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Kasia Stręk, lauréate du Prix Camille Lepage 2018

La quatrième édition du Prix Camille Lepage vient d’être attribuée à Kasia Stręk pour son projet de reportage sur les conséquences du manque d’accès à l’avortement en Égypte, pays où cet acte est illégal. Son prix lui sera remis lors de la soirée du jeudi 6 septembre au Campo Santo à Visa pour l’image Perpignan.

L’Association Camille Lepage – On est ensemble a été créée le 20 septembre 2014, quelques mois après la mort de Camille Lepage en Centrafrique. Cette association a pour but de promouvoir la mémoire, l’engagement et le travail de Camille. CDP Éditions – Collection des photographes a eu la gentillesse de publier le dernier travail de Camille Lepage. L’intégralité des ventes de ce livre a été reversée au profit de l’Association Camille Lepage – On est ensemble. Cette initiative permet donc à l’association de soutenir une partie de ce prix, doté de 8 000 €, pour encourager le travail d’un photojournaliste engagé au long cours. Pour la deuxième fois, la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) s’engage aux côtés de l’Association Camille Lepage – On est ensemble pour financer le prix.

Kasia Strek, membre du collectif lyonnais ITEM, est photographe polonaise basée entre la France et la Pologne. Elle découvre la photographie lors de sa première année des études à l’Academie des Beaux-Arts. Avec une bourse individuelle elle voyage ensuite pour étudier la photographie documentaire à Queensland College of Art à Brisbane en Australie.

Permettant d’allier l’art, les problématiques sociales et sa recherche sur la nature humaine, la photographie documentaire devient progressivement son principal moyen d’expression.

Sa pratique se concentre sur des sujets liés aux inégalités sociales, aux questions environnementales et aux droits des femmes. Elle partage son travail entre des missions pour la presse, les ONG et le développement de projets personnels.

Elle a récemment passé plusieurs mois aux Philippines à travailler sur le développement touristique du pays et l’impact des activités humaines sur les communautés défavorisées et travaille actuellement sur un projet à long terme sur l’accès à l’avortement dans les pays où la procédure est partiellement ou totalement illégale.

INFORMATIONS PRATIQUES
camillelepageaward@gmail.com
https://www.visapourlimage.com/festival/prix/prix-camille-lepage
http://www.collectifitem.com/kasia-strek/

Montpellier : Les activistes de la Panacée-MoCo et Jennifer Caubet au Frac

Pope. L une première en France à la Panacée

Une flaque verte, des têtes grimaçantes face à des miroirs grignotées par des souris de laboratoire, une vidéo (déconseillée au jeune public) façon porno-burlesque, des paquets de cigarette de contrebande, le tout flotte dans une ambiance grinçante et foutraque où le pire côtoie le meilleur.
Né en 1975 et établi à Chicago, l’artiste afro-américain développe une esthétique subversive autour du corps noir masculin comme sujet de fantasmes. Révélé par ses performances rampées, le superman fatigué de « The Great White Way » qui deviennent récurrentes dans son travail et impliquent bientôt des actions collectives, les « Group crawls » impliquant des exclus pour la plupart à des lieux de visibilité stratégique. Ainsi de la protestation et de la résistance il est question de la place de la culture noire dans l’Amérique triomphante blanche.
Ici le cerveau troué de Barack Obama, les « Negro Ideas », la texture gluante qui évolue et rampe sur le sol, le bonnet d’âne dont l’artiste s’affuble, tout dérape et se télescope.

Autre première, la rétrospective de Bob & Roberta Smith

En réalité il s’agit d’un seul artiste qui prend le prénom de sa sœur. Né en 1963, Patrick Brill influencé jeune par la pochette des Beatles, Sgt. Pepper se lance dans l’art du slogan à travers des sortes de puzzles en amas de couleurs vives. Un univers foisonnant dans lequel on se sent désorienté au départ. On part de ses sculptures familiales en forme de légumes pour arriver jusqu’à des actes plus politiques comme sa candidature contre Micheal Grove en 2015, l’épisode de l’incendie meurtrier de la tour Grenfell l’été dernier ou l’interview radiophonique de David Nott, chirurgien en Syrie pendant la guerre.

Amy Winehouse est l’ambassadrice de cette rétrospective, comme symbole et incarnation d’une liberté par l’art.

