Archives par mot-clé : Paris Photo

Palmarès du Prix du livre Paris Photo – Aperture Foundation 2017

Les Prix du livre Paris Photo – Aperture Foundation ont été remis lors de la foire qui s’est déroulée la semaine dernière sous la nef du Grand Palais. Au total, se sont trois prix qui sont remis pour récompenser le Premier livre, le Livre de l’année et le Catalogue photographique de l’année. Voici le palmarès de cette 6ème édition.

Mathieu Asselin récompensé pour son premier ouvrage !

Le Prix premier livre Paris Photo – Aperture Foundation a été décerné à Mathieu Asselin pour son livre « Monsanto. Une enquête photographique ». On se souvient de son exposition présentée aux Rencontres d’Arles l’été dernier, le livre édité par les éditions Actes Sud, retrace la minutieuse enquête du photographe franco-vénézuélien Mathieu Asselin menée durant cinq années à travers le Viêtnam et les États-Unis. Cet incroyable travail documentaire dresse un portrait accablant des pratiques anciennes et actuelles du géant de l’industrie chimique.
http://actes-sud.fr
http://mathieuasselin.com
Retrouvez la semaine prochaine dans Mowwgli, l’interview de Mathieu Asselin.
Une mention spéciale a été adressée à La Grieta (The Crack) de Carlos Spottorno et Guillermo Abril édité chez Astiberri Ediciones.

Le livre de l’année pour Steidl

Steidl a publié cette année « Le Museum Bhavan » de Dayanita Singh, un coffret de neuf livres-accordéons. Chaque livre propose une typologie d’images trichromes imprimées. Le photographe indienne conçoit Museum Bhavan comme des expositions de voyage miniatures, incluant les séries Printing Press Museum, Museum of Vitrines et Little Ladies Museum.
http://steidl.de
http://dayanitasingh.net

New Realities: Photography in the 19th Century, Le catalogue de l’année

Le catalogue édité à l’occasion de l’exposition présentée au Rijksmuseum d’Amsterdam intitulée New Realities: Photography in the 19th Century remporte le Prix du Catalogue de l’année.
Mattie Boom et Hans Rooseboom ont rassemblé plus de de quatre cents impressions, objets et livres photographiques anciens du XIXe siècle, tirés des collections photographiques du Musée.
https://www.rijksmuseum.nl/en/new-realities

Paris Photo : Martin Schoeller, Inspiring Action

Commande de Pernod Ricard pour le rapport de fin d année, Martin Schoeller a réalisé 18 portraits grand format de 18 personnes du groupe occupant toutes fonctions ayant été sélectionnées sur les 18 000 employés France et monde et envoyées à NY pour se faire tirer le portrait… Portraits exposés à Paris Photo.

Aventure personnelle marquante, deux de ces femmes ont relaté la séance comme un moment intense et juste, une sorte d’accouchement de soi en ayant résulté, une aventure singulière et profonde a marqué les esprits.

Ces 18 visages, femmes et hommes, tous différents au delà de leur nationalité, sont photographiés simplement, sans artifice, ni maquillage, sans effet, à fleur de peau, dans un cadrage identique et une lumière studio « propre » si bien que, définition aidant, les lèvres et les yeux retiennent l attention… L’impression de naturalité est au premier chef, une direction artistique à atteindre, bien au delà d une photographie de commande, marquée Corporate, où l’enjeu est de photographier l’homme dans sa fonction, donc, en principe, plutôt la fonction où comment celle ci habite t-elle celle là, ou cohabite avec celle là.

Ici un visage quasi brut, sans retouche, grain de peau, rides, cheveux et expressions telles quelles, sont la base de l’opération photographique, Martin cherche le vrai visage sous le visage de circonstance, opération vérité en quelques sortes….sans complaisance, Martin enregistre présences et fixité du regard, bouches muettes, parfois interdites, yeux bien au centre du portrait. Aucune fuite du visage n’est permise, c’est un face à face, on peut comprendre que, se retrouvant dans ces positions d’être soi même, sans plus de make up, pour les femmes en particulier, sans embellissements programmés, au bord d’une forme de cohabitation, de confrontation à sa propre image brute, un conflit psychologique ait pu apparaître et que l’habilité de Martin Schoeller à déjouer ce conflit, lui ait permis, finalement d’accoucher ces visages d’eux mêmes, hors du regard social. Entreprise très salutaire à l’heure où toute une photographie cherche à masquer plutôt qu’à montrer, d’où également une forme d’émotion contenue dans l’ objectivation de ces visages, devenants aussi un peu plus étranges à eux mêmes, un peu plus extérieurs, pourrait-on écrire.

….Et c’est beau, esthétiquement, touchant en quelque point, de plus, une tentation anthropologique habite ces portraits qui se raccordent volontiers à toute une tradition de portraits ethnologiques. Il se dégage de chaque image un hommage discret à l humanité, à la communauté des hommes, de toutes races, de toutes couleurs, de toutes conditions. Les traits du sang ne mentent pas, et c’est selon, soit une force, soit une faiblesse.

Travail d’une grande pureté….peut être le sentiment du centrage systématique de la lumière reflétée au centre de chaque pupille, masque t il une lecture identique et identitaire top récurrente, le centre de l’œil et de l’iris ont disparu des yeux, ce qui est bien dommage, à moins qu’on ne l’interprète comme une signature cachée ou un marquage stylistique.
Quoique il en soit de ces portraits à la chromie neutre ,  les teintes et couleurs de peaux, couleurs des yeux, dessins des lèvres, tout signe marquant l’appartenance à une famille, un groupe ethnique, une nation, au delà des nombreuses antécédences et mariages, qui, au fil des siècles et de l’histoire ont marqué les générations et façonnés nos corps actuels, confirment le parti-pris du tout naturel. Martin Shoeller avance vainqueur en ces terres déjà conquises ..de quoi ne pas ternir une réputation largement acquise, bien au contraire…
INFORMATIONS PRATIQUES
Paris Photo
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.parisphoto.com
https://martinschoeller.com

Paris Photo : Interview de Suzanne Tarasiève

Intuitive et rigoureuse, passionnée et combative, fantaisiste et raisonnable, Suzanne rassemble un certain nombre de paradoxes et ne laisse pas indifférent. Faire partie de ses affinités électives est un privilège et cheminer à ses côtés, une expérience rare et précieuse.

