Archives par mot-clé : Perpignan

Kasia Stręk, lauréate du Prix Camille Lepage 2018

La quatrième édition du Prix Camille Lepage vient d’être attribuée à Kasia Stręk pour son projet de reportage sur les conséquences du manque d’accès à l’avortement en Égypte, pays où cet acte est illégal. Son prix lui sera remis lors de la soirée du jeudi 6 septembre au Campo Santo à Visa pour l’image Perpignan.

L’Association Camille Lepage – On est ensemble a été créée le 20 septembre 2014, quelques mois après la mort de Camille Lepage en Centrafrique. Cette association a pour but de promouvoir la mémoire, l’engagement et le travail de Camille. CDP Éditions – Collection des photographes a eu la gentillesse de publier le dernier travail de Camille Lepage. L’intégralité des ventes de ce livre a été reversée au profit de l’Association Camille Lepage – On est ensemble. Cette initiative permet donc à l’association de soutenir une partie de ce prix, doté de 8 000 €, pour encourager le travail d’un photojournaliste engagé au long cours. Pour la deuxième fois, la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) s’engage aux côtés de l’Association Camille Lepage – On est ensemble pour financer le prix.

Kasia Strek, membre du collectif lyonnais ITEM, est photographe polonaise basée entre la France et la Pologne. Elle découvre la photographie lors de sa première année des études à l’Academie des Beaux-Arts. Avec une bourse individuelle elle voyage ensuite pour étudier la photographie documentaire à Queensland College of Art à Brisbane en Australie.

Permettant d’allier l’art, les problématiques sociales et sa recherche sur la nature humaine, la photographie documentaire devient progressivement son principal moyen d’expression.

Sa pratique se concentre sur des sujets liés aux inégalités sociales, aux questions environnementales et aux droits des femmes. Elle partage son travail entre des missions pour la presse, les ONG et le développement de projets personnels.

Elle a récemment passé plusieurs mois aux Philippines à travailler sur le développement touristique du pays et l’impact des activités humaines sur les communautés défavorisées et travaille actuellement sur un projet à long terme sur l’accès à l’avortement dans les pays où la procédure est partiellement ou totalement illégale.

INFORMATIONS PRATIQUES
camillelepageaward@gmail.com
https://www.visapourlimage.com/festival/prix/prix-camille-lepage
http://www.collectifitem.com/kasia-strek/

Véronique de Viguerie remporte le Visa d’Or humanitaire du CICR 2018

Le Visa d’Or humanitaire du CICR a été créé en 2011 pour récompenser un.e photojournaliste ayant couvert une problématique humanitaire en lien avec un conflit armé. Cette année, c’est Véronique de Viguerie qui remporte le Prix d’un montant de 8000€ avec son reportage sur le Yémen. Ce sujet rend particulièrement hommage aux femmes yéménites survivant en zones urbaines et assumant, en l’absence des hommes, le rôle de cheffes de famille ou encore de soignantes. Le Prix sera remis lors de la 29ème édition du festival Visa pour l’image Perpignan.

« Ce prix met en lumière de façon poignante l’une des pires crises humanitaires actuelles. En 10 photographies, Véronique de Viguerie rappelle la nécessité de respecter en tout temps et en toutes circonstances les populations civiles et plus généralement, l’action et le droit international humanitaires » – Frédéric Joli porte-parole du CICR en France.

Yémen : La guerre qu’on nous cache

Les tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite amènent les puissances pétrolières du Golfe mais aussi occidentales à détruire le plus pauvre des pays arabes. Épuisés, les Yéménites ne connaissent aucun répit. Depuis le 4 novembre 2017, jour où les rebelles houthis, accusés d’être soutenus par l’Iran, ont lancé un missile sur Riyad, la colère saoudienne s’abat méthodiquement sur Sanaa. Principales cibles, les bâtiments officiels mais également des habitations de civils victimes de « dommages collatéraux ». Les bombardements ne sont pourtant pas l’arme la plus dangereuse. Un blocus, imposé depuis le 6 novembre à une population qui dépendait aux deux tiers de l’aide humanitaire, fait des ravages.

