Archives par mot-clé : Mois de la Photo du Grand Paris

Nathalie Rheims : PHOTO-ROMAN à la Havas Gallery

Thierry Grouleaud et Séverine Morel, respectivement manager et curatrice de la Havas Gallery accueillent l’exposition PHOTO-ROMAN, présentée jusqu’à fin mai, dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris.
Chaque semaine, nous vous dévoilerons un module vidéo mêlant photographies et voix. Aujourd’hui focus sur le texte « L’Ombre des autres » de Nathalie Rheims.

« La Havas Gallery a pour vocation de valoriser les auteurs et leur richesse créative autour de l’image, de mélanger les genres, de créer une rencontre au-delà des clivages et de l’académisme, de proposer de nouveaux media d’exhibition artistique, d’inspirer et d’éveiller nos clients, de rapprocher les marques des auteurs… Elle suit la révolution esthétique en cours, l’évolution de la place de l’image dans notre société, l’évolution des moyens de création et des moyens d’exposition. » – Séverine Morel

De nombreux auteurs de romans se sont livrés à des descriptions de photos dont on peut penser qu’elles n’ont existé que dans leur imagination. Sur cette idée, la galerie a sélectionné 42 textes littéraires décrivant des photographies et proposé à des photographes une carte blanche pour leur donner vie.
150 photographes d’horizons divers -reportage, publicité, street photography, mode, nature morte…- ont ainsi répondu à notre appel à participation à PHOTO-ROMAN en réalisant la ou les photographie(s) sur le texte de leur choix.

Nathalie Rheims, L’Ombre des autres (2006)
Editions Léon Scheer, Paris, 2006

« Elle se mit à feuilleter l’album. Une première photographie représentait une adolescente dans un fauteuil, les yeux clos. La suivante, un petit garçon avec un tambour, le regard fixe, ensuite trois jeunes filles allongées sur un lit, portant des robes noires et des couronnes de fleurs. Puis une mère debout, un enfant endormi dans les bras. »
Avec les photographies de Jérôme Bonnet.

EXPOSITION
PHOTO-ROMAN
Exposition collective : 42 écrivains, 150 photographes et 54 vidéos
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 28 mars au 31 mai 2017
• Week-end Intense Diagonale le 29 et 30 avril 2017 
Havas Gallery
29/30 Quai Dion Bouton
92800 Puteaux

UNE APPLICATION GEOLOCALISEE

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Pour vous guider dans la programmation du Mois de la Photo du Grand Paris, Mowwgli met à disposition son application qui géolocalise les événements et les lieux du Mois de la Photo (entre autre), retrouvez les fiches des expositions, des galeries et des artistes !
Vous pouvez la télécharger dès à présent, elle est gratuite !
https://itunes.apple.com/fr/app/mowwgli/id1184953498?mt=8

Chantier Photographique sur le Territoire d’un Rêve des EpouxP

Le duo d’artistes Pascale et Damien Peyret se font appeler les EpouxP. En ce moment, ils exposent « LATITUDE 48.9333 » au Musée de l’Air et de l’Espace de l’aéroport de Paris-Le Bourget dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris. Cela fait quelques années que’ils échafaudent un chantier photographique personnel et hybride sur un territoire façonné par ses multiples mutations : le bassin aéroportuaire du Bourget.

Ainsi, pour cette exposition le duo fait dialoguer une interprétation libre de leur travail d’inventaire du patrimoine architectural et leurs explorations dans les collections photographiques du musée de l’Air et de l’Espace. Ils mettent à l’honneur les collections du musée dont ils dévoilent des pièces exceptionnelles telles que l’un des vestiges de l’avion du commandant Antoine de Saint-Exupéry ou le roule-notes de la traversée de l’Atlantique Costes et Bellonte présentés pour la première fois.

Le regard circule d’une métaphore à une autre : photographies en volume, dispositifs photographiques, livres d’artistes, vidéos, gifs… Chacune des propositions opère une alchimie visuelle et offre une lecture contemporaine des collections, des archives et des lieux patrimoniaux. Avec ces mises en espace et ces manipulations sur les objets photographiques, les EpouxP délivrent une vision singulière de notre désir de mémoire et de notre aptitude à rêver.

