejandro Cesarco ». »

EN CE MOMENT AU JEU DE PAUME

Gordon Matta-Clark : Anarchitecte

Bouchra Khalili : Blackboard

Daphné Le Sergent. Géopolitique de l’oubli Satellite 11 : une programmation d’Agnès Violeau

PROCHAINEMENT

Dorothea Lange : Politiques du visible

Ana Mendieta : Le temps et l’histoire me recouvrent

Alejandro Cesarco. Apprendre la langue (présent continu I) Satellite 11 : une programmation d’Agnès Violeau

Jean-François Dubos, nouveau Président de la Maison Européenne de la Photographie

Lee Friedlander, Maison Européenne de la Photographie, 1995, 36 tirages gélatino-argentiques
Collection MEP © Patrice Maurin-Berthier

La MEP a un nouveau Président, il s’agit de Jean-François Dubos. L’ancien président du directoire de Vivendi succède à Henri Chapier, qui occupait cette fonction depuis la création de la Maison Européenne de la Photographie en 1996.

Le parcours et l’engagement de Jean-François Dubos témoignent d’un intérêt marqué pour le secteur culturel : Président du Centre de musique baroque de Versailles, secrétaire général du Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, administrateur et trésorier du Théâtre du Châtelet, vice-président des Rencontres de la photographie d’Arles et président des Amis de la Maison Européenne de la Photographie.

Il est également chevalier de la Légion d’honneur, chevalier de l’Ordre national du mérite et officier des Arts et Lettres

Entretien avec Pascal Neveux, Directeur du Frac Paca (2nde partie)

Voici la seconde partie de notre entretien  avec Pascal Neveux, Directeur du Frac Paca inauguré en 2013 dans le quartier de la Joliette à Marseille. Nous évoquons aujourd’hui la présence du Fond en région et à l’international et sa programmation.

Mowwgli : Le Frac et le territoire : quelles synergies nationales et internationales ?

Pascal Neveux : Au sein du quartier de la Joliette qui a connu une véritable mutation après l’implantation du Frac nous développons des synergies avec les entreprises de ce nouveau quartier d’affaires Euroméditerranée à travers un club d’entreprises engagées (prêt d’œuvres, résidences d’artistes en entreprise, privatisation des espaces..) et de nombreuses collaborations et actions de sensibilisation.

Ce qui est le plus frappant c’est d’être devenu un acteur culturel repéré et sollicité par de nombreuses institutions en France et à l’étranger. On mesure dans ce contexte à quel point l’architecture de Kengo Kuma a apporté une visibilité tout à fait nouvelle et importante à nos actions.

En complément de ce qui a déjà été mentionné et sur le territoire marseillais, la présence du FRAC lors des rendez-vous pérennes et identifiés : Printemps de l’art contemporain, Art-O-Rama ou le salon Paréidolie est importante et ce n’est pas un hasard si le FRAC, membre fondateur du réseau Marseille-Expos fait figure de tête de réseau. Réseau dont j’assure la présidence depuis trois ans.

Si l’on revient quelques instants sur Paréidolie à l’occasion de cette 4ème édition, notre partenariat est de toute évidence naturel et symbolique de cette attention que nous portons à l’enrichissement de notre corpus de dessins. Le Frac se devait d’être de l’aventure et nous en sommes très heureux. Je suis de plus un des membres du comité de sélection des galeries. Nous avions déjà collaboré avec Mark Dion lors de son exposition au musée de l’Arles antique en 2010 reconstituant le cabinet d’un archéologue, l’artiste étant également présent à Dignes sur la route de l’art contemporain. Lors de nos échanges avec Martine Robin (co-fondatrice de Paréidolie) autour de l’édition 2017 et dès lors qu’elle voulait investir le musée d’histoire naturelle de Marseille, Mark Dion s’est vite imposé comme une figure incontournable.

En partenariat avec la Galerie In Situ Fabienne Leclerc à Paris et sous le commissariat d’Antoine Laurent, nous avons transformé le plateau expérimental du FRAC en un véritable cabinet de curiosités réunissant un grand nombre de séries de dessins, parfois inédits en dialogue avec l’accrochage de Mark Dion au Musée d’Histoire naturelle de Marseille.

A l’international :

On a constaté ce qui n’était pas une évidence au départ, que l’architecture est un formidable vecteur de communication à l’international et que la signature de Kuma nous a ouvert de nombreuses portes et partenaires à l’échelle nationale et européenne. Nous sommes aujourd’hui sollicité par des structures avec lesquelles nous avions ou pas travaillé par le passé, apparaissant comme un relais potentiel, ouvert et stimulant de part la qualité et diversité de nos espaces d’exposition et notre capacité évènementielle. Ce positionnement différent est l’autre enjeu majeur pour le Frac : s’inscrire dans cette dynamique internationale en s’appuyant sur les nombreux atouts partenaires, jumelages tissés par la région et la perspective en 2018 de MP 18 Quel Amour !!, réplique de la Capitale européenne de la Culture de 2013 et l’organisation pour la première fois en France de Manifesta 13, biennale européenne d’art contemporain à Marseille.

