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Rencontre avec Guillaume Piens, Commissaire général d’Art Paris Art Fair

La vingtième édition d’Art Paris Art Fair ouvre ses portes aux professionnels dès demain, pour l’occasion, nous avons rencontré Guillaume Piens, le commissaire général de l’une des plus importantes foires d’art contemporain parisiennes.

Mowwgli : Les 20 ans d’Art Paris Art Fair, une date symbolique, un regard subjectif à travers 20 artistes. En quoi le profil de François Piron rejoignait vos objectifs, comment la sélection s’est-elle opérée ?

Guillaume Piens : A l’occasion des 20 ans d’Art Paris Art Fair, dont la vocation d’origine était de soutenir le marché de l’art français, nous avons développé la thématique de ce regard subjectif sur la scène française avec une sélection de 20 artistes parmi les projets des galeries participantes opérée par le commissaire d’expositions et critique d’art François Piron.

Nous avons choisi François Piron pour son indépendance de propos, sa capacité d’analyse et son intérêt pour les artistes francs-tireurs ou en marge des mouvements dominants qui correspond bien à l’esprit de découverte ou de redécouverte d’Art Paris Art Fair.

François Piron a en effet écrit à notre demande un texte d’analyse de fond sur les 20 artistes sélectionnés avec l’idée  de produire une cartographie plus complexe et plus diversifiée de la scène française au-delà des narrations instituées.

Pour la sélection, il y a eu tout d’abord un travail de recherche qui s’est porté sur des artistes singuliers, inclassables et en marge des mouvements dominants des années 1960 à nos jours, suivi de rendez –vous dans les galeries pour les convaincre de participer au projet.

Nous sommes très heureux du résultat qui met l’accent sur des figures à redécouvrir comme Frédéric Pardo à la Galerie Loevenbruck, le dandy du Paris psychédélique des années 1970,  ou Hessie à la Galerie Arnaud Lefebvre, femme de couleur et immigrée, précurseur dans les années 1970 d’un art féministe, ou sur des découvertes comme Vincent Gicquel, jeune artiste présenté en solo show par la Galerie Thomas Bernard Cortex Athletico.

Mowwgli : Quelle vision avez-vous sur la scène française en terme de visibilité internationale et stratégie des artistes ?

G. P. : On le sait, les artistes Français manquent de visibilité à l’international car ils ne sont pas assez soutenus, contrairement à d’autres pays, par leurs propres collectionneurs et institutions. Il a fallu attendre vingt ans après sa disparition pour que César obtienne une rétrospective au Centre Pompidou. Cependant des éclaircies se dessinent. Les artistes français étaient à l’honneur à New York en mars dernier avec une rétrospective de François Morellet à la DIA art foundation, Parmentier à la Galerie Ortuzar projects, et Martin Barré à la très influente Matthew Marks, sans parler de l’ouverture de la nouvelle galerie d’Emmanuel Perrotin dans le Lower East side avec une grande exposition de Jean-Michel Othoniel. Effet Macron ou pas, il  y a un regain d’intérêt au niveau international pour la France avec un nouveau paysage institutionnel dynamique qui se dessine pour Paris dominé par l’initiative privée (ouverture en Mars de la Fondation Lafayette Anticipations qui sera suivie en 2019 par celle de Fondation Pinault à la Bourse du commerce).

Mowwgli : Pays à l’honneur la Suisse avec une forte densité de réseaux culturels et qualité de l’offre : Quelles composantes a souhaité mettre en avant Karine Tissot dans son « Panorama » ?

La Suisse est à l’origine de certains des courants artistiques et des créateurs les plus singuliers du XXème et XXIème siècle.

Entre goût de l’épure et humour décalé, la scène artistique suisse est prolifique et diverse à l’image d’un pays à la croisée de différentes traditions et cultures européennes. C’est également une scène très décentralisée où chaque ville, de Zurich à Bâle, de Genève à Bern, cultive son autonomie et sa différence.

Outre la présence d’une centaine d’artistes, de différentes générations, représentés aussi bien par des galeries suisses qu’européennes, le programme vidéo, conçu par la commissaire invitée Karine Tissot, privilégie les femmes artistes suisses, l’apparition de ce nouveau médium dans les années 1970 coïncidant avec le suffrage féminin introduit au niveau fédéral en février 1971. De même les projections numériques sur la façade mettent en avant une génération d’artistes très innovante comme Camille Scherrer, Alan Bogana, Yves Netzhammer. Trois artistes qui représentent, par leur origine, trois régions culturelles différentes de la Suisse (Camille Scherrer pour la Suisse romande, Alan Bogana la Suisse italienne, Yves Netzhammer la Suisse alémanique).