INFOS PRATIQUES :
• Pope. L
One Thing after Another
Bob& Roberta Smith
ACTIVIST
jusqu’au 26 août 2018
La Panacée – MoCo
https://lapanacee.org

En partenariat avec les Abattoirs, Frac Toulouse (parcours le long du Canal du Midi, Horizons d’eau# 2), le Frac Montpellier, propose « Coordonnées en projection III  » de Jennifer Caubet, une nouvelle partition in situ.

Cartographie, grille modulaire, psycho-géographie, axonométrie, conquête de l’espace, utopies architecturales des années 70 ou art minimal radical d’un Sol Lewitt, sont parmi les enjeux développés par l’artiste.
Cannibaliser, vampiriser l’espace, le réorganiser par la sculpture, y dessiner des alternatives virtuelles et narratives, tels sont les défis qu’elle se lance à travers le tir à l’arc et le dessin à partir de matrices spécialement conçues et pensées. Une écriture à la fois corporelle et tridimensionnelle, performative et mentale, subjective et rigoureuse où le spectateur est invité à jouer sa propre partition.

Jennifer Caubet est représentée par la galerie Jousse Entreprise, Paris.

INFOS PRATIQUES :
Coordonnées en projection III de Jennifer Caubet
jusqu’au 16 septembre 2018
Frac Occitanie Montpellier
4-6 rue Rambaud,
34000 Montpellier
https://www.frac-om.org

Horizons d’eau, parcours d’art contemporain sur le Canal du Midi : les 10 institutions participantes :
https://www.lesabattoirs.org/actions/horizons-deaux-2

Pablo Picasso en 14 dates clés pour mieux ressentir son œuvre

Le Musée Fabre de Montpellier nous donne à voir jusqu’au 23 septembre 2018, une exposition éclairante sur des moments clés de la carrière artistique de l’artiste Pablo Picasso. Inscrite dans le cadre de la manifestation « Picasso-Méditerranée », une manifestation culturelle internationale qui se tient du printemps 2017 au printemps 2019, l’exposition « Donner à voir. 14 moments clés » joue l’audace d’embrasser l’ensemble de la carrière foisonnante du maitre catalan en mettant l’axant sur des dates jalonnantes dans sa pratique créative. Le propos muséographique se double d’une scénographie innovante avec des espaces décloisonnées et une libre circulation à travers les œuvres, permettant un dialogue et une pluralité de confrontation avec le visiteur. Visite dans l’univers de celui qui a déconstruit la peinture et l’Histoire de l’Art.

On pourrait dire « encore une exposition Picasso » et pourtant, le Musée Fabre évite de tomber dans la redite. En dépouillant l’exposition de références historiques et biographiques, il laisse émaner la création pure : la facture, la signature, les inspirations et les différentes techniques de l’artiste catalan. Pas de discours thématique, ni l’évocation d’une période. Un même ton est donné dans chaque « moment », comme autant d’évidence qui nourrissent l’activité artistique de Pablo Picasso. Et quelle activité ! Les 77 œuvres présentées – dont certaines très peu montrées au public- ne sont qu’un panel de sa production : peinture, sculpture, gravure, dessin … Pour une telle évocation, les chefs d’œuvres sont de sortie : le Verre d’absinthe de Berlin (1914) , Nature morte à la chaise cannée (1912), Grand nu au fauteuil rouge (1929)… Assoiffé d’art et de vie,Picasson’aura de cesse de travailler le modèle.

Nourri d’antique, de classique, de maîtres anciens comme Francisco de Goya (1746- 1828), Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867) ou Eugène Delacroix (1798-1863)  qu’il étudie sans copier, à l’instar de cet autoportrait réalisé à 13 ans dans la veine naturaliste espagnole de Diego Vélasquez (1599 – 1660) ou de Bartolomé Esteban  Murillo (1617-1682). Ensuite viennent les toiles de la période colorée bleue, la découverte des statues ibériques, dont l’inspiration est évocatrice dans Les Demoiselles d’Avignon (1907),  et la révélation de l’Arcadie. De ses toiles se dégage une puissance plastique et déjà la pluralité des styles et des techniques émerveillent le spectateur. La période cubiste est la grande conquête artistique qu’il mène avec Georges Braques (1882-1963) et avec laquelle il révolutionne la manière de voir l’objet. Le peintre devient un illusionniste dévoilant une réalité sincère.

