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Une étape décisive pour le Festival du Regard, Cergy

Les deux premières éditions du festival ont eu lieu à Saint Germain en Laye, à une vingtaine de kilomètres de là. Pour cette nouvelle édition, changement de commune pour s’exposer à Cergy Pontoise ! Un changement qui ouvre de belles perspectives d’avenir pour ce festival dédié à la création photographique, qui aura lieu dorénavant chaque année au cœur du Val d’Oise. Vous avez un mois pour découvrir au travers d’une douzaine d’expositions, l’univers thématique des adolescences, dont on note l’utilisation du pluriel, afin d’explorer toute la multitude et la complexité de cet entre-deux âges.

Créé en 2015 par Eric Vialatel, véritable amoureux de l’image et fervent collectionneur, le festival du regard a pour but de rendre la photographie accessible au plus grand nombre. Il est épaulé par deux directrices artistiques Sylvie Hugues et Mathilde Terraube (que nous avons eu le plaisir de recevoir la semaine dernière comme invitées). L’équipe a réunit des travaux qui nous interroge sur la notion même d’adolescence, visibles au Carreau et dans les espaces publics de la ville.

On débute la visite au Carreau, pour découvrir l’exposition rétrospective de l’invité d’honneur, Claudine Doury (Agence Vu’ / Galerie Particulière). Pour le festival, exposer le travail de Claudine s’est tout de suite imposé. On retrouve ses séries les plus emblématiques comme « Rites de passage », « Sasha » ou encore « l’homme nouveau »…
Cette dernière série est un projet qui a nécessité 6 ans de travail. Claudine Doury a souhaité affronter l’homme en photographie et explorer le questionnement sur le masculin. Le choix des modèles est cependant très précis, tous sont de jeunes hommes avec à la fois des traits juvéniles voire féminins.

Sylvie Hugues, Claudine Doury, Eric Vialatel et Guillaume Herbaut devant la série Sakhaline © Ericka Weidmann

La rétrospective nous dévoile une série inédite. Il s’agit d’un de ses tous premiers travaux, « Sakhaline », un reportage réalisé en 1990 sur un goulag pour adolescents en URSS. Le choix de la scénographie tranche avec le reste de l’exposition; on y trouve les petits tirages noir et blanc sous verre avec les légendes manuscrites directement sous les images, disposés en accordéons et placés sur un socle. Une belle découverte pour un sujet qui introduit parfaitement tout le travail de celle qui a toujours mis la jeunesse et l’adolescence au cœur de son travail.

Au sein du Carreau sont présentées quatre autres expositions. On remarquera notamment celles de Sian Davey et Marion Poussier. La première a posé son objectif sur Martha, sa belle-fille, alors âgée de 16 ans. La jeune fille devenant femme a demandé à être photographiée, comme pour garder trace de cette période de transition : un sujet coloré et sensible. Marion Poussier questionne les relations amoureuses chez les adolescents. Cette série est le résultat d’une commande réalisée pour le festival Planche(s) Contact. Il s’agit là du premier volet d’un projet plus vaste, qui se poursuit dans les HLM de Clermont Ferrand. Vient ensuite son travail vidéo avec 17 séquences réalisées en plan fixe qui tournent en boucle dans l’auditorium, et c’est un véritable délice !

Parvis de la Préfecture de Cergy, exposition de Delphine Blast © Ericka Weidmann

Sur le parvis de la Préfecture, on retrouve les portraits photographiques de Delphine Blast. Avec sa série « Quinceañera », la photographe qui vit entre Paris et l’Amérique latine s’est intéressée à cette fête traditionnelle qui marque le passage entre l’enfance et l’âge adulte chez les jeunes filles. En Colombie, cette tradition est un événement majeur dans la vie des jeunes filles. Quel que soit le rang social et les moyens de la famille, cette fête se doit d’être un événement célébré par le plus grand nombre. La photographe s’est rendue dans les communautés les plus modestes pour se rendre compte des moyens mis en œuvre pour célébrer la Quinceañera. Ces familles font des économies durant des années pour offrir un événement inoubliable pour la jeune fille. Cette série de portraits montrent les adolescentes dans leurs robes de fête très colorées, au milieu de leur environnement quotidien. Un contraste fort !