http://veroniquedeviguerie.com

Le jury réuni le mois dernier était composé cette année d’Isabelle de la Gasnerie (La Croix), Lucas Menget (France info), Albéric de Gouville (France 24), Cyril Drouhet (Le Figaro Magazine), Magali Corouge (Causette), Jérôme Huffer (Paris-Match), Magdalena Herrera (Géo) ainsi que de Kathryn Cook-Pellegrin et de David-Pierre Marquet du Comité international de la Croix-Rouge.

http://www.visapourlimage.com/festival/expositions/yemen-la-guerre-qu-on-nous-cache
https://www.icrc.org/fr/document/photojournalisme-veronique-de-viguerie-laureate-2018-du-visa-dor-humanitaire-du-cicr-pour

Coup de Cœur de l’ANI : Out of Tibet d’Albertina d’Urso

Chaque année, lors du festival Visa pour l’image de Perpignan, l’ANI (Association nationale des Iconographes) organise des lectures de portfolios. Lors de ces rencontres entre jeunes photojournalistes et professionnels de l’image, des coups de cœur sont attribués. Cette semaine, nous en publierons deux par jour. Aujourd’hui, il s’agit du reportage « Out of Tibet », réalisé par la photographe italienne Albertina d’Urso.

Out of Tibet

Depuis plus de 10 ans, Albertina d’Urso suit les traces de Tibétains contraints de quitter leurs terres. Beaucoup ont du traverser l’Himalaya à pied, pour défendre et préserver leur identité culturelle et religieuse, leurs traditions et leur langue de la répression chinoise. Dans ‘Out of Tibet’, Albertina d’Urso a documenté ses nouvelles vies à travers le monde – y compris dans plusieurs régions d’Inde (Himachal Pradesh, Karnataka, Sikkim, Darjeeling, Ladakh, Bodhgaya), jusqu’au Népal, Taiwan, New York, Londres, Paris, Zurich, Rome, Bruxelles, Amsterdam et Toronto. C’est comme si elle rassemblait, visuellement, tous les tibétains en exil disséminés partout dans le monde.

INFORMATIONS PRATIQUES
Née à Milan en 1976, Albertina d’Urso a travaillé sur de nombreux reportages sociaux et humanitaires. Elle a reçu plusieurs prix comme Canon Young Photographers Award, Lens Culture International Exposure Award, Julia Margaret Cameron Award et International Photography Awards. Elle expose dans de nombreux festivals internationaux et ses travaux sont publié régulièrement dans des magazines comme Vanity Fair, Marie Claire, Panorama, L’Espresso, Photo, Vision …
http://www.albertinadurso.com

Coup de Cœur de l’ANI : George’s Bath de Corinna Kern

Chaque année, lors du festival Visa pour l’image de Perpignan, l’ANI (Association nationale des Iconographes) organise des lectures de portfolios. Lors de ces rencontres entre jeunes photojournalistes et professionnels de l’image, des coups de cœur sont attribués. Cette semaine, nous en publierons deux par jour. Aujourd’hui, il s’agit du reportage « George’s Bath », réalisé par la photographe allemande Corinna Kern.

George’s Bath

George Fowler, vit à Londres. Il a 72 ans, et est ce qu’on appelle un accumulateur. Corinna Kern a choisi de ce concentrer sur une seule pièce de son domicile : sa salle de bain et plus particulièrement sa baignoire, seul espace accessible.
« Ayant vécu chez George durant deux mois, mon attention a été attirée par toutes les activités qui sont concentrées dans sa baignoire, tandis que le reste de sa maison reste encombrée par un nombre conséquent d’objets accumulés. Sa baignoire est devenue la seule zone préservée : il y lave sa vaisselle, ses vêtements, il y stocke des objets, répare des vélos, il y boit son café, c’est également un lieu de lecture et c’est l’endroit ou enfin, il prend son bain. »