Aujourd’hui, demain et mercredi, retrouvez également dans notre rubrique #DayStuff les Cinemagraphs des EpouxP.
L’immersion dans les archives invite à faire sans cesse l’aller-retour entre le temps des images et le temps de leur lecture. Elle est une invitation à relire aujourd’hui des documents plus ou moins anciens. Pour illustrer cette distorsion du temps, Les EpouxP initient une collaboration avec St-Louis post house en réactivant sous la forme de cinémagraphs des photographies extraites des archives du Musée de l’Air et de l’Espace.

https://www.tumblr.com/blog/lesepouxp

INFOS PRATIQUES :
LATITUDE 48.9333; Chantier photographique sur le territoire d’un rêve
Pascale et Damien Peyret
Musée de l’Air et de l’Espace – Aéroport de Paris-Le Bourget
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 19 mars au 11 juin 2017
Musée de l’Air et de l’Espace – Aéroport de Paris-Le Bourget
Entrée libre du mardi au dimanche de 10h à 18h

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L’automobile, cet obscur objet de désir à la fondation Cartier

Gilles Mora au Pavillon Populaire de Montpellier avait ouvert la voie avec cette remarquable exposition « Notes sur l’asphalte,une Amérique mobile et précaire, 1950-1990 », (cf notre article) autant de prises de notes visuelles réalisées sur le vif par des chercheurs qui anticipaient les enjeux à venir de grands photographes tels Walker Evans, Stephen Shore, Robert Frank que l’on retrouve d’ailleurs à la Fondation Cartier.

Avec Autophoto, titre qui ne délivre pas à mon sens toute la profondeur du parcours l’idée du road trip telle que l’envisagent les commissaires Xavier Barral et Philippe Séclier décline la notion de l’architecture vernaculaire défendue par le théoricien avant-gardiste John Brinckerhoff Jackson ,auteur de »The Love of Everyday Places », encore inconnu du grand public.

A partir d’un rapprochement historique inédit entre l’invention du 1er moteur automobile breveté par Nicéphore Niepce et son frère également à l’origine de la première photographie, ces deux inventions vont aller de pair avec les évolutions technologiques et industrielles tout au long de la fin du XIXème et du XXème siècle. Des affinités autour de la sérialité (reproduction à l’infini), la vitesse (mobilité plus grande) et leur démocratisation (boîtier Kodak). L’automobile devient alors partie intégrante du paysage et de la mytholoqie américaine jusqu’à nos jours quand on songe à David Lynch pour qui la route devient une véritable marque de fabrique « Lost Highway » « Mulholland Drive ».Comme une invitation au voyage.

Si le cinéma et la littérature agissent en toile de fond, revenons à ces photographes emblématiques comme Jacques Henri Lartigue le dandy pour qui vitesse rime avec volupté et ce fameux cliché « Une Delage au grand prix de l’Automobile Club de France » de 1912 qu’il considère comme raté et qui va connaître un immense succès ou Robert Doisneau recruté par Renault Billancourt dans les années 30 qui se penche sur le sort des ouvriers et Robert Frank chez Ford dans les années 50. On est loin de la déshumanisation programmée chez Stéphane Couturier à l’usine Toyota de Valenciennes, « Melting Point » (2005).

La route se développe entrainant l’émergence de tout un vocabulaire plastique et écriture formelle autour des échangeurs, parkings, stations service, enseignes lumineuses,le pare brise et le rétroviseur devenant une extension de la caméra comme chez Lee Friedlander, John Divola, Daido Moriyama ou Ed Ruscha et son mythique « 44 Parking lots ».

