Archives par mot-clé : Photographie

Ainsi de Suite, Sophie Calle

Entre catalogue raisonné et livre d’artiste, Ainsi de suite rassemble le travail de Sophie Calle depuis 2003 jusqu’à aujourd’hui en reprenant les choses là où elles avaient été laissées par M’as-tu vue, premier ouvrage rétrospectif des œuvres de l’artiste réalisées entre 1979 et 2003, qui se terminait sur Unfinished. Ainsi de suite débute par cette série et poursuit jusqu’aux travaux en cours, en présentant à la fois les oeuvres et des vues d’exposition pour beaucoup inédites.
Plusieurs conversations entre l’artiste et l’écrivain Marie Desplechin servent de fil rouge aux déambulations du lecteur dans l’œuvre foisonnante de Sophie Calle à travers un parcours thématique rassemblant près de trente séries.

LIVRE
Ainsi de Suite
Sophie Calle
Aux éditions Xavier Barral
17 x 24 cm
508 pages
Environ 420 photographies couleur et N&B
Textes : Entretien entre Sophie Calle et Marie Desplechin
ISBN : 978-2-36511-046-4
http://exb.fr/

Le Prix Picto de la Jeune Photographie de Mode

Assistants et Jeunes photographes de Mode, vous avez jusqu’au 2 novembre 2016 pour déposer vos dossiers de candidature.

•Le gagnant du Prix Picto de la Jeune Photographie de Mode 2016 remportera la réalisation, en rendez-vous avec un tireur, d’une exposition (10 à 12 images) (valeur : 2000,00 € HT). Il se verra offrir une journée de prise de vue en studio par Studio Daguerre et gagnera l’affichage de ses images dans des abribus® par JC Decaux.
• Le deuxième prix sera récompensé par un travail de retouche en rendez-vous sur une série d’images de son choix (valeur : 1500,00 € HT).
•Le troisième prix remportera un bon d’achat d’une valeur de 1000,00 € HT à valoir sur les prestations du laboratoire Picto.

Pour cette édition 2016, le Jury sera composé de :
Valérie Belin, Présidente du Jury (Photographe)
Michael Baumgarten (Photographe)
Audrey Vilain-Hammiche (Agent, « C’est la Vie »)
Perrine Scherrer (Photo Editor, Christian Dior)
Maryse Bataillard (Chef du service communication corporate et mécénat, BMW Art & Culture)
Guillaume Piens (Directeur, Art Paris Art Fair)
Julien Guerrier (Directeur, Editions Louis Vuitton)
Damien Melich (Directeur de la création chez Decaux Innovate)
Yann Garret (Rédacteur en chef, Réponse Photo)
Delphine Perroy (Rédactrice en chef Mode, Madame Figaro)
Lionel Charrier (Directeur Photo Libération)
Véronique VASSEUR (Directrice Relations Presse, Issey Miyaké Mode ), TBC
Amaury Da Cunha (Journaliste, Le Monde)

En savoir plus : picto.fr

Record historique de fréquentation pour les Rencontres d’Arles

La barre des 100 000 visiteurs franchie 

104 000 visiteurs se sont déplacés à Arles pour découvrir la 47ème édition des Rencontres, soit une augmentation de 12% par rapport à l’année précédente (93 000 visiteurs en 2015).

1 100 000 entrées d’exposition ont été dénombrées.

Cette édition des Rencontres a également séduit le public localement avec plus de 8 300 arlésiens qui ont visité le festival, soit une augmentation de 12% par rapport à 2015.

L’affluence a été soutenue pendant la semaine d’ouverture, du 4 au 10 juillet, avec 15 200 professionnels de l’image et festivaliers présents (augmentation de 12% par rapport à l’édition 2015). 35% de ce public était international. Enthousiasme du public arlésien : ils ont été plus de 2 350 au rendez-vous (augmentation de 20%).

http://www.rencontres-arles.com

Paris : Gus Van Sant à la cinémathèque française

« Quand je tourne mes films, la tension entre récit et abstraction est capitale parce que j’ai appris le cinéma à travers des films faits par des peintres. A travers leur façon de retravailler le cinéma, et de ne pas adhérer aux règles traditionnelles qui le régissent. Il ne s’agit jamais, pour moi, d’apprendre ce que l’industrie vous dit de faire ou de ne pas faire-et c’est ce qui continue de me préoccuper aujourd’hui ».

Cette phrase de Gus Van Sant introduit l’exposition qui lui est consacrée pour la première fois en France à la Cinémathèque jusqu’au 31 Juillet.

Cinéaste, photographe, peintre et plasticien, Gus Van Sant nous est ici livré dans son intimité créatrice, son univers artistique multiforme.

Dans une première grande salle blanche intitulée « Photography », plusieurs séries sont exposées: Cut-Ups, Hanson en 24X36 noir et blanc dans un cadrage rigoureux, des agrandissements de polaroïds de William Burroughs et David Bowie. Un grand nombre de polaroids, réalisés entre 1983 et 1999, est dévoilé à l’intérieur d’un carré blanc surmonté d’un plafond lumineux. La lumière que le photographe diffuse intensifie une vision humaine et classique du portrait, une douceur dans la relation avec son sujet photographié.

