Archives par mot-clé : Mode

Luis Alberto Rodriguez, A Million Little Bells à la Tour des Templiers

Danseur et photographe autodidacte, nous avions découvert le travail de Luis Alberto Rodriguezl’an passé lors du 32e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères. Sa série « Patina » avait été récompensée des Prix du Public de la Ville de Hyères et du tout nouveau Prix American Vintage. Un an après ces clichés qui mettaient en scène des individus recouverts de vêtements dans des poses gracieuses et mouvantes, évoquant sa formation initiale de danseur, Luis Alberto Rodriguez revient dans la « cité des palmiers » pour exposer à la Tour des Templiers, en plein coeur du centre historique de Hyères, le résultat de ce partenariat avec la marque de vêtement marseillaise. « A Million Little Bells » est à découvrir jusqu’au 26 mai 2018. Exploration.

Ce juste équilibre entre les corps et leurs environnements et les poses parfois surréalistes ont été déterminants dans le choix de ce photographe par American Vintage. Invité à réaliser en totale liberté une série mode inspirée par les collections de la marque, Luis Alberto Rodriguez s’est inspiré de l’ouvrage d’Antoine de Saint-Exupéry, « Le Petit Prince ». D’ailleurs, le titre, qui signifie « un million de grelots », évoque le passage final de cette aventure entre l’auteur et le petit prince : « Tu auras cinq cents millions de grelots, j’aurais cinq cents millions de fontaines … » Les images suivent les déambulations d’un personnage influencé par les êtres rencontrés à travers la lecture de ce livre. Il décide de devenir comme eux et se travestit en adoptant leur apparence. Roi, rose, serpent …Tour à tour, il s’imprègne de ces différents caractères comme un explorateur du monde. Luis Alberto Rodriguez crée une aventure onirique dans un univers imaginaire et inspiré. La terre aride italienne, une référence aux sols lunaires des planètes explorées par le petit prince, contraste avec les couleurs des vêtements, tout comme cette minéralité brute qui vient s’adoucir au contact des textures cotonneuses. « Ce travail a demandé beaucoup de préparations. Ensuite, nous avons réalisé tous les clichés en deux jours en Sicile. Cette île s’accordait parfaitement à mon propos pour les différents paysages qu’elle abrite: une terre volcanique aride, la mer d’un bleu enchanteur et la lumière irradiante » nous confie le photographe.

« A Million Little Bells «  est un journal intime qui retrace l’exploration d’un monde avec un regard enfantin. Le rôle du vêtement porte un enjeu rêveur et social. Ne sont-ils pas les célébrations de notre personnalité comme les remparts de notre âme? Cette série a été exposée en novembre 2017 à la boutique American Vintage du 19 rue du Temple à Paris à l’occasion de Paris Photo. Luis Alberto Rodriguez nous a confié qu’il travaillait désormais à une série personnelle dans laquelle il célèbrerait la République Dominicaine, sa patrie d’origine.  En découvrant ces images à la Tour des Templiers, vous trouverez aussi les propositions des 10 candidats du concours Photographie du 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères pour le Prix American Vintage 2018. Celui-ci a été attribué à la photographe néerlandaise  Sarah Mei Herman. Elle suivra les traces de son confrère américain afin de réaliser une série singulière. De jeunes talents à découvrir et à suivre.

Jusqu’au 26 mai 2018
Luis Alberto Rodriguez – « A Million Little Bells »
Tour des Templiers
Place Massillon
83400 Hyères
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 17h
Entrée libre
Site internet de Luis Alberto Rodriguez ici

Hyères 2018 : Tales of Toulon – Daragh Soden nous livre ses contes contemporains de la Cité du Levant

Toulon. Ville de contraste. 330 jours de soleil par an et des ruelles longtemps privées de lumière. Une terre plurielle pour une seule identité toulonnaise. Une rade célébrée, une Frontale mal aimée. La mer d’un côté, la montagne de l’autre. Fondée à l’époque celtique au premier siècle avant notre ère, Toulon a connu une belle prospérité grâce à son activité marchande et la vie de son arsenal.

De Louis XIV à l’époque contemporaine, de Pierre Puget sculptant les proues des navires royaux au sabordage de la flotte durant la Seconde Guerre Mondiale, l’histoire de l’arsenal –aujourd’hui base navale- est indissociable de celle de cette ville multiculturelle. Toulon est aussi le nom d’une ville inconnue pour le jeune photographe irlandais Daragh Soden. Aussi, son regard extérieur sur ce lieu qui nous semble tellement familier est important pour que nous y posions un regard différent.

Lauréat du Grand Prix du Jury Photographie de l’édition 2017 du Festival International de Mode, de Photographie, et d’Accessoires de Mode de Hyères, il s’est vu confié par les éditions Be-Pôles la réalisation d’un ouvrage à destination de leur collection Portraits de Villes, une collection qui nous invite à un voyage citadin à travers le regard singulier d’un artiste. Daragh Soden a ainsi posé son objectif sur les particularités de la Cité du Levant, à commencer par son port militaire et ses plages. Le résultat de son travail ainsi que son ouvrage sont exposés jusqu’au 27 mai à la Villa Noailles à Hyères. Rencontre avec un photographe sincère.

Marlène Pegliasco: Qu’avez-vous ressenti en venant pour la première fois à Toulon ?

Daragh Soden: Je ne connaissais pas Toulon avant de m’atteler à cette commande. Ma première impression était celle d’une ville ennuyeuse et ordinaire. Mais après l’avoir photographiée, je l’ai trouvé intéressante, originale et surtout, les Toulonnais ont une certaine singularité, un mélange de style et de personnalité propre.

M.P.: Comment avez-vous entrepris cette commande ?