Trouvant dans la résilience une philosophie de vie, elle s’est construite seule et peu à peu a gravi les échelons de l’art, de Barbizon jusqu’à ce 2ème espace dans le Marais rue Pastourelle, tout en maintenant son esprit dandy bohème et rebelle à Belleville au Loft 19, dans un format complémentaire.

Elle prend le temps de répondre à nos questions autour de son prochain solo show pour Paris Photo, dédié à l’artiste ukrainien Boris Mikhaïlov (né en 1938 à Kharkov) l’un des plus déterminants de son époque, collectionné par François Pinault entre autre reconnaissance et représentant son pays à l’actuelle Biennale de Venise. Une aventure humaine sans précédent, l’artiste ayant longuement hésité dans le choix des œuvres qu’il montrerait à la foire. Une phase de doute qui « manque à beaucoup d’artistes à notre époque qui ne se posent pas assez de questions persuadés qu’ils sont arrivés », comme elle le souligne. Détermination, énergie farouche et curiosité insatiable sont ses maîtres mots.

Mowwgli : Comment avez vous pensé ce solo show autour de Boris Mikhaïlov pour Paris Photo, manifestation avec qui vous entretenez des liens de longue date ?

Suzanne Tarasiève : Rappelons en préambule que pour moi, Paris Photo est la foire de photographie la plus grande au monde, un carrefour exceptionnel et inégalé de mediums et d’artistes toutes catégories et périodes confondues.

J’insiste à chaque fois sur le contexte scénographique sur mes stands car il est important d’aider la personne à entrer dans l’histoire. Je distribue aussi systématiquement un support de visite avec la liste globale des œuvres. Exposer Boris relève d’un vrai défi économique et engagement personnels sur des sujets très durs. La patience est une vertu que je dois pratiquer à ses côtés, l’artiste changeant souvent d’avis à la dernière minute. Boris va proposer un wall paper à partir d’une grande photo de l’époque nostalgique de l’ex-URSS, une usine avec ses fumées noires qui instaure le climat psychologique de ces années là. Devant ce qui ressemble à un décor, une installation se déploie avec la fameuse série Salt Lake de 1986, prise dans la région de ces mêmes usines. Il faut se rendre compte que ces usines ont construit des lacs pour pouvoir y déverser des déchets toxiques.  Les gens s’y baignaient allègrement. Le quotidien Libération a d’ailleurs consacré une année entière à ce phénomène accablant avec « Une semaine au lac de Slavjansk par Boris Mikhaïlov », en publiant chaque semaine deux photos de la série. C’est encore l’époque de Brejnev avec un régime totalitaire et Boris pour tromper son monde et échapper à la prison, prend des photos sous le registre de simples vacances insouciantes avec ces corps se plongeant dans ces eaux troubles aux vertus soit disant thérapeutiques ou profitant du soleil dans un esprit de liberté qui renvoie à l’été 36 en France. Peu avant la catastrophe de Tchernobyl cette démarche atteint une dimension prémonitoire d’autres désastres écologiques à venir. Elle puise ses sources dans l’histoire de l’art également puisque ces usines ont été construites après Picabia et Rotchenko. Tout est lié chez lui.

Un peu avant en 1932 avec la série Snobisme en Crimée posant déguisé avec ses amis alors que la situation est terrible pour une large frange de la population pauvre que l’on cache au profit des élites, riches qui profitent des ressources industrielles de l’est . Des tensions qui ont refait surface en 2014 autour de la délicate question de la fédéralisation de l’Ukraine. Comme souvent l’artiste a recours à l’humour et de l’autodérision, plutôt que de dénoncer frontalement la réalité.

Pour revenir à Sots Art  il brouille les pistes avec des rehauts de couleur, un titre proche de la dérision (Sots pour stupide), le tout dans une grande pudeur face à la misère. Une fausse légèreté qui me parle tout particulièrement apparaissant souvent comme une personne pleine de folie et de fantaisie alors que je masque une vraie profondeur.

C’est la face cachée de l’iceberg que je ne montre qu’aux gens qui le méritent ! Cette année d’ailleurs les visiteurs vont avoir un choc après le stand doré érotique de l’année dernière avec Juergen Teller et le gris plombant des cheminées de l’Ukraine de Mikhaïlov ! Chaque page est différente et c’est ce qui m’intéresse.

Revenons à l’incroyable rencontre de Boris et la photographie. Viré de l’usine pour atteinte aux bonnes mœurs avec les nus de Véra, petit à petit il colorie des photos artisanalement et se prend au jeu. Un parcours hors norme retracé dans le film et le livre J’ai déjà été ici un jour.

Le dernier projet proposé à partir du tournage épique du film « Dau » second film du réalisateur russe Ilya Khrzhanovsky, biopic autour du physicien soviétique Lev Landau, prix Nobel en 1962. Un tournage héroïque pour les acteurs qui doivent se former auparavant à la réalité du quotidien des usines, et vivre constamment sous la menace d’être renvoyés ! Le Moscou des années 50 est fidèlement reconstitué avec interdiction d’employer des mots qui ne sont pas de l’époque. Coproduction entre plusieurs pays européens, Dau a été retenu pour l’Atelier du Festival de Cannes en 2006. Le film n’est pas encore sorti…

Les 20 photos des personnages du film s’appellent Soviet collective portrait de 2011 répondant parfaitement aux enjeux des séries précédentes sous l’époque Brejnev. Par son talent, le collectif se met alors au service de l’individu et non le contraire comme c’est le cas sous l’ère communiste.

