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Barbican : Another kind of life ; photography on the margins

Après la rétrospective consacrée à J-M. Basquiat, le Barbican tape fort de nouveau avec sa dernière exposition “Another kind of life; photography on the margins”.

Invitation à une découverte, à une exploration, à un voyage? C’est un tour que cette exposition unique propose en réunissant 20 photographes, d’Inde au Chili, des États Unis d’Amérique au Japon, de Suisse au Nigeria. Travail de photographes, certes, depuis les années 50s. Travail de journalistes, d’artistes aussi, à la limite de l’objectivité derrière leur appareil. Artistes qui montrent, mettent à nu et révèlent un univers très (trop) souvent dissimulé de contre-cultures et de communautés vivant en marge de notre monde normé et bien ordonné. Minorités écartées par leurs différences sexuelles, d’identité physique, de race et dont la marginalisation ultime devient souffrance et fascination. Travail documentaire et artistique quelquefois emprunt de voyeurisme, d’empathie aussi, mais suscitant toujours un questionnement et des émotions fortes.
“ Another kind of life” : Un demi siècle de photos extrêmes, émouvantes, troublantes qui ne vous laissent pas repartir sans une marque, quelle qu’elle soit. Une experience riche et transformatrice.
“Another Kind of Life: Photography on the margins”
Barbican, Londres
Jusqu’au 27 mai 2018
Visuels issus du catalogue de l’exposition

A LIRE : 

Joan Jonas instaure un courant hypnotique dans toute la Tate Modern, évènement !

Pionnière de la performance et plus encore, Joan Jonas (née en 1936 à New York) est une féministe de la première heure, réévaluant les stéréotypes liés à l’image de la femme et de son corps à travers un large corpus avant-gardiste incluant des projections vidéos, dessins, enregistrements sonores, masques et accessoires.

« The stage set as an expanded sculpture » (« La scène pensée comme une sculpture augmentée »)

La Tate Modern lui consacre en partenariat avec le Haus der Kuntz de Munich une ambitieuse exposition retraçant plus de 50 ans de carrière autour d’œuvres, récentes et plus historiques, dont certaines emblématiques (dont « Mirror Pièces ») sont réactivées dans le cadre du programme novateur BMW Tate Live sur 10 jours (espace Tanks des anciens réservoirs d’huiles de la Centrale électrique, le long de la Tamise), ainsi qu’une rétrospective de ses films (auditorium Starr).
Une première donc à plus d’un titre pour celle qui a représenté son pays en 2015 à la 56ème Biennale de Venise.

Sa pratique multi disciplinaire se nourrit de ses rencontres avec les chorégraphes Trisha Brown et Yvonne Rainer dans les années 1960 ainsi que ses inspirations puisées dans le théâtre Nô japonais, les mythes et rituels des civilisations traditionnelles (folk art),la littérature et les voyages.

Une sorte d’instabilité dans ses pièces annonce la confusion post-internet bien avant son invention et inspire de nombreuses artistes telles Laure Provoust, Camille Henrot..Remixant constamment ses œuvres au gré de son histoire, elle se place du côté de la narration avec une capacité nouvelle à passer d’un medium à l’autre.
Ses réflexions sur la perception, l’espace et ses nombreuses expérimentations scéniques la placent résolument dans une période décisive de l’histoire de l’art.

A partir d’un ensemble d’objets personnels collectés durant ses voyages, d’ accessoires et de masques de scène à l’entrée du parcours, nous redécouvrons l’iconique vidéo de 1972 « Organic Honey’visual Telepathy », projet avec plusieurs variations, montré l’année suivante à Paris au musée Galliera où il est question d’une figure idéalisée de la féminité à travers son alter ego et de nombreuses photos d’artistes (parmi lesquels Babette Mangolte, Richard Serra, Peter Campus) soulignant sa place et nombreuses interventions sur la scène californienne et new yorkaise dans les années 1970.

Puis nous basculons avec l’installation « The Juniper Tree » (1976-94) dans une sorte de féérie macabre à partir d’un conte des frères Grimm illustrant cet équilibre transitoire entre ses dessins, reliques personnelles, vidéo et la performance.

L’opus évolutif « My New Theater »( de 1997 à 2006) est décisif en ce qu’il incarne chez elle le désir de pouvoir être dans plusieurs endroits à la fois à l’aide de théâtres portables vidéo qu’elle met au point à partir des principes de la camera obscura.