Parc François Mitterrand de Cergy, Exposition de Guillaume Herbaut © Ericka Weidmann

Le festival vous invite ensuite à une ballade dans le parc François Mitterrand (on vous la conseillera pour les journées ensoleillées) à travers 7 expositions : des Geek2, des supers héros en Picardie par Guillaume Herbaut, en passant par L’Entretemps, une série de Jérôme Blin qui alterne entre portraits et paysage,s ou encore un documentaire très fort réalisé par Martin Barzilai, sur les Refuzniks, ces jeunes isréaliens qui disent non à la guerre et renoncent à faire leur service militaire, obligatoire pour les hommes et les femmes…

INFORMATIONS PRATIQUES
Festival du Regard
12 photographes exposés (expositions personnelles) : Claudine Doury (invitée d’honneur), Coco Amardeil, Martin Barzilai, Delphine Blast, Jerôme Blin, Françoise Chadaillac, Siân Davey, Guillaume Herbaut, Gil Lefauconnier, Reiko Nonaka, Marion Poussier et Thibaud Yevnine
+ Exposition collective : « les ados vus par… » : Sabine Weiss, Bernard Plossu, Françoise Nunez, Marc Riboud, Michael Ackerman, Denis Dailleux, Ingar Krauss, Jean-Claude Gautrand et Jean-Christophe Béchet.
Du 8 juin au 8 juillet 2018
Au Carreau (3-4 rue aux Herbes) & parc François Mitterrand
95000 Cergy-Pontoise
Entrée libre
http://www.festivalduregard.fr

Les premières photographies de Carole Bellaïche à la Galerie Sit Down

Carole Bellaïche a 14 ans lorsqu’elle réalise ses premiers clichés photographiques et ses premiers modèles sont ses amies de lycée. A cette époque elle ignore que son appareil Reflex qu’elle tient entre les mains, deviendra son outil de travail… A l’occasion de la sortie de l’ouvrage « Entre jeunes filles » aux éditions Yellow Now, la galerie Sit Down vous propose de découvrir, dès samedi prochain, une sélection de tirages vintage d’époque réalisés par l’artiste. Témoin d’une époque et d’une génération.

On est en 1978. Carole Bellaïche est en seconde. Elle se lance avec ferveur dans le projet de photographier certaines filles de sa classe, un acte d’emprise sur celles qu’elle juge les plus belles. Elle les maquille, les dispose, les déguise, les met en scène dans l’espace hors du temps de la grande maison familiale. C’est un jeu étrange, à la fois léger et sérieux, mais elle n’a pas conscience de faire œuvre de photographe. Peu après cette expérience lycéenne, elle devient “pour de vrai” photographe – elle réalise des portraits d’acteurs et d’actrices pour leurs books. Elle abandonne ses premiers films dans un placard, comme une passade d’adolescence sans lien avec son nouveau métier.
Les pellicules dorment pendant des années, et s’abîment. Un jour, elle y repense et les exhume. Le temps de latence est achevé : les images ressurgies du passé sont bien celles d’une jeune fille de 14 ans qui ne savait pas qu’elle était photographe. Elles sont devenues “autres “car elles ont été, pour la plupart, rongées, partiellement effacées, mais aussi ornées, redessinées, recréées par le travail chimique et inconscient du temps.
Elles sont devenues autres car Carole Bellaïche peut les voir désormais comme une expérience fondatrice pour son travail de grande photographe d’actrices“. – Alain Bergala, essayiste.

Pour Alain Bergala, la rareté de ces images de jeunes filles tient à leur beauté propre, à leur tenue formelle impeccable, mais aussi au fait, unique, qu’elles ont été prises par une jeune fille de leur âge. La jeune fille a toujours été un motif de prédilection pour les peintres, les photographes, les cinéastes, mais ceux qui photographient les jeunes filles sont le plus souvent des hommes, plus avancés en âge, avec tout ce que cela entraîne de nostalgie ou de désir de leur part. Le trouble qui naît de certaines de ces photos est d’un autre ordre : c’est qu’elles ont été manigancées… entre jeunes filles.