Dans une note explicative l’artiste résume ses questionnements à propos de ses allers et retours avec la mémoire. Un photographe doit-il et peut-il toucher au passé ? et quelle part la fiction y apporte. Dans ses scènes où des personnages s’aident pour prendre la pause selon la tradition populaire du « portrait collectif »sous de grands carrés blancs qui évoquent Malevitch, quelle vérité se dégage de ce passé reconstitué, ce remake de l’histoire ? A cette épreuve de véracité la fiction et la réalité jouent une étrange partition, comme les deux sœurs jumelles d’un même récit. Par son talent, le collectif se met alors au service de l’individu et non le contraire.

Mowwgli : Quelle place Paris garde t-elle selon vous en terme de marché de l’art (photo et contemporain) ?

S. T. : Paris reste la plaque tournante de l’art contemporain et de l’histoire avec ce phénomène de concentration extraordinaire d’événements majeurs tels que la rétrospective Gauguin, le MoMa à la fondation Vuitton, David Hockney au Centre Pompidou, la Fiac.

J’ai l’impression que le marché reprend et les américains reviennent après les évènements traumatiques que l’on a connus.

L’extrême connaissance et professionnalisation des collectionneurs est un phénomène à souligner, de même que la croissance du nombre d’advisors.

Mowwgli : Vous participez également à Art Düsseldorf ce mois ci, pourquoi et en quoi cette scène très importante dans les années 50 l’est-elle toujours aujourd’hui vous qui avez toujours entretenu des liens forts avec l’Allemagne ?

Suzanne Tarasiève : En effet et Baselitz en est le premier artiste que j’ai rencontré.

Je ne participe pas à Art Cologne cette année même si je l’apprécie pour sa grande qualité mais incompatible avec les dates de Art Bruxelles. Je présente à Düsseldorf Juergen Teller en solo show. Avec Juergen nous avons tous les deux fait une rupture avec notre milieu familial, de même pour Boris avec qui j’entretiens de nombreuses coïncidences : mon père portait le même prénom et mon grand père bolchévique était contremaitre des usines de la même ville que celles exposées.

L’aura de toute cette école de Düsseldorf se perpétue encore.

Nos prochaines foires :

Après Düsseldorf, nous faisons Drawing Now, que j’aime particulièrement, puis Art Brussels. Nous reprendrons pour une 3ème année notre espace d’exposition place du Chatelain, au numéro 37.

Et surtout je vais faire célébrer mes 40 ans de galerie, en 2018 en organisant une grande fête, comme je les aime.

Revoir le documentaire « Suzanne Tarasiève vocation galeriste », diffusé en 2016 à l’occasion de la foire Galeristes.

INFOS PRATIQUES :
Paris Photo
Solo show de Boris Mikhaïlov
Stand B14
Du 9 au 12 novembre 2017
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.parisphoto.com/fr/Exposants

En parallèle,
A la galerie du Marais : Sigmar Polke
Au Loft : Baselitz aux Gobelins

Paris Photo en 10 étapes incontournables

Des stands tirés au cordeau (la rigueur allemande sans doute héritée par Christophe Wiesner), rien qui fâche (exit le documentaire et on se demande de quel côté penche Pascal Convert et sa remarquable incursion en Afghanistan à l’aide de drones, tant ces falaises de Bâmiyân en deviennent esthétiques, Gilles Caron et mai 68 évoqués par School Galerie O.Castaing font exception dans le secteur Prismes) une approche volontiers conceptuelle et des propositions cohérentes et très construites, telles sont les premières impressions de cette 21ème édition de Paris Photo, de qualité irréprochable.

Emergence encore timide de ces nouvelles écritures photographiques pourtant annoncées, notamment avec le programme de vidéos dédié mais pourquoi avoir besoin de l’isoler, alors que les artistes aujourd’hui ne se posent plus la question en terme de frontières entre les mediums et pratiques, c’est d’ailleurs tout l’enjeu du solo show d’Evangelia Kranioti par Vincent Sator (notre interview) dans cet espace totalement immersif.

Plusieurs tendances s’observent : retour au classicisme et noir et blanc (Isle Bing chez Karsten Greve), les vintages petits formats, les manipulations aléatoires à partir de techniques archaïques artisanales (Sigmar Polke peintre au départ, chez Sies + Höke, se livre à des expériences inédites sur le medium, de même avec Kiki Smith et le cyanotype chez Pace), le lien art et sciences, la recherche de la matérialité, la question de la performance et du corps (Bettina Reims et les Femen chez Xippas qui trouve un écho certain en ces temps de grandes révélations) ou les préoccupations environnementales.

The light of the world, 2017 © Kiki Smith; courtesy Pace and Pace/MacGill Gallery

L’incursion des marques et du luxe est aussi un phénomène grandissant et cette année c’est Karl Lagerfeld qui signe un parcours en 100 coups de cœur, très glam’ et black & white.
Un signal est lancé cette année aux étudiants des écoles d’art avec cette carte blanche offerte à 4 d’entre eux par laquelle nous commençons cette sélection de 10 œuvres révélatrices.

Po-I Chen

Beyond Gallery convoque 3 photographes autour des catastrophes naturelles de Taïwan (tremblements de terre, typhons, pluies diluviennes) avec « Images d’un pays défunt » Si les vues de Shun-Fa Yang séduisent par leur format en éventail, Po-I Chen (scientifique) avec l’utilisation du cadre dans le cadre s’avère plus percutant.
Il renvoie à l’instant cruel où tout bascule à partir de ces cicatrices et brèches dans les murs. Inondations mais aussi expulsions forcées sont les théâtres de ces investigations dans une société en plein bouleversement.
(Voir visuel ci-dessus)

Asger Carlsen, V1 Gallery Copenhague

Untitled Sample, 2017 © Asger Carlsen / V1 Gallery

Né en 1973 au Danemark, Asger a commencé sa carrière pour le monde de la publicité jusqu’au moment où il a l’intime conviction que sa photographie avait des qualités esthétiques réelles.
Ne vous fiez pas aux apparences devant ces décors banals et couleurs pastels, il y a de la malice dans ces distorsions des corps et des organes. Comme dans une réalité hallucinée qui dérange et déroute le regard.