En écho aux pratiques in-situ très prisées par les artistes suisses contemporains, les murs monumentaux nord et sud de la nef accueilleront quatre compositions murales all over conçues spécifiquement pour la foire dont un projet photo-mural de Christoph Rüttimann présenté par Mai 36 Galerie. Enfin, la Suisse étant le pays en Europe qui compte la plus grande densité de collections et de fondations, Karine  Tissot a invité la Collection d’Art Helvetia, collection exclusivement axée sur les artistes helvètes avec plus de 1 700 œuvres. L’exposition « Panorama », conçue par Karine Tissot se concentre sur ses dernières acquisitions et une quarantaine d’artistes peu connus en France. Elle raconte en trois volets l’importance dans l’art suisse de la ligne et du dessin, la relation au paysage.

Mowwgli : Promesses, et le Prix « l’art est vivant, promesses » : Quels phénomènes observez-vous en terme d’émergence depuis la création de ce secteur ?

G. P. : Il y a aujourd’hui  une mondialité de l’art. Les artistes viennent de tous horizons et de territoires de plus en plus lointains. Le secteur Promesses met en avant des scènes peu représentées à Paris comme ce fut le cas en 2017 avec des galeries venant d’Angola, de Lagos ou  de Bogota.

Concernant les artistes, leur pratique est de plus en plus interdisciplinaire. Je constate un retour au métier ; le dessin, la peinture, la céramique ou le textile par exemple. Beaucoup abordent les questions liées à l’identité et à l’appartenance, la relation au corps et à l’intimité, la mémoire et les oublis de l’histoire dans une société de l’information dominée par la vitesse et le présent, la relation à l’urbain et la destruction du paysage.

Mowwgli : Quelles sont les clés de la réussite d’Art Paris Art Fair, en ce printemps des arts parisiens et comment voyez-vous l’avenir ?

G. P. : La principale réussite d’Art Paris Art Fair est d’avoir aujourd’hui une identité bien particulière : promouvoir les nouveaux horizons de la création internationale, explorer les scènes peu ou rarement représentés à Paris,  soutenir la création française et européenne de l’après-guerre à nos jours, être une foire accessible aux passionnés d’art moderne et contemporain.

Sa réussite s’appuie aussi le travail acharné d’une équipe motivée d’une dizaine de personnes qui travaillent à l’année et que je tiens à saluer.

Depuis sa refonte complète en 2012 avec une nouvelle direction artistique et stratégique, Art Paris Art Fair est devenu le rendez vous incontournable pour l’art moderne et contemporain au printemps. La vingtième édition s’annonce des plus réjouissantes !

INFORMATIONS PRATIQUES
Art Paris Art Fair 
Du 5 au 8 avril 2018
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://artparis.com
Mowwgli est partenaire média de l’événement.

Ephéméride (1882) : Jesse James est abattu

Le 3 avril 1882, l’ennemi public numéro un, Jesse James est abattu par un jeune homme du nom de Bob Ford pour toucher les 10 000 dollars de récompense.
Dernièrement un britannique, Justin Whiting, a acheté une photo de Jesse James sur Ebay pour un montant de 8€. Sur le cliché, on voit le jeune homme alors âgé de 14 ans. Après avoir fait expertiser le cliché, le britannique apprend avec stupeur que la valeur estimée de cette photographie rarissime attend presque les deux millions d’euros !

On n’a pas tous les jours vingt ans !

ArtParis ArtFair célèbre ses vingt ans et s’impose au fil des éditions dans le paysage surconcurrentiel des foires. Avec près de 55 000 visiteurs l’an passé qui mettait en lumière le contient africain, la foire met cette année la Suisse à l’honneur. La proposition de la commissaire Karine Tissot présente une scène artistique dynamique, à l’image de ce pays à la croisée des différentes traditions et cultures européennes. Et cette année, c’est la large place faite aux solo show qui attire l’attention: 35 seront consacrés à des artistes modernes et contemporains, un parcours privilégié afin d’appréhender le travail d’un artiste, pénétrer au coeur de sa création.

