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Home, l’exposition Magnum enfin à Paris !

Après avoir été présentée à New York et tout dernièrement à Londres, l’exposition « Home » arrive à Paris, à la Galerie Joseph. Elle réunit seize photographes de la célèbre agence Magnum Photos – qui a célébrée ses 70 ans l’an passé. Tous nous livrent ici autour d’un projet d’édition et d’exposition des images intimes sur le thématique de l’habitat contemporain.

Fujifilm s’est associé à Magnum Photos autour du projet, HOME, sur le thème de l’habitat, de l’accueil et des différentes manières de s’inscrire dans le monde au XXIe siècle. Que se soit par des approches documentaires, photojournalistiques ou artistiques, les photographes ont réunit près de 200 photographies intimes et inédites. On regrettera cependant la faible participation des femmes photographes de l’agence dans ce projet, un ratio à l’image  de l’agence. N’oublions pas qu’il y a 71 ans, l’agence a été créée par 7 photographes, dont deux femmes presque trop vite oubliées : Maria Eisner et Rita Vandivert.
L’exposition itinérante continuera sa route et passera par Tokyo (Daikanyama Hillside Forum du 21 au 30 juillet), Cologne (Koeln Messe du 26 au 29 septembre) pour finir en Italie et en Chine.

HOME ne définit pas seulement un espace de vie physique, il intègre des notions émotionnelles, biologiques, culturelles et sociétales. Les travaux réalisés, en toute liberté, par ces seize photographes reflètent leur personnalité, proposent leur interprétation, originale, d’un sujet universel.

Les 16 photographes participants sont : Antoine d’Agata (France), Olivia Arthur (GB), Jonas Bendiksen (Norvège), Chien-Chi Chang (USA), Thomas Dworzak (Géorgie/Iran/Allemagne), Elliot Erwitt (USA), David Alan Harvey (USA), Hiroji Kubota (Japon), Alex Majoli (Italie), Trent Parke (Australie), Gueorgui Phikhassov (Russie), Mark Power (GB), Moises Saman (Espagne/Pérou), Alessandra Sanguinetti (USA), Alec Soth (USA) et Alex Webb (USA).

INFORMATIONS PRATIQUES
Home
Du 9 au 19 juin 2018
Galerie Joseph
116 rue de Turenne
75003 Paris
De 12h à 19h
http://galeriejoseph.com/

Intimités : le nouveau théma du Liberté se dévoile

Le Liberté -scène nationale de Toulon présente durant les deux prochains mois, son nouveau théma. Jusqu’au 31 mars 2018, venez explorer les diverses « Intimités«  à travers une riche programmation et des expositions d’arts visuels. Ainsi, le hall du Liberté accueille des photographies de Kate Berry. Photographe talentueuse, trop tôt disparue, Kate Barry est la fille aînée de la chanteuse Jane Birkin et du composition John Barry, à qui l’on doit la musique de James Bond, le générique de la série télévisée« Amicalement vôtre » et la bande-originale du film de Kevin Costner « Danse avec les loups. »

Elle a collaboré pour divers magazines, réalisé des pochettes d’albums musicaux et met en lumière le monde de la scène à travers la série « Actrices », datant de 2013 et exposée auparavant à Kyoto et à Paris. C’est une sélection de ces portraits que nous retrouvons dans le hall du Liberté.

Ce travail est comme une évidence pour cette grande artiste. Par sa filiation, elle a baigné dans le monde du cinéma mais a su prendre du recul face à la notion d’icône. Kate Berry a une approche amicale, douce mais lucide, elle amène ses modèles dans des positions inconfortables ou épurées, parfois burlesques, histoire de provoquer l’intime, d’entrer dans la faille et dans l’émotion de ces actrices et acteurs. Des stars comme Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Charlotte Gainsbourg, Monica Belluci, Valeria Bruni-Tedeschi, Elsa Zylberstein, Laetitia Casta aux artistes de la jeune génération, telles que Hafsia Herzi ou Adèle Exarchopoulos qui se prêtent au jeu du dévoilement intime. Cette collection en noir et blanc mêle habilement glamour et naturel et perpétue le statut de la star si proche et inaccessible à la fois. Des images qui révèlent une empathie de la photographe face à ses modèles et la connaissance de prendre la bonne distance afin de rendre toute la vérité possible. Une humanité si tendre dans les clichés de sa soeur Charlotte Gainsbourg, quelques photographies couleurs plus crues, des images en noir et blanc aux cadrages serrés et bien sûr quelques hommes comme Etienne Daho ou Benjamin Biolay. Des photographies sensuelles, à fleur de peau, une fragilité sensible, une mise à nu et un dévoilement du corps, de l’âme et du génie créatif de cette photographe unique.