Alexey Shlyk et la plateforme émergence

The Appleseed Necklace 2016-17 © Alexey Shlyk

Parmi les 4 sélectionnés en association avec Picto Foundation et Gares & Connexion (SNCF) Alexey Shlyk, né en 1986 à Minsk (Biélorussie) prix Levallois 2017, et ses mises en scènes à partir de ses souvenirs d’enfance touchent par leur côté burlesque et nostalgique. Tel un scaphandrier ou archéologue du temps présent, l’artiste avec ce masque de plongé fait de récupération, rappelle que les temps furent durs et les privations nombreuses dans l’ex-Union Soviétique.

Panos Tsagaris, Kalfayan Galleries (Athens)

November 22 2016, 2017 © Panos Tsagaris /
Courtesy Kalfayan Galleries, Athens – Thessaloniki

Né en 1979 à Athènes, Panos Tsagaris est fasciné par l’idée de purification telle qu’elle apparaît dans différents mythes. Se saisissant de feuille d’or il agit en alchimiste pour recouvrir partiellement les couvertures de la presse mondiale en écho avec la crise que traverse son pays d’origine. D’autres fois il utilise son I-phone pour son pouvoir réflexif dans des installations qui mêlent la gravure et la photographie. Son questionnement principal concerne le divin.

Marina Gadonneix, Christophe Gaillard, Paris

Black hole collision, 2016 © Marina Gadonneix

« Black hole collision, 2016″A partir d’une liste de phénomènes naturels (supernova,séisme, soleil, atmosphère, système solaire, tornade, tremblement de terre, trou noir..) le projet de Marina Gadonneix (née ) s’écrit en plusieurs chapitres de l’intérieur de laboratoires résolument vides et clos. Une rigueur méthodologique fruit de mises en scènes précises qui fait le lien entre art et sciences. Au delà de l’aspect minimaliste de telles images, se cachent des indices pour nous mettre sur la voie de ce qui reste de l’ordre de l’invisible et de l’imaginaire.

Meghann Riepenhoff, Yossi Milo Gallery New York

Ecotone 2017 © Meghann Riepenhoff / Yossi Milo Gallery
Littoral Drift Nearshore 2015 © Meghann Riepenhoff / Yossi Milo Gallery

 

Ecotone 2017 © Meghann Riepenhoff / Yossi Milo Gallery

 
Travaillant au cyanotype, Meghann Riepenhoff utilise les éléments naturels tels que la pluie, les vagues, le sel marin, le vent, pour interroger le temps et la fragilité des choses et l’impermanence en photographie. Fortement marquée par Anna Atkins et Sugimoto elle se saisit de la technique du cyanotype reliée au paysage et ses variations imprévisibles. Le bleu pour ses qualités sensibles et émotionnelles lui parle particulièrement. Toutes les étapes du processus de métamorphose au bord de l’océan sont enregistrées.

Andres Serrano, Nathalie Obadia Paris/Bruxelles

Cristina, Miramar, Havana (Cuba),
2012 | St. Michael’s Blood, Part I, Part II
(Immersions) , 1 © Andres Serrano / Galerie
Nathalie Obadia
Blood and Semen III
(Bodily Fluids), 1990 | Milk Cross (Bodily Fluids), 1987 © Andres Serrano / Galerie
Nathalie Obadia

Artiste engagé et portraitiste virtuose, Andres Serrano puise son inspiration dans les grands maîtres de la peinture de Velázquez à Caravage, Manet, Titien ou Courbet. La galerie Obadia organise conjointement à Paris Photo une ambitieuse exposition de 40 œuvres au Petit Palais mises en regard des collections des Antiques, à la Renaissance, en passant par le Barroque, le réalisme et les compositions religieuses dont il aime à déjouer les codes . Exclus de la société NomadsResidents of New York et Denizens of Brusselsou Torture (2015) et Blood on the Flag pour l’après 11 septembre voisinent avec les séries Native Americans , America ou Cuba pour dire nos peurs, excès et frustrations et donner de l’Amérique une vision loin du politiquement correct. Ses aspirations métaphysiques prennent le dessus dans la 2ème partie du parcours.

Tom Wood, Sit Down Paris

L’irlandais a consacré une large partie de sa carrière à capter ses voisins de Liverpool, pratiquant la photographie de rue comme un poète. Encore peu connu en France sa galerie parisienne nous offre de somptueuses tranches de vie, la foule près d’un pub, deux pin-up assises sur le capot d’une voiture, des jeunes au night club en plein baiser, l’embarcadère du ferry..et en arrière plan des signes implacables de ces années Thatcher.

Almeida Helena : Collection Helga de Alvéar par Marta Gilli

Almeida Helena Margarida Matos Vasconcelos, Para une enrequecimineto interior, 1976
© Adagp, Paris

Collectionneuse d’origine allemande installée à Madrid, Helga dirige sa galerie tout en alimentant sa passion. Choix de la directrice du Jeu de Paume d’une cinquantaine d’œuvres à partir d’une phrase de Virgile, « des objets qui pleurent ».
Figure majeure de l’art contemporain, Helena Almeida (née en 1934 à Lisbonne) part de son corps comme support exclusif de ses recherches. Elle se met à la photographie quand elle considère qu’elle a atteint les limites de la peinture, puis décide de mélanger les deux. Revêtue d’attributs féminins elle se met en scène dans des décors réduits au minimum, mimant la séduction ou d’autres postures sexuées. Elle qui passe son enfance à servir de modèle à son père sculpteur, devient son propre sujet.