Cette attractivité renforcée à l’étranger nous a conduit à concevoir dès le départ nos projets d’expositions dans une dynamique de circulation et de recherche de partenariats à l’échelle européenne. Nous avons commencé avec Lieven De Boeck en 2016 avec l’exposition  « Image not found » avec un 2ème volet au musée belge Dhondt-Dhaenens. L’exposition actuelle de Pascal Pinaud s’inscrit également dans une quadrilogie avec 3 autres lieux. Cette dimension partenariale est devenue récurrente et pas uniquement pour des nécessités financières certes nécessaires mais aussi pour offrir aux artistes que nous soutenons une visibilité plus grande et des moyens de production ou d’édition bien plus importants que si nous étions seuls à porter nos projets, c’est une évidence absolue.

Mowwgli : La programmation : une offre démultipliée

P. N. : La configuration du bâtiment offre la possibilité de présenter simultanément différents projets, de quatre à cinq projets sur une même période tout en mettant en œuvre une programmation d’expositions et d’événements qui opèrent sur des temporalités plus courtes à l’occasion de nocturnes ou de temps forts.

Les grands plateaux 1 & 2 proposent une programmation annuelle de 4 expositions (2 ou 3 monographies et une exposition thématique ou collective avec un commissaire invité)

Autres petits plateaux :

Le plateau multimédia (film de Marie Bovo), plateau expérimental (MarKDion) et le 3éme plateau (dédié à l’édition) évoluent à un rythme plus court et réactif lié à des rencontres, visites d’atelier, restitutions, dans une volonté de soutien à la scène émergente avec une attention particulière à l’activité régionale étant sur un territoire où l’émergence reste omniprésente.

Cet ensemble nous permet d’offrir un programme dense tout au long de l’année avec une cinquantaine de projets qui viennent s’associer aux Grands plateaux à travers des évènements, nocturnes, week-ends de lancement..Mon fer de lance est de réaffirmer que le Frac est une plate-forme de diffusion et de production ouverte et ne pas rester le seul maître à bord de la programmation mais aussi d’inviter d’autres structures comme l’association Voyons Voir qui met en place des résidences dans les vignobles ou  régulièrement l’Ecole d’art et de design de Marseille (exposition Réactiver en ce moment au plateau atelier). Le Frac doit être perçu comme un laboratoire de recherche et de ressource pluridisciplinaire s’associant pleinement aux nombreuses initiatives de la région (festivals multiples) pour devenir un lieu de déambulation, d’itinérance des projets et des publics. Du côté des artistes, je souhaite en faire un lieu d’accueil où les artistes peuvent aussi venir chercher de l’information, des conseils, de l’accompagnement mais aussi des moyens de production, de résidences comme celle initiée avec le Frac Franche-Comté à Besançon. Notre rôle est aussi de les inciter à aller au delà de ce microcosme régional confortable et de les promouvoir et accompagner sur d’autres scènes artistiques.

Mowwgli : Comment jugez vous la période « charnière » 2015-2017 ? selon vos termes et quelles ambitions pour au delà ?

P. N. : J’ai déjà évoqué cette période qui permet de mesurer à présent le chemin parcouru depuis l’évènement Marseille Capitale de la culture où nous devions être opérationnels très rapidement. Il y a eu un avant et un après.

L’enjeu est donc de conforter la dimension réseau, de se positionner à l’international en termes de partenariat, de circulation de la collection et d’accompagner les artistes implantés ici qui au delà de la dynamique d’acquisition ont besoin de pouvoir bénéficier de différentes actions de soutien.

En ce qui concerne notre financement et face à des contraintes budgétaires fortes nous devons nous tourner davantage vers le mécénat ou la privatisation et développer nos ressources propres. C’est une nouvelle histoire qui s’écrit pour le FRAC depuis 2013 et tous les schémas établis sont à réinventer.

ACTUELLEMENT AU FRAC :
• Pascal Pinaud, Parasite Paradise (plateau 1&2)
Jusqu’au 5 novembre 2017
• Mark Dion (plateau expérimental)
Jusqu’au 24 septembre 2017
• Troublant la langue et la vision -N/Z : une revue d’art et de littérature s’expose (3ème plateau)
Jusqu’au 5 novembre 2017

PROCHAINEMENT AU FRAC :
• Le bruit des choses qui tombent, dans le cadre de l’année croisée France-Colombie.
Commissaire de l’exposition : Albertine de Galbert
(plateau 1 & 2 et multimédia)
• Eduardo Berti et Monobloque, Inventaire d’inventions (inventées)
Commissaire : Pascal Jourdana
(3ème plateau)
Du 2 décembre 2017 au 18 février 2018
• Olivier Rebufa, Au Royaume de Babok
Commissaire : Pascal Neveux
(plateau expérimental)
Du 2 décembre 2017 au 14 janvier 2018
• MP 2018 Quel amour !
(plateau expérimental)
Du 26 janvier au 18 février 2018