A l’intérieur du répertoire créatif du maître catalan, nous retrouvons les images de l’Arcadie rêvée avec les formes voluptueuses et les recherches du néoclassicisme, mais aussi les formes anguleuses, plaintives et des mises en scène grandiloquentes pour dénoncer la guerre, les périodes tragiques et douloureuses. Cette dualité éclate en 1937 dans le face à face entre le Portrait de Marie-Thérèse, une décomposition pimpante et sereine, et le chaos et la souffrance de Guernica.

Son art s’exprime dans différents médiums qu’il ne cesse d’exploiter. Il sculpte le bois, la pierre, modèle la terre. Quand il s’installe à Antibes en 1964, il reprend goût avec l’Arcadie. Son œuvre se teinte d’un dessin naturaliste très élégant. Il continue ses recherches, réinvente sans arrêt une écriture picturale juste. Quelques traits élémentaires signent le corps de manière directe. Les espaces ouverts font des liens entre chaque période. La confrontation du peintre et de son modèle prendre la forme d’une nouvelle facture où la matière éclabousse le support.Il revient aux sujets hispanisants, comme un retour sur sa jeunesse et l’apprentissage de la peinture avec son père. Au soir de sa vie, Pablo Picasso trouve encore la force d’ouvrir des espaces inconnus afin de retrouver toute l’ingéniosité de la jeunesse.

Ces 14 dates – clés nous montrent les métamorphes plurielle d’un génie. L’exposition révèle différents styles comme autant de manière d’ajuster le ressenti et les sensations de l’artiste: touches lisses ou épaisses; lignes hachurées, droites ou ondulées; facture calme, parfois vive. Juxtaposant ou mêlant inspiration primitive, classique, romantique et cézannienne, Picasso réussit le pari d’y tirer l’essence même de son art. Ces « moments -clés » ne sont que des axes de compréhension de l’art de Picasso, le visiteur comprendra rapidement qu’elles sont comme des champs d’expérimentation qui viennent, disparaissent et refont leur apparitions dans la création de l’artiste.  Pablo Picassoconnaissait « le beau métier » et passera sa vie à le désapprendre. L’exposition se clôt sur une période peu montrée, avant sa mort, ou la couleur se fond, éclabousse la toile,  dégouline et la palette se réduit. Encore en recherche le bougre ? Son legs y répond : une quête immortelle.

INFORMATIONS PRATIQUES
Picasso – Donner à voir – 14 moments clés
Jusqu’au 23 septembre 2018
Musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle
34000 Montpellier – France
+33 (0)4 67 14 83 00
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 19h
Fermé le lundi sauf les 3, 10 et 17 septembre 2018
Ouverture exceptionnelle le 14 juillet et le 15 août 2018.
Nocturnes jusqu’à 21h les 20, 21 et 22 septembre 2018.
Plus d’informations ici

La Collection au cœur de cette 28ème édition de L’Été photographique de Lectoure

C’est le rendez-vous estival à ne pas manquer. Bien plus discret que son presque-voisin arlésien, le festival L’Été photographique de Lectoure œuvre à la découverte de la création photographique contemporaine dans son plus large spectre. Cette manifestation à taille humaine propose aux visiteurs une déambulation artistique à travers cinq lieux incontournables du patrimoine lectourois. Cette 28ème édition vous invite dans un voyage temporel, où les histoires s’entrechoquent et font appel à vos souvenirs les plus enfouis, par le biais de la notion de « collection » comme fil rouge…

Cette édition 2018 s’intéresse à des collectionneurs et des collectionneuses, et à travers eux à leurs collections. La collection comme une vision du monde, la création potentielle d’un autre monde. Elle s’intéresse aussi à des artistes qui utilisent plus largement le principe de la collecte dans leur démarche, à des artistes relecteurs d’images et d’objets, à des artistes qui récoltent, sélectionnent, compilent, assemblent des images fixes, des images animées, des sons et des objets.

1 – Au Centre d’art et de photographie

« Une collection est, pour moi, l’aveu que la vie ne suffit pas. » Madeleine Millot-Durrenberger

La Maison Saint-Louis qui accueille depuis 2018 le Centre d’Art et de Photographie de Lectoure, présente la Collection Madeleine Millot-Durrenberger. La collectionneuse strasbourgeoise puise dans  les œuvres acquises ses 40 dernières années, pour créer et raconter des histoires aux visiteurs. Chaque exposition est l’occasion de revisiter sa collection, avec une lecture toute singulière, qui passe également par la réalisation de la scénographie.
Pour cette expo, on retrouvera une sélection de tirages de Patrick Bailly-Maître-Grand, Claude Batho, Valérie Belin, Tom Drahos, Bernard Faucon, Valérie Graftieaux, Gabor Kerekes, Bernard Plossu, Françoise Saur et Josef Sud.