VB 62/SPASIMO PALERMO – Vanessa Beecroft – 26” – 2008

Née en 1969 à Gênes, Vanessa Beecroft après les podiums des défilés (nombreuses collaborations avec l’univers de la mode) fréquente les églises. Ses performances reprennent le même protocole à chaque fois, des femmes à demi nues en situation de passivité, silencieuses et statiques comme pour dénoncer celle ressentie dans leur vie.

Une démarche féministe qui passe par le corps et la sculpture, son terrain d’étude. La performance VB62 réalisée dans l’église Santa Maria dello Spasimo de Palerme est immortalisée par une grande photo sur le stand de la galerie et un film projeté dans l’espace MK2. On sent l’influence de la statuaire sicilienne. Que cela soit pour Sisley, Todd’s, LVMH ou dans un musée, on assiste de nouveau à un mélange des genres.

Mention spéciale au concours lancé par Estée Lauder, nouveau partenaire de la foire, le Pink Ribbon Photo Award. Exposition des finalistes et remise des prix par un Jury d’experts, composé de professionnels du monde le la photographie et de personnalités engagées dans la lutte contre le cancer du sein.

Le livre des six éditions du concours (2012-2017), édité spécialement à l’occasion des 25 ans du Ruban Rose, a été lancé officiellment lors de cette remise de Prix. Il est disponible sur le stand des Éditions Xavier Barral jusqu’au 12 novembre.

INFOS PRATIQUES :
Paris Photo
Du 9 au 12 novembre 2017
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.parisphoto.com

Rencontre avec Vincent Sator, Paris Photo 2017 (Prismes)

De formation littéraire, Vincent Sator a pris des chemins détournés pour trouver sa voie de galeriste. Après les ors du Ministère de la Culture et deux tentatives au concours de conservateur de patrimoine, il réalise que les allées toutes droites ne sont pas pour lui ! Il se lance dans une première aventure en avec « Blue Square » comme co-directeur avant que la crise de 2008 ne le rattrape. Loin d’être découragé, il ouvre seul en 2011 dans le marais, Passage des Gravilliers un espace à vocation internationale. C’est là que je le rencontre avec l’artiste Raphaël Denis exposé actuellement. Vincent répond à mes questions avec cette élégance et précision du langage qui le caractérisent.

Mowwgli : Pourquoi avoir choisi Evangelia Kranioti pour ce solo show qui vous permet d’intégrer le secteur Prismes/Paris Photo et quels en sont vos objectifs ?

C’était une évidence par rapport à sa démarche et aussi le fruit d’une rencontre avec Christophe Wiesner directeur artistique de la foire qui a vu à la galerie l’exposition d’Evangelia *L’Extase doit être oubliée, au printemps dernier, (photos et sa vidéo qui a remporté le prix Loop) aboutissant sur un échange autour d’un projet présentant cette double écriture. Ou comment montrer par rapport à d’autres propositions plus classiques dans leur approche, une autre forme d’art contemporain.

Mowwgli : Quelles évolutions récentes avez-vous noté dans le secteur et marché de la photo élargie au rapport contemporain à l’image, votre ADN ?

A mon avis il y a plusieurs phénomènes. D’une part et on le remarque depuis de nombreuses années, on assiste à une reconnaissance progressive et manifeste par le marché de la photographie. Des foires comme Paris Photo montrent qu’il s’est consolidé et affirmé pour devenir aujourd’hui un curseur décisif face à un moment très important du marché ici mais je le vois aussi à l’international avec des galeries qui travaillent en Chine et ailleurs. Parallèlement j’avais tendance à penser que ce marché se développait à côté de l’art contemporain. On observait et encore aujourd’hui des dynamismes et façons de collectionner différents. On sent au contraire à présent et grâce notamment à l’action de Paris Photo que les démarches se recoupent, que la photographie est une pratique qui fait partie intégralement de l’art contemporain et par conséquent introduit des écritures différentes : photographie plasticienne, documentaire, support photographique utilisé pour des installations etc. Cette ouverture des champs est d’ailleurs un moteur assez excitant !

Mowwgli : Où en sont les collectionneurs face à ce phénomène de valorisation de la photographie par rapport à l’art contemporain ?

Il y a encore ce doute qui persiste chez les collectionneurs face à la multiplicité et les éditions et je peux être confronté en tant que galeriste en art contemporain parfois à une résistance assez forte de la part de certains collectionneurs qui peuvent avoir une émotion assez puissante vis à vis d’une œuvre photographique et ne pas vouloir l’acheter du fait de l’absence d’unicité. Cela incarne un certain rapport à l’objet et rapport à la collection ; pourquoi on achète, pour l’émotion, pour l’appropriation ? Tout ce questionnement se travaille mais reste sous-jacent.

Mowwgli : Comment jugez-vous la place des artistes émergents français à l’international et quels seraient les axes à développer en ce sens  ?

Déjà au niveau national il y a très peu de liens entre les universités et écoles d’art et le marché. J’ai même l’impression (peut-être est-ce un fantasme ?) que les jeunes artistes sont entretenus dans une distance, voir un désintérêt quasi total par rapport au marché. J’ai suivi un parcours universitaire classique (Sciences Po et histoire de l’art) avec une distanciation du monde de l’entreprise, ce qui est un vrai problème en soi. J’ai pu intervenir à l’Ecole des Beaux-Arts de Nîmes il y a quelques années et on sentait bien à l’époque que les étudiants avaient besoin de tout découvrir. Mon sentiment est que quand vous êtes dans une école comme les Beaux-Arts vous êtes très suivi et accompagné mais à la sortie qu’est ce qui se passe ? J’ai du mal à comprendre pourquoi les galeristes sont peu associés à la vie des écoles d’art pour qu’un accompagnement intelligent se mette en place.

La question internationale est bien entendu cruciale également. Une des choses magnifiques de la culture française est cette appétence pour l’universalisme qui fait que l’on peut défendre aussi des artistes français que sud-américains, chinois, italiens… On sent une curiosité permanente chez tout le monde pour les scènes étrangères. C’est une très grande force, c’est l’école de Paris qui participe de l’attractivité française. Rappelons que Léonard de Vinci était italien à son arrivée en France.