Bientôt cette culture automobile devient un véritable phénomène sociologique auquel de nombreux artistes sont sensibles, comme cela est exploré au sous-sol de la fondation.
Cet habitacle prolonge ainsi la sphère domestique avec des usages devenus classiques (dormir, manger, faire l’amour,se marier avec Rosângela Rennó, Óscar Monzón, Kurt Caviezel) ou plus étonnants (fuir l’Allemagne de l’Est, archives de la Stasi décryptées par Arwed Messmer). Si Martin Parr (série des Britanniques au volant) avec le malien Seydou Keïta se penchent sur le statut social transmis par le choix d’une voiture, Jacqueline Hassink, elle dénonce les projections sexistes sur l’utilisation du corps féminin dans les salons automobiles du monde entier. Approche plus environnementale et politique avec la facture écologique soulignée par Edward Burtynsky (décharges de pneus apocalyptique) et Éric Aupol (beauté de certains déchets), Philippe Chancel se focalisant sur les délocalisations de General Motors.

Enfin, le projet « Turtle 1″réalisé par l’artiste Melle Smets et le sociologue Joost van Onna au Ghana dans la zone industrielle tentaculaire de Suame Magazine, est un concept car imaginé pour les besoins du marché africain.

« Regarder autrement le paysage qui nous entoure »selon les propos de Marie Perennes, commissaire adjointe de l’exposition et se laisser prendre par ces autoportraits qui magnifient l’automobile grâce à la touche d’un William Eggleston ou d’un Langdon Clay. Et comme le pensait Barthes si l’automobile est une métaphore, celle d’un monde qui change, les photographes s’en saisissent avec une certaine fascination. Non l’automobile n’est pas mort et vous le redécouvrirez à travers ces quelques 500 œuvres réunies.

Catalogue publié à l’occasion en coédition Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris / Éditions Xavier Barral, Paris, 464 p. 49 euros.

INFOS PRATIQUES :
Autophoto. De 1900 à nos jours
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Scénographie : Constance Guisset
Jusqu’au 24 septembre 2017
Fondation Cartier
261 bd Raspail
75014 Paris

Teaser de l’expo qui fait vroum !

Programmation en résonnance : Soirées Nomades
• Lundi 22 mai à 20h
Erik & Harald Thys – Notre amie l’automobile [Conférence]
L’odyssée familiale de deux frères belges liés par la fascination du design automobile, avec la collaboration spéciale de l’artiste et designer Alain Bublex.

• Du jeudi 8 juin au dimanche 11 juin | HORS LES MURS
En quatrième vitesse [Festival cinéma au Christine 21]
Une programmation de films dont les voitures sont les héroïnes, pilotée par des personnalités, cinéastes et artistes au Christine 21 – 4, rue Christine 75006 Paris.

• Samedi 1er juillet de 15h à 20h
Clédat & Petitpierre – Mille bornes ! [Divertissement]
Sur une proposition des Soirées Nomades, les artistes se réapproprient le célèbre jeu de société et invitent le public à participer à un concours festif et décalé dans le jardin de la Fondation Cartier.

http://www.fondationcartier.com

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Ryû Murakami : PHOTO-ROMAN à la Havas Gallery

Thierry Grouleaud et Séverine Morel, respectivement manager et curatrice de la Havas Gallery accueillent l’exposition PHOTO-ROMAN, présentée jusqu’à fin mai, dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris.
Chaque semaine, nous vous dévoilerons un module vidéo mêlant photographies et voix. Aujourd’hui focus sur le texte « Les Bébés de la consigne automatique » de Ryû Murakami.

« La Havas Gallery a pour vocation de valoriser les auteurs et leur richesse créative autour de l’image, de mélanger les genres, de créer une rencontre au-delà des clivages et de l’académisme, de proposer de nouveaux media d’exhibition artistique, d’inspirer et d’éveiller nos clients, de rapprocher les marques des auteurs… Elle suit la révolution esthétique en cours, l’évolution de la place de l’image dans notre société, l’évolution des moyens de création et des moyens d’exposition. » – Séverine Morel

De nombreux auteurs de romans se sont livrés à des descriptions de photos dont on peut penser qu’elles n’ont existé que dans leur imagination. Sur cette idée, la galerie a sélectionné 42 textes littéraires décrivant des photographies et proposé à des photographes une carte blanche pour leur donner vie.
150 photographes d’horizons divers -reportage, publicité, street photography, mode, nature morte…- ont ainsi répondu à notre appel à participation à PHOTO-ROMAN en réalisant la ou les photographie(s) sur le texte de leur choix.