De stars ou d’anonymes, les photos sont directes, naturelles et s’amplifient par une neutralité ou une d’empathie du photographe.

Adjacente à cette grande salle, une petite chambre noire nous fait découvrir la biographie de Gus Van Sant et trois petits écrans qui projettent des nuages. Ecrans que l’on retrouvera en déambulant durant tout le parcours et qui nous rappellent que ce réalisateur est tout aussi doué pour diriger des films grand public que des chefs d’oeuvre indépendants. Abstraction, poésie, regard sur le corps, sur la jeunesse, la vision est impressionnante.

La salle « Constellations », pièce blanche également, dont le blanc dégradé laisse apparaître les nervures du bois, provoque une sensation mi-muséale mi-underground. Là encore, la scénographie épouse parfaitement l’univers de Gus Van Sant: Photos de tournages, d’acteurs, documents, storyboard original de Mala noche, projets d’affiches jusqu’à ce fascinant schéma qui décrit à l’aide de feutres de couleur les déplacements des personnages d’Elephant : surgit alors sous nos yeux le squelette du film.

« Painting », troisième salle, d’un blanc classique, nous offre avec simplicité les aquarelles, collages, sérigraphies et techniques mixtes de Gus Van Sant avant de nous accompagner vers le noir de la dernière pièce « Music ». Une fois encore, Gus Van Sant nous fait partager l’une de ses expérimentations.

Avant de quitter l’exposition, une dernière phrase d’un anonyme, celle-ci lue dans le livre d’or : « La plus sobre, mais l’expo que j’ai préférée à la cinémathèque, merci GVS »

EXPOSITION
Gus Van Sant
Exposition & Films
Du 13 avril au 31 juillet 2016
Cinémathèque Française
51 Rue de Bercy
75012 Paris
France
http://www.cinematheque.fr

Rencontre avec Anna Malagrida, Carte blanche PMU 2016

À quelques mois de l’ouverture de son exposition Cristal House à la Galerie de photographies du Centre Pompidou, nous avons rencontré Anna Malagrida, lauréate de la Carte blanche PMU 2016. L’occasion de faire le point au moment charnière où la photographe termine la réalisation de son projet et le début de la préparation conjointe de l’exposition et de l’ouvrage publié aux éditions Filigranes.

Pouvez-vous nous présenter votre projet de candidature à la Carte blanche PMU ? Comment est né ce projet ?

C’est précisément en passant devant le Centre Pompidou, endroit où l’exposition de la carte blanche allait avoir lieu, que je suis tombée sur une salle de jeu de paris située à l’angle de la rue du Renard, presqu’en face de la galerie sud du musée. Cette coïncidence dans l’espace, deux lieux placés au centre d’une grande métropole, vitrés et conçus dans la logique le la transparence, m’a semblé intéressante. Un point de départ pour réaliser un travail sur les espaces de jeu et la ville, ses interactions, mais aussi sur les gens qui les habitent et leurs histoires. J’ai décidé de travailler avec la logique du hasard qui me permettait, dans un instant précis et un lieu donné, d’observer ce qui se passait à l’extérieur et à l’intérieur de la salle et jouer sur leurs concomitances. J’ai imaginé une scène de théâtre où la ville serait le décor, les joueurs les acteurs et leurs histoires ainsi que des mots extraits de l’univers du jeu pourraient en devenir le texte.

Comment se situe votre proposition par rapport aux six précédents lauréats de la Carte blanche PMU ? Est-ce que ces anciens travaux vous ont inspirée, motivée pour votre projet ?

Je ne connaissais pas bien l’ensemble du travail des anciens lauréats avant de présenter ma candidature, j’avais vu quelques images isolées mais j’ai découvert les livres après. Je préfère toujours imaginer un projet sans l’influence des autres. Dans un deuxième temps, j’ai veillé à ne pas doubler des situations ou des idées qui pourraient se rapprocher dans la forme, comme dans le cas des tickets des joueurs que j’ai intégrés dans mon travail et qui ont été au cœur du travail de Mohamed Bourouissa.

Cela fait maintenant cinq mois que vous travaillez sur cette Carte blanche, comment se déroule sa réalisation ?

J’ai commencé à travailler dès que j’ai eu cette carte blanche fin janvier. Je voulais profiter de la lumière d’hiver qui éclaire particulièrement bien les intérieurs des salles de jeu perçues depuis la rue. J’avais envie de produire des images-tableau à partir de ces grandes fenêtres éclairées par la lumière rasante qui montrait la vie dans ces espaces lucratifs, en portant spécialement mon attention sur les mouvements des mains des joueurs. En fait, je n’ai pratiquement jamais eu cette lumière à cause des nuages… Les contraintes de lumière m’on fait changer de position. Je me suis placée à l’intérieur des salles et j’ai posé ma caméra pour filmer la rue depuis les grandes fenêtres. Le projet a commencé alors par des petits films sur la ville, mais la caméra était toujours placée à l’intérieur de la salle. Un peu à la façon de Perec dans le livre « Épuisement d’un lieu parisien », la caméra filmait en continu et la ville devenait un film en temps réel, sans coupures ni montages. Lorsque la caméra tournait, j’ai commencé à échanger avec les joueurs sur leurs parcours, leurs vies. Je prenais des notes. Parfois les joueurs se plaçaient aussi devant l’objectif, perçus dans l’ombre. Une vie a commencé à s’installer devant l’objectif, à l’intérieur des salles.