INFORMATIONS PRATIQUES
Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur
20 Boulevard de Dunkerque
13002 Marseille
Horaires : du mardi au samedi de 12 à 19h, le dimanche de 14 à 18h (entrée gratuite ce jour là)
Tarifs : plein 5€ ou 2,50€ réduit
N’oubliez pas de faire une pause au restaurant Taste au design soigné et à la carte home made !
https://www.fracpaca.org

Entretien avec Pascal Neveux, Directeur du Frac Paca (1ère partie)

Depuis son inauguration en 2013 le Frac Paca nouvelle génération a complétement transformé le quartier de la Joliette et au delà, insufflant des modes de diffusion de la collection multiples et étendus hors les murs auprès d’un public toujours plus varié. Cette volonté est portée par son directeur Pascal Neveux que nous rencontrons à l’occasion des foires Art-O-Rama et Paréidolie dont il est partenaire (exposition Mark Dion) et pour la première fois la participation au Grand Arles Express (dernier film de Marie Bovo) et avant tout le 4ème volet dédié à Pascal Pinaud « Parasite Paradise » après les expositions au Frac Bretagne, à la Fondation Maeght et à l’Espace d’Art Concret de Mons-Sartoux.

« Pour un Frac agissant comme une plate-forme expérimentale, émergente, prospective au sein d’un véritable écosystème »

 

Mowwgli : Quel est, selon vous, l’après Marseille Capitale européenne de la culture et les défis du Frac nouvelle génération dans le superbe écrin signé Kengo Kuma, une fois passé l’engouement premier.

Pascal Neveux : L’année 2013 a été très significative pour nous en effet car on passait d’un espace certes charmant mais confidentiel et très contraint en superficie au cœur du Panier à un espace de plus de 6000m² conçu par un architecte de renommée international Kengo Kuma opérant comme un vrai signal architectural et culturel au cœur du quartier dela Joliette en pleine mutation urbaine et sociale. Le fait que l’inauguration du FRAC s’opère dans le contexte de la Capitale européenne de la Culture fut une chance et un atout considérable pour le FRAC, qui s’est traduit par une fréquentation exceptionnelle de plus de 45 000 visiteurs sur l’année.

L’après 2013 fut plus compliqué à appréhender et à vivre avec un sentiment partagé par l’ensemble des structures d’un lendemain bien terne, devant affronter de nombreuses difficultés financières et autres de fonctionnement.

Le challenge pour l’équipe du FRAC était donc de démontrer la capacité du Frac à gérer et animer un bâtiment tout en conservant une dynamique territoriale très importante. Comment être à la fois aux commandes d’un tel navire et le faire vivre tout en conservant une proximité et une présence du FRAC sur l’ensemble de la Région . Non pas sédentariser le Frac dans son nouvel écrin mais de faire comprendre au public que le bâtiment s’incarne et s’active comme une plate-forme de diffusion, d’expositions, de médiation, de production, de restitutions de projets ouvert à toutes les formes de partenariats et propositions artistiques. C’est vraiment sur la période entre 2015 et aujourd’hui que l’on a commencé à appréhender réellement le potentiel du bâtiment d’une part, et d’autre part à conserver une réelle proximité avec l’ensemble des acteurs et partenaires culturels et éducatifs sur l’ensemble de la Région.

Les chiffres récents vont d’ailleurs dans ce sens :
1048 prêts d’œuvres sur l’année 2016, 120 partenaires et plus de 70% de nos projets inscrits sur le territoire régional.

Il fallait réaffirmer cette double dynamique in situ et hors-les-murs pour ne pas « muséifier » le FRAC et faire preuve de pédagogie pour bien faire comprendre que notre activité se situe en majorité en dehors de notre bâtiment et plus largement de Marseille.

Un enjeu de taille auprès du grand public, étranger notamment pour qui le Frac se résume avant tout à son bâtiment et à ses expositions, or l’activité du bâtiment représente 30% de notre activité générale, une grande partie de l’équipe étant en mobilité, en mouvement comme les œuvres sur le territoire aussi bien en milieu scolaire, pénitencier, hospitalier qu’auprès de l’ensemble des acteurs culturels du territoire, au cœur d’un écosystème exceptionnel sans équivalent en France en dehors de Paris.

Nous avions donc de nombreux challenges à relever: un changement d’échelle et d’architecture, signe d’une reconnaissance après 35 ans d’existence, une plus grande et meilleur valorisation de ce patrimoine contemporain constitué de plus de 1200 œuvres aujourd’hui, une meilleure promotion de nos activités de médiation et pédagogiques et un développement de nos publics à poursuivre.

Mowwgli : Vie de la collection : Priorités, comité technique d’acquisition, budget, diffusion et focus sur le bassin Méditerranéen et corpus photographique, pourquoi/comment ?