INFORMATIONS PRATIQUES
L’exposition
Carole Bellaïche
Jeunes Filles, 1978
Du 10 février au 10 mars 2018
Sit Down
4, rue Sainte-Anastase
75003 Paris
http://www.sitdown.fr
Le Livre
Entre jeunes filles
Carole Bellaïche et Alain Bergala
Aux éditions Yellow Now
2017
96 pages
12 x 17 cm
14.00 €
http://www.yellownow.be/livre_detail.php?ItemID=259

Jeunes Générations, une commande publique du CNAP
Stéphane Lavoué

« Jeunes-Générations » est une commande publique photographique nationale sur la Jeunesse en France pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 15 photographes ont réalisé cette commande et chaque semaine nous vous proposons de découvrir le travail de l’un d’entre eux accompagné de leur témoignage. Aujourd’hui rencontre avec Stéphane Lavoué.

« La jeunesse en France » met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.

Mowwgli : Comment appréhende-t-on une commande publique en photographie ?

Stéphane Lavoué : J’ai eu cette chance d’avoir une importante culture de la commande, puisque j’ai longtemps travaillé dans la presse. La petite difficulté, c’est qu’il s’agissait pour moi de ma première commande publique, et je devais réussir à me détacher de la commande de presse afin de créer un univers plus personnel et qui ne soit pas uniquement du documentaire.
Je leur ai donc proposé de m’intéresser à la jeunesse bigoudène et plutôt que de rester uniquement sur une série de portraits, j’ai souhaité recréer toute une narration photographique qui embarque le spectateur dans mon univers personnel, un peu plus onirique. J’ai donc assemblé des paysages aux portraits afin d’apporter une atmosphère supplémentaire. Tout cela en 10 images, ce qui est finalement l’exercice le plus difficile de cette commande.

M : Comment avez-vous abordé votre proposition autour de la jeunesse ?

S. L. : Je vis en Bretagne depuis un an, où je mène des projets photographiques dans le cadre de ‘La France Vue d’Ici« , ma proposition pour cette commande était donc simple, je souhaitais proposer un regard sur la jeunesse de ce territoire. Avec l’aide de la presse locale qui a relayé mon appel à la jeunesse, j’ai pu développer mon réseau et rencontrer beaucoup de jeunes très motivés par le projet et enthousiastes à l’idée de me confier leur choix de vivre aux pays Bigoudins parfois au détriment d’une ambition professionnelle dans l’espoir de préserver leur culture.
Je me suis retrouvé face à des jeunes qui vivent de manière non-connectée, un certain nombres n’ont pas d’emails, n’utilisent pas ou peu les réseaux sociaux… On y découvre un vrai contraste entre l’idée qu’on peut se faire de la jeunesse d’aujourd’hui et ces jeunes qui vivent dans une communauté fière de leur culture et de leurs traditions.

http://www.stephanelavoue.fr

EXPOSITION ITINERANTE
Jeunes Générations
• Printemps 2017
> Ministère de la Culture et de la Communication
Exposition extérieure sur la façade du ministère.
> SNCF Gares & Connexions dans les gares de Bordeaux, Lille, Marseille, Paris – Gare de Lyon et Strasbourg.
• Du 24 mai au 11 juin 2017
Dans le cadre du festival ImageSingulières de Sète
http://www.cnap.fr/«-jeunes-generations-»

EDITION
Jeunes Générations
Editions Le Bec en L’air
224 pages
200 Photographies
22 x 27,5 cm
ISBN : 978-2-36744-110-8
28€
http://www.becair.com/livre/jeunes-generations
Disponible en librairie à compter du 4 mai 2017

Les photographes participants : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.

Jeunes Générations, une commande publique du CNAP
Gilles Coulon

« Jeunes-Générations » est une commande publique photographique nationale sur la Jeunesse en France pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 15 photographes ont réalisé cette commande et chaque semaine nous vous proposons de découvrir le travail de l’un d’entre eux accompagné de leur témoignage. Aujourd’hui rencontre avec Gilles Coulon.

« La jeunesse en France » met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.

Mowwgli : Comment appréhende-t-on une commande publique en photographie ?