Ryû Murakami, Les Bébés de la consigne automatique (1980)
Editions Picquier, Arles, 2015

« Cette photo de lui avait été prise par la police, cette veille de Noël où il avait tué sa mère, il s’en souvenait : ils l’avaient pris en photo après l’avoir traîné au commissariat, il hurlait, ne me touchez pas ! Laissez-moi tranquille ! Il s’était traîné par terre en pleurant, gémissant pardon, pardon des centaines de fois. Il avait vraiment une tête horrible sur cette photo. Des yeux pleins de larmes au regard vide, des lèvres molles, entrouvertes, entre lesquelles on voyait les dents. « Pitoyable, ta tête »,
murmura-t-il à la photo. […]
[…] Des traces de pneu ! Toutes fraîches, et il n’y a qu’une ligne, ce doit être une moto. Quelqu’un est passé ici avant nous. Il y a quelqu’un dans cette ville ! Les traces s’arrêtaient devant un cinéma flanqué d’une pancarte penchée annonçant Picadilly, situé un peu à l’écart d’une rangée de bars minables. Kiku examina les alentours. Il n’y avait pas d’autres traces de pneu, même pas des traces de marche arrière pour rebrousser chemin. Hashi, lui, regardait une affiche à demi déchirée encore collée sous l’inscription « Programme de la semaine prochaine », ainsi qu’un paquet de photos de publicité du film, qui avait glissé dans un interstice du mur. […] Les photos représentaient un étranger brandissant un revolver, une femme blonde ensanglantée allongée par terre, un baiser en gros plan, deux silhouettes de femmes à cheval dans le soleil couchant. Hashi les regarda avec attention en essuyant le sable collé dessus. S’il n’essuyait pas tout doucement le sable avec un pan de sa chemise, les photos risquaient de se déchirer. Il y avait aussi dans le paquet une photo de femme nue, qu’il essaya de glisser dans sa poche, mais ce faisant, elle se déchira. Pendant ce temps, Kiku examinait une à une les fenêtres du cinéma. Elles étaient toutes condamnées par des planches clouées dessus.
Hashi leva la tête, et faillit s’étrangler de surprise. Il voulu crier, mais sa voix resta étouffée dans sa gorge. Un homme le regardait depuis le premier étage du cinéma. Un homme jeune, torse nu, vêtu d’un pantalon de cuir. »
Avec les photographies de Les Guzman.

EXPOSITION
PHOTO-ROMAN
Exposition collective : 42 écrivains, 150 photographes et 54 vidéos
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 28 mars au 31 mai 2017
• Week-end Intense Diagonale le 29 et 30 avril 2017 
Havas Gallery
29/30 Quai Dion Bouton
92800 Puteaux

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Rencontre avec Ami Barak, directeur artistique du Salon de Montrouge

Notre journaliste Marie de la Fresnaye a rencontré Ami Barak, le directeur artistique du Salon de Montrouge qui se déroule jusqu’au 25 mai prochain. Pour cette nouvelle édition, la manifestation est associée au Mois de la Photo du Grand Paris.

Mowwgli : Quelles sont les nouveautés de cette 62ème édition ?

Ami Barak : Tout d’abord en ce qui concerne les artistes : le nombre a été resserré à 53, pour 60 l’année dernière, 14 nationalités sont représentées ce qui est une progression, avec une majorité féminine contrairement à la dernière édition.

L’un de nos défis sur le plan curatorial pour Marie Gautier et moi car je rappelle que nous sommes tous les 2 co-commissaires, était de faire en sorte que les visiteurs familiers des éditions précédentes aient un sentiment différent en découvrant cette édition avec du renouvellement, des nouveaux dispositifs… Je pense que le résultat est atteint à travers une narration limitée à 4 chapitres et une mise en valeur des œuvres de chacun plus directe et efficace.