P. N. : La collection constituée de 1200 pièces aujourd’hui est particulièrement riche voire exceptionnelle, très ancrée dans l’histoire de la région, (l’Ecole de Nice, les nouveaux réalistes, Support Surface..), constituée d’œuvres majeures représentatives de l’ensemble des pratiques artistiques des années 80 à nos jours avec des corpus photographiques, de dessins, de peintures et un fonds vidéo tout à fait exceptionnel à l’échelle nationale et européenne.

La Région a la chance d’avoir sur son territoire huit écoles d’art dont l’Ecole nationale supérieure de la photographie, ce qui constitue en soi un vivier très important d’artistes et deux des plus grandes villes de France avec Nice et Marseille qui ont chacune leur propre dynamique artistique et culturelle.

Vers de nouvelles priorités :

Quand je suis arrivé au Frac en 2006 pour mettre en œuvre la construction de notre nouveau bâtiment,  j’ai souhaité y ajouter un focus sur la dimension méditerranéenne dans le cadre du projet artistique et culturel que je portais à l’époque. Marseille étant emblématique d’une ville portuaire, ouverte sur le monde, une ville d’échanges, de passages, on a dès lors travaillé et constitué un corpus conséquent et prospectif d’une centaine d’œuvres à la fois sur la rive nord et sud de la méditerranée. L’idée était d’acquérir des œuvres d’artistes pas encore présents sur le marché ou n’ayant pas encore quitté leur pays d’origine avant pour certains de s’installer à Londres, Berlin, Paris ou ailleurs et d’avoir aujourd’hui une visibilité internationale.

C’est un axe que l’on poursuit aujourd’hui, même si celui-ci n’est plus une priorité à ce jour puisqu’en 2015 on a renouvelé le projet artistique et culturel autour de la « Fabrique du récit » et le comité technique d’acquisition en conséquence avec 3 nouvelles orientations fortes :

-une première autour de l’image, qu’elle soit en mouvement ou l’image photographique, notre corpus photo étant très inscrit dans l’histoire de la photographie plasticienne et complémentaire du Mac de Marseille avec de larges ensembles de Jean Luc Moulène, Jean-Marc Bustamante, Patrick Tosani, Craigie Horsfeild, Suzanne Lafont..

Ce fonds étant assez daté de cette période on a souhaité le compléter d’une approche liée au documentaire et pratiques photographiques nouvelles à travers notamment l’arrivée de Sam Stourdzé au sein du comité depuis 2015, renforçant les liens avec les Rencontres, dans une dynamique à la fois d’acquisition, de co-production et d’exposition (projet de Marie Bovo et également co-production du film d’Yves Chaudouët et travail de Mathieu Pernot actuellement présenté à Arles que l’on a fait entrer l’année dernière dans nos collections).

-une 2nde s’inscrit autour du dessin, principalement du dessin de sculpteur, s’affirmant comme un vrai langage à part entière, ce qui s’est confirmé à travers de nouvelles acquisitions.

-enfin une 3ème orientation, totalement novatrice autour de la cartographie et de la marche. Il se trouve que dans la région nous avons un foyer artistique important d’artistes marcheurs : création en 2013 au GR13 par un collectif d’artistes et aussi à travers l’Ecole d’art de Toulon des personnalités importantes comme Till Roeskens ou Hendrik Sturm. Cette donnée que l’on développe activement depuis 2 ans se traduira aussi à l’horizon de 2019 par une exposition autour de la marche comme pratique artistique, en partenariat avec plusieurs institutions en région et en France plus largement.

Un comité technique d’acquisition en cohérence :

Le comité technique renouvelé incarne ces nouvelles priorités avec l’arrivée de Sam Stourdzé déjà cité, également d’un artiste Arnaud Vasseux enseignant la sculpture et le dessin à l’Ecole supérieure des Beaux Arts de Nîmes qui a un rôle prospectif sur ces 2 dimensions, de Fabienne Grasser-Fulcheri, directrice de l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux qui est notre tête chercheuse sur la partie sud de la région pour retrouver un équilibre avec la scène niçoise, de Guillaume Monsaingeon professeur de philosophie à Marseille spécialiste des pratiques artistiques cartographiques contemporaines et  Jean-Conrad Lemaître collectionneur et prescripteur dans le domaine de la vidéo, une dimension fondatrice de la collection avec plus de 150 video aujourd’hui.

Notre démarche avec ce nouveau Comité est de pouvoir rendre compte de la richesse et diversité de la scène artistique régionale, de pouvoir à l’occasion de ces comités, de découvrir et rencontrer des directeurs d’institutions, des collectionneurs privés et bien sûr de pouvoir visiter de nombreux ateliers d’artistes et galeries implantée dans notre région. C’est important après 35 ans d’existence de conserver cet attachement et curiosité à notre territoire régional tout en enrichissant la collection d’œuvres d’artistes étrangers majeurs avec l’ambition de mener une politique d’acquisition prospective, amitieuse et respectueuse de son histoire et de son ouverture internationale.