INFORMATIONS PRATIQUES
Corinna Kern est une photojournaliste allemande vivant à Israël. Après avoir travaillé en vidéo pour des chaînes de TV, elle passe un master en photojournalisme à l’University de Westminster en 2012. Diplômée avec mention, elle est choisie pour un mentorat avec l’agence Getty Images Reportage et remportera le Getty Images Reportage Emerging Talent Award en 2014.
Elle décide d’emménager en Afrique du Sud pendant deux ans afin de mener des projets photographiques personnels. En 2016, elle part en Israël où elle continue de se concentrer sur des communautés de cultures et de milieux variés, en tant qu’indépendante
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http://corinnakern.com

Coup de Cœur de l’ANI : Scars de David Arribas González

Chaque année, lors du festival Visa pour l’image de Perpignan, l’ANI (Association nationale des Iconographes) organise des lectures de portfolios. Lors de ces rencontres entre jeunes photojournalistes et professionnels de l’image, des coups de cœur sont attribués. Cette semaine, nous en publierons deux par jour. Aujourd’hui, il s’agit du reportage « Scars », sur le triste sort que subissent les lévriers de chasse espagnols, réalisé par le photographe espagnol David Arribas González.

Scars

L’Espagne est l’un des rares pays où la chasse aux lièvres avec les lévriers espagnols (Galgos) est une activité légale. A la base d’une coutume ancestrale, ce type de chasse était nécessaire pour nourrir les habitants des zones rurales. Aujourd’hui, cette culture traditionnelle s’est transformé en un véritable sport au détriment du destin de ces chiens. En effet, à la fin de la saison de chasse, en février, les chiens sont maltraités et abandonnés.
De nombreuses associations tentent de sauver et de soigner ces chiens pour leur trouver des familles d’accueil.
La loi espagnole est très permissive concernant le droit des animaux, la situation ne risque donc pas de s’améliorer…

INFORMATIONS PRATIQUES
David Arribas a suivi des études en photographie à Madrid entre 2010 et 2015. Il a participé à de nombreux workshops avec des photographes tels qu’Antonio Heredia, Manu Brabo ou encore Antoine d’Agata. Il est basé à Madrid où il se consacre à la réalisation de travaux photographiques sur le long cours liés à des problématiques sociales.
http://www.davidarribas.com/

Coup de Cœur de l’ANI : L’Agriculture a la peau dure de Mathias Benguigui

Chaque année, lors du festival Visa pour l’image de Perpignan, l’ANI (Association nationale des Iconographes) organise des lectures de portfolios. Lors de ces rencontres entre jeunes photojournalistes et professionnels de l’image, des coups de cœur sont attribués. Cette semaine, nous en publierons deux par jour. Aujourd’hui, il s’agit du reportage « L’Agriculture a la peau dure », réalisé par le photographe français Mathias Benguigui.

L’Agriculture a la peau dure

En vingt ans, le nombre d’exploitations agricoles françaises est passé de 1 million à 500 000.
Surendettement, épuisement, suicide… La situation économique et sociale est périlleuse dans ce secteur. Pourtant, Tao n’a pas hésité longtemps avant de se lancer, il le sait depuis tout petit : Il sera agriculteur, même si ses parents ne sont pas du milieu. Après trois ans de remplacement dans diverses exploitations, il s’installe dans son Valromey natal (Rhône-Alpes), rachète le GAEC Des Mûriers, une exploitation de 80 hectares qu’il souhaite convertir à l’agriculture biologique. Pour lui, « rien de plus normal si l’on veut respecter le cycle de la terre qui nous nourrit ». Il élève donc poulets, agneaux et moutons, en cultivant son foin et en aménageant ses prairies. Aujourd’hui, Tao entame sa dernière année de conversion et pourra enfin qualifier sa production de biologique. En intégrant son quotidien, j’ai voulu interroger cette jeunesse pleine d’optimisme. Le poing levé, dynamique, c’est une nouvelle génération d’agriculteurs qui s’exprime. Décidément, l’agriculture a la peau dure.