Autre invité de ce hall d’exposition, le projet Acoustic Cameras invite des compositeurs, des poètes et des artistes sonores à annexer en temps réel les flux de webcams situées dans différents lieux à travers le monde. L’artiste se livre à une pièce sonore ou musicale en lien avec ce flux qui est intercepté mais non modifié. La pièce sonore ainsi réalisée agit comme une modification de la réalité. Ce projet d’artistes lancé en 2016compile une bande-son en boucle fermée et une caméra en continu. Cette expérience visuelle est visible sur 3 écrans équipés d’écouteurs. Cette rencontre entre un morceau sonore et la captation en direct d’un paysage fluctuant, changeant aux rythmes des heures, des mois et des saisons, se revêt d’une dimension narrative, dramatique, lyrique, selon les mêmes principes que la musique de cinéma mais à la nuance près que le film se joue en simultané. Les 3 écrans diffusent 3 histoires différentes, racontées et perçues individuellement. Des états anodins mais qui transforme le spectateur en voyeur malgré lui. Le soir du vernissage, le groupe Hell Botcho a donné un concert en live accompagné de la vidéo d’une laverie automatique du nord de la France. Le lieu public devient scène de performance et de voyeurisme, création live artistique d’un mélange des genres entre lecture, musique et captation visuelle.

De l’œil à l’œuvre ou la proximité de la rétine à la matière: les artistes du Metaxu -collectif d’artistes- ont répondu à la proposition artistique du Liberté. Ils ont sondé l’intimité à partir du rapprochement de l’oeil avec l’oeuvre, dans une espèce de boîte pensée. L’exposition invite le spectateur à parcourir 5 lieux en centre-ville où un artiste y expose son oeuvre singulière. Cinq échanges avec des œuvres encapsulées à découvrir dans une relation intime, épidermique.

« Intimités » , c’est aussi un théma qui propose durant deux mois, des films, des rencontres, des spectacles et des animations. Au programme, découvrons pêle-mêle une conférence de Jacques Serena autour de l’oeuvre de Samuel Beckett, une table-ronde questionnant le mythe de la virilité avec comme invité, l’emblématique Daniel Herrero, des films comme « Patients » de Grand Corps Malade explorant l’intimité des patients et leur patience face à la reconstruction, les « Scènes de la vie conjugale » d‘Ingmar Bergman et leur version théâtrale interprétée par Laetitia Casta et Raphaël Personnaz, des moments forts comme« Unwanted » ou « Festern » ou la question des jeunes devenus adultes, de l’intimité personnelle, de l’être qui grandit en soi, le dessin animé en stop-motion « Ma vie de courgette » pour petits et grands, les Mardi Liberté qui célèbrent l’« Eloge de l’Amour » ou comment mélanger Meetic et Platon, et enfin les Nuits Liberté pour se lâcher sur le dance floor.

INFORMATIONS PRATIQUES
Intimités
Du 08 février au 31 mars 2018
Le Liberté – scène nationale de Toulon
Grand Hôtel – Place de la Liberté
83000 Toulon
Tel: 04 98 00 56 76
Plus de renseignements ici

Julien Magre, l’intime du quotidien à la Galerie Le Réverbère

En résonance avec la Biennale de Lyon qui se déroule jusqu’au 7 janvier 2018, la galerie Le Réverbère présente l’exposition « Elles » du photographe Julien Magre. « Elles » rassemble plusieurs séries réalisées entre 1999 et 2017, un travail intime qui cumule plus de 300 images mêlant photo de famille et paysages.

Julien Magre est né en 1973, il a commencé à photographier sa femme Caroline il y a 18 ans. Ses images donneront lieu à un premier ouvrage publié en 2010 aux éditions Filigranes et intitulé « Caroline, Histoire numéro deux » (la première partie publié en auto-édition est sorti en 2007). Avec Caroline il aura deux filles – Louise et Suzanne – Julien continuera à photographier son quotidien à travers des portraits et des paysages, suivront donc deux autres ouvrages… Son dernier travail « Je n’ai plus peur du noir« , également publié aux éditions Filigranes, est marqué par la tragique disparition de sa fille Suzanne en juillet 2015.