Créée pour la dOCUMENTA 11, « Lines in the Sand » installation-performance associée à deux vidéos, part du poème d’Hilda Doolittle « Helen in Egypt » à partir de la Guerre de Trois que Joan transpose dans un décor contemporain de Las Vegas soulignant l’impact des pouvoirs occidentaux sur la résolution d’enjeux du Moyen Orient.

Avec Wind (1968) et Reanimation (de 2010 à 2013) proposées dans le cadre du BMW Tate Live program, l’on assiste à une sorte d’épiphanie sensorielle où les éléments naturels sont convoqués (le vent et les glaciers) dans des « performances miniatures » de toute beauté.
Tournée dans les îles Lofonten, Reanimation relie l’acte du dessin à la nature dans une vison chorale où interviennent projections vidéo, sons, musique, théâtres visuels portatifs (My New Theatre). La démesure comme un signal de la gravité de la situation environnementale !

« Stream or River », « Flight » ou « Pattern » (2016-17) complètent les préoccupations de l’artiste autour des changements climatiques. Elle se bat aussi contre les traitements infligés aux animaux, très présents dans sa pratique comme un lien fondamental avec la nature humaine. Son chien qui apparaît de nombreuses fois est un personnage à lui tout seul !

Catalogue indispensable complément, co-production Tate et Haus der Kunst, Editions Julienne Lorz, 288 pages, 30 £ (qualité regrettable des illustrations )

Actuellement à la Tate Modern ne manquez pas également Modigliani et la fascinante installation Superflex dans la Turbine Hall !

INFOS PRATIQUES :
Joan Jonas
jusqu’au 5 août 2018
Tate Modern
Bankside, Londres
http://www.tate.org.uk

Eurostar, le partenaire de votre voyage lance l’opération 2 for 1 : présentez votre billet à la caisse du musée et bénéficiez de deux entrées pour le prix d’une !

Picasso, amour gloire et tragédie à la Tate Modern

Alors que le musée Picasso de Paris titrait : « Picasso 1932, année érotique », la Tate Modern de Londres partenaire de l’événement choisit un titre plus subtil aux accents shakespeariens pour résumer cette épiphanie créatrice et amoureuse (Picasso 1932-Love, Fame, Tragey,The Ey Exhibition).

En effet Marie-Thérèse Walter est la figure centrale de cette « année des merveilles » et l’on retrouve son profil et sa blondeur sur de nombreux portraits incarnant cette pulsion sexuelle qui habite et inspire le maître. Une passion tenue secrète depuis 5 ans qu’il conjugue avec la tendresse familiale d’Olga et de leur fils Paul dans sa propriété normande de Boisgeloup.

Plus d’une centaine d’œuvres réunies par la Tate autour du chef d’œuvre des collections « Femme nue dans un fauteuil rouge » apportent une nouvelle version de ce journal intime, tandis que Picasso prépare sa première exposition personnelle à la galerie Georges Petit à Paris. Alors que l’élégant hôtel Salé avoir choisi le style d’un éphéméride les vastes surfaces du white cube londonien offrent de nouvelles perspectives de lecture et de liens. Comme le déclare Nancy Ireson, directrice du département art international art et co-commissaire : « Nous sommes enthousiastes de pouvoir réunir pour la première fois en 86 ans certaines de plus grandes œuvres de Picasso, dont beaucoup rarement montrées en public. »