INFORMATIONS PRATIQUES
Mathias Benguigui et né et a grandi dans le Sud de la France. Aujourd’hui il est photographe documentaire et réalisateur à Paris. Après des études à la Lyon School of Photography, il se dirige vers la photographie commerciale durant plusieurs années. C’est en 2015, qu’il décide de faire une formation à l’EMI-CFD pour devenir photographe documentaire.
http://www.mathiasbenguigui.com

Coup de Cœur de l’ANI : Corps migrants de Max Hirzel

Chaque année, lors du festival Visa pour l’image de Perpignan, l’ANI (Association nationale des Iconographes) organise des lectures de portfolios. Lors de ces rencontres entre jeunes photojournalistes et professionnels de l’image, des coups de cœur sont attribués. Cette semaine, nous en publierons deux par jour. Aujourd’hui, il s’agit du reportage « Corps migrants », réalisé par le photojournaliste Max Hirzel.

Corps migrants

Je me suis intéressé au sort réservé aux migrants morts en mer en 2011, j’étais alors au Mali lorsqu’un jeune migrant me raconta : « Dans le désert j’ai vu une tombe, c’était une fille de Douala, et je me suis posé la question si ses parents savaient que leur enfant était là ».

J’ai commencé par me rendre dans les cimetières, je voulais comprendre où ces personnes sont enterrées et combien étaient-elle ? D’un côté de la Méditerranée, il y a des gens qui s’efforcent d’identifier les corps. Et de l’autre, les familles des disparus qui sont dans l’ignorance et ne peuvent faire leur deuil.

INFORMATIONS PRATIQUES
Diplômé en photographie à l’Institut européen du Design à Milan en 1990. Après avoir vécu en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Inde et en Amérique latine et après avoir laissé la photographie de côté durant quelques années, Max Hirzel décide de devenir photographe indépendant en 2010. Il est membre de Haytham Pictures (France) depuis 2013.
http://maxhirzel.photoshelter.com
http://www.haythampictures.com

Coup de Cœur de l’ANI : The Room That Doesn’t Exist d’Alessandro Battista

Chaque année, lors du festival Visa pour l’image de Perpignan, l’ANI (Association nationale des Iconographes) organise des lectures de portfolios. Lors de ces rencontres entre jeunes photojournalistes et professionnels de l’image, des coups de cœur sont attribués. Cette semaine, nous en publierons deux par jour. Aujourd’hui, il s’agit du reportage « The Room That Doesn’t Exist », réalisé par le photojournaliste italien Alessandro Battista.

The Room That Doesn’t Exist

J’ai réalisé ce reportage à Abruzzo, une région du centre de l’Italie, au sein d’un organisme de santé qui accueille des patients souffrant de troubles physiques et mentaux. Certains d’entre eux vivent dans ce foyer depuis qu’ils sont adolescents, ils n’ont jamais vécu ailleurs.
Ce « lieu de vie » semble s’être arrêté dans le temps, où chaque jour se ressemble…
Les résidents passent leur vie dans une seule et même pièce, ils stigmatisés par une société qui préfère les cacher.

INFORMATIONS PRATIQUES
Alessandro Battista est né en Italie en 1973. Il vit à Chiet, une petite ville au cœur de l’Italie. Il débute la photographie dès son plus jeune âge. Il utilise la photographie pour dénoncer et évoquer les problèmes sociaux. Il travaille actuellement sur deux projets à long terme : le premier suit la vie des personnes dont les handicaps sont importants et le second commencé en 2016, vise à suivre les migrants avec un premier voyage le long de la « Route des Balkans ».

Carte Blanche photographique à Gabriel Bauret : Laurent Van der Stockt

Gabriel Bauret est notre invité de la semaine à l’occasion de l’ouverture, cette semaine, de la Biennale des des photographes du monde arabe. Le Commissaire d’exposition indépendant a souhaité consacrer sa carte blanche du jour à Laurent Van der Stockt, grand reporter, qui vient de remporter le Visa d’or Paris Match News.

Laurent Van der Stockt vient de recevoir le Visa d’Or à Perpignan qui consacre sa couverture de la bataille de Mossoul pour le journal Le Monde. J’ai relevé ici quelques morceaux choisis parmi les propos qu’il a tenus le 6 septembre dernier sur France Culture, dans l’émission de Marie Richeux, « Par les temps qui courent ». Au milieu d’un récit de différents épisodes qui composent son reportage sur le conflit en Syrie qu’il entreprend dès 2012, le photographe s’exprime avec humilité sur son rôle et décrit avec lucidité la fonction de la photographie dans le concert des médias en même temps qu’il nous éclaire sur sa méthode de travail.