D.S.: Je me suis beaucoup documenté sur l’histoire de cette ville, surtout la période napoléonienne qui m’a vivement intéressé. Je souhaitais partir de cette histoire faite d’allers et retours, du départ de Napoléon vers l’Egypte, des individus qui y ont débarqué après avoir quitté leurs pays, anciennes colonies françaises et de l’histoire militaire aussi.  La rade de Toulon est très célèbre, autant par sa beauté que par son activité. Je suis venu trois fois à Toulon, en juin, juillet et novembre 2017. La première fois que j’ai vu ces navires militaires, je les ai trouvés énormes! C’est très impressionnant! En plus, j’ai été autorisé à pénétrer l’enceinte militaire pour mes prises de vue. J’ai passé trois jours dans la base navale, dont un jour entier sur  la frégate  Forbin .  Je voulais saisir ces instantanés de vie et  imaginer un récit contemporain à travers mes images

M.P.: Que vous a inspiré cette ville?

D.S.: Chaque photographie s’inspire de l’histoire de Toulon mais le dialogue qui en naît est bien actuel. Toulon est une ville multiculturelle où se mélangent des habitants de longue date, des jeunes issus de l’immigration, des militaires de passage….Je voulais raconter des contes contemporains: quelles relations tissent ces jeunes ensemble? Quels liens relient les Toulonnais entre eux? Quelles histoires éclosent entre ces images?  J’imagine des récits par rapport à aujourd’hui, un Toulon Today. Les images sont les mots pour écrire l’histoire de Toulon en 2018. Les jeunes Algériens et Marocains, les militaires, l’Anse Méjan, les tribunes rouges et noires du Stade Mayol, la piscine municipale, les plages du Mourillon … J’ai photographié le Toulon qui regarde la mer, cette mer Méditerranée que les individus ont traversée et traversent encore de nos jours. Le livre édité chez Be Pôle est accompagné d’un texte qui explique ma démarche. Ce sont ces diversités que j’exploite à travers mon objectif et chacun est libre de se raconter son propre conte toulonnais.

M.P.: Quel sera l’après de cette série ?

D.S.: J’ai fait une séance de dédicace de l’ouvrage durant le 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères et j’en referai une à Dublin à l’occasion dePhotoIreland. Ensuite, ma série va être exposée dans les ruelles de Toulon cet été durant la Design Parade Toulon. Enfin, j’aimerais avoir le temps de visiter le restes de la côte qui est magnifique. Les criques sont très belles. Le soleil est si lumineux. Maintenant, je peux dire que j’adore cette ville et j’attends avec impatience le retour des Toulonnais sur ce travail. C’est très important pour moi.

INFORMATIONS PRATIQUES
Daragh Soden : Tales of Toulon
Jusqu’au 27 mai 2018
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Plus d’infos ici

Le livre « Portraits de villes : Toulon » est disponible au prix de 20€
Plus d’infos ici

Hyères 2018 : Rencontre avec Nolwenn Brod, Villa Noailles

1. Retour sur la commande photographique de Raphaëlle Stopin pour la Villa Noailles 

Feu d’un duel au soleil est une commande qui m’a été passée par la Villa Noailles, sur une proposition de Raphaëlle Stopin.

Je devais réaliser une série représentant les collections des 10 créateurs de mode en compétition, c’était ma première commande mode.

Jean-Pierre Blanc souhaitait cette année avoir deux looks par designer et collaborer avec le fleuriste parisien Debeaulieu qui fleurit la Villa depuis 3 ans. J’avais composé un moodboard assez précis, Pierre m’a proposé des choses en fonction des fleurs qu’il pouvait glâner sur place et rapporter certaines de Paris. C’était un super échange, très fluide. Pour les décors, j’ai choisi de trouver un lieu qui faisait écho à l’atmosphère de chacun des designers, et nous adaptions les teintes de la composition florale. C’était intense, il y avait 20 tenues, 6 modèles, 4 jours de shooting dont un pluvieux, l’équipe de la Villa a été géniale.

2. Les Affinités Electives également exposée, genèse et enjeux 

Les Affinités Electives est un travail de résidence de création de semaines à Beyrouth, qui fait suite au Prix Elie Saab que j’ai reçu à la précédente édition du festival. J’envisage la photographie comme une rencontre, un échange avec la personne et le territoire, dans une distance choisie. J’étais partie dans l’optique de travailler sur la ligne verte, la rue de Damas qui séparait pendant la guerre Beyrouth Est de l’Occident musulman sous contrôle chrétien ; mais ne parlant pas arabe, je me suis vite rendue compte que je n’avais pas assez de trois semaines. J’ai rencontré Charbel Haber, un musicien plutôt reconnu de la scène rock libanaise, il m’a introduit à son cercle d’amis, dont beaucoup de femmes, qui m’inspireront terriblement. Elles avaient des profils très différents, un peu comme la complexité de cette ville aux contrastes délirants. Nous étions le plus souvent à Mar Mikhael, un quartier chrétien en trop pleine gentrification.

Je lisais la femme gauchère de Peter Handke pendant le voyage, à la fin du livre il y avait un citation de Goethe d’où j’ai tiré le titre :

« Ainsi  continuaient-ils tous ensemble, chacun à sa façon, la vie quotidienne, avec et sans réflexion : tout semble suivre son cours habituel comme dans des cas extrêmes où tout est remis en jeu, on continue à vivre comme si de rien était. »

Goethe, les affinités électives (1809)

3. Qu’est ce que symbolise pour vous la Villa Noailles aujourd’hui ?

La Villa, elle est à l’image de Jean-Pierre Blanc, bon vivant, généreux, passionné, attentif, exigeant, cool et élégant. La villa est kafkaïenne par son côté labyrinthique mais elle est bien solaire, les échanges s’y passent dans chaque petite pièce, chaque recoin, les idées circulent, explosent, les gens y sont tous merveilleux. Ils accompagnent de près les artistes, croient véritablement en eux, ils fédèrent et fidélisent les échanges. Si la Villa aime, elle nous le fera partager. C’est comme une grande famille.

