Archives par mot-clé : Master of Photography

Né un 22 août : Henri Cartier-Bresson

Si vous êtes né(e) un 22 août, vous partagez votre date d’anniversaire avec Henri Cartier-Bresson (1908 – 2004). Le célèbre photographe français et père de l’agence Magnum nous quittait le 3 août 2004 à l’âge de 95 ans. Ses photographies sont actuellement visibles au Lu.C.C.A. Museum (HCB in America), au KUK Monschau (Europeans) ou encore Fort de Bard en Italie (avec Landcapes).

Les Américains de Robert Frank réédité chez Delpire

A l’occasion des 60 ans de la première publication du livre « Les Américains » de Robert Frank, les éditions Delpire viennent de rééditer l’ouvrage culte ! Car si il y a un livre qui aura marqué l’histoire de la photographie, c’est sans aucun doute celui ci, « Les Américains » fait naître une nouvelle iconographie qui aura marqué des générations de photographes…

« Je désire réaliser un document contemporain authentique, dont l’impact visuel soit tel qu’il se passe d’un quelconque commentaire » – Robert Frank

C’est en 1947, que le photographe suisse Robert Frank s’installe à New York. Au milieu des années 50, il décide de sillonner les Etats-Unis en famille, armé de son appareil photo. Son itinéraire est laissé au hasard des routes et des chemins, c’est ainsi qu’il traverse 30 états et photographie ceux qui croiseront sa route. En 13 mois, il aura réalisé presque 27 000 clichés, loin de l’image du rêve américain, il immortalise une réalité bien plus brute. A son retour, il propose ce reportage pas comme les autres, à la presse. Notamment à Life, qui refusera de le publier. Robert Delpire décide d’éditer l’ouvrage historique en 1958, soit deux ans après le retour du périple de Robert Frank. Le livre sort dans une indifférence la plus totale, il est même jugé triste, pervers, voire subversif… En 1959, « Les Américains » est publié en anglais par Grove Press, mais l’édition rencontre une hostilité profonde et se voit critiquer d’antiaméricanisme. En 1961, sa série tant décriée sera exposée pour la première fois au Art Institute of Chicago, les années 60 participeront à l’évolution des mentalités et l’ouvrage deviendra progressivement un « classique » de la photographie.

Cette nouvelle réédition a été revue et corrigée par Robert Frank lui-même, qui se rapproche d’avantage à l’édition américaine.

INFORMATIONS PRATIQUES
Les Américains
Robert Frank
Delpire
Introduction : Jack Kerouac (nouvelle traduction de Brice Matthieussent) Relié toilé avec jaquette
Format : 20,9 x 18,4 cm
84 photographies en noir et blanc
180pages
35€

EXPOSITIONS EN COURS & A VENIR
• Sidelines
Robert Frank
Du 2 juillet 2018 au 23 septembre 2018
Les Rencontres d’Arles
Espace Van Gogh
13200 Arles
http://rencontres-arles.com
• Les Américains
Robert Frank
Du 22 septembre 2018 au 20 janvier 2019
Musée de la Photographie. Centre d´art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles
11 Avenue Paul Pastur
6032, Mont-sur-Marchienne
http://www.museephoto.be

La Réouverture de la Fondation Henri Cartier-Bresson dans le marais, prévue pour cet automne

Inaugurée en 2003, la Fondation Henri Cartier-Bresson était située dans le 14ème arrondissement de Paris. Chaque année, nous pouvions découvrir trois grandes expositions consacrées à des grands noms de la photographie. A partir de cet automne, le 9 novembre 2018, la Fondation nous accueillera en plein cœur du Marais au 79 rue des Archives. Cet espace, plus central et plus facilement accessible, permettra notamment de meilleures conditions de conservation des collections.

Un nouveau lieu et une nouvelle direction, puisque c’est François Hébel, l’ancien directeur des Rencontres d’Arles, qui succèdera à Agnès Sire, co-fondatrice et directrice artistique de la Fondation. Elle restera toujours membre de l’équipe de la fondation.