Cette ouverture sur le monde est au cœur de notre identité.

La contrepartie c’est que n’avons pas ce sentiment protecteur vis à vis de nos artistes, de peur du chauvinisme, que les autres pays pratiquent. La Suisse par exemple avec l’agence Pro-Helvetia extrêmement dynamique, les Etats Unis avec l’exposition du MoMa à la fondation Vuitton qui rappelle les grandes expositions financées par le gouvernement américain en Europe comme stratégie culturelle. L’Italie ou la Chine également. Nous restons dans une sorte d’ambivalence plus intellectuelle que politique face à cette situation. Faut-il garder cet universalisme à la française ou faire évoluer les mentalités ? Il y a vraisemblablement un équilibre à trouver.

Mowwgli : Pour revenir à Paris Photo à partir de quel moment jugerez-vous l’ expérience positive ?

C’est déjà le cas et le challenge est de taille avec un stand de plus de 40m² dans le secteur Prismes sur lequel on travaille considérablement sur une vraie installation immersive autour de la photographie, du son. C’est divinement stimulant pour l’artiste et moi ! On note déjà chez les collectionneurs beaucoup de curiosité, d’envie, d’excitation et de soutien. Et en plus en terme de couverture médiatique on a déjà eu les honneurs de magazines comme Art Press, Le Monde, Sotheby’s…Une visibilité très forte que l’on n’aurait pas nécessairement sinon.

Bien sûr la gageure et l’engagement financier sont énormes, c’est la foire la plus chère que je réalise mais je suis convaincu de sa pertinence et la justesse de ce que nous ambitionnons.

Mowwgli : Question subsidiaire (et non des moindres) – Quels conseils à donner à un jeune galeriste qui souhaite se lancer ?

Un travail acharné et passionnant. L’engagement et bien comprendre, notamment dans l’époque dans laquelle on vit, que c’est un travail à très long terme. C’est quelque chose que l’on construit, qui prend du temps, que l’on met en œuvre avec conviction, passion et envie avec un vrai esprit d’endurance. A mon niveau cela porte ses fruits maintenant de manière beaucoup plus intéressante qu’il y a quelques années, ce qui a le mérite d’avoir du sens.

Pour résumer les qualités au quotidien :
L’engagement, l’endurance et aller jusqu’au bout de sa pensée et son intégrité.

INFOS PRATIQUES :
Paris Photo
Stand N° P06 (Prismes)
Du 9 au 12 novembre 2017
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.parisphoto.com/fr/Exposants
• A la galerie : EUROPA, Raphaël Denis
Poursuivre avec ma prochaine interview avec lui.
https://www.galerie-sator.com/

Paris, Capitale de la Photographie

Cette semaine Paris, célèbre la photographie ! Aujourd’hui, au Grand Palais, la 21ème édition de Paris Photo est inaugurée. L’occasion pour le public de découvrir les 160 galeries venues du monde entier pour exposer leurs œuvres emblématiques. Mais l’attention se porte également sur d’autres foires parisiennes qui débordent d’énergie pour proposer des événements de qualité. Petit tour d’horizon…

Une première édition pour A PPR OC HE

A l’initiative de cette nouvelle manifestation, trois femmes : les deux fondatrices Emilia GenuardiSophie Rivière et une curatrice artistique Léa Chauvel-Lévy. L’événement se veut confidentiel, puisqu’il se fait uniquement sur réservation. Vous pourrez découvrir 13 approches contemporaines du médium photographique dans le cadre intime d’un hôtel particulier situé en plein cœur de Paris.
A lire : http://mowwgli.com/25017/2017/10/03/lea-chauvel-levy-presente-nouveau-salon-photographique-approche/

INFOS PRATIQUES :
Salon Approche
Du 9 au 12 novembre 2017
40 rue Richelieu
75001 Paris
Sur invitation et sur réservation uniquement
http://approche.paris/

Paris Vintage Photobook, un salon pour les collectionneurs de livres rares

Direction l’Hôtel de Sauroy, pour partir à la rencontres de libraires européens passionnés. Ces derniers proposent de découvrir une sélection de livres de collection rares et épuisés. Avec cette foire, ils souhaitent mettre en évidence la diversité, les spécificités de ces livres et leur rendre la place qu’ils méritent au sein du marché, et les remettre entre les mains des collectionneurs qui accordent de la valeur aux livres de photographie de qualité.

INFOS PRATIQUES :
Paris Vintage Photobook
Du 9 au 12 novembre 2017
Hotel de Sauroy
58 Rue Charlot
75003 Paris
Entrée libre
http://paris-vintage-photobook.com

Fotofever, la foire des Jeunes Collectionneurs

Le Carrousel du Louvre accueille depuis six ans, la foire Fotofever initiée par Cécile Schall. Poussée par le désir de rendre accessible l’acte d’achat des jeunes collectionneurs dans le marché de la photographie, Cécile a réuni près de 80 galeries internationales venues présenter des artistes émergents. Cette année, nous pourrons découvrir l’appartement du collectionneur. Conçu spécialement pour l’occasion, la foire proposera une sélection d’œuvres à moins de 5000€ à acquérir dans un contexte innovant de 200m2.

INFOS PRATIQUES :
Fotofever
Du 9 au 12 novembre 2017
Carrousel du Louvre
99 rue de Rivoli
75001 Paris
12€ en ligne / 15€ sur place
http://www.fotofever.com

Polycopies, place à l’édition

Quatrième édition pour le salon des éditeurs et libraires Polycopies.
Fondée et dirigée par Laurent Chardon et Sebastian Hau, Polycopies est une association de diffusion et de promotion de l’édition photographique qui se transforme à l’occasion de Paris-Photo en une grande librairie éphémère de 4 jours, espace pleinement dédié aux livres de photographies.