33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères

Festival et concours du 26 au 30 avril 2018

Expositions du 26 avril au 27 mai 2018

villanoailles-hyeres.com/

Actualités de l’artiste :

Nolwenn Brod Paris
instagram
facebook
Agence Vu

Notre invité de la semaine est Jean-Pierre Blanc

Cette semaine, nous accueillons Jean-Pierre Blanc, fondateur et directeur du festival de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères qui s’est inauguré jeudi dernier. Chaque jour, il partagera avec nous ses coups de cœur, et on commence aujourd’hui avec son portrait chinois.

Né à Hyères en 1964, autodidacte, père de deux enfants, Jean-Pierre Blanc crée en 1986 le Festival International des Arts de la Mode destiné à soutenir les jeunes créateurs. Directeur de l’Office d’Action Culturelle et de l’Animation de la ville d’Hyères de 1990 à 1995, il développe en parallèle le festival qui accroît son offre et s’ouvre à la photographie en 1997. Cette même année, il devient directeur de l’association villa Noailles – Festival des Arts de la Mode à Hyères.
En 1999, il co-fonde le Festival de musiques électroniques Aquaplaning avec Armand Tomassian qui aura lieu jusqu’en 2002.
De 1995 à 2002, il est responsable de la programmation des expositions, animations et de l’action jeune public de la ville d’Hyères. Il initie alors expositions et résidences à la villa Noailles qui est encore, à l’époque, en restauration.
Il crée notamment, en 1995, le Festival des enfants, dédiant la ville et ses structures culturelles aux enfants la semaine précédant Noël (expositions, ateliers, cinéma…).
Depuis 2003, Jean-Pierre Blanc est directeur de la villa Noailles, désormais centre d’art, où il programme des expositions contemporaines de mode, de photographie, de design et d’architecture. Il initie dès lors des projets ambitieux tournés vers l’accès à la culture, la re-découverte du lieu et la mise en avant de jeunes créateurs.
Il fonde en 2006, le festival Design Parade qui a lieu chaque année au mois de juillet, sur le même principe que le Festival International de Mode et de Photographie. Un nouveau volet s’y ajoute en 2016 consacré à l’architecture intérieur et qui prend place à Toulon.
Afin de compléter l’offre faite aux créateurs, quatre chambres aménagées par quatre designers contemporains (François Azambourg, BLESS, Florence Doléac, David Dubois), répondant à la commande publique, sont inaugurées le 27 octobre 2007 dans la Petite villa. Elles permettent le séjour des artistes en résidence.
En juillet 2010 est inaugurée l’exposition permanente consacrée à l’histoire de la villa Noailles et à l’extraordinaire mécénat que ses commanditaires ont mené de 1920 à 1970. Réunissant deux jeunes chercheurs, l’exposition est le seul éclairage scientifique à ce jour sur le couple. Les recherches ont permis de découvrir l’étendue des commandes et aides que Charles et Marie-Laure de Noailles ont apportées, avec fidélité, aux avant-gardes du XXe siècle et de comprendre la place de la villa hyéroise dans ce contexte. Documents et œuvres – art, architecture, aménagements, cinéma, musique, danse – sont mis en lumière par une scénographie (David Dubois puis David des Moutis) et un graphisme (Frédéric Teschner) contemporains.
Un atelier de prototypage a ouvert en 2015. Le Château Saint Pierre, proche de la villa Noailles, est un support technique pour les jeunes créateurs. Lieu de longue résidence et atelier, la nouvelle villa est pensée comme une aide directe à la création contemporaine.
La villa Noailles est aujourd’hui ouverte toute l’année, accueillant un public toujours plus nombreux et éclectique (public local, national et international), proposant une programmation axée sur quatre thèmes : la mode, la photographie, le design et l’architecture. Expositions, festivals, concours, résidences, commandes, visites scolaires et de groupe, ateliers pour les enfants, les adolescents et les familles, conférences ont lieu toute l’année, gratuitement.
De la « petite maison intéressante à habiter », commandée par le couple Noailles et fréquentée par les avant-gardes du XXe siècle, puis vendue à la ville d’Hyères en 1970, restée plusieurs années inoccupée, Jean-Pierre Blanc a fait un centre d’art reconnu sur la scène internationale. En constante évolution, la villa Noailles perpétue l’action de mécénat et d’ouverture voulue par ses commanditaires dès les années 1920.

Le Portrait chinois de Jean-Pierre Blanc

Si j’étais une œuvre d’art : Le portrait de Marie-Laure de Noailles par Christian Bérard, deux immenses artistes que j’admire beaucoup.
Si j’étais un musée ou une galerie : la villa Carmignac à Porquerolles qui ouvre le 2 juin, la nouveauté, la nouvelle aventure, l’énergie du début, le lieu magnifique !
Si j’étais un artiste : Karl Lagerfeld pour son esthétisme, sa carrière, son immense culture, sa générosité, son sens du partage, son travail extraordinaire chez Fendi comme chez Chanel.
Si j’étais un livre : Marcel Pagnol, Le Château de ma mère,
Si j’étais un film : Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard, Porquerolles, Hyères, Toulon magnifiés en 1965, la révolte de 1968.
Si j’étais un morceau de musique : Juliette Armanet, à la folie & Eartha Kitt, All by myself
Si j’étais une photo accrochée sur un mur : The Ballad of Sexual Dependency par Nan Goldin
Si j’étais une citation : Arthur Rimbaud :  » l’éternité, la mer mêlée avec le soleil !  »
Si j’étais un sentiment : L’amour, la vie ( l’amour ne disparaît jamais )
Si j’étais un objet : la montre double bracelet de Martin Margiela chez HERMES
Si j’étais une expo : Philippe Parreno au Palais de Tokyo, Pierre HUYGHE au Centre Pompidou, l’extase
Si j’étais un lieu d’inspiration : l’ile du Levant, le paradis
Si j’étais un breuvage : l’eau minérale naturelle, la vie
Si j’étais un héros/héroïne : Charles et Marie Laure de Noailles
Si j’étais un vêtement : le tee shirt officiel du 33ème festival d’Hyères par Marcius (Marc Turlan et Marius Bouleteix)