Dès mercredi l’équipe de Mowwgli se mobilise toute la semaine pour extraire le meilleur parmi les 140 galeries installées au Grand Palais.

Cette semaine également, nous accueillons Carine Dolek, l’une des fondatrices du festival photographique Circulation(s) qui n’en finit pas de monter.

Bonne semaine de découvertes à tous !

Visuel : Todd Hido présenté à la Galerie Particulière / Galerie Foucher-Biousse
http://www.artparis.com/fr/gallery/195

Drawing Now 2018, un bilan haut la main !

Nouveauté et découverte, une édition qui fait l’unanimité : exposants et visiteurs s’accordent sur le fait que cette 12e édition est la meilleure à ce jour ! +10% de collectionneurs présents et une forte re-mobilisation des groupes de visite.

Fréquentation :

Cette édition 2018 compte +10% d’acheteurs (collectionneurs, centre d’art et professionnels) et +10% d’amateurs –
curieux, soit près de 20 000 visiteurs cette année, malgré les grèves.
Institutions françaises et internationales au rendez-vous, collectionneurs et personnalités du monde de l’art se sont également pressés nombreux, de plus en plus de collectionneurs américains et leurs institutions ont également été identifiés, des groupes de collectionneurs français, suisses et russes, des groupes d’amis et de mécènes.

Ventes :

Le parcours Master Now a généré un réel succès et nombre satisfaisant de transactions :
• la Galerie Martel a réalisé de belles ventes avec une oeuvre de Art Spiegelman cédée à 45 000€ et une de Tomi Ungerer à 25 000€
• la Galerie Jean Fournier a notamment vendu un Pierre Buraglio à 17 000€
• la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois a vendu plus d’une trentaine de dessins de l’artiste iranien Peybak pour une fourchette de prix allant de 900 à 13 000€.
• la Galerie Papillon a vendu plusieurs oeuvres pour des prix allant jusqu’à 9 500€
• Maus Contemporary a cédé son Master Now, une oeuvre de Barbara & Michael Leisgen pour 26 000€
• la galerie particulière, Galerie Biousse-Foucher a entre autre cédé une oeuvre d’Ethan Murrow à 18 000€ et une de Mathieu Dufois à 12 000€.
• notons que parmi ses nombreuses ventes, la galerie christian berst art brut a vendu 5 dessins (17 000€ chaque) de l’artiste croate Janko Domsic, présenté en focus sur son stand.

Le Prix :

Le Prix DRAWING NOW 2018 a été remis à l’artiste Michail Michailov, présenté sur le stand de la Galerie Projektraum
Viktor Bucher (Secteur Process), en présence des membres du comité de sélection.

Rendez-vous pour la 13e édition du 28 au 31 mars 2019 !

http://drawingnowparis.com

J-8 : Art Paris Art Fair, remportez des invitations !

Cette année Art Paris Art Fair fête ses 20 ans ! A l’occasion de cette édition anniversaire, Mowwgli, partenaire de l’événement, vous offre 8 invitations coupe file* d’une valeur de 25€. Du 5 au 8 avril 2018, la foire réunit 142 galeries de 23 pays au Grand Palais. Le pays à l’honneur de cette nouvelle édition sera la Suisse.

JEU CLOTURE : *Pour participez, envoyez-nous un email à info@mowwgli.com. Les 8 premiers lecteurs à répondre recevront l’invitation numérique par retour d’email.

Foire généraliste ouverte à toutes les formes d’expression y compris la vidéo et le design, Art Paris Art Fair se caractérise par son approche thématique qui met l’accent sur la découverte ou la redécouverte :

Un regard sur la scène française : un choix de 20 artistes pour les 20 ans d’Art Paris Art Fair par François Piron, commissaire d’exposition et critique d’art.

Pour ses 20 ans et en écho à sa vocation d’origine de soutien au marché de l’art français, Art Paris Art Fair a demandé au commissaire d’expositions et critique d’art François Piron de porter un regard subjectif sur la scène française en opérant une sélection de 20 artistes parmi les projets des galeries participantes et en produisant un texte d’analyse de fond. Ce choix met en avant des figures singulières des années 1960 à nos jours qui se sont tenues en indépendance, voire en marge de l’histoire dominante et dont le travail mérite aujourd’hui une relecture et une plus grande visibilité.