Après le rêve surréaliste de décembre 1931 lié à la vision de Charlotte Corday poignardant Marat dans sa baignoire, le mois de janvier coïncide avec une fièvre compulsive comme en ces 3 jours (du 22 au 24) où il signe le « Sommeil », » Repos » et le « Rêve » tout ce qui a de plus explicite (de nouveau affiche de l’exposition) présentés ensemble, ce qui est un évènement. Laurence Madeline la passionnante et passionnée commissaire à Paris insistait sur le culot de Picasso à poser un phallus sur le visage de sa jeune maîtresse ! Une métaphore de plus pour souligner la plénitude qu’il ressent et les correspondances fructueuses entre sa vie privée et son art.
Après un interlude consacré à l’atelier de Boisgeloup, lieu décisif pour ses recherches sculpturales immortalisées par le photographe Brasaï, un refuge longtemps resté secret qui vient d’ouvrir ses portes aux visiteurs, selon la volonté de son petit fils, Bernard Ruiz-Picasso. Olga y résidera plus tard tandis que Marie-Thérèse y fait quelques brèves incursions.
Le mois de mars est particulièrement fécond avec une éblouissante série de nus, dont le « Miroir » (prêt exceptionnel du MoMA) et deux natures mortes, réalisés en 12 jours seulement. Des formes lascives et alanguies pour célébrer le corps de Marie Thérèse.
Alors qu’il est au fait de sa renommée il refuse la proposition du MoMA de New York et la Biennale de Venise pour se concentrer sur Paris et la galerie Petit.
Avec 223 tableaux dont plusieurs pour l’occasion Picasso entend rivaliser avec Matisse et surprendre le visiteur dans un accrochage extrêmement dense et iconoclaste.Il n’est pas là le soir du vernissage où 2000 visiteurs se pressent et la critique ne lui est pas favorable. La présence de sa maîtresse est révélée au grand jour. La rétrospective aura un second volet à Zurich, l’occasion d’un petit voyage en famille.
Le thème de la baigneuse est repris avec les nus allongés de l’été inspirés de Marie Thérèse en maillot de bain jouant sur la place ou nageant.
Au retour de Zurich il se sent inspiré par le Retable de Mathias Grunewald et se lance dans une série de dessins autour du thème de la crucifixion, exceptionnellement réunis.
La palette peu à peu s’assombrit alors que Marie-Thérèse contracte une maladie suite à une baignade dans la Marne dont elle perdra beaucoup de son éclat. Le sauvetage et le viol peuplent dorénavant ses toiles comme un cauchemar d’enfance qui le hante suite à la diphtérie fatale de sa soeur. Une angoisse sur fond d’un climat politique menaçant en Europe avec la montée d’Hitler et de Mussolini et la guerre civile de son pays.
Une page se tourne sur cette fin dramatique qui annonce Guernica 4 ans plus tard.

Cette année de tensions et de tourments où il est à l’acmé de son potentiel donne à voir l’amplitude et la richesse de son talent. Un complément indispensable donc pour le public français et une relecture fascinante pour les anglais.

Catalogue 272 pages, 40 £ avec d’importantes contributions.

INFOS PRATIQUES :
Picasso 1932- amour gloire, tragédie
The Ey exhibition
Jusqu’au 9 septembre 2018
Tate Modern
Bankside, London SE1 9TG
Royaume-Uni
Dans le cadre de l’opération 2 FOR 1 lancée par Eurostar ce sont « 2 entrées pour le prix d’une » sur présentation de votre billet !
« must see musées » : Tate Britain, V&A, National Portrait Gallery, Royal Academy of Arts…
Tarifs : Adulte £22 / Gratuit pour les moins de 12 ans
Réserver en cliquant ici.
http://www.tate.org.uk

Barbican : Les minorités et les marginaux dans le viseur de 20 photographes internationaux

Le Centre Barbican de Londres vient d’inaugurer sa nouvelle exposition consacrée aux marginaux. Intitulée « Another Kind of Life », cette nouvelle proposition curatoriale rassemble 20 photographes des années 50 à nos jours et leur intérêt pour les minorités de toutes sortes. De la street photography, aux portraits en passant par la photographie vernaculaire et le reportage, l’exposition présente une sélection de plus de 300 images d’artistes internationaux tels que Paz Errazuriz, Pieter Hugo, Mary Ellen Mark ou encore Dayanita Singh…

Another Kind of Life suit la vie d’individus et de communautés vivants en marge de la société à travers les frontières : de l’Amérique à l’Inde en passant par le Chili ou le Nigéria…
Cette exposition révèle une vision plus diversifiée et complexe du monde, telle que perçue et capturée par les photographes.
Motivés par des convictions personnelles ou politiques, de nombreux photographes ont cherché à fournir une représentation authentique de ces communautés privées de leurs droits. Ils les ont suivi durant des mois, des années et pour certains même des décennies.

Another Kind of Life est une invitation à découvrir différentes communautés à travers les époques : des transexuels, des homosexuels, des rebelles romantiques ou des hors-la-loi… bienvenue dans le monde de ceux qui bafouent ouvertement les conventions sociales.