Retrouvez la carte blanche de notre invité

> Carte blanche photographique de Jean-Pierre Blanc : François Halard (mardi 1er mai 2018)
> Carte blanche à Jean-Pierre Blanc : Marc Turlan (mercredi 2 mai 2018)
Carte blanche à Jean-Pierre Blanc : L’île du Levant (jeudi 3 mai 2018)
La Playlist et les Bons Plans (vendredi 4 mai 2018)

INFORMATIONS PRATIQUES
33ème festival de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
http://villanoailles-hyeres.com/festival-2018/pw/

Hyères : le soft power de la mode

Chaque printemps, la caravane mode colonise Hyères jusqu’à la presqu’île de Giens sous l’impulsion de Jean-Pierre Blanc le temps d’un festival qui ne cesse de revitaliser l’ADN de la Villa Noailles. Il faut dire que cette partie de la french riviera lancée au XIXème par l’impératrice Eugénie se verra éclipsée par la suite par Nice alors que palmiers et riches façades témoignent encore de ces heures prestigieuses.
S’il existe bien des tribus dans la mode, on peut parler d’une famille à Hyères.

Mais comme dans toute famille « successfull » elle attire les convoitises, à regarder de près l’assemblée quelque peu hétéroclite qui se presse dans les jardins. Entre le militaire échappé de la base navale toulonnaise en parfait uniforme et le type à la gourmette qui a abusé des UV, le faux loup de mer et le vrai fondu de glisse, la Paris Hilton du Var qui a ressorti le sweet ou le peloton de pompiers body buildés qui matent de la terrasse, tout le monde n’a pas le sésame qui se résume avant tout au badge et package presse +++ (à savoir les invitations aux déjeuners dans de mythiques jardins suspendus, défilés au milieu des marais salants et parades du soir au cirque local). C’est ce mélange des genres totalement unique qui donne une saveur incomparable à l’évènement. Chacun est le bienvenu quelque soit son background et ses attentes. Toute forme de formatage est bannie à voir les maillots façon camping créés pour l’occasion et vendus à la boutique qui incarnent cette liberté de ton et de style, farouchement défendue par Jean Pierre Blanc.

Le temps est comme suspendu et soudain il n’est plus question que de savoir où se trouve Edgar mon chauffeur, la meilleure pissaladière en ville et quel bus fait la navette entre le Casino et la Villa (important les rencontres dans le bus !).

Les professionnels savent que chaque édition apporte son lot de pépites, les maisons Chanel ou Chloé ne s’y trompent pas. C’est pourquoi Lou Doillon, Tilda Swinton ou Farida Khelfa ont répondu à l’appel du Jury : voir le Palmarès complet de l’édition 2018.

Marie de la Fresnaye a rencontré les artistes sélectionnés pour des entretiens sonores, dont certains sont lauréats…

© Eva O’Leary
Eva O’Leary (Irlande/Etats Unis). « Spitting Image »
Grand Prix du Jury Photographie

A partir de la pratique narcissique des adolescentes, une réflexion sensible sur cette période transitoire où l’on ne rentre plus dans le cadre ! (Entretien en anglais)

© Sarah Mei Herman
© Sarah Mei-Herman
Sarah Mei Herman (Pays Bas) « Xiamen »
Prix de la Photographie AMERICAN VINTAGE

Vrai coup de coeur. A l’occasion d’une résidence en Chine elle explore les liens tissés sur place et l’empathie ressentie. « Touch » le titre exact de la série renvoie autant à l’épiderme qu’aux sentiments. (Entretien en anglais)

© Csilla Klenyanszki
Csilla Klenyanszki (Hongrie), « Top-to-toe » – Chapeau, Chanel
Prix de la Nature Morte

Une approche conceptuelle de l’autoportrait sous forme de petites vidéos drolatiques qui interrogent le rôle de la femme et sa place. Un équilibre instable constamment remis en cause. (Entretien en anglais)

© Sanna Lehto
Sanna Lehto (Finlande), « Morphologies »
Prix du Public – Ville d’Hyères

A partir de ses collectes dans la campagne finlandaise, elle rapproche l’herbier de la grande tradition de la nature morte. (Entretien en anglais).

© Pascale Arnaud
Pascale Arnaud (France), « Emerging Adulthood »
Sélection Compétition Photographie

Coup de projecteur pour ses nuances de gris qui renvoient à ces zones fluctuantes d’un âge où l’on se cherche et se réfugie dans une certaine nostalgie.

© Cécile Gray
Cécile Gray (France), « Initiale(s) »
Prix du Public – Ville d’Hyères

Nous l’avions rencontré avant le festival autour de ce concept étonnant de « bijoux-vêtements »et c’est un bonheur de découvrir ses nouvelles créations autour du croisement des disciplines, étant architecte de formation. (Lire : Hyères : Rencontre avec la fashion designer Cécile Gray)

© Jinah Jung
Jinah Jung (Corée), « Collection de sacs »
Sélection Compétition Accessoires de Mode

La Coréenne Jinah Jung et sa collection de sacs à partir de chaussures recyclées auprès de la marque le Coq Sportif). (Entretien en anglais)

© Allyssa Heuze
Allyssa Heuze (Philippines-France)
Sélection Compétition Photographie

© Aurélie Scouarnec
Aurélie Scouarnec (France)
Sélection Compétition Photographie

© Jaakko Kahilaniemi
Jaakko Kahilaniemi (Finlande)
Sélection Compétition Photographie

© Teresa Eng
Teresa Eng (Canada)
Sélection Compétition Photographie

 

Hyères lieu de tous les possibles ? laboratoire et incubateurs de tendances certainement, comme à l’époque de Man Ray et autres invités prestigieux des Noailles qui testent leurs inventions dans ce dédale cubiste de la Villa.