Une sorte de profession de foi, après de nombreuses années de travail sur le terrain.

Fragments :

« C’est la compréhension de ce que l’on voit qui entraîne le choix de l’image. Et l’on va ensuite se servir de celle-ci pour accompagner un texte, car l’image n’aura jamais la capacité de détailler et d’expliquer tout ce que les mots peuvent dire.

“Les analphabètes du XXe siècle seront les analphabètes de l’image” (Walter Benjamin) : on est encore à apprendre à manipuler le médium photographique. L’expression ne passe pas seulement entre la réalité et celui qui observe, l’interprète. Au-delà de ma subjectivité, comment vais-je me servir de l’appareil photographique pour exprimer cette réalité qui est en face de moi ? C’est une machine qui seule génère déjà quelque chose. De ce fait, il y a aujourd’hui des photographes qui se mettent à réfléchir à ce qui se passe de l’autre côté de l’appareil, et font des expériences avec des caméras de surveillance, des photomatons, en essayant d’enlever cette subjectivité de l’auteur.

Je ne fais que collecter, j’essaye d’être le plus vide possible. Pas de projet : je veux être comme une éponge, je laisse venir.

La photographie ne peut pas mentir, c’est l’interprétation qu’on en fait qui peut en élargir le sens.
Le médium que j’utilise, je vais le manier avec la connaissance que j’ai du sujet. Connaître au mieux les choses au moment où je vais éditer les photographies va influencer le choix dans un sens ou dans un autre.

La différence entre ma photographie et celle d’un autre, elle se joue dans le hors cadre. Il ne faut pas chercher le sens dans la photographie elle-même, il ne peut venir que de la connaissance de la réalité dont on parle.

J’espère toujours être au plus juste. Le journaliste doit s’en tenir à sa fonction qui est de chercher au mieux la vérité et la retransmettre au plus grand nombre pour que chacun puisse se faire son opinion, pour que le public s’empare des témoignages afin d’essayer de changer les choses. Cela fait partie des conséquences de l’acte photographique, mais ce n’est pas dans l’intention du photographe lui-même.

90% du temps est pris par la préparation. Un écrivain ou journaliste a des sources qu’il peut exploiter ou croiser. Nous, les photographes, on consacre toute notre énergie à être là (où personne d’ailleurs ne voudrait aller). Ensuite, il y a un gigantesque fossé entre l’énergie déployée et le résultat, l’usage que l’on fait de nos images.

Je crois que la photographie n’est pas quelque chose d’extrêmement important dans l’information. Son rôle est petit. Je suis très sincère. Très peu d’informations sont contenues dans une image. Celle-ci ne peut pas expliquer la complexité d’une situation. Et les situations ne sont jamais les mêmes : on ne dira jamais assez combien il est important de les différencier. On fait beaucoup d’amalgame et c’est terrible, surtout pour les gens qui vivent la réalité qui est photographiée.

L’image va susciter dans la presse de l’intérêt, dire la volonté d’informer et c’est tant mieux. Mais il y a eu beaucoup de dérapages ces dernières années s’agissant de l’usage de la photographie par les médias, qui vont à l’encontre de ce à quoi elle devrait servir et de ce qu’est le journalisme.

La photographie contient la part tangible du réel. C’est le rapport à cette part tangible que l’on peut interpréter à bon ou mauvais escient, parfois de façon mensongère. On en revient à la question de l’honnêteté, à la qualité de l’auteur.

Oui, dans les images on verra que la personne est en train de souffrir, on verra qu’elle est entourée de bâtiments en ruines, on verra des gens marcher sur une route. Mais cela ne va pas nous expliquer d’où ces gens viennent et où ils vont. On ne voit pas beaucoup plus que le simple fait qu’ils marchent. Il faut l’accepter.
L’information est nécessaire au fonctionnement démocratique. Et évidemment, participer à cette information du mieux qu’on peut, cela en vaut la peine. »

Que Laurent Van der Stockt, dont je respecte infiniment le travail, me pardonne si j’ai pu parfois déformer sa pensée en retranscrivant ses paroles.

Gabriel Bauret