2 – L’ancien Tribunal

Ce bâtiment, qui n’est plus en fonction depuis huit ans, a été construit au XVIIème siècle. Pour l’occasion, il accueille une œuvre inédite de Laurent Fiévet, artiste, collectionneur et commissaire d’exposition. Il s’agit de « Ten », réalisée à partir de dix adaptations de différentes périodes et origines géographiques des Dix petits nègres d’Agatha Christie. L’installation est composée de dix pièces sonores, et de collections d’images épinglées sur les murs d’exposition et constituées par des photogrammes qui déclinent un motif commun dans l’ensemble des films (cordes, armes, bijou, cuisine, cordes, horloges, lit, verres et bouteilles…)  restituant visuellement ce principe de l’inventaire, comme l’inventaire d’une documentation mise en place par des détectives sur des meurtres qu’il conviendrait d’élucider en soulignant la récurrence d’un mode opératoire.

3 – La Cerisaie

La Cerisaie est juchée sur les remparts sud de la ville. Entourée d’un grand jardin, la maison expose l’artiste finlandaise Anu Tuonimen. Son œuvre d’une grande poésie s’inspire du familier et de l’ordinaire. Telle une artisane, elle bricole, découpe, assemble… Anu accumule les objets du quotidien pour les redéfinir à nouveau.
Il y a une espèce de double nature dans tous les éléments qu’elle utilise, amenant le regardeur à une infinité de comparaisons, d’analogies, d’ensembles et de hiérarchies. Une image n’est jamais juste une image, un objet n’est jamais juste un objet. Il y a également une dimension écologique dans cet intérêt pour les objets de consommation courante, des objets trouvés, parfois des déchets, qu’elle recycle et donc valorise.

4 – La Halle aux Grains

Ici, on découvre cinq expositions dans cet espace monumental.
La première « Lectoure 1000 photos avec Bernard Plossu et Serge Tisseron » est un projet expérimental dont le principe est de montrer les résonances et les similitudes entre les œuvres de Plossu, Tisseron et d’anonymes. Une sélection d’images de photographe anonymes glanées et collectionnées autour de plusieurs thématiques chères à Plossu et Tisseron.
Comme un trésor trouvé dans un grenier, l’exposition est présentée comme une installation, où les images sont posées sur des grandes tables.
On s’immerge ensuite dans l’univers de la vidéaste britannique Bonella Holloway. Les œuvres exposées sont des montages à partir de captations d’actions filmées pour leurs sonorités. Ici les captations du réel ne prennent sens que par la force du son et l’utilisation de la répétition comme principe de construction.
Sont présentées deux séries photographiques de l’artiste belge Annabel Werbrouck : Les oubliés I et II. Dans ces deux volets d’un même travail, la photographe redonne vie à des images oubliées pour raconter de nouvelles histoires grâce à de nouvelles associations… Travail qui entre en résonance avec celui de Régis Perray, qui propose une petite sélection de « Le mur des sols », qui est le fruit de presque 20 années de recherches iconographiques sur la mémoire des lieux.
Et enfin, le festival propose aux visiteurs les éditions et installations vidéos de documentation céline duval.

5 – L’Ancien Hôpital

C’est dans l’ancien hôpital que l’on découvre le résultat de la résidence du toulousain Arno Brignon. Le centre d’art a invité le photographe au printemps dernier pour qu’il porte son regard sur la ville. Il a arpenté les rues de Lectoure, pour partir à la rencontre de ses habitants, armé d’un simple sténopé. Les images « venues d’un autre temps », sont exposées et accompagnées de bandes sonores qui relatent des histoires et anecdotes.
On retrouve également l’installation EX_SITU de la compagnie internationale pluridisciplinaire de spectacle vivant OBRA.