Promis, on revient l’année prochaine !

A suivre : Interview de l’artiste Matthieu Cossé, Olivier Amsellem fondateur du concept store marseillais Jogging, Pascal Morand, Président Exécutif de la Fédération Française de la Couture…

33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Festival et concours du 26 au 30 avril 2018
Expositions du 26 avril au 27 mai 2018
Plus d’infos ici

Les lauréats du 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères

Au terme de trois jours de présentations, de rencontres, de concours et de défilés, les jurys ont rendu hier soir leurs verdicts. Une fois de plus, la qualité de la sélection était à la hauteur des attentes des professionnels ainsi que du public. C’est incontestable: le Festival International de Mode de Photographie, et d’Accessoire de Mode de Hyères est un hymne à la jeune création, à cette force nouvelle et encourageante, à ces renouvellements et ces sources inépuisables d’inspiration. Un festival qualifié d’éclectique et de « généreux » comme l’aime à le rappeler son directeur Jean-Pierre Blanc. Découvrons dès à présent les lauréats de cette 33e édition.

Photographie

Prix du Public et de la Ville de Hyères: la Finlandaise Sanna Letho avec sa série « Morphologies », où les fleurs viennent envahir les visages humains.

La lauréate avec le président de la Fédération de la Haute Couture ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Prix Nature Morte : la Hongroise  Csilla Klenyanszki avec sa série « Pillars of Homes », suite absurde de variations sur le même thème emprisonné dans la capsule temporelle.

La lauréate avec la présidente du jury Bettina Rheims ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Prix de la Photographie American Vintage : la Néerlandaise Sarah Mei Herman avec sa série« Xiamen », un récit photographique dans la Chine d’aujourd’hui.

La lauréate entourée du responsable American Vintage et de Bettina Rheims ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Grand Prix du Jury Photographie: l’Irlando-américaine Eva O’Leary avec sa série « Spitting Image ». Son travail, accompagné de vidéos, interroge le regard que les adolescentes posent sur elle. Ses modèles sont invités à poser devant un miroir et elle capture ce reflet, dans un cadrage très serré, symbolisant la représentation sans faille ni artifice d’une jeunesse sous l’influence des diktats.

La lauréate entourée des jurés ©Philippe Olivier pour Soevents 83

La Canadienne Teresa Eng remporte, avec sa série « China Dream » une Dotation Wallpaper consistant à un édito dans le numéro de janvier prochain.

Accessoires de Mode

Prix du Public et de la Ville de Hyères : la Française Cécile Gray avec sa collection de bijoux « Initiale (s) ». Ses bijoux-vêtements ont conquis le public averti hyérois qui a su reconnnaître le talent de cette passionnée de mode. Retrouvez l’article que nous lui avons consacré ici.

La lauréate avec Pascale Mussard et Jean-Pierre Blanc ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Grand Prix du Jury Accessoires de Mode Swarovski : les Françaises Kate Richard, Flora Fixy, et Julia Dessirier pour « H [earring] », collection de bijoux auditifs. Né d’une collaboration entre une photographe malentendante et deux designers, le trio féminin accessoirise des appareils auditifs, une jolie manière de reconsidérer la prothèse et de renouveler le champ des possibles.

Les lauréates entourées des jurés et de leur présidente Christelle Kocher ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Mode

Prix du Public et de la Ville de Hyères : la Belge  Sarah Bruylant avec sa collection femme « Meet me in another world », une collection avec beaucoup de personnalité, invitant à la rêverie et faisant la part belle aux proportions. La styliste s’inspire du monde pictural avec des emprunts aux toiles du maître autrichienGustav Klimt et ses jupes sont réhaussées de touches de peinture à la manière impressionniste.

La lauréate entourée de ses modèles et de l’adjoint à la culture de Hyères ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Prix Chloé : la Canadienne Marie-Eve Lecavalier avec sa collection femme « Come Get Trippy with Us ». La styliste utilise des cuirs et des jeans de seconde main qu’elle retravaille. Des tenues longues, amples, assez rigides, montrent la richesse des textures, soulignés par un motif ondulé. La robe réalisée pour le Prix Chloé est composée d’un tressage de cuir beige, laissant entrevoir la nudité du corps, avec des chaînettes argentées.

La lauréate entourée de son modèle et du représentant de la Maison Chloé ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Mention spéciale du jury Mode : la Canadienne  Marie-Eve Lecavalier avec sa collection femme« Come Get Trippy with Us ». Une palette sobre, des coupes droites, parfois démesurées, sa collection urbaine-chic est réhaussée d’imposants bijoux en plexiglass. Le travail du cuir est superbe et ses vêtements symbolisent la femme moderne.

La lauréate entourée des jurés ©Philippe Olivier pour Sovevents 83

Dotation Galeries Lafayette : la Française Ester Manas avec sa collection femme « Big Again ». Le Hangar des Pesquiers a vu défiler des femmes charnues et c’est bien ces formes-là que la styliste française veut valoriser. Sa collection, dédiée à toutes les femmes,  célèbre autant les formes du corps que du vêtement. Elle joue sur les textures, les matières – peau comprise- ,dans une collection modulable destinée chacune puisse se vêtir selon ses désirs. Elle développera une collection en partenariat avec les Galeries Lafayette que nous découvrirons au printemps 2019.