Retrouvez la seconde partie de l’entretien dans l’édition du 21 septembre 2017.

ACTUELLEMENT AU FRAC :
• Pascal Pinaud, Parasite Paradise (plateau 1&2)
Jusqu’au 5 novembre 2017
• Mark Dion (plateau expérimental)
Jusqu’au 24 septembre 2017
• Troublant la langue et la vision -N/Z : une revue d’art et de littérature s’expose (3ème plateau)
Jusqu’au 5 novembre 2017

PROCHAINEMENT AU FRAC :
• Le bruit des choses qui tombent, dans le cadre de l’année croisée France-Colombie.
Commissaire de l’exposition : Albertine de Galbert
(plateau 1 & 2 et multimédia)
• Eduardo Berti et Monobloque, Inventaire d’inventions (inventées)
Commissaire : Pascal Jourdana
(3ème plateau)
Du 2 décembre 2017 au 18 février 2018
• Olivier Rebufa, Au Royaume de Babok
Commissaire : Pascal Neveux
(plateau expérimental)
Du 2 décembre 2017 au 14 janvier 2018
• MP 2018 Quel amour !
(plateau expérimental)
Du 26 janvier au 18 février 2018

INFORMATIONS PRATIQUES
Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur
20 Boulevard de Dunkerque
13002 Marseille
Horaires : du mardi au samedi de 12 à 19h, le dimanche de 14 à 18h (entrée gratuite ce jour là)
Tarifs : plein 5€ ou 2,50€ réduit
N’oubliez pas de faire une pause au restaurant Taste au design soigné et à la carte home made !
https://www.fracpaca.org

Maxime Rossi au musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Tout l’été, Mowwgli vous invite à partir à la découverte d’expositions de qualité proposées dans les régions françaises . Normandie, Nouvelle Aquitaine, Grand Est, Hauts de France, l’offre est de très haut niveau qu’elle soit élaborée par les institutions publiques ou privées. Nos rédacteurs ont rapporté dans leurs valises ses pépites et leur donnent une belle place dans notre #ProgrammationEstivale.

Alors que vient de s’achever son exposition monographique à l’Ecole municipale des Beaux Arts galerie Edouard Manet de Gennevilliers sous le titre librement fantaisiste »Cool as a Cucumber », Maxime Rossi adepte des télescopages et des fragmentations scéniques et temporelles, part de figures ou d’événements historiques qu’il détourne et réinterprète avec malice dans un jeu de va-et-vient sémantique incluant la comédie musicale, la danse, le chant, le graphisme, le film, l’installation ou la performance.

De Frédéric Chopin (Palais de Tokyo en 2012) à la Soeur catholique américaine Mary Corita Kent ayant quitté les ordres pour se consacrer à la culture pop (« Sister Ship » au Centre d’art contemporain La Halle des Bouchers en 2015) ou le voyage de Marx Ernst à Sedona (film « Real Estate Astrology » au Centre Pompidou en 2015 et exposition galerie Allen) Maxime Rossi s’inscrit dans des projets d’envergure en plusieurs étapes dont l’exposition en galerie n’est qu’une variante.

Pour le musée de Rochechouart il nous propose avec « American Weeding » un nouveau chapitre de ses deux derniers projets « Real Estate Astrology » et « Sister Ship » à travers un voyage halluciné en Arizona qui reprend les traces de Marx Ernst et des séquences du film Pygmée Blues tourné le long du fleuve Congo, suivant le récit de sœur Corita Kent. Cette union improbable entre deux personnages de l’histoire américaine flirte entre réalité et fiction, culture savante et récit populaire, mysticisme et histoire de l’art.
L’on y retrouve ses explorations autour du cinéma élargi, du concert, de l’installation immersive à partir d’un espace scénique régulièrement activé qui envahit tout le dernier étage du musée.

Maxime Rossi est représenté par les Galeries Allen (Paris) et Tiziana di Caro (Naples).

Ne manquez pas également lors de votre visite la première rétrospective de l’artiste Simone Fattal née à Damas et tour à tour peintre au Liban, éditrice de poésie en Californie et sculptrice aujourd’hui à Paris. Elle partage son temps avec sa compagne Etel Adnan entre ces 3 pôles géographiques.
« L’homme qui fera pousser un arbre nouveau » se présente comme un vaste récit inspiré de l’épopée millénaire de Gilgamesh, entremêlant mémoire personnelle et grands héros universels, art mésopotamien et désordres actuels du Moyen Orient.

Enfin, « le Minotaure » renvoie au fameux photomontage réalisé en 1947 et son influence sur l’artiste surréaliste, à partir du fonds Raoul Hausmann inscrit dans l’ADN du musée et unique en France.