Mowwgli : Imaginé comme un récit de 4 chapitres (Elevage de poussière, récits muets,fiction des possibles laboratoire des formes), quelles tendances fortes se dégagent selon vous de ce paysage fictionnel ?

AB : D’une année sur l’autre on constate que les artistes sont de plus en plus polymorphes, développant de façon simultanée plusieurs mediums (peinture et video,installation et photo, sculpture d’objets et dessin virtuose). De plus chacun développe une constante performative même si l’œuvre finale est statique elle résulte dans sa fabrication d’un processus performatif. La plupart d’ailleurs des artistes souhaitait faire une performance, ce qui nous a amené à concentrer le volet performance sur plusieurs week-end. Et enfin, il ressort de cet horizon féminin un questionnement sur le genre, pas immédiatement palpable mais subtilement induit.

Mowwgli : Le 62è salon de Montrouge célèbre la photographie dans le cadre du Mois de la photo Grand Paris, pourquoi ? et selon quels critères ?

AB : Tous les ans le salon de Montrouge met en place un événement satellite,l’année dernière autour des 100 ans du Cabaret Voltaire et cette année nous nous sommes associés au Grand Paris Mois de la Photo à travers « Répliques imaginaires », une manifestation autour des propositions de 9 artistes qui sont passés par le salon, photographes mais pas uniquement. Chacun est arrivé avec un ou plusieurs projets disséminés dans la ville sur des panneaux publicitaires, des vitrines, sous-bocks, T shirts,bannières, drapeaux, etc illustrant ce que l’on vit tous les jours face à la prolifération de l’image. Cette démocratisation exponentielle de l’image, à la portée de tous à travers les smartphones et sa diffusion immédiate via les réseaux sociaux ou autres supports. On a voulu que ce phénomène sociétal trouve un reflet à travers cet événement.

Mowwgli : Montrouge gagne chaque année en visibilité devenant une véritable rampe de lancement de la scène émergente française avec cette année le jury est présidé par Bernard Blistène et des bourses de production octroyées aux artistes par les partenaires, n’y a t-il pas un risque d’institutionnalisation et d’uniformisation du regard, loin de la vocation de défricheur du départ ?

AB : Le Salon a cette tradition de désigner des lauréats avec le concours d’un Jury présidé l’année dernière par Alfred Pacquement et d’autres personnalités institutionnelles, ce qui donne plus de crédibilité à ses choix. Mais les membres du jury ont des sensibilités et actions qui restent connectées à la scène émergente que ce soit avec Jean de Loisy (Palais de Tokyo) ou Claire Le Restif (Crédac), Aude Cartier (maison des arts de Malakoff), Didier Semin (Beaux Arts de Paris, l’Ecole fournissant un large quota d’artistes), Gaëtane Verna (Power Plant Contemporary Gallery de Toronto), ou Marcella Lista (Ground Zero, partie project room du Centre Pompidou dédié aux jeunes talents). Ce n’est donc pas incompatible.

De plus, nous avons remarqué que des artistes jeunes pour la plupart sont confrontés à un problème de stockage, c’est pourquoi le salon devait répondre à la question de la production des œuvres et ses coûts, certes raisonnables au départ mais multipliés à l’ensemble, finalement élevés. D’où l’idée de s’adresser à des partenaires (dont Gojiki, Invaluable, Françoise, Adagp y compris le Ministère de la culture) qui contribuent à financer des bourses de production pour ces nouvelles pièces, sans contrepartie exigée, le salon restant maître de ses choix.

INFOS PRATIQUES :
62ème Salon de Montrouge
Du 27 avril au 25 mai 2017
Beffroi de Montrouge
2 Place Emile Cresp
92120 Montrouge
Entrée libre
http://www.salondemontrouge.com

 

Suivre l’Agenda des événements : Journée interdite aux parents, après-midi performances..