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Été photographique de Lectoure 2018
Du 14 juillet au 23 septembre 2018
Centre d’art et de photographie de Lectoure
Maison de Saint-Louis, 8 cours Gambetta
32700 Lectoure
Tous les jours de 14h à 19h
Pass 5€
http://centre-photo-lectoure.fr/festival/ep-2018/

Véronique de Viguerie remporte le Visa d’Or humanitaire du CICR 2018

Le Visa d’Or humanitaire du CICR a été créé en 2011 pour récompenser un.e photojournaliste ayant couvert une problématique humanitaire en lien avec un conflit armé. Cette année, c’est Véronique de Viguerie qui remporte le Prix d’un montant de 8000€ avec son reportage sur le Yémen. Ce sujet rend particulièrement hommage aux femmes yéménites survivant en zones urbaines et assumant, en l’absence des hommes, le rôle de cheffes de famille ou encore de soignantes. Le Prix sera remis lors de la 29ème édition du festival Visa pour l’image Perpignan.

« Ce prix met en lumière de façon poignante l’une des pires crises humanitaires actuelles. En 10 photographies, Véronique de Viguerie rappelle la nécessité de respecter en tout temps et en toutes circonstances les populations civiles et plus généralement, l’action et le droit international humanitaires » – Frédéric Joli porte-parole du CICR en France.

Yémen : La guerre qu’on nous cache

Les tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite amènent les puissances pétrolières du Golfe mais aussi occidentales à détruire le plus pauvre des pays arabes. Épuisés, les Yéménites ne connaissent aucun répit. Depuis le 4 novembre 2017, jour où les rebelles houthis, accusés d’être soutenus par l’Iran, ont lancé un missile sur Riyad, la colère saoudienne s’abat méthodiquement sur Sanaa. Principales cibles, les bâtiments officiels mais également des habitations de civils victimes de « dommages collatéraux ». Les bombardements ne sont pourtant pas l’arme la plus dangereuse. Un blocus, imposé depuis le 6 novembre à une population qui dépendait aux deux tiers de l’aide humanitaire, fait des ravages.

http://veroniquedeviguerie.com

Le jury réuni le mois dernier était composé cette année d’Isabelle de la Gasnerie (La Croix), Lucas Menget (France info), Albéric de Gouville (France 24), Cyril Drouhet (Le Figaro Magazine), Magali Corouge (Causette), Jérôme Huffer (Paris-Match), Magdalena Herrera (Géo) ainsi que de Kathryn Cook-Pellegrin et de David-Pierre Marquet du Comité international de la Croix-Rouge.

http://www.visapourlimage.com/festival/expositions/yemen-la-guerre-qu-on-nous-cache
https://www.icrc.org/fr/document/photojournalisme-veronique-de-viguerie-laureate-2018-du-visa-dor-humanitaire-du-cicr-pour

Cédric Calandraud, doublement primé aux Prix des Boutographies

Les noms des premiers lauréats des Boutographies viennent d’être révélés. Sur les trois prix, deux ont été remportés par le photographe français Cédric Calandraud avec sa série « France 98 ». Il remporte le Prix du Jury qui récompense un jeune photographe européen dont la démarche vise à être encouragée et le Prix Echange Boutographies/Fotoleggendo qui lui promet d’être exposé lors de la prochaine édition du festival partenaire italien.

Le jury était présidé par Viviane Esders (Expert) et composé de professionnels du monde de la photographie : Annakarin Quinto
(Directrice artistique), Anton Kusters (Photographe), Benoit Rivero, (Directeur adjoint des édition Photo poche Actes Sud) et Christian Maccotta (Directeur artistique des Boutographies).

La photographe française Sandrine Elberg reçoit le Prix Coup de Coeur Réponses Photo avec sa série intitulée « Yuki-Onna ».

France 98

J’ai pris ces images durant mon adolescence, entre 10 et 17 ans, dans le village d’Yvrac, dans le sud-ouest de la France, où j’ai grandi. A l’époque, je prenais beaucoup de photos à l’appareil jetable à l’occasion des nombreuses réunions de familles où il y avait toujours quelque chose à célébrer – un baptême, un anniversaire, un mariage…

Ces instants de fêtes n’étaient bien sûr qu’un aspect de notre vie, une échappatoire après la semaine de travail. On ne photographiait jamais les moments les plus durs. C’est d’ailleurs ce qui m’a frappé en redécouvrant ces images empilées dans un coin de ma chambre d’ado. Plusieurs personnes présentes sur ces photos ont été consumées par la maladie ou l’alcool, dont mon père, qui est mort durant cette période. D’autres ont perdu leur maison, leur famille ou leur emploi. Ce sont ces souvenirs qui étaient les plus prégnants dans mon esprit et totalement absents des images.