La lauréate et ses modèles ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Grand Prix du Jury Mode Première Vision : les Néerlandais Rushemy Botter et Lisi Herrebrush avec leur collection homme « Fish or Fight« . Placée sous le signe de l’écologie, cette collection est faite de tissus de seconde main ainsi que de filets de pêche et de sacs plastiques, une référence évidente à la pollution maritime mais aussi au travail de ses pêcheurs Caribéens et à la manière de célébrer la vie coûte que coûte.

Les lauréats entourés des jurés et de leur président Haider Ackermann ©Philippe Olivier pour Soevents 83

Féliciations à tous les candidats pour leurs travails, leur façon de repousser sans cesse les limites de la créativité et leurs accessibilités durant ce festival. Rendez-vous au printemps 2019.

33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Festival et concours du 26 au 30 avril 2018
Expositions du 26 avril au 27 mai 2018
Plus d’infos ici

Rencontre avec Lou Doillon, une artiste libre au Festival de Hyères

Un timbre unique, des modulations graves et sourdes, des paroles poétiques. Les chansons de Lou Doillon sonnent l’avènement d’un rock singulier, celui qui symbolise la liberté. Car elle est libre Lou, libre d’aller là où l’envie l’attend. Actrice et mannequin, la scène musicale n’attendait pas la fille de l’actrice et chanteuse Jane Birkin et du réalisateur Jacques Doillon à s’imposer dans cet univers et pourtant, son premier Places, sorti en 2012, a reçu un excellent accueil critique, de même que le second Lay Low, paru en 2015. Mais aujourd’hui, ce n’est pas la musicienne que nous interviewons mais la jurée du Grand Prix du Jury Première Vision du 33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères.

S’entretenir avec Lou Doillon est un instant fascinant. Son sourire lumineux est contagieux, son aura vous charme et tout de suite, on saisit son rôle de jurée dans la catégorie Mode. Lou Doillon incarne la liberté, cette liberté de vivre, de créer, de ressentir, de s’exprimer. Rencontre avec un tourbillon d’énergie!

Marlène Pegliasco : Est-ce la première fois que vous participez à un concours en tant que jurée ?

Lou Doillon : J’ai été membre du Wollmark Price l’an passé, qui est un prix pour la mode. Je l’ai été aussi pour du cinéma. Mais ce qui est très émouvant et très inspirant, c’est de voir les gens au travail. J’adore la création et je suis curieuse de comprendre comment on se démarque là-dedans, comment se noue une singularité de départ et je pense que la complication, si y’en a une dans ces métiers – là, est de se dire : doit – on privilégier une sorte d’instinct qui n’est pas forcément lié à du savoir-faire pour l’instant ou un savoir-faire qui est déjà présent mais avec moins d’instinct ? Donc c’est là-dessus qu’il faut essayer de départager les créateurs car il y a de très bon faiseurs, à qui on ne peut pas vraiment apprendre la fantaisie, alors que j’aime ceux qui possèdent la fantaisie où je pense qu’on peut leur apprendre une forme de rigueur ou d’industrie. Je ne suis pas une professionnelle de la mode, je suis une acheteuse de la mode, je l’adore depuis que je suis ado. C’est extraordinaire de pouvoir juste se singulariser avec ce que l’on porte et j’ai été curieuse de voir comment les autres membres du jury peuvent fonctionner, eux qui ont un œil sur les rouages de la profession et qui en comprennent les enjeux. Je suis ici dans une optique différente. Si j’ai moi-même une singularité, alors peut-être serais-je capable de la reconnaître chez les créateurs ? Cette reconnaissance est très agréable et en même, elle apporte une pression très désagréable.

M.P. : Vous êtes comme la représentante du monde non-professionnel du jury ?

L.D. : Absolument ! J’ai eu la chance de virevolter dans ce milieu depuis longtemps. Cela fait 20 ans que je travaille dans la mode et avec la mode. J’ai travaillé avec Vivianne Westwood, j’ai été une des premières à suivre Antony Caravello (qui remporta le Grand Prix Première Vision en 2006), j’ai rencontré des créateurs à différentes étapes de leur carrière. Ayant eu la joie de collaborer des gens incroyablement doués et talentueux, j’ai vu plusieurs étapes de la mode mais je n’ai jamais été confrontée aux problématique de cette industrie : le monde professionnel, la forte pression sur les modèles, la rentabilité … Est-ce qu’une machine peut prendre le relai de la fabrication artisanale ? Est-ce vendable en boutique ? Est-ce faisable ? Les gens font tout à la main  et c’est bluffant ! Je vois des choses incroyables de l’ordre du costume avec une fantaisie étonnante mais qui ne ferait pas carrière dans du prêt-à-porter. Finalement, il y a plein de choses à prendre en compte et moi, je suis comme une artiste qui a besoin d’être inspirée et ces jeunes créateurs y contribuent pleinement.

M.P. : Avez-vous des créateurs fétiches ?

L. D. : J’aime me balader. J’aime cette idée de représenter des personnes qui portent ce qu’ils aiment. J’ai beaucoup d’amis dans l’industrie de la mode qui comprennent que je puisse passer d’un style à un autre, qu’avoir un total look d’un créateur unique ne me convient pas. J’ai mon ego et j’ai besoin de trouver ma place dans mes vêtements. C’est certainement une influence anglaise. Il y a d’ailleurs un terme anglais  » dressed up « qui signifie autant  » mettre un costume «  que « s’habiller « . Ce terme garde une certaine ambiguïté et j’aime ce contraste et cette idée de jouer avec la mode. J’aime m’amuser avec des choses sexy, vintage, des pièces de chez Gucci, de chez Haider Ackermann, tous mes costumes de chez Yves Saint-Laurent pour leur côté masculin/féminin … S’amuser avec légèreté.

M.P. : Serait-ce votre définition de la mode française ?