Votre aide à la visite : l’appli du Salon
(à télécharger dans Apple Store/Google Play)

 

Marc Trivier à la galerie Bernard Bouche

La galerie Bernard Douche est une jolie petite galerie sur deux étages reliés par un escalier en colimaçon. Le photographe Marc Trivier, muni de son vieil appareil, utilise ici la planche contact comme outil de narration et non comme objet de sélection: une démarche intéressante et réussie, chaque photo s’inscrit dans une histoire.

Il impose un style lumineux, à la fois doux et précis et fait de la nature, l’animal et l’homme, les acteurs de son univers intime. Chaque image est un élément du récit qui n’admet pas l’erreur. La brume, la neige et surtout la présence récurrente de l’arbre apporte une dimension onirique. On sent bien dans cette recherche, la quête de la série, de l’histoire, de la vie, de la mort. Et puis quelques portraits, peut-être de trop dans cet univers où lorsque l’on s’approche d’une planche, c’est comme s’approcher de l’arbre de vie.

INFORMATIONS PRATIQUES
Marc Trivier
Jusqu’au 13 mai 2017
Galerie Bernard Bouche
123, rue Vieille-du-Temple
75003 Paris
01 42 72 60 03
http://www.galeriebernardbouche.com
Du mardi au samedi de 14h à 19h

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Ce qu’ils font à leur Corps
En ce moment à la Maison Européenne de la Photographie

Quatre artistes de périodes diverses se retrouvent dans la même maison dédiée à la photographie, chacun dans son espace pour exalter le corps, à sa manière, dans sa matière, et sans frein puisque pour chacun d’entre eux, ce corps est le sien.

Michel Journiac, le plus ancien, figure intellectuelle artistique et provocatrice des décennies 1970 et 1980, disparu prématurément en 1995, revient avec ses œuvres et avec ses pompes : « Messe pour un corps », « Hommage à Freud », « Piège pour un travesti », « 24H de la vie d’une femme », « L’inceste, 1975 », « Le vierge Mère », « Les icônes du temps présent », « Rituel de transmutation du corps souffrant ». Autant de chapitres pour construire entre 1969 et 1994 ce qui apparaît aujourd’hui comme le testament charnel et spirituel d’un officiant transfiguré du travestissement, prêtre intégriste penché sur le corps stigmatisé comme « une viande consciente socialisée », sacralisé dans des performances vampirisant le sang même de l’artiste. Plus proche de la dérision, de la parodie que d’un masochisme aux replis mystiques, le travail de Journiac qui savait en fils BCBG entraîner ses propres parents dans une fable subversive et irrésistible sur l’inceste et la descendance, libère un souffle bienfaisant de légèreté, marquant sa distance avec une société qu’il ne souhaite pas détruire, s’inscrivant dans la scène de l’art en respectant le rite convivial et public de la performance.

Au même degré d’implication, et tout au long d’une œuvre qui voit le jour dans la décennie 1960, ORLAN (en capitales !) commence par investir l’espace spectaculaire ouvert au corps, comme objet fondamental du désir. L’exposition-installation qui occupe un niveau entier de la MEP déploie la longue suite d’autoportraits, des premiers nus flamboyants et provocateurs aux récentes figures manipulées, rehaussées par le numérique et la réalité augmentée. La première partie est dédiée à l’exaltation du corps magnifique livré en pâture au visiteurs-spectateurs, aux amateurs-voyeurs conviés à la fête, sur le fond sonore, très sonore, d’un boniment de foire offrant le baiser de l’artiste pour 5 francs, c’est-à-dire moins d’un euro. Echo lointain de la provoc’ des allées de la FIAC 1977, la réclame du baiser de baraque foraine se mêle hardiment aux références et aux allusions au patrimoine artistique confisqué par la bourgeoisie, à travers des séries érotiques et drôles : « Déshabillage », « Panoplie de la femme bonne à marier », « Tête à claques-jeu de massacre ». La transition au numérique se fait par le passage obligé de l’Art Charnel dont ORLAN pose les fondement en 1990, en recourant à la chirurgie esthétique, en architecte de son propre visage à défaire et à refaire, avec un vrai chirurgien comme maître d’œuvre et le bloc opératoire pour décor, toutes interventions photographiées en séries ou filmées en séquences. Manifeste radical du courant féministe qu’elle défend, appropriation du corps contre une apparence imposée, l’attentat d’ORLAN contre son propre visage détourne une pratique vendue aux femmes qui rêvent d’être moins laides pour accoucher du monstre d’elle-même, monstre de foire, mais de foire d’art contemporain. Le triomphe de l’imagerie numérique devait aux début des années 1990 changer la table d’opération pour la palette graphique et le scalpel pour le logiciel. Le visage un fois rendu à la quiétude, c’était au tour de l’image de se déconstruire en « Self-Hybridations » pour se refaire dans les couleurs festives d’autres cultures, précolombienne ou africaine, une manière de refermer une boucle sur les arts premiers, inspirés du corps dont il leur arrive de se nourrir. Complète, méthodique et sereine, la rétrospective ORLAN montée par la MEP rejoint les expositions qui se multiplient en Europe et dans le monde pour célébrer l’œuvre d’une artiste majeure et solitaire.