INFOS PRATIQUES :
Maxime Rossi
American Wedding
Jusqu’au 19 septembre 2017
Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart
Place du Château
87600 Rochechouart
> Egalement Collection contemporaine du musée riche de plus de 300 œuvres.
http://www.musee-rochechouart.com

Cet été, le Lac de Vassivière sera le théâtre d’une transhumance artistique

Transhumance, une exposition-parcours d’œuvres du Centre National des Arts Plastiques au Pays de Vassivière

Le lac de Vassivière, à la frontière entre la Creuse et la Haute-Vienne dans la partie nord du Parc National de Millevaches Limousin, sera tout l’été le théâtre de « Transhumance », une exposition-parcours composée d’œuvres de la collection du Centre national des arts plastiques (Cnap) dans l’espace public.

Intitulé « Transhumance », ce projet fédérateur se développe sur 3 terrains. Il s’étend, en visite libre, sur les six communes rurales avoisinantes (Beaumont-du-Lac, Gentioux-Pigerolles, La Villedieu, Nedde, Peyrat-le-Château, Saint-Amand-le-Petit), se poursuit sur l’eau, sur l’Ile de Vassivière avec son centre d’art et son Bois de sculptures. Il se termine, et ce n’est pas le moins original, sur le terrain des ondes puisque sur Radio Vassivière sera diffusée chaque jour en nocturne une œuvre sonore différente. Vous pourrez entendre notamment des œuvres de Laurie Anderson, Biosphère, Philippe Katherine et Pierre Bondu ou encore Melik Ohanian pour ne citer que les plus connus.

Sur le parcours reliant des communes rurales du Lac de Vassivière

Installées dans l’espace public, les oeuvres sélectionnées dialoguent et interagissent avec leur environnement et modifient le regard porté sur l’espace, sur l’histoire ou sur l’identité des lieux qui s’en trouvent inévitablement métamorphosés. Porteuses de lien social et politique, elles créent un rapprochement intime entre un territoire rural, souvent abonné, la création contemporaine, et des artistes nationaux et internationaux.
On pourra y découvrir des sculptures monumentales, des œuvres sonores, vidéos ou végétales ou encore des œuvres à protocole… réalisées par Hicham Berrada, Olivier Cadiot, Michael Dans, Edith Dekyndt, Mona Hatoum, Vera Molnar, Jean-Michel Othoniel, Anne de Sterk et Lois Weinberger.

Sur l’île de Vassivière

Au Centre d’art, une exposition collective, à la dimension politique, prolonge la réflexion sur le rôle de l’art au sein de l’espace public et notre société, avec notamment des œuvres de Siah Armajani, Maja Bajevic, Simon Boudvin, Luis Camnitzer, Gilles Clément, Enzo Mari…

Par exemple le plasticien et architecte, Simon Boudvin qui porte un regard critique sur notre histoire socio-culturelle et architecturale et s’intéresse tout particulièrement aux territoires délaissés et les stigmates des villes post-industrielles. Pour Pylône 02 (Québec), qu’il présente ici, il s’inspire de la technique de l’anastylose – terme qui désigne la reconstruction d’un monument en ruine – pour reproduire au deux-tiers une imposante structure de fer, qu’une tempête a pliée en 1998 dans la vallée du Saint-Laurent, au Canada. Il propose ainsi une sorte de colosse mythique tombé à terre, qui témoigne de la fragilité de nos constructions urbaines.

Dans le Bois de sculptures qui compte déjà une soixantaine d’œuvres vous pourrez également découvrir deux nouvelles commandes d’œuvres à protocole activées pour la première fois, l’intervention paysagère de Liliana Motta, tout en subtilité, et l’installation vouée à un astre de Reto Pulfer.

Quelques rendez-vous spécifiques viennent enrichir cette programmation estivale, comme des week-ends musicaux, des journées thématiques, des événements lors des journées du patrimoine, des résidences de recherches et de création au Château de l’île ou encore un colloque pour clôturer cette « Transhumance » limousine.

INFORMATIONS PRATIQUES
Transhumance
Commissaires : Sébastien Faucon & Marianne Lanavère
Du 25 Juin au 5 Novembre 2017
Exposition au Centre international d’art et du paysage, dans le Bois de sculptures de l’île de Vassivière, dans les communes de Beaumont-du-Lac, Gentioux-Pigerolles, La Villedieu, Nedde, Peyrat-le-Château, Saint-Amand-le-Petit et sur Radio Vassivière et dans l’espace public
Centre International d’Art et du Paysage
Île de Vassivière
87120 Beaumont-du-Lac
France
+33 (0)5 55 69 27 27
http://www.ciapiledevassiviere.com

RADIO VASSIVIÈRE
Sur 88.6 FM (Royère-de-Vassivière) et 92.3 FM (Meymac)

LE CENTRE INTERNATIONAL D’ART ET DU PAYSAGE :
Situé dans le Parc Naturel Régional de Millevaches, sur une île au milieu d’un lac artificiel, le Centre international d’art et du paysage est un centre d’art en milieu rural qui, depuis plus de trente ans, promeut les arts visuels, auprès d’un territoire atypique, de populations locales dispersées, d’écoles, de collectivités, d’amateurs d’art et de touristes. Il se décline sous trois entités :
– Un Bois de sculptures – ouvert à tous, toute l’année, jour et nuit – et ses soixante œuvres d’art public qui transmettent une histoire des pratiques artistiques modernes et contemporaines.
– Un programme d’expositions valorise la création toutes disciplines du national à l’international. Les artistes invités sont accompagnés en amont de leur création jusqu’à la présentation de leur projet sur des problématiques qui sont en lien avec l’identité du territoire et participent à la réflexion générale sur la place de l’art dans le contexte rural.
– Avec son programme de résidences, le centre d’art renforce le dynamisme local en créant des connexions entre les pratiques des artistes, parfois étrangers, et les compétences propres des habitants.