La Suisse à l’honneur

Art Paris Art Fair a forgé sa réputation en ouvrant le champ de l’art et en explorant des scènes étrangères. Après l’Afrique, la Suisse est l’invité d’honneur de l’édition 2018. Entre goût de l’épure et humour décalé, la scène artistique suisse est prolifique et diverse à l’image d’un pays à la croisée de différentes traditions et cultures européennes. Confiée à Karine Tissot, historienne de l’art et commissaire d’exposition, cette invitation s’attachera à promouvoir la richesse et la diversité de la scène helvète à travers un riche programme.

Promesses, le soutien aux jeunes galeries et à la création émergente

Réservé aux enseignes de moins de six ans d’existence, le secteur Promesses met en avant 12 galeries prometteuses invitées à présenter un maximum de trois artistes. Le Prix l’art est vivant, Promesses viendra récompenser à un moment clé de sa carrière un jeune talent représenté par les galeries de ce secteur dédié à la création émergente.

Solo Show : 35 expositions monographiques d’artistes modernes et contemporains

L’exposition monographique est un moment privilégié dans le parcours d’un artiste, favorisant la meilleure connaissance de son travail et par-delà, sa reconnaissance. Depuis 2015, Art Paris Art Fair encourage la présentation d’expositions monographiques disséminées au sein de la foire. La 20ème édition se distingue par un nombre record de 35 solo show consacrés à des artistes modernes et contemporains.

À Paris au printemps

Un vent de renouveau souffle sur la France et Paris qui s’affirme plus que jamais comme une capitale mondiale de l’art. Le parcours VIP « A Paris au printemps », conçu en collaboration avec les institutions parisiennes pour les professionnels de l’art et collectionneurs invités, témoigne de l’effervescence de la scène artistique de la ville lumière en avril.

Rendre accessible l’art contemporain

Art Paris Art Fair a pour vocation de rendre accessible l’art contemporain à un public élargi. Quelques 80 visites « décryptage » sont organisées avec l’Observatoire de l’art contemporain. Des outils spécifiques sont mis à disposition du public, en particulier le site internet avec la visite virtuelle de la foire, et ses filtres de recherche par artiste, ordre de prix, origine géographique, technique…Les flyers de présentation pour chaque galerie permettent aux visiteurs de s’informer et de naviguer aisément dans la foire.

INFORMATIONS PRATIQUES
Art Paris Art Fair
Du 5 au 8 avril 2018
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.artparis.com
Prix d’entrée
Plein tarif : 25€
/!\ Les invitations à gagner sont valables le jeudi de 11h30 à 20h et le vendredi de 11h30 à 21h
Tarif pour les étudiants et groupes (à partir de 10 personnes) : 12€
Gratuit, moins de 10 ans

Art Capital. Plus de 2000 artistes investissent la nef du Grand Palais

A l’heure des carnavals, ce sont plus de 2000 artistes qui se réunissent sous la grande verrière du Grand Palais pour une grande fête de 4 jours à l’occasion d’Art Capital.

Depuis 2006, Art Capital est le plus grand rassemblement de la communauté artistique française et internationale. Inscrit dans la tradition historique des salons artistiques, Art Capital est né de l’union de plusieurs salons : Le Salon des Artistes Français (né en 1667), le Salon des Indépendants (né en 1884), le Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau (né en 1954) et le Salon Comparaisons (né en 1956 de la confrontation entre figuration et abstraction).

Ces 4 salons racontent aussi une partie de l’histoire de l’art en France,  du plus ancien le Salon des Artistes français, créé par Colbert sous l’impulsion de Louis XIV, aux suivants ayant été crées par des courants artistiques délaissés ou refusés par les modes ou les institutions de l’époque. Chacun ayant présentés de grands noms comme David, Delacroix, Manet, Matisse, Dali, Giacometti…

Contrairement à l’atmosphère luxe et très marchande de la Fiac ou de Paris Photo, il semble régner ici un vent de liberté, une ambiance plus décontractée de la part des artistes, fiers de venir présenter eux-mêmes leur travail  sous la verrière de ce lieu prestigieux et des visiteurs curieux, enthousiastes, passionnés. Les discussions vont bon train. Des rires éclatent. Un esprit de fête réchauffe le glacial Palais en cette période hivernale.

Voici un petit focus sur les deux précurseurs.