Gilles Coulon : Lors d’une commande, on réfléchi surtout à la restitution de l’oeuvre que l’on doit créer. C’est à dire que l’on se met vraiment dans la perspective d’un travail à réaliser en atelier.
Étape par étape, choix des personnes à photographier, premiers tests de prise de vues, premier montage puis choix du mode de restitution, du type d’encadrement etc…
Qui dit commande ne dit pas absence de liberté, puisque nous avons nous même choisi le thème sur lequel nous souhaitions travailler.

M : Comment vivez-vous l’évolution de votre prise de vue avec la jeunesse ?

G. C. : Pour ma part, cette question est au coeur du projet que j’ai proposé, j’espère y avoir apporté un élément de réponse.

http://tendancefloue.net/gillescoulon

EXPOSITION ITINERANTE
Jeunes Générations
• Printemps 2017
> Ministère de la Culture et de la Communication
Exposition extérieure sur la façade du ministère.
> SNCF Gares & Connexions dans les gares de Bordeaux, Lille, Marseille, Paris – Gare de Lyon et Strasbourg.
• Du 24 mai au 11 juin 2017
Dans le cadre du festival ImageSingulières de Sète
http://www.cnap.fr/«-jeunes-generations-»

EDITION
Jeunes Générations
Editions Le Bec en L’air
224 pages
200 Photographies
22 x 27,5 cm
ISBN : 978-2-36744-110-8
28€
http://www.becair.com/livre/jeunes-generations
Disponible en librairie à compter du 4 mai 2017

Les photographes participants : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.

Jeunes Générations, une commande publique du CNAP
Gabrielle Duplantier

« Jeunes-Générations » est une commande publique photographique nationale sur la Jeunesse en France pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 15 photographes ont réalisé cette commande et chaque semaine nous vous proposons de découvrir le travail de l’un d’entre eux accompagné de leur témoignage. Aujourd’hui rencontre avec Gabrielle Duplantier.

« La jeunesse en France » met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.

Mowwgli : Comment appréhende-t-on une commande publique en photographie ?

Gabrielle Duplantier : C’est la première fois que je travaille pour une commande publique alors je ne peux parler que de cette expérience là. Je me suis sentie libre dans l’orientation de ma série et dans la façon de travailler, ainsi que dans la sélection finale des images. C’est particulièrement intense de travailler en si peu de temps et pour de si prestigieuses structures, j’ai eu cependant relativement confiance puisque chaque photographe devait surtout rester lui-même dans son approche du portrait et dans sa sensibilité.

M : Comment vivez-vous l’évolution de votre prise de vue avec la jeunesse ?

G. D. : C’est avant tout le temps qui a fait évoluer mon approche.
Mon projet était de rechercher certains des enfants d’une école du quartier de la ZUP de ma ville à qui j’ai donné des cours de photographie il y a quelques années, et les rencontrer à nouveau à l’âge adolescent. J’ai retrouvé des jeunes gens d’une grande gentillesse, souvent affirmés, et ma complicité avec eux m’a semblé intacte.
Ils m’ont permis de passer un petit moment avec eux et de réaliser un portrait. Pour les photos j’ai choisi de les photographier seul, là où ils vivent aujourd’hui, certains toujours dans le quartier, d’autres dans des villages alentours où ils ont entre temps déménagé avec leur famille. Je ne souhaitais aucun accessoire ni véritable concept, juste un portrait assez dépouillé dans un décor familier propre à eux, j’ai voulu surtout qu’ils se sentent à l’aise avec moi, nous avons beaucoup discuté de leurs vie actuelle et de leurs rêves…

http://www.gabrielleduplantier.com

EXPOSITION ITINERANTE
Jeunes Générations
• Printemps 2017
> Ministère de la Culture et de la Communication
Exposition extérieure sur la façade du ministère.
> SNCF Gares & Connexions dans les gares de Bordeaux, Lille, Marseille, Paris – Gare de Lyon et Strasbourg.
• Du 24 mai au 11 juin 2017
Dans le cadre du festival ImageSingulières de Sète
http://www.cnap.fr/«-jeunes-generations-»

EDITION
Jeunes Générations
Editions Le Bec en L’air
224 pages
200 Photographies
22 x 27,5 cm
ISBN : 978-2-36744-110-8
28€
http://www.becair.com/livre/jeunes-generations
Disponible en librairie à compter du 4 mai 2017

Les photographes participants : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.