Aménagé par les architectes de l’agence Novo, ce nouvel espace offre un linéaire d’exposition d’abord doublé puis triplé dans un avenir proche. Plus souple et de plain-pied avec la rue, ce nouvel l’espace inscrit la Fondation Henri Cartier-Bresson dans la densification culturelle du Marais et lui permet d’accroître la portée de ses missions pour un public plus nombreux.

Pour l’inauguration de son nouveau lieu, la Fondation inaugurera son nouvel espace avec une rétrospective consacrée à Martine Franck, fidèle épouse d’Henri Cartier-Bresson, disparue il y a 6 ans…
Martine Franck revendiquait la célébration de la vie, une joie profonde devant l’humanité tout en luttant contre l’exclusion avec toute l’empathie qu’elle savait déployer. Photographe engagée, Martine Franck devint militante pour nombre de ces causes qu’elle photographia activement, une sérieuse audace pour la jeune femme à qui l’on avait appris à ne pas franchir les limites.

INFORMATIONS PRATIQUES
• En ce moment à la Fondation /!\ Derniers Jours
Jusqu’au 29 juillet 2018
Robert Adams : Our Lives and Our Children
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis
75014, Paris
• A venir : Inauguration de la Fondation
Martine Franck
Du 6 novembre 2018 au 10 février 2019
Fondation Henri Cartier-Bresson
79 rue des Archives
75003, Paris
http://www.henricartierbresson.org

Mort du photographe sud-africain David Goldblatt (1930 – 2018)

© David Goldblatt

Le photographe sud-africain David Goldblatt est décédé ce jour, le 25 juin 2018, à l’âge de 87 ans. Le Centre pompidou venait de lui consacrer une grande rétrospective. Cette exposition présentait plus de deux cents photographies et une centaine de documents, offrant ainsi au public une traversée de l’ensemble de la production du photographe.

Plus de 130 000 visiteurs sont venus découvrir l’oeuvre de cette figure-clé de la scène photographique sud-africaine et photographe emblématique du documentaire engagé.

« David Goldblatt était l’une des figures majeures de la photographie de notre époque, une conscience éthique et morale du rôle de l’artiste dans nos sociétés . » Bernard Blistène, directeur du musée national d’art moderne.

Prix Hall of Fame 2018 : Bruce Davidson, Unerring eye

Depuis 2011, Leica récompense un photographe d’exception qui, par son œuvre, a eu une incidence sur le monde. À l’occasion de l’inauguration du Leitz Park 3, le Prix Hall of Fame 2018 a été remis au photographe américain Bruce Davidson. La galerie de Wetzlar en Allemagne, a choisi de lui rendre hommage avec une exposition présentant une sélection de tirages issus de ses séries les plus emblématiques.

« I don’t consider myself a documentary photographer – documentary photography suggests you just stand back, that you’re not in the picture, you’re juste recording. I’m in the picture but I’m not the picture. » – Bruce Davidson.

Bruce Davidson, qui fête cette année ses 85 ans, a débuté la photographie très jeune. Avec ce prix, Leica célèbre 75 années de photographie ! Davidson est l’une des figures majeures de la photographie humaniste aux Etats-Unis, ses séries telles que « Time of Change », « Brooklyn Gang » ou encore « 100th Street » ont saisi les instants d’une époque et marqué les (r)évolutions de notre société. Durant toute sa carrière, le photographe de l’agence Magnum Photos, s’est donné pour mission de rendre visible l’invisible en essayant de porter un regard neuf – « comme un aveugle qui voit pour la toute première fois ».