Le Salon des Artistes Français, l’historique

Il est le premier salon du genre en France et vit aujourd’hui, rien de moins que,  sa 228e édition. Incroyable longévité ! Martine Delaleuf, présidente du salon,  propose une déambulation dans l’esprit des salons au XIXe siècle qui présente plus de 600 artistes contemporains venant de 30 pays sélectionnés et répartis en 5 sections différentes (peinture, sculpture, gravure, architecture et photographie). L’invité d’honneur de cette édition est l’Ecole des Beaux Arts Hongrois qui a sélectionné 13 artistes présentés dans un espace dédié. Pour la première fois depuis sa création, le salon propose à son public un programme de visites guidées. Autre nouveauté, cette année le salon bouscule les codes et présente une exposition Street-art en collaboration avec Spray Collection. Un jury fait chaque année le tour des allées et décerne (ou pas ) des prix honorant certains artistes.

Parmi les choses les plus intéressantes je peux citer : Les trois grandes et étranges photographiques de Samir Tlatli. Patricia Borges et ses photographies façon collages sur plaques d’aluminium. Un paravent géant de Volodia Popov-Massiaguine. Ghazal Taghizadeh, et sa madone à l’heure des nouvelles technologies. Christophe Beraet et ses personnages très contemporains. Marion Six et l’une de ses « humeurs N°25 ». Jeong Kil LIM et ses ambiances urbaines. Les faux billets, avec ses amis les bêtes, de Limkis

Le Salon des Indépendants, le rebelle

Pas de sélection, pas de prix, pas de jury en est le principe. Pour ce salon, le seul jury est le public. Une grande liberté affirmée et affichée.  Le salon des Indépendants s’inscrit dans l’adn du « Salon des Refusés » qui permit notamment à Manet de présenter son « déjeuner sur l’herbe » et souhaite retrouver une nouvelle impulsion. Comme le signale Lyliane Merit, présidente du salon depuis 2 ans : « Je souhaite inscrire le salon dans son histoire. C’est pourquoi cette année nous avons mis en place un espace qui commémore les immenses signatures qui ont fait l’histoire de ce salon. Mais je veux également que le salon soit installé dans notre époque. Nous l’ouvrons à l’international avec une volonté de mixité de générations, de cultures, de médiums. Nous présentons plus de 550 artistes soit une centaine de plus que l’an dernier. »

Comme son nom l’indique, ce salon est ouvert aux artistes qui n’ont pas encore de galerie. Certains sont venus en associations et délégations afin d’avoir une meilleure synergie dans leur promotion et diffusion (avec notamment des traducteurs pour certains artistes étrangers). Une mini galerie de petits formats a également été mise en place afin de permettre un accès à de tout petits prix. Grâce à un nouveau partenariat avec l’IESA, l’école des métiers d’art et de la culture, les équipes du Salon des Indépendants et une équipe d’une trentaine de jeunes étudiants, assistés de leur responsables pédagogiques, proposent un programme de visites et de médiation auprès des publics (visiteurs et collectionneurs) pendant les 4 jours.

Parmi mes coups de cœur : Jasper CAI, un artiste taïwanais qui présente 2 œuvres imposantes ; des toiles de juste en relief recouvertes d’une centaine de couches de laque. Du meilleur effet. Juste à coté une autre artiste Cheng San KUO propose une très beau « Chinese landscape » proche de l’abstraction. Les sculptures du groupe Art’titudes Plurielles et notamment « le cercle de pierre » de Marc Mugnier. Les œuvres de papier de LEE Chayoung sont très impressionnantes. Les tôles en inox ou aluminium de Marikita Manopoulou perturbent le regard et semblent vivantes. « La Mère priant pour sa fille » de Woo Kyung Jeong. Une photographie sur bâche « Reliquaire 23 » de Jean-Paul Fermet.  Les effets hypnotiques  de « résonnances végétales, suite» en plexiglas d’Eric Beauplace…

N’oublions pas Comparaisons qui propose ,sous le commissariat d’un artiste, 28 groupes correspondants à autant de sensibilités ou de tendances de l’art actuel. Quelques œuvres du groupe Japon, du groupe Constructivisme ou du groupe Sculpture Plurielle sont des pièces remarquables. Enfin, Dessins & Peinture à l’eau propose également une très grande quantité d’œuvres de qualité

Avec ses quatre salons, le Grand Palais s’est transformé en un joyeux labyrinthe artistique. Pas vraiment de frontières entre les salons. Tous les styles s’y mêlent allègrement.  Et cet ensemble, peut-être un peu trop dense, fait que l’on peut passer à coté d’artistes intéressants. Par son absence volontaire de discours politiques ou de sujets « touchy !», on peut aussi regretter le coté très consensuel de l’ensemble d’Art Capital.