En itinéraire à conseiller, le rez-de-chaussée offre avec sa Vitrine une pause avec les autoportraits colorisés, réalisés par Gloria Friedmann à la fin des années 1970 qui marquait aussi sa fin décidée de mannequin de mode. On y accède en traversant le couloir d’écrans vidéo de Shaun Gladwell, « Dance with me video », filmages de danseurs en salle de répétition et de skateboarders en action, le tout sous une bande sonore répétitive de Phil Glass. On est alors prêt pour retrouver Martial Cherrier dans sa dernière production artistique. Puisant toujours son or dans ses archives de culturiste au sommet de sa gloire et de ses muscles, Cherrier donne à ses montages le décor de revues bien plus anciennes que lui, qui exaltaient la sculpture du corps par le défi aux haltères. Le bodybuilding n’était pas loin de séduire l’humanité en imposant un nouveau culte à la beauté, dont, à la suite de l’illustre Palatinus, Martial Cherrier a su faire du grand art.

INFORMATIONS PRATIQUES
• Michel Journiac, L’action Photographique
• ORLAN, En Capitales
• Martial Cherrier, Body Ergo Sum
• Gloria Friedmann, En Chair et en Os
Dance With Me Video
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 20 avril au 18 juin 2017
Maison Européenne de la Photographie
5/7, rue de Fourcy
75004 Paris
http://www.mep-fr.org
Du mercredi au dimanche de 11h à 19h45

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Eric Laurrent : PHOTO-ROMAN à la Havas Gallery

Thierry Grouleaud et Séverine Morel, respectivement manager et curatrice de la Havas Gallery accueillent l’exposition PHOTO-ROMAN, présentée jusqu’à fin mai, dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris.
Chaque semaine, nous vous dévoilerons un module vidéo mêlant photographies et voix. Aujourd’hui focus sur le texte « Un beau début » d’Eric Laurrent.

« La Havas Gallery a pour vocation de valoriser les auteurs et leur richesse créative autour de l’image, de mélanger les genres, de créer une rencontre au-delà des clivages et de l’académisme, de proposer de nouveaux media d’exhibition artistique, d’inspirer et d’éveiller nos clients, de rapprocher les marques des auteurs… Elle suit la révolution esthétique en cours, l’évolution de la place de l’image dans notre société, l’évolution des moyens de création et des moyens d’exposition. » – Séverine Morel

De nombreux auteurs de romans se sont livrés à des descriptions de photos dont on peut penser qu’elles n’ont existé que dans leur imagination. Sur cette idée, la galerie a sélectionné 42 textes littéraires décrivant des photographies et proposé à des photographes une carte blanche pour leur donner vie.
150 photographes d’horizons divers -reportage, publicité, street photography, mode, nature morte…- ont ainsi répondu à notre appel à participation à PHOTO-ROMAN en réalisant la ou les photographie(s) sur le texte de leur choix.