L’exposition montre ses séries de la fin des années 50 au milieu des années 60. On débute avec « Brooklyn Gang », dix photographies noir et blanc réalisées en 1959, où Davidson s’est mêlé, le temps d’un été, à une bande d’adolescents new yorkais qui se faisaient appeler « Les Jokers ». Une authenticité de la vie de ces jeunes rebelles qui aujourd’hui, n’étaient que des enfants aux yeux du photographe.
Le cœur de l’exposition est consacrée à sa série « Time of change », avec un portrait de Martin Luther King, lors d’une conférence de presse à Birmingham en Alabama en 1962, en très grand format et en plein centre de la scénographie. Ce reportage constitue un témoignage fort de l’émancipation des Noirs américains dans les années 60. De la lutte pour les droits civiques des afro-américains, on retient cette image de ce jeune homme en salopette, qui manifeste pour l’obtention du droit de vote. Son visage est peint en blanc et il est inscrit sur son front en lettres capitales « vote ». Cette image avait d’ailleurs été mise au vente lors de la dernière Magnum Square Print Sale sur le thème de la « Liberté  » (voir notre article).

The Magnum Square Print Sale is officially back! This years theme is ‘FREEDOM’. Inspired by the 50th anniversary of 1968, the images included in the sale explore the meaning of freedom today, and the limits and unintended consequences of its pursuit. The project spans the 20th and 21st centuries through 78 classic and contemporary photographs by Magnum’s photographers and estates. Here are some words from Bruce. “From 1961 to 1965, I bore witness to various demonstrations in the civil rights movement. In this photograph, a group of civil rights demonstrators march from Selma to Montgomery to fight for the right to vote. Freedom was then, as it remains today, something that had to be fought for.” The sale went live this morning and takes place until 6pm EST on Friday June 8th. Link in Bio. USA. Alabama. 1965. © Bruce Davidson/Magnum Photos #brucedavidson #magnumphotos #squareprintsale #freedom @magnumphotos

Une publication partagée par Bruce Davidson photographer (@brucedavidsonphoto) le

Face à cette puissante et monumentale photographie de Martin Luther King, on retrouve un mur d’images de paysages et de scènes de vie captées en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles. Ses images sont douces et plus mélancoliques…

Enfin, on termine par quelques images de « Circus », un sujet sur  une troupe de cirque du New Jersey. Ici, ce qui intéresse Davidson, ce sont les coulisses de cette vie de nomades. On y suit le quotidien de cette troupe – et plus particulièrement celui de Jimmy Armstrong, un clown nain.

INFORMATIONS PRATIQUES
Bruce Davidson : Hall of Fame 2018
Du 15 juin au 9 septembre 2018
Leica Galerie
Leitz Park, Wetzlar
Allemagne
https://fr.leica-camera.com

Le Musée de la Photographie de Mougins rend hommage à Marc Riboud

Il nous a quitté en le 30 août 2016 en laissant derrière lui des images iconiques. Grand photographe humaniste, membre de l’Agence Magnum, Marc Riboud, (1923-2016) conciliait message humain et esthétisme. Le Musée de la Photographie André Villers de Mougins, en partenariat avec le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, rend hommage à ce puissant témoin de l’histoire du XXe siècle à travers une belle exposition à découvrir jusqu’au 03 juin 2018.

Cette photographie représentant une jeune pacifiste, tendant une fleur à des soldats armés de baïonnettes lors de la marche pour la paix à Washington en 1967, fera le tour du monde. Elle montre tout l’intérêt du travail de Marc Riboud, qui est de saisir des images honnêtes et sensibles d’un monde en proie à de considérables changements: guerres, bouleversements politiques, mutations urbaines … Il a fait le tour du monde, couvert des conflits, recontrer des personnalités historiques comme Fidel Castro ou Indira Gandhi, et surtout, est resté fidèle à l’esprit de vérité et de liberté des peuples, à l’instar de Zazou, le peintre de la Tour Eiffel. Il a publié de nombreux livres et a obtenu plusieurs prix récompensant son travail. Moins cérébrales, plus légères, plus accessibles, les images de Marc Riboud se caractérisent par la manière dont il capte chaque identité, chaque personnalité. Il rend au monde sa singularité. Une envie de ressentir, vivre et aimer car comme le soulignait le photographe : « prendre des photos, c’est savourer la vie intensément, toutes les centièmes de seconde ».