ART CAPITAL
> Salon des Artistes Français
> Salon des Artistes Indépendants
> Comparaisons
> Dessins & Peintures à l’eau
Du 14 février au 18 février 2018
Au Grand Palais
Avenue Churchill
75008 Paris
https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/art-capital-2018

Photo London annonce son programme pour l’édition 2018

La quatrième édition de la foire internationale Photo London dévoile son programme. Ce sont 90 galeries venues du monde entier qui vous accueilleront à la Somerset House avec une section Découverte rassemblant une vingtaine de galeries et artistes émergeants. Vous pourrez également découvrir les œuvres inédites de Edward Burtynsky, lauréat « Master of Photography » de la foire, des expositions consacrées à Darren Almond, William Henry Fox Talbot et l’International Center of Photography.

La quatrième édition de la foire accueillera 101 galeries issues de 18 pays différents (Autriche, Liban, Brésil, Canada, Chine, Danemark, France, Allemagne, Hongrie, Iran, Italie, Japon, Mexique, Pays-Bas, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis).
Les galeries participant à l’édition 2018 ont été sélectionnées par un comité d’experts regroupant des curateurs et dirigé par Philippe Garner, ancien directeur chez Christie’s et directeur international des Départements « Photographie » et « Arts décoratifs du XXe Siècle et Design ». Pour la première fois cette année, un groupe de galeries participantes propose des projets spéciaux : Olivier Castaing/ School Gallery (Paris) présente une installation sur « 1968 » ; Hans P Kraus (New York) organise une exposition majeure sur l’héritage de William Henry Fox Talbot avec des tirages « vintage », présentés parallèlement à des œuvres contemporaines d’Adam Fuss, Cornelia Parker, Hiroshi Sugimoto et Vera Lutter ; et White Cube (Londres) consacre une exposition personnelle à Darren Almond.

En 2017, Photo London a inauguré son secteur Découverte, une vitrine destinée aux galeries et artistes émergents. L’édition 2018, organisée pour la deuxième fois par le curateur et conseiller artistique Tristan Lund, a pris de l’ampleur. Parmi les 22 galeries présentées dans le secteur Découverte, figurent un groupe important de galeries Londoniennes, ainsi que de nombreuses galeries internationales dont LhGWR (La Haye), Jo van de Loo (Munich), Espace JB (Genève), Kana Kawanishi (Tokyo), Almanaque (Mexico) et On Gallery (Pékin).

Prix « Master of Photography 2018 »

Photo London a annoncé le lauréat de son prix « Master of Photography 2018 », l’artiste photographe canadien, Edward Burtynsky. La pratique de Burtynsky relate avec éloquence l’impact de l’Homme sur la planète et ses images sont généralement considérées comme des documents visuels incontournables de notre époque.

Burtynsky travaille actuellement sur un projet d’une durée de cinq ans axé sur l’Anthropocène. Ce terme désigne l’époque géologique actuelle, au cours de laquelle les êtres humains ont une influence considérable sur la Terre et sur ses systèmes. Initiative multidisciplinaire avec les collaborateurs de longue date Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier, l’exposition Anthropocene réunira des images explorant des sujets variés comme l’urbanisation, l’industrialisation et l’extraction, aussi bien liées au détournement du pétrole et aux scieries du Nigeria qu’aux mines de sel de l’Oural; ces œuvres mettent en avant la sublime qualité visuelle des paysages façonnés par l’Homme mais aussi la réalité inquiétante de l’épuisement considérable des ressources.

INFORMATIONS PRATIQUES
Photo London 2018
Du 17 au 20 mai 2018
Somerset House, Strand
Londres WC2R 1LA
Angleterre
http://photolondon.org

Galeristes en 10 coups de cœur !

Un bon cru pour cette 2ème édition où l’on retrouve les fondamentaux de Galeristes dans un état d’esprit coloré, convivial et comestible avec les arbres à fruits de Dorothée Seltz, ce qui fait du bien en ces froides journées de décembre.
Scénographie épurée qui permet les rebonds visuels et une certaine fluidité entre les stands, équipes ultra mobilisées (les galeries sont accompagnées de rapporteurs), le ton est donné pour favoriser des rencontres de proximité dans la durée, selon l’ADN de la foire impulsé par Stéphane Corréard.