Afin de retrouver la part oubliée de l’histoire de ma famille, j’ai décidé de me les réapproprier. Puisqu’on ne gardait pas les négatifs, j’ai travaillé directement sur le tirage, parfois déjà endommagé. En rayant des regards, en isolant des détails et des corps, ou en les enfermant dans l’obscurité, je cherche à donner une nouvelle vie à ces images, hors du temps et de leur réalité, avec l’espoir que surgisse ces moments perdus entre les photographies.

Le titre de cette série fait référence à une date symbolique, celle de l’été 98, qui a été un marqueur dans ma vie d’enfant. J’avais à peine dix ans et pourtant je me souviens de cet été comme celui des premières expériences – l’expérience du bonheur, de l?amour et de la mort.

https://www.boutographies.com
http://www.cedric-calandraud.com
https://www.sandrine-elberg.com

Rencontre avec Perrine Gamot, L’Observatoire de l’espace aux Abattoirs

A la suite du dépôt de la collection d’art contemporain de l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du CNES, aux Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse, les deux institutions s’associent pour présenter une nouvelle exposition intitulée Gravité Zéro qui porte sur l’exploration artistique de l’aventure spatiale et la figure de l’artiste en cosmonaute.

L’exposition réunit une trentaine d’œuvres, aussi bien historiques que récentes, réalisées par des artistes internationaux, à l’occasion des éditions Nuit blanche au siège du CNES à Paris ou à l’occasion de résidences artistiques à l’Observatoire de l’Espace, qui puisent directement leur matériau dans les archives du CNES et au contact des milieux et acteurs scientifiques. Ce parcours qui transforme le premier étage des Abattoirs en espace immersif, débute avec un premier ensemble historique de la conquête de l’Espace (Yves Klein, Moon Museum, Alain Jacquet, etc.) et se poursuit au fil des utopies plus récentes à travers films, photographies, dessins, sculptures, installations, marionnettes et machines.

Perrine Gamot, Responsable Programme création et imaginaire, L’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du CNES a répondu à nos questions.

Liste des artistes Halil Altindere, Antoine Belot, Sylvie Bonnot, Marvin Gaye Chetwynd, Raphaël Dallaporta, Johan Decaix, Cristina De Middel, Bertrand Dezoteux, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Cédric Hoareau et Vincent Odon, Alain Jacquet, Eduardo Kac, Yves Klein, Moon Museum (John Chamberlain, Forrest Myers, David Novros, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, Andy Warhol), Loïc  Pantaly, Olivier Perriquet, Bruno Petremann, Jefferson Pinder, Simon Ripoll-Hurier, Romain Sein, Sputniko, Paul Van Hoeydonck, Erwan Venn, Simon Zagari.

Infos pratiques :
Gravité Zéro
du 06 avril au 07 octobre 2018
Les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie Toulouse
Egalement Eduardo Chillida,
la gravedad insistente
www.lesabattoirs.org/

Rencontre avec Marine Lang, déléguée Mécènes du sud Montpellier

Le réseau Mécènes du sud naît en 2003 à Aix-Marseille de la volonté de stimuler la création artistique contemporaine. Ses deux collectifs d’entreprises coproduisent chaque année œuvres, projets et événements, (au total ce sont plus de 140 projets soutenus depuis la création du réseau). Ces entreprises ont l’intuition de pouvoir, au contact de l’art, se libérer du cadre normé de leur activité, et sont convaincues de fertiliser à plusieurs échelles leur environnement.

Au début de l’année 2017, Mécènes du sud devient un réseau présent sur deux territoires : Aix-Marseille et Montpellier-Sète dans une volonté de reproduire ce que les entreprises d’Aix-Marseille sont parvenues à mettre en place : être un acteur à part entière de la scène culturelle locale, en travaillant main dans la main avec les opérateurs existants et en incarnant le lien art et entreprise et être le mécène d’une programmation d’expositions dans un lieu dédié, à travers un appel à projets à destination de commissaires d’expositions indépendants.

Nous rencontrons à Montpellier dans cette belle vitrine, Marine Lang, déléguée Mécènes du sud Montpellier-Sète autour de l’exposition « Dropping Knowledge », d’Alexandra Fau, commissaire lauréate de l’appel à projets 2017.