INFOS PRATIQUES :
Polycopies
Du 8 au 11 novembre 2017
Bateau Concorde-Atlantique
Berges de Seine – Port de Solferino
75007 Paris
http://www.polycopies.net

Offprint, le salon des éditeurs indépendants !

Créé en 2010 par Yannick Bouillis et repris en 2015 par la Fondation LUMA, Offprint est une plateforme de soutien aux éditeurs indépendants en art et design, organisant deux rassemblements par an : Offprint London et Offprint Paris – une bibliothèque itinérante et une librairie au Parc des Ateliers (LUMA) à Arles, France.
A l’occasion de Paris Photo, venez découvrir 120 éditeurs du monde entier au Palais des Beaux-Arts.

INFOS PRATIQUES :
Offprint
Du 9 au 12 novembre 2017
Palais des Beaux-Arts
14, rue Bonaparte
75006 Paris
5€
http://offprint.org

AKAA, l’Art contemporain Africain à l’honneur

La deuxième édition d’AKAA (Also Known As Africa) se tient du 10 au 12 novembre au Carreau du Temple. Comme l’an passé, la photographie tiendra une grande place dans cette manifestation consacrée à l’art contemporain africain.
AKAA est à l’image d’une Afrique aux multiples facettes, qui transcende les frontières historiques et dont les voix résonnent aux quatre coins du monde, portées par la vision de chaque artiste.
A lire : http://mowwgli.com/27923/2017/11/06/rencontre-victoria-mann-fondatrice-dakaa/

INFOS PRATIQUES :
AKAA
Du 10 au 12 novembre 2017
Carreau du Temple
4 Rue Eugène Spuller
75003 Paris
16 € (plein), 8 € (réduit)
http://akaafair.com/

Parcours Photo Saint Germain

Jusqu’au 19 novembre, galeries et institutions du quartier de Saint-Germain-des-Prés se réunissent pour proposer un parcours dans le cadre de la manifestation Photo Saint Germain dirigée par Aurélia Marcadier et Virginie Huet. Au programme, une direction artistique riche et variée. Toute cette semaine, dans Mowwgli, nous vous proposons chaque jour, la sélection d’une exposition.
A lire : http://mowwgli.com/27548/2017/11/03/inauguration-festival-photo-saint-germain/

INFOS PRATIQUES :
Festival Photo Saint Germain
Parcours 42 expositions
Du 3 au 19 novembre 2017
http://photosaintgermain.com

2ème édition pour GESTE

GESTE Paris est heureux d’annoncer sa deuxième édition, intitulée Matérialité Photographique, une exposition de photographies expérimentales organisée par Marc Lenot (critique d’art), Georg Bak (galeriste) et Shiva Lynn Burgos (artiste) dans le cadre convivial d’un appartement parisien et offre un espace de réflexion et de dialogue.
Marc Lenot, présentera son livre : Jouer contre les appareils, Editions Photosynthèses, 2017, 224 pages, 55 photographies, 25 €.

INFOS PRATIQUES :
GESTE
Du 6 au 12 novembre 2017
10 rue Croix des Petits Champs
75001 Paris
Tous les jours, de 12h à 18h puis du mercredi au samedi, de 12h à 18h
Du 15 novembre au 2 décembre 2017 uniquement sur rdv :
rsvp@gesteparis.com

Vous souhaitez connaître la programmation des expositions parisiennes cette semaine ?
Rendez-vous sur notre agenda
http://mowwgli.com/evenement/

Paris Photo : Interview de Silvia Bonsiepe & Sebastian Klemm (Klemm’s)

La 21ème édition de la célèbre foire internationale Paris Photo ouvre ses portes aux professionnels dès demain et au public ce jeudi 9 novembre. Aujourd’hui, nous vous proposons de partir à la rencontre de Silvia Bonsiepe et Sebastian Klemm, directeurs de la galerie Klemm’s basée à Berlin. Cette dernière fête cette année son 10ème anniversaire.

Entretien en anglais.

Mowwgli : What do you think of the recent evolution of the market ?

Silvia Bonsiepe & Sebastian Klemm : Any market is always very volatile and not reliable. The art market is here no exception. The question will be in how far quality fights its way through the oversupply of art that is currently on the market. And here the role of individual decision making comes into play versus following the general crowd. We do believe that personal experience and direct encounter with an artwork still is absolutely valid – so, physical gallery spaces and art fairs are still feasible places to show, discuss and buy/sell art. Photography is currently definitively enjoying a considerable up-swing in the market. We see more and more collectors who we know through other ‚media‘ (painting, sculpture) getting seriously interested in photography. Especially if it is conceptually grounded and formally and aesthetically fresh and unique. We are very optimistc that this is developing even more in the coming years as photography is the medium of our times and institutions are buying as well on earlier stages of an artist’s career.

Mowwgli : What are your challenges for Paris Photo 2017 ?

S. B. & S. K. : The artists that we will have with us are currently enjoying a growing level of attention and are having important pieces in solo or group exhibitions all over Europe parallel to Paris Photo 2017. They are represented in established institutional and private collections and we are looking forward to widening this circle of attention. We have developed very good relations with a number of collectors – from France and abroad – and we hope to foster and further tighten them. Paris Photo is a good place for this as it offers a very professional and concentrated atmosphere throughout all days of the fair. We are bringing very strong pieces from the artist we represent to Paris and are sure this wil find good resonance.

Mowwgli : How will you organise the dialogue between the 5 artists shown ? 