L’on distingue notamment :

Pascal Convert en dialogue avec Gabrielle Wambaugh, Eric Dupont galerie
On connaît l’engouement actuel pour la céramique et Gabrielle Wambaugh, sculpteur dont j’apprécie à la cité de la céramique à Sèvres à chacune de mes visites l’utilisation du grès rapprochée du « Livre XII, Verre à original perdu » de Pascal Convert et « souche de Verdun vitrifiée » résonne particulièrement. En plus du projet du Bamiyan très fort, l’évocation de la destruction de la matière à partir du procédé de cristallisation au livre perdu dans sa radicalité, convoque la mémoire de toutes ces bibliothèques immolées par les états totalitaires. L’expérimentation réalisée avec un verrier renvoie aux quêtes de Gabrielle autour des matériaux.

Mircea Cantor et Dove Allouche, éditions Dilecta
Maison d’édition et lieu d’exposition dans le haut marais, Dilecta propose la superbe série « Sunflower »de Dove qui de livre toujours à de nouvelles expérimentations balaye des feuilles de Cibachrome d’argent et d’étain. Mircea Cantor, lauréat du prix Marcel Duchamp 2011, embrasse une pluralité de mediums avec une passion pour le motif. Ici ces corps enlacés croqués avec une certaine tendresse.

John M Armleder & Morgane Tschiember chez Loevenbruck
Ces œuvres en céramique ont été réalisées au Cercco, le Centre d’expérimentation et de réalisation en céramique contemporaine de la Haute École d’art et de design – Genève (HEAD), dans le cadre de NUOVE//Residency, résidence au cours de laquelle Morgane s’est lancée dans l’expérimentation de la céramique. John M Armleder, internationalement connu lui a exploré la couleur à partir de sa série de peintures « coulures ». Le cycle « en affinités » lancé par la galerie permet ce dialogue entre des artistes de contexte différent, réunis ici autour de ces moulages cuits par paires qui sortent du four avec des formes aléatoires.

Przemek Pyszczek galerie Derouillon
Né en Pologne communiste, Przemek Pyszczek émigre au Canada avant d’y retourner dans les années 80 passionné par le modernisme architectural polonais qu’il documente dans ses œuvres et saisi peut-être d’une sorte d’ostalgie pour cette époque incorpore ces façades aux formes colores et géométriques qui renvoient aussi aux ères de jeux de l’époque communiste. Mémoire réelle ou fantasmée, ses œuvres portent une certaine ambiguité.

Raphaël Denis, galerie Sator
La galerie Sator a construit une vraie proposition curatée autour de la notion de frontière avec le projet fascinant de Yevgeniy Fiks autour de la vente historique d’une partie des collections du musée de l’Ermitage aux Etats-Unis en 1929 aux côtés des drapeaux lestés de plomb de Raphaël Denis, Eric Manigaud autour des manifestations algériennes de 1961 à Paris ou Gabriel Léger et le disque de cire gravé reprenant la 5ème de Beethoven. Ce sont les toutes dernières œuvres de Raphaël Denis « Géographie »où il redessine la carte et le territoire.

Thomas Lévy-Lasne, Courtesy BACKSLASH
En parallèle à ses séries sur la fête et détails savoureux sur nos vies contemporaines, Thomas Lévy-Lasne rend hommage à la grande peinture de paysage avec l’aube ou le crépuscule. Dans ce « bord de Village » l’on sent une atmosphère très magritienne.
Il sera bientôt au Centre Pompidou dans le cadre de Hors Piste avec le court-métrage « Le collectionneur ».

Leo Dorfner, Galerie Gastaud
Directeur artistique du magazine Branded, diplômé des Beaux Arts de Paris, Leo Dorfner influencé autant par la BD que le rock’, les photo montages dadaïtes que de polaroïd glanés sur le net, pratique l’art du fragment comme autant de tatouages formels et romantiques.

Agathe May, galerie Catherine Putman
Lauréate du Prix de Gravure Mario Avati-Académie des Beaux Arts, l’artiste dissèque nos reliquats avec ces titres coup de poing « mourir oui mais en technicolor » ou « après nous le déluge ». Ainsi de ses natures mortes de nos détritus qui envahissent la terre ou les océans, Agathe May entre en résistance par la seule force de la gravure.