Infos pratiques :
Dropping Knowledge
Jusqu’au 5 juillet 2018
Espace d’exposition géré par Mécènes du sud Montpellier-Sète :
13 rue des Balances,Montpellier
En savoir plus sur Mécènes du Sud : « des entreprises avec un supplément d’art » charte, valeurs, comité artistique, les mécènes, l’association…
http://www.mecenesdusud.fr/

Emmanuel Latreille « Montpellier n’est pas que la ville de la danse, de la musique ou du cinéma… »

Fondé en 1982 à Montpellier, le FRAC Occitanie Montpellier réunit actuellement 1 445 œuvres réalisées par 470 artistes français et internationaux. Nombre d’œuvres de la collection entretiennent un rapport à l’image et ses enjeux à travers les appareils d’enregistrement de la modernité (cinéma, vidéo, installation, photo) et aussi des mediums plus traditionnels tels que la peinture, la sculpture, le dessin.

 

Emmanuel Latreille, directeur du FRAC Occitanie Montpellier depuis 2003 est diplômé en philosophie esthétique. Il nous a reçu dans ses bureaux en plein préparatifs de sa prochaine exposition, et est revenu sur l’ADN du FRAC et sa vocation au sein du territoire élargi de l’Occitanie alors que se profile le futur MoCo.

La collection du Frac Occitanie Montpellier est propriété de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. Elle est consultable sur le site du FRAC OM et sur le site des Collections des FRAC ( Videomuseum).

Infos pratiques :
A la lumière
du 14 avril au 9 juin 2019
4 artistes de la collection de renommée internationale, 4 œuvres vidéo réunies autour de la mise en situation des corps en action
Œuvres du Frac OM : Ismaïl Bahri, Claude Cattelain (collection de l’artiste), Jesper Just, Adam Vackar
https://www.frac-om.org

Marie Cozette prend la direction du CRAC Occitanie / Pyrénées-Méditerranée à Sète

Portrait Marie Cozette

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, annonce la nomination de Marie Cozette, à la tête du Centre Régional d’Art Contemporain. Elle succède à Noëlle Tissier, fondatrice et directrice du centre d’art depuis avril 1997.

Agée de 41 ans, Marie Cozette dirigeait auparavant le centre d’art contemporain – la synagogue de Delme, en Moselle, depuis 2007.

À ce titre, elle a assuré le commissariat de nombreuses expositions personnelles d’artistes français et internationaux, émergents ou reconnus (Jean-Luc Moulène, Hippolyte Hentgen, Shilpa Gupta, Susan Hiller, Marie Cool Fabio Balducci, Eric Baudelaire, Edith Dekyndt, Yona Friedman, Julien Prévieux, Katinka Bock…) et a accueilli en résidence de nombreux artistes (Anne-Charlotte Finel, Violaine Lochu, Julien Creuzet, Eva Taulois, Dominique Ghesquière…) tout en développant des coproductions européennes avec Bruxelles, Karlsruhe, Saint Sébastien, Milan, Londres, etc.

Diplômée de l’École du Louvre, Marie Cozette est historienne de l’art de formation. De 2003 à 2005, elle a co-fondé et co-dirigé deux lieux d’exposition indépendants à Paris, dédiés à la scène artistique émergeante :The Store, puis Bétonsalon. En 2005 et 2006, elle a été directrice artistique de la box, galerie de l’école nationale supérieure d’art de Bourges autour d’une programmation et d’une publication intitulées « Les formes du délai », signée avec Julie Pellegrin et Keren Detton.

Elle a enseigné à l’école supérieure d’art de Lorraine – Metz la culture générale et l’histoire des expositions en 2014 et 2015. Elle a participé à de nombreux jury (diplômes d’écoles d’art, Biennale de Venise…) et a été membre du comité d’acquisition du Frac Champagne Ardenne en 2015 et 2016.

Depuis 2007, elle intervient régulièrement pour des conférences dans divers contextes en France : Journées professionnelles dans les écoles d’art, Fondation Ricard, FIAC, Centre Pompidou, Printemps de Septembre ; et à l’étranger : ARCO Madrid, Western Front Vancouver, Toronto University, Institute of Contemporary Art de Winnipeg, China Central Academy of Fine Arts – Pékin, Université des arts – Xi’An, etc. 

Marie Cozette prendra ses fonctions au Centre Régional d’Art Contemporain Occitanie / Pyrénées-Méditerranée à Sète, le 1er août 2018.

A LIRE :
Rencontre avec Marie Cozette, directrice du centre d’art contemporain, la Synagogue de Delme