INFORMATIONS PRATIQUES
Jusqu’au 03 juin 2018
Hommage à Marc Riboud
En partenariat avec le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Musée de la Photographie André Villers
Porte Sarrazine
06250 Mougins
Ouvert tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 18h
Entrée libre
Plus d’infos ici
Site internet consacré à Marc Riboud ici

Une Bibliothèque : Sélection de livres photo par Irène Attinger 1956-2015
OBSERVATIONS de Richard Avedon

Avec près de trente-deux mille livres, la bibliothèque de la MEP compte l’une des plus belles collections de livres de photographie au monde. Après « Une collection » publiée en 2015, voici « Une Bibliothèque » sortie en coédition MEP/Actes Sud. Pour présenter l’ouvrage, Irène Attinger, responsable de la bibliothèque de la MEP, a sélectionné 10 ouvrages publiés entre 1956 à 2015.

En remarque liminaire, j’insiste sur le fait que ma sélection n’est pas une hiérarchie mais un parcours dans le temps et l’espace, de 1956 avec la sortie du livre de William Klein « New York » suivi de « Les Américains » de Robert Franck jusqu’ au « Voyage Italien de Bernard Plossu en 2015.
Et c’est dans ce même esprit que j’ai sélectionné ces dix livres en essayant de proposer quelques découvertes. Irene Attinger

OBSERVATIONS, Richard Avedon
Simon and Schuster, New York, 1959

A LIRE :
Rencontre avec Irène Attinger, responsable de la bibliothèque de la MEP

INFORMATIONS PRATIQUES
Une Bibliothèque
Préface de Jean-Luc Monterosso, Directeur de la MEP
Textes d’Irène Attinger, Responsable de la bibliothèque de la MEP
Format : 24 x 30 cm, 224 pages, 400 illustrations quadri, relié
Co-édition Actes Sud / Maison Européenne de la Photographie
Prix public : 49,90 euros
Parution : 7 février 2018
http://mep-fr.org

Moriyama, Weegee, Atget : 3 maîtres de la photographie à la SAGE Galerie

Françoise Sage ouvre les portes de sa nouvelle exposition demain. Cette nouvelle proposition curatoriale met l’œuvre du japonais Daido Moriyama au cœur de la scénographie, aux côtés de deux photographes dont il puise son inspiration : Eugène Atget et Weegee.

En 1968, Daido Moriyama publie sa première monographie « Japan a Photo Theatre ». Cette oeuvre annonce une des volontés de l’artiste qui sera par la suite constante – celle de mettre en images et en mouvements l’âme du Japon. Tandis que son alter-égo, un chien errant, devient le symbole d’un nouveau Japon – Daido Moriyama met en scène la ville, théâtre vivant où la rue, vibrante, devient un lieu d’effervescence et d’agitation.

Né en 1938 à Osaka, le photographe appartient à une génération d’artistes d’après-guerre ayant connu l’occupation par les troupes américaines et les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, et qui notamment à travers la transgressive revue PROVOKE contribuera à fournir à la société de nouveaux « matériaux provocants pour la pensée ».

En voulant révéler l’atmosphère des grandes villes japonaises de manière viscérale, les photographies de l’artiste capturent des scènes où se mêlent l’obscurité et l’énigmatique. Dans ces lieux qu’il arpente, Moriyama s’arme de son appareil photo pour chasser des figures, formes et matières qui s’inspirent d’Eugène Atget et de Weegee à propos desquels il déclare :

« Atget représente la lumière naturelle absolue et Weegee la lumière artificielle ».

INFORMATIONS PRATIQUES
Moriyama, Weegee, Atget
Du 23 mars au 12 mai 2018
SAGE Paris
1 bis avenue Lowendal
75007 Paris
http://www.sageparis.com