L.D. : Quand je fais des interviews à l’étranger, on me demande qu’est-ce qui caractérise le style français. Une question comme une obsession mondiale ! Je pense que nous savons s’arrêter à temps. La femme française arrête de se dévoiler avant la dernière étape et cette ambiguïté, cette égnime non résolue, est très stimulante. On garde quelque chose, on le retient, on ne dévoile pas tout ce qui est faisable et c’est certainement cela qui définit le style français, qu’on ne peut pas être à 10/10 partout. Je n’aime pas l’expression « dressed to impress », cette idée de s’habiller pour impressionner, au contraire, on s’habille pour émouvoir et le vêtement devrait être le révélateur de la personnalité.

M. P . : Comment voyez-vous l’évolution de la mode française ?

L.D. : Je remarque aujourd’hui une petite tristesse dans la mode et dans plusieurs milieux. Un ami m’a expliqué que la majorité de la vente se fait en ligne et on doit y vendre une seule dimension, comprenez : tout doit être lisible, comme un logo, une épaule nue, dans une unique photo. Pourtant, les marques sensorielles du vêtement, ce qui se font, se défont, se déplacent, la modularité et le mouvement du vêtement, tout cela ne se vend pas sur une seule photographie. J’espère qu’on va revenir dans le vêtement et ses formes et ne pas être obligé de vendre de l’aplat. Cette impression s’étend à d’autres domaines comme les cosmétiques, l’art … Mais certaines personnes essayent de contrer ce processus. C’est encourageant.

M. P. : Quelle est votre actualité musicale ?

L.D. : Je suis en train de finaliser mon dernier album qui sortira avant la fin de l’année.

INFORMATIONS PRATIQUES
33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Festival et concours du 26 au 30 avril 2018
Expositions du 26 avril au 27 mai 2018
Plus d’infos ici
Site de Lou Doillon ici

33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas pour « Le » Festival de Hyères. Inauguré en 1986 avec la Mode, le Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères s’est enrichi en 1997 d’un volet sur la photographie et depuis 2017, d’un troisième sur l’accessoire de mode. Dans le cadre merveilleux de la Villa Noailles, dont la vue sur le littoral éblouit chaque année les visiteurs, ou bien dans le singulier Hangar de la Mouture aux Salins des Pesquiers qui reçoit les défilés des candidats au concours Mode, le Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Mode de Hyères (FIMPAH) est non seulement un tremplin professionnel pour les jeunes créateurs et photographes mais aussi un lieu de rencontres et de découvertes ainsi qu’un observatoire des fashion tendances de la scène internationale.

Les concours dans les domaines de la Mode, de la Photographie et de l’Accessoire de Mode se déroulent du 26 avril au 30 avril 2018. Plusieurs prix récompensent les créateurs en compétition grâce aux dotations des partenaires du festival qui s’engagent avec lui pour les accompagner dans la durée. Aussi, durant ces quelques jours, vous pourrez aussi assiter aux 18e Rencontres Internationales de la Mode, organisées par la Fédération de la Haute couture et de la mode, à des ateliers, visiter des showrooms, visionner des films ou écouter des concerts.  Des expositions, riches, gratuites et ouvertes à tous, sont visibles du 26 avril au 27 mai 2018. Présentation de cette 33e édition.

Mode

Le jury mode est présidé cette année par Haider Ackermann, créateur et directeur artistique de la Maison Berluti qui fête cette année ses 20 ans de partenariat avec le festival. Nous trouverons à ses côtés Farid Chenoune, historien de la mode, Jefferson Hack, co-fondateur de Dazed MediaFarida Khelfa, réalisatrice, actrice et mannequin, Delfina Delettrez Fendi, créatrice de bijoux, fondatrice et designer, Lou Doillon, auteur-compositeur et artiste, Ben Gorham, fondateur, directeur de création de Byredo, l’actriceTilda Swinton et Vanessa Schindler, créatrice de mode et lauréate du Grand Prix du jury Première Vision à Hyères en 2017. Le Grand Prix du jury Première Vision est doté d’une bourse de création de15 000 euros remise par Première Vision et d’une visibilité lors des salons de New-York et Paris, d’un projet de collaboration avec les Métiers d’Art de Chanel, à hauteur de 15 000 €, d’une collaboration avecPetit Bateau, dotée de 10 000 €  plus des royalties pour la création d’un ou plusieurs modèles qui seront fabriqués et commercialisés par la marque. Autre récompense, le Prix Chloé est doté d’une bourse de création de 15 000 euros. Enfin, plusieurs dotations seront offertes aux lauréats dont celles des Galeries Lafayette, The Wollmark Company, Supima, Eyes on Talents, Puntoseta, CatwalkPictures.com, Première Classe Tuileries ou encore Mercedes-Benz. Les finalistes sont:

Marie-Eve Lecavalier, Collection Femme, Canada © Julien T. Hamon

Ester Manas, Collection Femme, France © Balthazar Delepierre

Linda Kokkonen, Collection Femme, Finlande © Diana Luganski

Jef Montes, Collection Femme, Pays-Bas © Sabrina Bongiovanni

Manuela Fidalgo, Collection Femme, Espagne © Diego Ene

Antonia Sedakova, Collection Homme, Russie © Antonia Sedakova

Rushemy Botter, Collection Homme, Pays-Bas © Berivan Dalgali

Regina Weber, Collection Femme, Allemagne © Nolwenn Brod

Anna Isoniemi, Collection Femme, Finlande © Jeanette Friis

Sarah Bruylant, Collection Femme, Belgique © Peter Stiegter

Photographie

Le jury photographie est présidé cette année par la photographe Bettina Rheims et composé du styliste new-yorkais Bill MullenJed Root, agent, fondateur de Artists & Company New York, Ezra Petronio, rédacteur en chef, directeur de création de Self service magazine et Petronio Associat, la styliste parisienne Charlotte Collet, le créateur parisien Jean Colonna, le romancier et critique d’art Serge Bramly, l’architecte et designer India Mahdavi, Saskia de Brauw, mannequin new-yorkaise et artiste, la rédactrice en chef de Vogue Italie Alessia Glaviano et Daragh Soden, photographe et lauréat du Grand Prix du Jury Photographie à Hyères en 2017.  La Maison CHANEL s’associe au Grand Prix du Jury Photographie avec une dotation de 15 000 euros versée au lauréat. Autre prix, le Prix de la Photographie American Vintage dote le lauréat d’une bourse  d’une valeur totale de 15 000 euros (dont5 000 euros destinés au photographe lauréat), consistant en une commande d’une série photo. Le Prix de la Nature Morte  est doté d’une bourse de création de 5 000 euros. D’autres dotations seront attribuées de la part des partenaires Eyes on Talents et le laboratoire Janvier. Les dix finalistes sont:

Pascal Arnaud, France ©Pascale Arnaud

Laetitia Bica, Belgique © Laetitia Bica

Teresa Eng, Canada ©Teresa Eng

Sarah Mei Herman, Pays-Bas © Sarah Mei Herman

Allyssa Heuze, Philippines, France © Allysa Heuze

Jaakko Kahilaniemi, Finlande ©Jaakko Kahilaniemi

Csilla Klenyánszki, Hongrie ©Csilla Klenyánszki

Sanna Lehto, Finlande © Sanna Lehto

Eva O’Leary, Irlande, Etats-Unis © Eva O’Leary

Aurélie Scouarnec, France © Aurélie Scouarnec

Accessoire de Mode

Pour cette deuxième année, le jury, présidé par Christelle Kocher, directrice artistique de la Maison Lemarié, fondatrice et directrice artistique de sa marque éponyme KOCHE, est composé de l’artisteBernard FrizeLeaf Greener, journaliste, Hirofumi Kurino, co-fondateur et conseiller en direction artistique de United Arrows,  Michele LamyRachel Mansur et Floriana Gavriel, créatrices et fondatrices de Mansur Gavriel,  Brune de Margerie, directrice de la mode, ELLE FranceNicole Phelps, directrice de Vogue Runway, le designer Elie Top, la styliste Charlotte Stockdale, rédactrice en chef mode de Chaos Fashion et Marina Chedel, créatrice d’accessoires et lauréate du Grand Prix du Jury Accessoires de mode Swarovski à Hyères en 2017. Le Grand Prix Accessoires de mode Swarovski dotera le lauréat d’une bourse de création de 15 000 euros ainsi que d’un projet de collaboration avec les Métiers d’art de CHANEL. Les finalistes du concours accessoires de mode 2018 sont :

Sari Räthel & Riccarda Wolf, Collection de bijoux, Allemagne © Sari Räthel & Riccarda Wolf

Claire O’Keefe & Eugenia Oliva, Collection de bijoux, Espagne © Claire O’Keefe & Eugenia Oliva

Ildar Wafin, Collection de bijoux, Finlande © Ildar Wafin

Jinah Jung, Collection de sacs, Corée © Jinah Jung

Sara Emilie Terp Hansen, Collection de sacs, Danemark © Sara Emilie Terp Hansen

Kate Fichard, Flora Fixy & Julia Dessirier, Collection de bijoux auditifs, France © Kate Fichard, Flora Fixy & Julia Dessirier

Ludovic Leger, Collection de sacs, France © Ludovic Leger

Romain Delamart & Flora Langlois, Collection de foulards, France © Romain Delamart & Flora Langlois

Cécile Gray, Collection de bijoux, France © Cécile Gray

Inès Bressand, Collection de sacs, France © Inès Bressand

Mais aussi…

Tous les jours durant le festival, retrouvez les Poésies aériennes, performance d’Arnaud Caizergues ainsi que Deep Water, une performance dansée de Grégoire Schaller & Arthur Hoffner, des projections –Monsieur Hubert de Givenchy réalisé par Karim ZeriahenWe Margiela de Menna Laura Meijer,Helmut Lang, le maître du minimalisme de Claudia Müller – ainsi que des ateliers participatisf avec la Maison Lemarié. Toutes ces manifestations sont gratuites et sans réservation. Le travail des candidats de la catégorie Mode est présenté en showroom tandis que celui des candidats des catégorie Photographie et Accessoire de Mode feront l’objet de deux expositions, visibles jusqu’au 27 mai. Enfin, l’ensemble des expositions seront ouvertes au public du 26 avril au 27 mai 2018. Vous les retrouverez à la Villa Noaillesmais aussi dans d’autres lieux de la ville de Hyères, comme à la Tour des Templiers. Sont mis à l’honneurHaider Ackermann et la Maison Berluti, la photographe  Bettina Rheims, Christelle Kocher et la Maison LEMARIÉPierre Marie, Vanessa Schindler & Marine, Giraudo, le photographe Daragh Soden,  Marina Chedel, Arthur Hoffner & Grégoire Schaller, Luis Alberto Rodriguez, Les éphémères de la mode, Paul Rousteau, Nolwenn Brod, Adrien Pelletier, Vincent Darré, Mathieu Cossé,  Alexandre Benjamin Navet et les 20 ans du magazine CRASH.

Mowwgli est partenaire média du festival, nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour vous présenter les lauréats de l’édition 2018 …

33e Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoire de Mode de Hyères
Villa Noailles
Montée de Noailles
83400 Hyères
Festival et concours du 26 au 30 avril 2018
Expositions du 26 avril au 27 mai 2018
Plus d’infos ici/a>

Concours: 10 stylistes, 10 photographes, 10 créateurs d’accessoires de mode
Expositions
18èmes Rencontres Internationales du Textile et de la Mode
Showrooms
Concerts