INFORMATIONS PRATIQUES
Another Kind of Life : Photography on the Margins
Du 28 février au 27 mai 2018
Barbican Centre
Silk St
EC2Y 8DS, London
Royaume-Uni
https://www.barbican.org.uk/whats-on/2018/event/another-kind-of-life-photography-on-the-margins

Londres : Ouverture de l’exposition Victorian Giants

La National Portrait Gallery de Londres inaugure ce jour sa nouvelle exposition intitulée Victorian Giants, The Birth of Art Photography qui rassemble des clichés de quelques pionniers de la photographie : Julia Margaret Cameron (1815–79), Lewis Carroll (1832–98), Lady Clementina Hawarden (1822–65) et Oscar Rejlander.

https://www.npg.org.uk/whatson/victorian-giants/exhibition/

Londres : Ouverture de l’exposition Deutsche Börse Photography Foundation Prize 2018

La Photographers’ Gallery, basée à Londres, inaugure aujourd’hui sa nouvelle exposition qui rassemble les finalistes de la 21ème édition du Deutsche Börse Photography Foundation Prize.
Parmi eux, Mathieu Asselin récompensé pour « Monsanto: A Photographic Investigation ».

https://thephotographersgallery.org.uk/whats-on/exhibition/deutsche-borse-photography-foundation-prize-2018

Photo London annonce son programme pour l’édition 2018

La quatrième édition de la foire internationale Photo London dévoile son programme. Ce sont 90 galeries venues du monde entier qui vous accueilleront à la Somerset House avec une section Découverte rassemblant une vingtaine de galeries et artistes émergeants. Vous pourrez également découvrir les œuvres inédites de Edward Burtynsky, lauréat « Master of Photography » de la foire, des expositions consacrées à Darren Almond, William Henry Fox Talbot et l’International Center of Photography.

La quatrième édition de la foire accueillera 101 galeries issues de 18 pays différents (Autriche, Liban, Brésil, Canada, Chine, Danemark, France, Allemagne, Hongrie, Iran, Italie, Japon, Mexique, Pays-Bas, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis).
Les galeries participant à l’édition 2018 ont été sélectionnées par un comité d’experts regroupant des curateurs et dirigé par Philippe Garner, ancien directeur chez Christie’s et directeur international des Départements « Photographie » et « Arts décoratifs du XXe Siècle et Design ». Pour la première fois cette année, un groupe de galeries participantes propose des projets spéciaux : Olivier Castaing/ School Gallery (Paris) présente une installation sur « 1968 » ; Hans P Kraus (New York) organise une exposition majeure sur l’héritage de William Henry Fox Talbot avec des tirages « vintage », présentés parallèlement à des œuvres contemporaines d’Adam Fuss, Cornelia Parker, Hiroshi Sugimoto et Vera Lutter ; et White Cube (Londres) consacre une exposition personnelle à Darren Almond.

En 2017, Photo London a inauguré son secteur Découverte, une vitrine destinée aux galeries et artistes émergents. L’édition 2018, organisée pour la deuxième fois par le curateur et conseiller artistique Tristan Lund, a pris de l’ampleur. Parmi les 22 galeries présentées dans le secteur Découverte, figurent un groupe important de galeries Londoniennes, ainsi que de nombreuses galeries internationales dont LhGWR (La Haye), Jo van de Loo (Munich), Espace JB (Genève), Kana Kawanishi (Tokyo), Almanaque (Mexico) et On Gallery (Pékin).

Prix « Master of Photography 2018 »

Photo London a annoncé le lauréat de son prix « Master of Photography 2018 », l’artiste photographe canadien, Edward Burtynsky. La pratique de Burtynsky relate avec éloquence l’impact de l’Homme sur la planète et ses images sont généralement considérées comme des documents visuels incontournables de notre époque.

Burtynsky travaille actuellement sur un projet d’une durée de cinq ans axé sur l’Anthropocène. Ce terme désigne l’époque géologique actuelle, au cours de laquelle les êtres humains ont une influence considérable sur la Terre et sur ses systèmes. Initiative multidisciplinaire avec les collaborateurs de longue date Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier, l’exposition Anthropocene réunira des images explorant des sujets variés comme l’urbanisation, l’industrialisation et l’extraction, aussi bien liées au détournement du pétrole et aux scieries du Nigeria qu’aux mines de sel de l’Oural; ces œuvres mettent en avant la sublime qualité visuelle des paysages façonnés par l’Homme mais aussi la réalité inquiétante de l’épuisement considérable des ressources.

INFORMATIONS PRATIQUES
Photo London 2018
Du 17 au 20 mai 2018
Somerset House, Strand
Londres WC2R 1LA
Angleterre
http://photolondon.org