La galerie Le Réverbère rend hommage à ce travail photographique personnel et intime à travers une exposition complète présentant les différentes séries de Julien Magre comme « Nous vieillirons ensemble », « Elles veulent déjà s’enfuir », « Troubles » ou encore « Je n’ai plus peur du noir ». L’exposition mêle tirages grands formats, textes et ensemble de petits formats que l’on découvre comme un album de famille.

INFORMATIONS PRATIQUES
Elles
Julien Magre
Du 16 septembre au 10 novembre 2017
Galerie Le Réverbère
38 rue Burdeau
69001 Lyon
04 72 00 06 72
http://www.galerielereverbere.com
http://www.julienmagre.fr

Yves Tremorin expose « De sable aux enfants d’or » à Charleroi

L’espace d’exposition Incise à Charleroi inaugure demain sa nouvelle exposition consacrée au travail photographique de l’artiste breton Yves Tremorin. Avec « De sable aux enfants d’or », on retrouve Tremorin dans l’un de ses principaux domaines de prédilection, il photographie ses proches et son environnement dans une vision intime en gros plan.

Yves Trémorin photographie ses proches, la nourriture et les bêtes, les jouets, le sexe ou l’urine… Il regarde au plus près les cils encore humides d’un veau mort-né, la chair violacée d’un lapin écorché, les ongles et les rides, l’écume ou la peau morte maculant des lèvres. Il en fait des tableaux, au sens théâtral du terme : il suspend l’action au profit d’un abattage en règle de tout ce qui distrait ou pourrait distraire d’une réalité opérant sous ses aspects les plus intenses et rudes.

Fonds unis, souvent noir, plein cadre…La lumière isole et exalte les surfaces et les plis de corps ou d’objets dont la présence confine au terrible. Jamais grotesques ou obscènes, les sujets photographiés par Trémorin impressionnent toujours part leur épaisseur proprement holistique. Ils sont le support de plus que d’eux-mêmes. Singuliers et pourtant dé singularisés, ils forment les réceptacles d’un fond culturel et mythologique avec lequel ils composent et parfois s’écorchent. Ils en sont l’emblème. Jeunes et beaux, amoureux ou morts, ils sont lourds d’une histoire qui déborde la leur et la nôtre. Une histoire collective, dont l’universalité ne tient pas en une utopie morale – l’Humanité – mais bien aux soucis, beaucoup plus vifs et cruels, d’une espèce faite de mythes et de fluides, d’os et de chair. Cette impureté constitutive n’appelle aucune rédemption. Elle est plutôt le ressort d’une affirmation nietzschéenne : l’adhésion joyeuse à ce qui est, sans autre forme de sublimation. Les images d’Yves Trémorin savent conjuguer l’amour et l’inéluctable. Aucune promesse hors champ, de paradis en perspective, la frontalité tient toujours lieu d’horizon.

De sable aux enfants d’or est un diptyque mettant en scène deux jeunes visages dont les expressions débordent les attendus concernant l’enfance. Il est question ici de gravité, de profondeur, de fatigue, déjà. Ces regards vides ou détachés semblent trahir une informulable conscience du temps et des choses. Le très grand format des images et leur intégration dans l’espace public accentue le poids et la force d’un miroir où se dévoile finalement une imperturbable et insolente solitude.

Le titre de l’installation fait référence au blason de la ville de Charleroi : « de sable au lion rampant, armé et lampassé à dextre un sabre de même, au chef d’argent portant une fleur de lys de gueules ». L’héraldique a ses règles et son vocabulaire : le sable est la couleur noire. Un fond parfait pour signifier l’abîme. Deux enfants s’en détachent. Ils sont là, tout devant lui. De très vieux enfants sapiens, plein de courage.

Texte de Benoît Dusart

EXPOSITION
De sable aux enfants d’or
Yves Tremorin
Du 18 février au 21 mai 2017
Incise
Galerie Bernard
139, bld Tirou
6000 Charleroi
Belgique
http://www.incise.be