Thibault Lévêque, son usage du monde

Quelques textes, beaucoup d’images pleine page, son deuxième livre communique l’appétit de liberté d’un jeune auteur décidé à vieillir le plus tard possible, après avoir bien usé de l’existence et du monde. S’il n’a exposé qu’une seule fois en galerie, Thibault Lévêque s’est construit une audience internationale via les réseaux sociaux et notamment Facebook qu’il alimente de ses photos de ses voyages et de fragments de textes comme autant d’appels à vibrer en résonance aux chansons composées sur sa guitare.

Les photos, et qui en douterait, sont prises sur de vraies bonnes vieilles pellicules, snapshots arrachés à l’intimité ou paysages sublimes, épreuves en tout cas garanties sans retouche d’un contemporain qui ne déteste pas fumer, boire, rire, aimer, parcourir le globe au motif de toujours changer de place. La première et quatrième de couverture du livre-recueil passent d’un train à l’autre, quand les images vous entraînent sans prévenir sur une piste urbaine qui file par Paris, Berlin, Amsterdam, Bruxelles, Londres, Prague, New York, Detroit, Los Angeles, avec des arrêts à Aubervilliers, Amiens, Cherbourg, Lille ou Le Havre : « La pluie peut émerveiller, une ville grise, je veux dire, Le Havre peut t’embarquer dans des quêtes admirables ».

Côté campagne, la fugue se poursuit en mode mineur, à deux ou entre amis, souvent les mêmes, personnages insolents de beauté, de dégaine et d’impudeur : du Sud-Ouest à la Normandie, des Alpes à Etretat, en Bretagne ou en Picardie, en Malaisie, au golfe de Siam, au Canada, et pour l’Amérique profonde et chérie, l’Oregon, la Californie, le Texas, le Wyoming ou le Nevada. Ne cherchez pas de légende aux photos, le texte qui serpente entre elles ressemble à des notes de voyages jetées sans date sur un carnet de route ; il se lit en réalité comme le bagage d’une réflexion amassée par une errance perpétuelle, génératrice de cris libertaires ou de maximes hédonistes, paroles cousinant avec Rimbaud, Ferré ou Céline, pleines de la furieuse envie de jouir de tout. Lignes croisant la longue Route de Kerouac, la prose poétique de Thibault Lévêque flirte, incestueuse, avec ses images, avec la philosophie tenace d’un plaisir qui se repaît de tout, du soleil comme des rencontres, de la nudité et des déserts, de l’ivresse d’un temps sans heures, des mirages de Las Vegas et des torrents rafraîchisseurs de bière.

INFORMATIONS PRATIQUES
Ici nulle part
Thibault Lévêque, Textes et photographies
144 pages 19,5x26cm, broché
Editions Lemaitre
30 euros
http://editionslemaitre.paris/Thibault-Leveque
http://thibaultleveque.tumblr.com

Jeunes Générations, une commande publique du CNAP
Myr Muratet

« Jeunes-Générations » est une commande publique photographique nationale sur la Jeunesse en France pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 15 photographes ont réalisé cette commande et chaque semaine nous vous proposons de découvrir le travail de l’un d’entre eux accompagné de leur témoignage. Aujourd’hui rencontre avec Myr Muratet.

« La jeunesse en France » met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.

Mowwgli : Comment appréhende-t-on une commande publique en photographie ?

Myr Muratet : Pour ne pas avoir à suivre les commandes, je les précède. Ce fut le cas avec le Cnap. Je développe depuis des années un travail photographique autour de l »occupation d’espaces délaissées au nord de Paris par des personnes à la recherche de lieux refuge pour y vivre leur vie et les dispositifs mises en place par les pouvoirs, tout les pouvoirs  pour les contraindre. Ces personnes rencontrées sont toutes jeunes, très jeunes même mineurs.

M : Comment vivez-vous l’évolution de votre prise de vue avec la jeunesse ?