LE CENTRE NATIONAL DES ARTS PLASTIQUES (Cnap)
Le Centre national des arts plastiques, établissement public du ministère de la Culture, encourage et soutient la création en France dans tous les domaines des arts visuels et notamment la peinture, la performance, la sculpture, la photographie, l’installation, la vidéo, le multimédia, les arts graphiques, le design ainsi que le design graphique.
Dans le cadre de ses missions, le Cnap apporte une attention particulière à l’innovation et à l’émergence de la création contemporaine. Il accompagne la recherche artistique en allouant des bourses de recherche à des artistes engagés dans des démarches expérimentales et soutient les projets des professionnels de l’art contemporain (galeries, éditeurs, restaurateurs, critiques d’art, etc.) par des soutiens financiers. Le Cnap valorise les projets par des actions de diffusion en partenariat avec d’autres institutions culturelles. Il poursuit enfin une mission d’information auprès des artistes et des institutions.
Le Cnap gère également une collection nationale, le Fonds national d’art contemporain, qu’il enrichit, conserve et fait connaître en France et à l’étranger par des prêts et des dépôts.
Aujourd’hui constituée de près de 100 000 œuvres acquises auprès d’artistes vivants, cette collection constitue un fonds représentatif de la scène artistique contemporaine dans toute sa diversité. La collection s’enrichit tous les ans de nouvelles acquisitions et de commandes résolument prospectives.
http://www.cnap.fr

Disparition de Xavier Douroux, Le Consortium de Dijon

Le co-fondateur et directeur du Consortium de Dijon, Xavier Douroux, passeur militant et grande figure de l’art contemporain est décédé.

Né en 1977, le Consortium de Dijon est devenu, sous son impulsion décisive – et celle de Franck Gautherot, d’Eric Colliard, puis d‘Eric Troncy -, un modèle expérimental en Région pour l’art et la création. Initiative privée et collaborative, porté par la passion résolue de Xavier Douroux, ce projet associatif unique en son genre est devenu un prototype de centre d’art. Il a soutenu l’émergence de plusieurs nouvelles générations d’artistes et de commissaires d’expositions, français et internationaux.

 

Le futur musée Pinault à la Bourse de Commerce de Paris

Lors d’une conférence de presse organisée lundi dernier sur le chantier même de la Bourse de Commerce (Paris 1er) François Pinault a révélé le futur visage de son nouveau projet culturel parisien. Comme écrin pour sa Collection il a choisi et annoncé avec Anne Hidalgo le site patrimonial emblématique du XIXème siècle de la Bourse de Commerce; au cœur de Paris et de la création et dont l’intérieur sera entièrement reconfiguré pour répondre aux exigences d’un musée d’art contemporain.

L’extérieur, lui qui est classé gardera son aspect d’origine. L’architecte Tadao Ando à qui l’on connaît la rénovation du Palazzo Grassi et de la Pointe de la Douane et le Teatrino se voit confier les rênes d’une telle entreprise.

Il résume sa vision ainsi :
« La Bourse de Commerce dispose d’un plan circulaire et se distingue par une rotonde emblématique. Un cylindre en béton, de neuf mètres de haut et trente mètres de diamètre, y sera inséré afin de réorganiser les volumes. Ce geste donnera naissance à un espace d’exposition principal sous la coupole, doté d’une force centripète menant à un auditorium et à un foyer aménagés en sous-sol »
L’idée est de valoriser l’existant tout en se plaçant résolument dans l’avenir.
Martin Bethenod, directeur général délégué de la collection Pinault-Paris également partie prenant du projet, insiste sur le volume consacré à la programmation et l’accueil du public au détriment volontaire des bureaux, espaces techniques et réserves. Ce seront pas moins de 3000 m² qui seront dégagés pour des espaces d’exposition à géométrie variable allant de l’intime au monumental pour s’adapter au différents formats des œuvres et des projets.
En plus d’accrochages dédiés aux œuvres de la collection Pinault, cartes blanches, commandes spécifiques in situ sont prévues offrant tout au long de l’année une programme culturelle riche et à vertu pédagogique.
Le budget total des travaux lancés dès juin 2017 pour une durée de 18 mois est de l’ordre de 108 millions d’euros, entièrement financés par la famille Pinault qui reversera à la Ville de Paris 7,5 millions d’euros au cours des deux premières années, puis 60.000 par an pendant les 48 ans du bail administratif emphytéotique, auxquels s’ajoutera une part variable proportionnelle au chiffre d’affaires du nouveau centre. Anne Hidalgo s’est réjouit d’un tel mécénat.