S. B. & S. K. : For Paris Photo 2017 we will present new and current works by Viktoria Binschtok, Adrian Sauer and Gwenneth Boelens in dialogue with selected vintage prints by pivotal artist Jan Groover. The presented pieces are loosely linked to the terms ‘fragments’/ ‘p-a-r-t-s’. Our times are marked by the phenomena of ‘selective attention’ and ‘layered information’. And the works in our presentation are responding to that notion with their respective visual, formal and conceptual rigor. Viktoria and Adrian are stepping into the spotlight as two of the most prominent young artists working in the field of conceptual photography / image making in Germany. Their work is very much at the centre of critical disourse in the field of contemporary photography and has been shown and collected by numerous institutions and public collections in recent years. Dutch artist Gwenneth Boelens is working on the fringes of classical photography – emplyoing ancient and traditional techniques in her highly poetic and subtle work. Finally Jan Groover – a pivotal and highly influential figure for the current generation of artist – will be present with rare, extremely beautiful vintage prints, which can be seen as conceptual grounding for the free, artistic approach to the medium, shared by all artists in our presentation.

INFORMATIONS PRATIQUES
• Klemm’s
Prinzessinnenstraße 29
10969 Berlin
Allemagne
http://klemms-berlin.com
• Paris Photo
Klemm’s Stand D23
Artistes exposés : Gwenneth Boelens, Viktoria Binschtok, Jan Groover et Adrian Sauer
Du 9 au 12 novembre 2017
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.parisphoto.com/fr/Exposants/3732221/KLEMMS

Paris Photo : Rencontre avec Florence Bourgeois & Christoph Wiesner

A la veille de l’inauguration de la 21ème édition de Paris Photo, nous avons rencontré Florence Bourgeois & Christoph Wiesner, les deux directeurs de la plus importante foire internationale de photographie. A la tête de la manifestation depuis 2015, les co-directeurs nous parlent de cette nouvelle édition avec notamment l’arrivée d’un espace consacré à la vidéo.

Mowwgli : Quels temps forts pour cette 21ėme édition ?       

Florence Bourgeois & Christoph Wiesner : L’arrivée de nouveaux secteurs, avec le mk2 du Grand Palais dans lequel seront présentés films et vidéos d’artistes de galeries participant à la foire.
Mais aussi le contenu fort et varié présenté par nos 159 galeries internationales, 29 solos shows et 12 duos shows, et nos 30 éditeurs. Des conversations, plus de 250 signatures d’artistes sur la foire, une programmation qui fait de Paris Photo un rendez-vous incontournable et une plateforme internationale de découvertes et d’échanges.

Mowwgli : Quelle répartition géographique des participants, taux de renouvellement et nouveaux entrants ? 

F. B. & C. W. : Sur un total de 189 exposants qui regroupe galeries et éditeurs nous avons une répartition Géographique avec une très grande majorité européenne (131), suit l’Amérique du Nord (33), l’Asie (16), l’Amérique du sud (4) et le Moyen Orient (4).

Mowwgli : Pourquoi un espace dédié exclusivement à la vidéo et au film d’artiste ?

F. B. & C. W. : Les artistes aujourd’hui explorent différentes pratiques, sans être exclusifs à un médium. Beaucoup pratiquent photographie et vidéo sur un travail dédié. A l’instar de Vanessa Beecroft dont les deux pratiques sont intimement liées, un de ses films sera présenté au mk2, et les photographies de la même série sur le stand de Caroline Smulders/Lia Ruma en solo show.

Mowwgli : Quelle est l’évolution du profil du collectionneur de Paris Photo ?

F. B. & C. W. : Les collectionneurs internationaux, de photographie et de livres d’artistes, se retrouvent tous les ans sur la foire, ainsi que les directeurs des départements photographiques et les comités d’acquisition des musées du monde entier, pour dénicher des valeurs historiques ou découvrir les dernières tendances de la photographie..

La photographie étant un médium accessible, nous avons également de nouveaux acheteurs chaque année, qui peuvent faire dédicacer un ouvrage ou acheter leurs premières œuvres. Les prix d’accès démarrent à 1000€ pour s’envoler jusqu’à 1M€.

La foire est une occasion unique d’échanger avec les galeristes, et d’être garanti d’une qualité d’oeuvres supérieures compte-tenu des critères d’exigence de Paris Photo et du travail effectué en amont de la foire avec le Comité de Sélection pour dénicher les projets les plus forts, les dernières tendances et les œuvres.

Mowwgli : Quelle place donnée à l’émergence ?

F. B. & C. W. : Cette année, nous avons lancé une Carte Blanche pour une cinquantaine d’écoles européennes de photographie et d’art visuel, afin de promouvoir l’émergence. 4 étudiants ont été sélectionnés. Leur travail est présenté dans une exposition grand format à Paris Gare du Nord. Leur portfolio sera présenté sur la foire et ils participeront à une table ronde le 10 novembre.

C’est une occasion unique de découvrir le travail d’étudiants et de promouvoir les liens entre les artistes de demain et les professionnels du marché de la photographie.

INFOS PRATIQUES :
Paris Photo
Du 9 au 12 novembre 2017
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.parisphoto.com

Paris Photo: Dans la cour des grands !

Paris Photo ouvre ses portes cette semaine au Grand Palais. Rendez-vous incontournable des amateurs et collectionneurs de photographie, la foire parisienne accueillera encore cette année, plus de 160 galeries venues du monde entier. 

Mais Paris Photo joue maintenant dans la cour des grand depuis son entrée sous la voûte du Grand Palais. Elle doit associer des marques prestigieuses aux projets spectaculaires, pour attirer un public toujours plus large et assurer la rentabilité de la foire. Ainsi les marques négocient au prix fort les meilleures places pour afficher leur soutien à la création. Cela se fait au détriment des galeries moins argentées, pour qui la présence chaque année à Paris Photo représentent un effort financier considérable mais indispensable. Ces galeries, loin des blockbusters aux grands formats et aux prix tout aussi extravagants, prennent souvent le risque de présenter des jeunes artistes ou des solos shows. Elles remplissent alors leur mission de découvreurs de talents. C’est aussi cela qu’il faut aller chercher à Paris Photo. 

Qui mieux qu’un collectionneur de renom pouvait remplir la mission de nous guider? 

A semaine exceptionnelle, invité exceptionnel ! Marin Karmitz nous accompagne toute la semaine et nous livre ses cartes blanches.

Bonne semaine à tous !