M. M. : Je n’ai pas réellement changé mon approche aux personnes photographiées au cours de ma vie de photographe ( « carrière » ne me parait pas dans mon cas être un terme bien approprié) et l’utilisation du tel portable pour (se) photographier me semble évoluer dans d’autres contextes.

http://www.myrmuratet.com/

EXPOSITION ITINERANTE
Jeunes Générations
• Printemps 2017
> Ministère de la Culture et de la Communication
Exposition extérieure sur la façade du ministère.
> SNCF Gares & Connexions dans les gares de Bordeaux, Lille, Marseille, Paris – Gare de Lyon et Strasbourg.
• Du 23 mars au 13 mai 2017
La Villa Pérochon – Centre d’art contemporain photographique de Niort
• Du 24 mai au 11 juin 2017
Dans le cadre du festival ImageSingulières de Sète
http://www.cnap.fr/«-jeunes-generations-»

EDITION
Jeunes Générations
Editions Le Bec en L’air
224 pages
200 Photographies
22 x 27,5 cm
ISBN : 978-2-36744-110-8
28€
http://www.becair.com/livre/jeunes-generations
Disponible en librairie à compter du 4 mai 2017

Les photographes participants : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.

Jeunes Générations, une commande publique du CNAP
Alexandra Pouzet

« Jeunes-Générations » est une commande publique photographique nationale sur la Jeunesse en France pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 15 photographes ont réalisé cette commande et chaque semaine nous vous proposons de découvrir le travail de l’un d’entre eux accompagné de leur témoignage. Aujourd’hui rencontre avec Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino.

« La jeunesse en France » met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.

Mowwgli : Comment appréhende-t-on une commande publique en photographie ? Comment vivez-vous l’évolution de votre prise de vue avec la jeunesse ?

Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino : Il y a comme une injonction paradoxale avec laquelle on appréhende la commande publique : dans le fait d’à la fois installer sa démarche artistique, confirmer son style, rendre encore plus visibles ses préoccupations (d’une certaine façon, ce qui a pu motiver notre sélection) tout en acceptant d’être surpris par les rencontres, de risquer des renversements formels et sémantiques, d’expérimenter d’autres langages, d’aller plus loin dans la recherche. Ce qui est étrange et qui pourrait être paralysant, c’est la reconnaissance du travail existant, et donc, implicitement, l’incitation à re-faire ce qu’on sait le mieux faire et que l’on a fait jusqu’alors. Alors même qu’il s’agit aussi d’une forte caution (le ministère de la culture) pour s’autoriser des explorations jusqu’alors effleurées (par retenue ou par peur du délit d’initié). C’est toute l’ambivalence d’être sélectionnés pour nos points de vue experts qui se sont toujours élaborés sur cette compétence à porter un regard neuf aux personnes, à leurs pratiques. Nous avons tenté de trouver un équilibre, en expérimentant de nouvelles formes de restitution, en confirmant notre démarche artistique qui mêle les situations d’enquêtes, les poétiques de l’espace, l’anthropologie, la parole rapportée.

Une autre dimension, plus historique, apparait dans la question de « faire oeuvre », puisque les travaux ont pour vocation d’intégrer les collections publiques, et de faire date dans l’histoire de nos sociétés contemporaines. Faire partie des auteurs choisis pour documenter la jeunesse en France aujourd’hui, a été pour nous l’occasion de donner à voir et à entendre des gens et leur environnement, au moment où l’histoire de la planète bascule dans une nouvelle ère géologique aux conséquences climatiques imprévisibles. Ça me regarde a été l’opportunité d’interroger des personnes sur cette question, et de dire nos préoccupations.