Enfin Paris pour François Pinault qui tourne le dos au triste épisode de l’Ile Seguin pour vivre un nouveau et captivant volet de son aventure culturelle. La Bourse de Commerce occupera une place décisive dans le dispositif original vénitien.

Le futur musée en quelques chiffres :

Surface totale au sol: 13 000 m²
Surface des espaces accessibles au public: 7 700 m²
Surface total des espaces d’exposition: 3 000 m²
Hauteur de la colonne Médicis: 31 mètres
Diamètre de la rotonde du XIXe siècle: 38 mètres de diamètre
Dimensions du cylindre d’Ando: 9 mètres de haut, 29 mètres de diamètre
Hauteur de la coupole de Bélanger et Hittorff: 35 mètres
Auditorium: 300 places
Foyer: 700 m²

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir la maquette de Tadeo Ando, elle est intégrée à l’exposition Architectures japonaises à Paris, 1867-2017 au Pavillon de l’Arsenal ouvert hier, le 28 juin).

Pour moi qui ai foulé le sol de nombreuses fois de ce bâtiment qui appartenait à la Chambre de Commerce et d’Industrie et levé les yeux souvent vers la majestueuse coupole peinte je compte suivre l’évolution avec assiduité !

Matthias Bruggmann, lauréat du Prix Elysée

C’est lors de la Nuit des images qui s’est déroulée samedi dernier, que le Musée de l’Elysée a annoncé le nom du le lauréat de la deuxième édition du Prix Elysée. Le jury d’experts international a sélectionné le photographe suisse Matthias Bruggmann parmi huit nominés. Le travail de Matthias Bruggmann vise, selon lui, « à essayer de susciter, chez un public occidental, une compréhension viscérale de la violence intangible qui sous-tend tout conflit. »

Grâce au Prix, Matthias Bruggmann va poursuivre un projet photographique de longue haleine débuté en 2012 sur le conflit en Syrie. Il reçoit la somme de CHF 80’000 attribuée pour moitié à la production du projet et pour moitié à la publication d’un livre prévu pour juin 2018.

« D’un point de vue formel, mon précédent travail amenait le public dans une situation où il devait décider de la nature de l’œuvre même. Ce mécanisme pourrait ressembler, bien qu’on puisse
le contester scientifiquement, à ce qui se produit en physique quantique lorsque l’observation change la nature de ce qui est observé. Mon travail sur la Syrie s’inspire de ce présupposé.

D’un point de vue documentaire, il s’agit, à ma connaissance et jusqu’à présent, de la seule œuvre de ce type réalisée à l’intérieur

même de la Syrie par un seul photographe occidental, et ce en grande partie grâce à l’aide et aux travaux dévoués de certains des meilleurs experts indépendants sur le conflit. En raison de la nature de ce conflit, j’estime qu’il est nécessaire d’étendre le périmètre géographique de ce travail.

Il s’agit là essentiellement d’une tentative de créer un sentiment d’ambiguïté morale. Sa conception vise à mettre le public mal à l’aise en remettant en cause ses propres suppositions morales,
et ainsi à essayer de susciter, chez un public occidental, une compréhension viscérale de la violence intangible qui sous-tend tout conflit. L’un des moyens utilisés consiste à pervertir les codes normalement employés dans la photographie documentaire

pour accroître l’identification avec le sujet. Tout en se conformant parfaitement aux normes homologuées du documentaire, une partie du travail est destinée à amoindrir la confiance du public en ma propre fiabilité en tant que témoin et à forcer une réflexion plus poussée sur la nature de ce qui lui est présenté. » – Matthias Bruggmann

Le jury, unanime, était composé de Mimi Chun, Fondatrice
et directrice de la galerie Blindspot (Hong Kong), Andrew
Sanigar, responsable des éditions Thames & Hudson (Londres), Salvador Nadales, conservateur des collections et responsable des relations institutionnelles du musée national centre d’art
Reina Sofía (Madrid), Astrid Ullens de Schooten, Fondatrice
et présidente de la Fondation A Stichting (Bruxelles) et des partenaires fondateurs Tatyana Franck, Directrice du Musée de l’Elysée (Lausanne), Michel Parmigiani, Fondateur de Parmigiani Fleurier (Fleurier) et Marina Vatchnadze, Responsable du mécénat culturel de la Fondation de Famille Sandoz (Pully).

Les sept nominés étaient : Isabelle Blanc et Olivier Hilaire, Elina Brotherus, David Jiménez, Sofie Knijff, Jim Naughten, Emeka Okereke et Robert Zhao Renhui.

INFORMATIONS PRATIQUES
http://www.boring.ch/matt/
http://www.prixelysee.ch