Maxime Duveau et Charles Sanchez, Espace à Vendre
Les fusains de Maxime Duveau à la rencontre de la résine de voiture de Charles Sanchez , tous deux diplômés de la Villa Arson.
Réalisant ses dessins à partir de ses photographies prises lors de voyages en Californie, ces quartiers de Los Angeles aujourd’hui dévastés par les flammes risquent de devenir iconiques. Utilisant des graffiti ou du papier froissé il malmène, superpose, efface, comme le serait l’empreinte de la mémoire.
Charles Sanchez a un geste radical sur sa carcasse de voiture à qui il redonne une noblesse poétique, sorte de bricoleur fou qui flirte avec le danger.

Pablo Tomek, galerie Christophe Gaillard​
Révélé dans le cadre du Lasco Project du Palais de Tokyo, le graffeur détourne les codes des ouvriers des chantiers (badigeonnage au blanc de Meudon) qu’il couple avec une approche expressionniste abstraite. D’origine sauvage et illégale (collectif PAL), sa pratique entre à présent au musée.

INFOS PRATIQUES :
Ce soir c’est apéro avec les artistes !
• Accès professionnel – Vendredi 8 décembre de 11h à 18h
• Samedi 9 et dimanche 10 décembre de 11h à 13h
Plein tarif 10 euros
Tarif réduit 5 euros
Carreau du Temple
4 Rue Eugène Spuller
75003 Paris
http://galeristes.fr/

Jean-Michel Fauquet rejoint la Galerie Particulière

© Jean-Michel FAUQUET, Sans titre. 2012. / Galerie Particulière

La Galerie Particulière basée à Paris et à Bruxelles accueille un nouvel artiste, il s’agit de Jean-Michel Fauquet, un photographe français de 67 ans.
Ses travaux résultent de procédures très distinctes qui font appel au dessin et à la sculpture et donnent lieu à des photographies proches de l’estampe. Il s’agit essentiellement d’un travail d’atelier où le sujet fabriqué à partir de matériaux pauvres est un prétexte qui suscite chez le spectateur un récit que celui-ci élabore à partir de sa propre mémoire et de son imaginaire.

La Galerie Particulière
16 & 11 rue du perche 75003 Paris – France
Place du chatelain, 14 – 1050 Bruxelles – Belgique
www.lagalerieparticuliere.com

Coup de Cœur AKAA : Rachel Monosov et Admire Kamudzengerere

Rachel Monosov et Admire Kamudzengerere où la confrontation des différences culturelles

Mon deuxième coup de coeur à AKAA, la foire d’art contemporain et de design africain, est pour le travail du couple d’artistes Rachel Monosov & Admire Kamudzengerere.  J’ai découvert pour la première fois le travail de ces artistes lors de la pré-ouverture du programme de résidence d’artiste de Thalie Art Foundation.

Rachel Monosov présentait la très belle performance « Transcultural Protocole », en collaboration avec Admire Kamudzengerere, artiste zimbabwéen. Transcultural Protocole a été présenté cette année à la biennale de Venise au Pavillon du Zimbabwé. C’est une performance dansée qui confronte les différences culturelles par des mouvements et des gestes qui semblent à la fois familier and étranges, forts et faibles, agressifs et aimants.

« 1972 » le travail présenté par la galerie Catinca Tabacaru (New York) à AKAA interroge notre mémoire et la manière dont elle modifie le passé pour qu’il soit acceptable dans le monde d’aujourd’hui. Il s’agit d’un reportage, d’un album de famille fictif qui aurait été réalisé en 1972. 1972 est l’année qui a vu la Rhodésie gagner son indépendance mais c’est aussi le début de 7 années de guerre civile. L’album de cette famille très conventionnelle se déroule donc dans un passé idéalisé où un couple mixte se rencontre (le mariage inter racial était alors illégal), se marie, élève des enfants dans un monde presque parfait. Rachel Monosov et Admire Kamudzengerere créent ainsi une fiction utopique du passé qui n’a jamais pu exister.

INFORMATIONS PRATIQUES
AKAA – Salon d’art contemporain et de design d’Afrique
Le Carreau du Temple
4 rue Eugène Spuller
75003 Paris
http://www.akaafair.com/