> Pour voir l’image en plein format cliquez ici.

http://www.alexandrapouzet.com

EXPOSITION ITINERANTE
Jeunes Générations
• Printemps 2017
> Ministère de la Culture et de la Communication
Exposition extérieure sur la façade du ministère.
> SNCF Gares & Connexions dans les gares de Bordeaux, Lille, Marseille, Paris – Gare de Lyon et Strasbourg.
• Du 23 mars au 13 mai 2017
La Villa Pérochon – Centre d’art contemporain photographique de Niort
• Du 24 mai au 11 juin 2017
Dans le cadre du festival ImageSingulières de Sète
http://www.cnap.fr/«-jeunes-generations-»

EDITION
Jeunes Générations
Editions Le Bec en L’air
224 pages
200 Photographies
22 x 27,5 cm
ISBN : 978-2-36744-110-8
28€
http://www.becair.com/livre/jeunes-generations
Disponible en librairie à compter du 4 mai 2017

Les photographes participants : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.

Jeunes Générations, une commande publique du CNAP
Pablo Baquedano

« Jeunes-Générations » est une commande publique photographique nationale sur la Jeunesse en France pilotée par le Centre national des arts plastiques (Cnap) en collaboration avec l’association CéTàVOIR. 15 photographes ont réalisé cette commande et chaque semaine nous vous proposons de découvrir le travail de l’un d’entre eux accompagné de leur témoignage. Aujourd’hui rencontre avec Pablo Baquedano.

« La jeunesse en France » met en lumière les acteurs d’un monde en devenir, que ce soit à travers leurs pratiques culturelles ou leur préparation à la vie.

Mowwgli : Comment appréhende-t-on une commande publique en photographie ?

Pablo Baquedano : Lorsqu’une commande vous intéresse, dans un premier temps, il faut trouver une idée qui colle avec le sujet proposé. Si la thématique a attiré votre attention, c’est que vous sentez que votre approche peut répondre aux attentes du projet. Il faut très vite se projeter en ayant en tête que l’objet final sera une production commune qui regroupera le travail de quinze photographes. Dans le cas de la commande « La jeunesse en France », le but était de produire des photographies représentatives de la diversité des territoires. C’est la pluralité des approches qui constituerait la richesse du projet.

Par ailleurs, lorsqu’on travaille pour une commande publique, la notion de temps prend beaucoup d’importance. Si on vous laisse deux mois pour finaliser votre série, cela implique une organisation et un planning rigoureux. Tout doit aller très vite.
Le contrat signé, il faut alors tout mettre à plat : format des images, montage final, numérique ou argentique, couleur ou pas et surtout, le nombre d’images. Ces impératifs peuvent être une source de frustration pendant la période de création mais ils sont la garantie que l’ensemble des travaux sera cohérent et harmonieux. Ce sont aussi ces lignes directrices qui nous impliquent un peu plus dans la thématique et nous évitent d ‘éventuelles dispersions. En somme c’est un moyen d’aller droit au but.

Pour ma part, ce sentiment de frustration a disparu lorsque j’ai découvert les premiers travaux de mes camarades en laboratoire ; j’ai alors pris conscience de l’impact de cette commande collective, de l’importance de la logistique et des coûts de production. Après m’être réjoui de voir enfin mes photos présentées, j’ai réalisé aussi, et surtout, l’ampleur du travail en apercevant les caisses qui transportaient la totalité des travaux effectués.
Le plus gros challenge, pour moi, a été de me limiter à dix photos. Malgré cela, je ne me suis absolument jamais senti bridé en matière de créativité, l’association CÉTÀVOIR et le Cnap restent à l’écoute durant le projet et sont parfaitement sensibles à notre envie de création.

M : Comment vivez-vous l’évolution de votre prise de vue avec la jeunesse ?

P. B. : Pour être honnête, je n’ai noté que peu d’évolution dans le sens ou je suis photographe depuis quelques années. J’ai toujours aimé photographier la jeunesse. Mes méthodes n’ont pas vraiment changé.

J’ai 29 ans et les gens trouvent souvent que je fais plus jeune. Il n’y a pas si longtemps j’étais assistant d’éducation dans un collège. J’ai donc utilisé les mêmes codes que dans mon ancien travail ou je me sentais déjà très bien. Le contact avec la jeunesse est parfois difficile à établir mais s’il peut être parfois explosif, il est aussi souvent sincère. En cela, il constitue une excellente source de création. Il est aussi un thème primordial sur lequel il ne faut pas hésiter à s’attarder.
Dans le cadre de ce projet, aucune barrière ne s’est dressée que cela soit au sein des organismes qui les accueillent pour faire la fête ou parmi les jeunes eux-mêmes.