Vous utilisez plusieurs supports (la photographie, la vidéo et le texte). Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?

Ce qui m’intéressait c’était justement de travailler depuis un lieu très précis, avec un périmètre d’action réduit et où toutes les histoires se croiseraient. Je voulais décrire cette réalité comme dans un jeu de cartes qui se tiendrait dans une main. Chaque carte apporterait une information différente et complémentaire. Ainsi, les médiums s’imposent naturellement et dialoguent entre eux. Mais, quelque part, je me sens essentiellement photographe. Quand j’utilise des textes, ceux-ci prennent la forme très imagée de bribes. Je travaille la vidéo comme une photographie prolongée dans le temps, avec un plan séquence fixe.

Je suis partie de l’idée de la collection de mains, et pour cela le médium photographique s’imposait. J’ai photographié les mouvements des mains, les gestes que les joueurs font avec les tickets de leurs paris durant l’attente. J’ai choisi et classé les mains dans un premier temps selon la forme par laquelle elles façonnaient ces tickets. Parfois elles fabriquent de petites boules, d’autres allongées et enroulées, ou encore juste écrasées… Ces petits papiers rappelaient les sculptures involontaires de Brassai. Ces gestes incarnaient les petites ou grandes angoisses de l’attente. J’ai récupéré les papiers que j’exposerai en forme de sculpture dans des vitrines lors de l’exposition. Par contre, j’ai décidé d’enlever les tickets des doigts lorsque j’ai photographié les mains pour obtenir des mouvements beaucoup plus abstraits qui offrent une lecture plus ouverte. J’aime l’idée d’une collection qui ne pourrait pas être classée, qui échapperait à sa condition même de collection. La plupart de ces mains appartiennent à des hommes et sont simplement l’expression de la présence de l’autre dans un lieu qui rassemble une population très variée.

Je n’envisageais pas de portraits photographiques mais des extraits de récits qui nous rapprocheraient des différents vécus et parcours des joueurs. Là, le texte s’imposait. J’ai utilisé la vidéo pour travailler la notion du temps, le contraste entre le rythme accéléré de l’activité dans la ville et celle de l’attente des joueurs qui s’étale dans un temps beaucoup plus soutenu. Le temps de l’attente, au ralenti, fait appel à l’idée de l’espoir, la possibilité de gagner peut changer une vie. Mais cet espoir est aussi présent dans les textes, c’est par ces bribes que les joueurs expriment leurs espoirs au-delà du jeu.

Comment ce sujet s’inscrit-il dans votre travail artistique ?

Dans mon travail il y a toujours eu une observation attentive de certains symptômes qui parlent de la société contemporaine. Mon point de départ est souvent une image, un lieu précis, qui peut s’avérer parfois anecdotique. À partir de ce fait ou lieu précis, qui a souvent un lien étroit avec la photo, j’essaye de construire des récits qui peuvent faire appel à d’autres situations ou lectures plus globales. Je travaille dans l’idée du chevauchement, de l’accumulation de sens et de lectures dans une même image ou un récit.

Par exemple, dans ma série Escaparates (2008-2009), j’ai photographié les surfaces peintes des vitrines de magasins à Paris. Séparées de leur contexte urbanistique, elles prennent des caractéristiques de tableaux abstraits, alors qu’en réalité elles renvoient à la crise qui a atteint l’Europe après le krach du marché dans les années 2007-2009.

Il y a souvent dans mon travail une préoccupation pour notre façon d’habiter la ville, pour des questions de société, qui apparaissent parfois sous forme de traces dans les murs, comme dans la série Los muros hablaron où des fragments de murs monochromes semblent dénués de sens, alors qu’ils conservent les traces de graffiti laissées par les acteurs des protestations sociales du Movimiento 15-M à Madrid et à Barcelone en 2011.

Cristal House s’inscrit dans cette logique de travail. Partant d’un lieu précis : deux salles de jeu vitrées à Paris, situées au rez-de-chaussée, et les joueurs qui se croisent régulièrement à cet endroit. Avec ces éléments je développe un récit multiforme qui situe cette action et ces acteurs, leurs désirs et leurs angoisses, dans un contexte précis : la mégapole.

INFORMATIONS

EXPOSITION À VENIR
Carte blanche PMU 2016
Cristal House
Anna Malagrida
Du 28 septembre au 17 octobre 2016
Galerie des Photographies du Centre Pompidou
Place G. Pompidou
75004 Paris
France

ACCUEIL


http://www.annamalagrida.com