Eric Laurrent, Un beau début
Les Editions de Minuit, Paris, 2016

« « La jeune femme se tient de face, dans une posture déhanchée, la jambe gauche passée par-dessus la droite. Ses bras levés, puis pliés de manière à se joindre derrière le crâne, forment un triangle renversé, qu’occupent presque en totalité sa tête et la masse de sa chevelure ; milongue, celle-ci est partagée par une raie latérale, dont le tracé se perd dans un enchevêtrement de mèches ondoyantes et soyeuses, d’une blondeur changeante, nuancée par endroits de reflets platinés et dorés – posé là par le faisceau tombant de quelque lampe ou projecteur, un cercle lumineux en éclaire le sommet. Son visage, dont un menton pointu, légèrement proéminent, effile l’extrémité de l’ovale, est incliné vers la droite : la peau en est lisse, d’une carnation brune, rehaussée de rose sur les joues ; le nez présente une longue et large arête, un peu cambrée, flanquée d’ailes charnues d’où partent deux sillons obliques, à peine marqués, lesquels viennent mourir à la commissure d’épaisses lèvres, dont la profonde cannelure du philtrum étire l’arc de Cupidon. Des yeux vert d’eau émane une expression vaguement provocante, qu’intensifie le mouvement du sourcil droit, relevé en accent circonflexe, comme pour aguicher le spectateur. Ne la revêtent qu’un boléro cuisse-de-nymphe, sans fermeture, incrusté de motifs floraux en strass, à revers et larges manchettes de soie, et une guêpière homochrome, dont le bord supérieur est orné d’une rose de satin et d’un volant froncé, et le bord inférieur, d’une frise de dentelle blanche, que prolongent deux jarretelles dont les pinces retiennent une paire de bas, couleur chair, agrémentés d’une large bande grise, brodée de grosses fleurs. Ses seins sont nus ; amples et lourds, d’une rotondité parfaite, ils tranchent par leur blancheur sur le teint uniment hâlé du corps ; deux larges aréoles rose-brun, dénuées de pigments, s’en détachent, au centre desquelles les mamelons dessinent une lunule plus foncée. Son mont de Vénus est épilé presque entièrement : de la toison ne demeure plus qu’une petite touffe de poils clairsemée en sa région inférieure, dont la pubescence châtaine se fond dans l’ombre marquant la jonction des plis de l’aine. Une coiffeuse en acajou flammé est placée derrière elle, dont on ne distingue qu’une partie des tiroirs marquetés et une brève portion du cadre de son miroir pivotant ; sur sa tablette de marbre blanc se dresse un petit vase de cristal au long col contenant une rose rouge au bouton encore clos, au pied duquel une autre repose, aux pétales flétris quant à elle ; à leurs côtés sont également visibles un flacon de parfum ambré, prolongé d’une poire en passementerie vieil or, un tube de crème métallique, bossué de petits alvéoles et débouché, un gobelet d’argent où se déploient en éventail plusieurs pinceaux à maquillage, ainsi qu’une pomme rouge orangé, striée et tavelée de jaune, dans la chair luisante de laquelle s’observent les lobes réguliers d’une morsure.
Parmi les milliers de lits au-dessus desquels s’afficha cette photographie reproduite en quadrichromie sur trois feuillets détachables dans la livraison datée du mois d’octobre 1982 de la revue de charme Dreamgirls était celui de Robert Malbosse. Pas un seul instant, cet homme de trente-six ans, qui achevait de purger dans la maison d’arrêt des Baumettes, à Marseille, une peine de réclusion pour trafic de stupéfiants, ne soupçonnerait que la jeune femme dont les généreux appas égayaient les murs décrépis de sa cellule pût être sa propre fille. Il ignorerait même jusqu’à la fin de sa vie qu’il en avait une. »
Avec une photographie de Bruno Juminer.

EXPOSITION
PHOTO-ROMAN
Exposition collective : 42 écrivains, 150 photographes et 54 vidéos
Dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris
Du 28 mars au 31 mai 2017
• Week-end Intense Diagonale le 29 et 30 avril 2017 
Havas Gallery
29/30 Quai Dion Bouton
92800 Puteaux

UNE APPLICATION GEOLOCALISEE

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