Depuis plus de dix ans, des agences font des photos en discothèques pour que les jeunes puissent, dès le lendemain, se retrouver et partager leurs moments. Ils ont donc l’habitude d’être pris en photo dans ce cadre-là. Rien ne les empêchait, dans le même temps, de faire des photos plus fun et intimistes avec leur téléphone.

http://pablobaquedano.fr

EXPOSITION ITINERANTE
Jeunes Générations
• Printemps 2017
> Ministère de la Culture et de la Communication
Exposition extérieure sur la façade du ministère.
> SNCF Gares & Connexions dans les gares de Bordeaux, Lille, Marseille, Paris – Gare de Lyon et Strasbourg.
• Du 23 mars au 13 mai 2017
La Villa Pérochon – Centre d’art contemporain photographique de Niort
• Du 24 mai au 11 juin 2017
Dans le cadre du festival ImageSingulières de Sète
http://www.cnap.fr/«-jeunes-generations-»

EDITION
Jeunes Générations
Editions Le Bec en L’air
224 pages
200 Photographies
22 x 27,5 cm
ISBN : 978-2-36744-110-8
28€
http://www.becair.com/livre/jeunes-generations
Disponible en librairie à compter du 4 mai 2017

Les photographes participants : Pablo Baquedano, Marie-Noëlle Boutin, Gilles Coulon, Chimène Denneulin, Claudine Doury, Gabrielle Duplantier, Guillaume Herbaut, Yohanne Lamoulère, Stéphane Lavoué, Géraldine Millo, Myr Muratet, Alexandra Pouzet et Bruno Almosnino, Lola Reboud, Klavdij Sluban, Patrice Terraz.

Sortie du livre New Faces de Stéphane Gizard

Stéphane Gizard est un photographe français qui vit et travaille à Paris. Après avoir sorti son premier livre « Modern Lovers » en 2013, il vient de publier son second ouvrage intitulé « New Faces ». Réalisée en collaboration avec de nombreuses agences de mannequins comme Elite, Success, ou encore New Madison, cette nouvelle publication a été éditée par les éditions Bizarre Publishing basé à New York.

Depuis 10 ans, parallèlement à ses collaborations avec la presse et la publicité, il photographie sans relâche une tranche d’âge (17/20 ans) qui, à ses yeux, est l’étape décisive entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte.
Pour la sortie de New Faces, la galerie parisienne Art Photo By expose Stéphane Gizard dès demain et jusqu’au 31 mai 2017. Ces images seront présentées aux côtés du travail de Claude Guillaumin avec Paris New York Vintage.

« Un new face, c’est une matière brute. Un visage et un corps que j’ai envie de modeler. L’impertinente beauté de certains, la singularité des autres et l’insolente jeunesse de chacun me font éprouver une folle envie d’arrêter le temps. Une poignée de secondes suffisent à immortaliser ces jeunes filles et ces jeunes garçons qui, dans un rapport de confiance totale, me livrent, en quelque sorte, leur intimité; car, ne nous y trompons pas, cette monographie n’est pas une accumulation de mannequins en herbe, à qui je demande de poser de façon libre ou automatisée. Il s’agit d’une vraie direction de personnages, proche de celle d’un acteur, avec des affolements, des corps cassés, des visages en souffrance ou perdus. Parfois aguicheurs, parfois sans émotions, ces corps nous parlent de notre propre jeunesse. De cet incroyable moment où tout est permis. Ce moment que nous cherchons tous à retrouver. Un éden des possibles où la nostalgie n’a pas encore sa place, où la séduction est le nerf de la guerre et d’aucuns n’imaginent un instant la violence du temps qui passe. »

INFORMATIONS PRATIQUES
• New Faces
Stéphane Gizard
Du 25 avril au 31 mai 2017
Signature de livre le 25 avril à 18h30
Art Photo By
40, rue de la Tour d’Auvergne
75009 Paris
http://www.artphotoby.com
• New Faces
Stéphane Gizard
Bizarre Publishing
http://leseditions.bigcartel.com
http://www.stephanegizard.com